La Guerre des Juifs (page 5)
7. [598] Après avoir fait cette déclaration elle apporta la boite qui ne renfermait qu'un petit reste de poison. Le roi fit alors mettre à la question la mère et le frère d'Antiphilos ; ceux-ci avouèrent qu'Antiphilos avait apporté d'Égypte cette boite et qu'il tenait le poison d'un de ses frères, médecin à Alexandrie.
Ainsi les mânes d’Alexandre et d'Aristobule[290] se promenaient à travers tout le palais, recherchant et dévoilant tous les mystères, et traînant devant le juge ceux mêmes qui paraissaient le plus à l'abri du soupçon. C'est ainsi qu'on découvrit aussi que Mariamme, la fille du grand-prêtre, avait été partie au complot ; ses frères, mis à la torture, la dénoncèrent. Le roi punit sur le fils l'audace de la mère : Hérode, qu'il avait donné pour successeur à Antipater, fut rayé de son testament.
XXXI
1-2. Perfidie d’Antipater dénoncée par son affranchi Bathyllos. – 3-5. Retour et accueil d’Antipater.
1[291]. [601] Le dernier anneau dans la chaîne des preuves du complot d'Antipater fut apporté par son affranchi Bathyllos. Ce personnage arriva avec un second poison, composé de venin d'aspic et des sécrétions d'autres serpents, dont Phéroras et sa femme devaient s'armer contre le roi, si le premier manquait son effet. Par un surcroît de perfidie contre Hérode, Antipater avait remis à cet homme des lettres astucieusement rédigées contre ses frères, Archélaüs et Philippe. Ces fils du roi, qu'il faisait élever à Rome, étaient déjà des adolescents pleins de hautes pensées. Antipater, qui voyait en eux un obstacle à ses espérances, chercha à s'en défaire au plus vite ; il forgea donc contre eux des lettres au nom de ses amis de Rome et détermina, contre espèces sonnantes, d'autres personnes à écrire que ces jeunes princes déblatéraient contre leur père, déploraient publiquement le sort d'Alexandre et d'Aristobule et s'irritaient de leur propre rappel ; car leur père les avait mandés auprès de lui, et c'était là ce qui inquiétait le plus Antipater.
2. [604] Avant même son départ pour Rome, Antipater, étant encore en Judée, avait fait envoyer de Rome, à prix d'or, des lettres de ce genre contre ses frères ; puis il était allé trouver son père, qui n'avait encore nul soupçon contre lui, et avait plaidé la cause de ses frères, alléguant que telle chose était fausse, telle autre imputable à leur jeunesse. Pendant son séjour à Rome, comme il avait dû payer très grassement ceux qui écrivaient contre ses frères, il se préoccupa de dépister les recherches qu'on pourrait en faire. A cet effet, il acheta de riches vêtements, des tapis variés, de la vaisselle d'argent et d'or et beaucoup d'autres objets précieux, afin de pouvoir dissimuler, dans l'énorme total de ces dépenses, le salaire payé pour l'autre affaire. Il consigna une dépense totale de deux cents talents, dont le plus fort était mis au compte de son procès avec Sylléos. Toutes ces fourberies, même les moindres, furent alors découvertes en même temps que son grand forfait. Cependant, au moment même où toutes les tortures criaient son complot contre son père, où les lettres en question révélaient un nouveau projet de fratricide, aucun de ceux qui arrivaient à Rome ne lui apprit le drame qui se jouait en Judée ; et pourtant il s'écoula sept mois entre la preuve de son crime et son retour. Tant était forte la haine que tous lui portaient ! Peut-être y en eut-il qui avaient l'intention de lui apprendre ces nouvelles, mais les mânes de ses frères, tués par lui, leur fermèrent la bouche. Il écrivit donc de Rome, annonçant avec joie son prochain départ et les honneurs que César lui faisait en le congédiant.
3. [608] Le roi, impatient de mettre la main sur le traître et craignant qu'Antipater, averti à temps, ne prît ses sûretés, lui écrivit, pour le tromper, une lettre pleine d'une feinte bienveillance, où il l'exhortait à hâter son retour. S'il faisait diligence, disait Hérode, il pourrait faire oublier les griefs qu'on avait contre sa mère, car Antipater n'ignorait pas que celle-ci eût été répudiée.
Précédemment Antipater avait reçu à Tarente la lettre lui annonçant la mort de Phéroras, il avait donné de très grandes marques de deuil. Plusieurs lui en faisaient un mérite, l'attribuant à la perte d'un oncle, mais son émotion, à ce qu’il semble, se rapportait à l'échec de son complot : il pleurait en Phéroras non l'oncle, mais le complice. Puis la peur le prenait au souvenir de ses machinations : le poison pouvait être découvert. Il reçut en Cilicie le message de son père dont nous venons de parler et hâta aussitôt son voyage. Cependant, en débarquant à Celenderis[292], la pensée lui vint de la disgrâce de sa mère, et son âme eut une vision prophétique de sa propre destinée. Les plus prévoyants de ses amis lui conseillèrent de ne pas aller retrouver son père avant de savoir clairement les raisons pour lesquelles Hérode avait chassé sa mère : ils appréhendaient que les calomnies répandues contre elle n'eussent quelque autre conséquence. Mais les imprudents, plus impatients de revoir leur patrie que de servir les intérêts d'Antipater, l'exhortèrent à faire diligence, tout retard pouvant donner à son père de fâcheux soupçons, à ses calomniateurs un prétexte favorable ; « même si quelque intrigue s'est tramée maintenant contre lui, c'est en raison de son absence ; lui présent, on n'aurait pas osé. Et puis il est insensé de sacrifier des biens certains à de vagues soupçons, de ne pas courir se jeter dans les bras d'un père pour recueillir un royaume dont il supporte seul malaisément le poids ». Persuadé par ces discours ou plutôt poussé par sa destinée, Antipater continua sa route et débarqua au port d'Auguste, à Césarée.
