Stromates — Livre I (page 8)

Clément d'Alexandrie · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : remacle.org — stromates1/11/12/13/14.htm — trad. de Genoude 1839 · 11 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

« Les Bacchus, à mon avis, ne sont autres que les philosophes qui ont su prendre le droit chemin. Pour être de leur nombre, je n'ai, autant que possible, rien négligé dans la vie; loin de là, j'ai mis tout en œuvre. Mes efforts émanaient-ils d'un bon principe et ont-ils été dirigés dans une direction convenable ? 63 Ai-je réussi en quelque point? C'est ce que bientôt, si Dieu le veut, nous saurons clairement, après être arrivés au terme. »

Socrate ne vous semble-t-il pas, là, manifester d'une manière conforme à l'esprit des écritures hébraïques, l'espérance que la foi donne au juste, et qui doit s'accomplir après la mort ? Il dit encore dans le Démodocus, si toutefois cet ouvrage est de Platon :

« Ne croyez pas que je donne le nom de philosophe à qui passe sa vie dans l'étude des arts ou possède un grand savoir. C'est un tout autre nom que je lui donne; car je regarde ses occupations stériles comme une sorte de honte. »

Socrate savait sans doute que, selon Héraclite, posséder une grande science ne sert à rien. On trouve encore ce fragment de dialogue dans le cinquième livre de la République :

« Tous ces hommes donc, et les autres qui désirent se livrer à de pareilles études, et ceux qui s'appliquent aux arts, but misérable, les appellerons-nous philosophes? Nullement, répondis-je. Nous dirons qu'ils sont semblables aux philosophes. Mais, reprit-il, quels sont les philosophes que vous nommerez véritables? Les contemplateurs de la vérité, répartis-je. »

Car la philosophie n'est pas dans la géométrie, puisque le domaine de cette dernière se compose d'hypothèses. La philosophie n'est pas davantage dans la musique, art conjectural ; ni dans l'astronomie, science pleine de démonstrations qui ne s'appuient que sur des objets physiques et passagers, et que sur des probabilités. Il faut à la philosophie la science du bien lui-même et de la vérité. Car autre chose est le bien lui-même ; autres choses sont les routes qui y mènent. C'est pourquoi Socrate ne veut pas non plus que ce qu'on nomme le Cercle des études suffise pour atteindre à la connaissance du bien;

mais, selon lui, le seul fruit qu'on en tire, est un excitant pour l'esprit, et un exercice qui habitue l'âme à comprendre les choses qui ne sont perceptibles qu'à l'intelligence. Soit donc que les Grecs aient professé par hasard quelque maxime de la véritable philosophie ; le hasard est un des actes de l'administration divine ; (car pour écarter le débat qui nous sépare des épicuriens, on ne fera pas du hasard un dieu).

64 Soit que les Grecs aient rencontré juste par un effet du sort, le sort n'est point en dehors de l'action providentielle ; soit qu'ils aient eu des notions naturelles, nous savons que le créateur de la nature est unique; c'est pourquoi nous avons dit que la justice aussi est naturelle. Soit qu'ils aient reçu la raison commune à tous; considérons quel en est le père, et quelle est la justice qui préside à la répartition de cette faculté. Car si quelqu'un la nomme la faculté de prédire les choses futures, ou celle d'interpréter les choses présentes, il aura désigné les deux espèces de prophéties. D'autres veulent que ce soit par le moyen d'un réflecteur que certains rayons de la vérité aient été présentés aux philosophes. C'est pourquoi le divin apôtre dit de nous :

« Nous ne voyons Dieu maintenant que comme dans un miroir; » nous connaissant nous-mêmes par la réflexion de notre image en Dieu; et dans la réflexion de l'image divine en nous, contemplant en même temps la cause efficiente, autant qu'il nous est possible.

