Voyage au centre de la Terre (page 21)

Jules Verne · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Voyage au centre de la Terre · 21 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Le professeur, en parlant ainsi, ne cessait de consulter son chronomètre, et il devait avoir encore raison dans ses pronostics. Bientôt le radeau fut repris d’un mouvement rapide et désordonné qui dura deux minutes à peu près, et il s’arrêta de nouveau.

« Bon, fit mon oncle en observant l’heure, dans dix minutes il se remettra en route.

— Dix minutes ?

— Oui. Nous avons affaire à un volcan dont l’éruption est intermittente. Il nous laisse respirer avec lui. »

Rien n’était plus vrai. À la minute assignée, nous fûmes lancés de nouveau avec une extrême rapidité. Il fallait se cramponner aux poutres pour ne pas être rejeté hors du radeau. Puis la poussée s’arrêta.

Depuis, j’ai réfléchi à ce singulier phénomène sans en trouver une explication satisfaisante. Toutefois, il me paraît évident que nous n’occupions pas la cheminée principale du volcan, mais bien un conduit accessoire, où se faisait sentir un effet de contre-coup.

Combien de fois se reproduisit cette manœuvre, je ne saurais le dire. Tout ce que je puis affirmer, c’est qu’à chaque reprise du mouvement, nous étions lancés avec une force croissante et comme emportés par un véritable projectile. Pendant les instants de halte, on étouffait ; pendant les moments de projection, l’air brûlant me coupait la respiration. Je pensai un instant à cette volupté de me retrouver subitement dans les régions hyperboréennes par un froid de trente degrés au-dessous de zéro. Mon imagination surexcitée se promenait sur les plaines de neige des contrées arctiques, et j’aspirais au moment où je me roulerais sur les tapis glacés du pôle ! Peu à peu, d’ailleurs, ma tête, brisée par ces secousses réitérées, se perdit. Sans les bras de Hans, plus d’une fois je me serais brisé le crâne contre la paroi de granit.

Je n’ai donc conservé aucun souvenir précis de ce qui se passa pendant les heures suivantes. J’ai le sentiment confus de détonations continues, de l’agitation du massif, d’un mouvement giratoire dont fut pris le radeau. Il ondula sur des flots de laves, au milieu d’une pluie de cendres. Les flammes ronflantes l’enveloppèrent. Un ouragan qu’on eût dit chassé d’un ventilateur immense activait les feux souterrains. Une dernière fois, la figure de Hans m’apparut dans un reflet d’incendie, et je n’eus plus d’autre sentiment que cette épouvante sinistre des condamnés attachés à la bouche d’un canon, au moment où le coup part et disperse leurs membres dans les airs.

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LXIV

Quand je rouvris les yeux, je me sentis serré à la ceinture par la main vigoureuse du guide. De l’autre main il soutenait mon oncle. Je n’étais pas blessé grièvement, mais brisé plutôt par une courbature générale. Je me vis couché sur le versant d’une montagne, à deux pas d’un gouffre dans lequel le moindre mouvement m’eût précipité. Hans m’avait sauvé de la mort, pendant que je roulais sur les flancs du cratère.

« Où sommes-nous ? » demanda mon oncle, qui me parut fort irrité d’être revenu sur terre.

Le chasseur leva les épaules en signe d’ignorance.

« En Islande, dis-je.

— « Nej, » répondit Hans.

— Comment ! non ! s’écria le professeur.

— Hans se trompe, » dis-je en me soulevant.

Après les surprises innombrables de ce voyage, une stupéfaction nous était encore réservée. Je m’attendais à voir un cône couvert de neiges éternelles, au milieu des arides déserts des régions septentrionales, sous les pâles rayons d’un ciel polaire, au delà des latitudes les plus élevées ; et, contrairement à toutes ces prévisions, mon oncle, l’Islandais et moi, nous étions étendus à mi-flanc d’une montagne calcinée par les ardeurs du soleil qui nous dévorait de ses feux.