4. [614] Là, contre son attente, il trouva une profonde solitude ; tous se détournaient, nul n'osait l'aborder, c'est qu'en effet, il était également haï de tous, et que la haine trouvait maintenant la liberté de se montrer. De plus, la crainte du roi intimidait grand nombre de gens, toutes les villes étaient remplies de rumeurs annonçant une disgrâce qu'Antipater était seul a ignorer : nul n'avait obtenu compagnie plus brillante que la sienne à son départ pour Rome, nul ne rencontra jamais accueil plus glacial que celui qui reçut son retour. Cependant Antipater, devinant les tragédies qui s'étaient déroulées au palais, dissimulait encore par une habileté scélérate. Mourant de crainte au fond du cœur, il sut se faire un front d'airain. D'ailleurs, il n'y avait plus moyen de fuir, d'échapper aux dangers qui l'entouraient. Même alors, il ne reçut aucune nouvelle certaine de ce qui se passait au palais, tant les menaces du roi jetaient l'épouvante ; et il gardait encore un rayon d'espoir : peut-être n'avait-on rien découvert; peut-être, si l'on avait découvert quelque chose, saurait-il à, force d'impudence et de l'uses, ses seuls moyens de salut, dissiper l'orage.
5. [617] Ainsi armé, il se rendit au palais, sans ses amis, car on les avait injuriés et écartés dès la première porte. A l'intérieur se trouvait Varus, gouverneur de Syrie[293], Antipater entra chez son père et, payant d'audace, s'approcha de lui pour l'embrasser. Mais le roi, tendant les bras pour l'écarter et détournant la tête : « Voilà bien, s'écria-t-il, la marque d'un parricide, de vouloir m'embrasser, quand il est sous le coup de pareilles accusations. Sois maudite, tête sacrilège ; n'ose pas me toucher avant de t'être disculpé. Je t'accorde un tribunal et, pour juge, Varus, qui vient ici fort à propos. Va, et prépare ta défense jusqu'à demain ; je laisse ce délai à tes artifices ». Le prince, stupéfait, se retira sans pouvoir rien répondre, puis sa mère et sa femme[294] vinrent le trouver et lui rapportèrent en détail toutes les preuves rassemblées contre lui. Alors il se recueillit et prépara sa défense.
XXXII
1-4. Mise en jugement d’Antipater : discours d’Hérode, d’Antipater et de Nicolas. – 5. Issue du procès. – 6. Découverte du faux Antipater contre Salomé. – 7. Maladie et nouveau testament d’Hérode en faveur d’Antipater.
1[295]. [620] Le lendemain, Hérode réunit le Conseil de ses parents et amis ; il y convoqua également les amis d'Antipater. Lui-même présidait avec Varus ; il fit introduire tous les dénonciateurs, parmi lesquels se trouvaient quelques serviteurs de la mère d'Antipater, récemment arrêtés, porteurs d'une lettre de Doris à son fils, rédigée en ces termes : « Puisque ton père a tout découvert, ne te présente pas devant lui, si tu n'as obtenu quelques troupes de l'empereur ». Quand ceux-ci et les autres eurent été introduits, Antipater entra et tomba prosterné aux pieds de son père : « Mon père, dit-il, je te supplie de ne pas me condamner d'avance, mais d'accorder à ma défense une oreille sans prévention, car je saurai démontrer mon innocence, si tu le permets ».
2. [622] Hérode lui hurla de se taire et dit à Varus : « Je suis persuadé, Varus, que toi, et tout juge intègre, vous condamnerez Antipater comme un scélérat. Mais je crains que ma destinée ne vous semble aussi digne de haine et que vous ne me jugiez digne de tous les malheurs pour avoir engendré de tels fils. Plaignez-moi plutôt d'avoir été un père tendre envers de pareils misérables. Ceux que précédemment j'avais tout jeunes désignés pour le trône, que j'avais fait élever a grands frais à Rome, introduits dans l'amitié de César, rendus pour les autres rois un objet d'envie, j'ai trouvé en eux des traîtres. Leur mort a surtout servi les intérêts d'Antipater : il était jeune, il était mon héritier, et en les supprimant c'est surtout à sa sécurité que je veillais. C'est alors que ce monstre impur, gorgé des bienfaits de mon indulgence, a tourné contre moi sa satiété ; il lui a paru que je vivais bien longtemps, ma vieillesse lui pesait, il n'a pu supporter l'idée de devenir roi autrement qu'à la faveur d'un parricide. C'est ainsi qu'il me récompensait de l'avoir rappelé de la campagne où il était relégué, d'avoir écarté les fils nés d'une reine, pour l'appeler à ma succession ! Je confesse, Varus, ma propre démence. Ces fils, je les ai excités contre moi en retranchant, dans l'intérêt d'Antipater, leurs justes espérances. Quand leur ai-je jamais fait autant de bien qu'à celui-ci ? De mon vivant, je lui ai presque cédé le pouvoir ; je l'ai, dans mon testament rendu public, désigné pour héritier de mon sceptre, je lui ai assigné un revenu particulier de cinquante talents[296], sans compter d'infinies largesses sur mes propres biens ; tout récemment, quand il est parti pour Rome, je lui ai donné trois cents talents et l'ai même recommandé à César, seul de tous mes enfants, comme le sauveur de son père. Et quel crime les autres ont-ils commis comparable à celui d'Antipater ? Quelle preuve fut portée contre eux aussi décisive que celle qui établit sa trahison ? Pourtant le parricide ose parler, il espère, une fois de plus, étouffer la vérité sous ses mensonges ! Varus, c'est à toi de le garder, car moi, je connais le monstre, je devine ses discours spécieux, ses gémissements simulés c'est lui qui me conseilla jadis, du vivant d'Alexandre, de prendre mes sûretés contre lui et de ne pas confier ma vie à tout te monde ; c'est lui qui m'accompagnait jusqu’à ma couche, regardant partout s'il n'y avait pas un assassin caché ; c'est lui qui m'octroyait mon sommeil, assurait ma tranquillité, me consolait du chagrin que m'inspiraient mes victimes, sondait les sentiments de ses frères survivants ; le voilà mon bouclier, mon garde du corps ! Quand je me rappelle, Varus, dans chaque circonstance, sa fourberie et son hypocrisie, je doute de ma propre existence et m'étonne d'avoir pu échapper à un traître aussi profond. Mais puisqu'un mauvais génie s’acharne à vider mon palais et dresse l'un après l'autre contre moi les êtres qui me sont le plus chers, je pleurerai sur mon injuste destinée, je gémirai en moi-même sur ma solitude, mais je ne laisserai échapper au châtiment aucun de ceux qui ont soif de mon sang, quand bien même tous mes enfants devraient y passer. »
