L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 5)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 6, éd. 1911 (OCR) · 150 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

La Méditation étant achevée, et même dans le cas où l'on eût été empêché de la faire, on demandera à Dieu par les prières suivantes la grâce d'éviter toute sorte de péchés durant la journée qui commence, disant toujours avec l'Eglise :

DOMINE, Deus omnipotens , qui ad principium hujus diei nos pervenire fecisti, tua nos hodie salva virtute, ut in hac die ad nuUum declinemus peccatum ; sed semperadtuam justitiam faciendam nostra procédant eloquia, dirigantur cogitationes et operaf. Per Dominum nostrum Jesum Christum, Filium tuum, qui tecum vivit et régnât in unitate SpiriSEIGNEUR, Dieu tout-puissant, qui nous avez fait parvenir au commencement de ce jour, sauvez-nous aujourd'hui par votre puissance, afin que. durant le cours de cette journée, nous ne nous laissions aller à aucun péché ; mais que nos paroles, nos pensées et nos œuvres tendent toujours à l'accomplissement de votre justice. Par notre Seigneur JésusChrist, votre Fils, qui. étant Dieu, vit et règne avec vous,

en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.

On implorera ensuite le secours divin, pour bien faire toutes les actions de la journée, disant trois fois :

DAIGNEZ , Seigneur Dieu, roi du ciel et de la terre, diriger, sanctifier, conduire et gouverner, en ce jour, nos cœurs et nos corps, nos sentiments, nos discours et nos actes, selon votre loi et les œuvres de vos préceptes ; afin que, ici-bas et dans l'éternité, nous méritions par votre secours, ô Sauveur du monde, d'être sauvés et d'obtenir la liberté véritable ; vous qui vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. % Ainsi soit-il.

DIRIGERE et sanctificacare, regere et gubernare dignare. Domine Deus, Rex cœli et terrae, hodie corda Et corpora nostra, sensus, sermones et actus nostros in lege tua, et in operibus mandatorum tuorum : ut hic et in aeternum, te auxiliante, salvi et liberi esse mereamur, Salvator mundi. Qui vivis et régnas in ssecula saeculorum. % Amen.

assignées ci-après. Le soir étant arrivé, on pourra faire la Prière en la manière suivante:

Après le signe de la Croix, adorons la Majesté divine qui a daigné nous conserver pendant cette journée, et naultiplier sur nous, a chaque heure, ses grâces et sa protection. On pourra réciter ensuite cette Hymne que l'Eglise chante à TOflice du soir, au temps de la Passion.

VEXILLA Régis prodeunt ; Fulget Crucis mysterium, Qua Vita mortem pertulit, Et morte vitam protulit.

Quae vulnerata lanceae Mucrone diro, criminum Ut nos lavaret sordibus, Manavit unda et sanguine.

Impleta sunt quas concinit David fideli carminé, Dicendo nationibus : Regnavit a ligno Deus.

Arbor décora et fulgida, Ornata régis purpura, Electa digno stipite Tam sancta membra tangère.

L'ÉTENDARD du Roi s'avance ; voici briller le mystère de la Croix, sur laquelle Celui qui est la Vie a souffert la mort, et par cette mort nous a donné la vie.

C'est là que, transpercé du fer cruel d'une lance, son côté épancha l'eau et le sang, pour laver la souillure de nos crimes.

Il s'est accompli, l'oracle de David, qui, dans ses vers inspirés, avait dit aux nations : « Dieu régnera par le

Tu es beau, tu es éclatant, arbre paré de la pourpre du Roi ; noble tronc appelé à l'honneur de toucher des membres si sacrés.

Heureux es-tu d'avoir porté, suspendu à tes bras, celui qui fut le prix du monde ! Tu es la balance où fut pesé ce corps, notre rançon ; tu as enlevé à l'enfer sa proie.

Salut, ô Croix, notre unique espérance ! En ces jours de la Passion du Sauveur, accrois la grâce dans le juste, efface le crime du pécheur.

Que toute âme vous glorifie, o Trinité, principe de notre salut ; vous nous donnez la victoire par la Croix : daignez y ajouter la récompense. Amen.

O Crux, ave, spes unica, Hoc Passionis tempore, Piis adauge gratiam, Reisque dele crimina.

Te, fons salutis, Trinitas, Collaudet omnis spiritus : Quibus Crucis victoriam Largiris, adde praemium. Amen.

Après cette Hymne, on récitera l'Oraison Dominicale, la Salutation Angélique et le Symbole des Apôtres, en la manière qui a été marquée ci-dessus pour la Prière du matin.

On fera ensuite l'Examen de conscience, en repassant dans son esprit toutes les fautes de la journée, reconnaissant combien le péché nous rend indignes des desseins de Dieu sur nous, et prenant la ferme résolution de l'éviter à l'avenir, d'en faire pénitence et d'en fuir les occasions.

L'Examen étant terminé, on récitera le Confîteor, avec une componction sincère, et on ajoutera un acte explicite de Contrition, pour lequel on pourra se servir de cette formule, que nous empruntons à la Doctrine

tON Dieu, je suis grandement affligé de vous avoir offensé, et je me repens de tout mon cœur de mes péchés : je les hais et les déteste au-dessus de tout autre mal, parce que, en péchant, non seulement j'ai perdu le Paradis et mérité l'Enfer, mais bien plus encore parce que je vous ai offensée. Bonté infinie, digne d'être cimée par-dessus toutes choses. Je fais un ferme propos de ne jamais plus vous offenser a l'avenir, moyennant votre divine grâce, et de fuir l'occasion du péché.

On pourra ajouter les Actes de Foi, d'Espérance et de Charité, à la récitation desquels Benoît XIV a attaché sept ans et sept quarantaines d'Indulgence pour chaque fois.

MON Dieu, je crois fermement tout ce que la sainte Eglise Catholique-Apostolique-Romaine m'ordonne de croire, parce que vous le lui avez révélé, vous qui êtes la Vérité même.

MON Dieu, connaissant que vous êtes tout-puissant, infiniment bon et miséricordieux, j'espère que. par les mérites de la Passion et de la mort de Jésus-Christ, notre Sauveur, vous me donnerez la vie éternelle, que vous avez promise à quiconque fera les œuvres dun bon Chrétien, comme je me propose de faire avec votre secours.

MON Dieu , connaissant que vous êtes le souverain Bien, je vous aime de tout mon cœur et par-dessus toutes choses ; je suis disposé à tout perdre plutôt que de vous offenser ; et aussi, pour votre amour, j'aime et veux aimer mon prochain comme moi-même.

On s'adressera ensuite à la très sainte Vierge, récitant en son honneur l'Antienne que l'Eglise lui consacre depuis la Purification jusqu'à Pâques.

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