Le Comte de Monte-Cristo (page 86)

Alexandre Dumas · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Le Comte de Monte-Cristo · 142 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Elles eussent pu rester plus longtemps ainsi perdues l’une dans l’autre, sans que personne remarquât leur oubli de toutes choses : le comte de Monte-Cristo venait d’entrer.

Nous l’avons déjà dit, le comte, soit prestige factice, soit prestige naturel, attirait l’attention partout où il se présentait ; ce n’était pas son habit noir, irréprochable il est vrai dans sa coupe, mais simple et sans décorations ; ce n’était pas son gilet blanc sans aucune broderie ; ce n’était pas son pantalon emboîtant un pied de la forme la plus délicate, qui attiraient l’attention ; c’étaient son teint mat, ses cheveux noirs ondés, c’était son visage calme et pur, c’était son œil profond et mélancolique, c’était enfin sa bouche dessinée avec une finesse merveilleuse, et qui prenait si facilement l’expression d’un haut dédain, qui faisaient que tous les yeux se fixaient sur lui.

Il pouvait y avoir des hommes plus beaux, mais il n’y en avait certes pas de plus significatifs, qu’on nous passe cette expression : tout dans le comte voulait dire quelque chose et avait sa valeur ; car l’habitude de la pensée utile avait donné à ses traits, à l’expression de son visage et au plus insignifiant de ses gestes une souplesse et une fermeté incomparables.

Et puis notre monde parisien est si étrange, qu’il n’eût peut-être point fait attention à tout cela, s’il n’y eût eu sous tout cela une mystérieuse histoire dorée par une immense fortune.

Quoi qu’il en soit, il s’avança, sous le poids des regards et à travers l’échange des petits saluts, jusqu’à madame de Morcerf, qui, debout devant la cheminée garnie de fleurs, l’avait vu apparaître dans une glace placée en face la porte, et s’était préparée pour le recevoir.

Elle se retourna donc vers lui avec un sourire composé, au moment même où il s’inclinait devant elle.

Sans doute elle crut que le comte allait lui parler ; sans doute, de son côté, le comte crut qu’elle allait lui adresser la parole ; mais des deux côtés ils restèrent muets, tant une banalité leur semblait sans doute indigne de tous deux ; et, après un échange de saluts, Monte-Cristo se dirigea vers Albert, qui venait à lui la main ouverte.

— Vous avez vu ma mère ? demanda Albert.

— Je viens d’avoir l’honneur de la saluer, dit le comte, mais je n’ai point aperçu votre père.

— Tenez ! il cause politique là-bas dans ce petit groupe de grandes célébrités.

— En vérité, dit Monte-Cristo, ces messieurs que je vois là-bas sont des célébrités ? je ne m’en serais pas douté ! Et de quel genre ? Il y a des célébrités de toute espèce, comme vous savez.

— Il y a d’abord un savant, ce grand monsieur sec ; il a découvert dans la campagne de Rome une espèce de lézard qui a une vertèbre de plus que les autres, et il est revenu faire part à l’Institut de cette découverte. La chose a été longtemps contestée : mais enfin force est restée au grand monsieur sec. La vertèbre avait fait beaucoup de bruit dans le monde savant ; le grand monsieur sec n’était que chevalier de la Légion d’honneur, on l’a nommé officier.

— À la bonne heure ! dit Monte-Cristo, voilà une croix qui me paraît sagement donnée ; alors, s’il trouve une seconde vertèbre, on le fera commandeur ?

— C’est probable, dit Morcerf.

— Et cet autre qui a eu la singulière idée de s’affubler d’un habit bleu brodé de vert, quel peut-il être ?

— Ce n’est pas lui qui a eu l’idée de s’affubler de cet habit ; c’est la République, laquelle, comme vous le savez, était un peu artiste, et qui, voulant donner un uniforme aux académiciens, a prié David de leur dessiner un habit.

