Magnanimitas : Viser grand sans orgueil
Oser de grandes choses pour Dieu sans tomber dans la vanité : l'équilibre de la magnanimité.
Magnanimitas, viser grand sans orgueil
Magnanimitas Christiana
Viser de grandes choses
Thomas d'Aquin définit la magnanimité dans la Somme (ST II-II, q.129) comme la vertu qui pousse l'homme à entreprendre de grandes choses dignes d'honneur. Ce n'est pas l'orgueil : l'orgueilleux s'attribue une grandeur qu'il n'a pas. Le magnanime reconnaît les dons que Dieu a déposés en lui et ose les mettre en œuvre. C'est une audace ordonnée, ordonnée à Dieu et au service.
Le vice opposé
Le vice directement opposé à la magnanimité est la pusillanimité (ST II-II, q.133). Thomas la définit comme le refus de tendre vers ce qui est proportionné à ses capacités. Le pusillanime vise trop bas par fausse humilité ; il enfouit ses talents au lieu de les faire fructifier. C'est un péché, car c'est une injure aux dons de Dieu que de refuser de les employer. Le Seigneur ne demande pas ce que nous n'avons pas reçu, mais il exige que nous fassions valoir ce qu'il nous a confié.
La parabole des talents
La Parabole des Talents (Mt 25, 14-30) illustre cette vérité avec une force saisissante. Le serviteur qui reçoit un talent l'enterre par peur du maître au lieu de le faire fructifier. Le maître le condamne comme « serviteur mauvais et paresseux ». Cette peur paralysante est l'image même de la pusillanimité que Thomas condamne : le refus de servir avec les dons reçus, le repli timoré sur soi-même au lieu de l'élan généreux vers la mission confiée.
Magnanime ou orgueilleux
La distinction fondamentale entre le magnanime et l'orgueilleux mérite d'être gravée dans l'esprit. Le magnanime reconnaît humblement des dons reçus de Dieu et ose les mettre en œuvre pour sa gloire. L'orgueilleux s'attribue une grandeur qui ne vient pas de Dieu : c'est toute la différence (ST II-II, q.129-132). L'un s'élève parce qu'il est porté par la grâce ; l'autre s'enfle d'un vent qui n'est que le sien.
La magnanimité est la vertu des grandes entreprises. (Thomas d'Aquin)
Testez-vous : 7 questions
1. Dans quelle œuvre Thomas d’Aquin traite-t-il de la magnanimité ?
- La Somme Théologique
- Le De Veritate
- La Somme contre Gentils
- Les Sentences
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Réponse : La Somme Théologique
Thomas développe la magnanimité dans la Somme Théologique, II-II, question 129.
2. Qu’est-ce que la magnanimité selon Thomas d’Aquin ?
- Vertu des grandes œuvres
- La confiance en soi
- Le mépris des honneurs
- L’humilité absolue
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Réponse : Vertu des grandes œuvres
Thomas définit la magnanimité comme la vertu qui dispose à entreprendre de grandes choses.
3. Comment appelle-t-on le vice opposé à la magnanimité ?
- La médiocrité
- La pusillanimité
- La lâcheté
- L’acédie
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Réponse : La pusillanimité
La pusillanimité consiste à viser trop bas par fausse humilité. C’est un vice aussi réel que l’orgueil.
4. Quelle est la différence entre magnanimité et orgueil ?
- Aucune différence
- Le magnanime s’isole
- Le magnanime vise juste
- L’orgueilleux est courageux
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Réponse : Le magnanime vise juste
L’orgueilleux s’attribue une grandeur qu’il n’a pas. Le magnanime reconnaît humblement ses capacités.
5. Pourquoi le serviteur de la Parabole des Talents enterre-t-il son talent ?
- Par prudence
- Par peur du maître
- Par obéissance
- Par générosité
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Réponse : Par peur du maître
Le serviteur enterre son talent par peur (Mt 25,25) : c’est l’image même de la pusillanimité que Thomas d’Aquin condamne, le refus de servir avec les dons reçus.
6. Comment Thomas d’Aquin définit-il la pusillanimité ?
- Refus de ce qui est possible
- Manque de courage physique
- Tristesse face à l’échec
- Excès de confiance en soi
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Réponse : Refus de ce qui est possible
La pusillanimité (ST II-II, q.133) est le refus de tendre vers ce qui est proportionné à ses capacités, viser petit par fausse humilité alors que Dieu a donné les moyens de viser juste.
7. Quelle est la différence entre le magnanime et l’orgueilleux selon Thomas ?
- Orgueilleux plus courageux
- Magnanime vise plus haut
- Aucune différence réelle
- Dons reçus, non usurpés
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Réponse : Dons reçus, non usurpés
La magnanimité reconnaît humblement les dons de Dieu et ose les mettre en œuvre. L’orgueil s’attribue une grandeur qui ne vient pas de Dieu : c’est toute la différence (ST II-II, q.129-132).
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Dans ce chapitre : Viser haut
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