Les Martyrs (page 41)
Οὔτ’ ἐς δαῖτ’ ἰέναι οὔτ’ ἐν μεγάροισι πάσασθαι,
Πρίν γ’ ὅτε δή σ’ ἐπ’ ἐμοῖσιν ἐγὼ γούνεσσι καθίσσας
Ὄψου τ’ ἄσαιμι προταμὼν καὶ οἶνον ἐπισχών.
Πολλάκι μοι κατέδευσας ἐπὶ στήθεσσι χιτῶνα
Οἴνου ἀποβλύζων ἐν νηπιέῃ ἀλεγεινῇ.
(Iliad., liv. ix, v. 487.)
48e. — page 24.
Il part comme un aigle.
Ὥς ἄρα φωνήσασ' ἀπέβη γλαυκῶπις Ἀθήνη
Φήνῃ εἰδομένη.
(Odyss., liv. iii, v. 371.)
49e. — page 24.
Elle détourna la tête, dans la crainte de voir le dieu et de mourir.
On croyoit que la manifestation subite de la divinité donnoit la mort. (Voyez une note de Mme Dacier Sur un passage du xvie livre de l’Odyssée.)
50e. — page 24.
Et passant les fontaines d’Arsinoé et de Clepsydra.
« On y voit (sur le mont Ithome) une fontaine nommée Arsinoé : elle reçoit l’eau d’une fontaine appelée Clepsydra. » (Pausanias, in Messen., cap. xxxi.)
51e. — page 25.
Le père malheureux étoit assis à terre, près du foyer ; la tête couverte d’un pan de sa robe, il arrosoit les cendres de ses pleurs.
Tout le monde sait que les suppliants et les malheureux s’asseyoient au foyer parmi les cendres. (Voyez l’Odyssée, liv. XVI, et Plutarque, dans la Vie de Thémistocle.)
52e. — page 25.
Tels sont les cris dont retentit le nid des oiseaux lorsque la mère apporte la nourriture à ses petits.
On a critiqué cette comparaison : on a dit que la douleur ou la joie morale ne pouvoit jamais être comparée au mouvement de la douleur ou des besoins physiques. S’il en étoit ainsi, il faudroit renoncer à toute comparaison et même à toute poésie ; car les comparaisons et la poésie consistent surtout à transporter, pour ainsi dire, le physique dans le moral et le moral dans le physique. C’est ce qui est reconnu par tous les critiques dignes de porter ce nom.
Au reste, cette comparaison se trouve dans Homère, et presque dans les mêmes circonstances où elle est placée ici. (Odyssée, liv. xvi.)
53e. — page 25.
On auroit vu ton père racontant sa douleur au soleil.
Usage antique qu’on retrouve dans les tragiques grecs. Jocaste, dans Les Phéniciennes, ouvre la scène par un monologue où elle apostrophe l’astre du jour. De là le beau vers de Virgile et l’un des plus beaux vers de son illustre traducteur :
Solem quis dicere falsum
Audeat ?
Qui pourroit, ô soleil ! t’accuser d’imposture ?
54e. — page 25.
La destinée d’un vieillard qui meurt sans enfants est digne de pitié, etc.
Imitation de Solon. Ce grand législateur étoit poëte. Il nous reste de lui quelques fragments d’une espèce d’élégie politique. (In min. Poet. græc.)
55e. — page 25.
Ah ! je ne sentirois pas un chagrin plus mortel quand on cesseroit de m’appeler le père de Cymodocée !
Formule touchante empruntée des Grecs. Ulysse s’en sert dans l’Iliade en parlant de Télémaque.
56e. — page 26.
Et nous avons craint les soupçons qui s’élèvent trop souvent dans le cœur des enfants de la terre.
Δύσζηλοι γάρ τ' εἰμὲν ἐπὶ χθονὶ φῦλ' ἀνθρώπων.
(Odyss., liv. vi, v. 307.)
57e. — page 26.
Euryméduse, repartit Démodocus, quelles paroles sont échappées à tes lèvres ! Jusqu’à présent tu n’avois pas paru manquer de sagesse, etc.
