Méditations poétiques
MÉDITATION DIX-NEUVIÈME. ADIEU.
Oui, j’ai quitté ce port tranquille,
Ce port si longtemps appelé,
Où loin des ennuis de la ville,
Dans un loisir doux et facile,
Sans bruit mes jours auraient coulé.
J’ai quitté l’obscure vallée,
Le toit champêtre d’un ami ;
Loin des bocages de Bissy,
Ma muse, à regret exilée,
S’éloigne triste et désolée
Du séjour qu’elle avait choisi.
Nous n’irons plus dans les prairies,
Au premier rayon du matin,
Égarer, d’un pas incertain,
Nos poétiques rêveries.
Nous ne verrons plus le soleil,
Du haut des cimes d’Italie
Précipitant son char vermeil,
Semblable au père de la vie,
Rendre à la nature assoupie
Le premier éclat du réveil.
Nous ne goûterons plus votre ombre,
Vieux pins, l’honneur de ces forêts,
Vous n’entendrez plus nos secrets ;
Sous cette grotte humide et sombre
Nous ne chercherons plus le frais,
Et le soir, au temple rustique,
Quand la cloche mélancolique
Appellera tout le hameau,
Nous n’irons plus, à la prière,
Nous courber sur la simple pierre
Qui couvre un rustique tombeau.
Adieu, vallons ; adieu, bocages ;
Lac azuré, rochers sauvages,
Bois touffus, tranquille séjour,
Séjour des heureux et des sages,
Je vous ai quittés sans retour.
Déjà ma barque fugitive
Au souffle des zéphyrs trompeurs,
S’éloigne à regret de la rive
Que m’offraient des dieux protecteurs.
J’affronte de nouveaux orages ;
Sans doute à de nouveaux naufrages
Mon frêle esquif est dévoué,
Et pourtant à la fleur de l’âge,
Sur quels écueils, sur quels rivages
N’ai-je déjà pas échoué ?
Mais d’une plainte téméraire
Pourquoi fatiguer le destin ?
À peine au milieu du chemin,
Faut-il regarder en arrière ?
Mes lèvres à peine ont goûté
Le calice amer de la vie,
Loin de moi je l’ai rejeté ;
Mais l’arrêt cruel est porté,
Il faut boire jusqu’à la lie !
Lorsque mes pas auront franchi
Les deux tiers de notre carrière,
Sous le poids d’une vie entière
Quand mes cheveux auront blanchi,
Je reviendrai du vieux Bissy
Visiter le toit solitaire
Où le ciel me garde un ami.
Dans quelque retraite profonde,
Sous les arbres par lui plantés,
Nous verrons couler comme l’onde
La fin de nos jours agités.
Là, sans crainte et sans espérance,
Sur notre orageuse existence,
Ramenés par le souvenir,
Jetant nos regards en arrière,
Nous mesurerons la carrière,
Qu’il aura fallu parcourir.
Tel un pilote octogénaire,
Du haut d’un rocher solitaire,
Le soir, tranquillement assis,
Laisse au loin égarer sa vue
Et contemple encor l’étendue
Des mers qu’il sillonna jadis.
AVERTISSEMENT
DE L’ÉDITEUR.
