L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 7)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 6, éd. 1911 (OCR) · 150 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

parFidelium Deus omnium Conditor et Redemptor , animabus fam.ulorum famularumque tuarum , remissionem cunctorum tribue peccatorum : ut indulgentiam, quam semperoptaverunt, piis supplicationibus consequantur. Qui vivis et régnas in sascula sa;- culorum. Amen.

C'est ici le lieu de prier en particulier pour les âmes des défunts qui nous intéressent spécialement; après quoi on demandera à Dieu son secours pour traverser sans danger les périls de la nuit. On dira donc encore avec l'Eglise :

O Dieu ! Créateur et Rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leurs péchés, afin que, parla prière de votre Eglise, elles obtiennent le pardon qu'elles désirèrent toujours. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Amen.

Ant QALva nos, Do' O mine, vigilantes, custodi nos dormientes : ut vigilemus cum Christo, et requiescamus in pace.

AUVEZ-Nous, Seigneur, durant la veille; gardez-nous durant le sommeil ; afin que nous puissions veiller avec JésusChrist, et que nous reposions dans la paix.

Visita, quassumus, Domine, habitationem istam, et omnes insidias inimici ab ea longe repelle : Angeli tui sancti habitent in ea, qui nos in pace custodiant, et benedictio tua sit super nos semper. Per Dominum nostrum JesumChristum, Filium tuum, qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus , per omnia saecula saeculorum. Amen.

Enfin, pour terminer la journée dans les sentiments avec lesquels on l'a commencée , on répétera, avec componction, les paroles de l'Apôtre :

JÉSUS - Christ s'est fait obéissant pour nous jusqu'à la niort, et à la mort de la croix. tem autem crucis.

Visitez, s'il vous plaît, Seigneur, cette maison, et éloignez-en toutes les embûches de l'ennemi ; que vos saints Anges y habitent, qu'ils nous y gardent dans la paix, et que votre bénédiction demeure toujours sur nous. Par JésusChrist votre Fils, notre Seigneur, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous, en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.

CHRISTUS factus est pro nobis obediens usque ad mortem, mor'il est, dans le cours de Tannée, un temps où le saint Sacrifice de la Messe doit exciter les sentiments de la piété dans le cœur du fidèle, c'est assurément le temps de la Passion. Dans ces jours consacrés à célébrer la mort du Rédempteur, le chrétien, ému à la pensée de son Sauveur expirant sur la croix , envie le sort de ceux qui furent témoins de la scène sublime du Calvaire. II voudrait avoir été présent sous l'arbre de la croix, avoir pu compatir aux douleurs de Jésus, entendre ses dernières paroles, recueillir chèrement ce sang précieux auquel l'homme doit son salut, et l'appliquer sur les plaies de son âme.

De si pieux désirs n'ont point été inspirés à l'âme chrétienne pour demeurer stériles. Dieu lui a donné de les satisfaire pleineLa Messe. 4g

ment : car le sacrifice de la Messe n'est pas autre que le sacrifice du Calvaire. JésusChrist ne s'est offert qu'une fois sur la croix pour nos péchés; mais il renouvelle, sinon l'immolation sanglante, du moins l'offrande complète sur l'autel. Il s'y rend présent par les divines paroles de la consécration ; et c'est dans l'état de Victime pour le salut du monde qu'il s'y rend présent. Son corps est là sous les apparences du pain ; le calice contient son sang sous les espèces du vin ; et pourquoi cette séparation mystérieuse du corps et du sang de l'Homme-Dieu toujours vivant désormais, si ce n'est pour rappeler à la majesté divine cette mort sanglante qui s'accomplit une fois, et pour en renouveler, en faveur de l'homme , les mérites et les fruits ?

Tel est le sacrifice de la nouvelle loi , autant supérieur en sainteté et en efficacité à tous les sacrifices de l'ancienne, que Dieu est supérieur à l'homme. Jésus-Christ , dans la puissance de son amour , a trouvé le moyen d'unir sa dignité de Roi immortel des siècles à la qualité de Victime. Il ne meurt plus; mais sa mort est véritablement représentée sur l'autel ; c'est le même corps marqué de ses plaies glorieuses; c'est le même sang qui nous a rachetés; si le Christ pouvait mourir encore, la force des mystérieuses paroles qui produisent la présence de son sang dans le calice serait le glaive qui l'immolerait.

