Histoire ecclésiastique (page 12)
68. τῆς ψυχῆς est supprimé par
Schwartz. v-vii. Ce recueil de documents fut inséré par Eusèhe dans ce que M. Schwartz appelle la seconde édition, quand l'auteur résolut d'ajouter une suite aux huit premiers livres. Il forma dès lors la conclusion de l'ouvrage, comme l'édit de tolérance de Galère l'avait faite dans la première rédaction (Voy. VIII, xvii). Mais Eusèbe remania 321 de nouveau l'ouvrage pour y insérer son discours et lui donner un dixième livre. Le recueil de documents fut reculé d'autant. Enfin, il fui supprimé, quand une dernière fois Eusèbe retoucha son œuvre et voulut y effacer le souvenir de Licinius. Ce recueil n'est donné que par les mss. AΕMRT. v, 2 suiv. Ce document esl connu sous le nom d'édil de Milan, rendu par Constantin el Licinius, en 313. LACTANCE, De mort, pers., lviiii, nous donne le texte latin sans le prologue, à partir du § 1. Lactance el Eusèhe nous ont transmis le texte qui fut affiché à Nicomédie. Adaptations françaises dans FLEURY Hist.eccl, IX, xi.vi : BOISSIER, La fin du paganisme, Paris, 1891, t. I, p. 30 ; DUCHESNE, Hist. anc, t.II, p. 35; etc.; bibliographie dans GOYAU, Chronologie de l'Empire romain, p. 387, n. 8 ; G. ΚRÜGER, Handbuch der Kirchengeschichte, 1911, t. I, p. 181 ; pour les différences entre Eusèbe et Lactance, voy. l'apparat de Schwartz ; sur le caractère du document, voy. l'éτude excellente de BOISSIER, l. c. - τοῖς τε Χριστιανοῖς : le τε suppose que quelque chose esτ tombé. -
3. αἱρέσεις : le même mot traduit plus bas, § 6, condicio de Lactance. — Le rescrit dont il est question dans ces deux paragraphes est, pour les uns, l'édit d'avril 311 (VIII, xvιι, 3) ; pour les autres, un premier édiτ de Constantin rendu aussitôt après la défaite de Maxence. Ceτte dernière hypothèse explique IX, ,x, 12 (voy. la note). En tout cas, les dispositions dont il est question ici faisaient partie du texte du rescrit, comme l'indiquent les mots eux-mêmes. -
8. Boissier paraphrase exactement :
« Puisque nous l'accordons aux chrétiens, Votre Excellence comprendra bien que les autres doivent posséder le même droit. Il est digne du siècle où nous vivons, il convient à la tranquillité dont jouit l'empire, que la liberté soiτ complète pour tous nos sujets d'adorer le dieu qu'ils ont choisi, et qu'aucun culte
322 ne soit privé des honneurs qui lui sont dus. » Fleury, qui écrit au moment de la révocation de l'édil de Nantes, condense le tout en ce contresens : « Bien entendu que les autres auront la même liberté pour maintenir la tranquillité de notre règne. » LACTANCΕ : « Quod cum isdem a nobis induit uni esse peruideas, inlellegit dicatio tua etiam aliis religionis suao uel obseruantiae potestatem similiter apertam et liberam pro quiete temporis nostri esse concessam. » Le texte grec est altéré d'après M. Schwartz qui propose d'écrire au début de la phrase: θεωρεῖς, συνορᾷ ἡ σὴ καθοσίωσις. Je reprends θεωρεῖ de la subordonnée dans la principale. D'après M. Schwartz aussi, le raisonnement du document original devait être inversé et faire sortir de la tolérance générale la tolérance particulière aux chrétiens. Il est à craindre que celte hypothèse ne soit qu'une idée de savant moderne. Voy. l'analyse plus nuancée et plus exacte de BOISSIER, l. c., p.55 suiv. - βούλνται SCUWAHTZ: βούληται τὸ θεῖον mss. — 9. ἵν' εἰ. rnss., εἰ SCHWAHTZ d'après Lactance. - δίχα supprimé par Lowth. -
11. διαφέροντας. Cet exemple ancien du sens de «appartenir » mérite d'être noté. Sur la construction avec le génitif, voy. Glotta, II, p. 118. — παντελῶς SCUWEGLER, παντελοῦς mss. - M. Schwartz supprime αὐτῶν el ἑκαστῳ et propose de lire ἀποκαταστῆναι. -
14. προταχθέντα M, προσταχθέντα ΕΤ,.προαχθέντος; Π,
