Le Cid (page 6)

Pierre Corneille · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Le Cid (éd. Marty-Laveaux) · 7 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Je dois plus de respect à qui combat pour vous ;

Et ravi de penser que c’est de vous qu’ils viennent,

Puisque c’est votre honneur que ses armes soutiennent,

Je vais lui présenter mon estomac ouvert,

1500Adorant en sa main la vôtre qui me perd.

Chimène.

Si d’un triste devoir la juste violence,

Qui me fait malgré moi poursuivre ta vaillance,

Prescrit à ton amour une si forte loi

Qu’il te rend sans défense à qui combat pour moi,

1505En cet aveuglement ne perds pas la mémoire

Qu’ainsi que de ta vie il y va de ta gloire,

Et que dans quelque éclat que Rodrigue ait vécu,

Quand on le saura mort, on le croira vaincu.

Ton honneur t’est plus cher que je ne te suis chère,

1510Puisqu’il trempe tes mains dans le sang de mon père,

Et te fait renoncer, malgré ta passion,

À l’espoir le plus doux de ma possession :

Je t’en vois cependant faire si peu de conte,

Que sans rendre combat tu veux qu’on te surmonte.

1515Quelle inégalité ravale ta vertu ?

Pourquoi ne l’as-tu plus, ou pourquoi l’avois-tu ?

Quoi ? n’es-tu généreux que pour me faire outrage ?

S’il ne faut m’offenser, n’as-tu point de courage ?

Et traites-tu mon père avec tant de rigueur,

1520Qu’après l’avoir vaincu tu souffres un vainqueur ?

Va, sans vouloir mourir, laisse-moi te poursuivre,

Et défends ton honneur, si tu ne veux plus vivre.

Don Rodrigue.

Après la mort du Comte, et les Mores défaits,

Faudroit-il à ma gloire encor d’autres effets ?

1525Elle peut dédaigner le soin de me défendre :

On sait que mon courage ose tout entreprendre,

Que ma valeur peut tout, et que dessous les cieux,

Auprès de mon honneur, rien ne m’est précieux.

Non, non, en ce combat, quoi que vous veuilliez croire,

1530Rodrigue peut mourir sans hasarder sa gloire,

Sans qu’on l’ose accuser d’avoir manqué de cœur,

Sans passer pour vaincu, sans souffrir un vainqueur.

On dira seulement : « Il adoroit Chimène ;

Il n’a pas voulu vivre et mériter sa haine ;

1535Il a cédé lui-même à la rigueur du sort

Qui forçoit sa maîtresse à poursuivre sa mort :

Elle vouloit sa tête ; et son cœur magnanime,

S’il l’en eût refusée, eût pensé faire un crime.

Pour venger son honneur il perdit son amour,

1540Pour venger sa maîtresse il a quitté le jour,

Préférant, quelque espoir qu’eût son âme asservie,

Son honneur à Chimène, et Chimène à sa vie. »

Ainsi donc vous verrez ma mort en ce combat,

Loin d’obscurcir ma gloire, en rehausser l’éclat ;

1545Et cet honneur suivra mon trépas volontaire,

Que tout autre que moi n’eût pu vous satisfaire.

Chimène.

Puisque, pour t’empêcher de courir au trépas,

Ta vie et ton honneur sont de foibles appas,

Si jamais je t’aimai, cher Rodrigue, en revanche,

1550Défends-toi maintenant pour m’ôter à don Sanche ;

Combats pour m’affranchir d’une condition

Qui me donne à l’objet de mon aversion.

Te dirai-je encor plus ? va, songe à ta défense,

Pour forcer mon devoir, pour m’imposer silence ;

1555Et si tu sens pour moi ton cœur encore épris,

Sors vainqueur d’un combat dont Chimène est le prix.

Adieu : ce mot lâché me fait rougir de honte.

Don Rodrigue.

Est-il quelque ennemi qu’à présent je ne dompte ?