Οὐ μὲν νήπιος ἦσθα, Βοηθοΐδη Ἐτεωνεῦ,
Τὸ πρίν· ἀτὰρ μὲν νῦν γε πάϊς ὣς νήπια βάζεις.
(Odyss., liv. iv, v. 31.)
58e. — page 26.
La colère, comme la faim, est mère des mauvais conseils.
Et malesuada fames. (Virg., vi, 276.)
59e. — page 26.
Qui pourroit égaler les Grâces, surtout la plus jeune, la divine Pasithée ?
Les noms ordinaires des Grâces sont Aglaé, Thalie et Euphrosine. Homère nomme la plus jeune Pasithée, et il a été suivi par Stace.
60e. — page 26.
Orphée, Linus, Homère, ou le vieillard d’Ascrée.
Poëtes connus de tout le monde. Hésiode est le vieillard d’Ascrée.
Ascræumque cano romana per oppida carmen.
(Virg., Georg., ii, 176.)
61e. — page 26.
Philopœmen, et Polybe aimé de Calliope, fille de Saturne et d’Astrée.
Philopœmen, le dernier des Grecs, et Polybe l’historien, étoient de Mégalopolis en Arcadie. Calliope, prise ici pour l’Histoire, étoit fille de Saturne et d’Astrée, c’est-à-dire du Temps et de la Justice. Voici le commencement de la généalogie du principal personnage qui doit représenter les héros de la Grèce. Le nom d’Eudore est tiré d’Homère. Eudore étoit un des compagnons d’Achille.
62e. — page 26.
Dicé, Irène et Eunomie.
Noms des Heures, d’après Hésiode, qui n’en compte que trois. Elles étoient filles de Jupiter et de Thémis.
63e. — page 26.
Un esclave, tenant une aiguière d’or et un bassin d’argent, verse une eau pure sur les mains du prêtre d’Homère.
Χέρνιβα δ' ἀμφίπολος προχόῳ ἐπέχευε φέρουσα
Καλῇ χρυσείῃ, ὑπὲρ ἀργυρέοιο λέβητος.
(Odyss., liv. vii, v. 172.)
64e. — page 27.
Ce fut en vain qu’elle pria la Nuit de lui verser la douceur de ses ombres.
Il y avoit dans les éditions précédentes l’ambroisie de ses ombres, expression grecque que j’avois essayé de faire passer dans notre langue ; mais, outre qu’on ne peut pas dire verser de l’ambroisie, j’ai trouvé ce tour un peu recherché.
65e. — page 27.
Il emboîte l’essieu dans les roues bruyantes, etc.
Ἥβη δ’ ἀμφ’ ὀχέεσσι θοῶς βάλε καμπύλα κύκλα
Χάλκεα ὀκτάκνημα σιδηρέῳ ἄξονι ἀμφίς.
Τῶν ἤτοι χρυσέη ἴτυς ἄφθιτος, αὐτὰρ ὕπερθε
Χάλκε’ ἐπίσσωτρα προσαρηρότα, θαῦμα ἰδέσθαι·
Πλῆμναι δ’ ἀργύρου εἰσὶ περίδρομοι ἀμφοτέρωθεν·
Δίφρος δὲ χρυσέοισι καὶ ἀργυρέοισιν ἱμᾶσιν
Ἐντέταται, δοιαὶ δὲ περίδρομοι ἄντυγές εἰσι.
Τοῦ δ’ ἐξ ἀργύρεος ῥυμὸς πέλεν· αὐτὰρ ἐπ’ ἄκρῳ
Δῆσε χρύσειον καλὸν ζυγόν, ἐν δὲ λέπαδνα
Κάλ’ ἔβαλε χρύσει’· ὑπὸ δὲ ζυγὸν ἤγαγεν Ἥρη
Ἵππους ὠκύποδας, μεμαυῖ’ ἔριδος καὶ ἀϋτῆς.
(Iliad., liv. v, v. 722.)
66e. — page 27.
C’étoit une coupe de bronze à double fond, etc.
