Le nominalisme d'Ockham

Chapitre 5 : Compléments d'épistémologie · cours « Épistémologie » · 6 questions

Le rasoir d'Ockham et la négation des universaux : charnière historique entre la scolastique et la crise moderne de la connaissance.

Ockham

Nominalismus Occamicus

Guillaume d'Ockham

Guillaume d'Ockham (v. 1285-1347), franciscain anglais, est l'auteur de la plus grande révolution épistémologique du Moyen Âge.

Le nominalisme

Selon le nominalisme d'Ockham, les universaux (ces termes généraux comme « homme » ou « animal ») ne sont que de simples noms sans réalité en dehors de l'esprit. Ils n'existent pas dans les choses elles-mêmes mais seulement comme des signes linguistiques dans notre intellect. Cette position s'oppose frontalement au réalisme modéré de saint Thomas d'Aquin, pour qui les universaux ont un fondement dans les choses : les formes existent réellement dans les êtres concrets (in re) avant d'être abstraites par l'intellect (in intellectu).

Le rasoir d'Ockham

Ockham est également célèbre pour son principe de parcimonie, connu sous le nom de « rasoir d'Ockham » : il ne faut pas multiplier les entités sans nécessité.

D'Ockham à Kant

Ce principe, d'apparence anodine, a eu des conséquences considérables sur la pensée occidentale. En sapant la confiance dans l'accès intellectuel aux essences, le nominalisme a ouvert la voie au scepticisme philosophique. Descartes, après avoir appliqué son doute méthodique à toute connaissance, se replie sur le cogito (« je pense, donc je suis ») comme seule certitude indubitable, abandonnant la connaissance directe des natures. Kant pousse plus loin encore : selon lui, nous ne connaissons jamais la chose en soi (Ding an sich), mais seulement les phénomènes tels qu'ils apparaissent à notre sensibilité. Ainsi, d'Ockham à Kant, le nominalisme a progressivement miné la confiance de la raison humaine dans sa capacité à saisir les essences du réel.

Ockham tranche le lien entre le mot et la chose, et ouvre la voie à un monde où les idées ne sont plus que des noms

Testez-vous : 6 questions

1. Selon le nominalisme d’Ockham, les universaux sont :

  • Simples noms sans réalité
  • Réalités séparées de Platon
  • Formes fondées dans la chose
  • Idées divines dans l’âme
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Réponse : Simples noms sans réalité

Guillaume d’Ockham, père du nominalisme, enseigne que les termes universels (« homme », « animal ») ne sont que des signes linguistiques sans correspondance réelle en dehors de l’esprit humain.

2. Le réalisme modéré de saint Thomas affirme que les universaux ont :

  • Un fondement dans les choses
  • Aucune réalité du tout
  • Existence en Dieu seul
  • Existence séparée
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Réponse : Un fondement dans les choses

Le réalisme modéré de saint Thomas, entre le réalisme platonicien et le nominalisme, soutient que les universaux existent réellement dans les choses (in re) comme formes, et dans l’esprit (in intellectu) comme concepts abstraits.

3. Comment formule-t-on habituellement le « rasoir d’Ockham » ?

  • Pas d’entités superflues
  • L’être se dit en plusieurs
  • Je pense donc je suis
  • Tout réel est rationnel
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Réponse : Pas d’entités superflues

Le rasoir d’Ockham (entia non sunt multiplicanda praeter necessitatem) est un principe de parcimonie : il ne faut pas poser plus d’entités que nécessaire pour expliquer un phénomène.

4. Quel philosophe se replie sur le cogito après avoir douté de la connaissance des natures ?

  • Descartes
  • Hume
  • Kant
  • Leibniz
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Réponse : Descartes

Après avoir appliqué le doute méthodique à toute connaissance sensible et intellectuelle, Descartes découvre dans le cogito (« je pense, donc je suis ») la seule certitude indubitable, abandonnant ainsi la connaissance directe des natures.

5. Selon Kant, nous ne connaissons jamais la chose en ____ (Ding an sich).

  • soi
  • elle
  • Dieu
  • nature
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Réponse : soi

Pour Kant, notre connaissance est limitée aux phénomènes (les choses telles qu’elles nous apparaissent). La chose en soi (Ding an sich), c’est-à-dire la réalité telle qu’elle est indépendamment de notre perception, reste inaccessible.

6. Le nominalisme renforce la confiance dans l’accès intellectuel aux essences.

  • Vrai
  • Faux
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Réponse : Faux

Au contraire, le nominalisme d’Ockham affirme que les universaux ne sont que des noms (nomina) sans réalité extra-mentale. Cela mine la confiance dans la capacité de l’intellect à saisir les essences des choses.

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Dans ce chapitre : Compléments d'épistémologie

  1. Le nominalisme d'Ockham
  2. Science moderne et causes aristotéliciennes