Nature et fondements des indulgences
Le trésor des mérites du Christ et des saints : comment l'Église accorde la remise des peines temporelles.
Indulgentiae Ecclesiae
Un sujet mal compris
Les indulgences sont l'un des sujets les plus mal compris de la doctrine catholique. Elles ont pourtant un fondement scripturaire, patristique et magistériel solide, que saint Thomas d'Aquin expose dans le Supplementum de la Somme théologique. Comprendre les indulgences, c'est comprendre la distinction entre la faute et la peine, le trésor de l'Église, et le pouvoir des clefs.
La peine temporelle
Les indulgences remettent la peine temporelle qui subsiste après que la faute a été pardonnée par l'absolution sacramentelle. En effet, l'absolution remet la faute et convertit la peine éternelle en peine temporelle, mais cette dernière doit encore être purgée par des œuvres satisfactoires en cette vie ou par la purification au purgatoire.
Le trésor de l'Église
L'Église puise dans le trésor constitué principalement par les mérites surabondants du Christ, dont la satisfaction est infinie, auxquels s'ajoutent les mérites de la Vierge Marie et de tous les saints. Ce partage repose sur la communion des saints, qui unit tous les membres du Corps mystique dans un échange de biens spirituels, comme les membres d'un même corps se soutiennent mutuellement.
Le pouvoir des clefs
Le pouvoir de remettre cette peine temporelle est fondé sur la parole du Christ à Pierre : « Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux » (Mt 16, 19). L'indulgence plénière remet la totalité de la peine temporelle et ne peut être gagnée qu'une fois par jour, tandis que l'indulgence partielle n'en remet qu'une partie et peut être obtenue plusieurs fois. Un précédent scripturaire se trouve dans la deuxième épître aux Corinthiens, où saint Paul remet la peine de l'incestueux de Corinthe qu'il avait précédemment excommunié, exerçant ainsi le pouvoir pastoral reçu du Christ.
L'indulgence remet la peine temporelle due aux péchés déjà pardonnés, en puisant dans le trésor des mérites du Christ et des saints.
Testez-vous : 7 questions
1. Que remettent les indulgences ?
- La faute mortelle grave
- La peine éternelle
- Peine temporelle restante
- Le péché originel
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Réponse : Peine temporelle restante
Les indulgences remettent la peine temporelle qui subsiste après que la faute a été pardonnée par l’absolution sacramentelle. Elles ne remettent ni la faute elle-même ni la peine éternelle, qui sont remises par le sacrement de pénitence (Supplementum, Q. 25, a. 1).
2. De quoi est principalement constitué le trésor de l’Église ?
- Mérites surabondants, Christ
- Biens temporels du Vatican
- Des reliques des saints
- Offrandes des fidèles
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Réponse : Mérites surabondants, Christ
Le trésor de l’Église (thesaurus Ecclesiae) est constitué principalement par les mérites surabondants du Christ, dont la satisfaction est infinie. S’y ajoutent secondairement les mérites surabondants de la Vierge Marie et de tous les saints (Clément VI, Unigenitus Dei Filius, 1343 ; Supplementum, Q. 25, a. 1).
3. Après l’absolution sacramentelle d’un péché mortel, que reste-t-il à purger ?
- La faute elle-même
- La peine temporelle
- La peine éternelle
- Le péché originel
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Réponse : La peine temporelle
L’absolution remet la faute (culpa) et convertit la peine éternelle en peine temporelle. Cette peine temporelle doit encore être purgée par des œuvres satisfactoires en cette vie ou par la purification au purgatoire (saint Thomas, Supplementum, Q. 25, a. 1 ; Concile de Trente, session XIV).
4. Quelle parole du Christ fonde le pouvoir de remettre la peine temporelle ?
- « Tout ce que tu lieras… »
- « Je suis le chemin… »
- « Aimez-vous les uns… »
- « Ceci est mon corps… »
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Réponse : « Tout ce que tu lieras… »
Le pouvoir des clefs, conféré par le Christ à Pierre (Mt 16,19) et aux Apôtres, s’étend à la rémission de la peine temporelle. Saint Thomas (Supplementum, Q. 25, a. 2) montre que le pouvoir de lier et délier inclut l’application des mérites du trésor de l’Église pour remettre la peine due aux péchés.
5. Quelle est la différence entre une indulgence plénière et une indulgence partielle ?
- Plénière remet toute peine
- Réservée au pape seulement
- Pour les vivants seulement
- Pardonne les péchés véniels
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Réponse : Plénière remet toute peine
L’indulgence plénière remet la totalité de la peine temporelle due aux péchés déjà pardonnés ; l’indulgence partielle n’en remet qu’une partie. La plénière ne peut être gagnée qu’une fois par jour (sauf à l’article de la mort), tandis que la partielle peut l’être plusieurs fois (Enchiridion Indulgentiarum, norme 18).
6. Dans quelle épître saint Paul exerce-t-il le pouvoir de remettre une peine ecclésiale ?
- Deuxième aux Corinthiens
- L’épître aux Galates
- Première à Timothée
- L’épître aux Romains
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Réponse : Deuxième aux Corinthiens
En 2 Co 2,10, saint Paul remet la peine de l’incestueux de Corinthe qu’il avait précédemment excommunié (1 Co 5). Ce geste apostolique est un précédent scripturaire de la pratique des indulgences : le pasteur remet une peine en vertu de son autorité reçue du Christ.
7. Pourquoi les mérites d’un membre de l’Église peuvent-ils bénéficier à un autre ?
- Par la communion des saints
- Par la seule volonté humaine
- Par la justice commutative
- Par la prédestination
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Réponse : Par la communion des saints
La communion des saints unit tous les membres du Corps mystique du Christ dans un échange de biens spirituels. Les mérites surabondants des uns peuvent être appliqués aux autres par l’autorité de l’Église, comme les membres d’un même corps se soutiennent mutuellement (Supplementum, Q. 25, a. 1 ; CEC 1474-1477).
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Dans ce chapitre : Les indulgences
- Nature et fondements des indulgences
- Conditions, histoire et application aux défunts