Exégèse des Lieux Communs (page 15)
Il y a vingt ou vingt-cinq ans, j’étais, à dix heures du soir, dans un café aux environs de l’ancienne gare Saint-Lazare, en compagnie de deux camarades sympathiques dont l’un est aujourd’hui à l’Académie et l’autre au bagne. On avait, si j’ai bonne mémoire, passablement bu et on pensait déjà aux moyens de s’achever dans quelque autre établissement, lorsque, la porte s’étant ouverte avec fracas, nous vîmes entrer, furieux et mugissant, le marbrier national du Petit-Montrouge, le célèbre Joséphin Dodécaton, inventeur des tombeaux inusables…
Ce grand homme avait perdu tout empire sur lui-même et nous parut, pour tout dire, au dernier degré de la rage. — Je n’avais pas besoin de ça, disait-il sans cesse, en grognant comme un pachyderme, je n’avais vraiment pas besoin de ça. Ces choses-là n’arrivent qu’à moi. C’est à croire qu’il n’y a pas de bon Dieu, etc.
Il se fit pourtant servir un verre de bière et finit par s’expliquer. Il avait raté le train de 9 h. 55 et se voyait forcé de renoncer à une affaire d’or. Déjà suffisamment émus avant l’arrivée de ce malchanceux, nous le laissâmes gémir.
À peine dans la rue, une clameur étrangement lugubre et affolée nous apprit l’effroyable catastrophe du rapide si fâcheusement raté par Dodécaton. Ce train venait d’être broyé à quinze cents mètres de la gare et la plupart des voyageurs étaient écrasés ou mutilés.
À la stupeur des gens de la rue qui nous crurent frappés de folie, nous éclatâmes de rire en songeant à notre entrepreneur de sépultures qui continuait sans doute ses lamentations dans le café, et celui de nous qui n’est pas même devenu académicien fit observer, une fois de plus, le discernement infaillible de ceux qui « n’ont pas besoin de ça ».
— Si celui-là avait écopé et qu’il pût parler encore, dit-il en manière de conclusion, sa plainte serait identique, absolument. Les bourgeois ont toujours raison.
CLXXIV Les enfants sont ce qu’on les fait.
Consolante maxime, et quel avenir elle nous entr’ouvre ! C’est, sans aucun doute, l’intention de la nature que les petits des bourgeois soient des bourgeois. Quelquefois, pourtant, cela rate. Alors le malheureux boutiquier endure l’opprobre d’avoir un enfant poète. Le cas, heureusement, est trop rare pour être pris en considération. La nature, généralement, est obéie. Il y aura donc toujours des bourgeois.
Mais les fait-on, aujourd’hui, comme on les faisait il y a trente ans ? De la réponse à cette question tout dépend. Eh bien ! l’oserai-je dire ? Il me semble que le Bourgeois se gâte. Certes, il n’oublie pas les grands principes. On peut même affirmer qu’il adore, plus qu’autrefois, l’argent et qu’il écarte Dieu d’une main plus ferme. À ces égards, il ne mérite que la louange et même l’apothéose. Seulement la Bourgeoisie, comme tout ce qui est grand, doit s’allaiter de la tradition et il me semble qu’elle déraille, depuis quelque temps, vers les nouveautés.
La bicyclette et l’automobile sont furieusement artistes, savez-vous ? et on ignore où cela s’arrêtera. Le courant est si impétueux qu’on peut craindre que, dans une ou deux générations, les fils des bourgeois ne soient tous des Albert Dürer, des Shakespeare ou des Beethoven et que la Bourgeoisie ne périsse étouffée par l’Art. Je signale patriotiquement le danger.
CLXXV Il faut se faire un nom.
C’est moins facile et moins propre que de faire des enfants, mais il y a tant de manières ! Il y a le nom de Napoléon et il y a le nom de Félix Potin. Ces deux exemples me dispensent de mille autres. Il serait puéril d’expliquer la différence de ces deux noms et l’énorme supériorité d’un homme qui n’a vécu que pour gagner de l’argent, sur un misérable empereur mort en exil. Il n’y a de grand que ce qui ne bouge pas : la Stupidité, la Cupidité, l’Abjection.
Quand Victor Hugo parle de ces « Renommées qui volaient, gorge au vent, pieds nus, clairons en mains, devant le maître des armées », ces belles images font pitié si on se souvient de ce que la radieuse et non sanglante Publicité a su faire des noms de Ménier et de Géraudel. Les murs d’affichage, les clôtures de chantiers ou de terrains vagues, les plafonds des omnibus ou les parois intérieures des pissotières, dans tous les pays du monde, le voilà le Livre de Vie des salauds qui ont su se faire un nom !
CLXXVI On fait ce qu’on peut.
