Poésies attribués à Charles d’Orléans
BALLADE.
Je meurs de soif emprès de la fontaine ;
Suffisance ay, et si suis convoiteux ;
Une heure m’est plus d’une quarantaine ;
Droit et parfait, je chemine boiteux ;
Trespacient, plus que nul despiteux ;
Je retiens tout, et ce que j’ai, depars ;
À moy cruel et aux autres piteux,
Le neutre suis, et si tiens les deulx pars.
En doubte suis de chose trescertaine ;
Infortuné, je me repute eureux ;
Vraye conclus une chose incertaine ;
Rien je ny fois, et suis adventureux ;
Flebe me tiens, quant me sens vigoreux ;
Plain de moisteur, tout tremblant au feu ars ;
Doulx et begnin, de semblant rigoreux,
Le neutre suis, et si tiens les deux pars.
Quant dueil me prent, grant joye me demaine ;
Par grant plaisir, je deviens langoreux ;
Indigent suis, possident grant demaine ;
Qui n’a nul goust, je le tiens savoreux ;
Qui m’est amer, de lui suis amoureux ;
Ignorant suis, et si sçay les Sept Ars ;
En grant seurté, fort craintif et paoureux,
Le neutre suis, et si tiens les deux pars.
ENVOI.
Qui me loue, il m’est injurieux ;
Je ne bouge, quant d’un lieu je me pars ;
Par bien ouvrer, en vain laborieux,
Le neutre suis, et si tiens les deux pars.
BALLADE.
Je meurs de soif au près de la fontaine ;
Tant plus mengue, et tant plus je me affame ;
Povre d’argent où ma bourse est plaine,
Marié suis et si n’ay point de fame ;
Qui me honnore, grandement me diffame ;
Quant je vois droit, lors est que me devoye ;
Pour loz et pris, je tiltre de diffame ;
Grief desplaisir m’est excessive joye.
Quant on me toult, richement on me estraine ;
Dix mil onces ne me sont qu’une dragme ;
Sec et brahaing, je porte fleur et graine ;
En reposant, sur mer tire à la rame ;
Actaine suis en tous lieux où n’a ame ;
Accompaigné, je n’ay qui me convoye ;
Toute entiere est la chose que je entame,
Grief desplaisir m’est excessive joye.
En aspirant, je retiens mon alaine ;
Quant eur me vient, maleureux je me clame
Fort et puissant, flexible comme laine ;
Transi d’amours sans avoir nulle dame ;
Homme parfait, privé de corps et d’ame ;
Paisible suis, et ung chascun guerroye ;
Mes ennemis plus que tous autres ame ;
Grief desplaisir m’est excessive joye.
ENVOI.
Mauvaise odeur m’est plus fleurant ijue basnie
Pasmé de dueil, angoisseux me resjoye ;
En eaue plungié, je brule tout en flame,
Grief desplaisir m’est excessive joie.
BALLADE.
Je n’ai plus soif, tarie est la fontaine,
Repeu je suis de competent viande,
J’ai pris treves affîn que on ne me actaine,
Dissimulant, fault que le hurt actende ;
Adjoint des deux, sans que nul vilipende,
Je festie l’un, à l’austrefois la moue ;
En ce faisant, pour éviter escande.
Entre deux eaues, comme le poisson, noue.
En grant travail j’ai frapé la quintaine,
Jusques ung temps fault qu’à repos entende ;
Pour obvier à voye trop haultaine,
Le moien tiens, affin que ne descende ;
J’ai eu delay de paier mon amende ;
En courroux faint, couvertement me joue,
En reculant pour mieulx saillir en lande.
Entre deux eaues, comme le poison, noue.
Ne vert, ne meur, mon blé mengue en graine,
Dueil et plaisir me tiennent en commande ;
En divers lieux çà et là me pourmaine ;
La moitié fois, quant tout l’en me commande ;
À demy trait lors est que l’arc debande,
Pour abréger, ne l’un ne l’autre loue.
