Lettres (page 25)

François de Sales · Lettres

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Lettres, tomes 1 à 11 (édition d'Annecy) · 55 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

XXIIII janvier 1617 Annessi.

A la Rd. Mere en N. S., La Seur Claudine de Blonay,

Abbesse de Ste Claire d'Evian.

Revu sur une ancienne copie appartenant à M. Levesque, bibliothécaire du Séminaire de Saint-Sulpice, à Paris.

MCCLXXVII A UNE RELIGIEUSE DE L'ABBAYE DE SAINTE-CATHERINE En échange d'un bouquet. - Une prière que le Saint ne ferait pas. - Le choix de sainte Catherine de Sienne. - Chant du rossignol dans son buisson.- Envoi du Traitté de l'Amour de Dieu. - Sentir des répugnances à la vertu n'est pas manquer d'amour.

Annecy, [fin janvier 1617 ou février 1618 ]

Que nostre cher Jesus crucifié soit a jamais un bouquet entre vos mammelles (Ct 1,12), ma tres chere Fille. Ouy, car ses cloux sont plus desirables que les œilletz, et ses espines que les roses. Mon Dieu, ma Fille, que je vous souhaitte sainte, et que vous soyes toute odorante des senteurs de ce cher Sauveur ! C'est pour vous remercier de vostre bouquet, et vous asseurer que les petites choses me sont grandes quand elles sortent de vostre cœur, auquel le mien est tout dedié, je vous en asseure, ma tres chere Fille.

Le Pater que vous dites pour le mal de teste n'est pas defendu ; mays mon Dieu, ma Fille, non, je n'aurois pas le courage de prier Nostre Seigneur, par le mal qu'il a en la teste, de n'avoir point de douleurs en la mienne. A il enduré affin que nous n'endurions point ? Sainte Catherine de Sienne voyant que son Sauveur luy presentoit deux couronnes, une d'or, l'autre d'espines : O je veux la douleur, ce dit elle, pour ce monde ; l'autre sera pour le Ciel (Raym de Cap. Vita S.Cath.

2,4). Je voudrois employer le couronnement de Nostre Seigneur pour obtenir une couronne de patience autour de mon mal de teste.

Ne manger point chose qui ait eu vie, les vendredis de Caresme, n'est pas mal fait non plus, mais cela tire un peu a la vanité d'esprit, quand cela se fait par le rapport de ce qui l'a euë ; mays quand cela se fait par mortification, cela est bon. Vivés toute entre les espines de la couronne du Sauveur, et comme un rossignol dans son buisson, chantés, ma Fille : VIVE JESUS !

J'ay suivy vostre desir, mais vous verres que ce papier du livre a beu tout ce que j'y ay escrit ; et je croy, certes, que vostre cœur en fera de mesme, car c'est le vin delicieux de l'ame, qui l'enivre et ravit saintement, que ce divin et celeste amour. Chemines tous-jours en cette confiance ; et, en observant une amoureuse fidelité et loyauté envers ce cher Sauveur, ne vous mettes point en crainte de ne pas asses bien faire : non, ma Fille ; mays advoüant vostre bassesse et abjection, rejettes vostre soin spirituel en la bonté divine (Ps 54, 23)

qui aggree nos petitz et chetifz effortz, pourveu qu'ilz soyent faitz avec humilité, confiance et fidelité amoureuse. Or, j'appelle amoureuse, la fidelité par laquelle, a nostre escient, nous ne voudrions rien oublier de ce que nous estimerions estre plus aggreable a l'Espoux, parce que nous aymons ses contentemens plus que nous ne craignons ses chastimens. Cette chair est admirable a ne vouloir rien de piquant ; mais la repugnance que vous aves ne tesmoigne pourtant point aucun manquement d'amour ; car, comme je pense, si nous croyions qu'estant escorchés il nous aymeroit plus, nous nous escorcherions, non pas sans repugnance, mays malgré la repugnance. J'appreuverois que, par maniere d'essay, on taschast deux. ou troys fois de se surmonter avec un peu de violence, au moins quelquefois ; car, qui ne gourmande jamais ses repugnances, il devient tous-jours plus doüillet.

La pauvre Mere de nostre Visitation est cruellement tourmentee d'un catarrhe qu'elle a sur la bouche ; mais elle s'en res-joüyt et dit que, pourveu qu'elle applique son cœur a Dieu, elle treuve de la douceur en cette cuisante douleur. C'est une bonne fille, et bien resignee, et vous cherit grandement. Si fay-je bien, moy, qui suis tout vostre en Dieu, ma chere Fille. Vivés toute en luy.

FRANçs., E. de Geneve.

MCCLXXVIII AUX CHANOINES DE LA COLLéGIALE DE SAINT-JACQUES DE SALLANCHES L'Evêque promet aux Chanoines de tenir leur doyen en son devoir.

Annecy, 2 février 1617.

Messieurs,

Je feray tout l'office qui sera requis pour tenir le sieur Doyen en devoir, affin qui! ne mange pas le pain du saint autel, quil ne sert ni n'honnore nullement, ains quil mesprise et deshonnore, en tant quil le peut, extremement . Je vous envoye une lettre d'advis sur un fait auquel je desire que vous metties ordre, puisque c'est de vostre charge, et m'asseurant qu'aussi feres-vous et que vous me feres part a vos prieres, je demeureray, Messieurs, Vostre plus humble, tres affectionné confrere, FRANçs, E. de Geneve.

Le 2 febvrier 1617, Annessi.

A Messieurs

Messieurs du Chapitre de Salanche.

Revu sur l'Autographe conservé à Annecy, Archives départementales de la Hte-Savoie, G, Collégiale de Sallanches, art. 19.

MCCLXXIX A LA MèRE DE CHANTAL On parle à Grenoble de l'établissement d'un monastère de la Visitation. -François de Sales a commencé " heureusement " ses prédications. - Les désirs de son cœur. - Messages paternels.

Grenoble, 9 février 1617.

Ce billet va dire a ma tres chere Mere que je cheris son cœur comme mon ame propre et son ame comme la mienne propre. On commence fort a parler d'une Visitation, et le passage de nostre bon Pere prœdicateur en a grandement reveillé l'appetit, et nous verrons que ce sera . J'ay commencé aujourdhuy, aussi heureusement que jamais je fis, les prœdications, hormis que sur le milieu j'ay pensé estre un peu enroüé . Mon cœur a mille bons desirs de bien servir le divin amour. Que vous puis-je dire davantage, ma tres chere Mere, sinon que vous demeuries toute joyeuse en ce celeste exercice auquel Dieu nous a si souvent et puissamment invités. Vous aures la bonne Mme du Chatelard, que je cheris fort dequoy elle a si bien conservé son affection ; en'aura sans doute besoin de soin et de support . J'escriray a nos Seurs de Moulins, ma tres chere Mere, n'en doutes point Or sus, qu'a jamais le nom de Nostre Seigneur soit sanctifié (Mt 6,9) en nostre unique cœur. Amen. Je salue cherement nos Seurs, et si Mme la Comtesse est la, je la salue tres particulierement, et mes cheres filles, qui sont les siennes . Vous sçaves aussi de quelle affection je salue ma fille de la Flechere . Mays ma pauvre chere seur Marie Aymee , je n'en dis rien, cette (sic) ma fille toute aymee ; et madamoyselle de Chantal aussi est ma chere fille. Je suis, vous le sçaves vous mesme certes, tout vostre.

Le 9 febvrier 1617.

Revu sur l'Autographe conservé au 2d Monastère de la Visitation de Rouen.