Je ne voulais pas en croire mes regards ; mais la réelle cuisson dont mon corps était l’objet ne permettait aucun doute. Nous étions sortis à demi nus du cratère, et l’astre radieux, auquel nous n’avions rien demandé depuis deux mois, se montrant à notre égard prodigue de lumière et de chaleur, et nous versait à flots une splendide irradiation.

Quand mes yeux furent accoutumés à cet éclat dont ils avaient perdu l’habitude, je les employai à rectifier les erreurs de mon imagination. Pour le moins, je voulais être au Spitzberg, et je n’étais pas d’humeur à en démordre aisément.

Le professeur avait le premier pris la parole et dit :

« En effet, voilà qui ne ressemble pas à l’Islande.

— Mais l’île de Jean Mayen ? répondis-je.

— Pas davantage, mon garçon. Ceci n’est point un volcan du nord avec ses collines de granit et sa calotte de neige.

— Cependant…

— Regarde, Axel, regarde ! »

Mon oncle, demi-nu et dressant ses lunettes sur son nez.

Au-dessus de notre tête, à cinq cents pieds au plus, s’ouvrait le cratère d’un volcan par lequel s’échappait, de quart d’heure en quart d’heure, avec une très forte détonation, une haute colonne de flammes, mêlée de pierres ponces, de cendres et de laves. Je sentais les convulsions de la montagne qui respirait à la façon des baleines, et rejetait de temps à autre le feu et l’air par ses énormes évents. Au-dessous et par une pente assez roide, les nappes de matières éruptives s’étendaient à une profondeur de sept à huit cents pieds, ce qui ne donnait pas au volcan une hauteur totale de trois cents toises. Sa base disparaissait dans une véritable corbeille d’arbres verts, parmi lesquels je distinguai des oliviers, des figuiers et des vignes chargées de grappes vermeilles. Ce n’était point l’aspect des régions arctiques, il fallait bien en convenir.

Lorsque le regard franchissait cette verdoyante enceinte, il arrivait rapidement à se perdre dans les eaux d’une mer admirable ou d’un lac, qui faisait de cette terre enchantée une île large de quelques lieues à peine. Au levant, se voyait un petit port, précédé de quelques maisons, et dans lequel des navires d’une forme particulière se balançaient aux ondulations des flots azurés. Au delà, des groupes d’îlots sortaient de la plaine liquide, et si nombreux, qu’ils ressemblaient à une vaste fourmilière. Vers le couchant, des côtes éloignées s’arrondissaient à l’horizon ; sur les unes se profilaient des montagnes bleues d’une harmonieuse conformation ; sur les autres, plus lointaines, apparaissait un cône prodigieusement élevé, au sommet duquel s’agitait un panache de fumée. Dans le nord, une immense étendue d’eau étincelait sous les rayons solaires, laissant poindre çà et là l’extrémité d’une mâture ou la convexité d’une voile gonflée au vent.

L’imprévu d’un pareil spectacle en centuplait encore les merveilleuses beautés.

« Où sommes-nous ? où sommes-nous ? » répétais-je à mi-voix.

Hans fermait les yeux avec indifférence, et mon oncle regardait sans comprendre.

« Quelle que soit cette montagne, dit-il enfin, il y fait un peu chaud ; les explosions ne discontinuent pas, et ce ne serait vraiment pas la peine d’être sortis d’une éruption pour recevoir un morceau de roc sur la tête. Descendons, et nous saurons à quoi nous en tenir. D’ailleurs, je meurs de faim et de soif. »

Décidément le professeur n’était point un esprit contemplatif. Pour mon compte, oubliant le besoin et les fatigues, je serais resté à cette place pendant de longues heures encore, mais il fallut suivre mes compagnons.

Le talus du volcan offrait des pentes très-roides ; nous glissions dans de véritables fondrières de cendres, évitant les ruisseaux de lave qui s’allongeaient comme des serpents de feu. Tout en descendant, je causais avec volubilité, car mon imagination était trop remplie pour ne point s’en aller en paroles.