Les morceaux dont se compose le Recueil que nous offrons au public sont les premiers essais d’un jeune homme qui n’avoit point, en les composant, le projet de les publier. Vivement frappés du sentiment poétique qui y domine et de la teinte originale et religieuse de cette poésie, nous avons pensé que le public les accueilleroit avec intérêt ; et sans nous dissimuler ce que le travail et le temps pourroient ajouter au mérite de ces ouvrages, nous avons demandé à l’auteur la permission d’en imprimer un certain nombre. Le nom de Méditations qu’il a donné à ces différents morceaux en indique parfaitement la nature et le caractère ; ce sont en effet les épanchements tendres et mélancoliques des sentiments et des pensées d’une ame qui s’abandonne à ses vagues inspirations. Quelques unes s’élèvent à des sujets d’une grande hauteur ; d’autres ne sont, pour ainsi dire, que des soupirs de l’ame. Nous n’en présentons qu’un très petit nombre à-la-fois, nous réservant, d’après l’effet qu’elles auront pu produire, d’en donner incessamment un second livre, ou de nous borner à cette épreuve. Nous sentons que le moment de cette publication n’est pas très heureusement choisi, et que ce n’est pas au milieu des grands intérêts politiques qui les agitent, que les esprits conservent assez de calme et de liberté pour s’abandonner aux inspirations d’une poésie rêveuse et entièrement détachée des intérêts actifs de ce monde ; mais nous savons aussi qu’il y a au fond de l’ame humaine un besoin imprescriptible d’échapper aux tristes réalités de ce monde, et de s’élancer dans les régions supérieures de la poésie et de la religion !
Non de solo pane vivit homo.
E. G.
MÉDITATION DIX-SEPTIÈME. CHANTS LYRIQUES DE SAÜL.
IMITATION DES PSAUMES DE DAVID
Je répandrai mon ame au seuil du sanctuaire !
Seigneur, dans ton nom seul je mettrai mon espoir ;
Mes cris t’éveilleront, et mon humble prière
S’élèvera vers toi, comme l’encens du soir !
Dans quel abaissement ma gloire s’est perdue !
J’erre sur la montagne ainsi qu’un passereau ;
Et par tant de rigueurs mon ame confondue,
Mon ame est devant toi, comme un désert sans eau.
Pour mes fiers ennemis ce deuil est une fête.
Ils se montrent, Seigneur, ton Christ humilié.
Le voilà, disent-ils : ses dieux l’ont oublié ;
Et Moloch en passant a secoué la tête
Et souri de pitié !
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Seigneur, tendez votre arc ; levez-vous, jugez-moi !
Remplissez mon carquois de vos flèches brûlantes !
Que des hauteurs du ciel vos foudres dévorantes
Portent sur eux la mort qu’ils appelaient sur moi !
Dieu se lève, il s’élance, il abaisse la voûte
De ces cieux éternels ébranlés sous ses pas ;
Le soleil et la foudre ont éclairé sa route ;
Ses anges devant lui font voler le trépas.
Le feu de son courroux fait monter la fumée,
Son éclat a fendu les nuages des cieux ;
La terre est consumée
D’un regard de ses yeux.
Il parle ; sa voix foudroyante
A fait chanceler d’épouvante
Les cèdres du Liban, les rochers des déserts ;
Le Jourdain montre à nu sa source reculée ;
De la terre ébranlée
Les os sont découverts.
Le Seigneur m’a livré la race criminelle
Des superbes enfants d’Ammon.
Levez-vous, ô Saül ! et que l’ombre éternelle
Engloutisse jusqu’à leur nom !
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Que vois-je ? vous tremblez, orgueilleux oppresseurs !
Le héros prend sa lance,
Il l’agite, il s’élance ;
À sa seule présence,
La terreur de ses yeux a passé dans vos cœurs !
Fuyez !… il est trop tard ! sa redoutable épée
Décrit autour de vous un cercle menaçant,
En tout lieu vous poursuit, en tout lieu vous attend,
Et déjà mille fois dans votre sang trempée,
S’enivre encor de votre sang.
Son coursier superbe
Foule comme l’herbe
Les corps des mourants ;
Le héros l’excite,
Et le précipite
À travers les rangs ;
Les feux l’environnent,
Les casques résonnent
Sous ses pieds sanglants :
Devant sa carrière
Cette foule altière
Tombe tout entière
Sous ses traits brûlants,
Comme la poussière
Qu’emportent les vents.
Où sont ces fiers Ismaélites,
Ces enfants de Moab, cette race d’Edom ?
Iduméens, guerriers d’Ammon ;
Et vous, superbes fils de Tyr et de Sidon,
Et vous, cruels Amalécites ?
