Lettres (page 15)
3 janvier 1613
A Madame Madame de Treverney.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Chambéry,
DCCCXLVI A LA MèRE DE CHANTAL Le cœur de l'Evêque de Genève, - Un projet de .Congrégation. - Le Traitté de l'Amour de Dieu. - Nouvelle de la mort tragique du baron de Lux : compassion du Saint.
Annecy, vers le 10 janvier 1613
Ma tres chere Mere, ma Fille,
Je vous veux un peu donner le bon jour pour contenter mon cœur partout ; car encor le faut-il aymer, ce pauvre cœur, puisque, tout infirme quil est, il veut aymer son Dieu de toute l'estendue de ses forces, en sincerité et pureté.
Or je desire, mais je n'ose me promettre que je vous aille voir aujourdhuy. Entr'autres causes de ma defiance, c'est que voyci arriver M. l'Aumosnier de Belleville , qui est celuy qui m'a escrit pour Mme des Gouffier , et la rayson veut, que venant expres pour me voir, je luy en donne le plus de commodité que je pourray. Je croy quil vous ira voir aussi, et je desire que ce soit a sa consolation et edification, mesme quil a quelque sorte d'inclination a vouloir estre de nostre future Congregation, si Dieu nous fait la grace que nous l'erigions , Il voudra aussi peut estre voir nostre fille Bellod , par ce quil est beaufrere de M. l'esleu Bellod .
J'ay des-ja travaillé deux heures en l'Amour de Dieu. Mays faut il pas que je vous die le desplaysir que j'eu hier de la nouvelle de la mort de nostre monsieur le baron de Lux, tué, comme l'on dit, d'un coup de pistolet par le chevalier de Guyse . La nouvelle est un peu suspecte pour venir de Geneve ; neanmoins, ainsy comme on l'asseure, j'ay grande opinion qu'elle soit veritable. Helas ! que je le plains sil est mort ainsy, car autrement, la mort est trop commune et trop necessaire pour s'en estonner extraordinairement.
Ma tres chere Fille, ma tres bonne Mere, Dieu vous comble de ses plus sacrees benedictions en tout vostre cœur, en toute vostre vie. Ne me respondes que ce soir, mais dites a M. Michel comme vous vous portes.
Vive Jesus!
Revu sur l'Autographe appartenant au R. P. Houet, supérieur de l'Oratoire de Rennes.
DCCCXLVII A M. ETIENNE DUNANT, CURé DE GEX ( INéDITE ) Pouvoirs donnés à un curé; avis et recommandations diverses.
Annecy, 16 janvier 1613
Monsieur le Curé,
Vous pourres donques celebrer le mariage entre ce Claude Pietrequin et la fille de la Croix blanche , puis que monsieur de Siccard , qui vaut cent tesmoins, asseure quil ny a rien du costé dudit Pietrequin qui empesche, et que d'ailleurs la chose presse du costé de la fille. Je ne suis pas d'advis que vous advertissies si tost le commis a Thueri , jusques a ce quil ayt rendu du service a peu pres de l'argent quil a receu, car il n'a point quitté ces (sic) partis praecedens et tumbera tousjours sur ses pieds ; de sorte quil suffira de l'advertir quand on sera prest d'en colloquer un autre. Voyés ce qui sera requis estre fait pour celuy qui sert a Chalex, et moy j'appreuveray vostre advis. Mon cousin Chaudens m'oblige fort, et tascheray de m'en revancher. Monsieur le baillif m'ouvre un moyen pour eviter le bruit qui pourroit naistre pour la chapelle , qui est de sursoyr a tout jusques a retour du P. François . Qui a tems, a vie ; mais il faudroit que monsieur de Livron voulut donner ce loysir a l'affaire : a quoy le P. Michel Ange et vous, pourres le disposer. Nous attendrons les nouvelles apportees par le sieur de Farnex , et cependant espererons qu'elles sont bonnes, puisquil n'est pas empressé de les delivrer. Je me recommande a vos prieres, estant, Monsieur le Curé, Vostre humble, tres affectionné confrere, FRANçs, E. de Geneve.
XVI janvier 1613.
Je vous prie, par la premiere commodité, de m'advertir quand nous pourrons loger un curé a Sacconex , c'est a dire quand nous aurons les moyens.
A Mons'
Mons' le Curé de Gex.
Revu sur l'Autographe appartenant à M. Defrance, à Villers-devant-Orval (Belgique).
DCCCXLVIII AU COMTE PROSPER-MARC DE TOURNON ( INéDITE ) Assurance de dévouement. - Souhaits et bénédictions.
Annecy, 23 janvier 1613
Monsieur, Je feray tout ainsy que vous le desires et ne treuverés non plus en autre occasion, quelle qu'elle soit, aucune replique en ce quil vous plaira me marquer pour vostre service et contentement, selon l'estendue de mon pouvoir. Dieu vous conserve, Monsieur, et respande beaucoup de benedictions sur vous, sur madame vostre femme, sur mesdames vos filles , mais en ce tems icy particuliement sur madamoyselle la future et sur le seigneur dom Sanche . Je suis, Monsieur, Vostre plus humble, tres affectionné serviteur, FRANçs, E. de Geneve.
XXIII janvier 1613, a Neci.
A Monsieur
Monsieur le Comte de Tornon.
Revu sur l'Autographe appartenant à M. de Charentenay, à Dijon.
DCCCXLIX A M. JEAN DE CHATILLON Recommandation en faveur d'un nouveau converti digne d'assistance.
Annecy,. 24 janvier 1613.
Monsieur,
Nous avons icy le sieur Nicolas Bertolonio , que nostre Chapitre a aucunement appointé pour l'ayder a vivre en servant au chœur. Mays il auroit necessité, de plus, de quelqu'assistance pour meubler sa chambre, et praetend que la Sainte Mayson, selon son institut et la charité qui y regne, l'aydera volontier de quelque chose pour cela. Or, il m'a prié d'attester envers vous et, par vostre entremise, envers Monseigneur l'Archevesque et le Conseil de la Sainte Mayson qu'il merite ayde et secours ; ce que je fay en saine conscience, pour l'avoir ainsy reconneu jusques a present. A quoy j'adjouste ma priere en sa faveur, et vous souhaitant tout bonheur, je demeure, Monsieur, Vostre humble, tres affectionné confrere, FRANçs, E. de Geneve.
XXIIII janvier 1613, a Neci.
A Monsieur de Chatillon,
Plebain de Thonon.
Revu sur l'Autographe consrvé à Rome, au Collège Romain, dans la Chambre de saint Louis de Gonzague.
DCCCL A MADAME DES GOUFFIERS, RELIGIEUSE DU PARACLET (FRAGMENT) Les sentiments que le Saint aimait à trouver dans une postulante. - A la Visitation, " toutes choses sont basses, " excepté " la pretention" des Religieuses qui l'habitent.
Annecy, vers fin janvier 1613
Madame,
…………………………………………………………………………. Puisque vous ne respires que l'imitation de la croix, de l'obeissance et humilité de nostre Sauveur, venes a la bonne heure chez nos Seurs de la Visitation. Mays vous vous representeres que la mayson en laquelle vous venes est une petite Congregation encor mal logee, et en laquelle toutes choses sont basses, humbles et abjectes, hormis la pretention de celles qui y sont, qui n'est rien moins que de parvenir a la perfection de l'amour divin . ………………………………………………………………………………….
Revu sur le texte inséré dans l'Histoire de la Fondation du 1er Monastère de la Visitation de Lyon. DCCCLI A MONSEIGNEUR PIERRE FENOUILLET éVêQUE DE MONTPELLIER Remerciements pour de beaux présents ; le Saint en a fait part à ses amis. Un plaisir interdit. - Souhaits et message.
Annecy, fin janvier ou commencement de février 1613 .
Monseigneur,
Je ne puis dignement vous remercier des beaux presens qu'il vous a pleu m'addresser, que j'ay receus avec une extreme joye, non certes pour leur valeur, qui est grande, mais parce que ce sont de grans tesmoignages du cœur que vous aves envers moy, m'estant envoyés avec bien du soin et incommodité . Et pour en retirer plus de gloire, je n'ay pas oublié d'en faire part a tous ceux de cette ville que j'estime capables de peser le bonheur que ce m'est d'estre aymé de vous, auquel ne pouvant donner avec contreschange, je fay pour le moins humble reconnoissance que mon devoir surpasse mes forces, lesquelles neanmoins vous les dedie toutes a l'honneur de vostre service.
Mais quel contretems ! Si, j'eusse esté si heureux d'aller a Paris cette annee, selon le desir de monsieur nostre grand [ami ,] pour recueillir autour de vous et de luy les fruitz de la plus excellente consolation que je pouvois avoir ! J'acquiesce neanmoins a l'ordonnance de la Providence celeste, laquelle au moins a permis que, pour mes pechés, ce playsir me soit interdit . J'espere que le voyage de Piemont, dont j'ay dessein pour ce primtems, impetrera de Son Altesse une si forte confiance en ma simplicité, que je pourray l'annee suivante avoir ma juste liberté.
Ce pendant, allés, Monseigneur, dessus ce grand theatre et, suyvant Dieu comme vous faites, esperés toutes sortes de bons effectz, et vous employés pour le bien de l'Eglise et de la province pour laquelle vous vous achemines.
Mais usons doucement et toutesfois, si vous me croyés, un peu avidement de la presence du grand amy, que j'estime si grand pour moy, que je ne voy rien de si grand parmi toutes les grandeurs de Paris qui ne me semble petit en comparayson de sa bienveuillance. Que si quelquefois, comme je n'en doute pas, vous me favorises de quelque mention de nous ensemblement, je vous conjure, Monseigneur, que ce soit comme de
Vostre tres humble et tres obeissant frere
et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.
DCCCLII A UNE DAME Dans quelles vues de foi il faut considérer les absences et les séparations définitives.
Annecy, [fin janvier ou février 1613]
A la verité, je ne sçavois pas, ma tres chere Fille, que vostre affliction eust si violemment opprimé vostre cœur ; mais quand je l'ay sceu, j'eusse volontier pris resolution d'aller vous porter le mien et, avec iceluy, toutes les consolations qu'il eust pleu a Dieu me fournir. Or, Dieu soit loüé, dequoy vous vous accoises tout bellement a la suite de sa divine Providence. Ma tres chere Fille, estendes souvent vostre veuë jusques au Ciel, et voyes que cette vie n'est qu'un passage a celle que l'on fait la ; quatre ou cinq mois d'absence seront bien tost passés. Que si nostre accoustumance et nos sens, amusés a voir et estimer ce monde et la vie d'iceluy, nous font un peu trop ressentir ce qui nous y contrarie, corrigeons souvent ce defaut par la c1airté de la foy, qui nous doit faire juger tres heureux ceux qui, en peu de jours, ont achevé leur voyage. En ces grandes occasions, ma tres chere Fille, il faut faire voir la grandeur de nostre fidelité. Bienheureux sont ceux qui n'estiment jamais avoir rien perdu de ce que Dieu a receu a sa grace. Je feray ce que vous me dites. Vivés toute pour Dieu, ma tres chere Fille, et me croyes Vostre plus humble et tres affectionné serviteur, FRANçs, .E. de Geneve.
DCCCLIII A MADAME D'ESCRILLES Affaires diverses. - Parmi les tracas temporels, il faut garder la sainte tranquillité et douceur de cœur.
Annecy, commencement de février 1613 .
Voyla des lettres qui m'ont esté rendues aujourdhuy, les unes venant de Chamberi, les autres de Bourgoigne. Vous m'excuseres, s'il vous plait, ma tres chere Fille, si celle de monsieur de Genesia est ouverte : ça esté sans malice quelconque que je l'ay fait. Au demeurant, je parlay a monsieur de Treverney asses longuement et doucement de vos affaires; il me dit qu'a son advis, vous vous trompies grandement en l'estime des biens de feu monsieur vostre pere , et quil se treuveroit que vous avies esté portionnee tres suffisamment. Or la conclusion neanmoins fut quil se sousmettroit a ce qui en seroit advisé par telz arbitres et amis que l'on jugerait convenable de choysir pour vuider les prœtentions d'eux et de vous a l'amiable , qui est en somme le bon mot ; outre que vrayement il ne tesmoigna nullement de treuver mauvaise vostre recherche. Mays a vostre venue, qui sera peut estre bien tost , nous en parlerons plus amplement. Cependant, ayes tous-jours souvenance de la sainte tranquillité et douceur du cœur, et de la parfaite remise de nos affections en la sainte providence de Dieu, a laquelle je vous supplie me recommander, ma tres chere Fille, comme Vostre plus humble parent et serviteur, FRANçs, E. de Geneve. [Je] salue humblement madame vostre mere , et a commodité, madame de la Flechere. A Madame Madame d'Escrilles.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Poitiers.
DCCCLIV A LA MèRE DE CHANTAL Un contrat qui va bien. - Promesse d'une visite et annonce d'une visiteuse.
Annecy, 9 février 1613 .
Voyla vostre contract que je vous renvoye, ma tres chere Fille ; je croy quil va bien, ce que vous aves remarqué estant corrigé. M. de Blonnay ne me vit point hier au soir ; sil vient me parler, je m'essayeray de le tirer aux 3 mille florins. Voyla des lettres de Mme la Presidente , et une medaille et certains Agnus Dei et des livretz qu'ell'envoye a sa fille. Ce soir je vous iray voir, car j'ay des-ja demandé mon congé pour deux heures. Mme de la Flechere viendra ce soir ou ce matin, et ira descendre droit chez vous, venant toute seule, sans fille de chambre, selon que vous verres par sa lettre. Je ne sçai sil sera mieux que l'action de demain se face avant nostre Office ou apres , Je voudrois que ce fut devant, pour accompaigner mon cher hoste a l'Office, ou il veut estre. Bonjour, ma tres chere Fille ; Nostre Seigneur soit a jamais le saint Amour de nostre unique cœur. Amen. Je pense ce soir vous aller voir a trois heures. Dieu benisse tout le cœur de ma tres chere Mere.
Revu sur l'Autographe conservé à Annecy, chez les RR. PP. Missionnaires de Saint-François de Sales.
DCCCLV A LA MêME (BILLET INéDIT) Mesures à prendre à l'ouverture d'un testament. - Décès de Mme de Miribe1.
Annecy, 15 ou 16 février 1613 .
Ma tres chere Fille, Soudain que vous aures nouvelles que le testament sera ouvert, envoyes appeller et prier mon cousin , et luy en conferes, disant que vous aures besoin de son ayde, affin que si le testament a lieu, le peu de bien qui en arrivera a la Congregation arrive en paix et tranquillement . Je pense que je vous verrey avant mon depart ; au moins je vous escriray. Ce pendant, bon jour ma tres chere Mere, ma Fille vrayement bien aymee mienne. Je croy que vous sachies (sic) que cette bonne damoyselle (Mme de Miribel.} est trespassee a l'aube du jour.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Chambéry.
DCCCLVI AU PèRE DE LESSEAU, RELIGIEUX CéLESTIN Le Saint décline les louanges d'un poète avec une discrète humilité.
Annecy, 19 février 1613.
Mon Reverend Pere, Vous m'obligés trop de rendre tant de tesmoignages de vostre affection envers moy qui ay si peu de force pour correspondre a mon gré, par quelque bon effect de gratitude, a lhonneur que vous me faites, quoy qu'en verité j'en aye un desir extreme. Et sur cela, je regrette que vostre esprit, digne de traitter des meilleurs sujetz, soit employé a favoriser un homme de si peu de merite. C'est domage de broder si delicatement sur un vil bureau::
" Tout le monde n'aime pas les arbustes et les humbles bruyères " (Virgil. Eclog. 4,1)
Cependant, mon Reverend Pere, je vous remercie tres humblement, et ne cesseray point de respandre sur vostre personne mille et mille bons souhaitz a vase plein, ni d'estre toute ma vie, Mon Reverend Pere, Vostre tres humble et tres affectionné confrere
serviteur en Nostre Seigneur,
FRANçs, E. de Geneve.
XIX febvrier 1613.
Au R. Pere en N. S. Le P. de Lesseau, de l'Ordre des Celestins.
Lyon.
Revu sur l'Autographe conservé à Sens, dans le trésor de la Métropole.
DCCCLVII A MADAME BOURGEOIS, ABBESSE DU PUITS-D'ORBE Solidité des affections plantées de la main de Dieu. - Intérêt que porte le Saint au Puits-d'Orbe. - Il faut faire souvent revivre les résolutions prises au temps de la ferveur. - Messages divers.
Annecy, 23 février 1613
Je suis certes bien marri, ma tres chere Seur, ma Fille, que vous n'ayés receu mes lettres que souvent je vous ay escrites et addressees a Dijon, non point tant pour autre sujet que pour la consolation que vostre bon naturel vous fait recevoir quand vous voyés de mes escritz. Or sus, Dieu soit loüé. Meshuy, quand nostre Mere de Chantal escrira a Bourbilly, je me serviray de l'occasion, puisqu'elle est plus asseuree. Mais dites moy, je vous prie, ma chere Fille, eussies vous bien peu croire qu'une affection plantee de la main de Dieu, arrousee par tant d'obligations que je vous ay et a vostre Mayson, fut sujette a diminution ou esbranslement ? Non certes, ma tres chere Seur, ma Fille, il n'est pas possible qu'une amitié vraye et solide puisse jamais cesser.
Quelle joye dequoy vostre Monastere va si bien et qu'il fait honneur, devant Dieu et ses Anges, a M. de Sauzea (note 588)
! Certes, je ne suis pas Ange, mais je l'en. honnore davantage, et prie Dieu qu'il restablisse de plus en plus cette sainte famille en son amour. J'escrivis il y a quelque tems audit sieur de Sauzea une response assez ample aux. Siennes ; je ne sçai s'il l'a receuë.
Au reste, pour vostre particulier, faites souvent renaistre toutes les saintes resolutions qu'au commencement de nos ferveurs Dieu nous departoit si abondamment; que si elles ne sont plus si sensibles, il n'importe, pourveu qu'elles soyent fermes et fortes. J'ay bien entendu tout ce que vous m'escrivés et me suffit. Dieu, par sa bonté, vous tienne tous les jours de sa tres sainte main ; c'est une priere quotidienne que je luy fay. Je vous remercie de la toile ; si vous venés l'esté prochain, vous nous communiquerés bien de la recette, et ce pendant on employera ce que j'en ay. Je dis, si vous venés, parce que, encor que ce me seroit un contentement extreme de vous voir a souhait en nos pauvres petites contrees, si est-ce que je ne voudrois pas tirer sur moy le contregré de messieurs vos proches, s'ilz en avoyent, en vous le conseillant, ni aussi prejudicier a ma consolation en ne vous le conseillant pas. Dieu vous inspirera ce qui sera pour sa gloire et la vostre. Ce pendant, il faudra donq escrire dans le livre quelque chose, a mesure que, parmi les frequentes pensees que j'ay sur vous, il plaira a Nostre Seigneur jetter dans mon cœur des advis propres pour le vostre.
Je salue infiniment toute vostre chere trouppe et specialement nostre seur . Je salue encor M. de Sauzea, si par fortune il est la. Mes freres sont tous vos serviteurs tres humbles, sur tout mon frere de Boisy (Jean-François), qui n'est pas present maintenant que j'escris ; et si, je ne l'ay point adverti.
Aymés-moy tous-jours cordialement, ma tres chere Seur, ma Fille, puisque de tout mon cœur je suis vostre. Dieu vous benisse. Amen.
Vostre plus humble et tres affectionné
frere et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.
23 febvrier 1613.
DCCCLVIII A M. CLAUDE DE BLONAY Le destinataire n'ayant pas eu à se louer de son fils, " excessif en desseins, " le Bienheureux promet d'y porter remède. - Messages divers.
Annecy, 2 mars 1613.
Monsieur,
Je participe plus que nul autre a vostre desplaysir, lequel, a mon advis, ne durera plus guere quant a l'occasion pour laquelle vous l'aves maintenant ; car des-ja l'autre jour, que monsieur le Prieur vint a Sales, je luy fis la moytié de la resolution que je luy envoye du tout maintenant. Mays pourtant, cet esprit-là voudra tousjours des occupations plus que suffisantes, car il est excessif en desseins . Il me demanda congé de faire certain livre pour imprimer, et je luy respondis fort convenablement, a mon advis, quil pourroit s'exercer en cela, mais que de faire imprimer, c'estoit une chose a part. En somme, il faut quil agisse ou d'une façon ou d'autre. Quant a la predication, il me dit que cela n'incommoderoit rien et que vous en series content, et en fin quil vouloit faire quelque chose. Si vous juges que je doive faire quelque sorte d'autre remede, je le feray. Monsieur Soudan me demande tous-jours de pouvoir playder pour retirer les biens ecclesiastiques de sa parroisse, et dit que tout depend de vous, a rayson des patentes. Il s'en reva dans dix ou douze jours et ira conferer avec vous. Nostre fille se porte bien et tout ce qui est avec elle, avec un peu d'embarassement pour cet haeritage ; mais j'espere que tout s'esclarcira bravement, Dieu aydant. Je suis, Monsieur, Vostre humble; tres affectionné confrere, FRANçs, E. de Geneve.