Quand on a fait des enfants et qu’on est arrivé à se faire un nom, on a fait ce qu’on pouvait et je ne vois pas ce que Dieu même aurait à demander de surcroît. Les fameux Commandements du Sinaï ne sont qu’un décor facultatif. Le solide et le certain c’est ce qui vient d’être précisé.
« Une fois, dit la Bienheureuse Angèle de Foligno, j’étais plongée dans une méditation sur la mort du Fils de Dieu… Alors cette parole me fut dite dans l’âme : « Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée ! » Je crus recevoir un coup mortel et je ne sais comment je ne mourus pas… D’autres paroles vinrent qui augmentèrent ma souffrance : « Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée, ce n’est pas par grimace que je me suis fait ton serviteur, ce n’est pas de loin que je t’ai touchée ! »
À ce dernier mot, le Bourgeois, le vrai, l’éternel Bourgeois, celui qui fut homicide dès le commencement, bondit en criant :
— Tu m’as touché, toi ! tu oses dire que tu m’as touché, avec tes Mains et tes Pieds percés et ta Face en sang et ta Sueur de sang et les hurlements de ta multitude juive et le ruissellement surnaturel de ta longue Flagellation ! Tu m’as touché ! ah ! vraiment, pauvre Homme-Dieu, pauvre Bon Dieu des anciens temps ! Es-tu seulement une pièce de cent sous pour agir sur moi ? Tu ne voulais pas rire avec ta bienheureuse et ta bienheureuse non plus ne voulait pas rire. Eh bien ! moi, c’est tout le contraire. Je suis un homme gai, un joyeux bougre et je n’ai pas plus besoin de tes Larmes que de ton Sang. Je suis né pour les affaires et la rigolade, et je n’entends rien à la pénitence ni aux extases. On fait ce qu’on peut, on n’est pas des bœufs.
Post-scriptum. — « J’ai eu faim, dira le Juge, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire… » — Tout ça, c’est très joli, répondront mille charcutiers, mais le carême nous fait rudement du tort.
CLXXVII On…
Au fait, qu’est-ce que On pour le Bourgeois ? Cet abstrait sans cesse invoqué par lui ne serait-il pas le Dieu inconnu ? On ne connaît pas cet homme, On ne l’aime pas, On ne l’a jamais vu, On l’a assez vu. Savez-vous des formules de réprobation plus certaines, plus efficaces ? C’est On qui tient la foudre et c’est On qui donne la vie. On vous connaît bien, On sait qui vous êtes, On vous fait crédit.
Chaque fois que le Bourgeois parle, ce mystérieux On sonne comme un sac d’argent posé lourdement à terre, dans une chambre voisine où quelqu’un aurait été assassiné.
CLXXIX Tout ou rien.
Tout, s’il s’agit de refuser. Rien, s’il s’agit de donner. Telle est la grande loi primordiale. Dans l’application, cela se mitige suivant les circonstances, qui sont infinies. Quelquefois même, il faut donner tout. Cela s’est vu en 1870, lorsque le Bourgeois avait les baïonnettes prussiennes dans le derrière. Mais le principe demeure.
CLXXX Ce que femme veut, Dieu le veut.
Si ta femme veut que tu sois cocu, ô employé ! Dieu le veut. Et elle le veut souvent, c’est fort probable. À toi de t’arranger en conséquence. Il me semble, cependant, que c’est mettre beaucoup sur la pauvre créature. Car enfin, si elle ne veut pas ceci ou cela, faudra-t-il que Dieu aussi ne le veuille pas et qu’ainsi elle devienne l’axe du monde ? Cette espèce de pacte entre la volonté de Dieu et la sienne, au cas de la négative, ne sera-t-il pas résilié ? Combien d’autres difficultés ! mais je ne suis pas chargé de les résoudre, n’est-ce pas ? La vie est assez énigmatique déjà, sans qu’on entreprenne le débrouillement du chaos métaphysique dans la cervelle des commis aux écritures.
Ce qui m’étonne, malgré mon expérience de la fluctuation des comptables, c’est cette espèce de respect de la Volonté divine, manifestée à leurs cœurs impurs par la volonté de la femme.
— Qu’il te soit fait selon ton désir, dit Jésus à la Chananéenne. Ma volonté est avec ta volonté.
S’il savait pourtant, le pauvre Bourgeois, que son Lieu Commun dit un mystère dont les cieux éclatent, qu’il exprime, en une façon qui n’est pas même enveloppée, la réalité la plus impatiente, la plus explosive, et qu’il est impossible de le proférer sans solliciter la foudre !
CLXXXI Qui paie ses dettes s’enrichit.
