Hernani (page 2)

Victor Hugo · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Hernani (Hetzel, 1889) · 13 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Les deux combattants remettent leurs épées dans le fourreau, don Carlos s’enveloppe de son manteau et rabat son chapeau sur ses yeux. On frappe de nouveau.

Hernani.

Que faire ?

On frappe.

Une voix

Que faire ?Doña Sol, ouvrez-moi !

Doña Josefa fait un pas vers la porte, Hernani l’arrête.

Hernani.

Que faire ?Doña Sol, ouvrez-moi !N’ouvrez pas.

Doña Josefa, tirant son chapelet.

Saint Jacques monseigneur ! tirez-nous de ce pas !

On frappe de nouveau.

Hernani, montrant l’armoire à don Carlos.

Cachons-nous.

Don Carlos.

Cachons-nous.Dans l’armoire ?

Hernani.

Cachons-nous.Dans l’armoire ?Entrez-y, je m’en charge.

Nous y tiendrons tous deux.

Don Carlos.

Nous y tiendrons tous deux.Grand merci, c’est trop large.

Hernani, montrant la petite porte.

Fuyons par là.

Don Carlos.

Fuyons par là.Bonsoir. Pour moi, je reste ici.

Hernani.

Ah ! Tête et sang ! Monsieur, vous me paierez ceci !

À doña Sol.

Si je barricadais l’entrée ?

Don Carlos, à Josefa.

Si je barricadais l’entrée ? Ouvrez la porte.

Hernani.

Que dit-il ?

Don Carlos, à Josefa interdite.

Que dit-il ?Ouvrez donc, vous dis-je !

On frappe toujours. Doña Josefa va ouvrir en tremblant.

Doña Sol.

Que dit-il ?Ouvrez donc, vous dis-je !Je suis morte !

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Scène III

Les Mêmes, DON RUY GOMEZ DE SILVA, barbe et cheveux blancs ; en noir. Valets avec des flambeaux.

Don Ruy Gomez.

Des hommes chez ma nièce à cette heure de nuit !

Venez tous ! Cela vaut la lumière et le bruit.

À doña Sol.

Par saint Jean d’Avila, je crois que, sur mon âme,

Nous sommes trois chez vous ! C’est trop de deux, madame.

Aux deux jeunes gens.

Mes jeunes cavaliers, que faites-vous céans ? —

Quand nous avions le Cid et Bernard, ces géants

De l’Espagne et du monde allaient par les Castilles

Honorant les vieillards et protégeant les filles.

C’étaient des hommes forts et qui trouvaient moins lourds

Leur fer et leur acier, que vous votre velours.

Ces hommes-là portaient respect aux barbes grises,

Faisaient agenouiller leur amour aux églises,

Ne trahissaient personne, et donnaient pour raison

Qu’ils avaient à garder l’honneur de leur maison.

S’ils voulaient une femme, ils la prenaient sans tache,

En plein jour, devant tous, et l’épée, ou la hache,

Ou la lance à la main. — Et quant à ces félons

Qui le soir, et les yeux tournés vers leurs talons,

Ne fiant qu’à la nuit leurs manœuvres infâmes,

Par derrière aux maris volent l’honneur des femmes,

J’affirme que le Cid, cet aïeul de nous tous,

Les eût tenus pour vils et fait mettre à genoux,

Et qu’il eût, dégradant leur noblesse usurpée,

Souffleté leur blason du plat de son épée !

Voilà ce que feraient, j’y songe avec ennui,

Les hommes d’autrefois aux hommes d’aujourd’hui.

— Qu’êtes-vous venus faire ici ? C’est donc à dire

Que je ne suis qu’un vieux dont les jeunes vont rire ?

On va rire de moi, soldat de Zamora ?

Et quand je passerai, tête blanche, on rira ?

Ce n’est pas vous du moins qui rirez !

Hernani.

Ce n’est pas vous du moins qui rirez !Duc…

Don Ruy Gomez.