« Car, dit l'Écriture, tu as vu ton frère, tu as vu Dieu. »

C'est le Sauveur, à mon avis, qu'elle nous annonçait déjà sous le nom de Dieu. Mais lorsque nous aurons déposé notre enveloppe charnelle, si nous avons le cœur pur nous verrons Dieu face à face, et nous posséderons enfin la définition et la perception parfaite de son essence. Ceux d'entre les Grecs qui ont apporté le plus grand soin et l'intelligence la plus droite à l'étude de la philosophie ont vu Dieu comme dans un réflecteur ou comme à travers un instrument d'optique. Car tel est l'accompagnement obligé de notre faiblesse, que les images véritables que Dieu nous offre de son essence, notre intelligence ne peut les saisir que comme nos yeux aperçoivent les objets qui se reflètent dans l'eau, ou dont nous séparent les corps transparents. Salomon a donc eu raison de dire :

« Celui qui sème la justice recueillera la moisson de la foi ; celui-là prodigue ses trésors et ils s'accroissent. »

« Prends soin de tes prairies, et tu auras de l'herbe à faucher. »

« Recueille le foin mûr afin d'avoir des brebis dont la laine te vêtisse. »

Vous voyez qu'il faut également prendre soin des vêtements et des se- 65 cours extérieurs. « Étudie a fond les mœurs de ton troupeau. « En effet, lorsque les gentils qui n'ont pas de loi, font naturellement les choses que la loi commande, n'ayant point « la loi, ils sont à eux-mêmes la loi ; »

c'est-à-dire, selon l'apôtre, si les incirconcis ont gardé les préceptes de la loi, et avant la loi, et avant l'arrivée du Christ. Le Verbe, comme pour établir une comparaison entre les philosophes et ceux qu'on nomme hérétiques, dit en termes formels :

« Mieux vaut un ami près de soi qu'un frère éloigné. Celui qui s'appuie sur le mensonge fait paitre les vents et poursuit les oiseaux ailés. »

A mon avis, ce n'est pas la philosophie que le Verbe désigne par ces paroles, bien que souvent la philosophie cherche à prouver les choses probables par des arguments probables; ce sont les hérésies contre lesquelles il s'élève. C'est pourquoi il ajoute :

« Car il a quitté les chemins de la vigne et il a erré dans les sillons de son propre champ. » Telles sont les hérésies qui dès le commencement ont déserté l'Église. Celui qui est tombé dans les pièges d'une hérésie, traverse un désert privé d'eau. Ayant abandonné le vrai Dieu, il en est abandonné lui-même, il cherche de l'eau et n'en trouve pas, il parcourt un sol inhabitable et altéré, et ses mains ne recueillent que la stérilité. « Venez, dit encore la sagesse aux insensés, c'est-à-dire aux hérétiques, le pain caché est agréable, et les eaux dérobées sont douces. »

Par le pain et l'eau, l'Écriture désigne clairement les hérésies qui n'emploient pas, selon les règles de l'Église, l'eau et le pain dans l'oblation. Il en est même où l'eau seule est employée dans la célébration de l'Eucharistie. L'Écriture ajoute :

« Fuyez promptement, et ne restez pas longtemps dans le même lieu que cette femme. »

C'est à la synagogue des hérétiques, non pas à l'Église, que l'Ecriture applique le nom équivoque de lieu; puis elle s'écrie :

« Car en agissant ainsi, tu laisseras derrière toi l'eau étrangère. »

L'Ecriture regarde l'eau du baptême hérétique comme une eau impure et illégitime. Et tu traverseras le fleuve étranger, dont le cours entraine quiconque se détourne de la vérité seule 66 immuable, et le précipite au milieu du flux et reflux des opinions humaines avec les gentils.

En quoi la philosophie est utile pour comprendre la vérité divine.

