Hugo : Préface de Cromwell

Chapitre 37 : Hugo et Banville : libérer le vers français · cours « Poésie Classique » · 7 questions

Hugo et la Préface de Cromwell : le manifeste romantique qui libère le vers de ses chaînes.

Victor Hugo

Praefatio Cromwelli

Un manifeste romantique

Victor Hugo (1802-1885) publie en 1827 la Préface de Cromwell, manifeste du romantisme français. Il ne s'agit pas d'un traité technique de versification, mais d'une révolution esthétique qui bouleverse le vers français. Hugo défend le mélange des genres (le grotesque et le sublime dans la même œuvre) et rejette les unités classiques de temps et de lieu qu'il attribue à une lecture trop rigide d'Aristote. En versification, Hugo « disloque ce grand niais d'alexandrin » (selon ses propres mots).

La dislocation de l'alexandrin

Concrètement, que fait Hugo à l'alexandrin ? Il déplace la césure. L'alexandrin classique se divise en deux hémistiches égaux de six syllabes, avec une pause obligatoire au milieu, la césure. Hugo brise cette symétrie en déplaçant la césure, créant ce qu'on appelle le trimètre romantique : l'alexandrin n'est plus coupé en deux mesures de six, mais en trois mesures de quatre syllabes. Le vers y gagne en souplesse et en naturel, se rapprochant du rythme de la parole vivante. Hugo réhabilite également l'enjambement, ce procédé par lequel la phrase déborde du vers et se poursuit sur le vers suivant. Malherbe, le grand législateur du vers classique au début du XVIIe siècle, avait banni l'enjambement comme une faute de goût ; Hugo le rétablit avec éclat, faisant de la surprise rythmique un instrument dramatique.

Les unités classiques

Quant aux unités classiques, Hugo ne rejette pas les trois : il conserve l'unité d'action, qu'il juge naturelle et nécessaire à toute œuvre dramatique. Ce sont les unités de temps et de lieu qu'il combat, les jugeant artificielles et contraires à la liberté créatrice. Le drame romantique doit pouvoir se déployer dans l'espace et dans la durée, à l'image de Shakespeare que Hugo admire par-dessus tout.

Hugo disloque l'alexandrin et mélange grotesque et sublime : le manifeste du romantisme.

Testez-vous : 7 questions

1. En quelle année Hugo publie-t-il la Préface de Cromwell ?

  • 1802
  • 1827
  • 1830
  • 1850
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Réponse : 1827

Hugo publie la Préface de Cromwell en 1827, manifeste du drame romantique mêlant grotesque et sublime.

2. Quel mélange Hugo défend-il dans le drame romantique ?

  • Grec et latin
  • Grotesque et sublime
  • Tragédie et épopée
  • Prose et vers
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Réponse : Grotesque et sublime

Hugo défend le mélange du grotesque et du sublime dans la Préface de Cromwell (1827), manifeste du drame romantique.

3. Que fait Hugo à la césure de l’alexandrin ?

  • Il la supprime
  • Il la double
  • Il la déplace
  • Il la fixe
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Réponse : Il la déplace

Hugo déplace la césure de l’alexandrin, la faisant tomber ailleurs qu’après la sixième syllabe, créant le trimètre romantique.

4. Le trimètre romantique divise l’alexandrin en :

  • Six pieds égaux
  • Deux hémistiches de six
  • Quatre mesures de trois
  • Trois mesures de quatre
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Réponse : Trois mesures de quatre

Le trimètre romantique découpe l’alexandrin en trois mesures de quatre syllabes (4/4/4), brisant la césure classique à l’hémistiche.

5. Quel procédé banni par Malherbe Hugo réhabilite-t-il ?

  • L’hiatus
  • Le vers libre
  • L’enjambement
  • La rime pauvre
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Réponse : L’enjambement

Hugo réhabilite l’enjambement, banni par Malherbe et les classiques, pour donner fluidité et force au vers romantique.

6. Quelles unités classiques Hugo rejette-t-il ?

  • Les trois unités
  • Action et temps
  • Temps et lieu
  • Rime et rythme
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Réponse : Temps et lieu

Hugo, dans la Préface de Cromwell (1827), rejette les unités de temps et de lieu, ne conservant que l’unité d’action.

7. Comment Hugo décrit-il lui-même ce qu’il fait à l’alexandrin ?

  • Il le conserve
  • Il le détruit
  • Il le remplace
  • Il le disloque
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Réponse : Il le disloque

Hugo déclare avoir « disloqué ce grand niais d’alexandrin », libérant le vers de la césure fixe et de la symétrie classique.

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Dans ce chapitre : Hugo et Banville : libérer le vers français

  1. Hugo : Préface de Cromwell
  2. Banville : Petit traité de poésie