Ce n’est pas vous du moins qui rirez !Duc…Silence !

Quoi ! vous avez l’épée, et la dague, et la lance,

La chasse, les festins, les meutes, les faucons,

Les chansons à chanter le soir sous les balcons,

Les plumes au chapeau, les casaques de soie,

Les bals, les carrousels, la jeunesse, la joie,

Enfants, l’ennui vous gagne ! À tout prix, au hasard,

Il vous faut un hochet. Vous prenez un vieillard.

Ah ! vous l’avez brisé, le hochet ! mais Dieu fasse

Qu’il vous puisse en éclats rejaillir à la face !

Suivez-moi !

Hernani.

Suivez-moi !Seigneur duc…

Don Ruy Gomez.

Suivez-moi !Seigneur duc…Suivez-moi ! suivez-moi !

Messieurs, avons-nous fait cela pour rire ? Quoi !

Un trésor est chez moi. C’est l’honneur d’une fille,

D’une femme, l’honneur de toute une famille,

Cette fille, je l’aime, elle est ma nièce, et doit

Bientôt changer sa bague à l’anneau de mon doigt,

Je la crois chaste et pure, et sacrée à tout homme,

Or il faut que je sorte une heure, et moi qu’on nomme

Ruy Gomez De Silva, je ne puis l’essayer

Sans qu’un larron d’honneur se glisse à mon foyer !

Arrière ! lavez donc vos mains, hommes sans âmes,

Car, rien qu’en y touchant, vous nous tachez nos femmes.

Non. C’est bien. Poursuivez. Ai-je autre chose encor ?

Il arrache son collier. Tenez, foulez aux pieds, foulez ma toison d’or !

Il jette son chapeau. Arrachez mes cheveux, faites-en chose vile !

Et vous pourrez demain vous vanter par la ville

Que jamais débauchés, dans leurs jeux insolents,

N’ont sur plus noble front souillé cheveux plus blancs !

Doña Sol.

Monseigneur…

Don Ruy Gomez, à ses valets.

Monseigneur…Écuyers ! écuyers ! à mon aide !

Ma hache, mon poignard, ma dague de Tolède !

Aux deux jeunes gens. Et suivez-moi tous deux !

Don Carlos, faisant un pas.

Et suivez-moi tous deux !Duc, ce n’est pas d’abord

De cela qu’il s’agit. Il s’agit de la mort

De Maximilien, empereur d’Allemagne.

Il jette son manteau, et découvre son visage caché par son chapeau.

Don Ruy Gomez.

Raillez-vous ?… — Dieu ! le roi !

Doña Sol.

Raillez-vous ?… — Dieu ! le roi !Le roi !

Hernani, dont les yeux s’allument.

Raillez-vous ?… — Dieu ! le roi !Le roi !Le roi d’Espagne !

Don Carlos, gravement.

Oui, Carlos. — Seigneur duc, es-tu donc insensé ?

Mon aïeul l’empereur est mort. Je ne le sai

Que de ce soir. Je viens, tout en hâte, et moi-même,

Dire la chose à toi, féal sujet que j’aime,

Te demander conseil, incognito, la nuit,

Et l’affaire est bien simple, et voilà bien du bruit !

Don Ruy Gomez renvoie ses gens d’un signe. Il examine don Carlos, que doña Sol regarde avec crainte et surprise, et sur lequel Hernani, demeuré dans un coin, fixe des yeux étincelants.

Don Ruy Gomez.

Mais pourquoi tarder tant à m’ouvrir cette porte ?

Don Carlos.

Belle raison ! tu viens avec toute une escorte !

Quand un secret d’état m’amène en ton palais,

Duc, est-ce pour l’aller dire à tous tes valets ?

Don Ruy Gomez.

Altesse, pardonnez ! l’apparence…

Don Carlos.

Altesse, pardonnez ! l’apparence…Bon père,

Je t’ai fait gouverneur du château de Figuère,

Mais qui dois-je à présent faire ton gouverneur ?

