Aphorismes (page 12)
QUATRIÈME SECTION (suite)
70. Ceux qui sont en proie à la fièvre quarte ne sont pas pris de spasmes ; et si on est d'abord en proie à des spasmes et que la fièvre quarte survienne ensuite, elle les fait cesser.
71. Ceux qui ont la peau tendue, sèche et dure, meurent sans suer. Ceux qui l'ont lâche et rare, meurent avec des sueurs.
72. Les ictériques n'ont pas beaucoup de flatuosités.
(93) Aph. 2. - 93. Quelques exemplaires, au dire de Théophile, (p. 439) portent Ἐπὶ τραύματι au lieu de τρώματι du texte vulgaire. Ces deux expressions veulent bien dire une solution de continuité; mais τραῦμα se rapporte aux chairs, τραῦμα ou νύγμα aux nerfs, c'est ici le cas. « Hippocrate et les anciens médecins, dit Étienne (p. 439), appelaient du nom de τραῦμα toute solution de continuité; les médecins modernes donnent un nom à chaque espèce de blessures, suivant les parties divisées. Ils disent ἕλκος pour les chairs, κάταγμα pour les os, νύγμα pour les nerfs. »
(94) Aph. 3. - 94. Un flux de sang par le nez ou par le siége. (Théophile, p. 139.)
(95) Aph. 5. - 95. Ici, et en plusieurs autres endroits de ses Scholies, Étienne attribue à Galien des interprétations et des corrections de textes dont je n'ai retrouvé aucune trace dans ses commentaires tels que nous les possédons aujourd'hui. Galien nous apprend (Com. I, 14, in Aph.) qu'il avait fait deux éditions de ses commentaires; Étienne aurait-il eu sous les yeux la première édition que nous avons perdue, ou une troisième faite après celle que nous possédons, et qui ne serait pas arrivée jusqu'à nous ou bien ce scholiaste aurait-il été infidèle dans ses citations? Voilà deux questions pour la solution desquelles je n'ai aucune donnée positive.
(96) Aph. 6 bis. - 96. Suivant Étienne et Oribase cet aph. a été omis à tort par ceux qui le confondent avec l'aph. 57, IVe sect.
(97) Aph. 7. - 97. Τὰ πολλά, que j'ai traduit par ordinairement, est une addition signalée par Galien (p. 792), et qui n'était pas la leçon la plus ordinaire.
(98) Aph. 8. - 98. C'est-à-dire s'ils ne sont pas débarrassés par les crachats des humeurs qui obstruent le poumon (Théophile et Damascius, p. 444 ). Cette explication se rapporte aussi à l'aph. 15 ci-dessous et à la 396e sent. des Coaques.
(99) Aph. 10. - 99. Théophile (p. 445) veut qu'on donne à cet aphorisme une forme conditionnelle et qu'on interprète : Si l'esquinancie disparaît et qu'elle se porte sur le poumon, les malades, etc. Quelques manuscrits donnent cette forme conditionnelle. Le texte vulgaire porte ἀποβήσσουσι. Galien, selon Étienne (car rien de cela ne se trouve dans son commentaire), aurait lu sur certains exemplaires ἀνεμέσουσιν, (mauvaise leçon), ἀναβήττουσιν et ἀναπτύσουσιν. Cette dernière leçon paraît être celle que Galien avait sous les yeux.
(101) Aph. 13. - 101. Le texte vulgaire porte ἀναπτύουσι. Galien (p. 797), beaucoup de manuscrits et beaucoup d'interprètes avaient ἐμέουσι, prétendant qu'Hippocrate s'était servi métaphoriquement de cette expression pour marquer l'abondance du sang. Galien blâme cette interprétation, rejette ἐμέουσι et va jusqu'à dire qu'Hippocrate aurait fait un abus de langage s'il était vrai qu'il se fût servi de ce mot; il lit ἀναπτύουσι ou ἀναβήττουσι. On dit encore aujourd'hui dans le monde vomir le sang, quand on parle d'un crachement de sang abondant; et il est possible, quoi qu'en pense Galien, que cette locution eût son équivalent du temps d'Hippocrate et qu'il s'en soit servi au lieu de l'expression technique; du reste, elle se retrouve dans le 1er livre des Maladies, p. 456, éd. de Foës; voir aussi note 148e des Coaques, in fine.