προταχθέντα τοῦ σοῦ προστάγματος om. Α : praelata programmata tuo ms. de Lactance, « Vous la ferez afficher partout avec votre attache » FLEURY ; cf. IX, ix a, 9. - 15. Anulinus était proconsul d'Afrique. Cette lettre est un exemple des dispositions prises alors relativement aux biens des églises. -
18. Sur les pièces qui suivent et dont nous avons les originaux latins, voy. DUCHESNE, Le dossier du donatisme dans les Mélanges d'archéologie et d'histoire de l'École de Rome, X [1890],
323 589. - Miltiade fut pape du 2 juillet 311 au 11 janvier 314. Marc nommé avec Miltiade est inconnu. Les pièces transmises par Anulinus contenaient le Libellus ecclesiae catholicae criminum Caeciliani (AUGUSTIN, Epist.. LXXXVII.).-19. Réticius, éêoque d'Autun ; Maternus, évêque de Cologne ; Marinus, évêque d'Arles. Tous trois figurèrent au concile d'Arles, en 314. —
20. γράμμαασιν ἐμοῖς, litteris meis; cf. IX, ix a 7. - ἐνδέσμῳ, «légale» ; expression remarquable. L'Église est désormais rangée parmi les collegia quibus ius coeuundi lege permissum est (Dig.,I, vi, 6,12 ; cf. C. I. L, XIII, 1921, 1974). Le christianisme n'est pas religion d'État. - 22. Le jugement auquel fait allusion Constantin est la décision du concile de Rome (2-4 oct. 313) qui confirma Caecilianus dans sa dignité. —
23. Sur la date du concile d'Arles, voy. GOYAU, Chronologie de l'empire romain, p. 391, n. 4. - Domitius Latronianus, auteur d'une dédicace à Licinius en qualité de corrector (Panorme, C.I.L., X, 7284). Sur le corrector, voy. A. von PHEMEHSTEIN, v°, dans Real-Encijklopädie fur kl. Philologie, de Pauly et Wissowa, IV, 1646 ; sur le cursus publicus, SEECK, ib., 1846 ; l'usage de la poste impériale par les évêques allant au concile est fréquemment attesté, voy. les références, l. c, 1861, 40, auxquelles il faut joindre le présent texte ; sur l'esprit de cette mesure prise par Constantin, voy. DUCHESNE, Hist. anc. de l'Eglise, t. II, p. 67. vi, 1. Le diocèse d'Afrique, depuis Dioclétien, comprenait six provinces : proconsulaire ou Afrique propre (Zeugitane), Byzacène, Numidia Cirtensis, Numidia Militiana ou Limitanea, Mauretania Caesariensis et Mauretania Silifensis. Ces divisions expliquent les pluriels employés ici, les Afriques comprenant sans doute la proconsulaire et la Byzacène. - ἐνθέσμου : voy. v. 20.- τὸν διασήμότατον (voy. IX, ix, 9) καθολικόν : le titre de rationalis était donné
324 aussi aux chefs du service des finances (vov. IX, xi, 4) dans les provinces. - τριχιλίους φόλλεις : sur le follis, voy. SEECK, dans PAULY et WISSOWA, Realencyclopâdie der Altertumswissenschaft, VI, 2829 et sur cette dotation, ib., 2830, 43. La valeur du follis était variable, environ 250 deniers. C'était une monnaie de bronze argentée, créée par Dioclétien (J. MAURICE, Numismatique constantinienne, I. I [Paris, 1908] p. xxxv,,, et suiv.). -
2. βρέουιον : brevis
(aussi βρέβιον), listes ou tableaux, en usage dans les administrations. - Hosius, évêque de Cordoue, personnage très influent et qui prit une part décisive aux événements religieux de l'époque. - 4. Cette partie de la lettre paraît viser les donatistes. Mais la date de cette pièce est incertaine. — Patricius est uicarius praefectorum du diocèse d'Afrique. Anulinus, proconsul, c-à-d. gouverneur de la proconsulaire, doit être nommé à part, parce qu'il est indépendant du vicaire d'Afrique et relève directement de l'empereur. Le titre de vicaire des préfets du prétoire (au pluriel) esl un souvenir de la collégialité des magistratures anciennes. En fait, le vicaire d'Afrique relève du préfet du prétoire d'Italie, résidant à Milan. vii. Cf. Code Théod., XVI, ii, 1 ; rescrit du 31 octobre 313. Celle date et cette identification sont de Godefroy. Mais Mommsen et Meyer expriment des réserves dans leur édition (Berlin, 1905), I, 2,835, et proposent de fixer l'année du document inséré dans le Code à 319. — 1. ἐπυρανίου : le substantif est tombé. Christophorson, d'après v, 21, suppose δυνάμεως ; Schwartz reconstitue, comme original, diviinitatis, ueritatis, prouidentiae. - ἐνθέσμως : voy. v, 20. -