J’avoue ma complète inexpérience. J’ai assez souvent payé mes dettes, quelquefois aussi les dettes des autres, et je ne remarque pas que ma richesse en ait été considérablement augmentée. Cela tient peut-être à cette circonstance que je payais sans joie. J’ai eu un propriétaire qui voulait à toute force que je partageasse son allégresse. Étant quelque peu clerc et me voyant sans entrain, n’eut-il pas, un jour de terme, le toupet inconcevable de me servir le datorem hilarem de saint Paul aux Corinthiens, texte réservé, jusqu’à ce jour, par la Mère Église, à l’office de saint Laurent sur sa rôtissoire, et par lequel il serait désormais notifié à tous les locataires sans exception qu’ils ont le devoir de verser leur métal gaîment.
J’ai écrit plus d’une fois — avec quelle modération, les anges le savent — que l’argent des propriétaires est, un grand nombre de fois sur dix, la mort pour les malades et les tout petits enfants, et je vous prie de croire que je suis docteur en la matière.
Nous étions seuls, on ne m’avait pas vu venir et l’endroit était isolé. Je fendis la tête de ce joyeux homme et le débitai en plusieurs tranches qui furent expédiées par colis postaux à mes autres fournisseurs dont un prêtre. Ce souvenir est comme un rayon de lune dans ma vie. Certes, une fameuse dette fut payée, ce jour-là. Mais je n’en suis pas devenu plus riche…
Il y a derrière la maison du Bourgeois un balcon sur un abîme. Il faudrait peut-être regarder par là.
CLXXXII Quand le diable devient vieux, il se fait ermite.
La vieillesse du diable est une des belles inventions du Bourgeois. Alfred de Vigny, qui caressait pourtant, à l’occasion, les idées bourgeoises, en sa qualité de gentilhomme poète et de romantique, imagina, au contraire, de supposer l’Ennemi des hommes adolescent et beau. Ce renouveau de vingt siècles de paganisme s’accomplissait vers 1830. Les vierges et les matrones, en roucoulant Eloa, soupirèrent de volupté :
Je t’aime et je descends, mais que diront les cieux ?
Ils diront ce qu’ils voudront. Fantaisie qui ne pouvait pas durer. Aujourd’hui comme auparavant, nous préférons l’imaginer vieux dans un ermitage. Vous comprenez, il s’agit d’embêter l’Église autant que possible, c’est-à-dire de déshonorer du même coup le diable, la vieillesse et les ermites.
Avez-vous remarqué le contentement des bourgeois quand ils peuvent, en ces termes, avilir une conversion religieuse ? Je parle, cela va sans dire, d’une conversion arrivée sur le tard. Je suppose un pauvre bonhomme lassé, jusqu’à l’inappétence absolue et jusqu’au bondissement du cœur, des âneries et des pourritures de l’impiété et s’avisant enfin des sacrements, fût-ce à la dernière minute de la onzième heure.
Il est aussitôt décrété de gâtisme dans les conciles provinciaux ou œcuméniques de la Nouveauté, et devient, pour les demoiselles, une sorte de vieux bouc en retrait d’emploi.
Mais pourquoi ermite, c’est-à-dire anachorète ? Pourquoi pas plutôt la vie cénobitique, la vie en commun ? Puisqu’on veut absolument que ce pauvre diable soit le Diable, qu’on lui permette au moins d’être légion, si cela lui plaît. Nous aurions ainsi quelques monastères, quelques chartreuses de vieux démons où les rosses de l’Administration, du Commerce ou de la Propriété immobilière pourraient, en conscience, venir se faire abattre et que les puissants des Loges ne songeraient pas à persécuter.
CLXXXIII Que faisiez-vous en 1870 ?
Cette interrogation, si fréquente aujourd’hui encore, n’aura plus de sens pour la prochaine génération. Résolu d’en finir avec ces Lieux Communs qui commencent à me puer au nez et forcé d’en omettre un assez grand nombre, il m’a semblé que celui-ci les englobait tous expressivement. Au fond, le Lieu Commun est une tangente pour fuir à l’heure du danger et jamais les bourgeois n’ont autant fui qu’en 1870.
C’était, alors, la fuite tumultueuse, hurlante, éperdue, l’immense panique vidant les maisons et vidant les villes, comme les ouvriers de nuit vident les lieux immondes. C’était l’infâme, naïve et classique peur du rentier écrasant les faibles dans sa débandade effrénée. Aujourd’hui, c’est le défilé sur la grande route du silence.