MCCLXXX A MADAME DES GOUFFIERS (INéDITE) Les vertus qui doivent accompagner le zèle. - Fermeté et délicatesse du saint Directeur. - Raisons de sa persistance à ne pas multiplier les maisons de sa Congrégation.

Grenoble, 10 février 1617.

Ma tres chere Fille,

En ce peu de paroles que je puis vistement vous escrire, je voudrois bien vous faire entendre beaucoup de bonnes pensees que j'ay sur vostre sujet. Je voy que Dieu se sert de vostre courage pour l'establissement de cette Mayson de Moulins ; faites cela fidelement, avec le plus de repos d'esprit que vous pourres. Je voy les petitz ennuys que l'ennemi de ce bon œuvre a suscités ; et que vous puis-je dire, sinon qu'avec le zele, la patience, douceur, support vous est necessaire, et que, comme j'ay souvent dit, il est requis a qui entreprend quelqu'action relevee pour le Sauveur, d'avoir provision de toutes sortes de vertus selon les occasions qui s'en presentent.

Mays j'impose silence a vostre esprit, ma tres chere Fille, et ne veux pas quil die, non pas mesme, s'il se peut, qu'il pense que ces advis luy soyent donnés avec aucun degoust, comme si je craignois que vous oubliassies ces choses. Non, ma Fille, je dis ainsy ce que je croys estre a propos, sans autre praetention que de vous conforter au bien et vous tesmoigner que je suis tout vostre.

La dame de Paris dont vous aves escrit sera bien employee avec ses moyens a Moulins ; quand Dieu voudra avoir une de ces Maysons a Paris, il fera naistre les commodités . Pour le present, vous pouves juger sil est expedient de les multiplier, ayans si peu de :filles pour exercer la superiorité. Icy, on en desire une, je dis en une ville voysine, et tout est presque prest ; mais on envoyera les filles faire leur noviciat a Nissi, ou estant façonnees, une mediocre Superieure suffira par apres.

Dieu vous veuille combler de son saint amour, ma tres chere Fille; je suis en [lui] parfaitement vostre.

A Grenoble, le 10 febvrier 1617.

A Madame

Madame de Gouffiez.

Moulins, pour Paris.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Moulins. MCCLXXXI A LA MèRE DE BRéCHARD SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE MOULINS Le vrai chemin du Ciel.

Grenoble, [10 ou 11 février 1617 .]

J'ay receu tous vos pacquetz, ma tres chere Fille. Haussés vostre teste dans le Ciel; voyes que pas un des mortelz qui y sont immortelz n'y est allé que par des troubles et des afflictions continuelles. Dites souvent entre vos contradictions: C'est icy le chemin du Ciel ; je voy le port et suis asseuree que les tempestes ne peuvent empescher d'y aller. Dieu vous console et benisse mille fois. Je suis plus parfaitement qu'il ne se peut dire, ma tres chere Fille, Vostre tres humble et tout fidele serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

MCCLXXXII AU DUC DE SAVOIE, CHARLES-EMMANUEL 1er L'Evêque de Genève demande à son prince l'autorisation de revenir prêcher le Carême suivant à Grenoble.

Grenoble, 18 février 1617.

Monseigneur,

Comme l'annee passee, sur la demande que le Parlement de cette ville me fit de mes praedications, je pris la resolution et response dans le commandement de Vostre Altesse, de mesme maintenant, estant de rechef prié par cette mesme cour, de revenir encor prescher le Caresme suivant, je n'ay voulu rien dire en attendant que Vostre Altesse me face pour cela le commandement qu'il luy plaira , estant, comme je doy, Monseigneur, Son tres humble, tres obeissant et tres fidele orateur et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

XVIII febvrier 1617, Annessi .

Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Archives de l'Etat.

MCCLXXXIII A LA MèRE FAVRE SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE LYON Prétendantes grenobloises pour la Visitation. - Le saint Fondateur attend les nouvelles de Rome avant de leur donner une réponse. - Mme Le Blanc et sa famille.

Annecy, 28 février 1617.

Et faut il ainsy au moins en courant vous escrire, ma tres chere Fille. Il y a icy quatre ou cinq filles qui me parlent fort asseurement d'estre de la Visitation, et me semblent propres et dignes d'y estre receues ; mais je ne sçai presque comme vous les envoyer, tandis que l'on est la en doute si elles pourront estre establies . Je les renvoye a la fin du Caresme, esperant que nous pourrons avoir, entre ci et la, quelques nouvelles de Rome. Or, en tout evenement, nostre Congregation est grandement estimee en tiltre de Congregation et sera fort favorisee ; mays puisque nous sommes en poursuite de la reduire en Religion, il faut avoir encor un peu de patience jusqu'a ce que nous sçachions ce qu'on en resoudra . Ce pendant, ma tres chere Fille, tenes bien vostre cœur debout et courageux, et Dieu vous comblera de benedictions, et vous consolera du bonheur qu'il donne aux ames desquelles il veut se servir pour l'avancement des autres, Je salue cette chere seur Marie Barbe , et je verray monsieur le President au premier jour, Dieu aydant , Elle a ici une seur toute d'or, a mon gré . Dieu soit a jamais vostre force et soustien, ma tres chere Fille, et je suis en luy tres fidelement vostre,

Le 28 febvrier 1617.

MCCLXXXIV AU CHANOINE JEAN-FRANçOIS DE SALES, SON FRèRE (INéDITE) Affaires ecclésiastiques du diocèse de Genève. - Au sujet d'une excommunication. - Les armes du duc de Savoie victorieuses;

Grenoble, 2 mars 1617.

Je m'estonne que vous n'ayes receu que le billet que j'escrivis par M. Charbonnet , car je vous ay certes escrit a toutes occasions, mon tres cher Frere, et fait response a tout ce que vous m'aves proposé. De la cure de Sernex, je vous laissoys faire comme vous jugeries plus a propos . Pour M. Vittoz , si les meurs et la renommee ne font point d'obstacle, l'habit quil porte ne luy en fait point, car cet Ordre-la est de Clercz reguliers qui, ayans licence de leurs Superieurs, peuvent servir de curés, ainsy que j'ay declaré par un escrit que je luy en ay fait .

Quant a l'excommunication sur les entrees des femmes es monasteres des hommes, il faut avant toutes choses voir si il y en a, car jamais je ne l'ay veüe. Et sil y en a une, il faut bien considerer en quelz termes ell'est conceüe , et par apres on pourra la promulger (sic), n'estant pas besoin d'autre (sic) monitions pour la promulgation des excommunications a jure. Mays il faut bien voir ce qui se pourra faire. Quant a y mettre l'excommunication par nostre authorité, la difficulté serait grande, par ce quil y auroit lieu a l'appel ; et c'est une grande besoigne d'avoir a faire a des Religieux qui remueront toutes choses par apres pour empescher les effectz de nostre intention, quoy que juste et sainte. Nous avons l'exemple de Monseigneur de Tarentayse , plus fort, plus habile et plus hardi que nous, et qui n'avoit a faire qu'a un seul convent .

Et pour conclure, sil y a quelque Canon ou Bulle papale qui porte cette excommunication, je suis content qu'avec bon advis on la promulge (sic); sil ny en a point de telle, je suis d'advis que nous facions une simple defence, laquelle nous irons fortifiant, par reservation du cas, ou par excommunication, selon que le tems nous enseignera devoir estre fait.

Voyla tout; et estant pressé, dautant que je n'ay que ce loysir d'entre le chapelet et l'Office, je vous salue mille et mille fois, mon tres cher Frere, et prie Dieu quil vous comble de bonheur, avec tous nos freres et confreres, demeurant tout vostre sans fin.

