Œuvres spirituelles (page 22)
1 Mat., 3. — 2 Cant., 8.
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qui renonce parfaitement pour Jésus-Christ à tous les biens terrestres. Et en vérité c'est avec raison que cet homme méprise de grand coeur toutes les choses de cette vie pour un tel fruit, s'il considère avec soin combien il est d'un prix inestimable, selon cette parole des Proverbes : « Mon fruit est meilleur que l'or et la pierre précieuse, et ce qui vient de moi vaut mieux que l'argent le plus pur (1). » Or, celui-là est vraiment un homme, qui ne craint pas d'agir aussi virilement. Mais, pour un tel fruit, ce ne sont pas seulement les biens et les richesses de ce monde que cet homme doit courageusement mépriser, ce sont encore les honneurs et les dignités, en s'écriant ainsi qu'il est dit au livre des Juges : « Je ne puis abandonner la douceur que je goûte et l'excellence de mes fruits pour venir m'établir au-dessus des autres arbres (2) » Les fruits de Jésus-Christ , ainsi que sa charité, sont véritablement délicieux ; les arbres des forêts , au contraire , dit la Glose, sont les hommes qui ne produisent aucun fruit et qui sont préparés pour les feux éternels. Méprisez donc, à cause de ces fruits de délices, les honneurs si dangereux qui vous élèveraient au-dessus de tels arbres, et sachez dédaigner toute chose pour ce fruit de bénédiction, qui n'est autre que le Dieu béni par-dessus tout dans tous les siècles.
En huitième lieu, ce fruit du sein de Marie est nécessaire pour enrichir ou remplir l'âme raisonnable. C'est pour cela qu'il est dit dans les Proverbes : « L'homme sera rassasié de biens par le fruit de sa
1 Prov., 8. — Cant., 8.
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bouche (1). » Or, il est juste de confesser que le Seigneur Jésus n'est pas seulement le fruit du sein, mais encore le fruit de la bouche; car c'est en l'annonçant, en le confessant, en le priant par notre bouche que nous nous rendons dignes de l'obtenir. La bouche de notre corps le reçoit aussi dans le sacrement en même temps que la bouche de notre âme le goûte spirituellement. C'est ce qui a fait dire à saint Jérôme : « La fleur de Marie est devenue un fruit afin que nous puissions nous en nourrir (2). » C'est par ce fruit de la bouche que chacun des fidèles est comblé de l'abondance des richesses spirituelles, c'est-à-dire des biens des vertus et des grâces. C'est de l'abondance de tels biens que l'Apôtre a dit : « Que le Dieu de l'espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans votre foi; qu'il vous fasse abonder en l'espérance et en la vertu de l'Esprit-Saint (3). » O plénitude vraiment bienheureuse d'un tel fruit qui ne remplit pas seulement le champ de la Vierge qui l'a produit , mais encore le vaisseau de chacun des fidèles qui le reçoit ! « C'est avec raison, dit saint Jérôme à ce sujet, que ce champ est appelé un champ rempli , puisque la Vierge Marie a été déclarée pleine de grâces ; que de son sein est sorti le fruit de vie pour ceux qui croient, et que tous nous avons reçu de sa plénitude une grâce plus abondante que celle que nous avions déjà (4). »
En neuvième lieu , mes bien-aimés, le fruit béni de Marie est nécessaire pour la perfection de la vie
1 Prov., 15. — 2 In ps. 66. — 3 Rom., 15. — 4 Epist.
10.
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spirituelle. C'est pour cela qu'il est fort bien dit dans le psaume, en parlant de l'homme parfait : « Il sera comme un arbre planté proche le courant des eaux, qui donnera son fruit en son temps. Et sa feuille ne tombera point; et toutes les choses qu'il fera auront un heureux succès (1). » Que devons-nous entendre par le courant des eaux, si ce n'est l'effusion des grâces à l'aide desquelles l'homme donne ou produit son fruit, qui est le Seigneur Jésus? Or, nous trouvons indiquées ici trois conditions de la vie parfaite, et elles accompagnent toujours l'homme qui veut produire un tel fruit. Ceux qui veulent être parfaits ne doivent point abuser du temps qui est en leur pouvoir, et c'est pour cela qu'il est dit : « Il donnera son fruit en son temps. » Ils ne doivent point se répandre en paroles inutiles, et c'est ce que marque le psaume en ces mots : « Sa feuille ne tombera point. » Enfin ils ne doivent rien omettre de ce qui est avantageux à l'esprit, ce qui fait que le Prophète ajoute : « Et toutes les choses qu'il fera auront un heureux succès. » Assurément rien ne saurait avoir un mauvais succès pour celui qui portera ce fruit par la charité, puisque tout doit tourner à son avantage, ainsi qu'il est écrit: « Nous savons que tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu (2). » Heureux donc l'homme qui porte si parfaitement ce fruit qu'il n'a point à redouter que son temps s'écoule sans profit, que sa bouche enfante aucune parole inutile, que ses bonnes oeuvres s'en aillent comme en fumée pour lui , et qui peut être
1 Ps. 1. — 2 Rom., 8.
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ainsi spirituellement un arbre chargé de fruits, de même que Marie le fut corporellement, selon cette parole de saint Bernard : « O véritable arbre de vie qui seul a été digne de porter le fruit du salut! »
Ce fruit de Marie est aussi nécessaire à la multiplication de l'Eglise universelle. C'est pour cela qu'il est dit : « Il a planté une vigne du fruit de ses mains (1).» Nous avons vu le Seigneur appelé le fruit du sein parce qu'il a été conçu dans le sein de Marie; le fruit de la bouche parce qu'il est reçu par la bouche : pourquoi ne serait-il pas appelé également le fruit des mains , puisqu'on l'acquiert par le travail des bonnes oeuvres, puisqu'il est donné par la main des prêtres? Nous pouvons conclure de là qu'il est vraiment dans toute sa plénitude le fruit de Marie. Il l'est de son sein pour y avoir pris naissance d'une façon toute miraculeuse; il l'est de sa bouche pour s'être uni à elle par des embrassements pleins de douceur; il l'est de ses mains pour avoir été bercé pieusement contre son coeur. C'est de ce fruit de ses mains que Marie ou la primitive Eglise , comme l'entend la Glose, a planté une vigne, c'est-à-dire l'Eglise universelle, répandue par toute la terre. Oh ! comme les tiges de cette vigne, je veux dire les fidèles , se sont multipliées sous l'influence de ce fruit lorsque les chefs de l'Eglise se sont efforcés de le faire naître spirituellement dans leurs coeurs ! C'est ce qui fait dire au Prophète : « Ils ont produit des fruits abondants; Dieu les a bénis, et ils se sont multipliés extraordinairement (2). » Et comme
1 Ps. 3. — 2 Ps. 106.
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l'Eglise sous cette influence divine a pris sou accroissement de toutes les générations, c'est pour cela que toutes les générations ont déclaré bienheureuse la Vierge qui a donné au monde un tel fruit, ainsi qu'elle le déclare elle même dans son cantique. Aussi saint Bernard , expliquant ces paroles, introduit Marie elle-même et la fait s'exprimer ainsi : « Je vois de mes yeux ce qui va arriver en moi, quel fruit va sortir de moi , quels biens magnifiques vont, par mon entremise , se répandre non-seulement sur moi, mais encore sur toutes les générations à venir.»
Ce fruit béni est encore nécessaire pour réparer les ruines qui se sont faites dans les cieux. Nous pouvons à ce sujet remarquer que Dieu, voulant planter de la moëlle du cèdre, a dit par Ezéchiel : « Je la planterai sur la haute montagne d'Israël; elle poussera un rejeton, et elle portera du fruit (1). » Or, cette montagne élevée n'est autre chose que la suprême demeure, la céleste société des anges, et l'on peut bien l'appeler la montagne d'Israël, car Israël signifie vision de Dieu; et le Seigneur nous dit lui-même dans son Evangile : « Leurs anges voient toujours la face de mon Père qui est dans les cieux (2). » C'est donc sur cette montagne élevée, dans cette sublime société des anges que Dieu a planté ce qu'il a choisi de la masse de perdition; qu'il a planté, dis-je, la moëlle du cèdre, la moëlle du genre humain, c'est-à-dire tous les élus , dont les uns en réalité, les autres en espérance ont pris place sur la montagne angélique.
1 Ezech., 7. — 2 Mat., 18.
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O fruit vraiment aimable par-dessus tout ! Cest par lui que chacun des élus a été planté dans un lieu si élevé. C'est donc avec bonheur que nous pouvons porter ce fruit , Jésus-Christ Notre-Seigneur, par qui déjà en espérance nous prenons rang parmi les anges; que nous pouvons lui rendre grâces, puisque par sa miséricorde nous sommes destinés à compléter le nombre des esprits célestes. C'est donc avec justice que Marie, la mère d'un tel fruit, peut se glorifier et s'écrier en se servant des paroles que saint Bernard lui met dans la bouche : « Le nombre des générations angéliques sera rétabli en son intégrité par celui que j'ai mis au monde ; la race des hommes maudite en Adam , sera , par le fruit béni de mon sein, régénérée pour la béatitude éternelle. »
Enfin, en dernier lieu, le fruit béni de Marie est nécessaire pour perpétuer la gloire éternelle, qui ne saurait durer toujours si elle n'était entretenue par lui. C'est pour cela qu'il est dit dans les Proverbes : « Le fruit du juste, c'est l'arbre de vie (1). » C'est avec une grande raison que ce fruit est appelé l'arbre de vie , car, de même que l'arbre ainsi nommé avait été placé dans le paradis terrestre pour conserver la vie naturelle, Jésus-Christ a été placé dans les cieux pour entretenir la vie éternelle. C'est donc par lui que nous obtenons des biens si considérables, ainsi que nous le dit saint Anselme en ces paroles : « Tous ces biens innombrables nous sont venus par le fruit béni du sein glorieux de Marie. »
1 Prov., 11.
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Ainsi , nies bien-aimés, vous le voyez , ce fruit de Marie nous est véritablement nécessaire. Nous en avons besoin pour expier le péché mortel , pour éteindre l'immense inimitié qui pesait sur nous; pour guérir la blessure originelle, pour relever la faiblesse de notre âme , pour nous soustraire à la colère de notre juge, pour éloigner de nous la peine de l'enfer, pour nous inspirer le mépris des biens du monde, pour enrichir notre âme des dons célestes , pour accomplir en nous la consommation de la vie spirituelle, pour la multiplication de l'Eglise universelle , pour la réparation des ruines de la cité céleste, et enfin pour perpétuer l'éternité de la gloire. Tels sont les douze effets ou les douze avantages de ce fruit. Ils peuvent être désignés par les douze fruits de l'arbre de vie , que nous trouvons tous réunis dans le fruit du sein de Marie. C'est de ces fruits que nous lisons dans l'Apocalypse : « Que l'ange montra à saint Jean l'arbre de vie produisant douze fruits. »
O Vierge féconde ! secourez-nous, afin que par le fruit de votre sein nous devenions nous- mêmes chargés de ces fruits, et que par eux nous soyons dignes de goûter éternellement celui que vous nous avez donné. Secourez-nous, ô vous qui êtes pleine de douceur ! afin qu'il nous accorde de jouir de sa suavité, ce fruit béni de votre sein dont la libéralité aime tant à se communiquer, lui qui est Dieu et qui règne avec le Père et le Saint-Esprit dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
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SALVE, REGINA
SALVE, REGINA
SALVE, REGINA.