Paroissez, Navarrois, Mores et Castillans,

1560Et tout ce que l’Espagne a nourri de vaillants ;

Unissez-vous ensemble, et faites une armée,

Pour combattre une main de la sorte animée :

Joignez tous vos efforts contre un espoir si doux ;

Pour en venir à bout, c’est trop peu que de vous.

Scène II.

L’INFANTE.

1565T’écouterai-je encor, respect de ma naissance,

Qui fais un crime de mes feux ?

T’écouterai-je, amour, dont la douce puissance

Contre ce fier tyran fait révolter mes vœux ?

Pauvre princesse, auquel des deux

1570T’écoutDois-tu prêter obéissance ?

Rodrigue, ta valeur te rend digne de moi ;

Mais pour être vaillant, tu n’es pas fils de roi.

Impitoyable sort, dont la rigueur sépare

Ma gloire d’avec mes désirs !

1575Est-il dit que le choix d’une vertu si rare

Coûte à ma passion de si grands déplaisirs ?

Ô cieux ! à combien de soupirs

Faut-il que mon cœur se prépare,

Si jamais il n’obtient sur un si long tourment

1580Ni d’éteindre l’amour, ni d’accepter l’amant !

Mais c’est trop de scrupule, et ma raison s’étonne

Du mépris d’un si digne choix :

Bien qu’aux monarques seuls ma naissance me donne,

Rodrigue, avec honneur je vivrai sous tes lois.

1585Après avoir vaincu deux rois,

Pourrois-tu manquer de couronne ?

Et ce grand nom de Cid que tu viens de gagner

Ne fait-il pas trop voir sur qui tu dois régner ?

Il est digne de moi, mais il est à Chimène ;

1590Le don que j’en ai fait me nuit.

Entre eux la mort d’un père a si peu mis de haine,

Que le devoir du sang à regret le poursuit :

Ainsi n’espérons aucun fruit

De son crime, ni de ma peine,

1595Puisque pour me punir le destin a permis

Que l’amour dure même entre deux ennemis.

Scène III.

L’INFANTE, LÉONOR.

L’Infante.

Où viens-tu, Léonor ?

Léonor.

Où viens-tu, Léonor ?Vous applaudir, Madame,

Sur le repos qu’enfin a retrouvé votre âme.

L’Infante.

D’où viendroit ce repos dans un comble d’ennui ?

Léonor.

1600Si l’amour vit d’espoir, et s’il meurt avec lui,

Rodrigue ne peut plus charmer votre courage.

Vous savez le combat où Chimène l’engage :

Puisqu’il faut qu’il y meure, ou qu’il soit son mari,

Votre espérance est morte, et votre esprit guéri.

L’Infante.

Ah ! qu’il s’en faut encor !

Léonor.

1605Ah ! qu’il s’en faut encor[1] !Que pouvez-vous prétendre ?

L’Infante.

Mais plutôt quel espoir me pourrois-tu défendre ?

Si Rodrigue combat sous ces conditions,

Pour en rompre l’effet, j’ai trop d’inventions.

L’amour, ce doux auteur de mes cruels supplices,

1610Aux esprits des amants apprend trop d’artifices.

Léonor.

Pourrez-vous quelque chose, après qu’un père mort

N’a pu dans leurs esprits allumer de discord ?

Car Chimène aisément montre par sa conduite

Que la haine aujourd’hui ne fait pas sa poursuite.

1615Elle obtient un combat, et pour son combattant

C’est le premier offert qu’elle accepte à l’instant :

Elle n’a point recours à ces mains généreuses

Que tant d’exploits fameux rendent si glorieuses ;

Don Sanche lui suffit, et mérite son choix,

1620Parce qu’il va s’armer pour la première fois.