A Grenoble, le 2 mars 1617.

M. de Crequi arriva hier , que j'ay veu ce soir et m'a dit que Albe estait assiegee quand il partit, et tenait qu'elle estait prise des avanthier ; que l'on traittoit fort la paix en Espagne, et y avait diverses opinions si elle se ferait ou non . Je salue de tout mon cœur messieurs les Collateraux et suis leur serviteur fidele, et mesdames leurs cheres espouses , avec la plus que toutes (sic), de madame de Quoex, ma seur. A Monsieur Monsieur de Boysi,

Chanoyne et chantre de l'Eglise cathedle,

Vicaire general au diocœse de Geneve.

Revu sur l'Autographe conservé à la Bibliothèque de Besançon.

MCCLXXXV AU PRINCE DE PIéMONT, VICTOR-AMéDéE L'Evêque de Genève sollicite la confirmation de M. de Charmoisy dans une charge.

Grenoble, 3 mars 1617.

Monseigneur,

Vostre Altesse ayant fait lhonneur a monsieur de Charmoysi de non seulement l'employer, mays aussi aggreer son service, jusques a luy vouloir asseurer la charge qu'il avoit exercee, je supplie tres humblement vostre bonté, Monseigneur, de luy faire jouir du fruit de cette grace. En quoy, bien que je sois son parent, je ne me relascherois pas de le recommander si librement, si je ne voyois que cet honneur ne luy peut meshuy manquer sinon avec beaucoup de perte de sa reputation aupres de monsieur le Grand de France , monsieur d'Alincourt et plusieurs autres seigneurs du voysinage, qui, ayans sceu et luy ayans tesmoigné de se res-jouïr que Vostre Altesse l'en vouloit gratifier, attribueroyent le manquement a quelque degoust qu'il eut donné despuis en l'exercice de cet office, lequel au reste je m'asseure quil fera dignement et au gré de Son Altesse et de la Vostre, Monseigneur, si elle l'yestablit . Je prie Dieu qu'il accroisse de plus en plus ses benedictions sur Vostre Altesse, a laquelle je fay tres humblement la reverence, et suis infiniment, Monseigneur, Tres humble, tres obeissant et tres fidele orateur et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

III mars 1617, a Grenoble.

Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Archives de l'Etat.

MCCLXXXVI AU MêME Le sieur Gillette en Piémont. - Prière au prince de lui accorder sa protection.

Grenoble, 5 mars 1617.

Monseigneur,

Les affaires de la Sainte Mayson de Thonon appellans le sieur Gilette par dela, je supplie tres humblement Vostre Altesse de proteger et favoriser sa poursuite , qui ne peut aussi reuscir sinon par cet appuy, auquel nous recourons d'autant plus asseurement, que Vostre Altesse nous l'a ainsy commandé l'hors que nous avions le bonheur de sa presence (note 717). Dieu, par sa bonté, veuille combler Vostre Altesse de ses benedictions ; souhait continuel, Monseigneur, de Vostre tres humble, tres obeissant et tres fidele orateur et serviteur, FRANçs, E. de Geneve

5 mars 1617, a Grenoble. .

Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Archives de l'Etat.

MCCLXXXVII AU MêME Un écclésiastique qui porte les armes et extorque des lettres de faveur au duc de Savoie. - Comment faire cesser un pareil abus.

Grenoble, 5 mars 1617.

Monseigneur,

Il y a long tems que le doyen de Choysi, prestre , fait profession de conduire des soldatz et suivre l'armee, voulant neanmoins tirer les fruitz de son decanat sur le Chapitre et eglise de Salanche (note 852), comme sil faysoit la residence a laquelle il est obligé. Et par ce qu'il sçait que ledit Chapitre ne peut en conscience les luy distribuer, ni moy permettre qu'il en jouïsse de la sorte, il obtient de tems en tems des lettres par lesquelles Son Altesse Serenissime commande audit Chapitre de delivrer lesditz fruitz. Mays je suis asseuré, Monseigneur, que si Son Altesse sçavoit la qualité de l'homme, elle le renvoyeroit a son devoir, et ne voudroit pas que l'Ordre ecclesiastique fut violé a son occasion, puisque mesme il n'a rien de si recommandable en la profession militaire que Son Altesse en puisse attendre aucun notable service.

Et d'autant que j'en parlay a Vostre Altesse lhors que nous avions le bonheur de sa presence de deça, et qu'elle tesmoigna de treuver mes remonstrances dignes d'estre protegees, je la supplie tres humblement de me commander ce que j'auray a respondre, avec ce Chapitre-la, aux lettres reiterees de Son Altesse que ce mauvais prestre obtient, et par lesquelles il presse plus ce Chapitre qu'il ne sçauroit faire par aucune autre voye, la seule ombre de la volonté de saditte Altesse nous estant en extreme reverence.

Je prie Dieu quil la conserve, et la Vostre, Monseigneur, delaquelle je suis Tres humble et tres obeissant et tres fidele orateur et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

5 mars 1617, a Grenoble.

Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Archives de l'Etat.

MCCLXXXVIII A LA MERE DE CHANTAL Eloge du peuple de Grenoble. - La part que les hommes laissent aux femmes. - Projet d'établissement d'une Maison de la Visitation; sentiment du Saint à cet égard.

Grenoble, 12 mars 1617.

Ce ne sera qu'un billet, ma tres chere Mere, que vous recevres aujourd'huy de moy; Dieu me partage a mille choses et ne laisse pas de me tenir dans la sainte unité que sa main a faite en nous. Je ne vis jamais un peuple plus docile que celuy ci, ni plus porté a la pieté ; sur tout les dames y sont tres devotes, car icy, comme par tout ailleurs, les hommes laissent aux femmes le soin du mesnage et de la devotion. Douze des premieres de la ville se sont rendues mes filles , et travaillent pour establir icy une Mayson de nostre petite Visitation. Monseigneur l'Evesque et MM. du Parlement n'y tesmoignent aucune repugnance, ni moy aucun empressement, quoy que, a vous dire le vray, je desire cette Mayson, parce que j'espere que Dieu en sera glorifié . Je voy en sa Providence les moyens propres a l'execution de ce projet, et neanmoins je n'ay point encor le mouvement interieur d'en faire l'ouverture. Il faut attendre, prier et esperer, et sur tout nous bien humilier devant la divine Majesté. ……………………………………………………………………………………..

Revu sur le texte inséré dans un ancien Ms. de l'Année Sainte, conservé à la Visitation d'Annecy.

MCCLXXXIX A MADAME DE GRANDMAISON Remplacer le jeûne corporel par la mortification du cœur. Moisson de belles âmes.

Grenoble, fin mars 1617 ,

Je suis sur mon despart, ma tres chere Fille, et pressé pour cela ; vous mettres, s'il vous plaist, en consideration ces quatre lignes comme s'il y en avoit beaucoup. Croyes, je vous supplie, que jamais vostre tres chere ame ne sera plus aymee qu'elle l'est de la mienne. Mais, que me dit on ? On me dit qu'estant grosse vous jeusnes, et frustres vostre fruit de l'aliment qui est requis a sa mere pour luy donner celuy qui luy est deu. Ne le faites plus, je vous supplie, et vous humiliant sous l'advis des docteurs, nourrisses sans scrupule vostre cors en consideration de celuy que vous portes. Vous ne manqueres pas de mortification pour le cœur, qui est le seul holocauste que Dieu desire de vous. 0 mon Dieu, ma tres chere Fille, que j'ay treuvé icy force grandes ames au service de Dieu ! Que sa Bonté en soit benite. Et vous estes unie avec elles, puisque vous aves les mesmes desirs. Vives toute en Dieu, ma tres chere Fille, et perseveres a prier pour Vostre tres humble frere et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

MCCXC A LA MèRE FAVRE SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE LYON Grande erreur de croire que l'oraison perfectionne sans l'obéissance. - Suivre Notre-Seigneur crucifié, et non son humeur et sa présomption. - Sentence de saint Bernard. - Que faire des gens qui veulent se gouverner à leur guise. - La sainte imprévoyance de la vraie servante de Dieu.