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SALVE, REGINA.
Salve.
Regina.
Mater misericordiae.
Vita.
Dulcedo.
Et spes nostra.
Salve.
Ad te.
Clamamus.
Exules.
Filii.
Evæ.
Ad te.
Suspiramus.
Gementes.
Et flentes.
In hâc valle.
Lacrymarum.
Eia ergo.
Advocata.
Nostra.
Et Jesum benedictum.
Ventris tui.
Nobis post hoc exilium ostende.
O clemens !
O pia!
O dulcis.
Virgo Maria.
Salve.
Salut! Vierge des vierges, étoile du matin, remède véritable des crimes les plus infâmes, consolatrice des hommes en proie au malheur, ennemie irréconciliable du péché.
Regina.
Reine de ceux qui règnent, Vierge immaculée, Mère unique entre les mères , vous avez mis au monde un Fils, et l'on vous appelle le palais sacré du Seigneur : versez donc sur nous les secours abondants du ciel.
Mater misericordiae.
Vous avez mérité d'être nommée la source de la miséricorde et la Mère de la grâce, car vous avez conçu le Roi suprême de gloire, vous lui avez donné la vie, et vous avez offert au monde l'auteur de tout pardon.
Vita.
La vie, la voie, la vérité est sortie de la terre, et votre virginité est demeurée sans tache, car votre humilité vous a rendue digne d'être choisie de Dieu lorsqu'il se revêtit de notre chair.
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Dulcedo.
La douceur par excellence, Celui qui est appelé l'Agneau de Dieu, Celui dont le sang, comme un bain salutaire, a lavé les crimes de l'homme abandonné, Celui qui a vaincu le démon, est le fruit béni de votre sein.
Et
spes nostra.
Vierge Marie, vous êtes notre espérance inébranlable, vous la tige fleurie de Jessé, vous que le Prophète nous a montrée couverte de la rosée du Ciel, vous qui êtes belle comme la neige la plus pure, tendre Mère de Dieu.
Salve.
Salut! lumière des Fidèles, brillante comme l'aurore, plus ravissante et plus suave que le lis. Eloignez de nous sans retard tout ce qui peut nous être un danger, et implorez pour nous le secours du Seigneur.
Ad te.
Malheureux, plongés dans une infortune profonde, nous élevons nos cris jusqu'à vous; ouvrez à nos prières les oreilles de votre coeur sacré, afin que, délivrés par vous des gouffres de l'abîme, nous puissions librement suivre la voie montrée par votre Fils.
Clamamus.
Nous poussons vers vous des soupirs pleins de
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ferveur , et nous vous supplions avec un tendre amour : « détruisez tout ce que nos pensées perverses ont pu produire au dehors d'actions criminelles.
Exules.
Nous sommes tous condamnés à un dur exil. En punition du crime de nos pères, nous avons été privés de la gloire et déshérités des félicités du ciel; mais le don de votre tendresse nous a rendu tous nos droits.
Filii.
Vos enfants ne peuvent qu'exprimer par Leur gémissements les misères dont ils sont assiégés de toutes parts en ce monde. Sans cesse ils se sentent, entraînés vers des crimes clignes des châtiments éternels; mais ils sont affermis par votre miséricorde.
Evæ.
La chute d'Eve nous a causé un tort irréparable; elle nous a ravi la joie bienheureuse du ciel. Mais après Eve, elle nous a valu, incarné de la Vierge , Celui qui a brisé la mort et détruit le péché.
Ad te.
Vos serviteurs crient sans cesse vers vous et font entendre des soupirs fidèles; ils implorent humblement le secours de votre puissance. Que votre miséricorde écoute leurs prières.
Suspiramus.
Nous soupirons et nous versons des larmes, nous
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gémissons sans cesse sur les péchés que nous avons commis. Mais, ô Mère de piété! nous avons mis en vous notre confiance; vous obtiendrez grâce et miséricorde au pécheur brisé par un vrai repentir.
Gementes.
Nous nous rappelons les fautes de nos jours anciens, les fautes dont notre esprit pervers s'est souillé librement , et nous en gémissons. Mais en même temps , ô Vierge immaculée ! nous espérons en vous , et nous vous demandons que nos voeux soient exaucés.
Et
flentes.
Nous pleurons et notre âme est en proie à la honte et à la douleur ; versez donc en nous la lumière. Vierge bienfaisante , purifiez avec amour les taches que le péché imprima en nos coeurs; aimable Marie , veuillez nous réunir aux habitants de la céleste patrie.
In
hâc valle.
En cette vallée misérable et environnée de ténèbres, je vois des hommes sans nombre dont la vie est détestable et hideuse; leurs exemples se propagent à raison des crimes qu'ils ont commis et des hontes dont ils sont couverts.
Lacrymarum.
Des larmes abondantes ont coulé vainement de nos yeux : « les vieillards, les enfants et le peuple tout entier craignent de perdre ce que l'ambitieux
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cherche avec ardeur et ce que l'homme du inonde poursuit en tous lieux.
Eia ergo.
Relevez donc nos âmes de leurs chutes; dirigez leur course vers vous. Fortifiez ceux qui tremblent, redressez ceux qui se sont égarés et vous cherchent avec amour; soyez le guide assuré des malheureux qui se confient en vous.
Advocata.
Vous êtes notre puissante avocate auprès du Sauveur : « hâtez-vous donc d'intercéder pour nous, selon votre miséricorde accoutumée. Que votre amour maternel nous fasse sentir sa bénigne influence; qu'il apaise votre Fils en faveur d'un peuple infortuné.
Nostra.
Toujours la Vierge Mère fut l'espoir des fidèles; elle l'est encore de nos jours, elle le sera à jamais.
Elle est pour nous la cité royale qui nous met à l'abri
des coups de nos ennemis; elle est le remède qui chasse tous les maux loin de nous.
Illos tuos misericordes oculos ad nos converte.
Oui! tournez ces yeux pleins de tendresse et de miséricorde vers des serviteurs si peu unis dans le bien et si unanimes à courir au mal; détruisez l'aiguillon de noire chair , détruisez tous ses crimes.
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Et
Jesum benedictum.
Jésus , votre Fils unique , est le fruit béni de votre sein ; daignez-le montrer à nos yeux : « il est glorieux, plein de tendresse et ennemi du mensonge. C'est par lui que le genre humain après s'être éloigné de Dieu et perdu pour un temps , s'est relevé invincible des liens de la mort.
Ventris tui.
Vos entrailles ont porté Jésus , et vos mamelles bienheureuses ont allaité Celui que plus tard les Juifs couvrirent de blessures cruelles et qu'ils condamnèrent à la mort de la croix après l'avoir ainsi traité.
Nobis post hoc exilium ostende.
Après cet exil montrez-nous plein de miséricorde , donnez-nous Jésus votre Fils. Etendez sur nous votre protection maternelle et puissante; daignez prendre notre défense en ce moment où nous serons jugés.
O
clemens !
O clémence ineffable de la souveraine bonté ! fille d'Adonaï, fleur de la virginité, pardon des pécheurs endurcis, mère de tendresse, joie des vierges et manteau de la charité !
O
pia!
O pieuse et tendre Reine des cieux! vous êtes la plus digne et la plus riche des créatures sorties des
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mains de Dieu; vous êtes la Vierge prudente par excellence, la gloire des Confesseurs et l'honneur le plus éclatant des Apôtres.
O
dulcis.
O Vierge d'une douceur inaltérable, plus douce que le miel et le rayon le plus suave, colombe très-pure, jamais le fiel le plus léger ne reposa en votre coeur. Mère de bénignité , repoussez loin de nous, nous vous en supplions, tout ce qui peut imprimer une tache à notre innocence.
Virgo Maria.
Bonne Marie , conjurez votre Fils de daigner recevoir en sa gloire quiconque, pour vous honorer, voudra redire avec amour ce que je viens d'écrire à votre louange.
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LOUANGES
LOUANGES
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LOUANGES DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE.
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LOUANGES DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE.
II. Marie figurée par l'arbre de vie planté au milieu du Paradis.
Marie figurée par le Paradis lui-même, arrosé par un fleuve de délices.
XIX. Marie figurée par la femme que vit saint Jean dans l'Apocalypse.
CONCLUSION.
Salut! Lis céleste, Rose épanouie, mère de l'humilité , Reine des anges , Sanctuaire de la divinité. En cette vallée de larmes, donnez-nous le courage , venez à notre secours , vous que le ciel nous offrit pour avocate au milieu de nos crimes.
Tendre Vierge, vous êtes incomparable, car vous avez mérité d'entendre la voix de l'Ange, et de concevoir le Fils de Dieu sous le souffle sacré de l'Esprit-Saint. Vierge avant d'avoir conçu, vous l'êtes encore après. Refuge vraiment unique , hélas ! dans cette vie si inconstante, daignez consoler ceux qui vous servent.
La terre est dans l'étonnement en vous voyant Vierge et Mère à la fois. Notre fragilité ne peut comprendre des merveilles d'une puissance aussi magnifique. Il faut que notre foi s'élève jusqu'aux célestes hauteurs ; et là elle confesse dans la vérité que vous êtes la Mère du Christ , qu'en vous la divinité s'est revêtue de notre chair.