Elle aime en ce duel son peu d’expérience ;

Comme il est sans renom, elle est sans défiance ;

Et sa facilité vous doit bien faire voir

Qu’elle cherche un combat qui force son devoir,

1625Qui livre à son Rodrigue une victoire aisée,

Et l’autorise enfin à paroître apaisée.

L’Infante.

Je le remarque assez, et toutefois mon cœur

À l’envi de Chimène adore ce vainqueur.

À quoi me résoudrai-je, amante infortunée ?

Léonor.

1630À vous mieux souvenir de qui vous êtes née :

Le ciel vous doit un roi, vous aimez un sujet !

L’Infante.

Mon inclination a bien changé d’objet.

Je n’aime plus Rodrigue, un simple gentilhomme ;

Non, ce n’est plus ainsi que mon amour le nomme :

1635Si j’aime, c’est l’auteur de tant de beaux exploits,

C’est le valeureux Cid, le maître de deux rois.

Je me vaincrai pourtant, non de peur d’aucun blâme,

Mais pour ne troubler pas une si belle flamme ;

Et quand pour m’obliger on l’auroit couronné,

1640Je ne veux point reprendre un bien que j’ai donné.

Puisqu’en un tel combat sa victoire est certaine,

Allons encore un coup le donner à Chimène.

Et toi, qui vois les traits dont mon cœur est percé,

Viens me voir achever comme j’ai commencé.

Scène IV.

CHIMÈNE, ELVIRE.

Chimène.

1645Elvire, que je souffre, et que je suis à plaindre !

Je ne sais qu’espérer, et je vois tout à craindre ;

Aucun vœu ne m’échappe où j’ose consentir ;

Je ne souhaite rien sans un prompt repentir.

À deux rivaux pour moi je fais prendre les armes :

1650Le plus heureux succès me coûtera des larmes ;

Et quoi qu’en ma faveur en ordonne le sort,

Mon père est sans vengeance, ou mon amant est mort.

Elvire.

D’un et d’autre côté, je vous vois soulagée :

Ou vous avez Rodrigue, ou vous êtes vengée ;

1655Et quoi que le destin puisse ordonner de vous,

Il soutient votre gloire, et vous donne un époux.

Chimène.

Quoi ! l’objet de ma haine ou de tant de colère !

L’assassin de Rodrigue, ou celui de mon père !

De tous les deux côtés on me donne un mari

1660Encor tout teint du sang que j’ai le plus chéri ;

De tous les deux côtés mon âme se rebelle :

Je crains plus que la mort la fin de ma querelle.

Allez, vengeance, amour, qui troublez mes esprits,

Vous n’avez point pour moi de douceurs à ce prix ;

1665Et toi, puissant moteur du destin qui m’outrage,

Termine ce combat sans aucun avantage,

Sans faire aucun des deux ni vaincu ni vainqueur.

Elvire

Ce seroit vous traiter avec trop de rigueur.

Ce combat pour votre âme est un nouveau supplice,

1670S’il vous laisse obligée à demander justice,

À témoigner toujours ce haut ressentiment,

Et poursuivre toujours la mort de votre amant.

Madame, il vaut bien mieux que sa rare vaillance,

Lui couronnant le front, vous impose silence ;

1675Que la loi du combat étouffe vos soupirs,

Et que le Roi vous force à suivre vos désirs.

Chimène.

Quand il sera vainqueur, crois-tu que je me rende ?

Mon devoir est trop fort, et ma perte trop grande ;

Et ce n’est pas assez, pour leur faire la loi,

1680Que celle du combat et le vouloir du Roi.

Il peut vaincre don Sanche avec fort peu de peine,

Mais non pas avec lui la gloire de Chimène ;

Et quoi qu’à sa victoire un monarque ait promis,

Mon honneur lui fera mille autres ennemis.

Elvire.

1685Gardez, pour vous punir de cet orgueil étrange,

Que le ciel à la fin ne souffre qu’on vous venge.

Quoi ! vous voulez encor refuser le bonheur

De pouvoir maintenant vous taire avec honneur ?

