Les sphères célestes

Chapitre 7 : Ptolémée et le système du monde · cours « Astronomie » · 8 questions

Cristallines, emboîtées, portant chaque planète.

Système de Ptolémée

Sphæræ Cælestes

Les sphères concentriques

Dans le système de Ptolémée, les astres sont portés par des sphères concentriques emboîtées les unes dans les autres, tournant autour de la Terre. En partant de la Terre, on rencontre successivement les sphères de la Lune, de Mercure, de Vénus, du Soleil, de Mars, de Jupiter et de Saturne. Au-delà de Saturne se trouve la sphère des étoiles fixes. Nous y ajoutâmes parfois un neuvième ciel (le « Primum Mobile ») et un dixième, le ciel empyrée, séjour de Dieu et des bienheureux. Cet édifice de sphères emboîtées formait une architecture grandiose où chaque planète occupait sa place dans un ordre immuable.

La musique des sphères

La sphère des étoiles fixes, qui enveloppe tout le cosmos ptoléméen au-delà de Saturne, accomplit une rotation quotidienne d'est en ouest, entraînant dans son mouvement l'ensemble du ciel visible. C'est elle qui produit l'alternance du jour et de la nuit pour l'observateur terrestre. Macrobe, dans son célèbre Commentaire au Songe de Scipion, reprend une intuition pythagoricienne transmise par Platon et Cicéron : chaque sphère, en tournant, engendre un son proportionnel à sa vitesse et à sa distance. L'ensemble de ces sons forme ce que les Anciens nommaient la musique des sphères, harmonie inaudible à nos oreilles mortelles mais perceptible à l'âme purifiée. Cette idée traversa tout le Moyen Âge et inspira Boèce, qui en fit le fondement de sa théorie musicale.

Le ciel empyrée

Au sommet de cette architecture, Dante Alighieri, dans le Paradis de la Divine Comédie, décrit le ciel empyrée comme une lumière pure immobile, un espace de repos absolu baigné de la vision béatifique, où ni le temps ni le mouvement n'ont cours. Le poète florentin y contemple la Rose céleste formée par les bienheureux, éclairés par la gloire de Dieu. L'empyrée n'est pas un lieu physique mais l'état définitif de ceux qui voient Dieu face à face.

Cet édifice de sphères emboîtées formait une architecture grandiose où chaque planète occupait sa place dans un ordre immuable.

Testez-vous : 8 questions

1. Dans le système de Ptolémée, quel astre est porté par la première sphère, la plus proche de la Terre ?

  • Le Soleil
  • Vénus
  • La Lune
  • Mercure
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Réponse : La Lune

La Lune occupe la première sphère, la plus proche de la Terre dans le système de Ptolémée. Elle marque la frontière entre le monde sublunaire (corruptible, composé des quatre éléments) et le monde supralunaire (incorruptible, fait d’éther). C’est pourquoi on parle de monde « sublunaire ».

2. Quelle planète occupe la septième et dernière sphère planétaire, la plus éloignée de la Terre avant les étoiles fixes ?

  • Jupiter
  • Le Soleil
  • Mars
  • Saturne
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Réponse : Saturne

Saturne occupe la septième et dernière sphère planétaire du cosmos géocentrique, juste en dessous du firmament des étoiles fixes. Sa lenteur (environ 29,5 ans pour un tour complet) la rendait associée au temps et à la contemplation dans la symbolique médiévale.

3. Combien de sphères planétaires compte le système de Ptolémée (sans les étoiles fixes) ?

  • 9
  • 7
  • 5
  • 12
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Réponse : 7

Le système de Ptolémée compte 7 sphères planétaires : Lune, Mercure, Vénus, Soleil, Mars, Jupiter et Saturne. Au-delà se trouve la huitième sphère des étoiles fixes. Les médiévaux ajoutèrent parfois une neuvième sphère (le Primum Mobile) et l’Empyrée au sommet.

4. Dans l’ordre de Ptolémée, quelles sont les trois planètes situées entre Vénus et Saturne ?

  • Soleil, Lune, Mars
  • Mars, Jupiter, Lune
  • Mercure, Mars, Jupiter
  • Soleil, Mars, Jupiter
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Réponse : Soleil, Mars, Jupiter

Dans l’ordre géocentrique de Ptolémée, les sphères s’étagent ainsi depuis la Terre : Lune, Mercure, Vénus, Soleil, Mars, Jupiter, Saturne. Entre Vénus et Saturne se trouvent donc le Soleil, Mars et Jupiter, dans cet ordre de distance croissante.

5. La sphère des étoiles fixes, située au-delà de Saturne, porte toutes les étoiles. Quel mouvement lui attribuait-on ?

  • Rotation quotidienne
  • Immobilité totale
  • Oscillation lente
  • Mouvement erratique
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Réponse : Rotation quotidienne

La sphère des étoiles fixes, située au-delà de Saturne, porte toutes les étoiles et accomplit une rotation complète en 24 heures (mouvement diurne). C’est ce mouvement quotidien d’est en ouest qui fait tourner tout le ciel visible. Les planètes ont en plus leur propre mouvement plus lent d’ouest en est.

6. Quelle sphère ajoutée par nos astronomes au-dessus des étoiles fixes communiquait le mouvement aux autres ?

  • Le firmament
  • La sphère de feu
  • Le ciel empyrée
  • Le Primum Mobile
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Réponse : Le Primum Mobile

Le Primum Mobile (« premier mobile ») est une sphère ajoutée par les astronomes médiévaux au-dessus des étoiles fixes. Mue directement par Dieu, elle communique le mouvement quotidien (rotation en 24 heures) à toutes les sphères inférieures. C’est le moteur mécanique de tout le cosmos.

7. Dans son Commentaire au Songe de Scipion, Macrobe reprend quelle idée antique sur l’harmonie des sphères ?

  • Musique des sphères
  • Écho du chaos
  • Voix de Dieu
  • Chant des anges
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Réponse : Musique des sphères

Macrobe reprend le concept antique de la « musique des sphères » (harmonia mundi), hérité de Pythagore et Platon. Selon cette idée, chaque sphère céleste produit un son proportionnel à sa vitesse et sa distance, créant une harmonie inaudible aux oreilles humaines mais perceptible à l’âme.

8. Comment Dante décrit-il le ciel empyrée, séjour de Dieu et des bienheureux, dans le Paradis de la Divine Comédie ?

  • Sphère de cristal
  • Lumière pure immobile
  • Flamme tournante
  • Océan d’étoiles
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Réponse : Lumière pure immobile

Dante décrit l’Empyrée comme une lumière pure et immobile, au-delà de tout mouvement des sphères. C’est le séjour de Dieu, des anges et des bienheureux, baigné d’une clarté qui n’est pas physique mais divine. C’est le point culminant de la cosmologie chrétienne exposée dans la Divine Comédie.

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Dans ce chapitre : Ptolémée et le système du monde

  1. Ptolémée et l'Almageste
  2. Le modèle géocentrique
  3. Les sphères célestes
  4. Les épicycles et la rétrogradation
  5. Les 48 constellations de Ptolémée