La justification et le mérite
Comment Dieu rend l'homme juste et comment nos bonnes œuvres, soutenues par la grâce, méritent la vie éternelle.
De gratia et merito
Le plan de saint Thomas
Saint Thomas traite de la nécessité de la grâce (q.109), de son essence (q.110), de ses divisions (q.111), de sa cause (q.112), des effets de la grâce, la justification (q.113) et le mérite (q.114).
La nécessité de la grâce
La nécessité de la grâce (ST Ia-IIae, q.109) : L'homme déchu ne peut, sans la grâce, connaître aucune vérité surnaturelle, accomplir aucun bien salutaire, ni persévérer dans le bien. Il ne peut surtout pas aimer Dieu par-dessus toutes choses d'un amour surnaturel, car le péché originel a blessé la nature et l'homme se tourne vers les biens particuliers au détriment du Bien universel. Même pour se préparer à la grâce, l'homme a besoin d'un secours divin, car tout mouvement vers Dieu présuppose une motion divine prévenante (la grâce actuelle) qui suscite le libre arbitre sans le supprimer.
L'essence de la grâce sanctifiante
L'essence de la grâce sanctifiante (q.110, a.2) : Elle n'est pas simplement la bienveillance de Dieu, mais une qualité surnaturelle de l'âme, une réalité ontologique qui la transforme et la rend participante de la nature divine, selon la parole de saint Pierre : « vous devenez participants de la nature divine » (2 P 1, 4).
Les quatre éléments de la justification
La justification du pécheur (q.113) comprend quatre éléments simultanés :
- l'infusion de la grâce sanctifiante
- le mouvement du libre arbitre vers Dieu par la foi
- le mouvement du libre arbitre contre le péché par la contrition
- la rémission des péchés
La justification n'est donc pas purement passive : le libre arbitre coopère véritablement, se tournant vers Dieu et se détournant du péché, mais c'est la grâce qui initie et rend possible cette coopération. Chez l'adulte, la justification requiert toujours une disposition de la volonté humaine.
Le mérite
Le mérite (q.114) : L'homme en état de grâce peut mériter la vie éternelle de condigno (c'est-à-dire en stricte justice) parce que c'est le Saint-Esprit qui agit en lui par la grâce. L'œuvre méritoire tire sa valeur de la grâce qui l'anime, non des seules forces humaines. Cependant, la conversion initiale (le premier mouvement vers Dieu) ne peut jamais être méritée : elle est pur don gratuit, car le mérite présuppose déjà la grâce.
La grâce sanctifiante est une participation réelle à la nature divine ; sans elle, l'homme ne peut ni se sauver ni mériter la vie éternelle
Testez-vous : 8 questions
1. Qu’est-ce que la grâce sanctifiante selon saint Thomas (ST Ia-IIae, q.110, a.2) ?
- participation à Dieu
- faveur extérieure
- sentiment de paix
- mérite gagné
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Réponse : participation à Dieu
La grâce sanctifiante n’est pas simplement la bienveillance de Dieu : c’est une qualité surnaturelle, une réalité ontologique qui transforme l’âme et la rend participante de la nature divine (2 P 1,4).
2. Quels sont les quatre éléments simultanés de la justification (ST Ia-IIae, q.113, a.6) ?
- grâce, foi, repentir, pardon
- foi seule sans œuvres
- sept sacrements à la fois
- œuvres extérieures seules
Voir la réponse
Réponse : grâce, foi, repentir, pardon
La justification comprend quatre éléments simultanés : l’infusion de la grâce sanctifiante, le mouvement du libre arbitre vers Dieu (foi), le mouvement du libre arbitre contre le péché (contrition), et la rémission des péchés.
3. L’homme déchu peut-il aimer Dieu par-dessus toutes choses sans la grâce (ST Ia-IIae, q.109, a.3) ?
- Il faut la grâce
- Par effort
- Par sa raison
- Par la foi seule
Voir la réponse
Réponse : Il faut la grâce
L’homme déchu ne peut, sans la grâce, aimer Dieu par-dessus toutes choses d’un amour surnaturel. Le péché originel a blessé la nature : sans la grâce, l’homme se tourne vers les biens particuliers au détriment du Bien universel.
4. Comment l’homme en état de grâce peut-il mériter la vie éternelle de condigno (ST Ia-IIae, q.114, a.3) ?
- Par la grâce sanctifiante
- Par les œuvres seules
- Par la foi seule
- Par mérite naturel
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Réponse : Par la grâce sanctifiante
Le mérite de condigno (en stricte justice) est possible car c’est le Saint-Esprit qui agit en l’homme par la grâce. L’œuvre méritoire a sa valeur de la grâce qui l’anime, non des seules forces humaines.
5. La conversion initiale peut-elle être méritée (ST Ia-IIae, q.114, a.5) ?
- Pur don gratuit
- Par mérite
- Par préparation
- Par la prière
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Réponse : Pur don gratuit
Le premier mouvement vers Dieu (la conversion initiale) ne peut être mérité : il est pur don gratuit de Dieu. On ne peut mériter la grâce première, car le mérite présuppose déjà la grâce.
6. Pourquoi l’homme a-t-il besoin d’un secours divin même pour se préparer à la grâce (ST Ia-IIae, q.109, a.6) ?
- Sa nature est blessée
- La raison seule y suffit
- L’homme est purement passif
- La grâce serait inutile
Voir la réponse
Réponse : Sa nature est blessée
Même la préparation à la grâce requiert un secours divin. Dieu meut l’homme à se tourner vers lui par la grâce prévenante (grâce actuelle). Cela ne supprime pas le libre arbitre mais le précède et le suscite.
7. Le libre arbitre coopère-t-il à la justification selon saint Thomas (ST Ia-IIae, q.113, a.3) ?
- grâce et liberté unies
- homme passif total
- libre arbitre seul
- les deux opposés
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Réponse : grâce et liberté unies
La justification n’est pas purement passive : le libre arbitre coopère en se tournant vers Dieu (par la foi) et en se détournant du péché (par la contrition). Mais c’est la grâce qui initie et rend possible cette coopération.
8. La justification du pécheur peut s’accomplir sans aucune disposition de la volonté humaine.
- Vrai
- Faux
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Réponse : Faux
La justification requiert une disposition de la volonté : la foi et la contrition du pécheur sont nécessaires chez l’adulte.
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Dans ce chapitre : Le péché originel et la grâce
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