Compter les syllabes
Compter les syllabes est le premier geste du poète : les règles fondamentales de la versification.
De syllabis numerandis
Le décompte des syllabes
Compter les syllabes d'un vers est la compétence fondamentale du poète classique. Plusieurs règles précises gouvernent ce décompte, différent de la prononciation courante.
Le e muet et le h aspiré
Le « e » muet (e caduc) se prononce devant une consonne : « un(e) bell(e) journée » compte le « e » de « belle » car il précède le « j » de « journée ». En revanche, il s'élide devant une voyelle ou un « h » muet, disparaissant alors du décompte syllabique. « Bell(e) amie » ne fait que deux syllabes. En fin de vers, le « e » muet ne compte jamais comme syllabe métrique. Ces « e » terminaux donnent naissance aux rimes féminines, par opposition aux rimes masculines qui se terminent sur une voyelle tonique pleine. Le « h » aspiré, lui, empêche l'élision : devant un mot commençant par « h » aspiré, le « e » muet précédent se maintient dans le compte des syllabes.
Diérèse et synérèse
La diérèse et la synérèse gouvernent le traitement de deux voyelles contiguës à l'intérieur d'un mot. La diérèse sépare ces deux voyelles en deux syllabes distinctes, augmentant ainsi le nombre de syllabes du vers. La synérèse, à l'inverse, les fusionne en une seule syllabe, réduisant le compte. Ainsi le mot « passion » se découpe en trois syllabes par diérèse (pa-ssi-on), mais en deux seulement par synérèse (pa-ssion). Le poète choisit l'une ou l'autre selon les exigences du mètre, et ce choix fait toute la différence entre un alexandrin juste et un vers faux.
Élision, diérèse, synérèse, e muet : les règles du décompte syllabique en poésie classique
Testez-vous : 7 questions
1. Qu’est-ce que la diérèse ?
- Deux voyelles, deux syllabes
- Deux voyelles en une syllabe
- Élision d’un e muet
- Suppression d’une consonne
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Réponse : Deux voyelles, deux syllabes
La diérèse sépare deux voyelles contiguës en deux syllabes distinctes, augmentant le nombre de syllabes du vers.
2. Qu’est-ce que la synérèse ?
- Fusion de deux voyelles
- Rime entre deux vers
- Séparation de voyelles
- Coupure du vers (césure)
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Réponse : Fusion de deux voyelles
La synérèse fusionne deux voyelles contiguës en une seule syllabe, réduisant le compte syllabique du vers.
3. Le « e » muet en fin de vers compte-t-il comme une syllabe ?
- Jamais
- Toujours
- Parfois
- Seulement en alexandrin
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Réponse : Jamais
En versification française, le « e » muet en fin de vers ne compte jamais comme syllabe métrique.
4. Quand le « e » muet s’élide-t-il ?
- Devant voyelle ou h muet
- Devant toute consonne
- En début de vers
- Devant un h aspiré
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Réponse : Devant voyelle ou h muet
Le « e » muet s’élide devant une voyelle ou un « h » muet, disparaissant du décompte syllabique du vers.
5. Le mot « passion » en diérèse se découpe en :
- Quatre syllabes
- Deux syllabes (pas-sion)
- Une syllabe
- Trois syllabes (pa-ssi-on)
Voir la réponse
Réponse : Trois syllabes (pa-ssi-on)
En diérèse, « passion » se découpe en trois syllabes (pa-ssi-on) au lieu de deux en synérèse (pa-ssion).
6. Comment appelle-t-on une rime qui se termine par un « e » muet ?
- Une rime masculine
- Une rime féminine
- Une rime pauvre
- Une rime riche
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Réponse : Une rime féminine
Une rime féminine se termine par un « e » muet après la voyelle tonique, par opposition à la rime masculine.
7. Quel type de « h » empêche l’élision ?
- Le h aspiré
- Le h normand
- Les deux types
- Le h muet
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Réponse : Le h aspiré
Le « h » aspiré empêche l’élision du « e » muet précédent, maintenant la syllabe dans le décompte métrique.
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Dans ce chapitre : Les vers et leurs mesures
- Les types de vers
- Compter les syllabes