2 mars 1613, a Neci.
A Monsieur
Monsieur de Blonnay, Curé de Siez.
Revu sur l'Autographe conservé au château de Marin (Chablais), Archives de Blonay.
DCCCLIX AU DUC DE SAVOIE, CHARLES-EMMANUEL ler Pourquoi le Saint- n'a rien entrepris contre l'abbé de la Tour. Qu'on lui donne des commandements, il obéira.
Annecy, 4 mars 1613.
Monseigneur,
Sur les plaintes qui me furent faites de monsieur l'Abbé de la Tour (note 53), a rayson des bastonnades qu'il avoyt donnees au sieur Berthelot (note 613), la grandeur du respect que je doys a Vostre Altesse me suggera de ne point entreprendre de justice sur la personne dudit sieur Abbé, puys qu'il estoit ambassadeur ordinaire de Vostre Altesse et n'estoit icy que par maniere de passage, et de jour a jour en attente de retourner a l'exercice de son ambassade . Maintenant, Vostre Altesse pourra voir les informations prises a charge et descharge dudit sieur Abbé, que ce porteur a en main , et me donner sur cela ses commandemens, ausquelz j'obeiray avec la fidelité qui me fait incessamment supplier Dieu pour la prosperité de Vostre Altesse, delaquelle je suis, Monseigneur, Tres humble, tres obeissant, tres fidele serviteur et orateur, FRANçs, E. de Geneve.
A Neci, le 4 mars 1613.
A Son Altesse Serenissime.
Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Archives de l'Etat.
DCCCLX A MADAME DE LA CROIX D'AUTHERIN La vocation du mariage et le moyen d'y devenir fort sainte. - L'obéissance au confesseur - Règlement de vie. - Conseils variés. - La crainte des vices et l'amour des vertus. - Douceur et humilité. - Une besogne que Dieu paie de mille consolations.
Annecy, 12 mars 1613.
Dieu soit beni et glorifié de ce changement de condition que vous avés fait pour son nom, ma tres chere Fille ; et je dis tous-jours ma tres chere Fille, car ce changement ne changera rien en cette affection vrayement paternelle que je vous ay dediee. Vous verrès bien que si vous avés une parfaite resignation de vostre ame en la providence et volonté de Nostre Seigneur, vous marcheres en cette vocation, vous y aures bien de la consolation et deviendres fort sainte a la fin. C'estoit ce qu'il failloit a vostre esprit, puisque vous aves rencontré ce gentilhomme si plein de bonne inclination.
Vous aves tort de faire scrupule de rompre le jeusne, puisque l'advis du medecin le porte.
Conduisés-vous en la Communion au gré de vostre confesseur, car il luy faut donner cette satisfaction, et vous ne perdrés rien pour cela ; car ce que vous n'aurés pas par la reception du Sacrement, vous le rencontreres en la sousmission et obeissance.
De regle pour vostre vie, je ne vous en donneray que celle qui est dans le livre (L'Introduction. à la Vie devote.)
; mais si Dieu dispose que je vous puisse voir et il y a quelque sorte de difficulté, je vous respondray. Il n'est nul besoin que vous m'escrivies vostre confession : que si vous aves quelque point particulier duquel vous desiries conferer avec mon cœur, qui est tout vostre, vous le pourrés.
Soyés bien douce ; ne vivés point selon vos humeurs et selon vos inclinations, mays selon la rayson et la devotion. Aymés vostre mari tendrement, comme vous ayant esté donné de la propre main de Nostre Seigneur. Soyés bien humble envers tous. Vous deves avoir un grand soin de ranger vostre esprit a la paix et tranquillité, et estouffer ces mauvaises inclinations que vous aves, par une attention a la prattique des vertus contraires, en vous resolvant d'estre plus diligente, attentive et active a la prattique des vertus. Et marqués ces quatre paroles que je vous vay dire : vostre mal vient dequoy vous craignés plus les vices que vous n'aymés les vertus. Si vous pouvies provoquer un peu profondement vostre ame a l'amour de la prattique de la douceur et de la vraye humilité, ma chere Fille, vous series brave ; mais il faut y penser souvent. Faites la preparation du matin (IVD part 2, ch 10), et en somme prenés a prix fait cette besoigne que Dieu vous payera de mille consolations ; et , pour cela, n'oubliés de souvent eslever vostre cœur en Dieu et vos pensees a l'eternité. Lisés, au nom de Dieu, tous les jours un peu, je vous en prie.
Faites cela pour moy, qui tous les jours vous recommande a Dieu, et je prie son infinie Bonté qu'a jamais elle vous benisse.
Ce 12 mars 1613.
FRANçs, E. de Geneve.
DCCCLXI A M. CLAUDE DE BLONAY Le Saint renonce par charité à la consolation d'avoir un ami pour compagnon de pèlerinage- Voyage à Turin, à pied ou à cheval, suivant les circonstances.
Annecy, 28 mars 1613.
Monsieur,
Par vostre lettre et par ce que j'ay peu apprendre de monsieur de Sainte Catherine (Philippe de Quoex), je voy que c'est une grande incommodité a monsieur l'Abbé de faire nostre pelerinage, lequel pourtant il n'entreprend que purement pour me favoriser . Mays sur tout considerant quil est incommodé de sa santé, j'entre en extreme apprehension que ce ne luy soit une peyne trop grande de se mettre en voyage. Obliges moy donq, je vous supplie, de le conjurer, par toute la bienveuillance quil me porte, de ne point se mettre au hazard, ni en la despence, ni en la peyne et travail de ce chemin, puisque il n'y regarde que ma seule consolation, laquelle, je confesse, seroit grandement languissante si je la recevois avec tant d'incommodité d'une personne que je cheris et respecte tant.
Quant a moy, le voyage de Thurin qui m'a esté ci devant volontaire, m'est a present necessaire pour plusieurs raysons ; et y estant, je passeray aysement a Milan pour rendre la veneration de si longuemain destinee au sepulchre du glorieux saint Charles . Et bien quil y eut quelque chose de ce qu'on dit des excommunications, je ne laisserois pas de m'acheminer, esperant qu'en toutes occasions Dieu me fera la grace de ne point m'oublier du devoir que j'ay a l'Eglise et au Prince, Somme toute, ne permettes pas que monsieur l'Abbé prenne cette si grande incommodité, et sur tout quil mette en compromis sa santé, car ce me seroit un'excessive peyne de le voir en peyne et un continuel mesayse de le voir en danger. Mays sur tout, ne manques pas de m'avertir au plus tost de ce que vos remonstrances auront operé ; car selon l'advis que je recevray, je disposeray autrement de mon despart, et peut estre de la circonstance du voyage, d'aller a pied ou a cheval jusques a Thurin.
J'apprens que vous aussi et monsieur le Curé de Bons ne feres pas qu'avec incommodité ce voyage, et je vous prie, mais de tout mon cœur, de ne vous en incommoder nullement et de dissuader aussi ledit Curé de Bons ; car plustost que d'incommoder mes amis en chose non necessaire, je romprois le voyage tout a fait. Response, je vous prie, et ne vous mettes en peyne que de me venir voir icy apres Pasques, pour conferer de ce que je pourrois utilement entreprendre aupres de Son Altesse pour nos affaires ecc1esiastiques ; puis, laisses moy faire mon petit fait, et vous verres que tout ira bien et sans bruit. Mays voyes vous, je vous recommande tres estroittement ce mien desir, et suis sans fin,
Vostre humble, tres affectionné confrere,
FRANçs, E. de Geneve.
XXVIII mars 1613.
Je reçois des nouvelles pour lesquelles peut estre je seray obligé de partir un peu plus tost ; ainsy faut il changer selon le tems, mais sur tout selon ce que Dieu permet par sa providence.
A Monsieur .
Monsieur de Blonnay, Curé de Siey,
Praefect de la Ste Mayson.
Revu sur l'Autographe conservé au château de Marin (Chablais), Archives de Blonay.
DCCCLXI bis (lettre MMXXXI du volume XXI reclassée) (1)
AU COMTE PROSPER-MARC DE TOURNON (2) (INéDITE) Envoi d'une lettre de M. de Charmoisy, faussement accusé. - Prière instante de faire valoir son innocence. - les méchants doivent être tenus en crainte.
Annecy, 26 mars 1613.
Monsieur,
Voyla la response de monsieur de Charmoysi (3), lequel m'ayant fait sçavoir le sujet d'icelle, je ne me suis pas hasté de vous l'envoyer, l'ayant receue avant-hier, parce que le retour de monsieur de Vaudrey (4) m'a fait sçavoir aussi que tout ce mauvais bruit estoit effacé par les paroles qu'il avoit soustenues devant [Sa Grandeur] (5) Je vous diray donq, Monsieur, si vous me le permettes, ce qui me sembleroit a propos maintenant: c'est qu'il vous pleust, par cette occasion, faire bien valoir l'innocence du cousin, laquelle on tasche, sans rayson ni propos, de rendre suspecte par tant d'inventions et d'exagerations ; car ces petitz mensonges sont bons pour donner connoissance des plus grans. Il nous faut donq tous bien employer pour maintenir le parent innocent, non seulement parce que nous le devons a son merite, mais pour tenir en quelque crainte les meschans par la resistance qu'ilz verront leur estre faitte. Monsieur, je vous souhaite toute sainte prosperité et vous demande la continuation de vostre bienveuillance, demeurant a jamais Vostre plus humble et affectionné serviteur, FRANçs, E. de Geneve.
26 mars 1613.
Revu sur une copie conservée au 2e Monastère de la Visitation de Paris
(1) Lettre découverte tardivement et reclassée à la date voulue (2) la simple lecture des lettres du 11 avril et du 14 juin 1613 au comte de Tournon (note 718 ; L6, note 84) suffit à persuader que celle-ci s'adresse au même destinataire, alors à Turin, où on le trouve encore deux semaines après. (L3, note 434)
(3) Claude Vidomne de Chaumont, seigneur de Charmoisy (L2, note 239), victime de calomnies auxquelles les ducs de Savoie et de Nemours avaient trop facilement prêté l'oreille, était interné dans son château de Marclaz, avec défense de rentrer à Annecy ; les faits sont contés L5, note 613). Outre les lettres au comte de Tournon indiquées à la note précédente, on peut voir celle écrite à des Hayes le 28 mars (L5, note688) et les notes qui l'accompagnent.
(4) la très ancienne maison.de Vaudrey, du comté de Bourgogne, tire son nom d'une terre considérable située près d'Arbois. Elle a formé plusieurs branches, entre autres celles de l'Aigle et de Valeroi-Saint-Remi. La généalogie de la seconde, donnée par Dunod de Charnage (Nobiliaire du comté de Bourgogne), mentionne deux personnages que l'on pourrait rapprocher de la date de cette lettre: Jean de Vaudrey, fils de Florent de Vaudrey et d'Henriette de Grammont; chevalier en 1587, il épousa en premières noces Eve d'Ortans dont il n'eut qu'une fille, et en secondes noces Béatrix de Grammont-Conflandey. De cette alliance naquit Jean-Gabriel de Vaudrey, seigneur de Valeroi, marié en 1614 à Etiennette de Montrichard. Le père ou le fils serait-il le " monsieur de Vaudrey" qui s'intéressait au pauvre prisonnier de Marclaz ? On peut se demander encore si ce seigneur n'était pas du nombre des " gentilshommes bourguignons" en faveur desquels saint François de Sales employa son crédit auprès du duc de Nemours lors de son voyage à Turin-Milan en 1613. Le 14 juin il attendait toujours " les effectz de la bonne volonté" témoignée par le prince " pour leur regard. " (L6, note 84)
(5) L'Autographe portait assurément S. G. (Sa Grandeur le duc de Nemours), et non pas J. C., comme la copie que nous reproduisons à défaut de l'original, en substituant à l'orthographe moderne celle du Saint.
DCCCLXII A M. ANTOINE DES HAYES Détails rétrospectifs sur l'affaire Berthelot et l'internement de M. de Charmoisy. - Conseils adressés à Philothée par l'entremise du destinataire. Le Saint désirerait avoir la liberté d'aller à Paris l'année suivante.
Annecy, 28 mars 1613.
Monsieur,
Vous verrés, je m'asseure, par la lettre que monsieur de Charmoysi vous escrit, comme des le despart de madame de Charmoysi il a receu le desplaysir de se voir comme banni de cette ville, par un expres commandement que Son Altesse luy a fait de s'en retirer et ne plus y revenir, sur l'impression la plus fause du monde que Monseigneur de Nemours a receu de la part de quelques calomniateurs, que les bastonnades donnees au sieur Berthelot avoyent esté conseillees par monsieur de Charmoysi ; dont mon dit Seigneur de Nemours a entrepris le ressentiment si chaudement, que nous en sommes tous estonnés. Et peu s'en est fally que l'un de mes freres, chevalier de Malte , n'a esté ordonné à. la prison (bien que tout le tems de la querelle il fut avec moy a Sales), seulement par ce quil est grand ami du sieur Abbé de Talloyres et qu'il l'avoit fort visité apres les bastonnades. Or neanmoins, j'espere que dans peu de jours tout cela se passera, et Monseigneur de Nemours, selon sa bonté, sera marri d'avoir fait faire du mal a monsieur de Charmoysi et d'en avoir desiré a tant d'autres ses plus fideles et affectionnés serviteurs et sujetz .
Mays ce pendant, il faut que madame de Charmoysi tienne bonne contenance et ne face nulle sorte de plaintes qui puissent venir a la connoissance de monsieur de Jacob , ains que luy parlant, elle tesmoigne une grande asseurance que la bonté de Son Altesse et de Monseigneur de Nemours regardera bien tost favorablement son mari et sera offencee contre ceux qui luy ont voulu procurer du mal. Ce que je vous dis, Monsieur, par ce que vous pourres mieux dire a cette bonne dame comm'elle se devra comporter que je ne sçaurois le luy escrire, bien que je luy en touche un mot.
Enfin, tout nostre Caresme s'est passé en cette pauvre petite ville a nous defendre presque tous des calomnies qu'on jettoit indifferemment sur le tiers et le quart, a rayson de ces miserables bastonnades. Eusse-je pas esté mieux si mon bonheur eut permis l'effect de vostre volonté, et que j'eusse presché en vostre chaire (Note 491)
et jouy de la douceur de vostre conversation et de la presence de Monsieur nostre Evesque qui est là ? J'espere, dans le moys, partir pour Thurin , ou je feray tout ce qui me sera possible affin d'avoir ma liberté pour l'annee suivante ; car le desir du bien que j'attens de vostre veûe et du rencontre de tant de gens d'honneur qui, pour vostre consideration, me recevront en leur conversation, est extreme dedans mon cœur. La volonté neanmoins de Dieu en soit faite, et luy playse vous combler de toute santé et vraye felicité, avec madame vostre chere digne compaigne et toute vostre mayson.
C'est le souhait perpetuel, Monsieur, de Vostre tres humble, tres affectionné serviteur, FRANçs, E. de Geneve.
28 mars 1613. a Neci
Monsieur, j'escris en sursaut, c'est pourquoy je ne vous envoye pas les papiers du conte fait entre mes freres et les agens de madame la Duchesse de Mercœur , comme je feray bien tost, puisque vostre bonté s'estend a vouloir en recevoir la peyne. Monsieur [Monsieur des] Hayes, Maistre d'hostel du Roy, Gouverneur et Baillif de Montargis.
Revu sur l'Autographe conservé au 1er Monastère de la Visitation de Rouen.
DCCCLXIII A MADAME DE CHARMOISY Quand doit-on témoigner à Notre-Seigneur son amour. - Sympathies et dévouement pour la famille de Charmoisy éprouvée.
Annecy, 28 mars 1613.
Ma tres chere Fille,
C'est maintenant que vous estes en affliction, que vous deves tesmoigner a Nostre Seigneur l'amour que vous luy aves si souvent promis et protesté entre mes mains. Ce me sera extreme consolation d'apprendre que vostre cœur se comporte bien pour ce regard.
Recommandés-vous aux prieres de saint Louys, lequel apres avoir longuement assisté et servi les malades de contagion en son armee, s'estima bienheureux d'en mourir, prononçant cette orayson pour ses dernieres paroles : J'entreray en ta mayson, 0 mon Dieu, j'adoreray en ton temple et confesseray ton nom (Ps 5,8 ; 137,2).
Remettés-vous en la volonté divine, qui vous conduira selon vostre mieux pour l'emprisonnement de vostre mary.
Je voudrois bien en cette occasion vous donner quelque sorte de bonne consolation, mays je n'ay pas dequoy. Je prie donq Nostre Seigneur qu'il soit vostre consolation et qu'il vous face bien entendre que par plusieurs travaux et tribulations il vous faut entrer au Royaume des cieux (Ac 14,21), et que les croix et afflictions sont plus aymables que les contentemens et delectations, puisque Nostre Seigneur les a choisies pour soy (He 12,2) et pour tous ses vrays serviteurs.
Ayés bon courage, ma chere Fille, tenés ferme vostre confiance en Celuy au service duquel vous vous estes dediee et abandonnee, car il ne vous abandonnera point. Et ce pendant, je m'employeray de tout mon cœur, affin d'ayder vostre mary, envers tous ceux que je croy avoir du credit pour le faire delivrer et que je sçauray vouloir faire quelque chose a ma contemplation ; et des-ja j!ay commencé ce bon office des avant hier, vous cherissant comme ma vraye fille, et tout ce qui vous appartient, pour l'amour de Nostre Seigneur a qui vous appartenes, la volonté duquel soit faîte es siec1es des siec1es. Amen.
FRANçs, E. de Geneve.
A Neci.
DCCCLXIV A LA MèRE DE CHANTAL (FRAGMENT) Les embarras d'un héritage.
Annecy, [mars-15 avril ] 1613.
……………………………………………………… Et pourquoy non moy a ma Mere ? Vrayement, bonsoir, ma tres chere Mere. J'ay fait avec le procureur La Tour quil ira jeudi a Dizonche ; c'est un bon personnage qui fera fort bien l'office. Or sus, portes vous bien, ma tres chere Mere. Dieu vous comble de paix, benediction et amour. Amen. J'ay response de Mme d'Aiguebellette qui dit que Mlle des ……………………………..
Revu sur une copie déclarée authentique, conservée à Turin, Archives de l'Etat.
DCCCLXV A LA MêME Une chape vraiment belle: d'où lui vient sa beauté ; symbolisme des dessins qui la décorent. - Bénie soit la main de la brodeuse.
Annecy, [vers le 7 avril 1613 .]
0 vrayement, elle est belle en extremité, la chappe que la plus chere mere qui vive envoye a son tres cher pere ; car elle est toute au nom de JESUS et de MARIE, et represente parfaitement le Ciel des bienheureux, ou Jesus est le soleil (Ap 22,5) et Marie la lune (Ct 6,9 ; Serm 1, serm 61), luminaires presens a toutes les estoilles de cette sainte habitation (Dn 12,3)
; car Jesus y est tout a tous (1 Co 15,28 ; Col 3,11), et n'y a point d'estoille en ce globe celeste en laquelle il ne soit representé comme en un miroüer. Et les Phi (??)
redoubl?s signifient, comme lettres capitales, la Philothie et la philanthropie, l'amour de Dieu et l'amour du prochain. Et les S fermees, avec leurs flesches qui montent d'un costé et descendent de l'autre, demonstrent l'exercice de ces divins amours, dont l'un remonte en Dieu et fait des Philothees, l'autre descend au prochain et fait des Philantropes : qui est l'unique bien de la charité, qui nous rend vrays serviteurs et servantes de la divine Majesté. Sur tout, le Saint Esprit influë et fait paroistre une grande varieté de fleurs et de toute sorte de vertu.
Benite soit a jamais la chere main de ma Mere qui a si bien sceu faire ce bel ouvrage ! Que cette main soit propre a faire des choses fortes, et tout esgalement a manier le fuseau ( Pr ult,19).
Qu'elle soit ornee de l'anneau de fidelité et son bras, du brasselet de charité ; que la dextre du Sauveur soit a jamais jointe a elle et qu'elle paroisse pleine au jour du jugement ; qu'a jamais le cœur qui l'anime soit revestu de JESUS, de MARIE, de Philothie, de philanthropie, de sainteté, d'estoilles, de dards volans du celeste amour et de toute sorte de vertu fleurissante ; que le Saint Esprit la rayonne en tous tems. Bon soir, ma tres chere Fille, ma Mere.
Mais il faut encor dire cecy. Il est escrit de la femme forte (Pr ult,21), que tous ses gens ont double vestement ; l'un, je pense, pour les festes, l'autre pour les jours ouvriers. Et me voyla revestu d'une chappe admirable pour les festes, chappe belle et de couleur de la Resurrection; et d'une robbe encor pour tous les jours, de la couleur de la robbe que Nostre Seigneur porta sur le mont de la Passion . Dieu nostre Seigneur vous habille et de sa Passion et de sa gloire.