Don Ruy Gomez.

Pardonnez…

Don Carlos.

Pardonnez…Il suffit. N’en parlons plus, seigneur.

Donc l’empereur est mort.

Don Ruy Gomez.

Donc l’empereur est mort.L’aïeul de votre altesse

Est mort ?

Don Carlos.

Est mort ? Duc, tu m’en vois pénétré de tristesse.

Don Ruy Gomez.

Qui lui succède ?

Don Carlos.

Qui lui succède ? Un duc de Saxe est sur les rangs.

François Premier, de France, est un des concurrents.

Don Ruy Gomez.

Où vont se rassembler les électeurs d’empire ?

Don Carlos.

Ils ont choisi, je crois, Aix-La-Chapelle, ou Spire,

Ou Francfort.

Don Ruy Gomez.

Ou Francfort.Notre roi, dont Dieu garde les jours,

N’a-t-il pensé jamais à l’empire ?

Don Carlos.

N’a-t-il pensé jamais à l’empire ? Toujours.

Don Ruy Gomez.

C’est à vous qu’il revient.

Don Carlos.

C’est à vous qu’il revient.Je le sais.

Don Ruy Gomez.

C’est à vous qu’il revient.Je le sais.Votre père

Fut archiduc d’Autriche, et l’empire, j’espère,

Aura ceci présent, que c’était votre aïeul,

Celui qui vient de choir de la pourpre au linceul.

Don Carlos.

Et puis, on est bourgeois de Gand.

Don Ruy Gomez.

Et puis, on est bourgeois de Gand.Dans mon jeune âge

Je le vis, votre aïeul. Hélas ! seul je surnage

D’un siècle tout entier. Tout est mort à présent.

C’était un empereur magnifique et puissant.

Don Carlos.

Rome est pour moi.

Don Ruy Gomez.

Rome est pour moi.Vaillant, ferme, point tyrannique.

Cette tête allait bien au vieux corps germanique.Il s’incline sur les mains du roi et les baise. Que je vous plains ! Si jeune, en un tel deuil plongé !

Don Carlos.

Le pape veut ravoir la Sicile, que j’ai,

Un empereur ne peut posséder la Sicile,

Il me fait empereur ; alors, en fils docile.

Je lui rends Naple. Ayons l’aigle, et puis nous verrons

Si je lui laisserai rogner les ailerons.

Don Ruy Gomez.

Qu’avec joie il verrait, ce vétéran du trône,

Votre front déjà large aller à sa couronne !

Ah ! seigneur, avec vous nous le pleurerons bien,

Cet empereur très grand, très bon et très chrétien !

Don Carlos.

Le saint-père est adroit. — Qu’est-ce que la Sicile ?

C’est une île qui pend à mon royaume, une île,

Une pièce, un haillon, qui, tout déchiqueté,

Tient à peine à l’Espagne et qui traîne à côté.

— Que ferez-vous, mon fils, de cette île bossue

Au monde impérial au bout d’un fil cousue ?

Votre empire est mal fait ; vite, venez ici,

Des ciseaux ! et coupons ! — Très saint-père, merci !

Car de ces pièces-là, si j’ai bonne fortune,

Je compte au saint-empire en recoudre plus d’une,

Et, si quelques lambeaux m’en étaient arrachés,

Rapiécer mes états d’îles et de duchés !

Don Ruy Gomez.

Consolez-vous ! il est un empire des justes

Où l’on revoit les morts plus saints et plus augustes !

Don Carlos.

Ce roi François Premier, c’est un ambitieux !

Le vieil empereur mort, vite il fait les doux yeux

À l’empire ! A-t-il pas sa France très chrétienne ?

Ah ! la part est pourtant belle, et vaut qu’on s’y tienne !

L’empereur mon aïeul disait au roi Louis :

— Si j’étais Dieu le père, et si j’avais deux fils,

Je ferais l’aîné dieu, le second roi de France. —

Au duc.

