Lectio : L'art de lire pour se transformer

Chapitre 11 : La pensée et la lecture · cours « Aretè » · 7 questions

Lire non pour accumuler mais pour se transformer — l'art de la lecture profonde.

Saint-Victor

Lectio, l'art de lire pour se transformer

Lectio Divina

Les quatre temps de la lectio

Au VIe siècle, Benoît met au cœur de la Règle monastique la lectio divina, la lecture priante. Elle se déroule en quatre temps : lectio (lire lentement), meditatio (ruminer le texte), oratio (laisser surgir une prière) et contemplatio (s'arrêter dans la présence). Ce n'est pas lire pour finir le livre : c'est lire pour être changé. Au XIIe siècle, Hugo de Saint-Victor formalise cet art dans son Didascalicon : un traité sur comment lire et apprendre, insistant sur l'ordre, la méthode et l'humilité devant le texte.

Lire pour devenir

Cette pratique exige du lecteur une discipline exigeante : du temps, du silence et de la persévérance. La lectio divina ne se presse pas ; elle requiert que l'on s'arrête, que l'on revienne au même passage, que l'on accepte de ne pas comprendre immédiatement. Hugo de Saint-Victor enseigne que la lecture ordonnée, lente, méthodique, humblement assimilée, forme l'intelligence et dispose à la sagesse. Elle n'est pas un exercice de pure érudition, mais un chemin de transformation intérieure. Le Didascalicon insiste sur la différence entre lire pour accumuler et lire pour devenir : les livres transforment davantage que la simple lecture de nouvelles ou de chroniques passagères, parce qu'ils engagent l'esprit dans une durée, une profondeur et une cohérence que les textes éphémères ne peuvent offrir. La lectio divina est ainsi le modèle de toute lecture transformante : elle montre que lire véritablement, c'est accepter d'être changé par ce que l'on lit, de laisser le texte sacré pénétrer l'âme jusqu'à modifier le regard, les désirs et la conduite de celui qui s'y adonne avec persévérance.

Lis non pour contredire ni pour croire aveuglément, mais pour peser et considérer. (Hugo de Saint-Victor, Didascalicon)

Testez-vous : 7 questions

1. Combien d’étapes compte la lectio divina bénédictine ?

  • Six étapes
  • Une seule étape
  • Deux étapes
  • Quatre étapes
Voir la réponse

Réponse : Quatre étapes

La lectio divina se déroule en quatre temps : lectio (lire), meditatio (ruminer), oratio (prier), contemplatio (s’arrêter).

2. Qu’est-ce que la "meditatio" dans la lectio divina ?

  • Copier le manuscrit
  • Ruminer le texte
  • Mémoriser des versets
  • Lire à voix haute
Voir la réponse

Réponse : Ruminer le texte

La meditatio consiste à tourner le texte dans tous les sens, à le ruminer intérieurement pour en assimiler la substance.

3. Quel ouvrage Hugo de Saint-Victor consacre-t-il à l’art de lire ?

  • Le Didascalicon
  • La Didachè
  • L’Isagoge
  • Le Proslogion
Voir la réponse

Réponse : Le Didascalicon

Hugo de Saint-Victor écrit au XIIe siècle le Didascalicon, traité sur l’art de lire et d’apprendre avec ordre, méthode et humilité.

4. Selon Hugo de Saint-Victor, que produit la lecture ordonnée ?

  • Forme l’esprit et la sagesse
  • Renforce la mémoire du corps
  • Guérit certaines maladies
  • Améliore la vue
Voir la réponse

Réponse : Forme l’esprit et la sagesse

Hugo de Saint-Victor enseigne dans le Didascalicon que la lecture ordonnée (lente, méthodique, assimilée) forme l’intelligence et dispose l’âme à recevoir la sagesse.

5. Quelle discipline la lectio divina exige-t-elle du lecteur ?

  • Temps, silence, durée
  • Érudition préalable
  • Isolement total
  • Rapidité et efficacité
Voir la réponse

Réponse : Temps, silence, durée

La lectio divina est une pratique lente et profonde : elle exige du temps, du silence et de la persévérance, à l’opposé de la lecture rapide et utilitaire.

6. Quelle est la différence entre lecture de livres et lecture de nouvelles ?

  • Les livres transforment plus
  • Les livres fatiguent plus
  • Les nouvelles valent mieux
  • Aucune différence réelle
Voir la réponse

Réponse : Les livres transforment plus

Lire des livres transforme profondément : l’effet est nettement supérieur à la lecture superficielle de nouvelles ou de gazettes.

7. De quoi la lectio divina est-elle le modèle ?

  • De l’étude universitaire
  • De toute lecture qui change
  • De la copie monastique
  • De la prière liturgique
Voir la réponse

Réponse : De toute lecture qui change

La lectio divina est le modèle de toute lecture qui transforme : lire non pour finir un livre ou accumuler du savoir, mais pour devenir autre.

Faites cette leçon dans Apôtre : les questions en mode interactif, votre progression, des rappels pour ne rien oublier. Gratuit, sans publicité. Commencer la leçon ›

Dans ce chapitre : La pensée et la lecture

  1. Logos : La pensée ordonnée
  2. Lectio : L'art de lire pour se transformer