« Nous sommes en Asie, m’écriais-je, sur les côtes de l’Inde, dans les îles Malaises, en pleine Océanie ! Nous avons traversé la moitié du globe pour aboutir aux antipodes de l’Europe.

— Mais la boussole ? répondait mon oncle.

— Oui ! la boussole ! disais-je d’un air embarrassé. À l’en croire, nous avons toujours marché au nord.

— Elle a donc menti ?

— Oh ! menti !

— À moins que ceci ne soit le pôle nord !

— Le pôle ! non ; mais… »

Il y avait là un fait inexplicable. Je ne savais qu’imaginer.

Cependant nous nous rapprochions de cette verdure qui faisait plaisir à voir. La faim me tourmentait et la soif aussi. Heureusement, après deux heures de marche, une jolie campagne s’offrit à nos regards, entièrement couverte d’oliviers, de grenadiers et de vignes qui avaient l’air d’appartenir à tout le monde. D’ailleurs, dans notre dénûment, nous n’étions point gens à y regarder de si près. Quelle jouissance ce fut de presser ces fruits savoureux sur nos lèvres et de mordre à pleines grappes dans ces vignes vermeilles ! Non loin, dans l’herbe, à l’ombre délicieuse des arbres, je découvris une source d’eau fraîche, où notre figure et nos mains se plongèrent voluptueusement.

Pendant que chacun s’abandonnait ainsi à toutes les douceurs du repos, un enfant apparut entre deux touffes d’oliviers.

« Ah ! m’écriai-je, un habitant de cette heureuse contrée ! »

C’était une espèce de petit pauvre, très-misérablement vêtu, assez souffreteux, et que notre aspect parut effrayer beaucoup ; en effet, demi-nus, avec nos barbes incultes, nous avions fort mauvaise mine, et, à moins que ce pays ne fût un pays de voleurs, nous étions faits de manière à effrayer ses habitants.

Au moment où le gamin allait prendre la fuite, Hans courut après lui et le ramena, malgré ses cris et ses coups de pied.

Mon oncle commença par le rassurer de son mieux et lui dit en bon allemand :

« Quel est le nom de cette montagne, mon petit ami ? »

L’enfant ne répondit pas.

« Bon, dit mon oncle, nous ne sommes point en Allemagne. »

Et il refit la même demande en anglais.

L’enfant ne répondit pas davantage. J’étais très-intrigué.

« Est-il donc muet ? » s’écria le professeur, qui, très fier de son polyglottisme, recommença la même demande en français.

Même silence de l’enfant.

« Alors essayons de l’italien », reprit mon oncle, et il dit en cette langue :

« Dove noi siamo ?

— Oui ! où sommes-nous ? » répétai-je avec impatience.

L’enfant de ne point répondre.

« Ah çà ! parleras-tu ? s’écria mon oncle, que la colère commençait à gagner, et qui secoua l’enfant par les oreilles. Come si noma questa isola ?

— Stromboli, » répondit le petit pâtre, qui s’échappa des mains de Hans et gagna la plaine à travers les oliviers.

Nous ne pensions guère à lui ! Le Stromboli ! Quel effet produisit sur mon imagination ce nom inattendu ! Nous étions en pleine Méditerranée, au milieu de l’archipel éolien de mythologique mémoire, dans l’ancienne Strongyle, où Éole tenait à la chaîne les vents et les tempêtes. Et ces montagnes bleues qui s’arrondissaient au levant, c’étaient les montagnes de la Calabre ! Et ce volcan dressé à l’horizon du sud, l’Etna, le farouche Etna lui-même.

« Stromboli ! Stromboli ! » répétai-je.

Mon oncle m’accompagnait de ses gestes et de ses paroles. Nous avions l’air de chanter un chœur !