3. [629] A ces mots, l'émotion lui coupa la voix : il ordonna à Nicolas, un de ses amis, d'exposer les charges. Alors Antipater, qui jusque-là était resté prosterné aux pieds de son père, releva la tête et s'écria : « C'est toi-même, mon père, qui viens de présenter ma défense. Comment serais-je parricide, moi qui, de ton aveu, t'ai toujours servi de gardien ? Tu appelles artifice et feinte ma piété filiale. Comment donc moi, si rusé en toute occasion, aurais-je été assez insensé pour ne pas comprendre qu'il était difficile de dissimuler aux hommes mêmes la préparation d'un pareil forfait et impossible de le cacher au Juge céleste, qui voit tout, qui est présent partout ? Est-ce que, par hasard, j'ignorais la fin de mes frères, que Dieu a si durement punis de leur perfidie envers toi ? Et puis, quel motif aurait pu m'exciter contre toi ? L'espérance de régner ? mais j'étais roi ! Le soupçon de ta haine ? mais n'étais-je pas chéri ? Avais-je quelque autre raison de craindre ? mais, en veillant à ta sûreté, j'étais un objet de crainte pour autrui. Le besoin d'argent ? mais qui donc avait ses dépenses plus largement pourvues ? En admettant que je fusse né le plus scélérat de tous les hommes et que j'eusse l'âme d'une bête féroce, n'aurais-je pas été, mon père apprivoisé par tes bienfaits ? car, comme tu l'as dit toi-même, tu m'as rappelé de l'exil, tu m'as préféré à un si grand nombre de fils ; de ton vivant tu m'as proclamé roi, en me comblant de tous les biens tu m'as rendu un objet d'envie ! O le funeste voyage, cause de mon malheur ! c'est lui qui a laissé le champ libre à la haine et une longue avance aux complots. Mais ce voyage, je l'ai entrepris dans ton intérêt, mon père, pour soutenir ton procès et empêcher Sylléos de mépriser ta vieillesse. Rome m'est témoin de ma piété filiale, et aussi César, le patron de l'univers, qui m'appelait souvent « Philopator ». Prends, mon père, cette lettre de lui. Elle mérite plus de créance que les calomnies qu'on répand ici : qu'elle soit ma seule défense ; voilà la preuve de mon amour pour toi. Souviens-toi que je ne suis pas parti pour Rome de plein gré ; je savais quelle hostilité cachée me guettait dans ce royaume. Et toi, mon père, tu m'as perdu, malgré toi, en m'obligeant à laisser ainsi le champ libre à la haine et à la calomnie. Me voici enfin présent pour réfuter mes accusateurs : me voici, moi, le prétendu parricide, qui ai traversé les terres et les mers sans éprouver aucun dommage. Pourtant, cet indice même d'innocence ne m’a pas servi : Dieu m'a condamné, et toi aussi, mon père. Mais, quoique condamné, je te prie de ne pas t’en rapporter aux aveux arrachés par la torture à d'autres. Apportez contre moi le feu ! Fouillez mes entrailles avec le fer ! N'avez aucune pitié de ce corps impur ! Car si je suis parricide, je ne dois pas mourir sans avoir été torturé ». Ces exclamations, mêlées de gémissements et de larmes, excitaient la pitié de tous et notamment de Varus : seul Hérode restait les yeux secs, dominé par sa colère, et surtout parce qu'il savait que les preuves étaient authentiques[297].
4. [637] Là-dessus
Nicolas, comme l'avait ordonné le roi, prit la parole. Il parla d’abord longuement de la fourberie d'Antipater et dissipa les impressions de pitié que celui-ci avait fait naître ; puis il développa un âpre réquisitoire, attribuant à Antipater tous les méfaits commis dans le royaume, en particulier le supplice de ses frères, dont il montra la cause dans les calomnies d’Antipater. Il ajouta que celui-ci ourdissait la perte de ceux qui restaient, les soupçonnant de guetter la succession : et pourquoi celui qui avait préparé le poison pour son père aurait-il épargné ses frères ? Arrivant ensuite aux preuves de l'empoisonnement, il exposa successivement tous les témoignages : il s'indigna qu'Antipater eût fait d'un homme tel que Phéroras un fratricide ; il montra l'accusé corrompant les plus chers amis du roi, remplissant tout le palais de scélératesse. Après avoir ajouté nombre d'autres griefs et arguments, il mit fin à sa harangue.
5. [639] Varus ordonna à
Antipater de présenter sa défense. Le prince se borna à dire que Dieu était témoin de son innocence et resta étendu, sans parler. Alors le gouverneur demanda le poison et en fit boire à un prisonnier, condamné à mort, qui rendit l'âme sur le champ. Après quoi, Varus s'entretint secrètement avec Hérode, rédigea son rapport à Auguste, et partit au bout d'un jour. Le roi fit mettre aux fers Antipater et envoya des messagers à César pour l'informer de cette catastrophe.
6. [641] On découvrit ensuite qu'Antipater avait comploté aussi contre Salomé. Un des serviteurs d'Antiphilos vint de Rome, apportant des lettres d'une suivante de Livie, nommée Acmé. Elle mandait au roi qu’elle avait trouvé des lettres de Salomé dans la correspondance de Livie et les lui envoyait secrètement pour l'obliger. Ces lettres de Salomé, qui contenaient les injures les plus cruelles envers le roi et un long réquisitoire, Antipater les avait forgées, et il avait persuadé Acmé, en la soudoyant, de les envoyer à Hérode. Il fut convaincu de ce faux par une lettre que lui écrivait cette femme en ces termes : « Selon ton désir, j'ai écrit à ton père et je lui ai adressé les lettres en question, certaine qu'après les avoir lues, il n'épargnera pas sa sœur. Tu feras bien, quand tout sera achevé, de te rappeler tes promesses ».
7. [644] Après avoir saisi cette lettre et celles qui avaient été composées contre Salomé, le roi conçut le soupçon qu’on avait peut-être aussi forgé les lettres qui avaient perdu Alexandre[298]. Il fut pris d'un véritable désespoir à la pensée qu'il avait failli tuer aussi sa sœur à cause d'Antipater ; il ne voulut donc plus attendre pour le châtier de tous ces crimes. Mais au moment où il se préparait à sévir contre Antipater, il fut atteint d'une grave maladie : il écrivit cependant à César au sujet d'Acmé et des intrigues tramées contre Salomé ; puis il demanda son testament et le modifia. Il désigna pour roi Antipas, laissant de côté ses aînés, Archélaüs et Philippe, qu'Antipater avait également calomniés il légua à Auguste, outre des objets de prix [298a], mille talents ; à l'impératrice, aux enfants, amis et affranchis de l'empereur, environ cinq cents talents ; il partageait entre ses autres enfants [298b] une assez grande quantité de terres et d'argent et honorait sa sœur Salomé des présents les plus magnifiques.
