Les mètres lyriques : de Sappho à saint Ambroise

Chapitre 10 : De la Grèce à Rome : l'héritage métrique · cours « Poésie Classique » · 7 questions

De Sappho à saint Ambroise : le voyage des mètres lyriques de la Grèce à l'hymnodie chrétienne.

Sappho

De Sappho à saint Ambroise

A Sappho ad Ambrosium

Horace et les strophes grecques

Horace a transposé en latin les grandes strophes lyriques grecques. Dans ses Odes, il emploie la strophe saphique de Sappho et la strophe alcaïque d'Alcée avec une maîtrise qui lui a valu le titre de « lyricus Romanorum ». Mais il ne se contente pas de copier : il adapte les mètres grecs à la phonétique latine, plus lourde et plus consonantique que le grec. Le tournant décisif vient au IVe siècle avec saint Ambroise de Milan.

La maîtrise des mètres

Parmi les mètres qu'Horace pratique, c'est la strophe alcaïque (empruntée au poète grec Alcée de Mytilène) qu'il emploie le plus fréquemment dans ses Odes, lui conférant une majesté grave et solennelle. Horace admirait tant Pindare qu'il refusait de tenter l'ode pindarique en latin, jugeant Pindare tout simplement inimitable, tel un cygne porté par un souffle divin. Dans le vers quantitatif hérité des Grecs, le rythme repose sur la durée des syllabes (longues et brèves) et non sur l'accent tonique.

La révolution ambrosienne

C'est précisément cette distinction que saint Ambroise de Milan a bouleversée. Pour ses hymnes liturgiques, il choisit le dimètre iambique, un mètre simple composé de quatre pieds iambiques par vers, admirablement adapté au chant communautaire. Chaque hymne ambrosienne compte huit strophes de quatre vers, structure qui deviendra le modèle classique de l'hymnographie latine pendant plus d'un millénaire. Le changement capital opéré par Ambroise est le passage du système quantitatif au système accentuel : désormais, c'est l'accent tonique du mot latin qui porte le rythme, non plus la quantité vocalique.

Vers la poésie vernaculaire

Cette révolution métrique, apparemment technique, a eu des conséquences immenses : en libérant le vers de la contrainte artificielle des longues et des brèves, elle a ouvert la voie à la poésie vernaculaire, permettant aux langues romanes naissantes de développer leurs propres formes poétiques, du trouver provençal à Dante.

Saint Ambroise a fait basculer la poésie du quantitatif à l'accentuel : la plus grande révolution de la versification.

Testez-vous : 7 questions

1. Quelle strophe lyrique grecque Horace emploie-t-il le plus dans ses Odes ?

  • La strophe alcaïque
  • La triade pindarique
  • Le distique élégiaque
  • La strophe saphique
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Réponse : La strophe alcaïque

Horace emploie la strophe alcaïque dans 37 de ses Odes, en faisant son mètre lyrique favori et le plus fréquent.

2. Quel mètre saint Ambroise a-t-il choisi pour ses hymnes liturgiques ?

  • Le trimètre iambique
  • La strophe saphique
  • Le dimètre iambique
  • L’hexamètre dactylique
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Réponse : Le dimètre iambique

Saint Ambroise a choisi le dimètre iambique pour ses hymnes liturgiques, mètre simple permettant au peuple de chanter.

3. Quel changement capital saint Ambroise opère-t-il dans la versification latine ?

  • Du quantitatif à l’accentuel
  • Du chant à la lecture
  • Du latin au grec
  • De la prose au vers
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Réponse : Du quantitatif à l’accentuel

Saint Ambroise a remplacé la métrique quantitative antique par une versification accentuelle, fondant l’hymnodie latine chrétienne.

4. Dans le vers quantitatif, sur quoi repose le rythme ?

  • L’accent tonique
  • La durée des syllabes
  • Le nombre de mots
  • Le retour des rimes
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Réponse : La durée des syllabes

Dans le vers quantitatif antique, le rythme repose sur l’alternance de syllabes longues et brèves selon leur durée.

5. Combien de strophes compte l’hymne ambrosienne ?

  • Douze
  • Six
  • Quatre
  • Huit
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Réponse : Huit

L’hymne ambrosienne typique compte huit strophes de quatre vers en dimètre iambique, soit 32 vers au total.

6. Le passage du quantitatif à l’accentuel a ouvert la voie à quelle poésie ?

  • Le chant grégorien
  • La poésie vernaculaire
  • La prose oratoire
  • La poésie épique
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Réponse : La poésie vernaculaire

Le passage du vers quantitatif au vers accentuel a ouvert la voie à la poésie vernaculaire en langues romanes.

7. Pourquoi Horace refusait-il de tenter l’ode pindarique en latin ?

  • Pindare jugé inimitable
  • Le mètre lui était interdit
  • Il préférait l’épopée
  • Il ignorait le grec
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Réponse : Pindare jugé inimitable

Horace considérait le lyrisme de Pindare comme inimitable et préférait un style plus mesuré dans ses propres Odes.

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Dans ce chapitre : De la Grèce à Rome : l'héritage métrique

  1. L'hexamètre latin : d'Homère à Virgile
  2. Les mètres lyriques : de Sappho à saint Ambroise