DCCCLXVI A LA MêME Le travail permis à la Mère de Chantal deux jours chômés. - Souhait et espérance du Saint. - Un visage pâle et un cœur vermeil.
Annecy, 8 avril 1613 .
Vous pourres bien travailler dedans la mayson, aujourdhuy et demain, pourveu que personne ny entre d'estranger, sinon M. Grandis , M. Roget et la petite seur ; et bien que quelqu'autre entrast, vous pourries neanmoins bien travailler en ces besoignes qui sont pour l'eglise. Je ne pensais nullement escrire a Paris, mais puis que vous l'aves desiré, j'escris a Monseigneur de Bourges . Si pour chose du monde je le puis, je vous iray voir demain; si moins, tout au pis, j'iray dire vostre Messe samedi. Toutes les apres disnees de ces trois jours sont assignés (sic) en appointemens. Mon Dieu, ma chere Fille, que je vous souhaite de perfections ! et que de courage et d'esperance j'ay maintenant en cette souveraine Bonté et en sa sainte Mere, que nostre vie sera toute resserree en Dieu avec Jesus Christ, pour parler avec nostre saint Paul (Col 3,3). Bonjour, ma chere Mere mienne. Le bon jour a nos filles, toutes, et aux malades a part, y comprenant la grande chere fille, pasle au visaige , mais, comme j'espere, vermeille de cœur en l'amour caeleste. Bon jour de rechef, ma tres chere Mere, ma Fille vrayement mienne.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
DCCCLXVII AU COMTE PROSPER-MARC DE TOURNON Dévouement du Saint pour M. de Charmoisy. - Malice de ses ennemis et crédulité du prince de Nemours. - Berthelot et M. de Servette.
Annecy, 11 avril 1613.
Monsieur,
J'escris a part ce billet pour laisser l'autre lettre en estat de pouvoir estre monstree a monsieur le marquis de Lans ; et si je ne l'avois escritte si praecipitamment, j'eusse voulu quil l'eut envoyee ou a monsieur le Chancelier , ou a quelqu'un qui eut entrepris de bien representer a Son Altesse la malice et le venin des ennemis de nostre pauvre parent , qui est la, mussé comme un lievre dans Marcla , avec une fort exacte obeissance. Chacun est scandalisé du grand pouvoir que les accusations seules ont : sil suffit d'accuser, qui sera innocent ? Ceux qui connoissent M. de Servette , et je croy que Son Excellence le connoist, sçauront bien discerner de l'action d'hier. Certes, Bertelot n'avoit que faire de s'opposer a luy en la conduite des dames ; car, comme vous sçaves, c'est un gentilhomme de si bon lieu, que, comme que ce soit, encor le faut-il respecter. Or, il suffit si l'on peut faire l'office au pauvre parent des-ja banni du Genevois et serré dans une mayson seule. Pour moy, je voy tant de malice et de ruse en ses calomniateurs, et la voy si clairement, que je me sens obligé de parler et me semble que le silence seroit peché. L'importance est que l'office se face viste, car je m'asseure que ce matin, Berthelot despechera un homme, comme sachant bien que la plus grande force de sa ruse consiste en la diligence.
Si madame la Comtesse nous envoye des bouteilles, on les emplira tant quil y aura du piqu'ardent (note 652), et si nous eussions eü des ampolons a suffisance, nous n'eussions pas oublié de vous envoyer vostre part. Je feray tenir seurement la lettre au cousin lundi ou mardi, au fin plus tard.
J'espere avoir le bien de vous saluer et redire que je suis, Monsieur, Vostre plus humble, tres affectionné serviteur, FRANçs, E. de Geneve.
XI avril 1613.
A Monsieur
Monsieur le Comte de Tornon.
Revu sur l'Autographe appartenant à Mme la marquise Pensa, à Turin.
DCCCLXVIII A M. CLAUDE DE QUOEX Renseignements pour une dispense de mariage à obtenir.
19 avril 1613 .
Monsieur,
Outre le desir que j'ay de vous saluer, je me suis souvenu que j'avois oublié de vous supplier d'envoyer a Romme pour monsieur de Monthouz Guillet et sa femme ; ce que neanmoins j'avoys promis de faire audit sieur de Monthouz, lequel reciproquement m'a promis de vous donner argent pour cet effect. Il s'appelle Gabriel Guillet ; elle, Marie de Maillard , Et quant a elle, elle a contracté de bonne foi, à l'âge de douze ans; ils ont eu un. enfant , et il y aurait scandale s'ils se séparaient. Les deux parties sont sous le pouvoir du père; l'empêchement est du troisième degré. . . Je pass'outre, Monsieur, plein d'esperance que, nonobstant toute sorte d'oppositions, Nostre Seigneur nous donnera victoire . Aymes moy tous-jours cependant, et me tenes, Monsieur, pour Vostre humble, tres affectionné frere et serviteur,
FRANçs, E. de Geneve.
XIX avril 1613.
Je salue bien humblement madame ma chere seur . A Monsieur Monsieur de Quoex, Conseiller de Monseigneur et son premier Collateral en Genevois.
Revu sur l'Autographe conservé à Chambéry, Archives du Sénat de Savoie.
DCCCLXIX A LA MèRE DE CHANTAL (INéDITE) Une halte en Maurienne. - Sollicitude du Saint en voyage.
Saint-Jean-de-Maurienne, 21 avril 1613.
Ma treschere et tres honnoree Mere,
Me voyci en la quatriesme journee , partant de Saint Jan de Maurienne, ou Monsieur l'Evesque nous a logés cordialement. Vives joyeuse, ma Mere vrayement toute bonne, en Nostre Seigneur, que je ne cesse point de supplier quil luy playse remplir de plus en plus nostre cœur unique de son tressaint et pur amour. Je vous supplie de dire a M. Michel qu'il face l'aumosne aux Peres Capucins tout ainsy que si nous y estions, et que si les Dames de Sainte Claire (Lettres 3, note 101) ont besoin de vin, mesme pour les malades, il leur en donne. O ma tres chere et vraye Mere, Dieu vous benisse de ses plus profondes benedictions, avec toute la chere trouppe, specialement la malade . Vostre filz , vostre neveu , tout cela vous donne le bon jour. Qu'a jamais soyons nous a Dieu, vous comme moymesme, moy comme vous mesme, puisqu'il a ainsy pleu a sa divine Bonté, a laquelle soit gloire es siecles des siecles. Amen.
XXI avril 1613, a Saint Jan de Maurienne.
A Madame Madame de Chantal,
Superieure de la Visitation.
A Neci.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Uedem (Prusse rhénane). DCCCLXX A LA MêME Comment attendre l'issue d'une maladie. - Dans quels sentiments faut-il sortir de cette vie et acquiescer à la Providence divine.
[Fin avril-mai 1613 .]
Il faut attendre, ma tres chere Mere, l'evenement de cette maladie le plus doucement qu'on pourra, avec parfait te resolution de se conformer a la volonté divine en cette perte, si perte se doit nommer l'absence de quelque tems, qui, Dieu aydant, sera reparee par une presence eternelle. Hé, que bienheureux est le cœur qui ayme et cherit la volonté divine en toutes occurrences !
O si une fois nous avons nostre cœur bien engagé a cette sainte et bienheureuse eternité : Allés, ce dirons-nous a tous nos amis, allés, chers amis, allés en cet Estre eternel a l'heure que le Roy de l'eternité vous a marquee ; nous y irons aussi apres vous. Et puisque ce tems ne nous est donné que pour cela et que le monde ne se peuple que pour peupler le Ciel, quand nous allons la, nous faysons tout ce que nous avons a faire. Voyla pourquoy, ma Mere, nos anciens ont tant admiré le sacrifice d'Abraham (Gn 22,1).
Quel cœur de pere ! Et vostre sainte compatriote, la mere de saint Symphorien, par le traict de laquelle je finis mon livre ! (IVD part 5, ch 18)
O Dieu, ma Mere, laissons nos enfans a la mercy de Dieu, qui a laissé le sien a nostre mercy ; offrons luy la vie des nostres, puisqu'il a donné la vie du sien pour nous (Jn 3,18 ; 1 Jn 4,9). En somme, il faut tenir les yeux fichés sur la Providence celeste, a la conduite de laquelle nous devons, de toute l'humilité de nostre cœur, acquiescer.
Dieu vous benisse, et marque vostre cœur du signe eternel de son pur amour. Il faut devenir tres humblement saintz, et respandre par tout la bonne et suave odeur de nostre charité. Dieu nous face brusler de son saint amour et mespriser tout pour cela ; Nostre Seigneur soit le repos de nostre cœur et de nos cors ! Tous les jours j'apprens a ne point faire ma volonté et faire ce que je ne veux pas. Demeurés en paix entre les doux bras de la divine Providence et dans le giron de la protection de Nostre Dame.
FRANçs, E. de Geneve.
DCCCLXXI MINUTE éCRITE PAR SAINT FRANçOIS DE SALES POUR MADAME DE SAINT-CERGUES A MADAME DUFOUR Mme de Saint-Cergues expose les raisons de son abjuration.- Après la grâce du Saint-Esprit, la confession de foi catholique a surtout dessillé ses yeux : elle a vu Jésus-Christ, unique objet de foi, d'espérance et de charité, l'exclusion de toute idolâtrie, le culte raisonnable des Saints. - Une " pauvre petite brebiette " se réunit au troupeau. - La lumière n'est pas toujours accompagnée de la facilité pour déduire les raisons de la croyance.
Annecy, février 1611
………………………………………………………………………………… Au demeurant, Disdiere n'est pas assez clairvoyante pour juger dignement de mes actions et beaucoup moins de mes intentions , et partant vous aves bien fait, et tous, mes amis aussi, de ne point la croire quand elle vous a dit que je m'estois destournee de la vraye foy en un seul Christ, pour adhaerer aux fables, traditions et inventions des hommes. Il est vray que, par une speciale grace du Saint Esprit, je suis retournee dans le giron de la sainte Eglise Catholique, duquel, par ignorance et inconsideration, je m'estois separee. Mays je n'ay point esté attiree a cette si salutaire resipiscence par aucunes fables, traditions ou inventions humaynes, ains par la connoissance de la verité, prise en la pure, simple et claire Parole de Dieu, a laquelle je veux a jamais inviolablement adhéerer. Je confesse bien pourtant en bonne foy, que l'une des choses qui m'a le plus aydee a me fayre voir l'erreur auquel je vivoys, a esté la confession de foy que j"ay veu faire icy aux Chrestiens catholiques, mise en comparayson avec l'accusation qui s'en fait ordinayrement es sermons et conferences de messieurs les ministres. Car j'ay treuvé qu'icy on ne respire que la foy en un seul Jesuschrist, on n'aspire et espere qu'en un seul Jesuschrist, on n'annonce que l'amour d'un seul Jesuschrist, qui est hautement et clairement reconneu pour vive et vivante source et unique fin de toutes louanges et benedictions. Je ny ay point treuvé d'idoles, ains des images de Jesuschrist, exterminateur des idoles, et des portraitz des Saintz, qui ont perdu la vie plustost que de souffrir les idoles. J'ay treuvé qu'on y prioit les bienheureux Saintz, non comme compaignons, mais en qualité d'aggreables et tres humbles serviteurs de Jesuschrist, non point pour desfiance de la bonté et charité divine envers nous, mays pour prattiquer et se praevaloir de la communion des Saintz. J'ay treuvé que l'on n'establissoit son salut qu'en la Mort et Passion de Jesuschrist, et que l'on ny estimoit aucunes œuvres bonnes et meritoires qu'en la vertu et valeur qu'elles ont par le merite du sang de Jesuschrist. Et en toutes choses, j'ay treuvé que la souveraine gloire deüe a ce souverain Sauveur estoit exactement preschée, inculquée, reconneue et conservée avec une tressainte et religieuse jalousie ; chose, certes, comme vous sçaves, bien esloignee du tesmoignage que messieurs les ministres rendent contre les Catholiques.
C'est pourquoy, ayant treuvé une si grande sainteté de religion ou l'on m'avoit tant asseuré ny avoir que superstition, un si grand zele pour lhonneur de Jesuschrist ou l'on praesupposoit estre le seul regne de l'antichrist, une si droite pureté d'intention ou l'on m'avoit tant dit ni avoir que faintise, une si grande clarté de doctrine ou l'on m'avoit fait entendre ni avoir qu'illusion, j'ay esté grandement confuse en moymesme d'avoir si longuement accusé, par une vayne persuasion, une si chaste et innocente Susanne (Dn 13), et, comme la charité m'obligeoit, je me suis res-jouye d'avoir tant treuvé de bien ou j'avais pensé ne treuver que du mal. Dont, comm'une pauvre petite brebiette esgaree qui retrouve en fin le trouppeau que par mesgarde ell'avoit laissé, je m'y suis librement, volontairement et par franche election, remise et reunie, n'ayant pas voulu refuser au Saint Esprit l'exercice de sa grace en mon cœur, ni a la verité divine, l'hommage que mon entendement luy devoit ; affin que les propheties, qui praedisent en tant d'endroitz le retour des ames a l'Eglise, fussent heureusement accomplies en moy et par moy, et qu'ayant esté une des estoiles errantes, desquelles parle saint Jude (Jude 13),en un ciel apparent et contrefait, je fusse meshuy un'estoile du vray firmament, qui est l'Eglise Catholique, en laquelle on ne connoist le grand dragon roux (Ap 12,3)
que pour le combattre et fouler aux pieds, ains escraser et exterminer par la force de la Parole de Dieu, pure, simple et entiere ; Parole qui est la vraye espee et le vray bouclier des croyans (Eph 6,17 ; He 4,12), et a laquelle nul homme n'a touché pour en oster un seul mot, y adjouster un seul point, ou y broüiller le vray sens, que soudain il n'ayt esté repris, puis condamné par la mesme Esglise.
Voyla ce que je vous puis dire de l'estat de mon ame qui sent une grande consolation en la misericorde de Dieu, si doucement exercee envers moy ; et vous prie de croire qu'en cet heureux changement je n'ay jetté mes yeux que sur Jesuschrist crucifié et sur l'eternité glorieuse quil m'a acquise par son sang, au prix delaquelle j'estime toutes choses un vray rien (Ph 3,7). Et si je pouvois aussi bien exprimer les raysons qui m'ont induite a ce desirable retour comme je les ay veüe (sic) clairement pour m'y resoudre, je croy que vous en series fort satisfaite. Mais ce bon Dieu qui ne nous manque jamais es choses necessaires a nostre salut, m'a donné la lumiere requise pour le voir et l'embrasser, par ce que sans cela je me fusse perdue, et ne m'a pas donné le moyen de bien declairer ce que j'ay conneu et connois par cette lumiere, par ce que ce n'est pas a moy d'instruire ni enseigner. Comm'en effect, je ne m'espancherois pas mesme si avant a parler de cette grace que j'ay receüe avec un'autre qu'avec vous qui m'aymes, et que je prie ne point communiquer la presente, pour ne me point rendre plus odieuse a ceux qui croyront que ce mien despart d'avec eux m'en rende digne, et lesquelz, non obstant cela, je ne laisseray neanmoins de cherir d'une vraye et sincere dilection, priant, etc, (note 741)
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
DCCCLXXII
AU CARDINAL ANNE DE PéRUSSE D'ESCARS DE GIVRY ( INéDIT) La Sainte-Maison de Thonon. - Les Carmes réformés de Paul V.
Annecy, 6 août 1607 .
Monseigneur,
Je ne respons encor pas aux articles quil vous a pleu me faire envoyer, par ce que je n'ay encor sceu retirer le double de la fondation de la Mayson de Thonon, qui estoit la principale piece que vous me commandiés de vous faire tenir. Je presse neanmoins le plus quil m'est possible pour cela. Mais despuis, le Pere Cherubin m'a remis des Bulles de nostre Saint Pere pour les executer , par lesquelles il m'est commandé de ranger la Sainte Mayson de Thonon a l'observation de certains articles signés par Monsieur le Nonce de Turin et de Son Altesse, lesquelz entr'autres choses, mettent ladite Mayson sous la protection de la Milice des saintz Maurice et Lazare . Sil se pouvoit faire que Sa Sainteté envoyast la mission des Carmes reformés, delaquelle il a esté parlé, pour le balliage de Gex , ce seroit un grand bien, et le Roy l'auroit aggreable, comme monsieur le baron de Lux me l'a escrit . Je vous bayse les mains en toute reverence, et suis, Monseigneur, Vostre tres humble et tres-obeissant serviteur, FRANçs, E. de Geneve.
A Neci, le VI aoust 1607.
Revu sur l'Autographe appartenant à M. Maurice Le Corbeiller, à Concise (Thonon).
APPENDICE I LETTRES ADRESSéES A SAINT FRANçOIS DE SALES PAR QUELQUES CORRESPONDANTS
A LETTRE DU BARON DE LUX (Note 630 et Lettres 2, note 88)
Monsieur,
Je n'ay pu vous faire responce plutost a celle qu'il vous a pIeu. de m'escrire (lettre 872) ; j'attendoys d'y sçavoir les volontés du Roy qui a eu. fort aggreable que vous mettiez au balliage de Gex les Religieux Carmes reformez que Sa Sainteté vous doit envoyer (note 749). Sa Majesté. s'asseure que vous les choisirez tels, qu'elle en aura du contentement et les jugerés d'edification. J'en escris a ces Messieurs un mien billiet dans le pacquet, afin que, voyans l'intention de Sa Majesté, ils n'y apportent rien de contraire. Il ne m'arrive contentement qui soit egal a celuy que je reçois de vous faire service qui vous soit aggreable : cela estant, je suis asseuré que cette action est receue avec plaisir devant Dieu. Ne me soyez, Monsieur, s'il vous plaist, siche de vos commandementz ; me les departant, vous faictes chose charitable, puisque sans iceux je ne fais chose aucune qui soit digne d'aggreer a la divine Majesté. Je la supplie tres humblement qu'elle me conserve vos bonnes graces, et vous donne, Monsieur, [heureuse] et longue vie. Vostre tres humble et tres obeissant serviteur, DE Lux.
Missery, ce 18e mars 1607.
Revu sur le texte inédit, inséré dans le 2d. Procès de Canonisation. B LETTRE DU PRIEUR ET DES RELIGIEUX DE SAINT-CLAUDE
Monsieur,
Nous avons reçu la vostre (lettre 690) par les mains du sieur present porteur, et pour response à icelle nous vous assurerons que nous monstrerons tous jours par effects l'affection et volonté que nous avons au service de Dieu pour son honneur et gloire, et mesmement au faict du restablissement de la sainte Messe audit lieu de Dyvonne. Et pour y satisfaire,. nous avons donné ordre à nos fermiers de fournir argent pour redresser l'autel et autres reparations necessaires, et prié le sieur porteur d'en poursuivre l'execution. Pour les ornements, nous en avons delivré suffisamment pour la celebration du divin service (note 112).
Quant à l'entretien du sieur Curé (note 113), outre ce que le ministre possedoit en domaine dependant de la cure et trois cents florins de pension qui estoyent par nos fermiers payez audit ministre, nous avons bien voulu nous charger et incommoder de luy augmenter l'entretien de quarante francs sur nostre revenu; qui fera une notable somme pour un homme d'eglise. Nous assurons que plusieurs curés n'en ont pas tant, et que la religion ne nous sauroit contraindre d'en donner davantage, d'autant que nous surpassons la portion congrue ; et sommes mary ne pouvoir donner telle pension que celle de Cessy (note 114), selon qu'il est porté par la vostre, d'autant qu'il nous est impossible, parce que le revenu n'est pas semblable, pour ce que ledit prieuré de Dyvonne est chargé de la troisiesme partie du revenu de pension annuelle au resignataire, par authorité du Saint-Siege, outre les pensions annuelles qu'il nous faut payer trois cent vingt livres, pour l'argent emprunté pour le remboursement du prix auquel on a esté condamné par arrest à Paris. Vous assurons que la reunion du dit prieuré nous revient à plus de quatre mille ecus en frais, pour l'avoir retiré de la main des heretiques; à quoy l'on doit avoir consideration, mesme les reparations qu'il convient y faire presentement, tellement que nous ne tirerons rien du revenu dudit prieuré durant cinq ou six ans, joint que l'on nous menace des decimes pour ceste annee. N'entendant pas que la dite pension de trois cents florins et augmentation de quarante livres par cy apres, soient payez par nous lorsque le revenu de la cure sera reuny, comme il estoit anciennement.
Et d'autant que le droit de presentation de ladite cure nous appartient, desirant neantmoins nous conformer à vostre volonté, nous vous supplierons accepter la presentation que nous vous ferons du mesme qu'il vous a plu choisir ; ou, en tant que l'authorité vous ait esté donnee du Saint Siege pour la premiere fois, de choisir tel que bon vous semblera, et que cela soit, comme nous ont donné a entendre de vostre part nos confreres, nous vous supplions nous donner acte, tant pour celle de Dyvonne que pour celle de Cessy, que ce soit sans prejudice pour l'advenir. Si non, nous vous supplions ne pas trouver mauvais si nous maintenons nos privileges, que nous croyons que vous nous conserverez; qui nous fera sur ce vous baiser tres humblement les mains, et prier Dieu de vous conserver et vous donner santé longue et heureuse vie, nous qui sommes, Monsieur, Vos tres humbles serviteurs, LES GRAND PRIEUR ET RELIGIEUX DE St CLAUDE.