Toute cette histoire de la coupe est faite d’après l’Iliade et la Vie d’Homère attribuée à Hérodote. Le bouclier d’Ajax étoit l’ouvrage de Tychus, armurier de la ville d’Hylé. Homère eut pour hôte Créophyle de Samos, et l’on sait que Lycurgue apporta le premier dans la Grèce les poëmes d’Homère, qu’il avoit trouvés chez les descendants de Créophyle. (Voyez la Vie d’Homère, traduct. de M. Larcher.)
67e. — page 27.
Les Grâces décentes.
Gratiæ decentes. (Hor., lib. i, od. iv.)
68e. — page 27.
Le voile blanc des Muses qui brilloit comme le soleil, et qui étoit placé sous tous les autres dans une cassette odorante.
Τῶν ἕν’ ἀειραμένη Ἑκάβη φέρε δῶρον Ἀθήνῃ,
Ὃς κάλλιστος ἔην ποικίλμασιν ἠδὲ μέγιστος,
Ἀστὴρ δ’ ὣς ἀπέλαμπεν· ἔκειτο δὲ νείατος ἄλλων.
(Iliad., liv. vi, v. 293.)
69e. — page 28.
Il portoit sur sa tête une couronne de papyrus.
C’étoit la couronne des poëtes.
70e. — page 27.
Les dieux voulurent naître parmi les Égyptiens, parce qu’ils sont les plus reconnoissants des hommes.
C’est Platon qui le dit. Les Égyptiens avoient une loi contre l’ingratitude. Cette loi s’est perdue.
LIVRE CINQUIÈME.
1re Remarque — page 71.
Nous fréquentions surtout à Naples le palais d’Aglaé, etc. ; jusqu’à la fin du dernier alinéa de la même page.
L’histoire d’Aglaé et de saint Boniface, martyrs, est peut-être la plus agréable de toutes les histoires de nos saints. J’en donne dans le texte un précis trop exact pour qu’il soit nécessaire d’y ajouter quelque chose dans la note : il suffira de savoir que tout ce que dit Aglaé sur les cendres des martyrs, et tout ce que lui répond Boniface, est conforme à la vérité historique. On verra, dans le xvie livre, quelle fut la fin d’Aglaé, de saint Sébastien, de saint Pacôme, de saint Boniface, de saint Génès Celui-ci a fourni à l’abbé Nadal le sujet d’une tragédie. (Voyez Fleury, Hist. ecclés., t. II, in-4o ; Acta SS. Mart. ; Vies des Pères du désert, t. Ier.)
Une partie essentielle de mon plan est d’offrir le tableau complet du christianisme à l’époque de la persécution de Dioclétien. J’ai eu soin de rappeler les noms de presque tous les martyrs et saints du ive siècle et de les lier plus ou moins au sujet par un mot ou par un souvenir. Ces misères échappent à la plupart des lecteurs, mais elles coûtent à l’écrivain, et, en dernier résultat, elles font pourtant qu’un ouvrage est plein et nourri de faits ou qu’il est dépourvu de sens et de lecture. D’ailleurs, il est peut-être assez piquant de voir agir ces grands personnages dont on nous conta l’histoire dans notre enfance, et qui de persécuteurs des chrétiens qu’ils étoient sont devenus souvent des saints illustres.
2e. — page 71.
Chaque matin, aussitôt que l’aurore, etc.
Cette description de Naples a été faite sur les lieux ainsi que celle de Rome. J’ai des preuves que les peuples de ce beau pays, si sensibles au charme de leur climat et aux grands souvenirs de leur patrie, ont reconnu la fidélité de mon tableau.
3e. — page 71.
Parthénope fut bâtie sur le tombeau d’une sirène.
Parthénope est Naples, comme chacun sait.
Tenet nunc Parthenope. Elle fut fondée par des Grecs. Voilà pourquoi Eudore dira plus bas que les danses des Napolitaines lui rappeloient les mœurs de la Grèce.
4e. — page 73.
Des roses de Pœstum dans des vases de Nola.