Participant de l’une et l’autre bande,
Entre deux eaues, comme le poisson, noue.
ENVOI.
Par priere de affaictée demande,
Interrogé se l’ung ou l’autre avoue,
À ce respons, se aucun le me demande :
Entre deux eaues, comme le poisson, noue.
BALLADE.
Parfont conseil eximium
En ce saint livre, exortatur,
Que l’omme, in matrimonium,
Folement non abutatur ;
Raison ? le sens hebetatur,
De omni viro quelqu’il soit ;
Fol non credit tant qu’il reçoit.
Et constat, par ceste leçon,
Pour conserver vim et robur,
Prestat ne faire mot ne son,
Souffrir et escouter murmur.
Si conjunx clamat ad ce mur,
Fingat que pas ne le conçoit,
Fol non credit tant qu’il reçoit.
Fortior multo que Sanson
En cest assault conjuncitur ;
Contra de Venus l’escusson
Le plus fort bourdon plicatur
(Le vers manque.)
Sed quisquis pas ne le conçoit,
Fol non credit tant qu’il reçoit
ENVOI.
Prince tressaige, legitur
Quod astucior si déçoit.
Le mieulx nagent y mergitur ;
Fol non credit tant qu’il reçoit.
BALLADE.
Faictes pour moy com j’ay pour vous,
Retenez moy par dessus tous
Amy tout seul, tresbelle Dame,
Je vous jure sur Dieu, sur m’ame,
Ne vueil servir autre que vous,
Faictes pour moy com j’ay pour vous.
Guerissez moy du mal d’Amours
Et me donnez du bien de vous,
Reconfort tel plus ne m’en chaille,
Mon bien, m’amours, mon fin cueur doulx,
À vous me rens, à vous sur tous,
Faictes pour moy com j’ay pour vous.
Je vous ayme plus que autre femme
N’autre que moy n’aura la garde
Helas de moy qui suis à vous,
Faictes pour moy com j’ay pour vous.
FIN DU TOME PREMIER
BALLADE.
Je meurs de soif au près de la fontaine ;
J’ai tresgrant fain, et si ne puis mengier ;
Je suis au bas en la maison haultaine,
Et enchartré en ung tresbeau vergier ;
En grant péril, et hors de tout dangier ;
Les biens que j’ay, me font povre indigent ;
En beau logis, ne me sçay où logier ;
Je gaigne assez, et si n’ay point d’argent.
Je fais grant dueil, tristesse m’est loingtaine ;
Dormir ne puis et ne fais que songier ;
Je suis tout sain et ay fievre quartaine ;
Tout esdenté, mon frain me fault rongier ;
Vérité dy, et si suis mensongier ;
Je suis recluz, hanté de tout gent ;
Congneu de tous et à tous estrangier ;
Je gaigne assez, et si n’ay point d’argent.
Grant doubte fays de chose bien certaine ;
Incertain suy, et si en vueil jugier ;
Ou champ estroit je jouste à la quintaine ;
Non offencé, je me cuide vengier ;
Ung pesant faiz me semble treslegier ;
Je suy paillart et contrefay du gent ;
Par trop couart, hardy comme ung Ogier ;
Je gaigne assez, et si n’ay point d’argent.
ENVOI.
Prince, je suy siche, pour abregier,
Prodigue aussi, nonchallant, diligent,
Assez subtil, plus simple que bergier,
Je gaigne assez, et si n’ay point d’argent.
BALLADE.
J’ay tant en moy de desplaisir
Puisqu’il me convient de partir
Helas ! de vous et loing aller !
Et si ne puis à vous parler
(Dont i’auray maint mal à souffrir)
N’est riens qui me peust esjouïr !
Si n’est le tresdoulx souvenir
Que j’ay par vous bien fort amer,
J’ay tant en moy de desplaisir.