A Saint Claude, ce 20 may 1611.
A Monsieur
Monsieur le Reverendissime Evesque de Geneve.
Revu sur une ancienne copie conservée à Paris, Bibliothèque nationale, Galerie Mazarine, vitrine XXXII, n 324
C LETTRE DU PèRE JEAN DE VILLARS DE LA COMPAGNIE DE JéSUS (Lettres 2, note 355)
Monseigneur,
Vostre humilité, (note 123) ma condition et mon humeur me defendent la flatterie et commandent la congratulation pour les biens que ma Mere, qui, de ses eaux salutaires, m'a engendré en vie eternelle, reçoit par vous. Il est vray, Monseigneur, je ne suis qu'un pecheur et le dernier de nostre Compaignie; mais Dieu me donnoit des mouvemens si vifs d'asseurer madame de Chantal que le Ciel luy vouloit donner l'eau de la Samaritaine par le canal de vos levres, que si les Anges fussent venus troupes a troupes pour m'en dissuader, je ne crois pas qu'ilz l'eussent peu faire, parce que l'impression estoit du Roy des Anges. .
Et m'a semblé, depuis que vostre naissante Congregation est commencee, que je l'ay veüe comme une Hierusalem nouvellement descendante du Ciel. Oh ! que je me suis ecrié de bon cœur : Benite soit la premiere pierre de cet edifice ! Oh, qu'elle est polie ! C'est un marbre bien taillé, marbre blanc, que le cœur de cette digne vefve, dont j'ay autrefois tant honoré les vertus et dont je venere maintenant la sainteté. Il est blanc, ce cœur, par la pureté de ses intentions ; il est poli, par les diverses afflictions qui, en guise de coups de marteau, ont osté toutes les superfluités et l'ont jointe au point du lieu sacré ou elle devoit estre posee, et vostre ingenieuse main a gravé sur ce marbre poli, pour un monument eternel de gloire a Dieu, ces quatre belles paroles qui sont les devises de vostre cœur : VIVE JESUS ! VIVE MARIE (lettre 693) ! Tout a Dieu, tout pour sa gloire !
N'ay-je pas donc sujet de dire : Benite soit la pierre, beni soit l'ouvrier, et beni soit eternellement l'Architecte celeste qui, dans son idee eternelle, avoit fait le projet de cet edifice? Il me semble, Monseigneur, que cette Congregation manquoit encor a l'Eglise, et que Dieu vous ait suscité en nos jours pour l'eriger. Certainement, Nostre Seigneur a visité son peuple, et faut croire que la benediction de commencement s'estendra avec une amplification nombreuse : car, que manquoit il aux foibles, que cette mediocrité ? que falloit il aux vefves, que cette douceur ? que pouvoyent desirer les robustes et ferventes, que cette mortification ? Vous avez, mon tres cher et digne Seigneur, dressé un temple de Salomon en ce siecle, voyla les trois estages : que reste il a ces ames bienheureuses destinees a l'habitation d'iceluy, que d'entrer dans le Sancta Sanctorum de l'eternelle felicité ?
Monseigneur, donnés moy quelque petite part aux prieres qui se feront dedans ce temple. Il me reste de recourir a vous pour cet effect, car je crois que madame de Chantal ne me refusera pas cette grace, puisqu'elle sçait mes besoins, et de plus, que je suis Vostre tres humble, obeissant serviteur, fils, penitent, JEAN DE VILLARS, Jesuite.
De Dijon, ce 24 juillet I611.
Revu sur le texte inséré dans l'Histoire de la Fondation du 1er Monastère de la Visitation d'Annecy.
D
LETTRE DE MADAME DE SAINT-CERGUES
Monseigneur,
La reception (lettres 660, 871) de celle dont il vous a pleu m'honorer a apporté. une telle joye et consolation en mon ame, qui me sembloit, la lisant, que je vous voioyt present. Je me condamnois neantmoins en ce que vostre bonté et courtoisie, joiend au soien quil vous plaist avoir de mon bien et salut, m'avoit prevenue, encore que la faute ne provenoit pas d'obliance ni moins de reconnoissance de mon devoir ; car il y a plus de huict jours que j'avois dressé une lettre pour vous l'envoyer à la premiere comodité. Mais d'autant qu'elle contenoit quelque avis plains (sic) de difficulté et facherie ou je me suis trouvé reduicte, il m'a semblé qui me seroist plus seant de m'en taire pour le present, remettant à nostre premiete veüe à le vous dire de bouche ; qui sera, comme j'oze esperer, bien tost, puis que nous approchons de la feste qui vous.donne subject de venir à Thonon . Je m'en rejouis infiniment, me promettant que ce ne sera sans avoir l'honneur de vous voir en passant, ou bien à vostre maison de Vieu .
Cependant, je vous diray (Monseigneur) comme par la grace et support de mon Dieu je persevere en l'exercise ou il vous a pleu m'acheminer, qui apporte un grand repos à mon ame et contentement à mon esprit parmi les traverses et facheries qui faut supporter en ce monde. Je me raffreschis aussi la memoire tous les jours des bonnes et salutaires instructions qui vous a pleu me despartir, en la lecture des beaux livres que je tiens cherement de vous, Monseigneur, ou je trouve le remede à tous mes maux. Ne reste si non à me les sçavoir bien appliquer et en bien user.
Le Seigneur m'en fasse la grace, sil luy plaist, et me doinct meriter de me nommer à tous jours, Monseigneur, Vostre tres humble et obeissante fille, sœur et servante, J. DE CARTAL..
De Lucinge, ce 29 julliet 1611.
Revu sur l'Autographe inédit, qui, en 1895, appartenait à Mme Doroz, née d'Arcine, à Besançon.
E
LETTRE DE DOM SENS DE SAINTE-CATHERINE FEUILLANT
Mon tres digne Pere et mon Pasteur bien aimé, Les petits chiens, (note 296) [qui] aiment grandement leurs maistres et que leurs maistres aiment bien, ne laissent pas de les importuner quelquefois de leurs griffes, mesme en leur tesmoignant qu'ils les aiment et en les caressant. Ainsi, Monseigneur, je vay, avec les griffes de ma plume, vous carresser comme mon cher maistre, et vous demander quelques unes des miettes qui tombent sous vostre table, lorsque vous rompé le pain de salut a vos cheres Filles.
Mais, Monseigneur, vous ne [me] pardonnerié jamais si je vous racontois les loüanges que l'on donne a ce Pere et a ses Filles. L'on dit que c'est la perfection de ce siecle ; et, vous laissant a part pour pardonner a vostre modestie et contenter vostre humilité, le bon Pere de Saint Malachie (Lettres 3, note 3) me disoit l'autre jour, qu'il consideroit devant madame de Chantal et la voioit en esprit comme un soleil, et chacune de ses filles estoit un rayon pour esclairer ce siecle.
Et moy, mon unique Seigneur, quand je considere vostre Congregation devant Dieu, je la vois aussi haute en amour comme vous l'avez faite profonde en humilité, et j'espere que bientost la France, jalouse du bien de nos montagnes, voudra partager ce bonheur avec elles ; j'espere, dis je, que comme les plaines sont plus propres a s'estendre que les monts et vallees, que dés que vous auré fait quelques Maisons en nos quartiers, ce sera jetter madame de Chantal comme un grain dans ces plaines, qui raportera au centuple. Dieu me rende digne de voir nos terres ensemencees de cette bonne semence, et je prie Dieu de luy donner l'arrousoir d'en haut, par les benedictions, et l'arrousoir d'en bas, par les bons accueils que cette Congregation merite recevoir par tout, quand ce ne seroit qu'a la consideration de son Fondateur et de la Fondatrice, que j'honore sans difficulté, selon le conseil de l'Apostre, comme l'autel sacré de Dieu.
Et apres vous avoir supplié en toute humilité, Monseigneur, de luy demander un Avé pour moy [et] a toutes ses Filles, je demeure Vostre tres obeissant fils, DOM SENS DE Ste CATHERINE, indigne Feuillant.
De vostre Maison, ce 3e fevrier 1612.
Revu sur le texte inséré dans l'Histoire de la Fondation du 1er Monastère de la Visitation d'Annecy.
F
LETTRE DE M. JEAN-LOUIS DE CHEVRON SEIGNEUR DE BONVILLARD (note 365)
Monsieur,
Je vous prierey m'excuser (lettre 769) si je vous importune de ces deux moctz pour vous prier representer, si vous voz (sic) treuvé en commodité, a messieurs de Chivron mes nepveuz , aux fins que, avec vostre assistance et du sieur de Villette nostre cousin , puissions faire noz partaiges sans aucunes formallités de justice, ains par voye d'amytié, comme le debvoir nous oblige. J'ey par plusieurs foys prié lesdictz sieurs mes nepveuz de prendre une journee pour y resouldre en vostre presence, lesquelz ne si veullent entendre, ains desmeurent saysis de tout, a mon grand prejudice, veu les grandz charges et debtes qui sont deubz sus noz biens . Et sur ce, j'attendrey d'avoir de vous, nouvelles, en priant Dieu qu'il vous aye en sa protection, et suis, appres vous avoir baisé tres humblement les mains, Monsieur, Vostre bien humble et affectionné cousin et serviteur, J. L. DE CHIVRON.
A Bonvillard, ce 21e mars 1612.
Revu sur l'Autographe inédit, conservé à la Visitation de Pignerol. G
LETTRE DE MGR MICHEL D'ESNE éVêQUE DE TOURNAI
Monseigneur,
Le P. lrenée (lettre 789) a eu raison de vous parler de l'affection que je vous porte, car dez la premiere veuë que j'eu de vostre Introduction, elle s'empara de mon ame et y va prennant racine si avant, que la seule mort la poura arracher. Vostre Introduction, certes, a esté si bien receüe par deça, que l'impression s'en est multipliée a l'esgal, sans doubte, du fruict qui en a reüssi. Ha ! que ce vous est un heureux travail que de combatre et debatre contre les huguenots ! (travail qui infalliblement vous acquerrera une couronne de gloire et ça bas et au Ciel.) Nous ne sommes pas icy, par la grace de Dieu, oisifz, mais nous n'advançons pas tant que nous voudrions bien. Combien de fois ay je regretté la faulte de Geneve ! Pleust a mon Dieu que je fusse condamné a vous restablir en vostre siege ! Tout viel que je suis (aagé de 71 ans), je m'y achemineroy tres volontiers, deuse-je mourir (comme l'on dit) en la peine. J'ay maintes fois souhaitté que ceste hydre n'eust qu'une teste (comme faisoit Neron du peuple Romain), pour la luy trancher tout d'un coup. J'envoye a Vostre Seigneurie Reverendissime une de mes petites traductions (note 437), que je vous prie recevoir de pareille affection que je la vous presente, priant Nostre Seigneur seconder voz bons desseings, vous asseurant que je demeureray toute ma vie, De Vostre Seigneurie Reverendissime, Tres humble et res affectionné confrere et serviteur en Nostre Seigneur,
MICHEL, Evesque de Tornay.
Je me recommande a voz prieres.
[Mai 1612.]
A Monseigneur
Monseigneur le Rme Evesque de Geneve.
Revu sur l'Autographe inédit, conservé à la Visitation d'Annecy. H
LETTRE DU CHEVALIER CLAUDE DE LA VERCHèRE
Monsieur, Il y a quelque temps que nous avez asseuré, monsieur de Gerlande et moy, par vostre reponce à celles que luy et moy vous avions escriptes, que me donneriez tout contentement pour le faict de mes biens de Crozet, pays de Gex, dans les limites de vostre evesché, desquels vous avez prins la possession sans qu'il vous appartienne ; car de tout temps, ça esté un membre despandant de ma commanderie, fors des la prinse dudit pays par les seigneurs de Berne , qu'il a esté occuppé par ceux de la religion, ainsi que je vous ay fait entendre par mes lettres et comme le sieur Girod, mon fermier , l'a fait voir sur lieux aux curez de Gex et Farges , qu'aviez a ces fins deputez, tant par mes derniers terriers, que ceux qui sont faiz des cent et quattre vingts ans en ça, desquels il leur a baillé les coppies pour les vous fere tenir des le moys d'octobre dernier ; par ou il appert clairement, avec d'autres enseignements, que la chappelle de Crozet ne fust jamais cure ny parroisse, moings que lesdits biens en feussent depandants . De quoy, du despuis, je n'ay heu de vous aucune resolution, quoique mon fermier aye sollicité lesditz curez, nottamment ceux (sic) de Gex qui l'a entretenu a parolles jusques a Noel dernier, et remettant l'affaire sur vous, puis que vous avon envoyé les dittes coppies et memoires. Tellement que, par le silence que m'en a du despuis fait ledit Girod (auquel j'avois donné charge d'en suivre les poursuittes), a cause d'une maladie qui des lors l'a retenu au lit jusques a present, je croyois que luy en aviez relasché la possession.
Mais je vois maintenant le contraire et que me detenez tous jours lesdits biens contre tous nos droits et privilleges ; car jamais les Evesques n'ont heu a cognoistre sur ceux qui depandent de nostre Ordre. De sorte que, comme il a pleu a Sa Majesté remettre les Catholiques en la possession de tous les biens ecclesiastiques dudit Gex et les choses au mesme estat qu'elles estoyent anciennement, afin que chacun jouy du sien paisiblement, je m'estois librement dispancé de luy accenser ceux dont il est question ; dequoy il me demande de grands dhommages et interests, faute de l'en faire jouir. C'est pourquoy je vous ay encor fait ceste, par laquelle je vous prie mettre le tout en consideration ; apres quoy je m'asseure qu'aurez pour agreable a me relascher amiablement lesditz biens, ensemble les fruicts tant de la presente que derniere annee. Lhonneur et le respect que je vous porte me fait souhaiter de n'en venir par la voye que chacung recherche pour conserver le sien, que je seray contraint de suivre si, de vostre propre motif, vous ne vous rendez a la raison.
Et quant a ce qui concerne le service que je doibs faire celebrer en laditte chappelle, je veux tous jours rendre mon debvoir et payer le prestre qui le voudra faire au jour de la fondation ; mais d'yentretenir ung, je ne le puis, tant pour en estre dispencé, que a cause des grandes charges que je paye a ma Religion, joinct que le revenu n'est suffizant pour l'y entretenir . L'asseurance donques que je prends que ne voudriez vous prevalloir de ce qui depand de nostre Ordre, ny le constituer en frais pour chose si juste, mais plustot qu'en desiriez l'accroissement, me fait croire que me donnerez tout contentement et que l'equité de vos proceddures ne refusera ce qu'avec justice nous pourroit avec toute raison facilement rendre.
Cela m'obligera de tant plus a demeurer, comme je suis a jamais, …………………
[Janvier 1613.]
A Monsieur et Reverend Seigneur,
Monsieur de Salles, Evesque de Geneve.
A Necy.
Revu sur la minute inédite, conservée à Lyon, Archives du Rhône. Fonds Malte, H.240, n 29.
II PIèCES DIVERSES
A
SAINT FRANçOIS DE SALES ET MGR GERMONIO
Musteriensis diœeesis finibus appropinquanti, oceurrit Franciscus Sales, Genevensium Antistes, elegantis ingenii homo, doctusque, ac pius divini verbi praeco, simul et Anastasii studiosissimus, quod ejus opera, a Summo Pontifiee Paulo Quinto plurima, eademque non vulgaria et sibi et canonicis suis utilia beneficia accepisset; quem Anastasius ad se officii gratia venientem amanter, ac pro loci angustia honorifice habuit. Is sumpto cibo, post multa benevolentire signa utrinque edita, Anastasium rogat, ut aliquando et eum opportunum duceret, Necium peteret ubi, inquit (amice Praesul), veri obsequii officiis quantum tibi debeo, aptius ostendam. - (ln hoc Allobrogum oppido, domicilium habent Genevensium Episcopi, ex quo ab infelici civitate, post abnegatam catholicam fidem, in exilium projecti sunt.) Necium se iturum promittit Anastasius, tum ut invitanti amico gratum faceret, tum ut Tarantasiensi Ecclesiae subjectum cœnobium Sancto Christi Sepulchro nuncupatum inviseret, tum demum, ut decem et octo passuum millibus Necio distantem, Genevam ex itinere videret. Ex Anastasii Germonii Commentariis, Historiae, Patriae, Monumenta, tom. XI, Scriptores, tom. IV (Taurini, 1863), p. 1016.
B
LETTRE DE M. ANTOINE DES HAYES A M. DE CHARMOISY
Monsieur,
Je suis tres aise (note 490) du desseing que vous avez pris de faire nourrir vostre filz en ceste court, a quoy je vous pourray servir, puis que Dieu a voullu que nous feussions esloignez l'un de l'autre. j'en ay parlé a Madame la Princesse, quy est toute disposee de vous obliger en cela, mais je ne l'ay supplyee de rien, luy ayant seullement dict que je vous l'avoys conseillé et que vous y estiez resolu :
sur quoy elle m'a dict qu'elle s'offroyt. L'on me faict croire que dans peu de jours la court sera a Montargis, ou je me prometz de donner bon commancement a l'affaire. Vous sçavez quil y a maintenant trois premiers gentilzhommes de la Chambre: monsieur le Grand, monsieur le..Marquis d'Ancre, au lieu de monsieur de Bouillon, et monsieur de Souvray. Appres en avoir dict ung mot a Sa Majesté, comme l'on doibt, et dont je me prometz telle responce que vous sçauriez desirer, je menageray vers l'un des trois vostre contentement, et sy je ne suys assez fort, je manderay de vos amys.
Madame de Guyse est allee en son Conté d'Eux, d'ou elle espere retourner dans ung mois et rapporter de quoy vous contenter. Je l'en ay suppliee a son partement, et monsieur du Demare aussy, auquel j'ay promis recognoissance, veoyant que l'affaire deppend de luy. Sy vous n'aviez esté nourry chez les Princes, je seroys bien enpesché a vous faire conprendre comme l'on sy gouverne et les incomoditez quilz reçoivent, faulte d'avoir pris garde a leurs affaires.
Monsieur Rousselet vous escripra comme j'ay representé audit sieur du Demare que vous estiez pressé d'une petite partye deue a monsieur de Mezieres, affin que sil estoyt possible, elle feut acquitee contant au retour de ma dite dame. Je verray a son retour ce quil fera, m'ayant asseuré que ce sera sans plus de remise ; mais je vous conseille d'agreer que monsieur Rousselet et moy luy promettions ce que nous adviserons : c'est le plus court chemin.
J'avois cy devant escript (lettre 810) a Monseigneur de Genefve le desir que messieurs de St Benoist avoyent d'estre enseignez de luy le Karesme prochain (notes 72, 491). Toutes les parroisses ont ceste mesme vollunté et plusieurs. des principaulx d'icelles s'en sont addressez a moy. Mais ayant esté faict marguillier deppuis trois sepmaines et l'ayant accepté, voyant que tout d'une voix j'estois desiré, je suys dispensé d'escripre pour aultruy et obligé d'escripre pour St Benoist, non seullement comme en ayant charge, mais encores pour la comodité de ceste petite maison ou j'espere que mon dit Seigneur logera. Que sil acceptoyt une aultre chaise et que l'on luy donnast le logement ordinaire des predicateurs, cela ne seroyt convenable a sa qualité ; sy l'on luy en donnoyt ung plus grand, cela l'obligeroyt a quelque despence. Ceans, il sera logé chez son serviteur, hors de cerimonye ; je luy donneray ung carrosse pour visiter ces (sic) amis, je luy feray faire penitence et le dechargeray de tout soing. ll aura des auditeurs aultant que l'eglise en pourra tenir, quy est assez cappable. L'on estimera quil a plustost defferé a la supplication de son serviteur qu'a la priere des plus grandes et favorisees parroisses.
Je luy en escriptz amplement, et luy envoye une lettre que Monsseigneur le Nunce residant en ceste ville, logé, comme vous sçavez, a l'hostel de Clugny, escript a Monsseigneur le Nunce de Thurin, auquel il mande que messieurs les parroissiens de St Benoist, bien memoratifz du fruict des predications que Monsseigneur de Genevefve (sic) a faict aultrefoys en leur parroisse, d'ou il est maintenant, l'ont pryé luy escripre pour supplier Son Altesse d'avoir agreable que l'on prye Monsseigneur, pour le bien de la relligion, de prendre "ceste peinne (note 495), et luy donner congé d'accepter la supplication que l'on luy en fera. Vous pourrez fere donner la lettre par M. du Fresne, ou par quelqu'un quy en retirera responce. ]'ay premierement pris ce chemin, a cause que je ne veoy une entiere intelligence de la Royne avec Son Altesse; sy elle n'est suffisante, quand j'auray la parolle de Monssieur de Genefve j'en feray escripre Leurs Majestés et le Saint Pere, sil en estoyt besoing (notes 493 sq). Lors quil sera icy, il ce (sic) fera beaucoup de bonnes choses pour le bien de la relligion. C'est pourquoy je vous supplye vous employer a ce bon œuvre et m'en fere mander promptement responce, attandant laquelle je prye Dieu, Monsieur, quil vous conserve et garde.