Mars ou avril 1617 .

Ma tres chere Fille,

Je vous diray, sur la difficulté qu'a cette bonne fille , qu'elle se trompe grandement si elle croit que l'orayson la perfectionne sans l'obeissance, laquelle est la chere vertu de l'Espoux, en laquelle, par laquelle et pour laquelle il a voulu mourir (Ph 2,8). Nous sçavons par les Histoires et par experience, que plusieurs Religieux et autres ont esté saintz sans l'orayson mentale, mais sans l'obeissance, nul. C'est bien fait, ma tres chere Fille, il ne faut point de reserve ni de condition; car, qui recevroit des ames en cette sorte, la Congregation se verroit toute pleine du plus fin, et par consequent du plus dangereux amour propre qui soit au monde. L'une mettroit en condition de communier tous les jours ; l'autre, d'ouyr trois Messes ; l'autre, de faire quatre heures d'orayson ; l'autre, de servir tous-jours les malades, et par ce moyen, chacune suivroit son humeur ou sa presomption, en lieu de suivre Nostre Seigneur crucifié. Il faut que celles qui entreront sçachent que la Congregation n'est faite que pour servir d'escole et de conduitte a la perfection, et que l'on y acheminera toutes les filles par les moyens plus convenables, et que les plus convenables seront ceux qu'elles ne choisiront point. " Qui se gouverne soy mesme, " dit saint Bernard (Lettr

87 ad Oger. 7), " il a, un grand fol pour gouverneur. "

Qu'elle demeure donq en paix entre les bras de sa Mere, qui la portera et menera par le bon chemin. Il faut aymer l'orayson, mays il la faut aymer pour l'amour de Dieu. Or, qui l'ayme pour l'amour de Dieu, n'en veut qu'autant que Dieu luy en veut donner, et Dieu n'en veut donner qu'autant que l'obeissance permet. Si donq cette fille (que j'ayme neanmoins bien fort pour le bien que vous m'en dites) se veut perfectionner a sa guise, il la faut remettre a elle mesme ; mais je ne croy pas, si elle est bien devote et qu'elle ayt le vray esprit d'orayson, qu'elle ne se sousmette a la pure obeissance. Elle est trop prevoyante de dire que, pour un peu de tems, elle s'accommodera a ne faire que demi heure d'orayson ; mais pour tous-jours, qu'il luy fascheroit. La vraye servante de Dieu n'est point soigneuse du lendemain ; elle fait fidelement ce qu'il desire aujourd'huy, demain elle fera ce qu'il desirera, et passé demain ce qu'il desirera, sans dire ni cecy, ni cela. C'est ainsy qu'il faut unir sa volonté, non au moyen de servir Dieu, mais a son service et a son bon playsir. Ne soyes point soigneux du lendemain, et ne dites point : Que mangerons nous, ni dequoy nous vestirons nous, ni dequoy vivrons nous ? Vostre Pere celeste sçait que vous aves besoin de tout cela. Cherches seulement le regne de Dieu, et toutes choses vous seront donnees (Mt 6,31).

Cela s'entend du spirituel comme du temporel. Que donq cette fille prenne un cœur d'enfant, une volonté de cire et un esprit nu et despouillé de toute sorte d'affections, hormis de celle d'aymer Dieu, et quant aux moyens de l'aymer, ilz luy doivent estre indifferens.

Vivés doucement et saintement entre les peynes que vous aves sous vostre charge, ma tres chere Fille toute bienaymee, et je prie Dieu qu'il soit la vie de vostre ame. Amen.

MCCXCI A MADAME DE VELLEPESLE DE VILLENEUVE Le Saint promet de s'entremettre entre le marquis d'Aix et la destinataire.

Chambéry, 1er avril 1617.

Madame,

Passant par cette ville avec beaucoup de presse, j'ay receu vostre lettre et les memoires de vos praetentions ; dont je suis bien ayse, puisque monsieur le Marquis d'Aix m'a escrit que je luy fisse sçavoir ce que vous praetendies, et que, revenant en ce païs , il seroit tous-jours bien content de voir tous les differens quil pourroit avoir avec vous, avec le plus de douceur et d'amitié que vous pourries desirer . Il est vray, disoit- il, qu'apres son arrest de Paris, il pensoit estre exempt d'affaires pour vostre regard. Je luy feray donq part du memoire qui m'est laissé et, sur ses responses, je vous tiendray avertie, desireux que je seray toute ma vie de vous tesmoigner par effet que je suis, Madame, Vostre plus humble, tres affectionné serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

1er avril 1617.

A Madame Madame de Vallespelles et de Villeneufve.

Revu sur l'Autographe appartenant à Mme Daniel de Vauguyon, château de Monthéard (Sarthe).

MCCXCII A MADAME DE BLANIEU Se préparer à rendre compte à Notre-Seigneur. - Comment guider sa barque au milieu des vents.

Rumilly , .3 avril ,617.

Vous aures, je m'asseure, receu ce que vous desiries de monsieur le premier Praesident de Savoye , car il le despescha soudain; et maintenant, ma tres chere Fille, vous recevrés, sil vous plait, en ce billet, un' asseurance nouvelle que je ne cesseray jamais de vous souhaiter mille et mille benedictions. Tenes bon, ma chere Fille, et soyes immobile es resolutions que vous aves prises pour le salut de vostre ame, affin que vous puissies rendre bon compte de vous mesme a Nostre Seigneur au jour de vostre trespas, lequel, a mesure quil s'approche, nous invite a nous praeparer soigneusement. Soyes bien douce et gracieuse parmi les affaires que vous avés, car tout le monde attend ce bon exemple de vous. Il est aysé de conduire la barque quand elle n'est point pressee des vens et de passer une vie qui est exempte d'affaires ; mais parmi le tracas des proces, comme parmi les vens, il est difficile de tenir le chemin. C'est pourquoy il faut avoir grand soin de soymesme, de ses actions et de ses intentions, et faire tous-jours voir que le cœur est bon et juste, doux et humble et genereux. Vives toute a Nostre Seigneur, conserves bien vostre ame, et aymes la mienne, la recommandant souvent a la misericorde divine, puisque je suis, Madame, Vostre plus humble serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

III avril 1617.

A Madame

Madame de Blanieu.

Revu sur l'Autographe appartenant à M. l'abbé Longin, à Lyon.

MCCXCIII AUX PERES BARNABITES RéUNIS EN CHAPITRE GéNéRAL A MILAN (EN ITALIEN) Le Saint présente aux Pères capitulaires un Mémoire concernant l'extension des Barnabites en Savoie.

Annecy, 6 avril 1617.