— Ah ! vraiment, dit Monte-Cristo ; ainsi ce monsieur est académicien ?

— Depuis huit jours il fait partie de la docte assemblée.

— Et quel est son mérite, sa spécialité ?

— Sa spécialité ? Je crois qu’il enfonce des épingles dans la tête des lapins, qu’il fait manger de la garance aux poules, et qu’il repousse avec des baleines la moelle épinière des chiens.

— Et il est de l’Académie des sciences pour cela ?

— Non pas, de l’Académie française.

— Mais qu’a donc à faire l’Académie française là-dedans ?

— Je vais vous dire, il paraît…

— Que ses expériences ont fait faire un grand pas à la science, sans doute ?

— Non, mais qu’il écrit en fort bon style.

— Cela doit, dit Monte-Cristo, flatter énormément l’amour-propre des lapins à qui il enfonce des épingles dans la tête, des poules dont il teint les os en rouge, et des chiens dont il repousse la moelle épinière.

Albert se mit à rire.

— Et cet autre ? demanda le comte.

— Cet autre ?

— Oui, le troisième.

— Ah ! l’habit bleu barbeau ?

— Oui.

— C’est un collègue du comte, qui vient de s’opposer le plus chaudement à ce que la chambre des pairs ait un uniforme ; il a eu un grand succès de tribune à ce propos-là ; il était mal avec les gazettes libérales, mais sa noble opposition aux désirs de la cour vient de le raccommoder avec elles ; on parle de le nommer ambassadeur.

— Et quels sont ses titres à la pairie ?

— Il a fait deux ou trois opéra-comiques, pris quatre ou cinq actions au Siècle, et voté cinq ou six ans pour le ministère.

— Bravo ! vicomte, dit Monte-Cristo en riant, vous êtes un charmant cicerone ; maintenant vous me rendrez un service, n’est-ce pas ?

— Lequel ?

— Vous ne me présenterez pas à ces messieurs, et s’ils demandent à m’être présentés, vous me préviendrez.

En ce moment le comte sentit qu’on lui posait la main sur le bras ; il se retourna, c’était Danglars.

— Ah ! c’est vous, baron ! dit-il.

— Pourquoi m’appelez-vous baron ? dit Danglars ; vous savez bien que je ne tiens pas à mon titre. Ce n’est pas comme vous, vicomte ; vous y tenez, n’est-ce pas, vous ?

— Certainement, répondit Albert, attendu que si je n’étais pas vicomte, je ne serais plus rien, tandis que vous, vous pouvez sacrifier votre titre de baron, vous resterez encore millionnaire.

— Ce qui me paraît le plus beau titre sous la royauté de Juillet, reprit Danglars.

— Malheureusement, dit Monte-Cristo, on n’est pas millionnaire à vie comme on est baron, pair de France ou académicien ; témoin les millionnaires Franck et Poulmann, de Francfort, qui viennent de faire banqueroute.

— Vraiment ? dit Danglars en pâlissant.

— Ma foi, j’en ai reçu la nouvelle ce soir par un courrier ; j’avais quelque chose comme un million chez eux ; mais, averti à temps, j’en ai exigé le remboursement voici un mois à peu près.

— Ah ! mon Dieu ! reprit Danglars, ils ont tiré sur moi pour deux cent mille francs.

— Eh bien, vous voilà prévenu ; leur signature vaut cinq pour cent.

— Oui, mais je suis prévenu trop tard, dit Danglars, j’ai fait honneur à leur signature.

— Bon ! dit Monte-Cristo, voilà deux cent mille francs qui sont allés rejoindre…

— Chut ! dit Danglars ; ne parlez donc pas de ces choses-là… Puis, s’approchant de Monte-Cristo… surtout devant M. Cavalcanti fils, ajouta le banquier, qui, en prononçant ces mots, se tourna en souriant du côté du jeune homme.