De même que, de plusieurs hommes qui traînent ensemble un vaisseau, on ne peut pas dire qu'ils sont plusieurs causes, mais bien une seule cause composée de plusieurs éléments, car chacun n'est pas cause que le vaisseau est traîné, il ne l'est que conjointement avec ses compagnons : de même la philosophie aide à l'intelligence de la vérité, puisqu'elle est la recherche de la vérité ; mais elle n'est pas la cause de l'intelligence ; elle ne l'est que conjointement avec le reste ; elle n'est qu'une cause auxiliaire ; peut-être aussi est-elle la cause coopérante. De même encore que la béatitude est une, et que plusieurs vertus en sont les causes ; et de même que le soleil, et le feu, et le bain, et les vêtements sont des causes différentes de chaleur : ainsi, bien que la vérité soit une, il y a des aides nombreuses qui nous sont utiles pour la chercher ; mais on ne peut la trouver sans le secours du Fils. Si nous examinons bien, la vertu est une puissance; mais il arrive que, lorsqu'elle s'exerce d'une certaine manière, on la nomme prudence ; d'une certaine autre, tempérance ; de telle autre enfin, courage viril ou justice. De même, bien que la vérité aussi soit une, dans la géométrie il y a la vérité géométrique ; dans la musique, la vérité musicale ; et dans la droite philosophie, la vérité grecque. Mais la seule vérité proprement dite, la vérité à laquelle personne ne peut atteindre, est celle qui nous est enseignée par le Fils de Dieu. C'est ainsi que l'on nomme une seule et même drachme naulage, si elle est donnée à un maître de navire ; impôt, si elle est donnée à un publicain; loyer, si elle est donnée à un hôtelier; rétribution, si elle est donnée à un pré- 67 cepteur; arrhes, si elle est donnée à un marchand. Chaque vertu, cémme aussi chaque vérité, bien que portant un nom générique, est la cause propre et unique de l'effet qu'elle produit. De la réunion de toutes ces vertus se compose la vie des bienheureux; car ce n'est pas dans les mots ni dans les noms que consiste la béatitude, puisque nous appelons béatitude une vie droite, et bienheureux celui dont l'âme est ornée de vertus.

Bien que la philosophie ne nous aide que de loin à la recherche de la vérité, et elle nous aide en effet, puisque, par des voies différentes, elle tend vers notre science, qui procède immédiatement de la vérité, toujours est-il que la philosophie est utile à celui qui s'efforce de s'élever, avec le secours du Verbe, jusqu'à la connaissance. Du reste, la vérité grecque, bien qu'elle porte le même nom que la nôtre, en est assez distinguée, et par l'importance des choses, et par l'exactitude des démonstrations, et par l'efficacité divine et autres attributs semblables, qui sont le propre de notre vérité ; car nous avons été les disciples de Dieu même, puisque c'est le Fils de Dieu qui nous a enseigné ces lettres et ces sciences vraiment sacrées. De là vient que les Grecs ne développent pas les âmes de la même manière que nous, ils se servent d'une méthode et d'une discipline différentes. S'il faut, à cause des malveillants qui nous épient, bien préciser ce que nous sommes, nous qui disons que la philosophie, étant la recherche de la vérité, est la cause auxiliaire et coopérante de l'intelligence de la vérité, nous avouerons qu'elle est pour le gnostique une instruction préparatoire; mais nous ne regardons pas comme cause ce qui n'est que la cause coopérante; comme cause contenant son effet, ce qui n'est que la cause auxiliaire; et la philosophie, comme cause sine qua non.

Presque tous, en effet, sans le secours des études encyclopédiques, quelques-uns même, sans le secours des lettres, éclairés seulement par les lumières de la philosophie divine qu'on appelle barbare, cette connaissance de Dieu nous l'avons maintenant à l'aide de la foi; nous sommes instruits par la lagesse même, qui a tout fait par elle-même. Ce qui ne peut agir par soi-même, vu son imperfection, et a besoin d'auxiliaire, nous 68 l'appelons cause seconde et coopérante. C'est une cause à raison de l'union avec une autre cause, mais sans efficacité pour produire par soi-même un effet. Bien que par elle-même la philosophie aussi justifiât quelquefois les Grecs, elle ne leur procurait pas une justification pleine et générale, mais elle y contribuait, elle y conduisait, comme l'escalier sert de route pour monter au dernier étage d'une maison.