Très Révérends et très honorés Pères dans le Christ,

Bien des fois, avec les Révérends Pères de votre Congrégation des collèges d'Annecy et de Thonon, nous avons étudié de concert le moyen d'étendre ladite Congrégation en ces pays d'en de ça les monts. En somme, nous ne trouvons de meilleure voie que celle indiquée dans le Mémoire ci-joint , conformément auquel j'ai traité avec le Sérénissime Prince de Piémont (note 717), afin de pouvoir augmenter encore les revenus et avoir à Rumilly certains bénéfices pour le Noviciat . Son Altesse me promit, pour sa part, toute sorte d'assistance. Reste maintenant que Vos Paternités daignent embrasser avec bienveillance nos propositions et que, de leur côté, elles les fassent aboutir ; quant à moi, je m'emploierai de tout cœur là où je verrai que mon concours pourra être utile. Vos Révérences jugeront aisément que l'extension de leur Ordre est en voie de faire d'excellents progrès à la gloire de Dieu en ces régions, mais que, d'ailleurs, cette extension ne peut s'obtenir qu'avec le temps et une méthode convenable, suivant le bon plaisir de la divine Providence. Je la supplie de conserver, faire grandir et perfectionner dans sa grâce Vos Révérences et leur très pieuse Congrégation, aux prières et Sacrifices de laquelle je me recommande très humblement, restant de tout cœur, De Vos très Révérendes Paternités, Humble et très affectionné, comme frère et serviteur, FRANçOIS, Evêque de Genève.

6 avril 1617, à Annecy.

Aux très Révérends Pères du vénérable Chapitre général

de la Congrégation des Clercs réguliers de Saint-Paul.

Milan.

Revu sur l'Autographe conservé à Rome, Archives des RR. PP. Barnabites.

MCCXCIV A LA PRéSIDENTE LE BLANC DE' MIONS Conseils pour l'oraison. - Comment " accommoder cet exercice " avec la promptitude de l'esprit. - Les larmes de dévotion et l'usage qu'il en faut faire. - La douceur et la tranquillité n'empêchent pas l'action, mais la font réussir. - Contre les tentations au sujet de l'état de vie où l'on est embarqué. - L'extérieur d'une fille de Dieu.

Annecy, vers le 7 avril 1617.

Je proteste, ma tres chere Fille, que voyd mon premier loysir. Je [le] desrobe encor parmi mille sortes d'affaires, pour vous escrire un peu amplement sur le sujet duquel vous me parles pour vostre chere ame, a laquelle je vous conjure de dire cordialement ce que mon cœur desire estre dit au sien. O que vous estes heureuse, ma chere Fille, de vous estre desprise du monde et de ses vanités aussi ! Certes, a ce que j'ay peu reconnoistre en ce peu de tems que je vous ay consideree , vostre ame estoit faite tres particulierement pour le divin amour et non pour le terrestre. [ 1.] Immolés donq souvent toutes vos affections a Dieu par le renouvellement de la resolution que vous aves faite, de ne vouloir pas employer un seul moment de vostre vie que pour le service de la sacree dilection de l'Espoux celeste.

2. Faites soigneusement l'exercice du matin qui est marqué au livre de l'Introduction (Part 2, ch 10) ; et bien que la vistesse de vostre esprit comprenne en un seul regard tous les pointz de cet exercice, ne laissés pas de vous y entretenir autant de tems comme il en faut pour dire deux fois le Pater, et apres cela, prononcés de bouche cinq ou six paroles d'adoration, et ensuite vous dirés le Pater avec le Credo.

3. Vous prepareres apres vostre orayson : un mistere de la Vie ou Passion de Nostre Seigneur, que vous vous proposeres de mediter, si tel est le bon playsir de Dieu. Mays si, estant en l'orayson, vostre cœur se sent attaché a la simple presence du Bienaymé, vous ne passeres point plus outre, ains vous vous arresteres a cette presence ; que si, au contraire, vous ne vous sentes pas attachee a cette presence, bien que toutefois vous y soyes, vous mediteres doucement le point que vous aures disposé.

4. Or, vous feres tous les jours l'orayson, sinon que quelque violente occupation vous en empesche ; puisque, comme vous m'aves dit, lhors que vous continues en ce saint exercice, vous ressentes un grand avancement de recueillement, duquel vous estes privee quand vous l'abandonnes.

5. Mays affin d'accommoder cet exercice si utile a la vistesse et incomparable promptitude de vostre esprit, il suffira que vous y employes une petite demi heure chaque jour, ou un quart d'heure ; car cela, avec les eslans d'esprit, retraittes du cœur en la presence de Dieu et oraysons jaculatoires qui se feront parmi les heures du jour, suffira tres abondamment pour tenir vostre cœur serré et joint a vostre divin Object ; et mesme, cette orayson se pourra faire pendant la Messe pour gaigner tems.

6. Or si, en faysant l'orayson, ou vous arrestant a la sainte presence, le sentiment se faysoit en la teste et qu'il en arrivast du travail et de la douleur en cette partie-la, il faudroit relascher l'exercice et n'appliquer pas l'entendement, ains, par des paroles interieures et affectionnees, appliquer le seul cœur et la volonté. Et c'est pour respondre a ce que vous me dites, qu'au commencement, le sentiment de la presence de Dieu se faysoit en la teste, qui parfois vous travailloit fort.

7. S'il vient des larmes, vous les respandres ; mais si elles viennent souvent et avec trop de tendreté, vous releveres vostre esprit, si vous pouves, a gouster plus paysiblement et tranquillement les misteres en la partie superieure de l'ame ; non pas contraignant et serrant les souspirs ou sanglotz, ou les larmes, mays divertissant d'une heureuse diversion vostre cœur, en le relevant petit a petit a l'amour pur du Bienaymé par des doux eslans : O que vous estes aymable, mon Bienaymé ! O que vous estes relevé en bonté et que mon cœur vous ayme ! ou autrement, selon que Dieu vous tirera.

8. Et parce que vous me dites que vous n'aves fait que fort peu d'orayson pendant que vous aves esté chez vous, vostre esprit estant si actif et mouvant qu'il ne se peut arrester, je vous dis qu'il faut pourtant l'arrester, et allentir petit a petit ses mouvemens, affin qu'il face ses œuvres doucement et tranquillement, selon les occurrences. Et ne vous imagines pas que la douceur et tranquillité empesche la promptitude et l'œuvre, car au contraire, elle la fait plus heureusement reuscir.

Or, ceci se peut faire en cette sorte. Par exemple: vous aves besoin de manger, selon la misere de cette vie ; il faut que vous vous assoyes tout bellement, et que vous demeuries assise jusques a ce que vous ayes honnestement refectionné vostre cors. Vous vous voules coucher ; despouilles vous tranquillement. Vous vous deves lever ; faites le paysiblement, sans mouvement desreglé, sans crier et presser celles qui vous servent. Et qu'en cela vous allies trompant vostre naturel et le reduisant petit a petit a la sainte mediocrité et moderation ; car a celles qui ont le naturel mol et paresseux, nous dirions : Hastes vous, d'autant que le tems est cher ; mays a vous, nous vous disons : Ne vous hastes pas tant, d'autant que la paix, la tranquillité, la douceur d'esprit est pretieuse, et que le tems s'employe plus utilement quand on l'employe paysiblement.