Que le chrétien approche donc avec confiance, qu'il cherche sur l'autel son Sauveur mourant pour lui, et s'ofirant lui-même, comme souverain Prêtre. Il est là , avec le même

amour, intercédant pour tous, mais surtout pour ceux qui sont présents et qui s'unissent a lui. Contemplons dans l'action du saint Sacrifice l'immolation même dont nous avons lu le touchant récit dans l'Evangile , et espérons tout de cette bonté adorable qui ne se souvient de sa toute-puissance que pour faciliter, par les moyens les plus merveilleux, le salut et la sanctification de l'homme.

Nous allons maintenant essayer de réduire à la pratique ces sentiments dans une explication des mystères de la sainte Messe, nous efforçant d'initier les fidèles à ces divins secrets, non par une stérile et téméraire traduction des formules sacrées, mais au moyen d'actes destinés à mettre les assistants en rapport suffisant avec les paroles et les sentiments de l'Eglise et du Prêtre.

La couleur violette, les rites sévères que nous avons exposés plus haut, continuent de donner au saint Sacrifice une teinte de tristesse qui s'harmonise avec les douleurs de ce temps. Toutefois, s'il se rencontre quelque fête en l'honneur des Saints, l'Eglise la célèbre encore jusqu'au Dimanche des Rameaux. En ces jours consacrés à la mémoire des amis de Dieu, elle dépose pour un moment ses habits de deuil, elle offre le sacrifice en leur honneur; mais la croix et les saintes images demeurent toujours sous les voiles qui les dérobent aux regards des fidèles, depuis les premières Vêpres du Dimanche de la Passion.

Le Dimanche, si la Messe à laquelle on assiste est paroissiale, deux rites solennels,

l'Aspersion de l'Eau bénite, et, en beaucoup d'églises, la Procession, devront d'abord intéresser la piété.

Pendant l'Aspersion, nous demanderons avec David, dont l'Eglise emprunte les paroles, que nos âmes, purifiées par Vhysope de l'humilité, redeviennent plus blanches que la neige.

rus m'arroserez, Seigneur, avec l'hysope, et je serai purifié ; vous me laverez, et je deviendrai plus blanc que la neige.

Ps. O Dieu, ayez pitié de moi, selon votre grande miséricorde. Vous m'arroserez.

- SPERGES me, DomiA ne, hyssopo, et mundabor : lavabis me, et super nivem dealbabor.

Ps, Miserere mei , Deus, secundum magnam misericordiam tuam. Asperges me.

Exaucez-nous , Seigneur saint, Père tout-puissant. Dieu éternel, et daignez envoyer du ciel votre saint Ange ; qu'il garde, protège, visite et défende tous ceux qui sont rassemblés en ce lieu. Par

Exaudi nos, Domine sancte , Pater omnipotens , aeterne Deus ; et mittere digneris sanctum Angelum tuum de cœlis, qui custodiat , foveat , protegat , visitet atque

defendat omnes habitan- Jésus-Chnst notre Seigneur, tes in hoc habitaculo. Amen. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

La Procession nous nnontre l'Eglise qui se met en marche pour aller au-devant du Seigneur. Suivons-la avec empressement, et souvenons-nous qu'il est écrit que le Seigneur est plein de bonté pour Vdme qui le cherche sincèrement ^

Entin le moment du Sacrifice est arrivé. Le Prêtre est au pied de l'Autel, Dieu est attentif, les Anges adorent, toute l'Eglise est unie au Prêtre qui n'a qu'un même sacerdoce, une mêmie action avec Jésus-Christ, le souverain Prêtre. Faisons avec lui le signe de la Croix.

Judica me , Deus , et discerne causam meam de gente non sancta : ab homine iniquo et doloso crue me.

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