Dieu est Son être même

Chapitre 6 : Simplicité et perfection de Dieu · cours « Métaphysique » · 7 questions

En Dieu, l'essence et l'existence ne font qu'un : Il est l'Être même subsistant.

Saint Thomas d'Aquin

Ipsum Esse Subsistens

Ipsum Esse Subsistens

Le sommet de la doctrine de la simplicité divine est l'affirmation que Dieu est son être même, Ipsum Esse Subsistens. Saint Thomas (Ia, q. 3, a. 3-4) : « En Dieu, l'essence n'est pas autre chose que l'être » (essentia non est aliud ab esse suo). En toute créature, l'existence est reçue d'un autre. En Dieu, l'existence ne peut venir d'un autre : Il est la cause première. Si son existence venait d'un autre, elle serait reçue, donc limitée par une essence, et Il ne serait plus infini.

Hors de tout genre

Dieu ne peut être rangé dans aucun genre, car tout genre est déterminé par une essence qui n'est pas son existence. Or en Dieu, essence et existence s'identifient parfaitement. Il s'ensuit que Dieu ne peut pas non plus être défini au sens strict : toute définition requiert un genre et une différence spécifique, mais Dieu transcende absolument toute catégorie. Il n'est pas un être parmi d'autres : Il est l'Être même.

Les attributs divins

De cette identité découle également que les attributs divins (bonté, sagesse, puissance) ne sont pas des accidents surajoutés à la substance divine. En Dieu, nulle composition n'est possible : Il EST sa bonté, sa sagesse, sa puissance. Ses perfections sont identiques à son essence, sans mélange ni distinction réelle. Voilà pourquoi le nom propre que Dieu se donne à Moïse est « Je suis Celui qui suis » (Ego sum qui sum, Ex 3, 14) : ce nom signifie que Dieu est l'Acte pur d'exister, sans limite ni détermination.

Clef de voûte de la métaphysique

Cette doctrine est la clef de voûte de toute la métaphysique thomiste. Elle fonde la création, car tout autre être reçoit l'existence et ne la possède pas par soi. Elle fonde la participation, car les créatures ne sont que par une participation à l'Être divin. Elle fonde enfin la distinction radicale entre Dieu et les créatures : Dieu est singulier au sens absolu, il ne peut y avoir deux Dieux.

En Dieu, l'essence est identique à l'existence : Il est Ipsum Esse Subsistens, la clef de voûte de la métaphysique thomiste

Testez-vous : 7 questions

1. Que signifie l’affirmation « en Dieu, l’essence n’est pas autre chose que l’être » ?

  • Être est sa nature même
  • Dieu n’a pas d’essence
  • Dieu existe sans nature
  • Son essence est inconnue
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Réponse : Être est sa nature même

En Dieu, l’essence et l’existence ne sont pas deux réalités distinctes composées ensemble : elles sont identiques. Être est la nature même de Dieu. Il ne reçoit pas l’existence d’un autre : Il est Son être même. C’est pourquoi Son nom propre est « Celui qui est » (Ex 3,14).

2. Pourquoi l’existence de Dieu ne peut-elle pas venir d’un autre ?

  • Il est la cause première
  • Il est tout-puissant
  • Il refuse toute dépendance
  • Aucune existence n’en vient
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Réponse : Il est la cause première

Si l’existence de Dieu venait d’un autre, cet autre serait antérieur et plus fondamental, et Dieu ne serait pas la cause première. Or Dieu est par définition l’être premier et incausé. Son existence ne peut donc venir que de Lui-même : Il est Son être même.

3. Pourquoi Dieu n’est-il pas dans un genre selon saint Thomas ?

  • en Dieu, être est essence
  • il est trop parfait
  • aucune classe n’existe
  • comme les anges purs
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Réponse : en Dieu, être est essence

Dieu n’est dans aucun genre car tout ce qui est dans un genre a une essence distincte de son existence (l’essence est limitée par le genre). Or en Dieu, essence et existence s’identifient. Dieu transcende donc toute catégorie.

4. Pourquoi Dieu ne peut-il pas être défini au sens strict ?

  • Il dépasse toute catégorie
  • Le langage est inadéquat
  • Dieu change sans cesse
  • On ne sait rien de Lui
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Réponse : Il dépasse toute catégorie

Définir suppose de placer un être dans un genre et d’ajouter une différence spécifique. Or Dieu transcende tout genre : il n’est pas un être parmi d’autres. Il est au-delà de toute catégorie, et ne peut donc être défini au sens strict.

5. Pourquoi les attributs divins (bonté, sagesse, puissance) ne sont-ils pas des accidents ?

  • aucune composition en Dieu
  • accidents corporels seuls
  • sagesse divine supérieure
  • perfections divines absentes
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Réponse : aucune composition en Dieu

En Dieu, il n’y a aucune composition : ses perfections (bonté, sagesse, puissance) ne sont pas des accidents ajoutés à sa substance mais sont identiques à son essence. Dieu EST sa bonté, sa sagesse, sa puissance.

6. Quel nom divin exprime le mieux la nature de Dieu selon la doctrine « Dieu est Son être même » ?

  • Je suis Celui qui suis
  • Le Très-Haut
  • Le Tout-Puissant
  • Le Seigneur des armées
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Réponse : Je suis Celui qui suis

Le nom « Je suis Celui qui suis » (Ego sum qui sum, Exode 3, 14) exprime le mieux la nature de Dieu car il signifie que Dieu est l’Être même subsistant (Ipsum Esse Subsistens). Son essence est identique à son existence : Il est l’Acte pur d’exister.

7. Pourquoi la doctrine « Dieu est Son être même » est-elle la « clef de voûte » de la métaphysique thomiste ?

  • Fonde création, distinction
  • Résume toute la morale
  • La plus difficile à saisir
  • Contredit les autres dogmes
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Réponse : Fonde création, distinction

La doctrine selon laquelle Dieu est Son être même (Ipsum Esse Subsistens) est la clef de voûte de la métaphysique thomiste : elle fonde la création (tout autre être reçoit l’être), la participation (les créatures participent à l’être divin) et la distinction radicale entre Dieu et les créatures.

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Dans ce chapitre : Simplicité et perfection de Dieu

  1. Simplicité et perfection de Dieu
  2. Dieu n'est pas un corps
  3. Dieu est Son être même
  4. La perfection absolue de Dieu