Le Policraticus : le corps de la cité

Chapitre 8 : Le miroir pour tous · cours « Miroirs des Princes » · 8 questions

Jean de Salisbury compare la cité à un corps dont chaque membre a sa fonction.

Jean de Salisbury

Le Policraticus, le corps de la cité

Corpus Rei Publicae

Le corps de la cité

En 1159, un érudit anglais nommé Jean de Salisbury achève l'ouvrage le plus ambitieux de tout le Moyen Âge en matière de gouvernement : le Policraticus. Jean n'est pas un moine retiré du monde : c'est un homme d'action, secrétaire du célèbre Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry, avant de devenir lui-même évêque de Chartres. Il a vu de près les grandeurs et les misères du pouvoir. Son livre est à la fois un miroir des princes et un traité de philosophie politique, le plus complet du XIIe siècle. Et au cœur de cet ouvrage se trouve une image saisissante : la cité est un corps vivant.

La tête corrompue et le droit de résistance

Mais que se passe-t-il quand la tête est corrompue ? Jean de Salisbury ose poser la question que d'autres taisent. Le tyran, dit-il, est une tête malade qui empoisonne tout le corps politique. Au lieu de gouverner pour le bien commun, il gouverne pour lui-même, et sa corruption se répand dans chaque membre de la cité comme un venin. Or Jean ne se contente pas de décrire le mal : il est le premier penseur médiéval à théoriser clairement le droit de résistance au tyran. Quand la tête détruit le corps qu'elle devrait protéger, résister n'est pas une révolte coupable : c'est un devoir sacré envers le bien commun et envers Dieu lui-même, qui a voulu que l'autorité serve et non qu'elle écrase. Mépriser les humbles (les paysans, les artisans, les petites gens qui portent le poids du royaume) revient à amputer le corps de la cité. Le courtois véritable, celui qui vit selon la noblesse du cœur, respecte chaque état de vie, car chaque membre accomplit une fonction irremplaçable voulue par la Providence. Sans les pieds, le corps s'effondre ; sans la justice, le royaume périt.

La cité est un corps vivant : le roi est la tête, les paysans sont les pieds, et les pieds ne sont pas moins nécessaires que la tête

Testez-vous : 8 questions

1. En quelle année Jean de Salisbury achève-t-il le Policraticus ?

  • En 1159
  • En 1099
  • En 1215
  • En 1180
Voir la réponse

Réponse : En 1159

Le Policraticus est achevé en 1159. C’est le plus grand miroir des princes du XIIe siècle : un traité complet de gouvernement, de morale et de justice, sans équivalent à cette époque.

2. Quelle fonction Jean de Salisbury exerçait-il auprès de Thomas Becket ?

  • Chapelain
  • Chancelier
  • Secrétaire
  • Bibliothécaire
Voir la réponse

Réponse : Secrétaire

Jean de Salisbury fut le secrétaire de Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry. Il connaissait le pouvoir de l’intérieur, et cette expérience nourrit chaque page du Policraticus.

3. Dans la métaphore du corps politique, que représente le roi ?

  • Les mains
  • La tête
  • Le cœur
  • L’âme du corps
Voir la réponse

Réponse : La tête

Dans le Policraticus, le roi est la tête du corps politique : c’est lui qui pense, décide et oriente. Les conseillers sont le cœur, les soldats les mains, les juges les yeux et les paysans les pieds.

4. Dans la métaphore du corps, que représentent les paysans ?

  • Le ventre
  • Les pieds
  • Les mains
  • Les jambes
Voir la réponse

Réponse : Les pieds

Les paysans et les humbles travailleurs sont les pieds du corps politique : ceux qui portent tout le poids et font avancer l’ensemble. Sans eux, le corps s’effondre et le royaume meurt de faim.

5. Pourquoi Jean de Salisbury dit-il que les pieds sont aussi nécessaires que la tête ?

  • Sans pieds tout tombe
  • Ils commandent le roi
  • Ils sont plus nobles
  • Ils sont invisibles
Voir la réponse

Réponse : Sans pieds tout tombe

Les pieds ne sont pas moins nécessaires que la tête : sans les paysans, le corps meurt et le royaume s’effondre. Jean de Salisbury insiste sur la dignité de chaque état de vie : le noble et le laboureur ont chacun leur honneur devant Dieu.

6. À quoi Jean de Salisbury compare-t-il le tyran dans la métaphore du corps ?

  • Un pied blessé
  • Un bras coupé
  • Une tête malade
  • Un membre gangrené
Voir la réponse

Réponse : Une tête malade

Le tyran est une tête malade qui empoisonne tout le corps. Au lieu de gouverner pour le bien commun, il gouverne pour lui-même. Sa cruauté et son égoïsme contaminent chaque membre de la cité.

7. En quoi Jean de Salisbury est-il un pionnier dans la pensée politique médiévale ?

  • Droit de résistance
  • Fin de la monarchie
  • Séparation du pouvoir
  • Vote des sujets
Voir la réponse

Réponse : Droit de résistance

Jean de Salisbury est le premier penseur médiéval à théoriser clairement le droit de résistance au tyran. Quand la tête est si corrompue qu’elle détruit le corps, résister n’est pas une révolte : c’est un devoir envers le bien commun.

8. Mépriser les humbles revient, selon cette leçon, à faire quoi au corps de la cité ?

  • Le nourrir
  • Le couronner
  • L’amputer
  • Le fortifier
Voir la réponse

Réponse : L’amputer

Mépriser les humbles, c’est amputer le corps de la cité. Le courtois respecte chaque état de vie (le soldat, le marchand, le paysan, le moine), car chacun porte le corps à sa manière. Cette diversité est voulue par Dieu.

Faites cette leçon dans Apôtre : les questions en mode interactif, votre progression, des rappels pour ne rien oublier. Gratuit, sans publicité. Commencer la leçon ›

Dans ce chapitre : Le miroir pour tous

  1. Le chevalier : l'idéal du laïc chrétien
  2. Le Policraticus : le corps de la cité
  3. Conclusion : le miroir, c'est vous