XXXIII
1. Aggravation de l’état d’Hérode. – 2-4. Sédition des fanatiques contre l’aigle d’or du temple ; châtiment des coupables. – 5. Hérode à Callirhoé. – 6. Hérode à Jéricho ; arrestation des notables. – 7. Supplice d’Acmé et d’Antipater. Dernier testament d’Hérode en faveur d’Archélaüs. – 8. Mort d’Hérode. Lecture de son testament. – 9. Ses obsèques.
1[299]. [647] Telles furent les corrections qu'Hérode fit à son testament. Cependant sa maladie allait s'aggravant, comme il était fatal d'une indisposition survenue chez un vieillard démoralisé. Car il avait déjà presque soixante-dix ans, et ses malheurs domestiques l'avaient tellement abattu que, même en bonne santé, il ne jouissait plus d'aucun des plaisirs de la vie. Sa maladie s'exaspérait à la pensée qu'Antipater était encore vivant, car il avait décidé de le mettre à mort, non pas à la dérobée, mais lui présent et rétabli.
2. [648] A toutes ces misères vint s'ajouter un soulèvement du peuple. Il y avait dans la capitale deux docteurs qui passaient pour fort experts dans les lois des ancêtres et qui, pour cette raison, jouissaient dans toute la nation d'une très grande renommée : ils s'appelaient Judas, fils de Sepphorée, et Matthias, fils de Margalos. Ses docteurs expliquaient les lois devant un nombreux auditoire de jeunes gens et, tous les jours, ils réunissaient ainsi une véritable armée d'hommes à la fleur de l'âge. Quand ils surent que le roi se consumait de chagrin et de maladie, ils firent entendre confidentiellement à leurs amis que le moment était venu de venger Dieu et de détruire les ouvrages élevés au mépris des lois nationales. Il était, en effet, interdit de placer dans le Temple des images, des bustes ou des représentations quelconques d'êtres vivants. Or, le roi avait fait ériger au-dessus de la grande porte du Temple[300] un aigle d'or : les docteurs exhortaient leurs amis à le détruire, proclamant que, si même l'acte offrait quelque danger, il était beau de mourir pour la loi nationale ; car l'âme de ceux qui avaient une telle fin était immortelle[301] et gardait éternellement le sentiment de sa félicité, tandis que les âmes sans noblesse qui n’avaient pas suivi leur enseignement s'attachaient par ignorance à la vie et préféraient à une fin héroïque la mort par la maladie.
3. [651] Pendant qu'ils discouraient ainsi, le bruit se répandit que le roi était à la mort ; les jeunes gens se mirent à l’œuvre d'autant plus hardiment. Au milieu du jour, à l’heure où, dans le Temple, circulait beaucoup de monde, ils se firent descendre du toit au moyen de grosses cordes et brisèrent à coups de hache l’aigle d'or. Le préfet du roi, aussitôt informé, accourut avec un fort détachement, arrêta environ quarante jeunes gens et les conduisit devant le roi. Hérode leur demanda d'abord s'ils avaient osé abattre l'aigle d'or. Ils le reconnurent. - Qui vous l'a ordonné ? - La loi de nos pères. - Et pourquoi tant de joie au moment où vous allez être mis a mort ? - C'est qu'après notre mort, nous jouirons d'une félicité plus parfaite.
4. [654] Là-dessus, le roi entra dans une si violente colère qu'il en oublia sa maladie. Il se fit porter dans l'assemblée[302] et y prononça un long réquisitoire contre ces hommes : c'étaient des sacrilèges qui, sous prétexte de servir la loi, poursuivaient, en réalité, un dessein plus profond ; il fallait donc les punir comme des impies. Le peuple, craignant que les poursuites ne s'étendissent démesurément, pria le roi de se borner à punir les machinateurs de l'entreprise ainsi que ceux qui avaient été arrêtés en flagrant délit, et de détourner sa colère des autres. Le roi se laissa fléchir à grand'peine ; les jeunes gens qui s'étaient fait descendre du toit et les docteurs furent brûlés vifs ; les autres prisonniers furent livrés aux bourreaux.
5. [656] A partir de ce moment, la maladie, ravageant tout son corps, l'affligea de souffrances multiples. Sans avoir beaucoup de fièvre, il éprouvait une insupportable démangeaison de toute la peau, de continuelles tranchées, un œdème des pieds pareil à celui des hydropiques ; en outre la tuméfaction du bas-ventre et une gangrène des parties sexuelles qui engendrait des vers, enfin l'asthme, la suffocation, des crampes de tous les membres. Il se trouva des prophètes pour dire que ces douleurs étaient le châtiment du supplice des docteurs. Pourtant le roi, luttant contre tant de souffrances, s'accrochait à la vie, espérait la guérison et imaginait remède sur remède. C'est ainsi qu'il passa de l'autre côté du Jourdain pour prendre les bains chauds de Callirhoé[303] : ces sources descendent vers le lac Asphaltite, et leur douceur les rend potables. Là les médecins furent d'avis de réchauffer tout son corps dans l'huile chaude : comme il se détendait dans une baignoire pleine d'huile, il défaillit, et ses yeux se retournèrent comme ceux d'un mort. Le tumulte et les cris de ses serviteurs le firent revenir à lui, mais, désespérant désormais de sa guérison, il ordonna de distribuer cinquante drachmes par tête aux soldats et des sommes considérables aux officiers et à ses amis.
6. [659] Il prit le chemin du retour et parvint à Jéricho. Là, vomissant déjà de la bile noire. il lança une sorte de défi à la mort même, en procédant à une exécution sacrilège. Il fit rassembler dans l'hippodrome des citoyens notables de tous les bourgs de la Judée et ordonna de les y mettre sous clef. Puis, appelant auprès de lui sa sœur Salomé et Alexas, mari de la princesse : « Je sais, dit-il, que les Juifs célèbreront ma mort par des réjouissances, mais j'ai un moyen de les faire pleurer et d'obtenir des funérailles magnifiques si vous voulez suivre mes instructions. Ces hommes que j'ai fait emprisonner, dès que j'aurai rendu le dernier soupir, faites-les aussitôt cerner et massacrer par des soldats ; ainsi toute la Judée, toutes les familles, qu'elles le veuillent ou non, pleureront sur moi ».