Elle était utile, comme la grammaire, à celui qui veut se livrer à la philosophie; non pas que, faute de celle-ci, quelque chose manque au Verbe universel, ou que la vérité soit détruite ; car, et la vue, et l'ouïe, et la voix, sont utiles aussi pour atteindre à la vérité ; il n'en est pas moins vrai que c'est l'intelligence qui, par un privilège de sa nature, connait la vérité. Mais les causes auxiliaires sont plus ou moins efficaces. La clarté du style nous aide à transmettre la doctrine de la vérité; la dialectique, à repousser victorieusement les attaques des hérésies; mais la doctrine du Sauveur étant la puissance et la sagesse de Dieu, produit complètement son effet par sa seule vertu, et n'a besoin d'aucun autre secours. Si l'on joint la philosophie à la vérité, celle-ci n'en devient pas plus efficace ; mais, comme la philosophie rend impuissantes les attaques des sophistes, comme elle écarte les pièges trompeurs que l'on tend à la vérité, on l'a nommée la haie et le mur qui entourent la vigne. Cette vérité, que la foi nous fait comprendre, est nécessaire à la vie de l'âme, comme le pain à la vie du corps ; quant aux études préparatoires, elles sont semblables aux mets que l'on mange avec le pain, et à ceux qui composent le dessert.

« A la fin du repas, dit Pindare de Thèbes, le dessert est chose agréable. »

« Le simple deviendra prudent s'il m'écoute, et le sage recevra la connaissance. Qui parle de soi-même, dit le Seigneur, cherche sa propre gloire ; mais qui cherche la gloire de celui qui l'a envoyé, celui-là est vrai, et il n'y a point d'injustice en lui. »

On est donc injuste quand on s'approprie les dogmes de la philosophie barbare, et quon s'en glorifie comme d'un bien personnel ; quand on cherche à augmenter sa propre gloire et qu'on se pare des dépouilles de la vérité. 69 Celui qui agit ainsi, l'Écriture le nomme voleur; aussi dit-elle:

« Mon fils, ne sois pas menteur, car le mensonge conduit au vol. »

Cependant, ce que le voleur a dérobé n'en est pas moins pur et vrai, que ce soit de l'or ou de l'argent, un discours ou un dogme. C'est pour cela que les dogmes dérobés par les philosophes grecs sont en partie conformes à la doctrine de la vérité ; mais les philosophes n'en savent le sens que par conjecture, et à l'aide des arguments de la dialectique. Or, ils les comprendront d'une manière sûre et positive s'ils veulent se faire les disciples de Jésus-Christ.

En comparant les époques respectives, il prouve que les institutions et les lois des Hébreux sont de heancoup plus anciennes que la philosophie grecque. A l'égard du larcin qu'ils ont fait de leurs dogmes à la philosophie hébraïque, nous en traiterons un peu plus tard. Il nous faut d'abord, pour procéder méthodiquement, parler du temps où Moïse a vécu. L'examen de cette date prouvera, d'une manière incontestable, que la philosophie hébraïque est la plus ancienne de toutes. Tatien, dans son discours contre les gentils, est entré dans les plus grands détails sur cette matière; Cassien aussi, dans le premier livre de ses exégétiques. Cependant la forme de cet ouvrage, et son titre de commentaires, nous imposent la nécessité de parcourir tout ce qui s'est dit. Apion le grammairien, surnommé Plistonikes, c'est-à-dire vainqueur (remarquez qu'il était égyptien, et à ce titre l'ennemi naturel des Hébreux ; il alla même jusqu'à composer un livre contre eux) ; Apion, dis-je, faisant mention, dans le quatrième livre de son histoire d'Égypte, d'Amosis, roi des Égyptiens, s'appuie du témoignage de Ptolémee de Mendès, à l'endroit où il parle des faits et des gestes de ce prince. Voici les paroles 70 d'Apion :

« Le lac Abaris fut creusé par Amosis, contemporain d'Inachus d'Argos, comme le rapporte Ptolémée de Mendes dans ses annales. Ce Ptolémée fut prêtre. Dans un des trois livres où il passe en revue l'histoire des rois d'Égypte, il dit que ce fut sous le règne d'Amosis que les Juifs, ayant Moïse à leur tête, sortirent d'Égypte. »