2. λητουργιῶν. Les charges en question étaient surtout celles des curiales, notables de chaque municipe, constitués en compagnie héréditaire, responsable de l'impôt, du recrutement, des travaux publics, assujettie à une foule de contributions et de fonctions. La situation devint
325 assez pénible pour être considérée comme un châtiment. Licinius et peut-être Maximin Daïa avaient fait entrer dans la curie les chrétiens pour les punir de leur obstination (EUSEBE, Vie de Const, II, xxx ;édit de réparation rendu après la défaite de Licinius, fin de 323; Kübler parle à tort de Maxence). Honorius plus tard condamnera les apostats du christianisme au décurionat. Voy. KÜBLER, art. Decurio, dans PAULY et WISSOWA, Real-encycl der cl. Altertumwissenschaft, IV, 2343, 52 suiv. La conséquence de la mesure annoncée ici fut qu'on entra dans le clergé pour se soustraire aux charges de la curie. Dès le 18 juillet 320 ou 326, Constantin est obligé lui-même de défendre aux riches, qui peuvent remplir les fonctions publiques, d'entrer dans le clergé (Code Théod., XVI, ii, 3). Ses successeurs légiféreront encore sur la matière. viii. Sur la dernière crise, qui mit tout l'Empire dans une seule main, voy. DUBUY, Hist. des Romains, VII, 28. — I. Τοιαῦτα se rapporte à la conclusion du discours de la dédicace, comme le prouvent encore les mots καὶ ὧδε... πανηγύρεσιν ἐτελεῖτο. La suite a été interrompue, parce que les mss. AEMRT ont gardé à cette place le recueil de documents qui avait disparu dans la dernière revision de cet ouvrage. Voy. plus haut, p. 321, v-vii. -
2. Cf. Vie de Constantin, I, XLIX.-
ἐπιγαμβρίας. Licinius avait épousé à Milan la soeur de Constantin, Constantia, en 313. — 8 suiv. Cf. Vie de Constantin, I, xlix suiv. —10. Il s'agit des soldats qui étaient détachés au service des magistrats, bénéficiant (IX, ix a, 7), euocati (III, xx, 1), speculatores (VI, v, 3 note), frumentarii (VI, XL, 2). - 11. voμοὺς ἀνόμους, oxymore, forme étymologique de l'antiphrase, dans la littérature classique surtout fréquente en poésie, rare en prose (ANDOCIDE, I, 67 : πίστις ἀπιστωτάτη}. Eusèbe la charge encore en joignant ὁ παρανόματος. Mêmes jeux de mots au § 12.-13. ἐσχατόγηρως : exagéra-
326 τion d'Eusèbε.
Licinius mourut εn 324, à 60 ans, d'après l'Epitome d'Aurelius Victor. Les faits, dont il est question ici, se placent en 320. Tout ce morceau trahit plus de rhétorique que de connaissances précises. -- 15. Amasie, capitale de la province appelée alors Diospontus, plus tard Helenoponlus. L'évêque, Basile, périt peut-être dans la persécution. — 16. Ceci laisse entendre que Licinius craignait une conspiration des chrétiens contre lui et en faveur de son collègue mieux disposé pour eux. —
18. Il n'y eut donc pas de persécution, à proprement parler, mais des exécutions isolées, comme celle des Quarante martyrs de Sébaste, dont nous avons le testament (O.VON GEBHARDT, Acta martyrum selecta, Berlin [1902], p. 100). ix, 2 suiv. Voy. Vie de Constantin, II, iii. — 4. La metion de Crispus esl omise dans syr. ici et, § 6, remplacée par « ses fils aimés de Dieu et semblables en tout à leur père». Corrections suprêmes d'Eusèbe. - 9. Cette conclusion n'est qu'un remaniement de celle qui avait d'abord été mise à la suite du livre IX et qui célébrait la piété de Constantin et de Licinius. L'ouvrage devait se terminer sur une doxologie, probablement celle que les mss. ont conservée, les uns à la fin du livre IX, les autres au commencement du livre X. Voy. la note sur IX, xi, 8. DCE terminent en reproduisant l'édit de restitution qu'Eusèbe a inséré dans la Vie de Constantin, II, XXIV-XLII.. C'est une des ordonnances dont il esl question ici, au § 8. Voir d'autres ordonnances, ib,, XLVI, XLVIII-LX. Ces édits et la défaite de Licinius sont de 323.