La mesure en tout : ni excès ni manque

Chapitre 7 : Maîtrise de soi et bienséance · cours « Miroirs des Princes » · 8 questions

La tempérance en toute chose, marque du prince qui se possède lui-même.

Tempérance

La mesure en tout, ni excès ni manque

Temperantia in Omnibus

La voie royale de la mesure

Il est une vertu que les hommes du Moyen Âge chérissaient par-dessus beaucoup d'autres : la mesure. En latin, on dit temperantia, la tempérance. Ce n'est pas la tristesse, ni l'austérité froide, ni le refus de la joie. C'est l'art de mettre chaque chose à sa juste place, de ne jamais dépasser la ligne ni rester en deçà. Smaragde de Saint-Mihiel, dans sa Via Regia, enseigne que la voie royale est celle qui ne dévie ni à droite ni à gauche. Le bon prince marche au milieu du chemin, comme un homme sage qui ne tombe ni dans l'excès ni dans le manque.

La Règle et le gouvernement de soi

Saint Benoît de Nursie, père du monachisme occidental, inscrivit cette mesure au cœur de sa Règle. Nourriture, sommeil, parole, silence : tout y est pesé et ordonné avec sagesse. Il ne veut ni des moines affamés ni des moines gloutons, ni des muets ni des bavards, mais des hommes équilibrés où chaque chose est reçue avec gratitude. Sedulius Scotus enseigne de son côté que le roi sobre inspire le respect, car on voit en lui un homme qui se gouverne lui-même. Celui qui maîtrise ses passions montre qu'il est capable de commander aux autres ; l'intempérant, esclave de ses appétits, ne saurait gouverner un royaume puisqu'il ne commande pas même à son propre ventre.

L'élégance de l'âme

Cette mesure se manifeste jusque dans la courtoisie quotidienne : le courtois ne mange pas avec excès, ne rit pas trop fort, ne se plaint pas sans raison. La mesure est l'élégance de l'âme. Loin d'être une privation, elle ordonne le plaisir au lieu de le supprimer. C'est la joie ordonnée par la sagesse, le plaisir reçu avec action de grâce, l'harmonie qui seule donne à chaque bien sa vraie saveur.

La mesure n'est pas la tristesse : c'est l'harmonie, la joie ordonnée, le plaisir reçu avec action de grâce

Testez-vous : 8 questions

1. Que signifie la tempérance selon les miroirs des princes ?

  • Chaque chose à sa place
  • Le refus de tout plaisir
  • L’obéissance aux lois
  • L’abstinence totale
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Réponse : Chaque chose à sa place

La tempérance (temperantia) est l’art de mettre chaque chose à sa juste place, de ne jamais dépasser la ligne ni rester en deçà. Ce n’est pas la tristesse : c’est l’harmonie et le juste milieu chrétien.

2. Comment Smaragde décrit-il la voie royale ?

  • Ni à droite ni à gauche
  • Au cœur des palais d’or
  • Tracée par les courtisans
  • Réservée aux puissants
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Réponse : Ni à droite ni à gauche

Smaragde enseigne dans sa Via Regia que la voie royale est celle qui ne dévie ni à droite ni à gauche. Le bon prince marche au milieu du chemin, évitant l’excès comme le manque.

3. Quel saint a inscrit la mesure au cœur de sa Règle monastique ?

  • Saint Grégoire le Grand
  • Saint Benoît de Nursie
  • Saint Augustin d’Hippone
  • Saint Bernard de Clairvaux
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Réponse : Saint Benoît de Nursie

Saint Benoît de Nursie, père du monachisme occidental, a inscrit la mesure au cœur de sa Règle. Nourriture, sommeil, parole, silence : tout est pesé et ordonné avec sagesse dans la vie bénédictine.

4. Pourquoi le roi sobre inspire-t-il le respect selon Sedulius Scotus ?

  • Il fait peur à ses sujets
  • Il a de grandes richesses
  • Il se gouverne lui-même
  • Il distribue son or
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Réponse : Il se gouverne lui-même

Sedulius Scotus enseigne que le prince sobre inspire le respect parce qu’on voit en lui un homme qui se gouverne lui-même. Celui qui maîtrise ses passions montre qu’il est capable de commander aux autres.

5. Que veut dire saint Benoît quand il refuse les extrêmes dans sa Règle ?

  • Ni affamés ni gloutons
  • Souffrir toujours en silence
  • Tous doivent être pareils
  • Suivre l’ancien sans réserve
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Réponse : Ni affamés ni gloutons

Saint Benoît ne veut ni des moines affamés ni des moines gloutons, ni des muets ni des bavards. Il cherche des hommes équilibrés, où chaque chose (nourriture, parole, repos) est reçue avec gratitude et mesure.

6. Comment la mesure se manifeste-t-elle dans la courtoisie quotidienne ?

  • Sans excès, plainte ni éclat
  • Parler le moins possible
  • Ne jamais rire en public
  • Refuser toute nourriture
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Réponse : Sans excès, plainte ni éclat

Le courtois ne mange pas avec excès, ne rit pas trop fort, ne se plaint pas sans raison. La mesure est l’élégance de l’âme : elle donne à chaque geste sa noblesse et à chaque parole sa juste portée.

7. Pourquoi l’intempérant ne peut-il pas gouverner selon les miroirs ?

  • Esclave de ses passions
  • Trop fatigué pour régner
  • Rejeté par l’Église
  • Trop riche pour gouverner
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Réponse : Esclave de ses passions

L’intempérant est esclave de ses passions. Comment commanderait-il un royaume, lui qui ne commande pas à son propre ventre ? Les miroirs enseignent que le premier gouvernement est celui de soi-même. Sans maîtrise de soi, pas de maîtrise des autres.

8. Pourquoi la mesure est-elle une forme de joie et non de tristesse ?

  • Elle ordonne le plaisir
  • Elle rend tout facile
  • Elle interdit la souffrance
  • Elle supprime tout plaisir
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Réponse : Elle ordonne le plaisir

La mesure n’est pas le refus du plaisir : c’est le plaisir reçu avec action de grâce, la joie ordonnée par la sagesse. L’homme mesuré goûte chaque bien à sa juste valeur, tandis que le glouton détruit le plaisir en le noyant dans l’excès. L’harmonie est la vraie joie.

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Dans ce chapitre : Maîtrise de soi et bienséance

  1. Gouverner sa colère : le prince patient
  2. La mesure en tout : ni excès ni manque
  3. La courtoisie à table et en société