Les voilà devant moi comme un fleuve tari,
Et leur mémoire même a péri !
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Que de biens le Seigneur m’apprête !
Qu’il couronne d’honneurs la vieilesse du roi !
Ephraïm, Manassé, Galaad, sont à moi ;
Jacob, mon bouclier, est l’appui de ma tête.
Que de biens le Seigneur m’apprête !
Qu’il couronne d’honneurs la vieillesse du roi !
Des bords où l’aurore se lève
Aux bords où le soleil s’achève
Son cours tracé par l’Eternel,
L’opulente Saba, la grasse Ethiopie,
La riche mer de Tyr, les déserts d’Arabie,
Adorent le roi d’Israël.
Peuples, frappez des mains, le roi des rois s’avance,
Il monte, il s’est assis sur son trône éclatant ;
Il pose de Sion l’éternel fondement ;
La montagne frémit de joie et d’espérance.
Peuples, frappez des mains, le roi des rois s’avance,
Il pose de Sion l’éternel fondement.
De sa main pleine de justice,
Il verse aux nations l’abondance et la paix.
Réjouis-toi, Sion, sous ton ombre propice,
Ainsi que le palmier qui parfume Cadès,
La paix et l’équité fleurissent à jamais.
De sa main pleine de justice,
Il verse aux nations l’abondance et la paix.
Dieu chérit de Sion les sacrés tabernacles
Plus que les tentes d’Israël ;
Il y fait sa demeure, il y rend ses oracles,
Il y fait éclater sa gloire et ses miracles ;
Sion, ainsi que lui ton nom est immortel.
Dieu chérit de Sion les sacrés tabernacles
Plus que les tentes d’Israël.
C’est là qu’un jour vaut mieux que mille ;
C’est là qu’environné de la troupe docile
De ses nombreux enfants, sa gloire et son appui,
Le roi vieillit, semblable à l’olivier fertile
Qui voit ses rejetons fleurir autour de lui.
MÉDITATION VINGT-DEUXIÈME. DIEU.
(A M. de L. M.)
Oui, mon ame se plaît à secouer ses chaînes :
Déposant le fardeau des misères humaines,
Laissant errer mes sens dans ce monde des corps,
Au monde des esprits je monte sans efforts.
Là, foulant à mes pieds cet univers visible,
Je plane en liberté dans les champs du possible,
Mon ame est à l’étroit dans sa vaste prison :
Il me faut un séjour qui n’ait pas d’horizon.
Comme une goutte d’eau dans l’Océan versée,
L’infini dans son sein absorbe ma pensée ;
Là, reine de l’espace et de l’éternité,
Elle ose mesurer le temps, l’immensité,
Aborder le néant, parcourir l’existence,
Et concevoir de Dieu l’inconcevable essence.
Mais sitôt que je veux peindre ce que je sens,
Toute parole expire en efforts impuissants.
Mon ame croit parler, ma langue embarrassée
Frappe l’air de vingt sons, ombre de ma pensée.
Dieu fit pour les esprits deux langages divers :
En sons articulés l’un vole dans les airs ;
Ce langage borné s’apprend parmi les hommes,
Il suffit aux besoins de l’exil où nous sommes,
Et, suivant des mortels les destins inconstants
Change avec les climats ou passe avec les temps.
L’autre, éternel, sublime, universel, immense,
Est le langage inné de toute intelligence :
Ce n’est point un son mort dans les airs répandu,
C’est un verbe vivant dans le cœur entendu ;
On l’entend, on l’explique, on le parle avec l’ame ;
Ce langage senti touche, illumine, enflamme ;
De ce que l’ame éprouve interprètes brûlants,
Il n’a que des soupirs, des ardeurs, des élans ;
C’est la langue du ciel que parle la prière,
Et que le tendre amour comprend seul sur la terre.
Aux pures régions où j’aime à m’envoler,
L’enthousiasme aussi vient me la révéler.
