Force dans l'adversité et union à la volonté divine

Chapitre 22 : L'Imitation : Livre III : De la consolation intérieure · cours « Vie Intérieure » · 7 questions

Trouver la force dans l'adversité en s'unissant à la volonté divine avec abandon.

Agonie à Gethsémani

Fortitudo in Adversis

L'épreuve, une grâce

L'Imitation consacre plusieurs chapitres à la question de l'adversité et de la souffrance. Loin d'être un malheur, l'épreuve est présentée comme une grâce qui purifie l'âme et la rapproche de Dieu. Ces pages sont parmi les plus fortes du livre III.

La patience dans l'adversité

« Mon fils, la patience et l'humilité dans l'adversité me plaisent plus qu'une grande consolation et dévotion dans la prospérité. » (III, 7) Le Christ révèle ici une vérité paradoxale : c'est dans l'épreuve que l'âme progresse le plus. La patience dans la souffrance est plus méritoire que la ferveur dans la facilité. L'adversité est l'école de la sainteté.

Thomas a Kempis poursuit au chapitre suivant par une affirmation saisissante : « C'est peu de chose que l'homme souffre s'il s'humilie » (III, 8). L'humilité transforme radicalement l'expérience de la souffrance. L'homme orgueilleux souffre doublement, car il se révolte contre l'épreuve ; l'homme humble, lui, accepte la croix avec douceur, et la souffrance devient légère et féconde. L'humilité est donc la condition qui rend la souffrance supportable et sanctifiante.

Le mépris des vanités

Le même chapitre enseigne le mépris des honneurs humains par cette sentence lapidaire : « Tout ce qui n'est pas éternel n'est rien » (III, 8). À la lumière de l'éternité, les applaudissements du monde, les titres et les distinctions s'évanouissent. Seul ce qui est éternel compte véritablement. Ce détachement radical des vanités terrestres est la conséquence logique de la foi en la vie éternelle et libère l'âme de toute servitude humaine.

L'abandon à la volonté divine

Au chapitre suivant, l'Imitation met sur les lèvres du fidèle la prière la plus haute qui soit : « Seigneur, que votre volonté se fasse et non la mienne ! » (III, 9). Cette prière reprend les paroles mêmes de Jésus lors de son agonie à Gethsémani, telles que les rapporte saint Luc : « Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas ma volonté, mais la vôtre » (Lc 22, 42). Gethsémani est le modèle suprême de l'abandon à la volonté du Père, et tout chrétien est appelé à revivre intérieurement cette même offrande.

L'Imitation ajoute que « celui qui sait le mieux se résigner est celui qui jouit de la paix la plus profonde » (III, 9). La résignation chrétienne n'est pas un renoncement passif mais un acte d'amour confiant qui abandonne tout entre les mains de Dieu. Cette disposition engendre une paix que le monde ne peut donner, car elle ne dépend plus des circonstances mais de l'union à la volonté divine.

L'âme ainsi abandonnée est comparée à l'argile entre les mains du potier : « Disposez de moi selon votre bon plaisir. Tournez-moi et retournez-moi en tout sens » (III, 9). Cette image, empruntée au prophète Isaïe (Is 64, 7), exprime la docilité totale de l'âme qui se laisse façonner par Dieu sans résistance. C'est la perfection de l'abandon : ne plus vouloir que ce que Dieu veut, ne plus être que ce que Dieu fait de nous.

« La patience et l'humilité dans l'adversité me plaisent plus qu'une grande consolation dans la prospérité »

Testez-vous : 7 questions

1. Selon l’Imitation (III, 7), qu’est-ce qui plaît davantage au Christ que la consolation dans la prospérité ?

  • La patience dans l’adversité
  • La prière prolongée
  • L’aumône généreuse
  • Le jeûne rigoureux
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Réponse : La patience dans l’adversité

« La patience et l’humilité dans l’adversité me plaisent plus qu’une grande consolation et dévotion dans la prospérité » (III, 7). L’épreuve acceptée a plus de prix que la ferveur facile.

2. Selon l’Imitation (III, 8), pourquoi la souffrance est-elle « peu de chose » ?

  • Si l’on prie assez
  • Parce que Dieu l’adoucit
  • Parce qu’elle est brève
  • Si l’homme s’humilie
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Réponse : Si l’homme s’humilie

« C’est peu de chose que l’homme souffre s’il s’humilie » (III, 8). L’humilité transforme la souffrance en la rendant légère et féconde.

3. Pourquoi l’Imitation enseigne-t-elle le mépris des honneurs humains ?

  • Seul l’éternel compte
  • Indifférence stoïcienne
  • Jalousie envers les grands
  • Encourager l’humilité
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Réponse : Seul l’éternel compte

« Tout ce qui n’est pas éternel n’est rien » (III, 8). Le mépris des honneurs est la conséquence logique de la foi en l’éternité : les applaudissements humains passent, Dieu seul demeure.

4. Complétez la prière de l’Imitation (III, 9) : « Seigneur, que votre volonté se fasse... »

  • ...et non la mienne
  • ...sur terre comme au Ciel
  • ...en toutes choses
  • ...car vous êtes juste
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Réponse : ...et non la mienne

« Seigneur, que votre volonté se fasse et non la mienne ! » (III, 9). C’est la prière de Gethsémani, modèle suprême de l’abandon à Dieu.

5. Selon l’Imitation (III, 9), qui jouit de la paix la plus profonde ?

  • Celui qui se résigne mieux
  • Celui qui souffre le plus
  • Celui qui prie le plus
  • Celui qui jeûne le plus
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Réponse : Celui qui se résigne mieux

« Celui qui sait le mieux se résigner est celui qui jouit de la paix la plus profonde » (III, 9). L’abandon à la volonté divine est la source de la paix véritable.

6. À quel épisode évangélique renvoie la prière « que votre volonté se fasse et non la mienne » ?

  • Le Sermon sur la montagne
  • La Transfiguration
  • L’agonie à Gethsémani
  • La Cène
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Réponse : L’agonie à Gethsémani

Cette prière renvoie à l’agonie de Jésus à Gethsémani (Lc 22, 42) : « Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas ma volonté, mais la vôtre. »

7. À quelle image l’Imitation compare-t-elle l’âme abandonnée à Dieu ?

  • Argile aux mains du potier
  • Enfant aux bras maternels
  • Brebis suivant son berger
  • Soldat aux ordres du roi
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Réponse : Argile aux mains du potier

« Disposez de moi selon votre bon plaisir. Tournez-moi et retournez-moi en tout sens » (III, 9). L’âme abandonnée est comme l’argile entre les mains du potier divin, image biblique classique (Is 64, 7).

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Dans ce chapitre : L'Imitation : Livre III : De la consolation intérieure

  1. La conversation intérieure avec Jésus
  2. Paix intérieure et espérance en Dieu
  3. Force dans l'adversité et union à la volonté divine
  4. Prière fervente et douceur de la communion