7. [661] Au moment où il donnait ces ordres, il reçut des lettres de ses ambassadeurs à Rome, qui lui apprenaient qu'Acmé avait été exécutée sur l'ordre de César et Antipater condamné à mort ; toutefois si son père voulait se borner à le bannir, César lui en donnait l'autorisation. Cette nouvelle lui rendit un moment de sérénité, mais ensuite, torturé par le manque de nourriture et une toux convulsive, vaincu par la douleur, il entreprit de devancer l'heure fatale. Il prit une pomme et demanda un couteau, car il avait coutume de couper lui-même ses aliments ; puis, après avoir guetté le moment où personne ne pourrait l'empêcher, il leva la main droite pour se frapper. Cependant Achab, son cousin, accourut assez vite pour retenir son bras et arrêter le coup. Aussitôt de grands gémissements s'élevèrent dans le palais, comme si le roi était mort. Lorsqu'Antipater les entendit, il reprit courage, et, plein de joie, supplia ses gardes, en leur promettant de l'argent, d'enlever ses chaînes et de le mettre en liberté. Leur officier, non seulement s'y opposa, mais courut raconter au roi cette tentative. Celui-ci poussa un cri qu'on n'eût pas attendu d'un malade et envoya aussitôt ses gardes tuer Antipater. Il fit ensevelir le cadavre à Hyrcanion. Après cela, il modifia encore son testament : il désigna pour héritier Archélaüs, son fils aîné, né du même lit qu'Antipas[304], et nomma ce dernier tétrarque.
8. [665] Après l'exécution de son fils, Hérode vécut encore cinq jours. Il expira après un règne de trente-quatre ans à compter du jour, où, Antigone mort, il devint le maître, trente-sept depuis le jour où les Romains l'avaient nommé roi[305]. Si l'on considère sa vie dans son ensemble, sa prospérité fut sans égale, car, simple particulier, il parvint à la couronne, la garda longtemps et la transmit à ses propres enfants ; en revanche, nul ne fut plus malheureux avec sa famille. Avant que l'armée eût appris la mort du roi, Salomé alla avec son mari délivrer les prisonniers qu'Hérode avait ordonné d'exécuter ; elle prétendit que le roi avait changé d'avis et prescrit de renvoyer tous ces hommes dans leurs foyers[306].
Après leur départ, les deux époux annoncèrent la mort aux soldats et les réunirent en assemblée avec le reste du peuple dans l'amphithéâtre de Jéricho. Là, Ptolémée, à qui Hérode avait confié le sceau royal, s'avança, bénit la mémoire du roi et adressa des exhortations à la multitude ; il lut aussi une lettre laissée par Hérode à l'adresse des soldats, où il les engageait en termes pressants à aimer son successeur. Après cette lettre, Ptolémée brisa les cachets des codicilles et en donna lecture :
Philippe y obtenait la Trachonitide et les districts[307]
limitrophes ; Antipas, comme nous l'avons dit, était nommé tétrarque[308], Archélaüs roi. Hérode chargeait encore celui-ci de remettre à Auguste son anneau et les comptes de l'administration du royaume, dûment scellés ; car il désignait César comme arbitre de toutes ses dispositions et garant de son testament ; tout le reste devait être réglé suivant son testament précédent.
9. [670] Aussitôt s'élevèrent des acclamations en l'honneur d'Archélaüs les soldats, rangés par bataillons, vinrent, avec le peuple, lui promettre leur dévouement et invoquer sur lui la protection de Dieu. Ensuite on s'occupa des funérailles du roi. Archélaüs n'épargna rien pour qu'elles fussent magnifiques. Il étala tous les ornements royaux qui devaient accompagner le mort dans sa tombe. Sur un lit d'or massif, constellé de pierreries, était jeté un tapis de pourpre brodé de couleurs variées : le corps reposait sur cette couche, enveloppé d'une robe de pourpre, la tête ceinte du diadème, surmontée d'une couronne d'or, le sceptre dans la main droite. Autour du lit marchaient les fils d'Hérode et la foule de ses parents, et après ceux-ci les gardes, les mercenaires thraces, germains et gaulois, tous dans leur équipement de guerre. Tout le reste de l'armée formait escorte[309] ; elle s'avançait en armes, accompagnant en bon ordre les généraux et les commandants ; venaient, enfin, cinq cents serviteurs et affranchis, portant des aromates. Le corps fut ainsi transporté sur un parcours de 200 stades[310] jusqu'à, Hérodion, où il fut enseveli comme le roi l'avait prescrit. Ainsi finit le règne d'Hérode.
livre II
[1] Les notes de ce volume sont toutes, à moins d'avertissement spécial, dues à M. Th. Reinach.
[2] Non l'hébreu, mais l'araméen, qui était parlé ou compris par les Juifs et par toutes les populations de la Syrie et de la Mésopotamie. Josèphe précise plus loin, § 6, ce qu'il entend par les ἄνω βάρβαροι. Pour la rédaction grecque du Bellum Josèphe eut des collaborateurs (C. Apion, I, §50)
[3] Ces mots γένει Ἑβραῖος omis par P. Eusèbe (et Niese), sont indispensables.
[4] Les § 4 et 5 forment une grande parenthèse, peut-être ajoutée après coup, et destinée à préciser l'immensité de la commotion visée au début ; le fil du discours reprend en § 6.
[5] Exposé tendancieux. Au moment ou éclata l'insurrection juive (66) il n’y avait aucun désordre dans l'Empire.
[6] Par Κελτικόν Josèphe, comme Dion Cassius et d'autres historiens grecs, entend la Germanie opposée à la Gaule (Γαλάται) ; cf. Ant., XIX, § 119. Les troubles de la Gaule désignant la révolte de Vindex (68) les troubles de Germanie celle des Bataves (69)
[6a] Je lis avec Nader (Adn. Crit.) οἵ ταπεινουμένου τοῦ κατορθώματος αὑτοὶ συναδοξοῦσιν αὐτοῖς ἀδοξοῦσιν .
[6b] Nous adoptons l'ingénieuse conjecture d'Holwerda : τῇ <ἰδίᾳ> δυσθέσει.
[7] Whiston rapproche les termes presque analogues où l'Évangile annonce la catastrophe qui fondit sur les Juifs (Math. XXIV, 21 ; Marc, XIII, 19 ; Luc, XXI, 24). C'est qu'en effet les Synoptiques ont été rédigé sous l'impression récente de la ruine de Jérusalem.
[7a] Tel est sûrement le sens de τοῖς γνησίοις opposé à ἀλλόφυλος. Comme il a été question précédememnt des Grecs et des Romains, on pourrait croire que γνήσιοι vise les deux nationalités, mais la suite du paragraphe montre que Josèphje a seulement en vie les Grecs.