Morcerf avait quitté le comte pour aller parler à sa mère. Danglars le quitta pour saluer Cavalcanti fils. Monte-Cristo se trouva un instant seul.

Cependant la chaleur commençait à devenir excessive.

Les valets circulaient dans les salons avec des plateaux chargés de fruits et de glaces.

Monte-Cristo essuya avec son mouchoir son visage mouillé de sueur ; mais il se recula quand le plateau passa devant lui, et ne prit rien pour se rafraîchir.

Madame de Morcerf ne perdait pas du regard Monte-Cristo. Elle vit passer le plateau sans qu’il y touchât ; elle saisit même le mouvement par lequel il s’en éloigna.

— Albert, dit-elle, avez-vous remarqué une chose ?

— Laquelle, ma mère ?

— C’est que le comte n’a jamais voulu accepter de dîner chez M. de Morcerf.

— Oui, mais il a accepté de déjeuner chez moi, puisque c’est par ce déjeuner qu’il a fait son entrée dans le monde.

— Chez vous n’est pas chez le comte, murmura Mercédès, et, depuis qu’il est ici, je l’examine.

— Eh bien ?

— Eh bien ! il n’a encore rien pris.

— Le comte est très sobre.

Mercédès sourit tristement.

— Rapprochez-vous de lui, dit-elle, et, au premier plateau qui passera, insistez.

— Pourquoi cela, ma mère ?

— Faites-moi ce plaisir, Albert, dit Mercédès.

Albert baisa la main de sa mère, et alla se placer près du comte.

Un autre plateau passa chargé comme les précédents ; elle vit Albert insister près du comte, prendre même une glace et la lui présenter, mais il refusa obstinément.

Albert revint près de sa mère ; la comtesse était très pâle.

— Eh bien ! dit-elle, vous voyez, il a refusé.

— Oui ; mais en quoi cela peut-il vous préoccuper ?

— Vous le savez, Albert, les femmes sont singulières. J’aurais vu avec plaisir le comte prendre quelque chose chez moi, ne fût-ce qu’un grain de grenade. Peut-être au reste ne s’accommode-t-il pas des coutumes françaises, peut-être a-t-il des préférences pour quelque chose.

— Mon Dieu, non ! je l’ai vu en Italie prendre de tout ; sans doute qu’il est mal disposé ce soir.

— Puis, dit la comtesse, ayant toujours habité des climats brûlants, peut-être est-il moins sensible qu’un autre à la chaleur ?

— Je ne crois pas, car il se plaignait d’étouffer, et il demandait pourquoi, puisqu’on a déjà ouvert les fenêtres, on n’a pas aussi ouvert les jalousies.

— En effet, dit Mercédès, c’est un moyen de m’assurer si cette abstinence est un parti pris.

Et elle sortit du salon.

Un instant après, les persiennes s’ouvrirent, et l’on put, à travers les jasmins et les clématites qui garnissaient les fenêtres, voir tout le jardin illuminé avec les lanternes et le souper servi sous la tente.

Danseurs et danseuses, joueurs et causeurs, poussèrent un cri de joie : tous ces poumons altérés aspiraient avec délices l’air qui entrait à flots.

Au même moment, Mercédès reparut, plus pâle qu’elle n’était sortie, mais avec cette fermeté de visage qui était remarquable chez elle dans certaines circonstances. Elle alla droit au groupe dont son mari formait le centre :

— N’enchaînez pas ces messieurs ici, monsieur le comte, dit-elle, ils aimeront autant, s’ils ne jouent pas, respirer au jardin qu’étouffer ici.

— Ah ! Madame, dit un vieux général fort galant, qui avait chanté : Partons pour la Syrie ! en 1809, nous n’irons pas seuls au jardin.

— Soit, dit Mercédès, je vais donc donner l’exemple.

Et se retournant vers Monte-Cristo :

— Monsieur le comte, dit-elle, faites-moi l’honneur de m’offrir votre bras.

