L'art : recta ratio factibilium

Chapitre 3 : La nature de l'art · cours « Esthétique » · 7 questions

L'art est la droite règle du faire : la définition thomiste qui distingue l'art de la morale.

Aristote

Recta Ratio Factibilium

Une vertu intellectuelle

L'art, au sens philosophique, n'est pas simplement la peinture ou la musique. C'est une vertu intellectuelle. Aristote le classe parmi les cinq habitus intellectuels : la science, la sagesse, l'intellect, la prudence et l'art. Saint Thomas le définit : « L'art est la droite règle des choses à faire » (recta ratio factibilium).

Art et prudence

Cette définition est capitale. L'art n'est pas un sentiment, une inspiration vague ou un caprice de l'artiste. C'est une disposition stable de l'intelligence (habitus) qui permet de produire des œuvres selon la raison droite. Voilà pourquoi un bon artiste peut être moralement mauvais : l'art vise la perfection de l'œuvre (le factibile), non celle de l'agent. Un sculpteur de génie peut mener une vie dissolue, car sa vertu d'art perfectionne son faire, non son agir. C'est précisément ce qui distingue l'art de la prudence. La prudence est la recta ratio agibilium, la droite règle des choses à agir : elle ordonne l'acte moral, elle perfectionne l'agent en tant que personne. L'art ordonne l'œuvre extérieure, la prudence ordonne la vie intérieure.

L'artiste chrétien

L'art possède donc ses propres règles, distinctes de la morale, car il vise le bien de l'œuvre selon la raison droite. Ces règles techniques ne se confondent pas avec les impératifs moraux, tout en ne les contredisant pas légitimement. Chez l'artiste chrétien, l'art et la prudence se complètent harmonieusement : il veut à la fois bien faire son œuvre (perfection technique) et faire le bien (intention morale droite). Cette union du « bien faire » et du « faire le bien » constitue l'idéal de l'artiste qui met son talent au service de la vérité et de la gloire de Dieu.

L'art est la droite règle des choses à faire : une vertu de l'intelligence, non un caprice du sentiment

Testez-vous : 7 questions

1. Comment saint Thomas définit-il l’art ?

  • Expression des sentiments
  • Copie de la nature
  • Droite règle du faire
  • Recherche du nouveau
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Réponse : Droite règle du faire

Saint Thomas définit l’art comme « la droite règle des choses à faire » (recta ratio factibilium).

2. L’art est-il un sentiment selon saint Thomas ?

  • Non, c’est un habitus
  • Oui, une inspiration
  • Oui, une émotion
  • Non, une science pure
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Réponse : Non, c’est un habitus

L’art n’est pas un sentiment ni une inspiration vague. C’est une vertu intellectuelle, un habitus.

3. Quelle est la différence entre l’art et la prudence ?

  • L’art fait, la prudence agit
  • L’art régit les œuvres seul
  • L’art porte sur la matière
  • La prudence porte sur l’art
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Réponse : L’art fait, la prudence agit

L’art est la recta ratio factibilium ; la prudence est la recta ratio agibilium. L’art vise la perfection de l’œuvre, la prudence celle de l’agent.

4. Parmi quels habitus Aristote classe-t-il l’art ?

  • Les vertus théologales
  • Les habitus intellectuels
  • Les vertus morales
  • Les vertus cardinales
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Réponse : Les habitus intellectuels

Aristote classe l’art parmi les cinq habitus intellectuels : la science, la sagesse, l’intellect, la prudence et l’art.

5. Pourquoi un bon artiste peut-il être moralement mauvais ?

  • L’art vise l’œuvre, non lui
  • L’art exempte de morale
  • La morale est hors-sujet
  • Tout artiste est saint
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Réponse : L’art vise l’œuvre, non lui

L’art vise la perfection de l’œuvre (factibile), non celle de l’agent (agibile). Un artiste peut être excellent dans son art et mauvais dans sa conduite.

6. Pourquoi l’art a-t-il ses propres règles distinctes de la morale ?

  • L’art est amoral
  • Il vise le bien de l’œuvre
  • La morale ignore l’art
  • L’art échappe au monde
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Réponse : Il vise le bien de l’œuvre

L’art vise la perfection de l’œuvre selon la raison droite. Ses règles propres ne se confondent pas avec les règles morales, tout en ne les contredisant pas.

7. Comment l’art et la prudence se complètent-ils chez l’artiste chrétien ?

  • Bien faire et faire le bien
  • L’art remplace la prudence
  • La prudence empêche l’art
  • L’art se passe de morale
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Réponse : Bien faire et faire le bien

L’artiste chrétien unit l’art et la prudence : il veut à la fois bien faire son œuvre (perfection technique) et poser un acte moralement bon (intention droite).

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Dans ce chapitre : La nature de l'art

  1. L'art : recta ratio factibilium
  2. L'artisan et l'artiste
  3. Maritain : Art et Scolastique