O Mère ! vous avez engendré un fils par excellence ; née dans le temps, vous avez mis au jour celui qui fut votre Père; simple étoile, vous avez produit le soleil; faible créature vous avez donné la vie à celui qui est incréé ; petit ruisseau, vous avez fait jaillir la fontaine qui vous alimente; vase fragile, vous avez formé le potier qui vous créa, et vous êtes demeurée
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toujours vierge, toujours immaculée; et par vous, Mère du Christ, la vie que nous avions perdue, nous l'avons recouvrée.
Oh! qu'elles sont glorieuses ces entrailles qui devinrent le temple sacré du Seigneur! Qu'elles sont saintes ces mamelles qu'il daigna sucer ! Qu'il est suave ce lait dont il voulut être nourri ! Mère vraiment digne d'un salut de grâce, vous qui régnez au plus haut des cieux , délivrez-nous de la malédiction de la mort éternelle; délivrez-nous de tout malheur.
Rose pure, rose d'innocence, rose nouvelle et sans épine, rose épanouie et féconde, rose devenue pour nous un bienfait de Dieu, vous avez été établie Reine des cieux ; il n'est personne qui puisse jamais vous être comparé; vous êtes le salut du coupable, vous êtes le soutien de toutes nos entreprises.
La loi vous a montrée en ses figures; les pages saintes du Testament ancien vous ont annoncée par de nombreuses énigmes, et l'alliance nouvelle vous a rendue grande entre toutes les femmes; elle vous a élevée au-dessus de toute créature.
Avant l'origine du monde le Seigneur vous a choisie, alors que dans sa sagesse il jetait les fondements du ciel. Dès ce jour il arrêta, dans le secret de ses pensées , de combler par vous, Vierge et Mère, l'abîme ouvert par le péché de notre premier père.
Réjouissez-vous, ô Vierge ! ô Mère ! réjouissez-vous. C'est par vous que le monde voit ses ruines se réparer. Mêlez les accents de votre joie u ceux dont le ciel retentit. C'est à vous que la gloire est donnée
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de payer à Dieu sans réserve le prix de notre rançon; à vous qu'il a été accordé de délivrer l'homme des malheurs de la ruse infernale dont il fut la victime ; et cette gloire est au-dessus de tout éloge.
I. Marie figurée par la fontaine qui s'élevait de la terre dans le Paradis terrestre et en arrosait la surface.
Vous répandez sur le monde une rosée toute nouvelle. Le prodige inouï de votre fécondité montre à nos yeux des choses ineffables, sous un aspect inconnu jusqu'alors. Tout en vous brille d'une splendeur admirable. Par un effet de la céleste bonté, vous vous élevez avec honneur comme une fontaine jaillissante; vous arrosez la terre des feux de votre charité, et vous allez croissant en l'amour de votre Dieu.
II. Marie figurée par l'arbre de vie planté au milieu du Paradis.
Vous êtes l'arbre de vie, le bois spirituel planté au milieu du Paradis, cet arbre dont le fruit répand l'allégresse en tous les coeurs. Non , jamais il n'y eut sur la terre un arbre semblable et si précieux; jamais aussi nous ne le verrons disparaître du milieu de nous.
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Marie figurée par le Paradis lui-même, arrosé par un fleuve de délices.
Vierge sans tache, un fleuve de délices a répandu ses eaux en vous lorsque le Fils de Dieu fixa sa demeure en votre sein. C'est alors que notre terre produisit son fruit avec abondance , et que Dieu réforma notre nature en la comblant de ses dons.
Le Seigneur a placé son Fils, devenu homme, dans le jardin de délices; il en a établi gardien votre corps vénérable et sacré. Lorsqu'il vint vous visiter par l'entremise de Gabriel, il nous montra Jésus comme notre Rédempteur glorieux.
IV. Marie figurée par l'arche de Noé, qui sauva la race humaine au temps du déluge.
Noé se fit une arche de bois soigneusement assemblés, et il y entra pour se sauver, ainsi que sa femme et ses enfants. Le Seigneur, ô Marie! vous a formée pour être sa Mère, du sang de parents vénérables, et entrant en vous, il vous préserva des atteintes du péché.
V. Marie figurée par l'arc-en-ciel que Dieu donna à Noé.
Aux jours anciens, Dieu promit à nos pères qu'en signe d'alliance il ferait briller par sa vertu divine
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son arc au milieu des nuages. Telle est la promesse céleste adressée à l'univers; une paix assurée est donnée à tous les hommes.
La crainte et la douleur s'enfuient quand l'are d'alliance brille à nos yeux. L'espérance et la joie naissent au coeur du pécheur infortuné lorsque, repentant de son crime , il élève ses regards vers ce signe auguste; il sent la consolation se répandre en son âme en voyant le gage promis des cieux.
L'azur qui resplendit au sein de l'arc, c'est l'image de la virginité; la pourpre dont il se teint nous re-présente la charité, et l'eau qui le pénètre nous rappelle, ô Marie, votre pureté sans tache, et cette humilité que le Seigneur aima par-dessus tout en vous.
Vous êtes l'arc qui brille dans les cieux , l'arc qui nous illumine, l'arc qui éclaire ceux dont le coeur est dépravé. A tous vous offrez un modèle qui ravit.
Vous êtes la ruine de toute erreur; et l'hérétique trouve en vous sa perte assurée, quand vous nous donnez le ciel et la terre réunis en Jésus.
Arc insurmontable, arc puissant et fort, are plein de douceur et d'amour, arc ouvert aux faveurs du Ciel, ô Vierge vénérable, quand nous aurons subi les coups inévitables de la mort , faites donc que noua puissions entrer en possession de votre gloire.
VI. Marie figurée par l'échelle que Jacob vit en songe.
Jacob s'endormit, et, durant son sommeil , il vit
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une échelle qui s'élevait jusqu'aux cieux. Sur son extrémité le Seigneur se tenait appuyé, et les anges descendaient vers la terre. Alors il reçut du Très-Haut la promesse que la Terre-Sainte deviendrait son partage; alors il fut béni.
O Marie! cette échelle, c'est vous; ou plutôt, vous êtes plus élevée encore : l'Ange s'incline devant vous, et vous devenez la Mère du Dieu qui se fait homme. Vous êtes placée par les anges au-dessus de toutes les vertus célestes : « c'est vous qui délivrez le genre humain; votre bonheur l'emporte donc sur toute félicité.
VII. Marie figurée par le buisson qui brûlait sans se consumer.
O Mère! votre virginité nous est montrée par le buisson de la montagne d'Horeb, dont la verdeur fut au-dessus des atteintes du feu. Ainsi votre intégrité virginale demeure inaltérable , alors que le Seigneur vient s'unir en votre sein à notre humanité.
VIII. Marie figurée par le vase où la manne fut conservée.
Quand la manne fut donnée à Israël , un vase en reçut une portion pour être conservée, et ce vase n'en fut point altéré. En vous, ô Marie, Jésus-Christ est conçu par l'action de l'Esprit-Saint, et la gloire de votre virginité n'a rien perdu de son éclat.
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Vous nous avez conservé d'une manière ineffable la manne miraculeuse , la manne qui met un terme aux ombres, la manne vraiment et miséricordieusement figurée par celle qu'il répandait chaque jour pour être le soutien d'Israël.
La grâce nouvelle dont vous êtes comblée a mis un terme à la première manne. Les figures anciennes ont disparu; une lumière inconnue jusqu'alors s'est répandue sur ceux qui se soumettent à ses lois. Les ténèbres ont cessé ; cette clarté ineffable a pénétré , purifié et dissipé l'obscurité des premiers temps.
L'Auteur suprême de toutes choses a fait de vous un vase glorieux , un vase d'excellence et vraiment admirable, un vase digne de notre amour et de nos louanges, un vase que tous vos serviteurs contemplent avec respect, afin que vous fussiez digne de servir aux hommes une nourriture délectable, la pain qui sustente les habitants des cieux.
Oui! vous servez aux hommes le véritable pain des anges, ce pain qui est né de vos entrailles pour être le salut des pécheurs. C'est là le pain du voyageur, qui ne doit point être la pâture des chiens; il est le salut du malheureux et il l'emporte sur tout autre aliment.
Il est le pain délicieux, le pain qui ravit nos cœurs, le pain qui engraisse nos âmes et mérite tout notre amour; le pain par excellence et digne de nos hommages ; l'aliment qu'il faut préférer à tout et dont la douceur est incomparable.
Il répare nos forces, il réjouit et renouvelle notre
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coeur. Il est pour notre âme un attrait; il la dirige et se l'unit. Il augmente en nous tout bien, il éloigne tout mal. Il est vainqueur, il règne, il commande, il fait croître, il nourrit et conduit à un état parfait.
Il est le pain vivant, le principe de nos forces, la voie, la vérité, la vie; il est le pain de l'immortalité et sa bonté est infinie. C'est lui qui environne de sa splendeur la nouvelle Epouse qu'il s'est choisie, tandis que la Synagogue disparaît et que les ombres de la loi s'évanouissent.
La manne a cessé, et le pain venu du ciel nous est offert; un pain véritable et vivifiant nous vient des célestes hauteurs. Mais ce pain mystique n'est accordé qu'aux seuls chrétiens; le vrai pain des anges devient pour eux la nourriture de chaque jour.
IX. Marie figurée par la verge d'Aaron, qui a porté du fruit contre l'ordre de la nature.
Moïse voulant faire connaître celui que Dieu avait élevé au ministère de ses autels, plaça dans le tabernacle la verge d'Aaron. Elle poussa des tiges , se couvrit de fleurs et porta des fruits par un miracle
éclatant du ciel. Ainsi le sacerdoce d'Aaron fut établi dans Israël.
C'est là, en effet , une chose admirable , un prodige vraiment nouveau : une branche desséchée se conforme de fleurs; un bois impuissant et stérile se charge
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de fruits. Non , jamais jusqu'à ce jour, rien de semblable n'avait frappé les regards de l'homme.
Mais cette verge brillante de fleurs, cette verge chargée de fruits en dehors des lois de la terre, et par une pure faveur de Dieu, elle nous annonçait qu'un jour, par un prodige nouveau, vous deviez concevoir, ô Vierge, et donner à la terre un fruit vraiment inconnu jusqu'alors; et que, devenue mère , votre virginité persévérerait immaculée.