Les roses, selon Virgile, fleurissoient deux fois à Pœstum. On connoît les beaux temples qui marquent encore l’emplacement de cette petite colonie grecque. Les vases antiques appelés vases de Nola sont dans les cabinets de tous les curieux. Nola étoit une ville près de Naples. Auguste y mourut.
5e. — page 73.
Se retirant vers le tombeau de la nourrice d’Énée.
Tu quoque littoribus nostris, Æneia nutrix,
Æternam moriens famam, Caieta, dedisti.
(Æneid., liv. VII, v. 1.)
Gaète est à l’ouest, par rapport à Naples, et le soleil, en descendant sur l’horizon, passe derrière le Pausilippe. On sait que le Pausilippe est une longue et haute colline, sous laquelle on a percé le chemin qui mène à Pouzzol. C’est à l’entrée de ce chemin souterrain que se trouve le tombeau de Virgile.
Pline fut englouti par les laves du Vésuve, sur le rivage de Pompeia. (Voyez Pline le jeune, Epist.) La Solfatare est une espèce de plaine ou de foyer de volcan, creusé au centre d’une montagne. Quand on y marche, la terre retentit sous vos pas ; le sol y est brûlant à une certaine profondeur, l’argent s’y couvre de soufre, etc Tous les voyageurs en parlent.
Le lac Averne, le Styx, l’Achéron, lieux ainsi nommés aux environs de la mer et de Baïes, et admirablement décrits dans le vie livre de l’Énéide. Tous ces lieux existoient aussi en Égypte et en Grèce.
6e. — page 73.
Nous retrouvions les ruines de la maison de Cicéron, etc. ; jusqu’à l’alinéa.
Cicéron avoit une maison de campagne près de Baïes ; on en montre encore les ruines. Pour le naufrage d’Agrippine, pour sa mort, pour le fameux ventrem feri, voyez Tacite (Ann., xiv, 5, 6, 7). Quant à Caprée, tout le monde connoît le séjour qu’y fit Tibère, et la vie infâme qu’il y mena.
7e. — page 74.
Aux trois sœurs de l’Amour, filles de la Puissance et de la Beauté.
Les Grâces, sœurs de l’Amour, et filles de Vénus et de Jupiter. Eudore parle ici comme il le faisoit dans le cours de ses erreurs.
8e. — page 74.
Le front couronné d’ache toujours verte et de roses qui durent si peu, etc. ; jusqu’au dernier alinéa de la même page.
On reconnoîtra ici facilement Horace, Virgile, Tibulle, Ovide. Le lecteur a vu l’antiquité grecque dans les premiers livres, voici l’antiquité latine. On ne m’accusera pas de choisir ce qu’il y a de moins beau parmi les anciens, pour faire mieux valoir les beautés du christianisme.
9e. — page 74.
Notre bonheur eût été d’être aimés aussi bien que d’aimer.
Cette pensée est de saint Augustin : elle est délicate et tendre, mais elle n’est pas sans affectation et sans recherche, et je l’ai trop louée dans le Génie du Christianisme (t. III, liv. iv, ch. 2). Au reste, tout ce morceau est dans le ton de la morale chrétienne, prompte à nous détromper des illusions de la vie. Ce qu’il y a de remarquable, c’est que ce ton ne forme point un contraste violent avec ce qui précède, et que si l’on n’en étoit averti, on ne s’apercevroit point qu’on est passé des poëtes élégiaques aux Pères de l’Église.
10e. — page 75.
Un jour, errant aux environs de Baïes, nous nous trouvâmes auprès de Literne.
Literne, aujourd’hui Patria. Voyez encore ma lettre à M. de Fontanes, citée dans les notes du livre précédent.
11e. — page 76.
Quand vous voyez l’Africain rendre une épouse à son époux.
Personne n’ignore cette histoire.
12e. — page 76.
Quand Cicéron vous peint ce grand homme.
Il nous reste un fragment de Cicéron connu sous le titre de Songe de Scipion. Cicéron suppose que Scipion l’Émilien eut un songe pendant lequel Scipion l’Africain l’enleva au ciel, et lui fit voir le bonheur destiné aux hommes de bien. (Voyez l’Itin., tom. II, pag. 233 et 234, édition de 1830.)