Le comte chancela presque à ces simples paroles ; puis il regarda un moment Mercédès. Ce moment eut la rapidité de l’éclair, et cependant il parut à la comtesse qu’il durait un siècle, tant Monte-Cristo avait mis de pensées dans ce seul regard.

Il offrit son bras à la comtesse ; elle s’y s’appuya, ou, pour mieux dire, elle l’effleura de sa petite main, et tous deux descendirent un des escaliers du perron bordé de rhododendrons et de camélias.

Derrière eux, et par l’autre escalier, s’élancèrent dans le jardin, avec de bruyantes exclamations de plaisir, une vingtaine de promeneurs.

XIV LE PAIN ET LE SEL.

Madame de Morcerf entra sous la voûte de feuillage avec son compagnon : cette voûte était une allée de tilleuls qui conduisait à une serre.

— Il faisait trop chaud dans le salon, n’est-ce pas, monsieur le comte ? dit-elle.

— Oui, madame, et votre idée de faire ouvrir les portes et les persiennes est une excellente idée.

En achevant ces mots, le comte s’aperçut que la main de Mercédès tremblait.

— Mais vous, avec cette robe légère et sans autres préservatifs autour du cou que cette écharpe de gaze, vous aurez peut-être froid ? dit-il.

— Savez-vous où je vous mène ? dit la comtesse, sans répondre à la question de Monte-Cristo.

— Non, madame, répondit celui-ci ; mais, vous le voyez, je ne fais pas de résistance.

— À la serre, que vous voyez là, au bout de l’allée que nous suivons.

Le comte regarda Mercédès comme pour l’interroger, mais elle continua son chemin sans rien dire, et de son côté Monte-Cristo resta muet.

On arriva dans le bâtiment, tout garni de fruits magnifiques qui, dès le commencement de juillet, atteignaient leur maturité sous cette température toujours calculée pour remplacer la chaleur du soleil, si souvent absente chez nous.

La comtesse quitta le bras de Monte-Cristo, et alla cueillir à un cep une grappe de raisin muscat.

— Tenez, monsieur le comte, dit-elle avec un sourire si triste, que l’on eût pu voir poindre les larmes au bord de ses yeux ; tenez, nos raisins de France ne sont point comparables, je le sais, à vos raisins de Sicile et de Chypre, mais vous serez indulgent pour notre pauvre soleil du Nord.

Le comte s’inclina, et fit un pas en arrière.

— Vous me refusez ? dit Mercédès d’une voix tremblante.

— Madame, répondit Monte-Cristo, je vous prie bien humblement de m’excuser, mais je ne mange jamais de muscat.

Mercédès laissa tomber la grappe en soupirant. Une pêche magnifique pendait à un espalier voisin, chauffé, comme le cep de vigne, par cette chaleur artificielle de la serre. Mercédès s’approcha du fruit velouté, et le cueillit.

— Prenez cette pêche, alors, dit-elle.

Mais le comte fit le même geste de refus.

— Oh ! encore ! dit-elle avec un accent si douloureux qu’on sentait que cet accent étouffait un sanglot ; en vérité j’ai du malheur.

Un long silence suivit cette scène ; la pêche, comme la grappe de raisin, avait roulé sur le sable.

— Monsieur le comte, reprit enfin Mercédès en regardant Monte-Cristo d’un œil suppliant, il y a une touchante coutume arabe qui fait amis éternellement ceux qui ont partagé le pain et le sel sous le même toit.

— Je la connais, madame, répondit le comte, mais nous sommes en France, et non en Arabie, et en France il n’y a pas plus d’amitiés éternelles que de partage du sel et du pain.

— Mais enfin, dit la comtesse palpitante et les yeux attachés sur les yeux de Monte-Cristo, dont elle ressaisit presque convulsivement le bras avec ses deux mains, nous sommes amis, n’est-ce pas ?