Adieu ma joye, mon plaisir,
Adieu mon loyal souvenir ;
Adieu belle dame sans per ;
Adieu dire m’est coup mortel,
Car je m’en vais sans vous véoir,
J’ay tant en moy de desplaisir.
BALLADE
En ceste nouvelle saison
Qui remplist jeunes cuers de joye
Et qu’Amours sault de sa maison
Pour conquester aucune proye
Nulle riens n’ay qui me guerroye
Se non Jeunesse qui me prie
D’estre amoureux plus c’oncques mais,
Mais ainsi ne seray je mie :
Il me vault mieulx tenir en paix.
Je ne congnois point d’achoison
Pourquoy son conseil croire doye
En elle n’a riens de Raison.
Pour trop fol doncques me tiendroye
S’après elle me gouvernoye.
Quel besoing est que je me lie
Quant je suis franc en tous mes fais !
Pardieu, ce seroit grant folie
Il me vault mieulx tenir en paix.
Je suis de ceste entencion
Et seray quelque part que soye,
Mais Dieu me gart de la prison
Qu’Amours souventeffoys m’envoie
Par mes yeulx qui trop vont en voye ;
Combien que souvent je leur die
Qu’ilz font mal, dont je leur desplais ;
Pour ce, pour avoir d’eulx maistrie,
Il me vault mieulx tenir en paix.
ENVOI.
J’ay essaié, toute ma vie,
Qu’est de porter amoureux faiz,
Pourquoy congnois, sans mocquerie,
Il me vault mieulx tenir en paix.
BALLADE.
Je deffy Tristesse
Et tout son povoir,
Car Plaisant Léesse,
Par joyeux Espoir
M’a fait assavoir
Me faisant promesse
Que de bon vouloir,
Sans me decevoir,
Me sera maistresse,
Et fera avoir
Des biens à largesse.
C’est ce qui redresse
En confort, pour voir,
Le mal qui me blesse
Et me fait douloir
Souvent main et soir
Et sy fort me presse,
Que, par nonchaloir,
Je laisse manoir
Mon cuer en destresse,
Loings de recevoir
Des biens à largesse.
COMMENCEMENT
d’une
BALLADE.
Fortune, vray est vostre comte
Que, quant voz biens donné avez.
Vous les reprenés ; mais c’est honte
Et don d’enfant, bien le savez.
Ainsi faire ne le devez.
Voz faiz vous mettez à l’enchiere,
Chascun ce qu’il en peut en a
Et ne vous chault comment tout va ;
Pour Dieu, changez vostre maniere
POÉSIES
ATTRIBUÉES A CHARLES D’ORLÉANS.
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LAY PITEUX.
Bonne saison, bon temps avoye,
Elas ! amy, quant vous véoye.
Reconfort bon et vous prenoye ;
Tant de plaisir et d’autre bien
Rejoïssoit ma seule joye ;
A vo vouloir me soubzmectoye ;
Nul autre bien ne demandoye
Dessoubz les cieulx pour estre mien,
Que vostre amour que tant amoye,
En vous servant me delictoye !
Et pourquoy non ! bien seur estoye
Que vous m’aimiez tresloyaument ;
Et quant jadiz vous requeroye
Que vo servant estre vouloye,
Mon seul vouloir vous appelloye
Et mon vaillant entierement.
Vous me dictes si doulcement,
En moy baisant et accollant :
« Amy, amons nous chierement,
Baille ton cueur, et prens le mien ; »
Et je changay joyeusement,
Et vous aussi si liement,
Et feïsmes loyal serment
Qu’avons tenu, je le sçay bien.
Et est vray qu’oncques crestien
En amours n’eust autant de bien
(Gardant vostre honneur et le mien,)
Que j’ay eu, et sans avoir blasme :
Vo doulz acueil, vo doulx maintien,
Vostre plaisir que fust le mien.