(102) Aph. 16. - 102. Ce dernier membre de phrase se présente avec une grande variété de leçons (Gal., p. 802). J'ai suivi l'interprétation la plus rationnelle.
(103) Aph. 19. - 103. J'ai suivi pour la fin de cet aphorisme le texte qui m'a paru avoir le plus d'autorités en sa faveur. C'est, du reste, celui qui est commenté par Théophile et par Damascius (p. 451, 452). Le texte de Bâle, conservé par Foës, qui suit néanmoins dans sa traduction le texte auquel je me suis conformé, porte: « excepté celles (les parties) qui vont devenir le siége d'une hémorragie. »
(104) Aph. 23. - 104. J'ai fait ici une restitution analogue à la précédente; j'ai ajouté [a lieu ou] au texte vulgaire, sur l'autorité de Galien (p. 812), de Théophile et de Damascius (p. 456). (105) Aph. 29. - 105. Cet aphorisme manque dans Dietz et les scholiastes. Galien remarque que c'est une répétition de l'aph. 1, IV, et que quelques éditeurs l'ont effacé.
(106) Aph. 35. - 106. Le mot ὑστερικῶν est obscur, dit Galien (p. 824) : les uns l'entendent de toutes espèces d'affections de la matrice, d'autres de l'hystérie seulement, d'autres enfin de l'arrière-faix; mais il ne serait pas vrai de dire que l'éternuement est bon dans les ulcérations ou autres maladies profondes de l'utérus. Rien ne prouve qu'il s'agit ici de l'expulsion de l'arrière-faix. Il faut donc admettre qu'il s'agit de l'hystérie avec suffocation.
(107) Aph. 36. - 107. J'ai suivi Théoph. et Damasc. (p. 403, 464).
(108) Aph. 40. - 108. Galien doute de la vérité de cet aphorisme, du moins dans la pratique ordinaire. - Étienne, p. 465, dit que Galien déclare cet aphorisme faux; mais il ajoute : « Comme Hippocrate n'a pu se tromper, il faut admettre que nous n'avons pas vu ce qu'Hippocrate a vu quelquefois. »
(109) Aph. 41. 109. Cette restriction paraît avoir été sous les yeux de Théoph.; il n'en reste pas de vestige dans le Com. de Galien.
(110) Aph. 44. - 110. Je m'en suis rigoureusement tenu pour cet aphorisme à la lettre du texte. On peut voir dans Galien (p. 836) les diverses interprétations auxquelles il a donné lieu.
(111) Aph. 45. - 111. Suivant Théophile (Schol., p. 467), les cotylédons sont des membranes qui affermissent les anastomoses des vaisseaux de la matrice. Dans son traité de Fab. corp. hum. (p. 215, éd. d'Oxford ), il dit que ce sont les bouches mêmes des vaisseaux de la matrice ; définition donnée aussi par Proxagoras (1er liv. des Choses naturelles). Si l'on en croit Galien (p. 838), Hippocrate appelle cotylédons les orifices des vaisseaux (artères et veines), à l'aide desquels le chorion est uni à la matrice, et non, comme le pensent quelques-uns, les glandes charnues qui se développent [pendant la grossesse] ; car il est dit, dans le premier livre des Maladies des femmes : « Si les cotylédons se remplissent de phlegme, les menstrues sont peu abondantes. »
(112) Aph. 47. - 112. Galien dit (p. 840) : Hippocrate appelle μήτραν ἔμμοτον la matrice qui a besoin d'être pansée avec de la charpie. Je crois qu'il s'agit ici, non d'une descente de matrice, mais d'une de ces inclinaisons latérales décrites dans le livre IIe des Maladies des femmes, et dans le traité de la Nature de la femme. C'est du reste le sens de Théophile (p. 469).