On voit par-là que Moïse fut le contemporain d'Inachus. Or, la ville d'Argos bâtie par Inachus, comme nous l'apprend Denys d'Halycarnasse dans ses annales, est la plus ancienne des villes grecques. Athènes, fondée par l'autochthone Cécrops, l'homme aux deux natures, est postérieure de quatre générations à la ville d'Argos, comme le dit Tatien, dans les termes mêmes dont nous nous servons. Pelasge, le premier législateur de l'Arcadie, est postérieur de neuf générations à Inachus. Ou le dit aussi autochthone. Deucalion, premier roi de la Phtiotide, est postérieur de quinze générations au même Inachus. Or, d'Inachus au temps où fleurit Troie, on compte vingt générations au plus. Ce qui donne environ quatre cents ans et au delà. Et si, d'après le témoignage de Ctésias, les Assyriens se sont réunis en peuple longtemps avant les Grecs, il est évident que ce fut quatre ceuts ans après la fondation de l'empire assyrien, la trente-deuxième année du règne de Bélochus, huitième du nom, et du temps d'Amosis et d'Inachus, l'un roi d'Argos, l'autre d'Égypte, que Moïse fit sortir d'Égypte les enfants d'Israël. Ce fut sous le règne de Phoronée, successeur d'Inachus, que la Grèce vit le déluge d'Ogygès, et que s'éleva le royaume de Sicyone avec ses premiers rois Agiale, Europs et Telchin, et que Crêtès régna en Crète. Car Acusilaüs nomme Phoronée le premier homme ; et c'est delà que l'auteur de la Phoronide lui donne aussi le nom de père des mortels. C'est pourquoi Platon, adoptant la version d'Acusilaus, dit dans le Timée :

« Et parfois, pour les engager eux-même à lui parler des antiquités de leur ville, il se mettait à leur parler des premiers temps de la Grèce, et de Phoronée, dit le premier homme, et de Niobé, et des faits qui avaient suivi le déluge de Deucalion. »

Actœus, qui donna son nom à l'Attaque actéenne, fut contemporain de Phorbas. 71 Prométhée, Atlas, Epiméthée, Cécrops aux deux natures, et Io, furent contemporains de Triopas. L'incendie de Phaéton et le déluge de Deucalion eurent lieu du temps de Crotope ; et le règne de Sthénélus eut pour faits contemporains le règne d'Amphyction, l'arrivée de Danaüs dans le Péloponèse et la fondation de Dardanie par Dardanus, le premier-né de Jupiter, qui rassemble les nuages, comme dit Homère. Ce fut vers le même temps qu'Europe fut enlevée de Phénicie et conduite en Crète. Les faits contemporains du règne de Lyncée furent l'enlèvement de Proserpine, la fondation du temple d'Eleusis, l'invention de l'agriculture par Triptolème, l'arrivée de Cadmus à Thèbes, et le règne de Minos. Ce fut du temps de Prœtus qu'Eumolpe fit la guerre aux Athéniens ; et du temps d'Acrisius que Pélops passa de Phrygie en Grèce. La même époque vit l'arrivée d'Ion à Athènes, le deuxième Cècrops, les faits et gestes de Persée et de Bacchus, et Orphée et Musée.

Selon Denys d'Argos, Troie fut prise la dix-huitième année du règne d'Agamemnon, la première du règne de Démophon, roi d'Athènes, et fils de Thésée, et le douzième jour du mois de thargélion. AEgias et Dercyle veulent que Troie ait été prise le huitième jour de la troisième décade du mois de panémus ; Héllanicus, le douzième jour de thargélion ; selon quelques-uns de ceux qui ont écrit l'histoire d'Athènes, ce fait aurait eu lieu le huitième jour de la dernière décade du mois de thargélion, la dernière année du règne de Ménesthée et pendant là pleine lune.

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