Car sans cellui ne m’estoit rien.
Je le jure sur Dieu, sur m’ame.
Si vous baillay le mien en garde.
Belle Dame,
Prenant charge
De vous loyaument servir,
Sans reprouche ne diffame,
Sur mon arme.
Sans jamais de vous partir.
Elas ! quant d’elle partoye,
Je pensoye
Quant pourroye
Bien tost vers elle venir ;
Nuit et jour je la sonjoye,
La veoye parler, aler et venir !
Tant espris d’elle estoye ,
Qu’en veillant je l’appelloye,
Puis que bien loing en estoye,
À soy cuidoye parler ;
Mais puis bien après veoye
Que resvoye,
Me prenoye à plourer.
Cest ducil m’estoit à porter,
Et bien aise endurer,
Car bien tost, du retourner
Me prenoit tresgrant talent ;
En elle si fort penser,
Ma joye renouveller
Me faisoit incontinent.
Et quant venir n’y povoye,
Entre deux lui rescripvoye,
Son nom et le mien mectoye
Escript bien estrangement ;
Et puis quant je la véoye,
Dieu scet quel chiere j’avoye
Recueilly joyeusement.
Puis nous faillu esloingner
L’un de l’autre, guermenter,
Car Dangier,
Plusieurs autres mesdisans
Nous firent tant endurer,
Et plourer.
Tourmenter,
Oncques puis n’eusmes bon temps.
Et puis entre autre gent
Failloit, en nous esloingnant,
À plusieurs autres parler,
Avoir autre pensement,
Muer la couleur souvent,
Sans l’un l’autre regarder.
Elas ! elle s’esbastoit.
Et bonne chiere faisoit
À tous autres, fors qu’à moy ;
Dont mon cuer fort souspiroit,
Quant elle me regardoit,
Je vous jure par ma foy.
Dont sourdit grant jalousie,
Car elle ne créoit mye
Que n’eusse fait autre amye ;
Ainsi me sembloit il d’elle
Que s’amour me fust faillie,
Departie,
Et guerpie ;
M’eust laissié la bonne belle.
Dont ensuies grant querelle.
Moy et elle,
Advint qu’en une chappelle
Nous nous trouvasmes tous deux,
Et je lui dis ; « Bonne et Belle,
Ne me soiez si cruelle,
Puis que nous sommes tous seulz.
Dictes moy vostre vouloir,
Ne me vueilliez decevoir,
Ne mectre à nonchaloir,
Car, vers vous n’ay rien forfait
— Mon amy, vueilliez savoir.
Vous me feistes trop doloir ;
Ne savez vous comment il m’est ?
Vous m’avez abandonnée
Et laissiée.
Désolée,
Esloingnée ;
À qui oseray je dire
Ma tresdolente pensée
Qui grevée
M’a, et trestant mal menée
Que je vis en grant martire.
N’est riens qui me puist souffire,
Tant ay d’ire ;
Quant ès autres vous voy rire,
Et grant joye demener.
Je ne vueil avoir nul mire
Qui me mire,
J’ayme mieux mes jours finer. »
Et lors nous nous advisasmes,
Et l’un l’autre pardonnasmes,
Car pour obvier mains blasmes,
Il nous faillut esloingner ;
Noz amours renouvellasmes,
Et de nouvel nous jurasmes
De nous loyaument amer.
Cecy nous dura long temps ;
On dit qu’au bout de sept ans
Revient voulentiers mal ans ;
Ainsi m’est il advenu,
Dont je vis piteusement,
En tourment,
Las ! je suis pis que perdu.
Elas ! trescruelle mort,
Tu me fais crier à tort
À la mort,
Que ma mort
Bonnement ne l’ose dire
Mon confort,
Ma joye et mon déport.
Or me fault passer du port,
Du royaume en l’empire,
De tout plaisir en tristesse ;
Mectre mon cuer en destresse
Qui me blesse.