9. Je vous dis, mays, ma chere Fille, je vous le dis fermement, que vous servies fidelement la volonté de Dieu et sa providence sur le sujet de vostre ancienne tentation, acquiesçant en toute humilité et sincerité au bon playsir celeste, par lequel vous vous treuves en l'estat auquel vous estes. Il faut que l'on demeure en la barque en laquelle on est, pour faire le trajet de cette vie a l'autre, et que l'on y demeure volontier et amiablement ; parce qu'encor que quelquefois nous n'y ayons pas esté mis de la main de Dieu, ains de la main des hommes, apres neanmoins que nous y sommes, Dieu veut que nous y soyons, et partant il faut donq y estre doucement et volontier. O combien d'ecclesiastiques sont embarqués par des mauvaises considerations et par la force que les parens ont employé pour les faire entrer en cette vocation, qui font de necessité vertu et qui demeurent par amour ou ilz sont entrés par force ! autrement, que deviendroyent ilz ? Ou il y a moins de nostre choix, il y a plus de sousmission a la volonté celeste. Que ma chere fille donq, acquiesçant a la volonté divine, die souvent de tout son cœur : Ouy, Pere eternel, je veux estre ainsy, parce qu'ainsy il vous a esté aggreable que je fusse (Mt 11,26). Et la dessus, ma tres chere Fille, je vous conjure d'estre bien fidele a la prattique de cet acquiescement et dependance de l'estat auquel vous estes ; et partant, ma chere Fille, il faut que vous nommies quelquefois, es occurrences, les personnes que vous sçaves, du nom auquel vous aves aversion ; et quand vous parleres a la principale d'icelles , que quelquefois vous employies parmi vos remonstrances des paroles de respect. Ce point est de telle importance pour la perfection de vostre ame, que je l'escrirois volontier de mon sang.

En quoy voulons nous tesmoigner nostre amour envers Celuy qui a tant souffert pour nous, si ce n'est entre les aversions, repugnances et contradictions ? Il faut fourrer nostre cervelle entre les espines des difficultés et laisser transpercer nostre cœur de la lance de la contradiction ; boire le fiel et avaler le vinaigre, et en somme, manger l'absinthe et le chicotin, puisque c'est Dieu qui le veut. En somme, ma chere Fille, puisqu'autrefois vous aves nourri et favorisé de tout vostre cœur la tentation, maintenant, de tout vostre cœur, vous deves nourrir et favoriser cet acquiescement. Que s'il vous arrivoit quelque notable difficulté sur ce sujet par le defaut de cette personne, ne remues rien neanmoins qu'apres avoir regardé l'eternité, vous estre mise en l'indifference et avoir pris l'advis de quelque digne serviteur de Dieu, si la chose presse, ou mesme de moy, puisque je suis vostre Pere, si le tems le permet ; car l'ennemi, nous voyant vainqueur de cette tentation par nostre acquiescement au bon playsir divin, remuera, je pense, toutes sortes d'inventions pour nous troubler.

10. Au reste, que la tressainte et divine humilité vive et regne en tout et par tout : les habitz, simples, mais selon la propre bienseance et convenance de nostre condition, en sorte que nous n'espouvantions pas, ains allechions les jeunes dames a nostre imitation ; nos paroles, simples, courtoises, et neanmoins douces ; nos gestes et nostre conversation, ni trop resserree et contrainte, ni trop relaschee et molle ; nostre face, nette et decrassee ; et en un mot, qu'en toutes choses la suavité et modestie regne, comme il est convenable a une fille de Dieu…………………

MCCXCV A MADAME DE VEYSSILIEU La crainte excessive de la mort empêche l'âme de s'unir à Dieu par amour.- Dix remèdes indiqués pour s'en affranchir.

Annecy, 7 avril 1617.

Madame,

A cette premiere commodité que j'ay de vous escrire, je tiens ma promesse, et vous presente quelques moyens par lesquelz vous pourres addoucir la crainte de la mort, qui vous donne de si grans effroys en vos maladies et enfantemens : en quoy, bien qu'il n'y ayt aucun peché, si est ce qu'il y a du dommage pour vostre cœur, lequel, troublé de cette passion, ne peut pas si bien se joindre par amour avec son Dieu, comme il feroit s'il n'estoit pas si fort tourmenté.

Premierement donq, je vous asseure que si vous perseverés a l'exercice de devotion, comme je voy que vous faites, vous vous treuveres petit a petit grandement allegee de ce tourment ; d'autant que vostre ame, se tenant ainsy exempte des mauvaises affections et s'unissant de plus en plus a Dieu, elle se treuvera moins attachee a cette vie mortelle et aux vaines complaysances que l'on y prend. Continués donq en la vie devote selon que vous aves commencé, et alles tous-jours de bien en mieux au chemin dans lequel vous estes ; et vous verres que, dans quelque tems, ces terreurs s'affoibliront et ne vous inquieteront plus si fort. Secondement, exerces vous souvent es pensees de la grande douceur et misericorde avec laquelle Dieu nostre Sauveur reçoit les ames en leur trespas, quand elles se sont confiees en luy pendant leur vie et qu'elles se sont essayees de le servir et aymer, chacune en sa vocation. O que vous estes bon, Seigneur, a ceux qui ont le cœur droit (Ps 72,1) !

Tiercement, relevés souvent vostre cœur par une sainte confiance meslee d'une profonde humilité envers nostre Redempteur ; comme disant : Je suis miserable, Seigneur, et vous recevres ma misere dans le sein de vostre misericorde, et vous me tireres de vostre main paternelle a la jouissance de vostre heritage. Je suis chetifve, et vile, et abjecte; mays vous m'aymeres en ce jour, parce que j'ay esperé en vous et ay desiré d'estre vostre.

Quatriesmement, excités en vous, le plus que vous pourres, l'amour du Paradis et de la vie celeste, et faites plusieurs considerations sur ce sujet, lesquelles vous treuveres suffisamment marquees au livre de l'Introduction a la Vie devote, en la Meditation de la gloire du Ciel, et au choix du Paradis (Part 1, ch 16,17) ; car, a mesure que vous estimeres et aymeres la felicité eternelle, vous aures moins d'apprehension de quitter la vie mortelle et perissable.

Cinquiesmement, ne lises point les livres ou les endroitz des livres esquelz il est parlé de la mort, du jugement et de l'enfer ; car, graces a Dieu, vous aves bien resolu de vivre chrestiennement et n'aves point besoin d'y estre poussee par les motifs de la frayeur et de l'espouvantement. Sixiesmement, faites souvent des actes d'amour envers Nostre Dame, les Saintz et Anges celestes ; apprivoysés vous avec eux, leur addressant souvent des paroles de louange et de dilection ; car ayant beaucoup d'acces avec les citoyens de la divine Hierusalem celeste, il vous faschera moins de quitter ceux de la terrestre ou basse cité du monde.

Septiesmement, adorés souvent, loués et benissés la tres sainte Mort de Nostre Seigneur crucifié, et mettés toute vostre confiance en son merite, par lequel vostre mort sera rendue heureuse ; et dites souvent : O divine mort de mon doux Jesus, vous benires la mienne, et elle sera benite ; je vous benis, et vous me benires. O mort plus aymable que la vie ! Ainsy saint Charles, en la maladie de laquelle il mourut, fit mettre a sa veuë l'image de la sepulture de Nostre Seigneur et celle de l'orayson qu'il fit au mont des Olives, pour se consoler en cet article, sur la Mort et Passion de son Redempteur (Carolus a Basilica Petri, Vita S.C. Borr. 6,8).

Huitiesmement, faites quelquefois reflexion sur ce que vous estes fille de l'Eglise catholique, et vous res-jouisses de cela ; car les enfans de cette Mere qui desirent de vivre selon ses loix, meurent tous-jours bienheureux, et, comme dit la bienheureuse Mere Therese (Ribera Vita M.Teresiae 3, 15 ; L2, note 425), c'est une grande consolation a l'heure de la mort d'estre " fille de la sainte Eglise. "

Neufviesmement, finisses toutes vos oraysons en confiance, comme disant : Seigneur, vous estes mon esperance (Ps 141, 6)

; en vous j'ay jetté ma fiance (Ps 56,2).