Crois-tu que François puisse avoir quelque espérance ?

Don Ruy Gomez.

C’est un victorieux.

Don Carlos.

C’est un victorieux.Il faudrait tout changer.

La bulle d’or défend d’élire un étranger.

Don Ruy Gomez.

À ce compte, seigneur, vous êtes roi d’Espagne ?

Don Carlos.

Je suis bourgeois de Gand.

Don Ruy Gomez.

Je suis bourgeois de Gand.La dernière campagne

A fait monter bien haut le roi François premier.

Don Carlos.

L’aigle qui va peut-être éclore à mon cimier

Peut aussi déployer ses ailes.

Don Ruy Gomez.

Peut aussi déployer ses ailes.Votre altesse

Sait-elle le latin ?

Don Carlos.

Sait-elle le latin ? Mal.

Don Ruy Gomez.

Sait-elle le latin ? Mal.Tant pis. La noblesse

D’Allemagne aime fort qu’on lui parle latin.

Don Carlos.

Ils se contenteront d’un espagnol hautain ;

Car il importe peu, croyez-en le roi Charles,

Quand la voix parle haut, quelle langue elle parle.

— Je vais en Flandre. Il faut que ton roi, cher Silva,

Te revienne empereur. Le roi de France va

Tout remuer. Je veux le gagner de vitesse.

Je partirai sous peu.

Don Ruy Gomez.

Je partirai sous peu.Vous nous quittez, altesse,

Sans purger l’Aragon de ces nouveaux bandits

Qui partout dans nos monts lèvent leurs fronts hardis ?

Don Carlos.

J’ordonne au duc d’Arcos d’exterminer la bande.

Don Ruy Gomez.

Donnez-vous aussi l’ordre au chef qui la commande

De se laisser faire ?

Don Carlos.

De se laisser faire ? Eh ! quel est ce chef ? son nom ?

Don Ruy Gomez.

Je l’ignore. On le dit un rude compagnon.

Don Carlos.

Bah ! je sais que pour l’heure il se cache en Galice,

Et j’en aurai raison avec quelque milice.

Don Ruy Gomez.

De faux avis alors le disaient près d’ici.

Don Carlos.

Faux avis ! — Cette nuit tu me loges.

Don Ruy Gomez, s’inclinant jusqu’à terre.

Faux avis ! — Cette nuit tu me loges.Merci,

Altesse !

Il appelle ses valets. Altesse ! Faites tous honneur au roi mon hôte.

Les valets entrent avec des flambeaux. Le duc les range sur deux haies jusqu’à la porte du fond. Cependant doña Sol s’approche lentement d’Hernani. Le roi les épie tous deux.

Doña Sol, bas à Hernani.

Demain, sous ma fenêtre, à minuit, et sans faute.

Vous frapperez des mains trois fois.

Hernani, bas.

Vous frapperez des mains trois fois.Demain.

Don Carlos, à part.

Vous frapperez des mains trois fois.Demain.Demain !

Haut à doña Sol vers laquelle il fait un pas avec Galanterie. Souffrez que pour rentrer je vous offre la main.

Il lui donne la main et la reconduit à la porte. Elle sort.

Hernani, la main dans sa poitrine sur la poignée de sa dague.

Mon bon poignard !

Don Carlos, revenant, à part.

Mon bon poignard !Notre homme a la mine attrapée.

Il prend Hernani à part. Je vous ai fait l’honneur de toucher votre épée,

Monsieur. Vous me seriez suspect pour cent raisons.

Mais le roi don Carlos répugne aux trahisons.

Allez. Je daigne encor protéger votre fuite.

Don Ruy Gomez, revenant et montrant Hernani.

Qu’est-ce seigneur ?

Don Carlos.

Qu’est-ce seigneur ? Il part. C’est quelqu’un de ma suite.

Ils sortent avec les valets et les flambeaux, le duc précédant le roi une cire à la main.

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Scène IV

HERNANI, seul.