13e. — page 76.
Ma mère qui est chrétienne.
C’est sainte Monique.
14e. — page 76.
Un homme vêtu de la robe des philosophes d’Épictète.
Les premiers solitaires chrétiens étoient de véritables philosophes. Quelques anachorètes n’avoient pour toute règle que le Manuel d’Épictète.
15e. — page 77.
J’étois assis dans ce monument.
Les tombeaux des anciens, et surtout ceux des Romains, étoient des espèces de tours. Plusieurs solitaires en Égypte habitoient des tombeaux.
16e. — page 77.
Je suis le solitaire chrétien du Vésuve.
On a remarqué dans cette histoire le morceau des Litanies ; il offre au moins le mérite de la difficulté vaincue. On sait qu’il y a de nos jours un ermite établi sur le mont Vésuve : c’est une sentinelle avancée qui expose perpétuellement sa vie pour surveiller les éruptions du volcan. Je fais ainsi remonter le dévouement religieux jusqu’à Thraséas.
17e. — page 77.
Des pirates descendirent sur ce rivage.
Fait historique.
18e. — page 78.
Un édifice d’un caractère grave.
C’est une chose singulière que les plus anciennes églises bâties avant la naissance de l’architecture gothique ont un caractère de gravité et de grandeur que les monuments païens du même âge n’ont pas. J’ai fait souvent cette remarque à Rome, à Constantinople, à Jérusalem, où l’on voit des églises du siècle de Constantin, siècle qui au reste n’étoit pas celui du goût.
19e. — page 79.
Sa voix avoit une harmonie…
Un critique, dans un extrait malheureusement trop court, et dont tout le monde a remarqué le ton excellent et les manières distinguées, a bien voulu m’appliquer ce passage. Je ne me flatte point de mériter un pareil éloge : je n’avois en vue, en écrivant ceci, que de peindre l’éloquence, le style et la personne même de Fénelon. En effet, on peut remarquer que cela s’applique de tous points à l’auteur du Télémaque.
20e. — page 80.
Que Jérôme se préparoit à visiter les Gaules, etc.
Saint Jérôme voyagea dans tous les pays, et se fixa ensuite dans la Judée, à Bethléem, où nous le retrouverons.
21e. — page 80.
Je ne sais… si nous nous reverrons jamais.
L’auteur a vu des personnes s’attendrir à la lecture de cette lettre. Le flattoit-on ? Étoit-ce une de ces politesses convenues par lesquelles on trompe un auteur ? Il ne sait.
22e. — page 80.
Comme Eudore alloit continuer son récit, etc.
Le récit étant très-long, je l’ai interrompu plusieurs fois pour délasser le lecteur ; j’ai même osé le couper entièrement vers le milieu, par le livre de l’Enfer. Cette innovation dans l’art, la seule que je me sois permise, étoit apparemment nécessaire et très-naturelle, car personne ne l’a remarquée.
23e. — page 80.
Des glands de phagus, etc.
Le phagus étoit une espèce de chêne ou de hêtre d’Arcadie : il portoit le gland dont on prétend que les premiers hommes se nourrissoient. (Voyez Théophraste.)
24e. — page 81.
Lorsqu’un fils d’Apollon.
C’étoit Ulysse qui pleuroit en entendant le Démodocus d’Homère chanter les exploits des Grecs aux festins d’Alcinoüs. (Odyss., viii.)
25e. — page 81.
Maximien avoit été obligé.
Faits historiques. Toutes les fois que j’ai pu rappeler au lecteur l’amour naissant de Cymodocée pour Eudore, l’ambition de Galérius, la haine de César pour Constantin et pour les fidèles, enfin le nom et les projets d’Hiéroclès, je me suis empressé de le faire ; le sujet n’est jamais tout à fait hors de vue.
L’empereur Valérien, dont on parle ici, fut pris par les Parthes et écorché vif, les uns disent après sa mort.
26e. — page 82.
J’entre hardiment dans la caverne.