Ah ! quel voyage ! quel merveilleux voyage ! Entrés par un volcan, nous étions sortis par un autre, et cet autre était situé à plus de douze cents lieues du Sneffels, de cet aride pays de l’Islande jeté aux confins du monde ! Les hasards de cette expédition nous avaient transportés au sein des plus harmonieuses contrées de la terre. Nous avions abandonné la région des neiges éternelles pour celles de la verdure infinie et laissé au-dessus de nos têtes le brouillard grisâtre des zones glacées pour revenir au ciel azuré de la Sicile !

Après un délicieux repas composé de fruits et d’eau fraîche, nous nous remîmes en route pour gagner le port de Stromboli. Dire comment nous étions arrivés dans l’île ne nous parut pas prudent ; l’esprit superstitieux des Italiens n’eût pas manqué de voir en nous des démons vomis du sein des enfers ; il fallut donc se résigner à passer pour d’humbles naufragés. C’était moins glorieux, mais plus sûr.

Chemin faisant, j’entendais mon oncle murmurer :

« Mais la boussole ! la boussole, qui marquait le nord ! Comment expliquer ce fait ?

— Ma foi ! dis-je avec un grand air de dédain, il ne faut pas l’expliquer, c’est plus facile !

— Par exemple ! un professeur au Johannæum qui ne trouverait pas la raison d’un phénomène cosmique, ce serait une honte ! »

En parlant ainsi, mon oncle, demi-nu, sa bourse de cuir autour des reins et dressant ses lunettes sur son nez, redevint le terrible professeur de minéralogie.

Une heure après avoir quitté le bois d’oliviers, nous arrivions au port de San-Vicenzo, où Hans réclamait le prix de sa treizième semaine de service, qui lui fut compté avec de chaleureuses poignées de main.

En cet instant, s’il ne partagea pas notre émotion bien naturelle, il se laissa aller du moins à un mouvement d’expansion extraordinaire.

Du bout de ses doigts il pressa légèrement nos deux mains et se mit à sourire.

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XLV

Voici la conclusion d’un récit auquel refuseront d’ajouter foi les gens les plus habitués à ne s’étonner de rien. Mais je suis cuirassé d’avance contre l’incrédulité humaine.

Nous fûmes reçus par les pêcheurs stromboliotes avec les égards dus à des naufragés. Ils nous donnèrent des vêtements et des vivres. Après quarante-huit heures d’attente, le 31 août, un petit speronare nous conduisit à Messine, où quelques jours de repos nous remirent de toutes nos fatigues.

Le vendredi 4 septembre, nous nous embarquions à bord du Volturne, l’un des paquebots-postes des messageries impériales de France, et, trois jours plus tard, nous prenions terre à Marseille, n’ayant plus qu’une seule préoccupation dans l’esprit, celle de notre maudite boussole. Ce fait inexplicable ne laissait pas de me tracasser très sérieusement. Le 9 septembre au soir, nous arrivions à Hambourg.

Quelle fut la stupéfaction de Marthe, quelle fut la joie de Graüben, je renonce à le décrire.

« Maintenant que tu es un héros, me dit ma chère fiancée, tu n’auras plus besoin de me quitter, Axel ! »

Je la regardai. Elle pleurait en souriant.

Je laisse à penser si le retour du professeur Lidenbrock fit sensation à Hambourg. Grâce aux indiscrétions de Marthe, la nouvelle de son départ pour le centre de la terre s’était répandue dans le monde entier. On ne voulut pas y croire, et, en le revoyant, on n’y crut pas davantage.

Cependant la présence de Hans, et diverses informations venues d’Islande modifièrent peu à peu l’opinion publique.

Alors mon oncle devint un grand homme, et moi, le neveu d’un grand homme, ce qui est déjà quelque chose. Hambourg donna une fête en notre honneur. Une séance publique eut lieu au Johannæum, où le professeur fit le récit de son expédition et n’omit que les faits relatifs à la boussole. Le jour même, il déposa aux archives de la ville le document de Saknussemm, et il exprima son vif regret de ce que les circonstances, plus fortes que sa volonté, ne lui eussent pas permis de suivre jusqu’au centre de la terre les traces du voyageur islandais. Il fut modeste dans sa gloire, et sa réputation s’en accrut.