O Dieu, qui espera jamais en vous, lequel ayt esté confondu ( Eccli 2,11) ? J'espere en vous, O Seigneur, et je ne seray point confondu eternellement (Ps 30,1 ; 70, 1). En vos oraysons jaculatoires parmi la journee, et en la reception du tressaint Sacrement, usés tous-jours de paroles d'amour et d'esperance envers Nostre Seigneur, comme : Vous estes mon Pere, O Seigneur ! O Dieu, vous estes l'Espoux de mon ame ; vous estes le Roy de mon amour et le Bienaymé de mon ame ! O doux Jesus, vous estes mon cher Maistre, mon secours, mon refuge !

Dixiesmement, consideres souvent les personnes que vous aymes le plus et desquelles il vous fascheroit d'estre separee, comme des personnes avec lesquelles vous seres eternellement au Ciel : par exemple, vostre mary , vostre petit Jean , monsieur vostre pere . O ce petit garçon, qui sera, Dieu aydant, un jour bienheureux en cette vie eternelle, en laquelle il jouira de ma felicité et s'en res-jouira, et je jouiray de la sienne et m'en res-jouyray sans jamais plus nous separer. Ainsy du mary, ainsy du pere et des autres : en quoy vous aures d'autant plus de facilité, que tous vos plus chers servent Dieu et le craignent. Et parce que vous estes un peu melancholique, voyes au livre de l'Introduction a la Vie devote ce que je dis de la tristesse et des remedes contre icelle (Part 4, ch12).

Voyla, ma chere Dame, ce que pour le present je vous puis dire sur ce sujet, que je vous dis avec un cœur grandement affectionné au vostre, lequel je conjure de m'aymer et recommander souvent a la misericorde divine, comme reciproquement je ne cesseray jamais de la supplier qu'elle vous benisse.

Vivés heureuse et joyeuse en la dilection celeste, et je suis Vostre plus humble et tres affectionné serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

Le 7 avril 1617.

MCCXCV bis (lettre MCCCXL du volume XXI reclassée) (1)

A LA PRéSIDENTE DU FAURE (2) Souhait paternel à une âme que la Bonté divine a " saysie ". - Bonheur pour elle d'être toute à Dieu. - Pourquoi elle ne doit pas s'attrister.

Annecy, 7 avril 1617.

Je m'imagine que vous estes sur vostre depart pour Languedoc, ma tres chere Fille (car c'est le mot du cœur), et avant que vous soyes en chemin, je vous resalue mille et mille fois, priant Dieu qu'il vous accompaigne et vous tienne tous-jours de sa sainte main, puisque, par sa bonté, il vous a saysie affin que vous fussies a jamais toute sienne. Quel bonheur, Madame, d'estre toute a Dieu ! car il ayme les siens, il les protege, il les conduit, il les met au port de la desirable eternité. Demeures donq ainsy, et ne permettes jamais a vostre ame qu'elle s'attriste ni vive en amertume d'esprit ou en scrupule, puisque Celuy qui l'a aymee et qui est mort pour la faire vivre, est si bon, si doux, si amiable. Il a voulu, ce grand Dieu, que vous fussies sienne, et vous l'a fait vouloir, et vous l'aves voulu, et il vous a fait prendre tous les vrays moyens pour le devenir. Vous l'estes donques sans doute, ma tres chere Fille, dont je me res-jouis infiniment et en benis sa misencorde, comm' estant certes sans fin, Madame,

Vostre plus humble, tres affectionné serviteur,

FRANçs, E. de Geneve.

Annessi, le VII avril 16l7

A Madame

Madame la Praesidente du Faure.

Revu sur l'Autographe appartenant au marquis de Monteynard, à Tencin (Isère).

(1) Lettre découverte tardivement et reclassée à la date voulue (2) Justine Dalphas, femme du président François du Faure (L8, note 635). Cette lettre, donnée dans les anciennes éditions avec la simple adresse : A une Dame, et la date du 7 août 1617, a été reproduite dans la nôtre, L8, note 157, sous le n MCCCXL. Mais ayant retrouvé l'Autographe et le premier alinéa étant inédit, nous croyons devoir la mettre en entier sous les yeux du lecteur, sans toutefois lui attribuer un nouveau numéro d'ordre. Sa vraie place serait L7, avec les lettres des 7 et 8 avril à mesdames Le Blanc de Mions, de Veyssilieu et Cottin.

MCCXCVI A MADAME COTTIN ( INéDITE) Assurance de paternelle affection. – " Se mortifier et faire toutes choses selon la volonté de Dieu. "

Annecy, 8 avril 1617.

Par ces quatre lignes je vous asseure, ma chere Fille, que je vous cheris tous-jours sans varier et vous souhaite toute benediction, et a monsieur le Maistre et a toute vostre famille. Ne permettes pas a vostre esprit d'entrer en ces defiances qui le rendent amer et triste. Tenes vostre cœur doux et bon envers le prochain, et ainsy Dieu vous benira de ses grandes benedictions, comme de tout mon cœur je l'en supplie, et suis sans fin, Vostre plus humble, tres affectionné, et a M. le Maistre que je salue icy avec vous de tout mon cœur.

Annessi, le VIII avril 1617.

Je salue encor Mlle Baro , et luy recommande de tenir son ame en devotion. Pour plusieurs bonnes raysons, je desire que vous ne venies point cett'annee , ou du moins pas si tost, puisqu'aussi bien, quant a Marie, elle ne peut en façon quelcomque estre receue avant l'aage . Il faut se mortifier, et faire toutes choses selon la volonté de Dieu. Il ny a rien qui presse, ni rien a faire en vostre ame que de la rendre douce et amiable es contradictions.

A Madamoyselle

Madamoyselle Cottin. A Grenoble.

Revu sur l'Autographe conservé à Laval, chez les Dames du Sacré-Cœur.

MCCXCVII AU PRéSIDENT ANTOINE FAVRE (L1,note 50) (INéDITE) Une aspirante à la Visitation. - Mortalité à Chambéry.

Annecy, 10 avril 1617.

Monsieur mon Frere,

Avec mille remercimens de la faveur de vos lettres, je vous donne le bonjour, et vous asseure que j'ay escrit pour la niece de monsieur Chanal , non seulement a nostre fille , dont il n'estoit pas besoin, mays aussi a Monseigneur l'Archevesque duquel tout depend . On me fait peur par le bruit qui court qu'a Chamberi il y a des maladies si dangereuses, et que monsieur d'Avise s'en va mort , qui est le sujet du voyage de ce porteur. Nous sommes icy sans nouvelles. Je prie Dieu quil vous conserve, avec madame ma chere seur , et suis sans fin, Monsieur mon Frere, Vostre tres humble et obeissant frere et serviteur, FRANçs. E. de Geneve.

X avril 1617.

A Monsieur Monsieur Favre, Baron de Peroges,

Conseiller d'Estat de S. A., premier President de Savoye.

Revu sur l'Autographe appartenant à M. le chanoine Collonges, aumônier de la Visitation de Chambéry.

MCCXCVIII A M. BéNIGNE MILLETOT (L5, note 10) Le Saint prie son ami d'appuyer une requête fondée " sur la pieté et lajustice. " - M. de Charmoisy grand maître de l'artillerie. - Engagement pour le prochain Carême à Grenoble.

Annecy, 12 avril 1617.

