Le chevalier : l'idéal du laïc chrétien
Le chevalier chrétien, figure du laïc qui met sa force au service de la justice.
Le chevalier, l'idéal du laïc chrétien
Miles Christianus
Le service par l'épée
Les miroirs des princes s'adressaient d'abord aux rois. Mais leur sagesse a débordé du trône pour atteindre tout homme qui porte les armes. Le chevalier est l'application vivante des miroirs à la vie du laïc guerrier. Ce que le moine incarne dans le cloître (l'obéissance, la règle, le service de Dieu), le chevalier doit l'incarner dans le siècle, l'épée à la main. Son combat n'est pas une licence de violence : c'est un service. Il met sa force au service de la justice, non de sa propre gloire. L'un combat par la prière, l'autre par l'épée, mais tous deux mettent leur vie au service d'une cause qui les dépasse.
Les six vertus
Six vertus dessinent l'idéal du chevalier chrétien :
Chacune traduit dans la vie du guerrier les exigences morales des miroirs des princes. La prouesse n'est pas la force brute ni la recherche de gloire personnelle ; elle est la force mise au service du bien, la capacité de combattre avec vigueur pour défendre les faibles et faire triompher la justice. Le chevalier ne tire pas l'épée pour lui-même, mais pour la veuve, l'orphelin et le pèlerin qu'il a juré de protéger. Son serment l'engage devant Dieu et devant les hommes : son épée ne lui appartient plus, elle appartient à ceux qu'il défend.
L'adoubement
L'adoubement, cérémonie quasi-sacramentelle, scelle cet engagement. La veille de la cérémonie, le futur chevalier veille toute la nuit en prière dans l'église, à genoux devant l'autel. Au matin, il se confesse, entend la messe et communie avant de prêter serment. La bénédiction des armes par un évêque ou un seigneur achève le rite. L'adoubement n'est pas un simple passage social : prière, confession, communion et bénédiction en font un acte sacré qui engage l'homme tout entier devant Dieu.
L'Église encadre la guerre
L'Église ne s'est pas contentée de former le chevalier ; elle a aussi encadré la guerre. En 989, le concile de Charroux proclama la Paix de Dieu, qui interdisait de s'attaquer aux non-combattants : paysans, clercs, femmes, marchands et pèlerins. La Trêve de Dieu alla plus loin encore : elle interdit tout combat pendant les temps sacrés, du mercredi soir au lundi matin, durant l'Avent, le Carême et les grandes fêtes. La Paix protégeait les personnes ; la Trêve limitait les jours. Par ces deux institutions, l'Église posait les premiers jalons d'un droit de la guerre, rappelant que même le guerrier le plus vaillant reste soumis à une loi qui le dépasse.
Le chevalier met son épée au service de la justice, pas de sa gloire : il est dans le siècle ce que le moine est dans le cloître
Testez-vous : 8 questions
1. Combien de vertus chevaleresques dessinent l’idéal du chevalier chrétien ?
- Six
- Dix
- Quatre
- Huit
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Réponse : Six
Six vertus dessinent l’idéal chevaleresque : la prouesse, la loyauté, la franchise, la courtoisie, la largesse et la mesure. Chacune traduit dans la vie du guerrier les exigences morales des miroirs des princes.
2. Que fait le futur chevalier la veille de son adoubement ?
- Il part à la chasse
- Il veille en prière
- Il festoie au banquet
- Il poste les gardes
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Réponse : Il veille en prière
La veille de l’adoubement, le futur chevalier veille toute la nuit en prière dans l’église, à genoux devant l’autel. Au matin, il se confesse, entend la messe et communie avant de prêter serment.
3. En quelle année le concile de Charroux proclama-t-il la Paix de Dieu ?
- En 1054
- En 989
- En 800
- En 1095
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Réponse : En 989
La Paix de Dieu fut proclamée au concile de Charroux en 989. Elle interdisait de s’attaquer aux non-combattants : paysans, clercs, femmes, marchands et pèlerins. L’Église protégeait ceux que la guerre menaçait.
4. Que signifie la vertu de « prouesse » pour le chevalier chrétien ?
- La gloire personnelle
- La force pour le bien
- La victoire en tournoi
- La gloire pour soi seul
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Réponse : La force pour le bien
La prouesse n’est pas la force brute ni la recherche de gloire. C’est la force mise au service du bien : la capacité de combattre avec vigueur pour défendre les faibles et faire triompher la justice.
5. Pourquoi l’adoubement est-il qualifié de cérémonie « quasi-sacramentelle » ?
- Le pape l’administre
- Prière et bénédiction
- C’est un sacrement
- Onction par l’évêque
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Réponse : Prière et bénédiction
L’adoubement est quasi-sacramentel car il comporte une veillée de prière, la confession, la communion, un serment solennel et la bénédiction des armes par un évêque ou un seigneur. Il engage le chevalier devant Dieu.
6. Qui le chevalier jure-t-il de protéger par son serment ?
- Les seigneurs voisins
- Les faibles du royaume
- Les marchands du roi
- Les moines des abbayes
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Réponse : Les faibles du royaume
Le serment du chevalier l’engage à protéger les faibles : la veuve, l’orphelin et le pèlerin. Son épée ne lui appartient plus : elle appartient à Dieu et à ceux qu’il a juré de défendre.
7. Que fait la Trêve de Dieu que la Paix de Dieu ne fait pas ?
- Elle protège le clergé
- Elle abolit la guerre
- Elle limite les jours
- Elle protège les pauvres
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Réponse : Elle limite les jours
La Paix de Dieu protège les personnes (non-combattants). La Trêve de Dieu va plus loin : elle interdit tout combat pendant les temps sacrés, du mercredi soir au lundi matin, durant l’Avent, le Carême et les grandes fêtes.
8. En quoi le chevalier est-il comparable au moine selon les miroirs des princes ?
- Ils prient sans cesse
- Ils vivent au cloître
- Tous deux servent Dieu
- Ils renoncent au monde
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Réponse : Tous deux servent Dieu
Le chevalier incarne dans le siècle ce que le moine incarne dans le cloître : le service de Dieu. L’un combat par la prière, l’autre par l’épée, mais tous deux mettent leur vie au service d’une cause qui les dépasse. Le chevalier est le moine du champ de bataille.
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Dans ce chapitre : Le miroir pour tous
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- Conclusion : le miroir, c'est vous