(113) Aph. 50. -113. Le texte vulgaire porte : « ὡς μεγίστην, » Galien ( p. 842) dit que cela été ajouté, par quelques éditeurs, pour maquer qu'il fallait produire une grande révulsion. Damascius parait aussi n'avoir pas lu ce mot. - Au lieu de πρὸς (sur), Galien veut ὑπὸ (sous), parce que, sous les mamelles, les veines qui viennent d'en bas sont plus abondantes.
(114) Aph. 54. - 114. Galien (p. 850) dit qu'il faudrait placer cet aphorisme après le 51.
(115) Aph. 55. - 115. J'ai suivi le texte de Dietz et de Théophile (p. 473), qui est peut-être aussi celui de Galien (p. 851), au lieu du texte vulgaire qui porte : « deviennent très maigres. »
(116) Aph. 56. - 116. « Certains Mss. portent la disjonctive ἢ, d'autres la copul. καὶ; la première leçon est la meilleure. » (Εtienne, p. 474).
(117) Aph. 57. - 117. Il est difficile de savoir si Hippocrate a entendu les maladies qui précèdent ou qui suivent la polyménorrhée ou l'aménorrhée. Quoi qu'il en soit, et malgré l'opinion contraire de Galien, cet aphorisme n'est pas exact, car quelles que soient les anomalies dans les menstrues, les maladies dont elles sont la suite ou qu'elles produisent ont leur siége tantôt dans l'utérus, tantôt dans une autre partie du corps.
(118) Aph. 53. - 118. Dans le texte de Dietz, la strangurie est placée après : l'inflammation du rectum et de l'utérus. Ce n'est pas une faute de typographie, car Oribase parait avoir eu cette leçon sous les yeux; Bosquillon la reproduit; Galien a le texte vulgaire.
(119) Aph. 59. - 119. Chez les anciens ces épreuves étaient employées juridiquement pour savoir si une femme était stérile ou non.
(120) Aph. 60. - 120. Le texte de Dietz ajoute ici πολλαὶ [en abondance]. Ce mot se trouve aussi dans quelques manuscrits. Galien dit bien que le pluriel suppose l'abondance et la fréquence, mais il ne dit pas que ces deux choses soient explicitement exprimées. Cette addition provient sans doute de ce que, voyant la fausseté de la sentence d'Hippocrate, on a voulu la justifier, comme le font du reste Théophile et Galien, en disant qu'il s'agit de menstrues abondantes, mais que, chez une femme pléthorique, un peu de sang qui s'écoule ne nuit pas à l'enfant.
(121) Aph. 62. - 121. Cet aphorisme se retrouve presque textuellement à la fin du deuxième livre des Prorrhétiques. Galien (p. 859, 860) pense, avec la plupart des commentateurs, que l'aphorisme suivant est interpolé; il ne lui trouve aucun sens. C'était aussi l'opinion de Théophile et de Damascius (p. 479).
(122) Aph. 64. - 122. Cet aphorisme se présente avec une grande variété de leçons dans les manuscrits, dans Dietz et dans Galien. J'ai suivi le texte le plus ordinaire. On remarquera, avec M. Littré (t. 1, p. 52), que dans les Ve et VIIe livres des Épidémies, Pytoclés donnait à ses malades du lait étendu de beaucoup d'eau.
(123) Aph. 65. - 123. Cet aphorisme se retrouve, ainsi que les quatre suivants, dans le liv. II des Épidémies. - Il paraît que Galien lisait : « ou des douleurs aiguës et des empyèmes, » et non « ou des empyèmes. »