Lui seul est mon flambeau dans cette nuit profonde,
Et mieux que la raison il m’explique le monde.
Viens donc ! Il est mon guide, et je veux t’en servir.
A ses ailes de feu, viens, laisse-toi ravir !
Déjà l’ombre du monde à nos regards s’efface,
Nous échappons au temps, nous franchissons l’espace.
Et dans l’ordre éternel de la réalité,
Nous voilà face à face avec la vérité !
Cet astre universel, sans déclin, sans aurore,
C’est Dieu, c’est ce grand tout, qui soi-même s’adore !
Il est ; tout est en lui : l’immensité, les temps,
De son être infini sont les purs éléments ;
L’espace est son séjour, l’éternité son âge ;
Le jour est son regard, le monde est son image ;
Tout l’univers subsiste à l’ombre de sa main ;
L’être à flots éternels découlant de son sein,
Comme un fleuve nourri par cette source immense,
S’en échappe, et revient finir où tout commence.
Sans bornes comme lui ses ouvrages parfaits
Bénissent en naissant la main qui les a faits !
Il peuple l’infini chaque fois qu’il respire ;
Pour lui, vouloir c’est faire, exister c’est produire !
Tirant tout de soi seul, rapportant tout à soi,
Sa volonté suprême est sa suprême loi !
Mais cette volonté, sans ombre et sans faiblesse,
Est à la fois puissance, ordre, équité, sagesse.
Sur tout ce qui peut être il l’exerce à son gré ;
Le néant jusqu’à lui s’élève par degré :
Intelligence, amour, force, beauté, jeunesse,
Sans s’épuiser jamais, il peut donner sans cesse,
Et comblant le néant de ses dons précieux,
Des derniers rangs de l’être il peut tirer des dieux !
Mais ces dieux de sa main, ces fils de sa puissance,
Mesurent d’eux à lui l’éternelle distance,
Tendant par leur nature à l’être qui les fit ;
Il est leur fin à tous, et lui seul se suffit !
Voilà, voilà le Dieu que tout esprit adore,
Qu’Abraham a servi, que rêvait Pythagore,
Que Socrate annonçait, qu’entrevoyait Platon ;
Ce Dieu que l’univers révèle à la raison,
Que la justice attend, que l’infortune espère,
Et que le Christ enfin vint montrer à la terre !
Ce n’est plus là ce Dieu par l’homme fabriqué,
Ce Dieu par l’imposture à l’erreur expliqué,
Ce Dieu défiguré par la main des faux prêtres,
Qu’adoraient en tremblant nos crédules ancêtres.
Il est seul, il est un, il est juste, il est bon ;
La terre voit son œuvre, et le ciel sait son nom !
Heureux qui le connaît ! plus heureux qui l’adore !
Qui, tandis que le monde ou l’outrage ou l’ignore,
Seul, aux rayons pieux des lampes de la nuit,
S’élève au sanctuaire où la foi l’introduit
Et, consumé d’amour et de reconnaissance,
Brûle comme l’encens son ame en sa présence !
Mais pour monter à lui notre esprit abattu
Doit emprunter d’en haut sa force et sa vertu.
Il faut voler au ciel sur des ailes de flamme :
Le désir et l’amour sont les ailes de l’ame.
Ah ! que ne suis-je né dans l’âge où les humains,
Jeunes, à peine encore échappés de ses mains,
Près de Dieu par le temps, plus près par l’innocence,
Conversaient avec lui, marchaient en sa présence ?
Que n’ai-je vu le monde à son premier soleil ?
Que n’ai-je entendu l’homme à son premier réveil ?
Tout lui parloit de toi, tu lui parlois toi-même ;
L’univers respiroit ta majesté suprême ;
La nature, sortant des mains du Créateur,
Étaloit en tous sens le nom de son auteur ;
Ce nom, caché depuis sous la rouille des âges,
En traits plus éclatants brilloit sur tes Ouvrages ;
L’homme dans le passé ne remontoit qu’à toi ;
Il invoquoit son père, et tu disois : C’est moi.