Oui, de ta suite, ô roi ! de ta suite ! — J’en suis !

Nuit et jour, en effet, pas à pas, je te suis.

Un poignard à la main, l’œil fixé sur ta trace

Je vais. Ma race en moi poursuit en toi ta race.

Et puis, te voilà donc mon rival ! Un instant

Entre aimer et haïr je suis resté flottant,

Mon cœur pour elle et toi n’était point assez large,

J’oubliais en l’aimant ta haine qui me charge ;

Mais puisque tu le veux, puisque c’est toi qui viens

Me faire souvenir, c’est bon, je me souviens !

Mon amour fait pencher la balance incertaine

Et tombe tout entier du côté de ma haine.

Oui, je suis de ta suite, et c’est toi qui l’as dit !

Va, jamais courtisan de ton lever maudit,

Jamais seigneur baisant ton ombre, ou majordome

Ayant à te servir abjuré son cœur d’homme,

Jamais chiens de palais dressés à suivre un roi

Ne seront sur tes pas plus assidus que moi !

Ce qu’ils veulent de toi, tous ces grands de Castille,

C’est quelque titre creux, quelque hochet qui brille,

C’est quelque mouton d’or qu’on se va pendre au cou ;

Moi, pour vouloir si peu je ne suis pas si fou !

Ce que je veux de toi, ce n’est point faveurs vaines,

C’est l’âme de ton corps, c’est le sang de tes veines,

C’est tout ce qu’un poignard, furieux et vainqueur,

En y fouillant longtemps peut prendre au fond d’un cœur.

Va devant ! je te suis. Ma vengeance qui veille

Avec moi toujours marche et me parle à l’oreille.

Va ! je suis là, j’épie et j’écoute, et sans bruit

Mon pas cherche ton pas et le presse et le suit.

Le jour tu ne pourras, ô roi, tourner la tête

Sans me voir immobile et sombre dans ta fête ;

La nuit tu ne pourras tourner les yeux, ô roi,

Sans voir mes yeux ardents luire derrière toi !

Il sort par la petite porte.

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ACTE DEUXIÈME LE BANDIT

SARAGOSSE

Un patio du palais de Silva. À gauche, les grands murs du palais, avec une fenêtre à balcon. Au-dessous de la fenêtre, une petite porte. À droite et au fond, des maisons et des rues. — Il est nuit. On voit briller çà et là, aux façades des édifices, quelques fenêtres encore éclairées.

Scène Première

DON CARLOS, DON SANCHO SANCHEZ DE ZUNIGA, comte de Monterey, DON MATIAS CENTURION, marquis d’Almuñan, DON RICARDO DE ROXAS, seigneur de Casapalma.

Ils arrivent tous quatre, don Carlos en tête, chapeaux rabattus, enveloppés de longs manteaux dont leurs épées soulèvent le bord inférieur.

Don Carlos, examinant le balcon.

Voilà bien le balcon, la porte… mon sang bout.

Montrant la fenêtre qui n’est pas éclairée. Pas de lumière encor !

Il promène ses yeux sur les croisées éclairées. Pas de lumière encor !Des lumières partout

Où je n’en voudrais pas, hors à cette fenêtre

Où j’en voudrais !

Don Sancho.

Où j’en voudrais ! Seigneur, reparlons de ce traître.

Et vous l’avez laissé partir !

Don Carlos.

Et vous l’avez laissé partir ! Comme tu dis.

Don Matias.

Et peut-être c’était le major des bandits !

Don Carlos.

Qu’il en soit le major ou bien le capitaine,

Jamais roi couronné n’eut mine plus hautaine.

Don Sancho.

Son nom, seigneur ?

Don Carlos, les yeux sur la fenêtre.

Son nom, seigneur ?Muñoz… Fernan…

Avec le geste d’un homme qui se rappelle tout à coup. Son nom, seigneur ? Muñoz… Fernan…Un nom en I.

Don Sancho.

Hernani, peut-être ?

Don Carlos.

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