Je comptois peu sur le succès de ce morceau, et cependant il a réussi. D’après l’histoire, il est très-probable que Prisca et Valérie étoient chrétiennes. Il faut remarquer que les catacombes dont je donne la description sont celles qui prirent dans la suite le nom de Saint-Sébastien, parce que ce martyr y fut enterré ; et Sébastien est ici présent au sacrifice. Le charmant tombeau de Cécilia Métella est en effet où je le place. Tout cela est exact et fait d’après la vue des lieux. M. Delille avoit peint les catacombes désertes ; il ne me restoit qu’à représenter les catacombes habitées, pour ne pas engager une lutte trop inégale avec un grand poëte et de beaux vers.
27e. — page 83.
C’est ce Grec sorti d’une race rebelle.
La rivalité d’Hiéroclès et d’Eudore, l’amitié d’Eudore et de Constantin, la haine de Galérius contre les chrétiens se développant, la foiblesse de Dioclétien s’accroît : le récit tient de toutes parts à l’action.
28e. — page 84.
Cependant telle est la force de l’habitude, et peut-être le charme attaché à des lieux célèbres.
J’ai éprouvé ce sentiment très-vif en quittant Rome. De tous les lieux de la terre que j’ai visités, c’est le seul où je voulusse retourner, et où je serois heureux de vivre.
29e. — page 85.
La voie Cassia, qui me conduisoit vers l’Étrurie, etc., etc.
Les détails de ce voyage sont vrais. Il n’y a, je crois, aucun voyageur qui ne reconnoisse Radigofamini à ces mots, planté de roches aiguës, à ce torrent qui se replie vingt-quatre fois sur lui-même, et déchire son lit en s’écoulant. Les monticules tapissés de bruyères sont la Toscane, etc.
30e. — page 85.
Sa fuite est si lente, que l’on ne sauroit dire de quel côté coulent les flots.
« Flumen est Arar… incredibili lenitate, ita ut oculis in utram partem fluat judicari non possit. » (Cæs., de Bell. Gall.)
Ubi Rhodanus ingens amne prærapido fluit,
Ararque dubitans quo suos cursus agat
Tacitus, quietus alluit ripas vanis.
(Sen., in Apocolocyntosi.)
Fulmineis Rhodanus qua se fugat incitus undis
Quaque pigro dubitat flumine mitis Arar :
Lugdunum jacet, etc.
(Jul. Cæs., Scaliger.)
31e. — page 86.
Dont la cité est la plus belle et la plus grande des trois Gaules.
Trèves. Les choses sont bien changées.
LIVRE SIXIÈME.
1re Remarque — page 87.
La France est une contrée sauvage.
La France d’autrefois, ou le pays des Francs, n’étoit point la France d’aujourd’hui : ce que nous nommons France à présent est proprement la Gaule des anciens. J’ai cité pour autorité, dans la préface, la Carte de Peutinger, et saint Jérôme dans la Vie de saint Hilarion. La Table-carte de Peutinger est une espèce de livre de poste des anciens, composé vraisemblablement dans le ive siècle. Retrouvé par un ami de Peutinger, jurisconsulte d’Augsbourg, il fut publié à Venise, en 1591. Ce sont de longues bandes de papier sur lesquelles on a tracé les chemins de l’empire romain, avec les noms des pays, des villes, des mansions ou relais de poste ; le tout sans division, sans méridien, sans longitude et sans latitude. Le mot Francia se trouve écrit de l’autre côté du Rhin, à l’endroit que je désigne.
Voici les paroles de saint Jérôme : « Entre les Saxons et les Germains, on trouve une nation peu nombreuse, mais très-brave. Les historiens appellent le pays qu’habite cette nation Germanie, mais on lui donne aujourd’hui le nom de France. » (In Vit. S. Hilar.)
« La nation des Celtes, dit Libanius, habite au-dessus du Rhin le long de l’Océan. Ces barbares se nomment Francs, parce qu’ils supportent bien les fatigues de la guerre. » (In Basil.)
2e. — page 87.
Les peuples qui habitent ce désert sont les plus féroces des barbares.