O Vierge-Mère ! vous avez vraiment produit la fleur qui orne nos campagnes, lorsque vous mîtes au monde le Verbe de Dieu le Père. Vous avez donné à la terre celui qui doit la racheter, et votre pureté s'est toujours conservée glorieuse et sans tache alors que vous répandiez sur la terre cette rosée de charité qui rafraîchit le monde desséché.
X. Marie figurée par l'étoile et la verge dont parle
Balaam.
La voix prophétique nous annonce qu'une étoile nouvelle doit sortir un jour de Jacob; elle nous montre une verge qui doit naître d'Israël et frapper Moab.
Vous êtes, ô Marie! cette verge d'où la nature, pleine d'étonnement, verra naître le Christ.
Cette étoile brillante dont le rayon ne saurait altérer la pureté; cette étoile dont la lumière se répand sans nuage plus éclatante que le cristal le plus éblouissant, c'est vous, Vierge toujours immaculée ,
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que votre Fils laissa pure et sans tache lorsqu'il naquit de votre sein virginal.
Vous êtes la verge fleurie, la verge prophétique qui croit au milieu d'Israël; vous êtes la Vierge glorieuse promise par le ciel; c'est mystérieusement qu'on vous donne le nom de verge. Vous vous élancez puissante et forte de la tige de Jessé; vierge et mère à la fois, vous donnez à la terre une fleur merveilleuse.
Vous êtes la verge, vous êtes l'étoile, vous êtes le fleuve de la grâce. Vous êtes la demeure sans tache de la divinité. Vous êtes la Mère de celui que nous appelons la fleur, le rayon qui répand des célestes hauteurs le miel de la charité, et qui préserve le monde des tempêtes de la douleur.
Salut! Tige plus fertile que tous les arbres de la terre. Salut! Etoile plus brillante que les astres du firmament; Vierge qui l'emportez par vos actions, vos vertus, vos paroles, sur toutes les créatures ; gardienne et protectrice plus sûre que tous les hommes réunis.
XI. Marie figurée par la toison de Gédéon.
Vous êtes la toison que le ciel, dans sa bonté, offrit â Gédéon, toute humide et remplie d'une rosée divine; la toison qu'il pressa sous ses doigts. Les eaux dont vous fûtes arrosée sont demeurées toujours inaltérables, et vous êtes devenue la consolation de ceux que le malheur éprouve, alors que la terre entière se trouvait desséchée.
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La rosée véritable , descendue du fleuve céleste, a pénétré le manteau de votre pureté, alors que, par la faveur du Dieu suprême, vous fûtes remplie du soleil de justice; que vous devîntes la Mère de Dieu et de l'homme, et que la fleur de votre virginité réunit sans les altérer ses parfums à ceux de la maternité.
XII. Marie figurée par le temple bâti par Salomon et rempli de la gloire de Dieu.
La gloire du Roi suprême remplit le temple que la sagesse de Salomon éleva en l'honneur du Seigneur. Ainsi, Vierge Marie, la grâce céleste vous remplit lorsque la voix de Gabriel vous proclama la Mère que Dieu consacrait à son Fils.
Salomon, le roi pacifique, est ici la figure du Fils de Dieu, qui, comme un artiste céleste, s'est élevé un trône vraiment royal, lorsque l'Ange envoyé des cieux, aidant à notre salut, vint lui préparer une demeure sur la terre, et annoncer aux hommes des joies véritables.
Marie, mère de la grâce, mère et source de bonté, mère de miséricorde , fontaine et fournaise de la charité ; Marie, sanctuaire de la divinité, mère du soleil de justice, accordez-nous la lumière des splendeurs éternelles, la lumière de la céleste gloire.
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XIII. Marie figurée par Abigaïl, qui rétablit la paix entre
Nabal et David.
L'épouse de Nabal calme David par des présents, et par ses prières pleines de bénignité, elle rétablit une paix durable entre lui et son époux , alors que ce dernier, par ses discours et ses actes insensés, avait mérité de finir honteusement sa vie au milieu des tourments.
Nabal, se livrant avec les siens aux joies de splendides festins, soupirant après les biens et les honneurs de la terre, s'adonnant aux plaisirs de la table, nous offre l'exemple du pécheur qui se répand en injures contre les serviteurs de Dieu , et dont les crimes ont mérité la mort.
David, dont la beauté réjouit les coeurs; David, roi incomparable, puissant et belliqueux, plein de clémence, de tendresse et d'amour, c'est Jésus-Christ, roi immuable, roi toujours glorieux et toujours admirable en ses saints.
Et vous, Marie, vous êtes la sage Abigaïl qui portez vos présents à David et formez , par vos prières, alliance entre lui et Nabal , lorsque vous offrez avec amour à Jésus le lait de votre sein, qui doit le sustenter. C'est ainsi que par vos mérites vous rendez tolérables le crime du pécheur.
Vierge reine , issue du sang des rois, née de la race de David , vous êtes la Mère et la fille de Dieu ; vous
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donnez le jour à Jésus, et le Sauveur obéit à votre voix; vous êtes notre mère; vous êtes l'allégresse et la félicité de notre loi , le bouclier invulnérable du pécheur , son éclat, son honneur et sa gloire.
En vous seule repose l'espérance du genre humain ; par vous seule est détruit le péché du vieil Adam. Vous êtes pour les malheureux le port de la vie ; par vous on obtient le salut. Et celui qui vous suit avec amour, est étranger aux souillures du crime.
Heureux donc celui qui se soumet à vos lois; celui qui , disposant son coeur à la vertu , se conduit selon vos désirs ; car ceux qui vous servent s'élèvent sûrement vers les cieux, et mis en possession de la vie , ils règnent avec vous pour toujours.
XIV. Marie figurée par Judith, qui donne la mort à Holopherne et délivre son peuple.
Le prince barbare des Assyriens voulant soumettre le monde à son empire, rassemble une armée sanguinaire, et déjà il assiége dans Béthulie la grande nation des juifs, résolu dans sa pensée impie de livrer à une mort cruelle tous ses habitants.
Alors la pieuse Judith se prépare à sauver son peuple. Durant la nuit elle sort de sa demeure, appelle sa servante et s'avance sans retard ; elle se présente à Holopherne pour conjurer le péril de sa race, le frappe à mort , et délivre ses frères du glaive suspendu sur leurs têtes.
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Béthulie, c'est la ville assiégée par la dissension , par la perfidie de l'enfer et les piéges de l'hérésie; c'est l'Eglise, notre mère. Unie à votre Fils, ô Marie! vous la préservez par la force de votre bras, vous la fortifiez par la puissance de votre grâce.
Vous êtes la vraie Judith éclatante de beauté, vous qui délivrez l'Eglise de la cruauté d'Holopherne, vous qui brisez par la grâce du ciel la perfidie de l'erreur, et répandez dans l'âme de vos enfants une espérance inébranlable.
Dans sa miséricorde, l'Esprit de sagesse et de douceur, l'Esprit de conseil et de science, l'Esprit de crainte et de force, le flambeau de la divinité vous a remplie de toute grâce, afin que vous soyez pour l'homme la source du pardon.
XV. Marie figuré par
Esther , qui fit mourir Aman et délivra Mardochée et son peuple.
Esther est unie à Assuérus par les liens sacrés du mariage; elle entre dans le palais des rois, y reçoit la couronne et se voit établie au-dessus de tous. Vasthi est déposée; elle perd le trône et la puissance; la superbe Vasthi est rejeté bien loin, et Esther voit tout assujéti à son empire.
Esther est la figure du coeur humble et brisé par la douleur, du coeur doux et aimable, du coeur qui aime dans la vérité et s'élève par la contemplation ; Vasthi, au contraire , est l'image du coeur fragile qui
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s'exalte pour son malheur, du coeur superbe et indocile.
Où trouver, ô Marie, dans toute l'étendue de la terre, une âme qui vous soit comparable par son humilité ? Qui égalera jamais en douceur, en tendresse , celle qui fait cesser et détruit tout schisme et toute inimitié. Les Livres saints nous l'annoncent : vous êtes en grâce incomparable , et votre pureté l'emporte sur toute pureté.
C'est donc vous qu'Esther nous désigne, vous, la plus humble, la plus belle, la plus suave, la plus aimable, la plus douce de toutes les créatures, et ainsi la plus élevée que le ciel offre à nos hommages.
La perversité d'Aman, excitée par l'envie, s'agite contre le peuple juif ; sa perfidie cruelle et pleine de fourberie dicte la sentence de mort; mais la bénignité de Mardochée adresse à Esther un langage plein d'amour , afin que les décrets barbares approuvés par le roi soient révoqués sans retard.
A ce récit, Esther s'attendrit sur les enfants issus de sa race; elle va trouver le roi , dont les méchants ont surpris la bonne foi ; les crimes d'Aman sont dévoilés ; il en reçoit le prix, et ses complices sont livrés à la mort.
Vous êtes cette Esther, vous qui réprimez avec puissance la perfidie d'Aman; vous dissipez avec amour les malheurs qui pèsent sur ceux qui vous servent. Divinement fiancée par la grâce au Roi suprême, couronnée pour l'éternité, vous avez en vos mains une puissance vraiment royale.
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Aman, c'est l'ennemi du genre humain, c'est le serpent impur et cruel, chassé avec justice des hauteurs célestes, condamné aux tourments des enfers; c'est l'accusateur inique que vous foulez et broyez sous vos pieds, alors que vous calmez la colère de Dieu.
Vous conservez comme la prunelle de vos yeux vos serviteurs. Vous êtes en ce monde la consolation des enfants du Roi suprême, et le refuge de votre troupeau. Epouse glorieuse du Maître souverain, vous brisez la tête du méchant. Vous êtes le vrai livre de de la loi et l'arche du tabernacle.
Vous êtes la fleur du printemps, la fleur embaumée du lis , la fleur des fleurs , la gloire de la virginité, la source inépuisable de la force , la gardienne des hommes. La douceur de vos parfums a attiré le Seigneur, l'Ange du grand conseil, et l'a porté à mettre un terme à nos malheurs.
XVII. Marie figurée par l'arbre auquel fut attaché le serpent d'airain dans le désert.
Lorsqu'après le déluge la colombe rapporte en son bec un rameau couvert de feuilles et de fleurs, elle
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ramena la joie dans l'âme de Noé et des siens , en faisant. briller à leurs eux attristés par les malheurs de la terre l'espérance du salut.