Vostre plus humble serviteur, A. DES HAYES.
A Paris, ce 2e juing 1612.
A Monsieur Monsieur de Charmoisy, escuyer, sr de Marclaz. En sa Maison, a Necy.
Revu sur l'Autographe appartenant à Mlle Adélaïde Vuy, à Carouge (canton de Genève).
C
LES GRANDS PARDONS D'ANNECY
1er septembre 1612
Il y a sept ans que l'on joua et representa quelques histoires a Sainct Mauris, tellement qu'a modelle de ce, l'on a faict dressé des eschaffaultz pour representer quelques histoires, ayanct esté faictes quelques despenses…………… Et de plus, comme Monseigneur le Reverendissime, a certaine assemblee quil feit faire, feit appeller messieurs les Scindics ausquelz fut remonstré la grande affluence de peuple qui accourera icy au Jubilé qui ce (sic) celebrera vendredy prochain, dont par ce moyen les logis seront remplis, tellement quil sera besoin de rechercher quelques licts pour les plus notables, dans ceste ville, vers les plus riches d'icelle, et ce quy il fault pourvoir……………. Pour l'affluence des personnes qui arriveront en ceste ville pendant le prochain Jubilé, que en cas de necessité, l'on recherchera quelques licts vers les plus aisés, pour loger ceux que seront representés par mondict Seigneur le Reverendissime; estant donné acte de la remonstrance faicte par messieurs les Scindics, de la volonté de monseigneur le Marquis de Lans continuant le raid de la garde.
Jesus Christus, Filius intemeratae Virginis Mariae
Cy commence la solemnité du grand Jubilé concedé par Sa Saincteté, de sept en sept ans, a la tres devote Chappelle de la tres sacree et tres heureuse Vierge Marie, fondé (sic) en l'eglise collegiale de ladicte Vierge d' Annessy, ou reside (sic) les Reverends Seigneurs doyen, secretain (sacristain), chantre, chanoines et Chapitre d'icelle.
Du jeudy, sixiesme septembre mil six cens douze
Comme il plaict a Dieu de donner a chascun la commodité de son sauvement, il luy a pleu d'inspirer le tres sainct Siege Apostolique, plus de 200 ans, d'honnorer la Chappelle fondé (sic) en ceste cité d'Annessy, estant en l'eglise dressee soubz son nom, ou resident les Reverends Seigneurs doyen, secretain, chantre, chanoines, prebstres d'honneur de ladicte eglise, de plusieurs privileges et indulgences ; et entre aultre d'ung Jubilé de sept en sept ans, lequel a esté continuellement, par le clergé, habitans de la dite cité, circonvoisins et estrangers, tres devotement celebré, ainsy que les livres et registres des archives de l'Hoste! de ville ont delaissé par escript et enseigné.
Et partant, ce jourdhuy, affin que chascun se contint a son debvoir quant au peuple, suivant l'ordonnance de noble et spectable sieur Jean Flocard, docteur es droitz, noble Jean Crochet, noble Guilliaume Meclard, honnoré de ce tiltre de procureur au Siege presidial du Conseil du duché de Genevois, et noble François Marvin, scindics et consulz de la cité d'Annessy (note 399), et des seigneurs leurs Conseillers : messire Janus de Sales, chevallier de la saincte Religion de Sainct Jean de Jerusalem, residant pour maintenant a Malte (note 691), lieutenant de noble sieur Louys de Sales son frere, seigneur dudict lieu de Sales et de Thorens (Lettres 2, note 104), a deux heures apres midy, auroit faict assembler partie des enfans et habitans de la ville, au son de 4 tambours, accompagnés du fiffre; qui, assemblés a la place du College, les a faict marcher comme cy apres :
Premierement, tout a la teste marchoit le tambour majour, tenant son baston rouge ; puis le gojat (goujat) dudict sieur lieutenant, portant la cuirasse et toulache (bouclier) d'icelle, et en la teste le casque, le tout gravé et doré. Apres luy, suivoit le susdict sieur lieutenant, habillé de riches vestements, portant l'aulse col aussi doré et gravé, et ung sergentin portant la houppe tissee de soye verte, meslee a fil d'or, et au bout de chasque cordon, des bouttons de mesme estoffe, le manche toutesfois de brisit (bisette ?). Les 4 capitaines des quatre penons de la ville suivoient ledict sieur lieutenant, portant chascun une partisanne (pertuisane) doree, et couverts les manches de velours, deuement garnis de clouz dorés.
Quatre rangs d'allebardiers, bien armés de cuirasses la pluspart ; cinq arquebusiers tenant place de caporaulx ; deux rengs de muscataires, et suivoient le tambour sonnant a l'accoustumee, 3 rangs d'aultres muscataires ; et les arquebusiers, de rang a rang et a cinq par rang. suyvoient aussy deux tambours. Le garçon de l'enseigne, portant une partisanne doree couverte de velours verd, garnie aussy de clous dorés, sans aulcune enseigne, pour les causes cy apres. Puis, trois rendz (rangs) d'allebardiers, six aultres d'arquebusiers, finalement six aultres rengs de picqueurs. Et ladicte compagnie finie par trois sargens, de quatre [qu'ils étaient,] d'aultant que le quatriesme estoit employé, par commandement du sieur scindic Marvin, sargent manent, a mettre en reng la compagnie. Et en tel ordre sont sortis par la porte du grand verger dudict College, proche de la grande porte du Pasquier Messieres.Et arrivés au devant de l'Hostel de ville, seroit monté noble Monet Falcaz, capitaine enseigne de la ville; auquel Hostel de ville les susdicts sieurs Scindics estoient assemblés, avec leurs Conseillers, cy devant nommez en l'assemblee de ce jourd'huy : ou estant, leur auroit demandé le drappeau neuf, plyé dans une grande baucine d'argent, affin d'estre benict. Lequel drappeau, ledict sieur Falcaz l'auroit reçu, gettant les genoux en terre, des mains du sieur premier Scindic (note 680) ; et apres les remerciations ordinaires, ledict sieur Falcaz seroit descendu portant a deux mains ladicte baucine et le drappeau neuf dans icelle, et auroit trouvé la compagnie qui avoit faict alte jusques a sa venue, et se meit a son rang : estans a ladicte compagnie davantage de 200, sans ledict chief et officiers. .
Et prenant le chemin du Pont de la Hasle, sont arrivés au cimistiere de Sainct Maurice et ont environné ledict cimistiere. Ledict sieur Falcaz seroit entré dans ladicte eglise, et arrivé au marchepied du grand autel, ou il trouva Illustre et Reverendissime Seigneur FRANçOlS DE SALES, Esvesque et Prince de Geneve, revestu d'une estolle et la miltre en teste, auroit presenté ledict drappeau (estans messieurs les Scindics, accompagnés de plusieurs Conseillers et de secretaires, dans leurs sieges) : lequel drappeau auroit benist, usant de plusieurs sainctes et belles ceremonies ; puis, mise (sic) a son baston, mondict Seigneur l'auroit eslevé un peu hault par la poignee, et despuis remis audict sieur Falcaz qui, retournant a sa trouppe qui faisoit aussi alte, a continué son chemin par devant Saincte Croix, ou soit la porte Genotton; et se rendant devant l'Hostel de ville, auroit arborisé aux fenestres ledict drappeau, ou il a demeuré jusques au lundy apres, dixieme de ce moys.
Cependant, le pennon de la Procure estoit prest pour entrer en garde avec l'enseigne desployee, ce quil fet ; et puis se feit la predication a Sainct François, par le Pere François, Capucin. Estant a noter que pendant que la trouppe passoit par devant la Porte Genotton, le penon d'icelle s'estoit mis en tout debvoir, s'estant assemblé avec l'enseigne deployee, portee par le fils ayné de Mr Jean Gabriel Compte; qui neanmoins a esté aulcunement altein en sa charge par Me Jean Greyfié, procureur au Conseil de Genevoys, et par Me Claude et François Greyfié ses freres, qui se sont mis en debvoir de luy arracher ladicte enseigne : s'estant tous les pennons esmeus tellement, que les ungs ont levé les armes contre les aultres, estant le tout reucy, par la grace de Dieu, que nul n'a esté offencé.
La predication achevee, l'on a sonné la procession a l'eglise de Sainct François, ou reside le tres venerable Chapitre de l'eglise Cathedrale de Sainct Pierre de Geneve, ou touttes les eglises se sont assemblees avec les croix, sauf celle de Nostre Dame. Et peu apres sont parties en procession, chascune en son ordre, sçayoir :
Les devots Capucins premier; puis la croix de Sainct François et de Saincte Clare joinctes ensemble, avec les Peres de Sainct François qui les environnoient. Troisiesmement, la croix des devots Orateurs de Sainct Dominique, et apres eulx, les Reverends Chanoines reguliers du prieuré du Sainct Sepulcre. Finalement, les Reverends sieurs Prevost et Chanoines de Sainct Pierre, avec leurs serviteurs, tous revestus de leur habit viollet, le rocquet au dessoubz ; les enfans de cœur (chœur ) habillés de tuniques de damas incarnat. Et puis, Illustre et Reverendissime Seigneur FRANçOIS DE SALES, Evesque et Prince de Genevc, revestu d'une chappe de drap d'or, assisté de deux sieurs chanoines revestus de tuniques de satin rouge, et ung prestre qui portoit au devant la croce, revestu de une chappe de damas roge (sic), estant pres des deux chantres portant des chappes de satin rouge et des miltres de damas a leurs testes et tenant leurs bastons d'argent en main ; et dernier (derrière) mondict Seigneur, autre prestre revestu d'une chappe de damas rouge pour porter sa miltre.
Et estant entonné l'hymne Veni Creator Spiritus, la procession a commencé, au rang que dessus, a marcher, mise neanmoins en reng par le Me des Ceremonies de Mrs de Sainct Pierre, qui portoit un beau baston d'argent et marchoit en teste de la croix de Sainct Pierre. Puis suivoit un enfant de cœur portant un cros (gros) benistier d'argent, deux aultres portans chascun un chandellier d'argent, la grand croix de Sainct Pierre [portée] par un prestre revestu d'une tunique de damas roge ; et apres les serviteurs et musiciens habillés de leurs surplis, nos Seigneurs les chanoines, chascun par ordre; enfin les deux chantres que dessus, puis celluy de la croce, et Monseigneur avec ses assistans, a costé le porte.miltre. Et sont partis de ladicte eglise de Sainct François en tel ordre.
Puis suyvoient quatre petits enfans portans chascun une tocque armizee des armes de la ville, devant et dernier, portant chascun une torche cire blanche qui n'estoit allumee ; estans suivis du secretaire de la ville tout seul, puis de messieurs les Scindics portans leurs bastons de scindicat en main, le premier revestu de sa. robbe d'audience, ayant les parementz devant et des manches de velours, avec sa cornette. Et apres eulx, trois huissiers avec leurs baguettes d'argent, vestus de leurs longues robbes ; puis nos seigneurs du Conseil, de la Chambre, juge mage, advocat et procureurs fiscaulx, noblesse, advocats, procureurs et le reste du peuple.
Ayant icelle procession prins son chemin pardessus le Pont Morens pour aller vers celuy de la Hasle, passant pardevant Sainct Dominique. Et ladicte procession arrivee sur le Pont de Nostre Dame (tout ledict Pont, et fort bien loing, bordé de soldats, comme aussy celuy de la Hasle, du pennon de la Procure, l'enseigne desployee, et au devant l'Hostel de ville le drappeau neuf et tantost benist porté par ledict sieur Falcaz); s'est trouvé a costé du bout du Pont, pres la petite maison de Me Jean Baptiste Garbillon, la croix de la venerable eglise de Nostre Dame, avec les Reverends sieurs François de Lornay, doyen, revestu d'une chappe de drap d'or frizé ; le porte croix revestu d'une tunique drap d'or parsemé quelque peu de soye viollette, et precedoit le maistre bedeau avec son baton d'argent de ladicte eglise; puis deux enfans de cœur (chœur) revestus de tuniques de diverses couleurs, ainsy que les aultres enfans d'icelle eglise, portans deux chandelliers d'argent. En devant le dict sieur Doyen marchoit un seigneur chanoine, revestu d'une tunique de pareil estoffe que la chappe dudict sieur Doyen, portant ung grand turibule ou encensoir d'argent; puis les serviteurs de ladicte eglise, faisant la musique. En apres, les prestres d'honneur et les sieurs chanoines, portant leurs aumusses aux bras, et finallement deux chantres portans deux beaux et grands bastons d'argent neuf, ayant de grosses pommes d'argent a la cyme, revestus de chappes d'or tres riches : qui tous, apres avoir salué le clergé, se sont mis audevant la croix de Sainct Pierre avec celle de Sainct Maurice, puis ont commencé a chanter en musique, a leur tour, le reste du Te Deum, etc., avec Messieurs de Sainct Pierre. En tel ordre sont entrés dans l'eglise de Nostre Dame, qui estait paree tres richement, ainsy que sera declairé cy apres.
DESCRIPTION DU PAREMENT DE L'EGLISE DE NOSTRE DAME
Premierement, a la premiere porte de l'entree de ladicte eglise, .sçavoir celle qui est plus proche de la chappelle de Nostre Dame, au dessus de l'arcade reposoit l'image de la tres sacree Vierge Marie en bosse, et au dessoubz d'icelle estoit escript ce distique en grosse lettre jaune, estant ung anagramme faisant les premieres lettres des motz MARIA VIRGO :
ATERNO ERTITUR
FFLICTOS RATUS
EX EGINA NTELLIGE ENITRICIS MOR PE Le susdict distique entouré de lierre et de buis, qui estoit soustenu de quatre belles colonnes aussi de buys et de lierre, environnees d'ung papier feullaige de roze, avec l'arcade de ladicte porte de mesme parure, et a chasque costé ung cherubin. Dont lesdictes 4 colonnes estoient posees deux de chasque costé, soustenues par un lyon du costé de la chappelle, et d'ung chien de l'autre; et entre les deux colonnes estoit une colonne de papier, deuement eslaboree de beaux feullaiges. Par laquelle porte la procession n'entra point, ains pa.r celle cy apres.. DESCRIPTION DE L'AUTRE PORTE DE L'ENTREE DE L'EGLISE DE NOSTRE DAME ET PAR LAQUELLE LA PROCESSION EST ENTREE Au dessoubz du couvert de ladicte porte, pres les degrez de l'Hostel de ville, par ou la procession fait son entree, estoit une Annonciade tres riche, et au dessoubz, aultre distique parlant a ceulx qui desiroient d'entrer :
Crimen ad hoc fugias si vis attingere limen, nam sine sorde coli Virgo beata cupit ;
estant environné aussy de lierre et de buys, comme aussy l'arcade de ladicte porte garnie d'aultres deux cherubins comme la precedente ; et de chasque costé, de deux colonnes de buys soustenans le susdict distique ; et entre deux de ses (sic) deux colonnes, de chasque costé, estoit mise une colonne platte diversement eslaboree, [semblable] a celle de l'auitre portal.
Puis la procession a continué a marcher, sçavoir : les Peres Capucins et tout le reste du clergé, sauf Messieurs de Nostre Dame et de Sainct Pierre, contre l'hostel (autel) de Nostre Dame, au devant la trille de fer duquel s'estant reposés, Monseigneur le Reverendissime seroit allé prendre le tres sainct et tres auguste Sacrement, qui a esté remis par ledict sieur Doyen, qui continuellement, despuis l'arrivee a ladicte eglise, luy a assisté avec les aultres assistans que dessus. Et apres que mondict Seigneur a heu en main le tres sainct Corps de Jesus Christ, les deux chantres de Nostre Dame ont commencé Pange lingua, qui a esté chanté en musique par le cœur (chœur) de ladicte eglise, et celluy de Messieurs de Sainct Pierre chante le second verset dudict hymne ; et ainsy successivement les ung (sic) apres les aultres, jusque a la fin d'icelle. Et arrivé mondict Seigneur aupres des degrés du jubé, ou estoit paré l'oratoire pour reposer Jesus Christ, a esté conduict par ledict sieur Doyen, avec les deux assistans, audict oratoire richement paré, ou il a reposé le Sainct Sacrement; et cependant, les deux cœurs des deux eglises chantoient en musique divers mottetz a la louange de nostre Dieu.
Mais avant que descripre le reste, fault revenir au portal dressé devant le treillis de fer de la chappelle de Nostre Dame.
DESCRIPTION DU PORTAIL DRESSé DEVANT LA TRILLE DE FER DE LA CHAPPELLE DE NOSTRE DAME; AVEC LA PARURE DE L'AUTEL D'ICELLE
Ouitre que ladicte chappelle, Comme aussy tout le reste, estait richement tapissee, sans seulement veoir cuing (coin), tant petit quil fut, qui ne fut couvert de tapisserie, et des plus belles, l'autel de ladicte chappelle estoit bien et devotement paré. Au devant des personnages qui sont audict autel en bosse, estait ung drap d'or qui leur arrivoit ung peu plus hauit de la ceinture ; le sainct siboire (tabernacle) revestu d'ung pavillon de taille d'argent, garny de ses escallins esclattans. A l'entree de ladicte chappelle, estoit dressé ung portal de bois, enrichy de deux colonnes plattes de bois a chapiteau, avec la corniche tres riche au dessus ; le tout despeint merveilleusement. Dont, au dessus de chascune colonne estait posé un pommeau doré. Au dessus de la corniche, qui estait faicte a jour, estoit ung Jesus a bosse, revestu d'une chemise de toyle d'argent; au bas, a l'endroict de ses piedz, ung pommeau, et deux aultres a chasque costé, et au bas d'icelle corniche, sçavoir entre les consoles dorees et argentees, estoit escript ce distique en lettre d'or:
Virginis Anneciam venias si purus ad AEdem acta remittentur cuncta nefanda tibi. DESCRIPTION DE L'ORATOIRE DRESSé AU JUBé, SçAVOIR PRES LE CRUCIFIX
L'oratoire estant dressé au jubé de ladicte eglise pres du sainct Crucifix, en lieu fort eminent, dressé d'une merveilleuse façon, sans que ledict Crucifix fut veu ; fort bien, de la Vierge et de sainct Jean, la teste seulement et les mains, qui sembloient adorer le tres auguste Sacrement. Et estoit dressé ung autel, auquel pour y arriver, falloit monter six degrés, ausquelz ne paroissoit aultre que de feullaiges dorés et argentés, enrichis de diverses couleurs ; et a chasque bout desdicts degrés, ung cherubin ; et au marchepied de l'aultel, de chasque costé, deux vases grands de mayolica (faïence) blanche, remplis de diverses fleurs, notammen de passefleurs de Rome, qui sont jaunes. Et estoit ledict autel bien hault eslevé, paré au devant d'ung parement de satin rouge cramoisy, parsemé de larmes d'or en broderie ; et au milieu dudictparement, ung soleil aussy en broderie, ou estoit brodé ung Agneau. Et sur' l'autel reposoit le tres sainct et tres adorable Sacrement dans ung siboire doré ; deux grands anges dorés, mis l'ung d'ung costé et l'aultre a l'aultre, tenans chascun ung brandon et au dessus ung cierge cire blanche allumé, et dernier (derrière) ledict siboire estoient trois escallins richement elaborés ; et tout dernier, sçavoir pres le Crucifix, ung parement de damas rouge parsemé d'estoilles d'or, et tout autour dudict oratoire, des tappisseries de peau doree, neufves. Le fons qui estoit pres de la voulte estoit bleu, parsemé d'estoilles, avec ung aultre parement de satin bleu estoillé, et au milieu, ung JESUS a façon de soleil.
Tout au devant et a l'aspect du peuple, y avoit trois arcades a façon de portes : celle du milieu fort grande, les autres deux, petites. A l'une des dictes petites, sçavoir a celle du costé du clochier, estoit dressé l'effigie de Moïse en grande statue, tenant les tables de la Loy es mains ; icelle arcade bouché (sic) d'une tapisserie de peau doré. Et a l'aultre estoit l'effigie du grand Prebstre Aaron, revestu de ses habitz sacerdotaux, portant le turibule ou encensoir es mains ; serree au dernier (par derrière), de pareille tapisserie que l'aultre. Et la grande du milieu, toute ouverte, richement paree.