[8] Est-ce une allusion aux ouvrages de Démétrius, Philon l'Ancien et Eupolémos, sur le compte desquels Josèphe s'exprime ailleurs presque exactement dans les mêmes termes (C. Apion, I, ,§ 218) : ὁ μέντοι Φαληρεὺς (!) Δημήτιος καὶ Φίλων ὁ περσβύτερος καὶ Εὐπόλεμος οὐ πολὺ τῆς ἀληθείας διήμαρτον ? Quoi qu'il en soit, Josèphe ne devait pas tarder à changer d'avis sur l'inutilité d'une nouvelle « Archéologie » juive.
[9] Le texte des mss. ὅσῃ τε χρώμενος Ῥωμαίων στρατιᾶ καὶ ὅσοι σύμμαχοι ἐκόπησαν εἰς ὅλην τὴν Γαλίλαιαν étant profondément altéré, c’est une traduction au jugé.
[10] Il faut entendre par là sans doute 1es zones successivement resserrées de la ville sainte, dont l'accès n'était permis qu'à des personnes de plus en plus “pures” au point de vue rituel. La Mishna (Kélim, I, 8) parait bien énumérer sept zones de ce genre : la ville, la colline du temple avant cour extérieure, le hél (espace au delà de la grille du temple), l'avant cour des femmes, l'avant cour des Israélites, l'avant cour des prêtres, le Saint des saints. Mais dans le passage assez confus auquel Josèphe fait allusion (V, § 227 et suiv.), on ne trouve pas d'énumération aussi précise. Cf. Olilzki, Flavius Josephus und die Halache, I. p. 28 (Schürer, II, 273)
[11] Tel est sûrement le sens de τῶν κεφαλαίων, quoique le pluriel soit insolite. Kohout l'a traduit exactement, mais non Whiston (I will begin… with what I call my first chapter!). Le fait qui va être raconté immédiatement - l'intervention d'Antiochus Epiphane à Jérusalem - est effectivement celui qui est placé plus haut (§19) en tête de cette espèce de table des matières.
[12]
Cette section et les suivantes correspondent en gros b Ant., XII, 5' mais la maniéra dont sont présentés les faits diffère beaucoup dans les deux ouvrages. On notera particulièrement les points suivants : 1° Le récit de Guerre ne nomme pas les « grands-prêtres » qui se disputaient le pouvoir, et ne se prononce pas sur leur parenté ; il attribue à Onias le rôle joué dans Ant. par Jason (XII, § 239 suiv.) ; 2° Guerre ne connaît qu'une occupation de Jérusalem par Antiochus, au lieu de deux (Ant., § 246 et 248); 3° les sacrifices sont interrompus selon Guerre pendant trois ans et demi, selon Ant., § 320, pendant juste trois ans ; 4° d'après Ant., XII, § 237 et XIII, § 62, l’Onias qui fonde le temple en Égypte n'est pas un grand-prêtre dépossédé, mais le fils d'Onias III mort avant le commencement des discordes. En général, le récit de Guerre donne aux événements une tournure plus profane. Nous ne pouvons discuter ici la question de savoir lequel de ces deux récits est le plus rapproché de la vérité ; Josèphe lui-même, quand il a repris le tableau de ces faits dans les Ant, déclare surtout vouloir donner un récit « plus détaillé » (ἀκριβές) que dans son premier ouvrage, sans s'expliquer sur les contradictions. Quant à la source du récit de la Guerre, ici comme pour toute l'histoire des Hasmonéens, c'est incontestablement un historien grec (Nicolas de Damas, comme le prouvent les allusions répétées à Hérode?) ; certains détails (comme le dévouement d'Éléazar, § 42 suiv., si curieusement rabaissé) peuvent provenir de la tradition juive; il paraît certain qu'en rédigeant ce chapitre, Josèphe n'a pas connu I Macc. (Cf. la liste des divergences dressée par G. Hoelsclier Die Quellen des Josephus für die Zeit com Exil bis zum jüdischen Kriege [Leipzig, 1904], p. 4-5.) Les erreurs sur la chronologie des Séleucides peuvent être imputées à son étourderie.
[13]
170 69 av. J.-C.
[14] Comme le rétablissement des sacrifices (§ 39) eut lieu en déc. 165, il en résulte que leur interruption daterait de juin 168.
[15] Infra ; VII, 10, 2
[16] La mention de Bacchidès est un anachronisme; ce général n’entra en scène que beaucoup plus tard (Ant., XII, § 899)
[17] Section 3 Ant., XII, 6.
[18] Mattathias
[19] Apellès d'après Ant., XII, § 270
[20] « Dans le désert », Ant., § 271.
[21] 167/6 av. J.-C. En réalité, Judas n'était pas l’aîné des cinq fils, mais le troisième (I Macc., 2, 2).
[22] Section 4 Ant., XII, 7 et XII, 9, 1-2.
[23] Anachronisme. Ce traité (s'il est authentique ne se place que sous Démétrius (162-150). Cf. en dernier lieu Niese, Eine Urkunde aus der Makkabœerzeit (Mélanges, Noeldeke, p. 817 suiv.), qui place l'ambassade juive en 161.
[24] Non pas Antiochus lui-même, mais ses généraux, Gorgias, Lysias.
[25] Décembre 165 av. J.-C.
[26] 164/3 av. J.-C.
[27] Section 5 Ant., XII, 9, 3-7
[28] D’après Ant., I, § 366, 100 000 fantassins, 20 000 chevaux, 32 éléphants.
[29] Bethsoura ne fut prise qu’après la bataille, selon Ant., §376.
[30] D'après Ant., § 375 suiv., il se retire, au contraire, à Jérusalem et y soutient un siège qui se termine par une capitulation honorable.
[31] Section 6 Ant., XII, 10 et 11.
[32] En réalité : de Démétrius Soter.
[33] Judas ne périt pas à la bataille d'Adasa (mars 161), mais à celle de Berzètho ou Elasa (?) (I Macc., 9, 5), en septembre (?) de la même année (Ant., XII, § 430; I Macc., 9, 3).
[34] Ant., XIII, 2.
[35] Section 1 - Ant., XIII. 1-6.
[36] Jonathan a traité 1° avec Bacchidès, lieutenant de Démétrius Soter, 2° avec Alexandre Bala, prétendu fils d'Antiochus Épiphane, 3° avec Démétrius II Nicanor, 4° avec Antiochus VI Dionysos. fils de Bala. C'est probablement à ce dernier traité (Ant., § 145) qu’il est fait ici allusion ; malgré la qualification inexacte de Ἀντιόχου παῖδα donnée au roi. La correction Ἀντίοχον proposée par Bernard, ne peut être admise en présence du § 49. Josèphe a visiblement confondu Antiochus VI avec Antiochus V.