Au milieu du désert un arbre reçut le serpent d'airain , afin que le juif blessé par une morsure envenimée, élevant ses regards jusqu'à lui, y trouvai le salut par un bienfait admirable de Dieu , car une vertu secrète combattait le poison des serpents envoyés par le ciel.
Vous êtes, ô Marie, plus simple que la colombe; vous êtes la défense des humbles et le salut infaillible des hommes; vous avez apporté la joie à la terre lorsque vous donnâtes au monde le Fils de Dieu ; vous êtes plus puissante que le venin le plus mortel ; vous êtes la médecine du péché, et vos effets sont plus rapides que ceux produits par le serpent du désert.
XVIII. Marie figurée par la porte fermée par laquelle nul homme n'a passé.
Vous êtes la porte fermée dont parle le Prophète , la porte qui ne s'ouvrit jamais pour donner un passage à l'homme. Par cette porte la sagesse seule de Dieu est entrée et sortie sans effort, et sans en rompre les sceaux.
Votre virginité est cette porte dont l'éclat a pénétré les cieux ; et celui qui descend sans abandonner les célestes hauteurs , c'est le Messie , le Fils de Dieu. Il est conçu, il se revêt d'une faible chair, il prend un
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corps exempt de tout péché; et c'est en vous qu'il accomplit ces merveilles, Vierge par excellence.
De même que l'astre s'anime lorsque le soleil y projette sa lumière, et que la clarté qui s'en échappe ne saurait nuire à son intégrité , ainsi le Christ est conçu, et votre corps demeure toujours pur ; il naît miraculeusement , et votre virginité persévère immaculée.
XIX. Marie figurée par la femme que vit saint Jean dans l'Apocalypse.
Jean vit dans les cieux un signe mystérieux et admirable, un signe prophétique et frappant. Jamais rien de semblable ne s'offrit aux regards des Prophètes: jamais rien de si merveilleux n'avait annoncé à l'avance les bienfaits du Seigneur.
En présence de la cour céleste était une femme revêtue de la lumière du soleil ; elle pressait la lune sous ses pieds; une couronne de douze étoiles environnait son front, et elle portait en son sein un fruit tout divin.
A nulle autre qu'à vous, ô Marie, ce tableau que le Prophète déroule à nos yeux ne saurait convenir aussi bien. C'est en vous qu'est conçu , c'est de vous que naît le vrai soleil de justice, et c'est par lui que brille à nos yeux le royaume de la patrie bienheureuse.
La lune est placée sous vos pieds et la milice des cieux est soumise à votre empire. La gloire des douze Patriarches a été bénie par vous ; elle orne votre
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front, et les triomphes des apôtres forment votre diadème.
Vous êtes remplie de la plénitude de toutes les grâces. En vous se trouve l'abondance de toutes les vertus et de la pénitence; vous êtes la beauté par excellence . la lumière exempte de la tache du péché ; la splendeur de la gloire qui embellit le monde de l'éclat de ses rayons.
Tout ce que la voix des Prophètes et les énigmes de la loi ont annoncé de vous , ô Vierge, s'accomplit. Tout ce que la parole de l'Ange vous a promis après les prophètes et la loi , tout s'exécute fidèlement à la face du monde.
Salut! Consolation des hommes, étoile brillante de la mer. Salut! Remède de nos crimes, Vierge vraiment unique. Etrangère à l'homme, vous avez conçu et donné au monde le Seigneur; vous êtes la pierre angulaire qui met un terme aux figures de la loi.
Elevée au-dessus des cieux , vous régnez à la droite de Dieu; près de votre Fils et reine de son empire, vous êtes toute-puissante. C'est de là que vous affermissez les âmes sans vertu, et que vous leur prodiguez vos secours ; c'est de là que votre providence s'étend sur vos enfants, et que vous leur obtenez les grâces du salut.
En effet, la simple raison nous enseigne que là où se trouve environnée de gloire cette chair innocente que le Fils de Dieu prit en vous, là aussi doit se trouver le trône de votre splendeur, placé au milieu d'une gloire incomparable. C'est là, ô Mère, qu'élevée
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au-dessus de toute créature, unie à votre Fils. Nous jouissez dans la céleste patrie , des entretiens de l'adorable Trinité; là votre grâce bienfaisante nous offre une couronne de bonheur ineffable, la gloire et la récompense des saints.
CONCLUSION.
Méditez ces louanges, vous qui mettez votre bonheur en la Vierge sacrée. Vénérez la tendre Marie, et efforcez-vous de la célébrer dignement.
En méditant ces figures, qui vous rappellent la Vierge immaculée, gardez-vous de passer sans lui dire : Je vous salue, ô Marie!
Vous trouverez grâce et miséricorde toutes les fois qu'en présence de la Vierge vous vous écrierez : Je vous salue, Marie, pleine de grâce, etc.
Homme formé d'une vile poussière, secouez-les ténèbres de la mort, maintenant que l'espérance brille encore à vos regards; hâtez-vous de sortir du danger.
Secouez cette poussière, aujourd'hui qu'il est temps encore de courir au remède; levez-vous, marchez pour saisir la couronne , alors qu'elle s'offre encore à vos efforts.
Cherchez la voie que vous avez quittée; souvenez-vous des malheurs passés; retournez à votre patrie avec le fils prodigue et pénitent.
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PETIT PSAUTIER
PETIT PSAUTIER
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LE PETIT PSAUTIER DE LA VIERGE.
TOC \o "1-3" \n \h \z \u
LE PETIT PSAUTIER DE LA VIERGE.
PREMIÈRE PARTIE.
DEUXIEME PARTIE.
TROISIÈME PARTIE.
PREMIÈRE PARTIE.
Salut, ô Vierge, arbre de vie, qui , toujours fidèle au voeu de votre coeur, avez donné au monde un fruit digne de louanges éternelles!
Salut, vous que les rois et les reines de la terre vénèrent en tout temps, vous la Reine des siècles, la dominatrice des royaumes et des rois !
Salut, fille de David, fille pleine de justice! Rendez le ciel propice à nos vœux, afin que nous puissions goûter les biens vivifiants du Seigneur.
Salut, Vierge digne de Dieu! veillez sur ceux qui vous servent; gravez sur eux la lumière de votre front et la splendeur de la face de Dieu.
Salut, Mère unique entre les mères! Ombragée du bouclier de Dieu , vous avez conçu le Rédempteur du monde, et sa naissance vous laissa pure et sans tache.
Salut, ô Vierge dont la beauté changea en amour l'indignation du Créateur, et dont les voeux mirent un terme à sa colère!
Salut, ô Vierge que le Sauveur a trouvée en tout digne de louange, lui que la nuit de l’erreur ne
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saurait égarer, lui qui sonde nos coeurs et scrute le secret de nos pensées!
Salut, ô Vierge comblée de biens, riche des dons de la grâce, ouvrage ineffable et glorieux de la main du Seigneur!
Salut, Vierge avant et après avoir conçu ! Combattez en tout temps pour ma défense; que mon ennemi prenne la fuite et qu'il se tienne toujours loin de moi.
Salut, porte de la liberté, demeure de la Trinité suprême, temple auguste du Seigneur, ressource et exemple du monde !
Salut, Vierge fleur vraiment royale, femme unique entre les femmes , vous dont les paroles l'emportent sur tout prix, vous dont la langue est l'instrument par excellence qui sert à louer Dieu!
Salut, ô Vierge objet de mes transports! A vous mes chants, à vous mes louanges en souvenir de vos bienfaits ; ô Vierge ! conservez celui qui aime à célébrer votre nom.
Salut, ô Vierge chérie de Dieu, Vierge pleine de beauté, de prudence, de splendeur et de suavité, Vierge seule digne de donner au monde le salut de Dieu!
Salut, ô Vierge qui êtes ma force! O ma Souveraine! suppliez votre Fils qu'il nous accorde d'habiter un jour dans la gloire de la sainte Sion.
Salut, Vierge modèle du monde, vous à qui le Christ, le Roi des siècles, fit connaître les voies de la vie, les voies libres des embarras de la terre!
Salut, ô Vierge dont la voix, les paroles, les accents
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et les cris inclinent l'oreille de Dieu, et la portent à répandre ses bienfaits!
Salut, Vierge digne de notre autour, Vierge que nos louanges doivent exalter par-dessus toute créature, tige sainte, plante véritable, vous la fleur et la gloire de votre sexe !
Salut, Vierge dont la beauté attira le Dieu engendré de son Père! Il s'avança sans crainte aux combats qui l'attendaient; il accomplit sa course comme un géant.
Salut, ô échelle qui touchez les cieux ! C'est vers vous que j'élève mes soupirs en gémissant; c'est vous, étoile de la mer, que j'appelle des célestes hauteurs pour me défendre des dangers qui m'environnent.
Salut , ô Vierge, fille bienheureuse de Jessé ! Tous vos voeux se sont accomplis, et les désirs de votre coeur, les désirs exprimés par vos lèvres n'ont point été trompés.
Salut, ô vous dont les peuples à venir célébreront la grandeur , vous dont la gloire ne saurait s'affaiblir, dont la puissance ne finira jamais!
Salut, Vierge digne de toute louange! Chaste Mère de Dieu, réjouissez-vous, agréez les voeux que je vous offre , et daignez être toujours avec moi.
Salut, ô vous dont les mains sont demeurées étrangères à tout acte inutile et se sont conservées pure de toute iniquité!
Salut, Vierge glorieuse! votre chair exhale un parfum comme la rose qui s'épanouit; votre coeur est dans l'allégresse, et votre âme a fixé son séjour dans l'abondance de tout bien.
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Salut, o Vierge qui maintenant écoutez eu présence du trône de Dieu les chants de joie dont le ciel retentit ! Commandez que nous aussi nous allions dans sa gloire célébrer ses louanges.
Salut, ô Vierge! Hâtez-vous; à toute heure soyez mon secours et ma protection ; montrez-vous à mon égard la digne Mère de Dieu.
Salut, ô Vierge brillante de cette fleur dont le goût et le parfum rendent à l'homme sa jeunesse et rappellent son âme à la vie!
Salut , ô Vierge ! Apparaissez et commandez-nous d'aller régner en votre gloire. Mère du Christ, attirez-nous à votre suite en ces lieux où vous possédez son bonheur.