Et entre la grande et les petites arcades estoient deux portes ouvertes, et au dessus ung fons despict (peint) ; chacune porte soustenue avec lesdictes arcades, de quatre grandes colonnes argentees, a façon de chappiteau et a canaulx creux et de relief, et deux autres grandes plattes richement travaillees, ausquelles estoient le soleil et la lune en deux verres rond (sic), et aultres verres en triangle, et les aultres en long, qui rendoient une grande clarté. Sur lesquelles plattes colonnes estoient deux cherubins revestus d'une robbe drap d'or, et sur deux colonnes d'argent, aultres deux cherubins revestus de robbes toille d'or et de sole viollette ; et sur lesdictes aultres deux colonnes d'argent, estoient deux grandes fleurs de cartons couleurs, et au dessus desdictes arcades et portes estoit parsemé d'etoilles qui rendoient grande clarté. Et tout au dessus, une cornice grande, despeinte richement, ou estoit escript le distique :
Ecce Sacramentum cœloque soloque colendum ; Ecce viatorum spes, via, vita, salus.
Et a l'arcade de Moïse estoient escriptz ces mots :
Lex per Moysen data est, et gratia per Christum.
A la porte proche de ladicte arcade de Moïse, dont le dessus estoit faict en fons despict (Peint), et au milieu d'icelluy le tres sainct nom de JESUS en grosses lettres d'or, et au dessoubz de ce tres venerable Nom estoient escriptz ces mots aussy en grosse lettre :
Ecce Panis Angelorum, Autour de la grande arcade, qui estoit au devant le tres auguste et tres sainct Sacrement, estoient
couchés ces mots, aussy en grosse lettre :
Factus cibus viatorum, Vere Panis Angelorum.
A l'aultre porte ouverte, estant de l'aultre costé pres celle ou estoit Aaron, garnie de son fons despict, et au milieu, ce tres sainct nom, MARIA, au milieu d'ung soleil; estoient escriptz au dessoubz ces mots :
Non mittendus canibus,
Finalement, a la porte faicte en arcade, ou estoit Aaron portant l'encens a ses mains, comme dict est, estoient escriptz a l'entour de ladicte arcade ces motz, parlant au Sainct Sacrement :
Tu es Sacerdos secundum ordinem Melchicedec (sic),
Et tout au dessus de la grande corniche, sept vertus en grande forme, touteffois a platte figure: dont la premiere estoit Justice, puis la suivante Prudence, Charité, et droict au milieu Foy, portant le tres sainct Sacrement sur calice ; et apres elle, Esperance, Force et Temperance. Et deça et dela desdictes vertus, deux soleils : l'ung, ce mot au milieu, JESUS, et a l'aultre, MARIA, et entre deux desdictes vertus, des grands rameaux de laurier. Puis au dessoubz desdictes arcades, ou soit desdictes colonnes et pillastres, estait ung tres riche tour de lict, travaillé sur gaze de diverses couleurs de soye, sans franges, qui estait si long quil arrivait d'ung but (bout) a l'aultre ; et au milieu, ung tres beau Agnus Dei, et au dessoubz, douze Apostres. Dont au milieu estait l'image de la tres sacree Vierge Marie tenant son Enfant aux bras, en broderie d'or sur sattin blanc, et a costé, ung tableau de l'effigie de Nostre Seigneur, de la face seulement, et de l'aultre costé, aultre tableau d'ung Crucifix a broderie d'or. Et au dessoubz desdicts Apostres, 4 pantes de courtines de satin blanc, garnies de leurs franges de soye blanche et fil d'or, ou estait escript en grosses lettres d'or :
Ave. Maria, gratia plena, Dominus tecum ; benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui.
Et les aultres trois arcades tout au dessoubz, estaient parees richement d'ung estoffe rouge semé de petites croix blanches de sainct Mauris, et aux 4 pilliers estaient mis quatre pillastres enrichies (sic) de diverses couleurs, avec des rosettes de papier dourees , argentees et coulouriees. Et autour de l'arcade du costé du clochier estait escript :
Quœ est ista quœ processit sicut aurora consurgens ?
Sur celle du milieu :
Mulier amicta sole, et luna sub pedibus ejus.
Et au tour de la troisiesme arcade estait escript :
Et duodecim stellarum erat coronata.
Puis a costé de celle du milieu, deça et dela au dessus d'icelle, sçavoir aux deux sieges qui sont de pierre, deux anges revestus de rouge, les ailes dorees, tenans chascun ung chandellier d'argent ou estaient deux cierges de cyre blanche. Au milieu de l'arcade du milieu, pendaient les armes d'heureuse memoire Pape Clement, qui jadis s'appelloit Robertus de Gebennis ; au milieu de l'arcade pres le clochier, pendaient les armes d'Illustrissime et Reverendissime Monseigneur Cardinal de Savoye, et au milieu de l'aultre et troisieme arcade, celles de Son Altesse et de Monseigneur. Et sur le pillastre pres du clochier ont esté mises les armes du venerable Chapitre de Nostre Dame; a l'aultre apres, celles d'Illustre et Reverendissime Seigneur François de Sales, Evesque et Prince de Geneve ; sur le troisieme, celles de monseigneur Sigismond d'Est, marquis de Lans, lieutenant general pour Son Altesse deça les montz, et sur le quatriesme pillastre estant pres la chappelle de Sainct Laurens, les armes de la ville. Chascune desdites armoiries entorees d'ung chappeau de triomphe, avec des rouleaux de bandes de papiers couleuriés. Ayant esté le susdict oratoire parsemé en divers lieux de petitz cherubins, et estoit paré l'autel de Saincte Barbe fort richement, auquel l'on communyoit, et le reste de l'eglise estoit richement tapissé. Et le tres sainet Sacrement mis au susdict oratoire, mondict Seigneur le Reverendissime est descendu, puis la procession avec tout le clergé a commencé a partir par la porte de la grand allee ; et messieurs les Scindics sont demeurés dans Nostre Dame, sans avoir suivy et accompagné ladite procession. Et comme toutes les croix sont sorties de l'eglise, Messieurs de Nostre Dame sont pareillement sortis par le premier portal, avec leur croix et au mesme ordre que cy devant, et ont attendu au pres du Pont ladite procession qui passoit, saluans tout le clergé a mesure quil passoit, notamment Monseigneur le Reverendissime. Et arrivés au cuing Gouard, les Peres de Sainct Dominique, apres une profonde salutation, se sont retirés, et les aultres croix aussi, soudain qu'elles sont arrivees au commencement du Pont Morens, estant demeuré, avec la croix de Messieurs de Sainct Pierre, seulement celle de Sainct François. Puis arrivés a l'eglise de Sainct François, chascun s'est retiré, estant environ l'heure de sept apres midy. Et toute la nuyct l'eglise de Nostre Dame a esté ouverte et plaine de peuple, et sur les autelz, de chandelles pour esclairer les penitens et ceulx qui y abordoient.
Du vendredy, septiesme septembre, jour et feste de sainct Gras
Encores que la nuict precedente l'eglise fut toute remplie de peuple advenue (sic) a la devotion, tant pour avoir plus de commodité de se confesser que pour adorer le tres sainct Sacrement, n'a resté pourtant que la musique, mays [a] faict sa function avec les orgues, violles, lutz, espinettes et aultres instrumens'musicaulx.
Estant a noter que le jour d'hui, tandis que Monseigneur le Reverendissime estoit dans l'eglise de Nostre Dame, nonobstant que l'enseigne de la ville fut arborisee aux fenestres de l'Hostel de ville, ne laissat (sic) pourtant d'arriver le pennon de la Porte de la Perriere, avec l'enseigne desployee dudict cartier, [et ledit] pennon de se geter en garde soubz la conduicte de noble Pierre Marvin, capitaine dudict cartier. Et portoit l'enseigne monsieur Jean Rogex, estant sergent honnorable Pierre des Roches, dict des Terres; et estoient en soldatz bien armés, davantaige de 200, sans les officiers, qui ont faict ung corps de garde devant l'Hostel de ville, oultre les quatre des quatre grandes portes.
Puis arrivee la minuyct, l'on a commencé de sonner les cloches grosses et petites, par ce que a la dite heure commençoit le Jubilé, et aux quatre heures semblablement. Et aux cinq heures ont esté commencees les Matines par monsieur le doyen François de Lornay, avec le reste de l'Office de tout ce jour la, estant tousjours l'eglise remplie de peuple qui tachoit de se confesser ; dont, pour le peu de confesseurs, plusieurs s'en sont allés confesser et communier a leurs parroisses, d'aultant que mondict Seigneur le Reverendissime, par ordonnance quil feit attacher aux portes des eglises, n'en commit la charge des confesseurs sinon a quatre sieurs chanoines de Sainct Pierre et a trois sieurs chanoines de Nostre Dame qui ne pouvoient souffire ; estans lesdits quatre de Sainct Pierre : Reverends seigneurs Estienne de la Combe, Claude Grandis, Philibert Rogex et Janus des Oches ; et les aultres, Jean Loys Jacques, Thomas Peyssard et Roux des Oches.
Et es aultres actions de musique, estoient meslees les trompettes, qui estoient en nombre de sept ; n'estant a oublier que soudain que le Jubilé fut ouvert, le chasteau ne manqua a rendre son debvoir et de tirer des pieces de canons a la louange de nostre Createur, jusques a 40 coups. Estant si plain l'autel de la Communion, et la devotion des penitens [si grande,] qu'apres avoir esté repeus de ce tant sacré Sacrement, ils s'en alloient par les autelz baiser les linges par humilité. Ayant messieurs du Conseil de la Chambre et messieurs les Scindics assisté a tous les Offices, sauf a Matines, accompagnés de grand noblesse, respondues a divers cueurs (chœurs) de musique, tantost aux orgues et ores aux violles, lutz et trompettes.
Puis environ une heure, l'on a celebré Vespres, et apres, la predication par le Pere Capucin cy devant ; et enfin, joyé (joué) une partie de l'histoire de la vie de Joseph, vers Sainct Mauris, sur ung theatre basti aux despens de la ville, et qui a duré deux heures et demye. Et [après] disné, les escholliers ont faict monstre pour donner a entendre quilz avoient a jouer une histoire le lundy prochain. Et a esté continué la mesme devotion le jour de Nostre Dame, auquel ledict sieur Doyen a faict l'Office, saufz a la grand Messe, qui a esté celebré (sic) par Monseigneur le Reverendissime au grand autel, et a l'apres disné il a faict un tres rare sermon. Puis apres Vespres, joué et representé le reste de l'histoire de Joseph.
Ce qui a esté obmis, c'est que le cartier de Bœuf est entré en garde, son enseigne desployee, portee par messire Humbert Falquet, conduict par noble Jean Jacques Demoliet, capitaine, et honnorable Petremand Jacquet, sergent, estans environ 250 ; dont arrivans devant l'Hostel de ville, a la salve qui a esté faict, a esté percer (sic) le drappeau d'ung coup de basle, et le cartier de la Perriere s'est retiré. Le Dimanche continuant le divin service, et la splendeur et la devotion s'augmentant, a esté continué la fin de l'histoire de Joseph que fut commencer (sic) hier seulement (n'ayant esté commencé le vendredy, comme cy dessus est dict, ains hier seulement). Et mondict Seigneur prescha a la coustumee, sçavoir apres Vespres ; puis, environ les six heures du soir, la procession assemblee a Sainct Pierre et partant dudict lieu, seroit venue droict par dessoubz [la] rue, puis entree a Nostre Dame, chantans. Et tous les cœurs des eglises assemblés en pareil ordre que celle cy devant, Monseigneur a prins le tres sainct Sacrement, puis marchand au mesme reng qu'a l'ouverture du Jubilé, la procession est partie par la grand allee de Nostre Dame, qui est allé (sic)
vers le pré Chapuis, au coing Gouard; et puis revinrent a l'eglise, ou Monseigneur a remis le Sainct Sacrement au siboire de l'autel de Nostre Dame, et l'Ave Maria sonnee, la procession s'est retiree.
Et le lundy, les escholliers ont representé en vers latins la Vie de sainct Placide, surnommé sainct Heustache ; puis apres, au lieu d'une farce, ont esté sonné les pris aux ascendants aux classes.
Voila la fin du sainct Jubilé celebré a lhonneur de nostre Redempteur, auquel et a la tres sacree Vierge sa Mere. soit louange. honneur et gloire. Ainsi soit il.
VASSAL.
Archives de la Mairie d'Annecy, Délib. municip., vol. 33.
D LETTRE DE M. LOUIS DE LA TOURNETTE A M. CROTTI
Monsieur,
………………………………………….
Je donne (note 555) a S.A.S. quelques nouvelles que j'ay entendu des nostre retour de Bade, là où nous avons esté et n'avons rien faict, encoures que nous avons esté trois Ambassadeurs, si non despendre beaucoup d'argent. A la verité, s'il m'est permis de parler avec vous sans offenser personne, je ne sçay qui peut avoir conseillé S.A.S. de mander deux Ambassadeurs extraordinaires avec moy, pour demander une simple responce sur les .poursuittes et propositions que j'ay desja faict cy devant a sept ou huict assemblees et dietes, suivant les commandements de S.A.S. Pour moy, j'estime sçavoir cette negociation mieux que mon Pater ; s'il eut peu a S.A.S. de me laisser suivre mes dessins, possible luy aurois-je apporté quelque contentement. Vous sçavez, quand l'on est tant de gens ensemble, chacun veut croire son opinion. Vous priant d'asseurer S.A S. sur ma parolle, que je suis autant praticque des affaires de Suisse, autant aymé et cognu, que tel qui a demeuré en ce pais les cinq et six ans, au rapport que le seigneur Auditteur Valdengue en fera, s'il veut dire la verité. Je suis bien asseuré qu'il y a deux personnages parmi le monde qui voudroient bien que je fusse ailleurs qu'en ce pais : je m'expliqueray un jour avec vous plus amplement.
Je ne veux point contrevenir, ny moins y pencer, au commandement de S.A.S. ; mais on a bien esté esbey de voir venir trois Ambassadeurs a la Diete generale, pour demander a Messieurs de Berne ouy ou non. Si ce feut esté pour une conference, ou bien une assemblee pour disputer les droits de S.A.S., cela estoit bien, car trois sçavent plus que non pas un. Je me remettray de cela et de toutte chose en ce monde aus commandemens que m'en fera tousjours S.A.S. mon Seigneur.
…………………………………………………….
Je suis a jamais, appres vous avoir baisé humblement les mains, Monsieur, Vostre plus humble et plus affectionné serviteur, DE LA TORNETTE.
De Lucerne, ce 3 novembre 1612.
Revu sur une copie de l'Autographe inédit, conservé à Turin, - Archives de l'Etat, Svizzera, Lettere Ministri, Mazzo 5.
GLOSSAIRE DES LOCUTIONS ET DES MOTS SURANNéS OU PRIS DANS UNE ACCEPTION INUSITéE AUJOURD'HUI L'astérisque désigne les mots qui ont paru dans le Glossaire des tomes précédents.
*A - pour au ABANDONNEMENT - pour renoncement, suppression ABORS - préliminaires ABSENTER - pour s'absenter *ACCOISER (s') - s'apaiser, se calmer Cf. le lat. ACQUIESCERE. *ACCOUSTUMANCE - habitude *A CE - pour ce A CE QUE - pour afin que ACQUEST - pour acquisition *ACTION - pour acte, cérémonie *ADMIRABLE - pour extraordinaire, qui excite /'étonnement *ADMIRER - pour trouver étonnant ADMIRER (s') - pour être à soi-même un sujet d'étonnement *ADVENTURE (à 1') - pour peut-être, suivant l'occasion, probablement ADVENTURE (d', par) -par hasard AFFECTATION - du lat. AFFECTATIO, recherche passionnée, ambitieuse *AFFECTION - pour désir, volonté, zèle, dévouement AFFECTIONNé - pour cher, préféré, ardent *AFFECTIONNEMENT - avec affection, vivement AFFETERIE - pour mômerie, pharisaïsme AGGREABLEMENT - pour d'une manière qui a été agréée AIGU - pour subtil *AINS - mais, mais encore, mais plutôt. *A L'ENTOUR - autour AMENDANT DE (en) - pour s'améliorant de *A MESME - en même temps *A MESME QUE - dans le temps même où *AMIABLE - qui a lieu par voie de conciliation, aimable, gracieux * AMIABLEMENT - aimablement, gracieusement AMPOLON - gros flacon à forme d'ampoule *AMUSER (s') - pour perdre son temps, s'occuper *A PEU QUE - peu s'en est fallu *APPARENT - qui a l'apparence de la réalité *APPOINTé - pourvu de ressources suffisantes *APPOINTEMENT - pour arbitrage dam les différmds Cf. rital. APPUNTAMENTO. *APPREHENDER - pour faire cas de *APPREHENSION - pour sentiment, idée APRES LE - pour au *ARRESTER - pour rester, demeurer ASSEMBLé - pour amassé * ASSEURER (s') - pour être persuadé, avoir confiance ATTACHé - pour engagé, saisi *AU - pour du *AUCUN - pour quelque *AUCUNEMENT - pour quelque peu, en quelque façon, en aucune façon, nullement, jusqu'à un certain point AUGURES - pour vœux, souhaits . Cf. ital. AUGURII. AUQUEL -. pour pendant lequel AUTANT COMME (on dirait un) la durée d'un AUTRE - pour nul autre *AVIDEMENT - pour avec empressement *AYSE - pour joie *BAILLER - donner *BENEFICE - pour faveur, bienfait BIGARRéS - pour d'opinions différentes BONNE (ville) - pour grande, considérable *BONNEMENT - pour bien BONTEUSEMENT - miséricordieu sement *BRAVE - pour bien doué, robuste, bon, beau BRAVEMENT - pour bonnemmt, paisiblemmt BREBIETTE - petitebrebis(v'P'379)' BUREAU - pour grosse étoffe de laine, sorte de bure *CARESSER - pour faire bon accueil *CARESSES - pour démonstrations d'amitié *CARMELINE - Carmélite * CE - pour ceci, cela. * CEANS - ici, en ce lieu * CE PENDANT, CEPENDANT pour en attendant, pendant ce temps, en même temps * CHAIRE - pour résidence *CHAMS (aux, parmi les) – pour à la campagne, en voyage