Que faisiez-vous en 1870 ? C’était pourtant l’époque où il aurait fallu faire quelque chose, où tu as dû faire quelque chose, misérable, ne fût-ce, comme Huysmans, que des liquidités dans un hôpital. Quand nous étions une centaine de mille dans les champs, privés de feu sous un ciel de glace, privés de pain au cœur de la France devenue la fille aînée de Gambetta, privés même de l’ennemi devant lequel on ne nous alignait jamais, nous avions le droit de nous informer, peut-être, et de demander aux bien vêtus et aux bien nourris ce qu’ils faisaient dans leurs culottes. La réponse, quelquefois, était drôle et il arriva qu’elle se perdit en gargouillements, comme le jour où nous envoyâmes dans la Mayenne le fils unique d’un notaire de Château-Gontier. Aujourd’hui, je le répète, c’est la grande route du silence. Allez demander à ceux de nos grands hommes qui ont dépassé cinquante ans ce qu’ils faisaient en 1870…
Cette date est devenue une espèce de schéma pour toutes les postures de l’ignominie contemporaine. Elle signifie toutes les lâchetés, toutes les hontes passées et à venir. La plus parfaite, c’est le silence, l’universelle fuite silencieuse qui se réalise ou se prépare. Bicyclettes et automobiles sont des précautions en vue d’une déroute infinie dont la débâcle d’il y a trente ans n’aura été qu’une modeste préfiguration, un timide pronostic aux yeux baissés. Déroute des corps ou des âmes ? Nul ne le sait. Les deux ensemble très probablement. Mais comment imaginer ce monde en fuite, ce déluge de déserteurs et d’épouvantés ?…
À la minute où j’écris ceci, meurt à deux pas de moi un très pauvre homme. J’ai essayé de le sauver, de l’amener à vouloir un prêtre. Comme il ne peut plus se faire entendre, la famille m’a parlé de ses opinions qui sont invincibles, paraît-il, et voilà que tout à coup je me suis rappelé un Lieu Commun inexplicablement oublié par moi jusqu’ici. Les opinions de ce moribond ! ô pitoyable Sauveur crucifié !…
Il n’y a pas beaucoup de jours, on faisait le centenaire de Victor Hugo. C’était beau, il y avait un discours d’Hanotaux et une muse du peuple et pas pour un sou d’hypocrisie. Voilà un grand homme fameusement consolé dans son endroit ! Ah ! il en avait des opinions, celui-là aussi, et c’est étonnant ce que le coup de gueule de Gabriel a dû lui servir ! On croirait vraiment qu’ils savent où ils veulent aller, tous ces imbéciles douloureux, tous ces idiots éternellement lamentables !
Pour revenir à mon mourant, c’est une unité dans la multitude, rien de plus, et j’ignore absolument où était cet homme et ce qu’il faisait en 1870. J’ignore même s’il était un homme en ce temps-là ou en aucun temps. Il me suffit de savoir qu’il est, à l’heure actuelle, — probablement pour lui la dernière — dans les trente millions de renégats recensés par la République soi-disant française et dont le cantique est d’outrager la Face de Dieu.
En commençant cette Exégèse, j’ai désiré le silence du Bourgeois, — de toute mon âme, Dieu le sait ! — considérant que ses Lieux Communs étaient une sale et hideuse manière de donner la mort. Sur le point de finir, je considère, à propos de 1870 et de l’éternelle interrogation sans réponse, que son silence n’est pas moins homicide et qu’il a tant de façons de le produire !
Un ami en danger l’implore, silence ; le Rédempteur en agonie lui demande à boire, silence ; la Mère aux Sept Épées le supplie d’avoir pitié de lui-même, silence encore. Et voilà, maintenant, que c’est la France même, la France entière, la France qui a autrefois vaincu le monde, la France en sang et la France en pleurs qui crie au Bourgeois ;
— Que faisais-tu en 1870 ?
— J’avais faim de chier, répond à la fin Émile Zola, dans la Terre, sous le pseudonyme épouvantable de Jésus-Christ.
À RENÉ MARTINEAU
Rappelez-vous, cher ami, notre petite chapelle de Sainte-Anne et de Saint-René, si humble et si pauvre, là-bas, près de l’Océan. En souvenir de cette chapelle et de l’hospitalité de Ker Saint-Roch, je vous prie d’accepter la dédicace de ce livre, plus grave et plus douloureux qu’il n’en a l’air, où j’ai montré, comme il m’a plu, le mal dont on meurt.
Votre nom affronté au mien, dès cette première page, vous condamne à partager mes disgrâces. Ami de l’écrivain mal famé que vous osâtes nommer un vivant, comment échapperiez-vous à votre destin ?
Notre rencontre fut un miracle appelé par la Douleur et on ne manquera pas de vous dire que la persistance de notre amitié en est un autre. Le plus étonnant prodige n’est-il pas qu’un homme se soit évadé avec enthousiasme des Lieux Communs où l’on dîne pour venir héroïquement ronger avec moi des crânes d’imbéciles dans la solitude ?
Lagny, 31 décembre 1901.
Léon Bloy.
ÉPILOGUE
— Que ferez-vous, quand on vous mettra en croix ? demande Quelqu’un.
— Moi, je ferai de beaux rêves, répond ma petite Madeleine âgée de cinq ans.