[37]
143 av. J.-C.
[38] Section 2 Ant., XIII, 6, 1 à 7, 3.
[39] Antiochus VII Sidétès, frère de Démétrius II Nicanor.
[40] 139/8 av. J.-C.
[41] D'après la vulgate, Simon fut proclamé grand-prêtre immédiatement après la mort du grand-prêtre Jonathan, 143/2 av. J.-C. Ant , XIII, § 213. On voit que Josèphe, guidé par un historien grec, n'attribue aux premiers Asmonéens que le caractère de chefs militaires et profanes. - Par les « 170 ans de domination macédonienne », Josèphe entend tout simplement (et à tort) l'an 170 de l’ère des Séleucides. En réalité, la domination macédonienne durait depuis 190 ans.
[42] Sections 3-4 Ant., XIII, 7, 4 à 8,1. Les deux récits coïncident presque mot pour mot et dérivent donc d'une même source (païenne).
[43] Section 5 Ant., XIII, 8, 2-4.
[44] 3 600 d'après le ms. M. - D'après le récit des Ant., § 249, Hyrcan n'ouvre le tombeau de David qu'après le départ d'Antiochus ; mais un autre texte (Ant., VII, § 393) s'accorde avec Guerre.
[45] Section 6 Ant., XIII, 9, 1. - Il n'est pas exact, d’ailleurs, que l’entreprise d'Hyrcan ait coïncidé avec l'expédition d’Antiochus Sidétès contre les « Mèdes » (Parthes), expédition à laquelle prit part Hyrcan (Ant., XIII, § 250, d’après Nicolas). Cette expédition eut lieu on 130/129 ; les entreprises d’Hyrcan commencèrent après la mort de Sidétès (129). Remarquons que l'expression « Mèdes » employée ici et au § 51 peut faire douter que Nicolas soit ici la source directe de Josèphe.
[46] Adora des Ant., § 257
[47] Section 7 Ant., XIII, 10, 1-3
[48] Antiochus Aspendios ou d'Aspendos est Antiochus VIII Grypos, fils de Démétrius II (avènement en 123/2). Mais les Ant., § 2~7, nomment ici à sa place, et probablement avec raison, son frère utérin Antiochus IX Cyzicène, fils d'Antiochus Sidétès, qui lui disputa la Syrie à partir de 114 av. J.-C.
[49] Section 8 = Ant., XIII, 10, 5-8. La fin est presque identique dans les deux.
[50] 31 selon Ant., § 299 (30 selon Ant., XX, § 240). Hyrcan en mort en 105 ou
104 av. J.-C.
[51] Chapitre III de Ant., XIII, II. Les deux récits sont presque identiques et copient le même original, mais les renseignements précis de Ant., § 319, sur les conquêtes d'Aristobule manquent ici.
[52] 481 d'après Ant., § 301. Ces deux chiffres sont également erronés, mais celui des Ant. s'accorde mieux avec la chronologie de Josèphe fondée sur la prophétie de Daniel : il compte 490 ans (70 semaines d'années) entre la destruction du Temple par les Chaldéens et la mort de Judas Macchabée (d'après lui, 150 av. J.-C.). Cf. Destinon, Chronologie des Josephus (Kiel, 1880, prog.), p. 31.
[53] La mort d'Aristobule se place en 103 av.
[54] Section 1 Ant., XIII, 12, 1.
[55] Salomé dite Alexandra (Ant., § 320). Ni ici ni dans les Antiquités, Josèphe ne dit explicitement qu'elle épousa Alexandre Jannée.
[56] Section 2 Ant., XIII, 12,2 à 13,3. Hœlscher (op. cit.) a démontré très ingénieusement que les parties communes de ces deux récits remontent à Nicolas (nommé, à côté de Strabon, Ant., § 347).
[57] Erreur de Josèphe. Ptolémée Lathyre, chassé d'Égypte par sa mère, régnait à Chypre, et c'est là qu'il se retira après sa campagne de Palestine.
[58] Sections 3 et 4 Ant., XIII, 13, 5.
[59] Sections 5 et 6 = Ant., XIII, 14, 1-2.
[60] Ces chiffres sont plus probables que ceux d'Ant., § 377 (Alexandre : 6 200 mercenaires, 20 000 Juifs ; Démétrius : 3 000 chevaux, 40 000 fantassins).
[61] Béthomé d’après Ant., § 380.
[62] Section 7 Ant., XIII, 15, 1.
[63] Section 8 Ant., XIII, 15, 2-5.
[64] Ptolémée était dynaste de Chalcis, Arétas est le roi des Arabes (Nabatéens) dont il vient d’être question.
[65] La leçon de la plupart des mss. (παραλύσας) signifierait que Alexandre acquitta Démétrius. Mais d'après Ant., § 394, Démétrius fut, au contraire, dépouillé περιέδυσεν. On doit donc soupçonner ici une faute de texte : probablement il faut lire καταλύσας, qui a d'ailleurs peut-être le sens de « faire mourir ».
[66]
77 ou 76 av. J.-C.
[67] Sections 1 à 4 Ant., XIII, 16.
[67a] Quoique le sens actif de "dominer" (avec l'accusatif de régime) ne soit pas attesté par le moyen κρατύνομαι, nous ne croyons pas que la phrase comporte une autre traduction.
[68] D'après Ant., § 417, ils furent proposés à la garde des places-fortes du moindre importance, ce qui explique la facilité avec laquelle Aristobule s'en empara (§ 117).
[69] Cléopâtre Séléné, fille du Ptolémée Physcon, et veuve de plusieurs rois Séleucides. Ces événements se placent en 70 av. J.-C.
[69a] Je lis οἰκείων avec Herwerden et Naber au lieu de οἰκετῶν.
[70] Supra III, 3
[71]
69 av. J.-C. (Josèphe lui-même, Ant., XIV, § 4, indique la date
69)
[72] Section 1 Ant., XIV, 1, 2.
[72a] ἐκστάντα τῆς ἀρχῆς Holwerda ; ἄλλης mss.
[73] Sections 2-3 Ant., XIV, 1, 8 à 2, 3.
[74] D'après Ant., XIV, § 19, la cavalerie seule comptait 50 000 hommes
[75]
65 av. J.-C.
[75a] Les mots obscurs τούτους μεταστήσας manquent dans les Ant. § 29.
[76] Quatre cents d’après Ant., § 30, qui suit une autre source.