Que prétend ce devoir, et qu’est-ce qu’il espère ?

1690La mort de votre amant vous rendra-t-elle un père ?

Est-ce trop peu pour vous que d’un coup de malheur ?

Faut-il perte sur perte, et douleur sur douleur ?

Allez, dans le caprice où votre humeur s’obstine,

Vous ne méritez pas l’amant qu’on vous destine ;

1695Et nous verrons du ciel l’équitable courroux

Vous laisser, par sa mort, don Sanche pour époux.

Chimène.

Elvire, c’est assez des peines que j’endure,

Ne les redouble point de ce funeste augure.

Je veux, si je le puis, les éviter tous deux ;

1700Sinon, en ce combat Rodrigue a tous mes vœux :

Non qu’une folle ardeur de son côté me penche ;

Mais, s’il était vaincu, je serais à don Sanche :

Cette appréhension fait naître mon souhait.

Que vois-je, malheureuse ? Elvire, c’en est fait.

Scène V.

DON SANCHE, CHIMÈNE, ELVIRE.

Don Sanche.

1705Obligé d’apporter à vos pieds cette épée…

Chimène.

Quoi ? du sang de Rodrigue encor toute trempée ?

Perfide, oses-tu bien te montrer à mes yeux,

Après m’avoir ôté ce que j’aimais le mieux ?

Éclate, mon amour, tu n’as plus rien à craindre :

1710Mon père est satisfait, cesse de te contraindre.

Un même coup a mis ma gloire en sûreté,

Mon âme au désespoir, ma flamme en liberté.

Don Sanche.

D’un esprit plus rassis…

Chimène.

D’un esprit plus rassis…Tu me parles encore,

Exécrable assassin d’un héros que j’adore ?

1715Va, tu l’as pris en traître ; un guerrier si vaillant

N’eût jamais succombé sous un tel assaillant.

N’espère rien de moi, tu ne m’as point servie :

En croyant me venger, tu m’as ôté la vie.

Don Sanche.

Étrange impression, qui loin de m’écouter…

Chimène.

1720Veux-tu que de sa mort je t’écoute vanter,

Que j’entende à loisir avec quelle insolence

Tu peindras son malheur, mon crime et ta vaillance ?

Scène VI.

DON FERNAND, DON DIÈGUE, DON ARIAS, DON SANCHE, DON ALONSE, CHIMÈNE, ELVIRE.

Chimène.

Sire, il n’est plus besoin de vous dissimuler

Ce que tous mes efforts ne vous ont pu celer.

1725J’aimois, vous l’avez su ; mais pour venger mon père,

J’ai bien voulu proscrire une tête si chère :

Votre Majesté, Sire, elle-même a pu voir

Comme j’ai fait céder mon amour au devoir.

Enfin Rodrigue est mort, et sa mort m’a changée

1730D’implacable ennemie en amante affligée.

J’ai dû cette vengeance à qui m’a mise au jour,

Et je dois maintenant ces pleurs à mon amour.

Don Sanche m’a perdue en prenant ma défense,

Et du bras qui me perd je suis la récompense !

1735Sire, si la pitié peut émouvoir un roi,

De grâce, révoquez une si dure loi ;

Pour prix d’une victoire où je perds ce que j’aime,

Je lui laisse mon bien ; qu’il me laisse à moi-même ;

Qu’en un cloître sacré je pleure incessamment,

1740Jusqu’au dernier soupir, mon père et mon amant.

Don Diègue.

Enfin elle aime, Sire, et ne croit plus un crime

D’avouer par sa bouche un amour légitime.

Don Fernand.

Chimène, sors d’erreur, ton amant n’est pas mort,

Et don Sanche vaincu t’a fait un faux rapport.

Don Sanche.

1745Sire, un peu trop d’ardeur, malgré moi l’a déçue :

Je venois du combat lui raconter l’issue.

