Gouverner sa colère : le prince patient

Chapitre 7 : Maîtrise de soi et bienséance · cours « Miroirs des Princes » · 8 questions

Maîtriser sa colère pour gouverner avec sérénité et discernement.

Colère

Gouverner sa colère, le prince patient

Patientia Regis

La colère, passion du prince

La colère est la passion la plus dangereuse pour un prince. Elle aveugle le jugement, précipite les décisions et transforme la justice en vengeance. C'est pourquoi les miroirs des princes y consacrent des chapitres entiers. Smaragde, dans la Via Regia, place la patience parmi les vertus royales les plus hautes : le roi doit savoir attendre, supporter les offenses et ne jamais juger sous l'empire de la colère. Un jugement rendu dans la fureur n'est pas un jugement : c'est un coup porté à l'aveugle. Jonas d'Orléans enseigne de même que la colère obscurcit l'esprit du roi et l'empêche de distinguer le juste de l'injuste : un roi en colère risque de condamner l'innocent et d'épargner le coupable.

La force de la patience

La patience n'est cependant ni passivité ni faiblesse. L'homme patient sent la colère mais la domine. Il attend que la passion retombe, puis il pèse, réfléchit et consulte avant d'agir. Le courtois ne prend jamais de décision grave sous l'empire de l'émotion ; il laisse le temps au discernement de s'exercer. C'est là une force intérieure, et non une résignation, car elle exige une maîtrise de soi constante et volontaire.

La victoire sur soi

L'Écriture confirme cette sagesse. « Qui domine sa colère vaut mieux qu'un conquérant de villes » (Proverbes 16, 32). Le guerrier qui prend des citadelles mais ne maîtrise pas sa fureur demeure esclave de sa passion. Le patient, au contraire, se vainc lui-même et remporte la victoire la plus difficile. Celui qui ne gouverne pas son propre cœur n'a aucune autorité légitime sur autrui : se maîtriser soi-même est la condition première de tout gouvernement juste, car la maîtrise de soi précède nécessairement la maîtrise des autres.

Qui domine sa colère vaut mieux qu'un conquérant de villes (Proverbes 16,32)

Testez-vous : 8 questions

1. Que dit Proverbes 16,32 sur la maîtrise de la colère ?

  • Elle plaît au roi
  • Mieux que conquérir
  • C’est un don de Dieu
  • Elle évite la guerre
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Réponse : Mieux que conquérir

« Qui domine sa colère vaut mieux qu’un conquérant de villes » (Pr 16,32). La victoire sur soi-même est plus glorieuse que la prise d’une citadelle. Se vaincre soi-même est le vrai triomphe.

2. Selon Jonas d’Orléans, que fait la colère à l’esprit du roi ?

  • Elle le purifie
  • Elle le renforce
  • Elle l’obscurcit
  • Elle l’éclaire
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Réponse : Elle l’obscurcit

Jonas d’Orléans enseigne que la colère obscurcit l’esprit du roi et l’empêche de distinguer le juste de l’injuste. Un roi en colère risque de condamner l’innocent et d’épargner le coupable.

3. Quel moine place la patience parmi les vertus royales les plus hautes ?

  • Smaragde
  • Hincmar de Reims
  • Alcuin d’York
  • Raban Maur
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Réponse : Smaragde

Smaragde de Saint-Mihiel, dans la Via Regia, place la patience au rang des vertus royales les plus hautes. Le roi doit savoir attendre et ne jamais rendre la justice sous l’empire de la colère.

4. Pourquoi le roi ne doit-il pas juger sous la colère ?

  • La colère aveugle
  • Les sages le quittent
  • La loi l’interdit
  • Le peuple s’effraie
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Réponse : La colère aveugle

La colère aveugle le jugement : elle transforme la justice en vengeance et les décisions réfléchies en réactions brutales. Le prince en colère n’est plus un juge : il est un bourreau qui frappe sans discernement.

5. La patience est-elle une faiblesse selon les miroirs ?

  • Pour les rois
  • C’est une force
  • Cela dépend du cas
  • C’est une honte
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Réponse : C’est une force

La patience n’est pas la passivité ni la faiblesse. L’homme patient sent la colère mais la domine. Il attend que la passion retombe, puis il pèse, réfléchit et consulte avant d’agir. C’est une force intérieure.

6. Que doit faire le courtois avant de prendre une décision grave ?

  • Prier trois jours
  • Attendre et réfléchir
  • Consulter le peuple
  • Tirer au sort
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Réponse : Attendre et réfléchir

Le courtois attend que la passion retombe avant de décider. Il pèse, il réfléchit, il consulte, et ensuite seulement il agit. Jamais il ne prend une décision grave sous l’empire de l’émotion.

7. Pourquoi gouverner sa colère est-il nécessaire pour gouverner les autres ?

  • Se maîtriser d’abord
  • Les sujets l’imitent
  • La loi royale l’exige
  • Prêcher l’exemple
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Réponse : Se maîtriser d’abord

Celui qui ne gouverne pas son propre cœur n’a aucune autorité légitime sur autrui. Se maîtriser soi-même est la condition première de tout gouvernement juste. La maîtrise de soi précède la maîtrise des autres.

8. En quoi le patient est-il plus fort que le conquérant ?

  • Il se vainc lui-même
  • Il évite les guerres
  • Il vit plus longtemps
  • Il garde son honneur
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Réponse : Il se vainc lui-même

Le guerrier qui prend des villes mais ne maîtrise pas sa fureur est esclave de sa passion. Le patient qui gouverne son cœur remporte la victoire la plus difficile : celle sur soi-même. C’est pourquoi l’Écriture le dit supérieur au conquérant.

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Dans ce chapitre : Maîtrise de soi et bienséance

  1. Gouverner sa colère : le prince patient
  2. La mesure en tout : ni excès ni manque
  3. La courtoisie à table et en société