Longtemps comme un enfant ta voix daigna l’instruire,
Et par la main longtemps tu voulus le conduire.
Que de fois dans ta gloire à lui tu t’es montré,
Aux vallons de Sennar, aux chênes de Membré,
Dans le buisson d’Horeb, ou sur l’auguste cime
Où Moïse aux Hébreux dictoit sa loi sublime !
Ces enfants de Jacob, premiers-nés des humains,
Reçurent quarante ans la manne de tes mains
Tu frappois leur esprit par tes vivants oracles !
Tu parlois à leurs yeux par la voix des miracles !
Et lorsqu’ils t’oublioient, tes anges descendus
Rappelaient ta mémoire à leurs cœurs éperdus !
Mais enfin, comme un fleuve éloigné de sa source,
Ce souvenir si pur s’altéra dans sa course !
De cet astre vieilli la sombre nuit des temps
Eclipsa par degrés les rayons éclatants ;
Tu cessas de parler ; l’oubli, la main des âges,
Usèrent ce grand nom empreint dans tes ouvrages ;
Les siècles en passant firent pâlir la foi ;
L’homme plaça le doute entre le monde et toi.
Oui, ce monde, Seigneur, est vieilli pour ta gloire ;
Il a perdu ton nom, ta trace et ta mémoire
Et pour les retrouver il nous faut, dans son cours,
Remonter flots à flots le long fleuve des jours !
Nature ! firmament ! l’œil en vain vous contemple ;
Hélas ! sans voir le Dieu, l’homme admire le temple,
Il voit, il suit en vain, dans les déserts des cieux,
De leurs mille soleils le cours mystérieux !
Il ne reconnoît plus la main qui les dirige !
Un prodige éternel cesse d’être un prodige !
Comme ils brillaient hier, ils brilleront demain !
Qui sait où commença leur glorieux chemin ?
Qui sait si ce flambeau, qui luit et qui féconde,
Une première fois s’est levé sur le monde ?
Nos pères n’ont point vu briller son premier tour
Et les jours éternels n’ont point de premier jour.
Sur le monde moral, en vain ta providence,
Dans ces grands changements révèle ta présence !
C’est en vain qu’en tes jeux l’empire des humains
Passe d’un sceptre à l’autre, errant de mains en mains ;
Nos yeux accoutumés à sa vicissitude
Se sont fait de ta gloire une froide habitude ;
Les siècles ont tant vu de ces grands coups du sort :
Le spectacle est usé, l’homme engourdi s’endort.
Réveille-nous, grand Dieu ! parle et change le monde ;
Fais entendre au néant ta parole féconde.
Il est temps ! lève-toi ! sors de ce long repos ;
Tire un autre univers de cet autre chaos.
À nos yeux assoupis il faut d’autres spectacles !
À nos esprits flottants il faut d’autres miracles !
Change l’ordre des cieux qui ne nous parle plus !
Lance un nouveau soleil à nos yeux éperdus !
Détruis ce vieux palais, indigne de ta gloire ;
Viens ! montre-toi toi-même et force-nous de croire !
Mais peut-être, avant l’heure où dans les cieux déserts
Le soleil cessera d’éclairer l’univers,
De ce soleil moral la lumière éclipsée
Cessera par degrés d’éclairer la pensée ;
Et le jour qui verra ce grand flambeau détruit
Plongera l’univers dans l’éternelle nuit.
Alors tu briseras ton inutile ouvrage :
Ses débris foudroyés rediront d’âge en âge :
Seul je suis ! hors de moi rien ne peut subsister !
L’homme cessa de croire, il cessa d’exister !
MÉDITATION DIX-HUITIÈME. HYMNE AU SOLEIL.
Vous avez pris pitié de sa longue douleur !
Vous me rendez le jour, Dieu que l’amour implore !