CI - pour ici
* COGITATION - du lat. COGITATIO, pensée, considération *COLLOQUER - du lat. COLLOCARE, placer, mettre, concentrer *COMME- pour comment, de quelle maniere, pour ainsi dire, par quels moyens COMME QUE èE SOIT – quoi qu' il en soit *COMMIS - pour délégué temporaire. Cf. ital. COMMESSO. COMMUN (en) - pour en gros CONDITION - du lat. CONDICIO, genre, tempérament CONFERES (luy en) - conférer de cela avec lui, consultez-Ie sur cela CONGé - pour permission CONJOINTE A (son ame) – pénètre intimement son âme CONSEIL - pour pensée, idée Du lat. CONSILIUM. *CONSIDERABLE- pour digne d'attention, de considération CONSIDERATION (pour ma) – par égard pour ma personne *CONTE - pour compte. *CONTEMPLATION (a ma) - à ma considération * CONTENTION - du lat. CONTENTIO, dispute, forte opposition CONTREFAIT - pour CONTREGRé - désapprobation, mécontentement CONTREPOINTER LES – rendre la pareille des CONTREROLLEUR - contrôleur CONTRESCHANGE (avec) – dans la même proportion CONTRIBUER - pour donner, aider en, aider de, aider par, faire pour sa part *CONVERSATION - pour relations de société *COPIE –pour exemplaire *COUCHER - pour se coucher * COURAGE - pour l'ensemble des inclinations d'une personne, générosité COURAMMENT - pour en courant, à la hâte *CREANCE - pour foi, croyance religieuse, certitude, assurance *CUIDER - du lat. COGITARE, croire, penser *DAMOYSELLE (voirMADAMOYSELLE) - appellation usitée jadis à l'égard de toute femme mariée qui n'était pas noble, ou qui, étant nobIe, n'était pas titrée DE – pour *DEçA (de) - ici, ci, de ce côté-ci, de ce pays DECOUSU - pour besogneux, sans influence *DEDANS - pour dans DEFAUDRA - 3" personne du futur présent du verbe DéFAILLIR, manquer DEFAUT (a mon) - pour à mon absence *DELA (de) - de là, là-bas, de l'autre côté DELA LES (de) – au delà des *DE LAQUELLE - pour dont *DEMESLEMENT - débrouillement DEMEURANS (les) - ceux qui restent, qui demeurent DEMEURE - pour immobilité *DEPESCHè - pour envoi, message DEPLORABLE - pour digne de compassion, d'être pleuré *DERELICTION - lat. DERELICTIO, délaissement, désolation *DES - pour depuis *DESENGAGEMENT - dégagemmt, affranchissement DESIR - du lat. DESIDERIUM, regret DESNIé – refusé *DESPART-pour trépas, séparation *DESPECHER, DEPESCHER – pour envoyer une requête, un message, envoyer *DESPLAYSANT - pour indélicat, indiscret, désagréable DESPLAYSIR - pour douleur *DESPRENDRE (se) - se dégager *DESSEIGNER - former un dessein, projeter *DESSUS - pour sur * DESSUS SA GARDE-en garde *DEVANT- pour avant, auparavant *DEVERS – vers *DE VRAY - à la vérité, vraiment DEVUIDANT – pour suivant * DEXTREMENT – adroitement Du lat. DEXTER, adroit. DIFFERENCE - pour différend * DILATION - du lat. DILATI0, action de différer *DISCOURS – pour propos, dissertation, raison DISPUTANT - pour argumentant sur un point de doctrine *DISTRACTION - pour dérangement DISTRAISE - détourne * DIVERTIR - du lat. DIVERTERE, détourner, distraire, empêche, préserver DOMESTIQUE - pour qui est de chez soi *DONT - pour c'est pourquoi * D'ORES-EN AVANT, DORES-EN-AVANT - dorénavant DORMANTE - pour endormie * DOULOIR (se) - du lat. DOLERE, s'affliger * DOUTER - du lat. DUBITARE, craindre DOUZE VINGT -deux cent quarante DUPLIQUé - envoyé à double Du lat. DUPLICARE. * DU TOUT - pour entièrement, tout à fait EDIFICATIF - qui édifie * EFFECTUEL - effectif, réel * ELECTION, ESLECTION - pour libre choix, choix personnel,volonté. Du lat. ELECTIO. *EMBARASSEMENT,EMBARRASSEMENT-affaires difficiles à débrouiller,tracas, embarras EMBESOIGNé - pour très occupé à entourer d'égards * EMMI - parmi, dans, entre, au milieu de * EMPESCHé - pour embarrassé * EMPLOYTE - dévouement, service * EN BON POINT - en bon état de santé * EN çA - ancien terme de palais pour jusqu'à présent Cf. l'ital. IN QUA. ENCOR (pour) - pour maintenant, pour le moment * EN LIEU - pour à la place, au lieu * ENSEMBLEMENT - ensemble ENTENDRE A - pour s'occuper à, être occupé à ENTRELAISSER - cesser par intervalles * ENTREPORTER (s') -se soutenir, se porter mutuellement * ENTRETENEMENT -frais d'entretien * ENTRETENIR (s') - pour se tenir uni * ENVERS - pour auprès de ESCIEMMENT - à escient, exprès * ESLANCEMENT - pour élan, effort * ESMOUVOIR - pour exciter, sou lever * ESPANDRE - du lat. EXPANDERE, verser, répandre * ESTONNE - pour fatigué, incommodé, saisi, stupéfait ESTONNER (s') - pour s'inquiéter ,se troubler * ESTUDIé - pour cultivé *ET SI- pour toutefois, pourtant, et encore, et certainement, et en vérité, et aussi * EVENEMENT - pour issue EXPLANER - aplanir. Du lat. EXPLANARE. EXTREMITé (en) - extrêmement * FABRIQUE - pour aménagemmt, installation * FAINTISE - feinte, dissimulation FANTASIES - pour exigences FAVORISER (me) - pour me faire plaisir Cf.l'ital. FAVORIRMI. FERMEMENT - pour invariablement, constamment FERMETé - pour affermissement, consolidation * FICHER - fixer, arrêter FIN PLUS TARD (au) - à la dernière limite FONTAINE -pour source * FORCE (a) - pour par la force, par la violence FORCLOS – exclu * FORT (de plus) - plus fortement * FORTUNE (de, par) - par hasard FOURNITURE - pour frais d'entretien * GASTER - pour blesser, meurtrir GENTIL - pour vif, délié, courtois GOUVERNER (se) - pour se soigner GRACE (de sa, de vostre) – par bienveillance, par faveur, par votre bienveillance * GRAND CAS (c'est)- c'est admirable GRASSELET – grassouillet * GRé (prendre en) - se résigner à GROSSIER - pour rude, sensuel * HALEYNER - prendre haleine, respirer Cf. le lat. ANHELARE. * HANTISE - fréquentation * HASTIVEM'ENT - promptement, à la hâte HIPOTHEQUé - pour attaché, en gage * HONNESTE - pour propre, net * HORS - pour indépendant * HUMEUR - pour inclination HUMILITéS - actes d'humilité, d'abaissemmt *ICY - pour ci ILLUSTREMENT - lumineusement. Cf. le lat. ILLUSTRARE. * IMBECILLITé - du lat. IMBECILLlTAS, faiblesse * IMPERTINENT - pour hors de propos. Négatif de pertinent (lat. PERTINENS), à propos. * IMPORTANCE (l') - pour l'important IMPRESSION - pour rapport, allégation * INCOMMODER - pour gêner, nuire à *INCOMMODITé - du lat. INCOMMODITAS, gêne pécuniaire INHABILITé-: pour inhabile, incapable * INTERESSé - pour blessé, compromis *JA - déjà JETTER - pour faire fondre * JOURD'HUY, JOURDHUY (ce) - aujourd'hui *JUSQUES A TANT QUE - jusqu'à ce que * LA OU - pour tandis que LAOUDS - lois, droits, redevances . * LAUTREFOYS - de nouveau, encore une fois. * LEVER - du bas-lat. LBVARE, ôter, enlever * LHORS - pour alors LOUANGE - pour mérite * MADAMOYSELLE (voir DAMOYSELLE) * MARRI – regrettant, fâché, peiné MAXIME - pour regle, résolution MERE - du lat. MERUS, pur * MESAYSE - inquiélude, préoccupation MESCONNOISSANCE - manque de reconnaissance, oubli MESGARDE - pour inconsidération, imprudence * MESHUY - désormais MESME - d'autant plus * MESMEMENT - surtout, même * MESNAGE - pour intrigue MESNAGERES (affections)-empressements aux affaires domestiques MISERABLE - pour infortuné, malheureux MODESTIE - pour discrétion, réserve Du lat. MODESTIA. MOMENTANé - pour instantané, soudain MUSSé – caché * MUSSER (se) - dissimuler sa présence NAIFVETé - pour simplicité NEANT (pour) – inutilement NECESSITé (m'ayt) - m'ait contraint * NON PAS- n'est-ce pas ? * NOURRIR- pour entretenir, former, élever * NOURRITURE - pour éducation NUBILEUX - nébuleux, obscurci par les nuages * NUISANCE - dommage, préjudice OBLATIONS - pour émission des vœux OFFENCé (contre) - pour fâché, indisposé contre * ORATEUR - titre que prenaient autrefois les gens d'Eglise écrivant à des souverains. ORDINAIRE (rendre). – rendre familier par l'habitude ORDONNé - pour condamné * OR SUS - hé bien, or donc, mais, parole d'encouragement Cf. l'ital. ORSù. *OU - pour tandis que *OUTRE - pour contre * PAR APRES - ensuite, après, plus tard * PAR CI APRES - dans la suite * PAR DEçA - ici, de ce côté-ci, dans ce pays * PAR DELA - là où vous êtes *PAR DEVERS- auprès de * PARMI - pour dans, durant, par *PARROCHIALE - paroissiale. Du lat. PAROCHIA. PARTI-pour engagement PASSER (se) - pour passer PASSIONNER - pour désirer ardemment, passionnément PETITION - du lat. PETITIO, demande PICORANT - maraudant, picotant PIEUX - pour propice PIQU'ARDENT - Picardant, vin blanc du midi de la France *POLICE - réglement, sage organisation *PORTEMENT - santé PORTION - pour partie PORTIONNé - partagé. *POUDRE - pour terre, poussière * POUR - pour par POURPRé - empourpré PRAETENDEUR - celui qui recherche ou réclame quelque avantage, solliciteur * PRAETENTION, PRETENTION pour, désir, espérance, objet des aspirations, réclamation *PREIGNANT - pressant Adj. participe de l'ancien verbe preindre (lat.PREMERE). Cf. le 'Diction. de Hatzfeld et Darmesteter. PRISE (faire une) - pour prendre une dose PROFFITER - pour aboutir, servir *PROSPERER pour faire prospérer * PROUVOIR - du lat. PROVIDERE, pourvoir QUANT ET ELLE - avec elle * QUE - pour car, parce que, qu'elle * QUI - pour ce qui QUOY QUE C'EN SOIT – quoi qu'il en soit RAMASSé - pour recueilli. *RAMENTEVOIR - rappeler, faire ressouvenir de * RAMENTEVOIR EN - rappeler à RARE - pour peu commun, excellent RASSIS - pour réfléchi, ferme RAYONNE (la)- l' irradie Du lat. IRRADIARE. RAYSON - pour droit RAYSONNABLE (que) - que raisonnablement, ce qui est raisonnable * REDONDER - abonder Du lat.- REDUNDARE. * REDRESSEMENT - reconstruction *. REDUCTION - pour conversion, retour Cf. le lat. REDUCTIO, action de ramener. * REDUIRE - du lat. REDUCERE, ramener, convertir REFUSEUR - celui qui fait un refus REGARD (au) - à l'égard *REGARD (pour ce, pour le) - à ce sujet, à cet effet, sur ce point, en ce qui concerne au sujet RENCONTRE - pour moment * RENCONTRER - pour comprendre, saisir R'ENCOURAGER- réconforter * RENFORCEMENT -réconfort * REPENTANCE - contrition, acte de repentir Cf. ital. RIPENTENZA. REPRENDRE - pour revenir à soi REPRESENTER (se) - pour se présenter * RESALUER-pour saluer * RESOl,UTION - du lat. RESOLUT1O, solution, décision * RESOUVENIR - pour faire ressouvenir RESOUVENIR (se) - pour se souvenir, se rappeler * RESPECT - du lat. RESPECTUS, considération, crainte *RESSENTIMENT - pour regret, sensation, sentiment, vengeance * RESSENTIR AU -pour porter le caractère du * RETARDATION- du lat. RETARDATIO, retard, action de différer RETRAITE - action de retirer, de donner asile, refuge *REVA (s'en) - s'en retourne REVEIL - pour moyen d'exciter, de renouveler la ferveur *REVIGORER - rendre force et vigueur * REVOQUER - rappeler, retirer . Du lat. REVOCARE. ROMPRE (se) - pour se briser, se casser de fatigue ROND -pour globe, sphère RUMINEMENT - action de remâcher, de ruminer, de repenser SAILLIE - pour sortie * SAPIENCE - du lat. SAPIENTIA, sagesse SEJOURNER - pour se reposer, faire halte pendant un voyage * SEMONCE - invitation SERRé - pour consigné, relégué *SERRER - pour cacher SEVREMENT - privation * SI - pour encore, toutefois, pourtant, oui vraiment, en vérité * SI BIEN - bien que, quoique * SI EST-CE QUE - il n'en est pas moins vrai que, il est pourtant vrai, néanmoins, toutefois * SIGNE (a ce) - de l'ital. A TAL SEGNO, à ce point * SI MOINS - au moins * SI QUE - de sorte que ( SI SERONT - locution affirmative SITOST- pour aussitôt. *SI TRES - si fort, tellement *SOIN - pour travail SOLEMNISER - pour vanter, louer avec éclat SORTE (de bonne) - de bonne famille. * SOULOIR-. du lat.SOLERE, avoir coutume, avoir l'habitude de SOUPLEMENT -d'une manière souple, avec souplesse * SOUVENANCE - souvenir *STILE - pour usage SUBSTITUé - nommé à la place d'un autre * SUCCES - de l'ital. SUCCESSO, issue, résultat * SUFFISANCE - pour capacité, mérite Du lat. SUFFICENTIA. SUJET - pour assujetti, dépendant SUPERSCRIPTION - du lat. SUPERSCRIPTIO, inscription * SUPPORT - pour appui, soutien * SUR- pour dans la . TANDIS - en attendant *TANT - pour le plus, autant, aussi longtemps * TANT PLUS - d'autant plus * TENDRETé - sentiment affectueux,consolation, sensibilité Du lat. TENERITAS. * TOUT AINSY QUE - comme * TOUTES FOIS ET' QUANTES - autant de fois TRAITTER (le faire) - pour lui faire parler * TRANSMUTATION - du lat. TRANSMUTATIO, changement * TRAVAIL - pour peine, souffrance TRAVAILLé - pour affligé, éprouvé * TRAVAILLER (se) - se fatiguer * TRAVAUX- pour douleurs, souffrances * TRAVERS (au) - malgré TREILLE - treillis, grille de fer TRETOUS - tous, tous sans exception *TROUBLEMENT -trouble * VERS - pour auprés de * VIANDE - pour nourriture, mets, proie VIEL - pour vieux. *VISITATION - du lat. VISITATIO, visite *VISTEMENT, VITEMENT --promptement, vite * VOIREMENT, VOYREMENT - vraiment, à la vérité, effectivement VOLONTAIRE - pour laissé à la volonté
INDEX DES CORRESPONDANTS ET DES PRINCIPALES NOTES BIOGRAPHIQUES ET HISTORIQUES DE CE VOLUME
ACARIE Barbe Avrillot (Bienheureuse Marie de l'Incarnation), dame L5……290, 746 ACARIE Nicolas L5………………………………………………………………….291 ACARIE Pierre L5……………………………………………………………………290 ALAZZA Vespasien, Abbé d'Abondance L5…………………………………73, 93, 682 AIGUEBELETTE - Frse-Melchionne du Four (dame de Chabod-Lescheraine et d') L5….731 ALBERT VII, Archiduc d'Autriche L5………. ………………………………………454 ALLIANCES princières L5………………………………………………………144, 274 AMBASSADEURS. Voir SAVARY DE BRèVES, TOURNETTE, VILLETTE L5…502, 555 ANGEVILLE Jérôme (d'), de Lambert L5…………………………………………….350 ANNONCIADES de Saint-Claude L5……….. …………………………………163, 456 ANSELME DE RIOM,Capucin L5……….. …………………………………………524 ANSELME (Père). Voir MARCHAND L5……………… ……………………………524 ANTENNE Jean, Cistercien d'Hautecombe L5……………………………………….153 ARUFENS (Alufen) Anne de Gingins (dame de Mestral d') L5……………………….575 ASSELINE Eustache. Voir EUSTACHE DE SAINT PAUL L5…………………213, 216 AVISE Antoinette de la Forest (dame d') L5…………………………………………...610 BADE (diète de) L5………………………………………………………………502, 555 BARONI-PERETTI André, Cardinal L5 ……….……………………………………..406 BARTOLONI (Bertolonio) Nicolas L5 ………………………………………………..647 BAY Jacques de L5 ……………………………………………………………………680 BELLARMIN Robert, Cal. (Doctrine sur pouvoir temporel des Papes) L5…………...171 BELLEGARDE Antoine (de), seigneur de Disonche L5………………………………703 BELLEGARDE Roger de Saint-Lary (duc de) L5………………… ……………545, 616 BELLEVILLE (Aumônier de). Voir SEVELINGES L5……….. ……………………..625 BELLOT Antoine L5……………………………………………………………………629 BELLOT Mlle L5………………………………………………………………………628 BERTACCHI Pellegrino, Evêque de Modène L5……………. ………………………..414 BERTHELOT M L5………………….. ……………………………………………….613 BERTRAND DE LA PERROUSE Jeanne de Chastel (dame de) L5………………….148 BERULLE Pierre, Cardinal de L5………………….. ………………………………….745 BESSAC Pierre de L5…………………………………………………………………528 BLONAY Aimée de (Marie-Aimée, Religieuse de la Visitation) L5……538, 539, 540, 665, 667 BLONAY Claude de L5…………………………………………………… 807, 858, 861 BLONAY Jean-François (de), Prieur de Saint-Paul L5………………………………..675 BLONAY et SAINT-PAUL (Arbitrage entre les fa milles de) L5……………………124 BONIVARD Jacques-Philibert (de) Jésuite L5…………………………………..315, 358 BONLIEU.(prieuré de L5………………………………………………………………544 BONVILLARD Jean-Louis de Chevron (seigneur de) Voir CHEVRON L5……365, 757 BOURGEOIS Françoise, Prieure du Puits-d'Orbe L5…………………………17, 278, 674 BOURGEOIS Rose, Abbesse du Puits-d'Orbe L5………………. …….655, 787, 832, 857 BRECHARD Jeanne-Charlotte (de), Religieuse de la Visitation L5……………..190, 721 BRISSON Michel L5…………………… ……………………………………………187 BRûLART Marie Bourgeois (dame) L5…………………. ……………..48, 98, 301, 340 BRUNET M L5………………………………………………………………………..204 BUTTARD Claude, curé d'Arbignieu et Peyzieu L5……………………………………533 BUTTET Jean-François (de), Pdt au Conseil du Genevois L5…………………………..69 CAMUS Jean-Pierre, Evêque le Belley L5……………………………………56, 150, 678 CAPPONI Louis,Cardinal L5…………………………………………………………..406.