Et ne cesse
De destruire ma jeunesse,
Puis que m’as mort ma maistresse ;
Dont liesse
Si me blesse
Elas ! qu’esse.
Qui me presse
De dire las ! que feray ?
Que diray ? où iray ?
Si mourray,
Ou si de dueil creveray ?
Car je n’ay que esmay
Elas ! et ont me mectray
Jusques mes jours fineray ?
En lieu ne reposeray
Jusque là où la verray.
Car pour ce que tant l’aymay,
Tous les jours souhaiteray
La mort qui desjà m’aprouche ;
Entre deux je ne vouldroye
Estre en lieu ont eust joye,
Com souloye,
Car ma douleur doubleroit,
Véoir ce qu’avoir souloye !
Elas ! car mieulx ameroye
M’en fouir où que ce soit,
Disant adieu tresdouloureux,
Adieu, adieu tous amoureux,
Adieu le plaisir de mes yeulx,
Adieu, sans plus estre joyeulx.
Adieu le bien de tous les lieux,
Adieu le mien dessoubz les cieux,
Adieu regard tresgracieux,
J’en preing congié de cueur piteux.
Si fineray ma complainte,
Ma joye sera acteinte,
Et de douleur auray mainte
Grant actainte
Dont il me convient languir
Et sevir,
Car j’ay aymé, et sans fainte.
Celle qu’avoye tant crainte,
Que pour elle vueil mourir !
Sa tresbonne renommée,
Sa grace de tous louée
Et de beauté aournée,
Tant amée et prisée,
Desirée
De trestoute autre gent,
La fait estre regrectée,
Dont ay la mort demandée,
Toute joye oubliée.
À Dieu son ame command.
Et sachiez certainement
Trestous li léal amant,
(J’en dis tant,
Sans nulle dame blasmer)
Que c’estoit la plus plaisant
Des belles et avenant,
C’om peust des yeulx regarder.
C’est le reconfortement
Que j’ay en mes jours finant.
En priant humblement
À Dieu, tresdevotement,
Qu’en son Paradis briefment
Son ame puisse trouver.
EXPLICIT LA PREMIÈRE PARTIE
DU LAY PITEUX.
RONDEAUX.
I.
Sans vous veoir,
Près du manoir,
Amy de vous,
Fine mes jours
Cest derrain soir,
Veuillez savoir
Qu’à nonchaloir
Mis par vous tous,
Sans vous veoir.
Mourant espoir
Ferez devoir,
Souviengne vous
Que laissay tous,
Par vous vouloir.
Sans vous veoir.
II.
Faulce mort,
À grant tort.
M’as grevée,
Et ostée
Mon deport ;
Mon cuer mort ;
Car trop tort
L’as serré,
Faulce mort.
Près du bort
Du mal port
M’as laissiée
Desolée,
Sans confort,
Faulce mort.
BALLADE.
Bien puis dire souvent elas !
Comment m’est il mesavenu !
La mort, que moqué ne m’a pas,
La belle bonne m’a tollu,
Et m’a laissié depourveu
De tous les biens qu’avoir souloye,
Tout plain d’ennuy, sans point de joye ;
Sy pry à Dieu qu’en son manoir,
L’ame de soy tout droyt envoye
Ont la puisse briefment véoir.
Helas ! amy, d’un de ses dars
Soudainement Mort m’as feru ;
De mon meschief je n’ose pas
Faire semblant qu’ay receu.
Or, ay je bien trestout perdu,
Car seulement quant je pensoye
De la véoir m’esjoïssoye.
Ou près, ou loing et main et soir ;
Or à présent, estre vouldroye
Ont la puisse briefment véoir.
Hé ! Dieu d’Amours trop pugny m’as
Sans toy me sera bien deceu,
Quant me souvient qu’entre ses bras
Amy tout seul m’ot retenu
Mon cueur et moy si bien pourveu ;