Le sang afflua au cœur du comte, qui devint pâle comme la mort, puis, remontant du cœur à la gorge, il envahit ses joues, et ses yeux nagèrent dans le vague pendant quelques secondes, comme ceux d’un homme frappé d’éblouissement.

— Certainement que nous sommes amis, madame, répliqua-t-il ; d’ailleurs, pourquoi ne le serions-nous pas ?

Ce ton était si loin de celui que désirait madame de Morcerf, qu’elle se retourna pour laisser échapper un soupir qui ressemblait à un gémissement.

— Merci, dit-elle.

Et elle se remit à marcher. Ils firent ainsi le tour du jardin sans prononcer une seule parole.

— Monsieur, reprit tout à coup la comtesse après dix minutes de promenade silencieuse, est-il vrai que vous ayez tant vu, tant voyagé, tant souffert ?

— J’ai beaucoup souffert, oui, madame, répondit Monte-Cristo.

— Mais vous êtes heureux, maintenant ?

— Sans doute, répondit le comte, car personne ne m’entend me plaindre.

— Et votre bonheur présent vous fait l’âme plus douce ?

— Mon bonheur présent égale ma misère passée, dit le comte.

— N’êtes-vous point marié ? demanda la comtesse.

— Moi, marié, répondit Monte-Cristo en tressaillant, qui a pu vous dire cela ?

— On ne me l’a pas dit, mais plusieurs fois on vous a vu conduire à l’Opéra une jeune et belle personne.

— C’est une esclave que j’ai achetée à Constantinople, madame, une fille de prince dont j’ai fait ma fille, n’ayant pas d’autre affection au monde.

— Vous vivez seul ainsi ?

— Je vis seul.

— Vous n’avez pas de sœur… de fils… de père ?…

— Je n’ai personne.

— Comment pouvez-vous vivre ainsi, sans rien qui vous attache à la vie ?

— Ce n’est pas ma faute, madame. À Malte, j’ai aimé une jeune fille et j’allais l’épouser, quand la guerre est venue et m’a enlevé loin d’elle comme un tourbillon. J’avais cru qu’elle m’aimait assez pour m’attendre, pour demeurer fidèle même à mon tombeau. Quand je suis revenu, elle était mariée. C’est l’histoire de tout homme qui a passé par l’âge de vingt ans. J’avais peut-être le cœur plus faible que les autres, et j’ai souffert plus qu’ils n’eussent fait à ma place, voilà tout.

La comtesse s’arrêta un moment, comme si elle eût eu besoin de cette halte pour respirer.

— Oui, dit-elle, et cet amour vous est resté au cœur… On n’aime bien qu’une fois… Et avez-vous jamais revu cette femme ?

— Jamais.

— Jamais !

— Je ne suis point retourné dans le pays où elle était.

— À Malte ?

— Oui, à Malte.

— Elle est à Malte, alors ?

— Je le pense.

— Et lui avez-vous pardonné ce qu’elle vous a fait souffrir ?

— À elle, oui.

— Mais à elle seulement ; vous haïssez toujours ceux qui vous ont séparé d’elle ?

La comtesse se plaça en face de Monte-Cristo ; elle tenait encore à la main un fragment de la grappe parfumée.

— Prenez, dit-elle.

— Jamais je ne mange de muscat, madame, répondit Monte-Cristo, comme s’il n’eût été question de rien entre eux à ce sujet.

La comtesse lança la grappe dans le massif le plus proche avec un geste de désespoir.

— Inflexible ! murmura-t-elle.

Monte-Cristo demeura aussi impassible que si le reproche ne lui était pas adressé.

Albert accourait en ce moment.

— Oh ! ma mère, dit-il, un grand malheur !

— Quoi ? qu’est-il arrivé ? demanda la comtesse en se redressant comme si, après le rêve, elle eût été amenée à la réalité : un malheur, avez-vous dit ? En effet, il doit arriver des malheurs !

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