Tant d’honneur devait nécessairement lui susciter des envieux. Il en eut, et comme ses théories, appuyées sur des faits certains, contredisaient les systèmes de la science sur la question du feu central, il soutint par la plume et par la parole de remarquables discussions avec les savants de tous pays.

Pour mon compte, je ne puis admettre sa théorie du refroidissement : en dépit de ce que j’ai vu, je crois et je croirai toujours à la chaleur centrale ; mais j’avoue que certaines circonstances encore mal définies peuvent modifier cette loi sous l’action de phénomènes naturels.

Au moment où ces questions étaient palpitantes, mon oncle éprouva un vrai chagrin. Hans, malgré ses instances, avait quitté Hambourg ; l’homme auquel nous devions tout ne voulut pas nous laisser lui payer notre dette. Il fut pris de la nostalgie de l’Islande.

« Farval, » dit-il un jour, et sur ce simple mot d’adieu, il partit pour Reykjawik, où il arriva heureusement.

Nous étions singulièrement attachés à notre brave chasseur d’eider ; son absence ne le fera jamais oublier de ceux auxquels il a sauvé la vie, et certainement je ne mourrai pas sans l’avoir revu une dernière fois.

Pour conclure, je dois ajouter que ce Voyage au centre de la terre fit une énorme sensation dans le monde. Il fut imprimé et traduit dans toutes les langues ; les journaux les plus accrédités s’en arrachèrent les principaux épisodes, qui furent commentés, discutés, attaqués, soutenus avec une égale conviction dans le camp des croyants et des incrédules. Chose rare ! mon oncle jouissait de son vivant de toute la gloire qu’il avait acquise, et il n’y eut pas jusqu’à M. Barnum qui ne lui proposât de « l’exhiber » à un très haut prix dans les États de l’Union.

Mais un ennui, disons même un tourment, se glissait au milieu de cette gloire. Un fait demeurait inexplicable, celui de la boussole ; or, pour un savant, pareil phénomène inexpliqué devient un supplice de l’intelligence. Eh bien ! le ciel réservait à mon oncle d’être complètement heureux.

Un jour, en rangeant une collection de minéraux dans son cabinet, j’aperçus cette fameuse boussole et je me mis à l’observer.

Depuis six mois elle était là, dans son coin, sans se douter des tracas qu’elle causait.

Tout à coup, quelle fut ma stupéfaction ! Je poussai un cri. Le professeur accourut.

« Qu’est-ce donc ? demanda-t-il.

— Cette boussole !…

— Eh bien ?

— Mais son aiguille indique le sud et non le nord !

— Que dis-tu ?

— Voyez ! ses pôles sont changés.

— Changés ! »

Mon oncle regarda, compara, et fit trembler la maison par un bond superbe.

Quelle lumière éclairait à la fois son esprit et le mien !

« Ainsi donc, s’écria-t-il, dès qu’il recouvra la parole, après notre arrivée au cap Saknussemm, l’aiguille de cette damnée boussole marquait le sud au lieu du nord ?

— Évidemment.

— Notre erreur s’explique alors. Mais quel phénomène a pu produire ce renversement des pôles ?

— Rien de plus simple.

— Explique-toi, mon garçon.

— Pendant l’orage, sur la mer Lidenbrock, cette boule de feu qui aimantait le fer du radeau avait tout simplement désorienté notre boussole !

— Ah ! s’écria le professeur en éclatant de rire, c’était donc un tour de l’électricité ? »

À partir de ce jour, mon oncle fut le plus heureux des savants, et moi le plus heureux des hommes, car ma jolie Virlandaise, abdiquant sa position de pupille, prit rang dans la maison de König-strasse en la double qualité de nièce et d’épouse. Inutile d’ajouter que son oncle fut l’illustre professeur Otto Lidenbrock, membre correspondant de toutes les sociétés scientifiques, géographiques et minéralogiques des cinq parties du monde.

FIN

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