Salut , ô Vierge, rayon de miel ! La splendeur du soleil et l'éclat des étoiles s'évanouissent en présence de votre clarté tant votre lumière est ineffable.
Salut, ô Vierge, terme de la colère du Très-Haut ! Purifiez nos crimes et accordez-nous au sortir de cette vie de n'être point dans la confusion à cause de nos iniquités.
Salut, ô Vierge dont la beauté réjouit nos yeux ! Mère de clémence, je vous en conjure de toute l'ardeur de mon âme, prêtez chaque jour à mes cris une oreille attentive et compatissante.
Salut, Vierge et Mère à la fois ! Demandez qu'en tout temps le souffle sacré de l'Esprit-Saint vienne nous fortifier, et que le Verbe divin nous affermisse.
Salut, ô Vierge pure et sans tache , chaste Mère du
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Seigneur ! Faites que vos louanges soient toujours sur mes lèvres et fassent mon bonheur.
Salut, Mère étrangère à l'homme! Rendez-moi digne de recevoir votre assistance; daignez ne plus me différer votre secours.
Salut , ô Vierge , canal toujours pur ! Que par vous la source d'eau vive ne cesse jamais de couler en moi que mon coeur en soit en tout temps enivré.
Salut, ô Vierge , chemin de la vie ! Salut, Marie , espérance du monde ! Notre coeur médite votre loi , et notre bouche célèbre votre sagesse.
Salut, ô Vierge , gloire de la terre ! Devant vous le Juge formidable s'incline; il oublie sa colère en présence de votre beauté.
Salut, Vierge, vaisseau du inonde! faites que le feu de la charité aille toujours croissant en moi, et que itou coeur s'enflamme de votre amour.
Salut, ô Vierge, lumière des astres ! Répandez pour moi vos prières en présence de Dieu, et arrachez-moi , je vous prie, de l'abîme empesté du vice.
Salut, ô Vierge ! Daignez, je vous en conjure, recevoir mes louanges et me guérir de cette langueur que m'a laissée le péché.
Salut, ô Vierge ! Accordez-nous de jouir de la gloire que vous goûtez, de contempler au milieu des cieux les joies enivrantes des saints, et d'entendre les divins cantiques qui s'élèvent en présence du trône de Dieu.
Salut, ô Vierge unique Mère véritable du salut,
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Auteur de la lumière qui brille à nos yeux, Mère de celui dont Dieu seul est le Père!
Salut, ô Vierge qui apaisez la mer frémissante de ce monde ! Que Jésus endormi sur le navire s'éveille par vos soins empressés.
Salut, Vierge digne de nos hommages ! En présence de votre Fils, sous l'éclat d'un vêtement enrichi d'un or inestimable, vous brillez d'une gloire qui ravit.
Salut, Vierge, lumière du monde ! C'est vous qui par un prodige inouï avez répandu sur la terre le fleuve du Verbe coulant du sein du Père en votre sein virginal.
Salut, Vierge, Mère de l'Agneau, Mère de Jésus le grand Roi , du Roi plein de miséricorde et de bénignité, du Roi digne des suprêmes honneurs !
Salut, Vierge d'une beauté unique ! Les rois habitants des cieux se sont assemblés et ont contemplé avec admiration l'éclat brillant de votre face.
Salut, ô Vierge ! Empêchez que l'âme qui vous aime et célèbre vos louanges ne soit rangée parmi les coupables en ces lieux où ils sont la pâture de la mort.
Salut, ô Vierge, éclat du printemps ! En vous se trouve la beauté de nos campagnes ; la céleste rosée s'est répandue sur vous sans réserve, et vous vous êtes épanouie en donnant un Sauveur à la terre.
Salut , Mère des orphelins ! Ayez pitié de ceux qui sont sous les coups du malheur. Eloignez de nous toute souillure et tout crime , vous dont la pureté surpasse la blancheur de la neige.
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DEUXIEME PARTIE.
Salut, ô Vierge par excellence, Vierge féconde comme l'olivier, vous qui avez offert à nos lèvres le fruit d'une fleur toute divine !
Salut , fille auguste de David , vous que le inonde a célébrée, vous qui seule avez cherché Dieu dans la vérité sans jamais incliner vos regards vers le péché.
Salut, ô Vierge dont le voeu fut pour la terre une nouveauté ! Demandez que les bienfaits du ciel se répandent sur le monde entier , et faites qu'en tout temps nous sentions la puissance de votre secours.
Salut, ô Vierge, chaste colombe ! Faites que des sentiers fangeux de la terre je m'élance d'un vol rapide là ou je trouverai un repos éternel.
Salut, ô Vierge ! Faites que guidé par vous je jouisse de la lumière des vivants, et que, ravi dans la cité céleste, j'y possède la vie qui doit toujours durer.
Salut, ô Vierge vraiment unique! Fortifiez-moi de l'ombre de vos ailes; que j'arrive par vous à cette demeure ravissante où se trouve la plénitude du repos et de la paix.
Salut, honneur de votre sexe , rejeton glorieux de Juda, Mère de celui qui vous donna le jour, fille de votre fils, maison de Dieu et temple du soleil !
Salut , ô Vierge fleur brillante née de l'épine ! O Reine, accordez-nous l'objet de nos demandes. Venez à notre rencontre : offrez-nous votre main, et conduisez-nous vers les célestes hauteurs.
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Salut, ô Vierge ineffable d'innocence! Calmez en tout temps notre faim, apaisez notre soif en faisant couler dans nos âmes les eaux de l'auguste Trinité, en répandant en nous le vin de la componction.
Salut , fort de notre espérance ! O Vierge, souvenez-vous de moi ; vous, la plus excellente entre toutes les femmes , sauvez celui qui célèbre vos louanges.
Salut, ô Vierge modèle de sincérité, vous dont l'espérance entière fut toujours en votre Créateur et jamais en ce monde, qui s'enfuit et disparaît !
Salut, ô Vierge dont la chair sut toujours dédaigner les vains plaisirs d'ici-bas, et dont l'esprit n'eut de désirs et de soupirs que pour le Seigneur!
Salut, ô Vierge dont le coeur fut toujours droit, Vierge dont nulle tache n'altéra jamais la beauté, alors même que vous donnâtes à la terre le fruit immaculé de votre sein!
Salut, ô notre vie, fille de Juda! Soyez sensible aux voeux de mon coeur , afin qu'au jour où je reprendrai la cendre de mon corps, je puisse vous louer dans la céleste Sion.
Salut, ô Vierge semblable à l'or pur, qui avez passé à travers les feux de ce monde en conservant sans tache l'éclat de votre virginité!
Salut, ô Mère sans pareille, Mère de Dieu ! Priez le Seigneur de prendre en pitié ma misère et de me compter au nombre des justes.
Salut, ô Vierge toujours unie à Dieu! Que votre main éloigne de moi tout malheur que mes voies
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soient toujours prospères. et que l'adversité me devienne favorable.
Salut, ô Vierge par qui le Seigneur s'est rendu pauvre et gémissant ! Par vous la douleur se dissipe et la pauvreté s'enfuit loin de nous.
Salut, ô Vierge, sanctuaire de Dieu! Intercédez pour nous et apaisez sans retard la colère de votre Fils, vous dont la prière ne saurait être repoussée.
Salut , modèle de la virginité ! Soyez, ô Vierge ! mon soutien tout-puissant contre le péché, afin que je sois préservé des tourments éternels.
Salut, ô Vierge, vrai port de la vie, porte toujours close, jardin fermé, toison du véritable Gédéon , trône du vrai Salomon !
Salut, ô Vierge, dont les pieds toujours purs ont ignoré les sentiers du vice ! Affermissez ceux qui chancellent, relevez ceux qui sont tombés, soutenez ceux qui marchent avec fermeté.
Salut, honneur de notre loi, étoile radieuse du matin, aurore du vrai soleil ! Daignez intercéder en tout temps pour nous.
Salut, ô Vierge objet de nos louanges! Donnez-nous de pouvoir contempler sans crainte Jésus au jour de ses jugements, et pendant la durée éternelle de son règne.
Salut , ô Vierge féconde ! Affermissez les coeurs errants, purifiez les coupables et rendez-nous pacifique ce Roi qui met un terme à la vie des rois.
Salut, ô Vierge, repos de Dieu! Rendez-moi les jours antiques et la lumière de la patrie céleste, dont m'a privé la faute d’Eve.
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Salut, ô Vierge qui avez demandé que du sanctuaire de votre sein virginal le véritable pain des anges allât se reposer sur la bouche du pécheur !
Salut , ô temple immaculé , vous dont le coeur dépouillé du monde ne permit jamais au siècle d'imprimer en lui le souffle le plus léger !
Salut, Vierge, remède de la terre ! Préparez et offrez-nous le breuvage du salut, mesurez-nous les pleurs selon la multitude de nos iniquités.
Salut, ô Vierge, la fleur de votre âge, vous qui avez reçu du haut des cieux le miel et la manne de toute suavité , et qui en avez fait présent à la terre !
Salut , ô Vierge ! Mettez en fuite la mort. Salut de ceux qui sont tombés , sauvez les pécheurs et faites-les entrer en partage avec les enfants de Dieu.
Salut, ô Vierge admirable ! Nulle en ce monde ne peut vous être comparée. Non , entre toutes les femmes il n'en est point de semblable à vous : votre grandeur est ineffable.
Salut , ô Vierge qui avez banni les larmes de cette vallée de tristesse ! Lancez des célestes hauteurs vos rayons sur la terre et sur toute l'étendue des mers.
Salut, ô terre vraiment féconde, généreuse Mère de Jésus, vous qui, demeurée étrangère à l'homme, avez vu naître un fils de votre sein par un prodige admirable !
Salut, vous qui êtes grande et petite à la fois, Mère et servante de Dieu , vous la Reine des reines, l'honneur du ciel et la louange de la terre !
Salut, ô Vierge. vie de ce Inonde! Unissez-vous à
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votre Fils afin d'exaucer ma prière et de me rendre habitant de la cité de Dieu.
Salut, ô Vierge, jour de bonheur! Mère sans tache, que par vous je sois délivré de la misère profonde oit si long temps j'ai gémi.
Salut , ô Vierge ! Réjouissez-vous de l'empire que vous exercez dans les cieux; que toute nation, que toute langue le confesse ; qu'il en soit ainsi à jamais.