CAPUCINS d'Annecy L5……………………………………………………………….734 CAPUCINS de la Mission de Thonon L5………………………………………………310 CAPUCINS de la Province de Savoie (Couvents des) L5……………………………….413 CARDINAUX de la Sacrée Congrégation des Rites. Voir BARONI-PERETTI, CAPPONI, CRESCENZIO, DETI, FARNESE, GONZAGUE, LENI, MONTE L5………………………………………………………..406 CARDINAUX FRANçAIS en 1612 L5…………………………………………………338 CARMES déchaussés de la mission de Paul V L5……………….. ……………………..749 CARMES de Gex L5………………………………. ……………………………………592 CARMES de Gex (église et chapelle des) L5…………………….. ……………………239 CARREL Laurent L5……………………………………………………………………484 CARREL (M.) maître des Postes L5……………………………………………………..503 CERVIèRES. Henri de Saint-André (seigneur de).Voir SAINT-ANDRé L5…………..328 CERVIèRES Lucrèce de Longecombe de Peyzieu (dame de) L5……………………….328 CHALLANT Claire-Marguerite de L5…………………………………………………..480 CHALLEX (paroisse de). Voir CURTON et GINON L5……………………………107, 635 CHAMBéRY (Carême de) L5…………………………………………………………...359 CHANOINES de Saint-Jean de Lyon L5…………………………………………………442 CHANTAL Celse-Bénigne de Rabutin L5……………………………………………….595 CHANTAL Jeanne-Françoise Frémyot (Sainte), Mère de L5…..52, 173, 192, 219, 255, 300 316, 371, 489, 600, 705, 707, 666, 668, 670, 671, 677, 681, 687, 691, 692, 693, 698, 699 702, 705, 708, 709, 712, 713, 717, 725, 728, 735, 736, 737, 739, 742, 747, 749, 750, 754 755, 762, 764, 771, 773, 778, 780, 781, 791, 798, 802, 804, 808, 811, 820, 826, 830 831, 835, 838, 839, 842, 844,845, 854, 855, 864, 865, 869, 870 CHAPE brodée par la Mère de Chantal L5………………………………………………705 CHAPERON, capitaine L5……………………………………………………………….345 CHARBONNEL (Charbonnet) Michel L5……………………………………………….206 CHARLES-EMMANUEL 1er, duc de Savoie L5…… 72, 125, 694, 695, 714, 763, 765, 777 787, 793, 859 Ses projets de guerre L5………………………………………………………………..64, 89. CHARMOISY Claude Vidomne de Chaumont (seigneur de) L5…………… 861, 862,
II B
CHARMOISY Jean-François de L5…………………………………………………….146 CHARMOISY Louise du Chastel (dame de) L5……………… . …………………689, 699 CHATEL Claudine de (Claude-Cécile, Religieuse de la Visitation) L5……………20, 245 CHASTEL Péronne (Péronne-Marie, Religieuse de la Visitation) L5……….243, 248, 249 CHATILLON Jean de L5……………………………………………….108, 729, 753, 848 CHENEX Jérôme d'Angeville de Mestral (seigneur de) L5…………………………….349 CHéRUBIN DE MAURIENNE, Capucin L5…………………………………………746 CHEVRON (Arbitrage entre les membres de la famille de) L5………………………..757 CHEVRON Bernard (baron de L5…………… …………………………………..364, 757 CHEVRON (fils d'Hector de) L5………………………………………………………..757 CHEVRON Jean-Louis (de). Voir BONVILLARD L5……………. . …………...365, 757 CHEVRON-VILLETTE Amédée (de). Voir VILLETTE L5……………200, 502, 756, 806 CHEVRON-VILLETTE Gaspard (de). Voir GIEZ L5……………….. ………………..476 CONGRéGATION DE PRêTRES projetée par st François de Sales L5………….. …..627 CONSEIL DE VILLE D'ANNECY (le) et la VISITATION; Voir VISITATION L5…399 CONSEIL DU GENEVOIS (membres du) L5……………………………………………70 CONSTANTIN DE CHAMBéRY, Capucin L5………………… ……………………..586 CONTAGION en Suisse L5……………………………………………………………..504 CORCELLES Ferdinand de Prez (seigneur de) L5…………………………………….468 CORNILLON Gasparde de Sales (dame de) L5………………………………………...420 COUDREY Charles-Emmanuel et Vincent du. L5………………. ………………………26 COULON (M.) L5………………………. ……………………………………………..594 CRESCENZIO Pierre-Paul, Cardinal L5………………………………………………..406 CRISPILIANI Amblarde Forestier (dame) L5…………………………………………..415 CRISPILIANI Marc Antoine, seigneur de Crassy L5……………………………………416 CROIX BLANCHE (logis de la) L5……………………………………………………...632 CROIX D'AUTHERIN Jeanne-Antoine de Chapot (dame de la) L5…………………….681 CROTTI Jean-Michel L5………………………………………………………………...769 CROZET (chapelle du) L5…………………………. …………………………638, 764, 765 CURTON Jean L5……………………………………………………………………….635 CURTON Humbert, curé de Farges et Asserens L5………………………………………118 Destinataires inconnues L5……………………………………………71, 159, 261, 596, 657 Destinataires inconnus L5…………………………………………………………...212, 463 DETI Jean-Baptiste, Cardinal L5…………………………………………………….406, 782 DIèGUE DE LA CITé-NEUVE (Luchetti), Capucin L5…………………………………752 DIVONNE (prieuré de) L5……………………………………………………………….111 DUFOUR Charlotte de Buttet (dame) L5………………. …………………………...32, 740 DUNANT Etienne, curé de Gex L5…………… ………………………………………...118 DUPANLOUP Claude, curé de la Muraz L5………….. ………………………….438, 660 EPERNON Jean-Louis de Nogaret de la Valette (duc d') L5…………….. ………………354 ESCRILLES ou DESCRILLES Marie de Mouxy, dame d' (Marie:Madeleine, Religieuse de la Visitation) L5……………………………………..467, 506 ESNE Michel (d'), Evêque de Tournai L5…………………………………………...435, 437 EUSTACHE DE SAINT PAUL Feuillant. Voir ASSELlNE L5…………………….213, 216 FARNESE Odoard, Cardinal L5………………………………………………………….406 FAVERGE Pernette de Chevron-Villette (dame de la) L5………………… …………..542 FAVRE Antoine L5……………………………………………….62, 63, 100, 682, 703, 720 FAVRE DE LA V ALBONNE Antoine-François L5……………………………………..392 FAVRE (Faber) Jean, médecin L5………………………………………………………...268 FAVRE (Faber) Pierre (Bienheureux), jésuite L5…………………………………………267 FAVRE Jacqueline (Marie-Jacqueline, Religieuse de la Visitation) L5………….. …….323 FAVRE Philiberte Martin de la Pérouse (dame) L5………………………661, 686, 824, 828 FENOUILLET Pierre, Evêque de Montpellier L5…………………….. ………129, 651, 652 FERNEX Pierre Chevalier (seigneur de) L5……………………………………………….546 FICHET Adrienne (Marie-Adrienne, Religieuse de la Visitation) L5………………………27 FLéCHèRE Henri de la L5…………………… …………………………………………574 FLéCHèRE Madeleine de la Forest (dame de la) L5……………165, 386, 512, 571, 598, 608 658, 674, 704, 707, 734, 776, 794 FLéCHèRE (enfants de Mme de la) L5……………………………………………………155 FLOCCARD Jean, premier syndic d'Annecy L5……………….. …………………………680 FLOTTES Pierre (de). Voir PIERRE DE. SAINT BERNARD L5……………. …………..409 GAY Jean L5………………………………………………………………………………..634 GENèVE et HENRI IV L5………………………………………………………………….126 GENèVE Marguerite (de), Abbesse de Beaume les-Dames L5…………………………….469 GENISSIA Lancelot Guillet (seigneur de) L5…………………. …………………………..567 GERLANDE Just de Fay (seigneur de) L5……………. ………………………………….759 GERMONIO Anastase, Archevêque de Tarentaise L5……………………………….333, 766 GEX (Bénéfice du pays de). Voir MONTLUEL L5………………………………………..129 GEX (Les commissaires royaux dans le pays de) L5…………….. …………………..238, 460 GEX (Le culte catholique dans le pays de). Voir CARMES, CHALLEX, CROZET, DIVONNE, SAINT JEAN DE GONVILLE, THOIRY L5………………………… …………546, 549, 554 GEX (Ministres protestants du pays de) L5…………………………………………………459 GEX (Saint François de Saks au pays de) L5……………………. ……..91, 238, 319, 445, 455 GIEZ Gaspard de Chevron-Villette (seigneur de). Voir CHEVRON-VILLETTE L5………476 GINON Henri L5...................................................................................................................635 GIROD Claude L5…………………………………………………………………………..761 GIVRY Anne de Pérusse d'Escars (Cardinal de) L5………………….. …………………...872 GONZAGUE Ferdinand (de), Cardinal de Mantoue.Voir MANTOUE L5………………...353 GORIA Jacques, Evêque de Verceil L5……………………………………………………...405 GOUFFIERS Elisabeth Arnault (des), Religieuse du Paraclet L5……………………… ….649 GRANDIS Jean, médecin L5……………………….. ……………………………………….41 GRANDMAISON François de Bessac (seigneur de) L5…………………………….. ……..519 GRANDMAISON Hélène de Longecombe de Peyzieu (dame de) L5………………… ….517 GRANDS PARDONS de Notre-Dame de Liesse d'Annecy L5…………… ……477, 530,
II C
GRILLET Claudine de Sales (dame) L5…………………… ………………………………496 GRILLET Nicolas L5……………………….. ………………………………………..497 GROS Humbert L5………………………… ………………………………………………..151 GUILLAUME DE SAINTE-GENEVIèVE (Compans), Feuillant L5……………………….152 GUILLET Claude-Louis. Voir MONTHOUX L5…………………………………………...102 GUILLET Gabriel. Voir MONTHOUX L5……………….. …………………………9, 725,727 HAYES Antoine des L5…………………………81, 351, 700, 742, 803, 810, 823, 861,
II B
JACQUES (Père) Jaes (Jay ?). Dominicain L5…….……….. …………………………….299 JACQJJIER Charles L5……………………………. ………………………………………203 JEAN DE SAINT-FRANçOIS (Jean Goulu), Prieur des Feuillants L5…………………….143 JEAN DE SAINT-PASTEUR, Prieur des Feuillants d'Abondance L5……… ……………..80 JéSUITES DE CHAMBéRY et le BARON DE LA SERRAZ L5……………..
………….369 LAMBERT Françoise de Bellegarde (dame de) L5……………. ……………………247, 254 LANCELLOTTI Horace, Cardinal L5……………….. . …………………………………..406 LANS Sigismond d'Est (marquis de) L5…………… ………………92, 96, 727, 730, 799, 818 LA TOUR Antoine, procureur L5……………………. …………………………………….701 LEGROS Bernard ? L5………………………. ……………………………………………421 LEGROS (Mme) L5………………. ………………………………………………………..421 LEGROS Marie-Marthe, Religieuse de la Visitation L5…………… ………………………421 LE MAIRE ou LEMAIRE Claude, Recteur des Jésuites de Chambéry. Voir MARIUS L5…369 LE MAZUYER Gilles L5…………………… ………………………………………………548 LENI Jean-Baptiste, Cardinal L5…………………... …………………………………………406 LESCHERAINE Antoine (de), sénateur L5……………………. ……………………………159 LESCHERAINE Catherine de Monthouz en Duyn (dame de) L5………………….. ……….159 LESCHERAINE Georges de L5……………………. ………………………………………..149 LESSEAU Guillaumc (de), Religieux Célestin L5……………………….. ………………...673 LIVRON Bernard, seigneur d'Allemogne L5…………….. …………………………………638 LIVRON de Thoiry (membres de la famille de) L5……………….. ………………………...640 LUX Edme de Malain (baron de) L5……………………………………………………. 630, I A MAILLARD Jéronyme (de), ancienne Abbesse de Sainte-Catherine L5……………………..373 MAILLARD-TOURNON Claude-Françoise de L5…………………………………………...645 MAILLARD-TOURNON Sanche-Mare-Prosper de L5……………….. …………………….646 MANTOUE (Cardinal de). Voir GONZAGUE L5……………………………. ……………353 MAR Claude (de la), Grand-Prieur de Saint Claude. Voir SAINT-CLAUDE L5………110, I B MARCHAND Anselme, Cordelier. Voir ANSELME L5…………………………………….524 MARILLAC Louis de L5…………………. …………………………………………………281 MARIUS Claude, Recteur des Jésuites de Chambéry. Voir LE MAIRE L5………….. …….369 MARTHEREY Jean-François (du), Religieux de Peillonnex L5…………….. ………………419 MARTINEL (Martinet) Ascanio et ses fils L5……………………………. …………………..85 MARTINEL Georges-Louis L5………………………………………………………………..86 MéDICIS Marie de L5……………………. ………………………………………305, 800, 834 MENTHON Claudine (de), Abbesse de Sainte Catherine L5………….. …………………..250 MICHEL - ANGE DE REMIREMONT, Capucin L5………………. ………………………641 MILAN (Pèlerinage de saint François de Sales à)
L5……………………… ..316, 684, 687, 731 MILLETOT Bénigne L5………………………………….10, 167, 169,172, 209, 264, 664, 775 MILLETOT Marie-Marguerite, Religieuse de la Visitation L5………………………………14 MIRIBEL Claudine Solliard (dame de Chevron et de). Voir VISITATION L5…………615, 669 MIROIR D'AMOUR (le) et la VIE DE SAINTE CATHERINE DE GêNES L5……………34 MONTE François-Marie (del), Cardinal-Préfet de la Sacrée Congrégation des Rites L5…….406 MONTFORT Charles de L5…………………….. ……………………………………………30 MONTFORT Michelle de Cerisier (dame de) et ses enfants L5………………… …………29 MONTHOUX Claire-Marie de Maillard-Tournon (dame Guillet de) L5……………9, 725, 727 MONTHOUX Claude-Louis Guillet (coseigneur de). Voir GUILLET L5………………….102 MONTHOUX Gabriel Guillet (seigneur de). Voir GUILLET L5……………… …..9, 725, 727 MONTLUEL Claude (de), Abbé de Bonmont. Voir GEX L5………………………………..135 MOUXY Anne-Françoise de L5………………………… …………………………………622 MOUXY Antoinette de Saint-Jeoire (dame de) L5………………………. ………………..508 MOUXY Pierre-Marc (de), seigneur de Travernay L5……………….. …………………….661 NACOT Nicolas L5…………………………………. ……………………………………….8 NAMBRIDE Claude (de), curé de Divonne L5…………………………………………….113 NANT Georgios (du). Voir SAINT-PAUL L5………………………………………………124 NEMOURS Ducs de. (Leur hôtel à Paris) L5…………………….. ……………………….283 NEMOURS Henri de Savoie, duc de Genevois et de. (Gentilshommes annéciens calomniés auprès de lui) L5……………………………………………..613, 688 NEUVECELLE Claude de Varax (seigneur de) L5……………………………….. ………579 NOUR Odet de la L5…………………………………………………………………………127 OFFREDI Marc L5……………………………… …………………………………………313 OFFREDI Paul L5…………………. ……………………………………………………...313 PARIS (Saint François de Sales invité à prêcher le Carême à). Voir SAINT-BENOîT L5…72, ………………………………………………491, 495, 697.
PAUL V (Camille Borghese) L5……………………. ……………………………………. 757 PEILLONNEX (Religieux du prieuré de) L5………………….. …………………….417, 785 PEYZIEU Françoise de Dizimieu (dame de) L5…………………………………326, 591, 817 PEYZIEU (paroisse de) L5…………………………………………………………………..533 PIERRE DE SAINT BERNARD Feuillant. Voir FLOTTES L5……………………… …409 PLESSIS-MORNAY Philippe du L5…………………………… …………………………..235 POBEL Péronne de Genève-Lullin (dame) L5……………………… ………………………471 POLLIENS Nicolas L5…………………………. ……………………………………..450, 741 PONCET Pierre, curé de Cessy et de Sacconex L5…………………… ……………….114, 643 PONZIANI Jean-Baptiste, fils de sainte Françoise Romaine L5…………………………….61 POUVOIR DU PAPE sur le temporel des Rois (Affaire du). Voir BELLARMIN L5 …171, 342 PROVANA DE COLLEGNO François, grand-chancelier de Savoie L5……………………717 QUOEX Claude de L5……………………. ………………………………………724, 767, 769 QUOEX Philippe de L5……………………………………….. …………………..39, 726, 754 RELIGIEUSE, destinataire inconnue L5……………………… ……………………………140 REPOSOIR (chartreuse du) L5……………………… ……………………………………..269 ROASCIEU Jean-Jacques de Mesme (seigneur de) L5……………….. …………………….492 ROGET Claude-Françoise, Religieuse de la Visitation L5……………….. ……………191, 709 ROUGE Aimé, Sous-Prieur de Peillonnex L5………………………… ……………………417 SAINT-ALBAN Claude-François Pobel (comte de) L5………………………………………577 SAINT-ALBAN Marguerite du Pont (comtesse de) L5………………………………………577 SAINT-ANDRé Henri (de). Voir CERVIèRES L5………………………………………….328 SAINT-BENOîT (église paroissiale de). Voir PARIS L5………………………………491, 495 SAINT-CERGUES Gaspard de Lucinge (seigneur de) L5………………………. ………….320 SANT-CERGUES Jeanne de Cartal (dame de) L5……………24, 32, 317, 740, 741, 751, I D SAINT-CLAUDE (abbaye de) L5……………………………………………………….110, 112 SAINT-CLAUDE (Grand-Prieur et Religieux de). Voir MAR L5……………………….110,
I B
SAINTE-MAlSON de Thonon L5……………………………………………………….309, 745 SAINT-JEAN DE GONVILLE (chapelle de Sainte Catherine à) L5………… ………………638 SAINT-PAUL Georgios du Nant (seigneur de). Voir BLONAY et NANT L5………………124 SAINT-PIERRE Françoise de Seyssel (dame de) L5……………………… …………………511 SALES FRANçOIS DE (SAINT). (Voir CHAMBéRY, CONGRéGATION DE PRêTRES, CROIX BLANCHE, GERMONIO, GEX, GRANDS PARDONS, MILAN, PARIS, SYNODE, TOUR DES MIROIRS, URSULINES) L5…125, 300, 326, 667, II A.
SALES Françoise. Marie de Boisy de (Jeanne Françoise, Religieuse de la Visitation) L5……474 SALES Gallois (de), seigneur de Boisy L5………… ……………………………………….473 SALES Janus, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem L5…………….. ……………………….472 SALES Jeanne du Fresnoy-Martin (dame de Boisy de) L5…………… ……………………..475 SAUMUR (Assemblée de) L5…………………….. ………………………………………….232 SAVARY DE BRèVES François, Ambassadeur de France à Rome L5………………… …..337 SAVOIE (Ravages des troupes en) L5………………………… …………………………..64, 68 SéNAT DE SAVOIE (Enquête en Chablais du) L5…………………………..
…………….231 SéNAT DE SAVOIE (membres du) L5…………………………….. ………………………100 SENS DE SAINTE-CATHERINE (Beauner), Feuillant L5…………………………………..753 SERVETTE Josué d'Allinges ? (seigneur de) L5…………………………… ………………720 SEVELINGES ou SIRVINGES Claude (de); Aumônier de Belleville.Cf BELLEVILLE L5 ..625 SICCARD (M.de) L5……………………………….. ………………………………………...633 SIXT (Eboulement à) L5……………………………. …………………………………………186 SYNODE de 1603 et de 1612 (Divers actes du) L5……………………………374, 412, 418, 572 THAVAN Eustache L5…………………………………………………………………………381 THéODOSE DE BERGAME (Foresti), Gardien des Capucins d'Annecy L5…………………513 THIOLLIER Claude-Marie, Religieuse de la Visitation L5……………………….. …………...28 THIOLLIER Marie-Antoine, Religieuse de la Visitation L5………………………………….297 THOIRY (chapelle de Saint-Gras à) L5………………………………………………………..638 THORENS (terre de) L5……………………………….. …………………………………...698 TOUR Antoine de la. L5…………………………….. ………………………………………….53 TOUR Charles (de la), Prieur de Talloires L5………………………………………………53, 679 TOUR DES MIROIRS (Torre di Specchi) Oblates de la L5……………………….. ………….59 TOUR DES MIROIRS (Visite de saint François de Sales au monastère de la) L5…………58, 60 TOURNETTE Louis de l'Alée (seigneur de la) L5………………………… . …………555,
II D
TOURNON Philiberte de Beaufort (comtesse de) L5………………………………… ……….7 TOURNON Prosper-Marc de Maillard (comte de) L5…………………………………. 847, 867 TOURNON (filles du comte de). Voir MAILLARD-TOURNON L5…………………………644 TOUVIèRE D'ESCRILLES Antoine-Balthazard de la (P. Georges, Capucin) L5……………510 TRAVERNAY Gaspard de L5………………………… ……………………………………619 TRAVERNAY Péronne de Montfalcon (dame de) L5……………………………..453, 486, 845 TRéMONT Anne de Rochefort-Plurault (dame de Semur) L5…………………… ………….527 URSULINES de Chambéry L5……………………… ………………………………………560 VALBONNE Andrée de Nicolle de Crescherel (dame de la) L5…………………… ……..389 VAUD (Vain espoir d'ôter aux Bernois le pays de) L5…………………………………. …..128 VERCHèRE Claude de la L5…………………………………………………………638, I H VIGNOD Bernarde (de), Religieuse de l'abbaye de Sainte-Catherine L5…………………….97 VILLARNOS ou VILLARNOUL Jean de Jeaucourt (seigneur de) L5……………………..234 VILLARS Jean (de), Jésuite L5……………………………………………………………..I C VILLETTE Amédée de Chevron (baron de). Voir CHEVRON-VILLETTE L5…..220, 476,502 VILLETTE (filles du baron de) L5…………………………………………………………..481 VILLETTE Marguerite de Pingon-Cusy (baronne de) L5…………………………………...201 VISITATION (Apostolat, coutumes et formation spirituelle de la) L5……………..33, 263, 295 VISITATION (Blason de la) L5……………………. ………………………………….121, 122 VISITATION (Maison de la). Voir CONSEIL DE VILLE D'ANNECY L5………399, 400, 448.
VISITATION et Mme DE MIRIBEL (son héritage) cf BELLEGARDE et MIRIBEL L5……615, ……..669, 701 VISITATION D'ANNECY (Religieuses de la). (Voir BLONAY,BRéCHARD,CHANTAL, CHASTEL, ESCRILLES, FAVRE, FICHET, LEGROS, MILLETOT,ROGET, SALES, THIOLLIER ) L5……………………………363, 516, 562 VULLIAT Mamert L5……………………………… ………………………………………..523
Avant-Propos.....................................……………………………………………………………….2. Avis au Lecteur...................................………………………………………………………………6
DCLIII - A LA COMTESSE DE TOURNON. - Comme l'Evêque de Genève entendait réduire un délinquant à l'obéissance ; ses griefs contre une famille qui le protégeait. - Le plus grand désir du Saint……. 7
DCLIII bis (lettre MMXXVI du volume XXI reclassée)
- A LA MERE DE CHANTAL (Fragment) Deux sujets de sermons…………………………………………………………………………………..8
DCLIII ter (Lettre MMXXVII du volume XXI reclassée)
- A MADAME BéATRIX DE MAILLARD PRIEURE DE NEUVILLE (Inédite) Deux lettres pour soutenir les droits de la destinataire. - Une âme " bonne et vrayement chrestienne ". - Progrès spirituels de l'ancienne Abbesse de Sainte-Catherine ; la consolation qu'elle désirait. - Regret de ne pouvoir écrire à Mme de la Verjonnière. - Veiller sur son cœur au milieu de l'embarras des affaires………………………………………………………………..9
DCLIII quater (Lettre MMXXVIII du volume XXI reclassée)
- A LA MèRE DE CHANTAL (Inédite) Affectueuse sollicitude pour une chère santé compromise…………………………………………11
ANNêE 1611
DCLIV - A M. MILLETOT (Inédite). - L'Evêque de Genève recommande à son ami les négociations du vicaire général de son diocèse et lui donne des nouvelles de sa fille Marie-Marguerite, Religieuse à la Galerie ………………………………………………………………………………………………..11
DCLIV bis (lettre MMXXIX du volume XXI reclassée)
- A LA SOEUR FICHET RELIGIEUSE DE LA VISITATION D'ANNECY (Fragment) Le traitement du cœur et les chaînes pour lier nos passions…..12
DCLV - A L'ABBESSE DU PUITS-D'ORBE. - Témoignages d'affectueux dévouement. - De belles et bonnes confitures. - Deux recettes pour rétablir entièrement la santé…………………………… ..13 DCLVI - A Mlle DE CHASTEL. - A quelle condition les exercices de piété revigorent l'âme, même s'ils sont faits sans goût. - La variété et l'unité des sentiments ; le monde et le Ciel. - Eloge de la future Mère de Chastel, alors novice…………………………………………………………………………14
DCLVII - A LA MèRE DE CHANTAL (Inédite). - Ne rien regarder, ne rien aimer que dans la lumière et l'amour de Notre-Seigneur. -- Un " livret " qui a besoin d'une préface pour être plus intelligible. - Communication promise pour le jour même ou le lendemain………………………………………15.
DCLVIII - A Mme DE LA FLéCHèRE (Inédite). -
Dans quels cas il ne faut pas s'abstenir de communier. - La variété des petits accidents de cette vie et l'état immobile de la sainte éternité. Deux nouvelles recrues pour la Visitation……………………………………………………………………………………….16