Ce généreux guerrier, dont son cœur est charmé :

« Ne crains rien, m’a-t-il dit, quand il m’a désarmé ;

Je laisserois plutôt la victoire incertaine,

1750Que de répandre un sang hasardé pour Chimène ;

Mais puisque mon devoir m’appelle auprès du Roi,

Va de notre combat l’entretenir pour moi,

De la part du vainqueur lui porter ton épée. »

Sire, j’y suis venu : cet objet l’a trompée ;

1755Elle m’a cru vainqueur, me voyant de retour,

Et soudain sa colère a trahi son amour

Avec tant de transport et tant d’impatience,

Que je n’ai pu gagner un moment d’audience.

Pour moi, bien que vaincu, je me répute heureux ;

1760Et malgré l’intérêt de mon cœur amoureux,

Perdant infiniment, j’aime encor ma défaite,

Qui fait le beau succès d’une amour si parfaite.

Don Fernand.

Ma fille, il ne faut point rougir d’un si beau feu,

Ni chercher les moyens d’en faire un désaveu.

1765Une louable honte en vain t’en sollicite :

Ta gloire est dégagée, et ton devoir est quitte ;

Ton père est satisfait, et c’étoit le venger

Que mettre tant de fois ton Rodrigue en danger.

Tu vois comme le ciel autrement en dispose.

1770Ayant tant fait pour lui, fais pour toi quelque chose,

Et ne sois point rebelle à mon commandement,

Qui te donne un époux aimé si chèrement.

Scène VII.

DON FERNAND, DON DIÈGUE, DON ARIAS, DON RODRIGUE, DON ALONSE, DON SANCHE, L’INFANTE, CHIMÈNE, LÉONOR, ELVIRE.

L’Infante.

Sèche tes pleurs, Chimène, et reçois sans tristesse

Ce généreux vainqueur des mains de ta princesse.

Don Rodrigue.

1775Ne vous offensez point, Sire, si devant vous

Un respect amoureux me jette à ses genoux.

Je ne viens point ici demander ma conquête :

Je viens tout de nouveau vous apporter ma tête,

Madame ; mon amour n’emploiera point pour moi

1780Ni la loi du combat, ni le vouloir du Roi.

Si tout ce qui s’est fait est trop peu pour un père,

Dites par quels moyens il vous faut satisfaire.

Faut-il combattre encor mille et mille rivaux,

Aux deux bouts de la terre étendre mes travaux,

1785Forcer moi seul un camp, mettre en fuite une armée,

Des héros fabuleux passer la renommée ?

Si mon crime par là se peut enfin laver,

J’ose tout entreprendre, et puis tout achever ;

Mais si ce fier honneur, toujours inexorable,

1790Ne se peut apaiser sans la mort du coupable,

N’armez plus contre moi le pouvoir des humains :

Ma tête est à vos pieds, vengez-vous par vos mains ;

Vos mains seules ont droit de vaincre un invincible ;

Prenez une vengeance à tout autre impossible.

1795Mais du moins que ma mort suffise à me punir :

Ne me bannissez point de votre souvenir ;

Et puisque mon trépas conserve votre gloire,

Pour vous en revancher conservez ma mémoire,

Et dites quelquefois, en déplorant mon sort :

1800« S’il ne m’avoit aimée, il ne seroit pas mort. »

Chimène.

Relève-toi, Rodrigue. Il faut l’avouer, Sire,

Je vous en ai trop dit pour m’en pouvoir dédire.

Rodrigue a des vertus que je ne puis haïr ;

Et quand un roi commande, on lui doit obéir.

1805Mais à quoi que déjà vous m’ayez condamnée,

Pourrez-vous à vos yeux souffrir cet hyménée ?

Et quand de mon devoir vous voulez cet effort,

Toute votre justice en est-elle d’accord ?

Si Rodrigue à l’État devient si nécessaire,

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