Salut , ô Vierge dont le visage brille de la splendeur de son Créateur, dont le corps est tout lumineux et dont le coeur répand au loin son éclat !
Salut, ô Vierge , l'honneur de ce monde ! Que par vous le cours de mes jours se remplisse, et que la plénitude du salut devienne mon partage.
Salut, ô cèdre magnifique, Vierge semblable au palmier ! Vous surpassez en dignité tous les arbres du jardin de délices.
Salut, ô Vierge qui vous êtes revêtue de gloire, qui vous êtes ceinte avec éclat du Dieu qui vous donna la vie, en le couvrant des voiles d'une chair immaculée!
Salut, ô Vierge pleine de grâce! Vous êtes entre toutes les femmes douce et brillante de beauté : daignez donc ne jamais me repousser loin de vous.
Salut , ô Vierge plus éclatante que le soleil , vous dont le Fils crée, pèse et soutient le monde, et en renferme les limites en sa main !
Salut , ô Vierge dont la vie est sans tache ! faites qu'après avoir confessé sincèrement nos péchés, notre âme soit pure; faites qu'en tout temps nous votes offrions nos hommages.
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Salut, ô Vierge, toison couverte de la céleste rosée! Vous êtes la bien-aimée du Sauveur; votre coeur s'est fondu sous le souffle embrasé de Dieu.
Salut , Epouse du Roi suprême ! Chantez au Seigneur un cantique sacré ; accordez-nous le secours que nous implorons , de peur que la mort ne nous surprenne au milieu de nos crimes.
Salut, ô nuée bienfaisante, qui avez rétabli nos coeurs en proie à tant lue maux , en leur communiquant le Dieu Sauveur !
Salut, ô Vierge ! Empressez-vous d'ouvrir sans retard ces portes que le premier homme a fermées , afin que nous puissions entrer sans obstacle.
Salut, ô Vierge que les traits de l'ennemi caché n'ont jamais atteinte ! Votre bonheur est sans réserve: jamais le souffle de l'injustice n'arriva jusqu'à vous.
TROISIÈME PARTIE.
Salut, ô Vierge, astre du monde! Vous êtes la maison , le toit, la montagne, le nid où Jésus, le passereau solitaire, a établi sa demeure.
Salut, ô Vierge par excellence, Mère toujours étrangère à l'homme ! Vous nous avez donné l'Auteur de la vie , celui dont la miséricorde est inaltérable.
Salut, ô Vierge, terre fertile! Accordez à mes soupirs le pain que vous avez formé, et le vin qui est né de la vigne véritable.
Salut, Mère du vrai Joseph ! Qu'eu tout temps il daigne protéger notre âme contre les horreurs de la
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faim. C'est par vous que nous espérons obtenir ce bienfait.
Salut, ô Vierge! Accordez-moi l'unique objet de mes désirs , daignez me visiter par votre grâce bienfaisante et assurer ainsi mon salut.
Salut, ô Vierge, fontaine toujours fermée, vous dont le sein toujours immaculé a donné au monde un rédempteur , et un sauveur aux opprimés !
Salut , ô Vierge ! Demandez que mon coeur se trouve en tout temps préparé; qu'à toute heure il se porte avec joie, allégresse et bonheur à tout le bien que vous m'offrez à accomplir.
Salut, ô Vierge, auteur de la vie! Puissante souveraine , je crie vers vous du fond de ma misère et de ma pauvreté ; je crie vers vous accablé de chagrins innombrables.
Salut, ô Vierge! Ah ! ne permettez pas que les murs et les ruines de la sainte Sion se réparent sans notre concours; faites que nolis puissions servir à restaurer cette cité céleste.
Salut, ô Vierge dont le regard, la conduite, le maintien et toute la personne sont aux yeux de tous un modèle ravissant, un modèle où rien d'imparfait ne saurait apparaître !
Salut , ô Vierge, épouse de l'Agneau ! Je désire , ô Mère incorruptible, que votre main si bienfaisante et si pleine de félicité verse sur moi ses bénédictions.
Salut, ô Vierge née pour le bonheur du monde! Daignez, pour empêcher notre chute au fond de
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l'abîme, nous conduire vous-même au port, où le soleil éternel apparaît radieux.
Salut , ô Vierge que dans la sincérité de mon coeur j'espère avoir toujours pour protectrice de ma vie, vous que je reconnais pour la Mère de mon Dieu !
Salut, ô Vierge remplie d'allégresse ! Que par vous je trouve place dans l'assemblée des élus bienheureux, dans la terre des vivants.
Salut, ô Vierge, tige toujours verdoyante, rayon de miel , fontaine et coupe à la fois , vous qui avez offert au monde pour rassasier sa soif le Prophète par excellence !
Salut , ô Vierge , tige de Jessé ! Donnez-nous d'habiter avec vous afin que dans les siècles éternels nous chantions vos louanges avec l'amour que nous vous devons.
Salut , Vierge glorieuse ! Vierge puissante, mettez en moi la vertu, et commandez qu'en tout temps il me soit donné de contempler votre beauté.
Salut, ô Vierge ! Enseignez-moi dans le silence de mon âme la bonté , la sagesse et la science céleste.
Salut , ô Vierge vraiment pleine de douceur ! Sauvez-moi , je vous en prie , des peines de ce pesant exil et des tourments éternels.
Salut , ô Mère toujours pure ! C'est vers vous que j'élève mes regards et mon coeur , afin d'avoir part aux consolations dont votre pitié est prodigue envers tous ceux que le malheur oppresse.
Salut, ô Vierge, lumière des justes ! Vous qui
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êtes entrée glorieuse dans le palais céleste , et y avez pris place pour y régner en souveraine !
Salut, ô vous à qui le Roi et le Dominateur suprême des cieux a donné, par un pacte éternel, la puissance sur toute créature.
Salut, Vierge bénie, que jamais le vain torrent des choses de la terre , ni la rosée passagère, ni la fleur sitôt flétrie de ce monde n'entraînèrent au mal !
Salut, montagne sublime de Sion, Vierge élevée d'une manière ineffable ! Dans les cieux vous avez tout pouvoir, tout droit et tout empire.
Salut, ô Vierge sur qui le souffle céleste s'est abaissé, et que son influence a fécondée en vous faisant produire un fruit tout spirituel, Jésus , la fleur de votre virginité !
Salut , pleine de grâce , maison ornée de sept colonnes, temple construit par la main de Dieu, et dont la sainteté ne souffrit jamais la moindre atteinte!
Salut, tige de la vigne véritable ! Faites, ô Vierge! que durant les jours éternels je contemple les biens de la sainte Sion et que je sois dans l'abondance de ses félicités.
Salut , ô Vierge , étoile de la mer ! Donnez-moi la force, enseignez-moi à combattre, dirigez mes coups vers leur but et ne permettez pas que je sois jamais vaincu.
Salut, ô Vierge, espérance des humains ! Apaisez les tempêtes et calmez les flots agités, afin que, surmontant les vagues de ce monde , nous puissions échapper à l'abîme.
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Salut, ô Vierge dont la pensée ne fut jamais la proie d'une vainc arrogance ou d'un orgueil insensé !
Salut, ô Vierge, Reine du ciel ! Dieu a choisi voire coeur pour y habiter seul et sans partage; c'est ]à qu'il se plaît à jouir de son repos.
Salut , ô Vierge, vase rempli de parfums embaumés ! Nous vous supplions de répandre sur la frange de notre vêtement l'abondance de vos saintes essences.
Salut, ô Vierge dont les mains se sont élevées pour offrir à Dieu l'encens si pur de vos prières , à ce Dieu dont vous êtes la Mère !
Salut, ô Vierge toute de piété ! Donnez-moi de chanter vos louanges durant la vie et après la mort avec un coeur vraiment dévoué , avec un amour toujours pur.
Salut, Ciel spirituel , suprême hauteur intellectuelle ! Vous êtes la montagne demeurée intacte, vous êtes le jardin des délices célestes.
Salut, ô Mère vierge véritable ! Enseignez-moi à me souvenir toujours de Sion dans la sincérité de mon âme, à ne jamais reposer mes pensées sur ce monde.
Salut , Mère du nouvel Adam ! Faites, je vous en conjure, que je puisse échapper à sa juste vengeance veuillez plaider ma cause au jour de sa colère.
Salut , Mère de charité ! Que par vous la nuit de notre aveuglement soit éclairée comme le jour, et que tout malheur soit éloigné de nous.
Salut, Vierge digne d’être annoncée au monde
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Ne permettez pas que mes efforts soient supplantés ; dirigez mes pas de peur qu'ils ne m'entraînent à l'abîme.
Salut, ô Vierge, coeur divinement orné ! Empêchez que jamais ma bouche ne s'ouvre pour excuser mes crimes ; apprenez-moi à refréner ma langue.
Salut , ô Vierge ! Accordez-moi au sortir des chagrins de ce monde de contempler la face de Jésus, cette face plus brillante que le soleil.
Salut, fille auguste des rois ! O Vierge, sauvez, comme vous l'avez fait jusqu'alors celui qui fuit vers vous ; sauvez celui qui se prosterne en votre présence.
Salut, arbre entouré de soins admirables, Vierge objet de louanges sans nombre, en qui Dieu ne trouva rien à reprendre lorsqu'il s'abaissa jusqu'à vous !
Salut, ô Vierge qui avez allaité la suave lumière dont vous fûtes enivrée , et qui , rame fixée dans les cieux, simple étoile avez donné au monde le soleil qui l'éclaire?
Salut , ô Vierge qui portez un raisin qui calme la soif de la terre, qui rend la lumière aux aveugles et la liberté à ceux qui sont dans l'esclavage !
Salut , ô Vierge heureuse dont la lumière toujours inaltérable se répand pour jamais sur les campagnes de l'Eglise par sept étoiles pleines de sérénité !
Salut, puissante Reine de l'univers , convive de la table de Dieu ! Faites qu'assis à vos côtés je participe à son banquet céleste.
Salut, ô Vierge d'innocence ! La lune en votre présence voit sa clarté s'évanouir; les étoiles palissent, et le soleil couvre d'un voile ses rayons.
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Salut ô Vierge ! Vous êtes dans la joie, et votre gloire est remplie d'allégresse à la vue des vertus sans nombre dont le parfum embaume le sanctuaire de votre âme.
Salut, astre par excellence ! Salut , Mère auguste de mon Dieu ! Vous êtes digne d'être chantée d'une manière admirable durant les siècles éternels. Ainsi soit-il.