[77] Sections 4-6 Ant., 3 à 4, 1.
[78] Printemps 63 av. J.-C.
[79] Les mots δίχα δωρειῶν sont équivoques ; ils peuvent se traduire soit « sans apporter de présents » ou, au contraire, « sans parler des présents qu'ils apportèrent ». Ce dernier sens, plus alexandrin, est aussi plus vraisemblable.
[80] Je lis avec Spanheim ἀπὸ Δίου (mss. διός) πόλεως. D'après Ant., § 47, Aristobule serait, au contraire, parti de Damas pour se rendre à Dion.
[81] Sections 1-7 Ant., XIV, 4, 2-5. Le récit de Guerre est par moments plus détaillé que celui des Antiquités.
[82] Ant. 66 ajoute « le jour du jeûne » (sabbat selon les uns, Kippour selon d'autres), la date 01. 179 et le consulat.
[83] Il s’appelait Absalon (Ant., 71)
[84] Et Dion (Ant. 75)
[85] Section 1 Ant., XIV, 5, 1.
[86] Sections 2-5 Ant., XIV, 5, 2-4.
[87] Quoique la construction soit équivoque, il est évident qu'il s’agit d'Alexandre, non d'Hyrcan. Voir la note sur Ant., XIV, § 82.
[88] Inexact ; dans l’intervalle, la Syrie avait eu deux gouverneurs, Marcius Philippus et Lentulus Marcellinus (Appien, Syr., 51).
[89] Dora (par erreur) dans les mss. des Ant., § 88. Pour la différence des deux listes, voir ma note ad locum.
[90] Le mot συνόδους des mss. est inadmissible, comme le prouvent les neutres qui suivent (τὸ μὲν... τὸ δὲ, etc.) : il faut corriger en συνέδρια comme dans Ant., § 91. - Au lieu de Gazara, les mss. (Ici et dans Ant.) ont Gadara.
[91] Section 6 Ant., XIV, 6, 1.
[92] Servilius d'après Ant., § 92, et la plupart des mss. de Guerre ; Servianus d'après le ms. P et Syncelle. Niese et Naber préfèrent cette dernière leçon.
[92a] κακῶς ὠχύρου: la vieille version latine (bene munire - sperabit) conduirait à la leçon καλῶς et à un tout autre sens.
[92b] διῆκεν (Destinon, Henri Weil), non διῆγεν, leçon des mss.
[93]
56 av. J.-C.
[94] Section 7 Ant., XIV, 6, 2-4.
[95] Ptolémée Aulète, roi d'Égypte, chassé par ses sujets, persuada Gabinius, à prix d'or, de le restaurer (55 av. J.-C.)
[96] Détail complètement étranger à l’histoire juive et qui suffirait à prouver que Josèphe copie, en l'abrégeant, une histoire générale.
[97] Sections 8 et 9 Ant.; XIV, 7, 1-3.
[98] Phrase copiée sans réflexion dans Nicolas ? Nulle part « ailleurs » dans la Guerre on ne trouve le récit de ces évènements. Dans le passage correspondant des Ant. (§122) on lit : « comme d'autres l'ont raconté » (ὡς καὶ ὑπ' ἄλλων δεδήλωνται).
[99] Sections 1 et 2 Ant., XIV, 7, 4.
[100]
49 av. J.-C.
[101] Q. Cæcilius Metellus Scipio, beau-père de Pompée et gouverneur de Syrie.
[102] Sections 3 à 5 Ant., XIV, 8, 1-3.
[103]
48 av. J.-C.
[104] τόν τ' ἔποικον τοῦ Λιβάνου. Si l'on acceptait la conjecture d'Aldrich (τῶν τ' ἐποίκων), il faudrait traduire : « les plus puissants de la Syrie... et, parmi les dynastes du Liban, Ptolémée et Jamblique ». Il s'agit de Ptolémée, fils de Sobémos, non de Ptolémée, fils de Mennæos. Cf. ma note sur Ant., § 129.
[105] Peut-être les Iduméens, qui formaient à Memphis une importante colonie, dont un décret s'est récemment retrouvé (Dittenberger, Orientalis græci inscr., n° 747). Antipater, leur compatriote, dut les gagner sans peine. Mais il peut s’agir aussi des Juifs de Memphis ou des habitants de cette ville en général.
[106]
40 (ou 50) d'après Ant., § 135.
[107] Sections 1 à 3 Ant., XIV, 8, 4-5. (Le récit de Guerre est plus développé.)
[108] Sections 4-9 Ant., XIV, 9.
[109] Terme impropre, qui revient plusieurs fois ici et dans Ant., XIV, 9. Hyrcan n'avait que le titre d'ethnarque.
[109a] Nous lisons avec Destinon μετ' ἀρκετοῦ (mss. μετὰ καρτεροῦ) στίφους
[110] D’après le récit de Ant., § 177, Hyrcan ne rendit pas une sentence d'acquittement, mais d’ajournement, qui permis à Hérode de s'évader.
[111] Encore un terme impropre, Hérode n’était sans doute que procurateur. Cf. XI, 4, infra.
[112] Section 10 Ant., XIV, 11, 1.
[113]
46 av. J.-C.
[114] Section 1 à 4 Ant., XIV, 2-4 (§ 281).
[115] Trois ans et six mois d'après Ant., § 270. Si l'on compte depuis Pharsale (9 août 48) jusqu'au 15 mars 44 ; le chiffre de 7 mois est plus exact.
[116] Lydda et Thamna (Ant., § 275).
[117] Hyrcan, d'après Ant., § 2~6; Antipater n'aurait servi que d’intermédiaire.
[118] De la Cœlé-Syrie seulement, d'après Ant., § 280, ce qui est plus vraisemblable. Aux troupes confiées à Hérode, le texte d'Ant. ajoute des navires.
[119] Printemps 43 av. J.-C.
[120] Sections 5-8 Ant., XIV, 11, 4, (§ 282) à 6.
[121] D'après Ant., § 284, c'est Phasaël qui s'occupe de ce soin.
[122] Quelques mss. ont τινάς « quelques-uns de ses serviteurs ».
[123] Sections 1-3- Ant., XIV, 11, 7 à 12, 1.
[124] Section 4 Ant., XIV, 12, 2
[125] Automne 42 av. J.-C.
[126] Sections 5-7 Ant., XIV, 13,1-2.
[127] Ant., § 329, dit le contraire (ἠσύχαζον).
[128] Sections 1 à 11 Ant., XIV, 13, 3-10.
[129]