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XXV MÉMORIAUX
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LES VINGT-CINQ MÉMORIAUX.
TOC \o "1-3" \n \h \z \u
LES VINGT-CINQ MÉMORIAUX.
PROLOGUE.
MÉMORIAUX GÉNÉRAUX.
MÉMORIAUX PARTICULIERS.
XXV. Comment nous devons nous estimer, bien que nous soyons parfaits.
Conclusion de cette lettre.
PROLOGUE.
Bonaventure de Bagnorea à son bien-aimé en Jésus-Christ, à son frère dans le Seigneur, à celui qui, ayant dépouillé le vieil homme, désire vivre pour Jésus-Christ et mourir au monde.
Vous m'avez conjuré avec les instances les plus vives, mon bien-aimé frère dans le Seigneur, lorsque nous demeurions sous un même toit, de vouloir bien vous visiter dans la suite par quelque lettre d'encouragement. Une telle prière, je l'avoue, a ramassé des charbons ardents sur ma tête. Mais, par sa persévérance amoureuse, votre humilité si profonde a vaincu l'orgueil de mon inflexibilité, et j'ai promis de satisfaire votre désir, quoiqu'il eût été beaucoup plus dans l'ordre que je reçusse de vous ce que je m'engageais à vous envoyer. Cependant, puisque l'ardeur incessante de votre tendresse m'a forcé de devenir insensé en ce point, je vais tenter de faire, autant qu'il sera en moi, ce que vous me demandez, sans pourtant m'astreindre à vous écrire rien de spécial, mais me contentant de choses simples et sans apprêt que je m'étais proposé de recueillir pour mon usage, et dont vous connaissez déjà un certain nombre.
Je commence d'abord par avertir votre charité,
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mon frère, que, nul ne pouvant servir Dieu d'une manière parfaite s'il ne s'efforce de se séparer totalement du monde , il nous faut , si nous voulons marcher à la suite du Sauveur , obéir sans réserve à la parole du Prophète (1) ; il faut, après avoir rompu les draines du péché, nous décharger encore des fardeaux qui nous accablent, afin que, débarrassés de ce qui tient à la terre, nous puissions suivre notre Rédempteur en toute liberté. « Celui qui est enrôlé au service de Dieu, dit l'Apôtre, ne s'embarrasse point dans les unitives du siècle (2). » Ne promettons dore jamais à notre coeur de conserver la moindre sollicitude pour les choses créées, si ce n'est qu'autant qu'elles excitent en nous l'ardeur du divin amour et de la charité; car la multitude des objets périssables venant à séjourner plus qu'il ne faut en notre esprit, non-seulement y amène la distraction, mais elle y interrompt le repos délicieux dont jouit une âme rendue à la paix. De là naissent ensuite des désirs qui soulèvent en cette âme un ébranlement violent, et la plongent en des agitations tanguantes et importunes. Déposons plutôt le fardeau onéreux de toute affection aux choses terrestres, et, n'ayant plus rien qui retarde notre marche, courons à celui qui nous invite avec amour , à celui en qui se trouvent la nourriture véritable ses âmes et la paix suprême qui surpasse tout sentiment.
« Venez à moi, dit-il, vous tous qui êtes dans lu peine et qui êtes surchargés, et je vous soulagerai (3). »
1 Is., 58. — 2 II
Tim., 2. — 3 Mat., 11.
O Seigneur ! de qui avez-vous besoin? Pourquoi nous appelez-vous ? Qu'y a-t-il de commun entre vous et nous ? O parole vraiment toute de tendresse ! Venez à moi, dites-vous, et je vous soulagerai. O condescendance admirable de notre Dieu ! ô charité ineffable ! Qui jamais a agi de la sorte? Qui jamais a entendu , qui jamais a rien vu de semblable? voilà qu'il invite ses ennemis, qu'il exhorte les coupables, qu'il appelle avec amour les ingrats. « Venez à moi, vous tous qui ôtes dans la peine et apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur; prenez mon joug sur vous, et vous trouverez le repos de vos âmes. » O douces paroles! paroles déifiques, plus pénétrantes que le glaive le plus aigu ; elles transpercent le coeur jusqu'en ses profondeurs, et par l'excès de leur tendresse elles atteignent jusqu'à la division de l'âme. Réveille-toi donc maintenant, ô âme chrétienne ! à l'effusion d'une telle charité, aux délices d'une telle douceur, au parfum d'une telle suavité. Oui , celui qui n'a point senti un tel langage, est malade ; il est éloigné de la voie, il est proche de la mort. Je t'en conjure, ô mon âme! remplis-toi d'ardeur, engraisse-toi sans réserve, enivre-toi de douceur. Non, que personne ne t'empêche d'entrer, de tenir, de goûter. Que cherchons-nous davantage? qu'attendons-nous encore? que désirons-nous de plus? En Jésus-Christ nous avons tous les biens. Nais, ô folie prodigieuse ! ô infirmité déplorable ! ô méchanceté détestable ! Nous sommes appelés au repos, et nous poursuivons le travail; on nous offre le
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soulagement et nous cherchons la douleur; on nous promet la joie et nous soupirons après la tristesse. Oui , notre infirmité est vraiment prodigieuse; notre perversité, vraiment déplorable. Voilà que nous sommes tous devenus comme des êtres insensibles, pires que des simulacres. Nous avons des yeux, et nous ne voyons pas; nous avons des oreilles, et nous n'entendons pas; nous avons une raison, et nous sommes sans discernement; nous regardons comme amer ce qui est plein de douceur, et comme plein de douceur ce qui n'est qu'amertume. O Dieu ! qui corrigera une perversité si profonde? qui pourra satisfaire pour une méchanceté aussi grande? Assurément nous ne trouverons en nous rien qui atteigne un but semblable, à moins que nous ne le recevions de votre bonté. Vous seul, Seigneur, pouvez nous corriger; vous seul pouvez satisfaire pour nos crimes, car vous seul connaissez l'argile dont nous sommes formés ; vous seul êtes notre salut et notre rédemption; mais vous accordez ces faveurs à ceux-là seuls qui , reconnaissant leur misère dans toute sa profondeur , ne mettent leur espérance qu'en vous pour en sortir.
Levons donc avec ardeur les yeux de notre âme vers Dieu, et reconnaissons dans quel abîme nous sommes enfoncés; car celui qui ignore l'excès de sa misère , ne saurait s'inquiéter beaucoup d'en être délivré. Instruits de notre malheur, crions avec force vers le Seigneur du fond de notre détresse, afin qu'il étende jusqu'à nous la main secourable de sa miséricorde , cette main qui ne saurait jamais s'accourcir
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toutes les fois qu'il s'agit d'opérer notre salut. Gardons-nous de perdre la confiance qui porte en soi le germe d'une grande récompense. Allons avec cette confiance au trône de la grâce, et remportons le prix de notre foi, qui n'est autre que le salut de nos âmes. Qu'il n'y ait donc en nous aucun retard. Déjà la vie nous appelle, le salut nous attend , la tribulation nous force d'entrer. Que faisons-nous? pourquoi cette paresse ? pourquoi ces vains prétextes? Hâtons-nous d'entrer dans le repos de l'éternelle félicité, où sont des merveilles insondables et sans nombre. Que notre coeur monte à Jérusalem ; soupirons après notre patrie; marchons à notre mère, dont le séjour n'est pas en ce monde; entrons dans la puissance du Seigneur ; contemplons notre Roi assis sur le trône de sa gloire , et que nos coeurs se dissolvent en présence de ses miséricordes ; rendons-lui grâces de toute notre âme de ce qu'il n'a point considéré le vice de notre ingratitude, de ce qu'il n'a point éloigné de nous la charité de sa compassion, alors qu'il nous a inspiré le désir de nous élancer dans la voie de ses commandements, que nul ne saurait parcourir sans un pareil désir. C'est un don que nous devons singulièrement estimer et dont il faut rendre hommage à sa grâce; car le glorieux prophète David nous enseigne qu'il a soupiré après un don semblable lorsqu'il dit : « Mon âme a désiré avoir en tout temps le désir de vos commandements (1). »
Mais ce désir même s'affaiblit de temps en temps
1 Ps., 118 en nous par la tiédeur excessive de notre paresse et de notre négligence, c'est pourquoi j'ai pensé, pour le ranimer en nos coeurs, à noter certains mémoriaux qui nous rappelleraient ce que nous devons éviter et ce que nous devons faire. Tâchons , en les méditant avec une ferveur amoureuse , de reprendre notre vigueur première , et de croître infatigablement, par la charité divine, en vertus et en grâces jusqu'à ce que soit formé en nous le désir parfait des collines éternelles. Exposons (l'abord ce qui est général en ces mémoriaux , et ensuite nous descendrons à ce qui est particulier.
MÉMORIAUX GÉNÉRAUX.
Il y a certaines vertus recommandées aux jeunes gens et qui sont autant d'échelons de salut. Ceux qui s'y exercent peuvent sans aucun doute atteindre sûrement par elles à la perfection et au comble de la gloire. Ces vertus sont la sainte modestie en toute chose et dans tous nos actes, l'amour du silence, l'empressement à obéir, l'assiduité à prier, la fuite de l'oisiveté et de la dissipation , la confession fréquente et sincère , une volonté prompte à servir les autres et l'éloignement de toute société inutile. Ce sont autant de perles brillantes qui rendent agréable à Dieu et aux anges celui qui les possède. Lors donc que vous serez parvenu à plaire à celui qui vous a séparé dès le sein de votre mère, et vous a appelé par sa grâce afin de montrer en vous l'image de son Fils
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en vous faisant passer de la servitude misérable de l'Egypte à la liberté des enfants de Dieu; lorsque vous aurez ainsi commencé à porter vos pas dans la voie du nouvel homme , dans cette voie d'humilité tracée entre la crainte et l'amour, vous pourrez en vous élevant monter vers des régions plus hautes, vous exercer à des pratiques plus sublimes ; et c'est pour vous aider en cela que j'ai recueilli les mémoriaux suivants.
MÉMORIAUX PARTICULIERS.
I. De la mortification de notre concupiscence.
Il faut avant tout, puisque vous désirez marcher sur les pas de Jésus, que votre espérance soit tout entière fixée dans le Seigneur, et que vous renonciez sans réserve aux consolations de ce monde.