Monsieur mon Frere,

C'est maintenant pour mon Eglise (et que puis-je dire de plus affectionné ?) que j'implore vostre fraternelle faveur, et croy qu'elle me sera facilement accordee, sur tout quand vous aures ouy la remonstrance que ce porteur vous fera, par laquelle vous verres que le brevet dont il s'agit est non seulement fondé sur la pieté, mais encor, si je ne me trompe, sur la justice . Je vous supplie donq tres humblement, Monsieur mon Frere, de nous estre ardemment propice.

Vous me demandies l'autre jour, par la derniere lettre que j'ay eü le bien de recevoir de vous, des nouvelles de monsieur de Charmoysi, mon parent; en quoy vous tesmoignes vostre bon et beau naturel, et cet honneste chevalier vous en sera grandement obligé quand il le sçaura ; ce qui sera dans peu de jours, que luy et sa femme viendront en cette ville, puisque Monseigneur le Prince de Piemont ayant reconneu en cette derniere occasion sa valeur et suffisance es choses de la guerre, l'a creé grand maistre de l'artillerie de cet Estat , et despuis a esté embrassé et caressé sans mesure par Monsieur le Duc de Nemours, qui l'invitâ de venir en cette ville et le traitta tres honnorablement. En fin, il n'est que d'estre gens de bien.

Je suis engagé encor pour l'annee suivante a Grenoble, monsieur le Mareschal Desdiguieres l'ayant demandé a Son Altesse, qui l'a volontier accordé . Veuille la Bonté divine m'y rendre fructueux ! Et il failloit bien rendre ce conte de moy mesme a monsieur mon Frere, que j'honnore de tout mon cœur et auquel je suis

Tres humble frere et serviteur,

FRANçs, E. de Geneve.

Annessi, le XII avril 1617.

A Monsieur

[Monsieur] Milletot, seigr de Villy, Conseiller du Roy au Parlement de Bourgoigne.

Revu sur l'Autographe conservé au 2d Monastère de la Visitation de Rouen.

MCCXCIX AU PERE GéNéRAL DES BARNABITES (EN ITALIEN) Prière instante de renvoyer le P. Fulgence Chioccari en Savoie.

Annecy, 12 avril 1617.

Révérendissime et très honoré Père dans le Christ, Puisque le P. D. Fulgence se rend auprès de vous pour les affaires que je recommandai à Votre Paternité Révérendissime par la mienne dernière, il n'est pas besoin que j'ajoute autre chose. Si toutefois ce Père avait par hasard la tentation de rester là-bas, je supplie Votre Paternité, pour l'amour de Dieu, de n'y pas consentir ; car, en ce commencement, la persévérance et la stabilité des Pères qui ont déjà appris la langue et contracté la sainte amitié requise au maniement des Maisons, sont absolument nécessaires. Sur ce, implorant vos prières, je demeure, De Votre Paternité Révérendissime, Humble et dévoué, comme frère et serviteur dans le Christ, FRANçOIS, Evêque de Genève.

12 avril 1617, à Annecy.

Au Révérendissime et très honoré Père dans le Christ, Le Père Général de la Congrégation des Clercs réguliers de Saint-Paul. Milan.

Revu sur une copie déclarée authentique, conservée à Turin, Archives de l'Etat.

MCCC A LA COMTESSE DE SAN SECONDO A quelles âmes François de Sales dédiait volontiers son service. - Envoi des Règles de la Visitation. - Une instance en Cour de Rome. - Assurance de prières pour la Maison de Savoie.

Annecy, 25 avril 1617.

Madame,

Bien que je n'aye pas le bonheur d'estre conneu de vous, si est ce que je ne laisse pas de reconnoistre en vous les qualités par lesquelles vous merites d'estre honnoree de tous ceux qui font profession de l'honneur ; dequoy madame la Baronne de Giez, ma cousine, se rendra, je m'asseure bien, ma caution . Mays, laissons cela a part.

Le sujet de vostre lettre, qu'il vous a pleu de m'escrire, me tesmoigne asses que vous aves dedié vostre amour a Dieu; et que faut-il davantage pour m'obliger a vous dedier mon service ? Je le fay donq certes de tout mon cœur, et a madame la signora Donna Genevra , benissant la bonté souveraine de Nostre Seigneur qui, par ses celestes attraitz, vous a donné de si desirables affections.

Or, voyla les Regles de la Visitation, es quelles nean moins on n'a pas estendu les derniers articles ( Depuis j'ay fait suppleer par addition ce qui manquait), par ce qu'ilz comprennent des formulaires asses longs et qui ne regardent pas tant les actions communes des Seurs, comme les particulieres des formes et ceremonies dont on use en leurs receptions seulement. Mays si vous les desirés encores, je vous les envoyeray au premier advis que vous m'en feres donner, comm'encor les prattiques des Regles, qui est une besoigne a part ; bien qu'apres tout cela, il faut que vous sachies que les Regles sont a Rome, ou l'on sollicite pour reduire cette Congregation en Religion. Et peut estre que Sa Sainteté y fera adjouster quelque chose ; ce que je ne pense toutefois pas devoir estre chose d'importance, puisque, comme nous escrit celuy qui a l'affaire en main , il ny a point d'autre difficulté sinon pour le regard de l'Office, que les messieurs qui ont l'intendance de cela veulent estre le grand Office du Breviaire; et nous desirerions que cette Congregation ne fut obligee qu'au petit Office, affin qu'elle continuast a le chanter avec la gravité, distinction, tranquillité et, pour le dire en un mot, avec la sainteté que ces ames le prononcent maintenant . Et pour obtenir cette grace, nous employons la faveur de monsieur l'Ambassadeur qui, avec le nom de Madame la Serenissime Infante , fera a mon advis reuscir heureusement l'affaire ; en quoy la signora Donna Genevra n'a pas peu de credit .

Cependant, vivés et l'une et l'autre toutes en Dieu, hors lequel la vie est une mort, et auquel la mort est une heureuse vie. Que si vous me faites la faveur de demander a sa divine Majesté une pareille grace pour moy, ce sera m'obliger de plus en plus a vouloir estre pour jamais, Madame, Vostre plus humble, tres affectionné serviteur en Nostre Seigneur,

FRANçs, E. de Geneve.

Annessi, le xxv avril 1617.

Quand il en sera tems, Madame, j'escriray a Monseigneur le Prince , pour la prosperité duquel, et de toute la Mayson , nous faysons des speciales et continuelles prieres, tant publiques que particulieres: en quoy nous obeissons avec anticipation de sousmission aux desirs des Serenissimes Infantes . Madame de Bressieu, qui est la , m'a fait grandement presser d'envoyer ces Regles ; c'est pourquoy je n'ay pas pris le loysir de les faire mieux escrire, dont je vous supplie de m'excuser.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Pignerol.

MCCCI A LA PRéSIDENTE LE BLANC DE MJONS Agir et parler sans regard sur le qu'en dira-t-on. - Est-ce hypocrisie " de ne pas faire si bien que l'on parle ? " - Marcher " par le milieu des belles vertus, " et non " par les extremités " des subtilités. - Différents conseils sur quelques points particuliers et sur l'oraison. - La vocation de Mlle de Gérard. - Pourquoi les livres du Saint "ont treuvé de l'acces " en l'esprit de la Présidente. - Salutations à plusieurs dames de Grenoble. - Une triste affaire. - Folie des enfants du monde.

Annecy, 26 avril 1617.

Je respons a vostre lettre du 14, ma tres chere Fille.

1. Dites a cette chere Barbe Marie , qui m'ayme tant et que j'ayme encor plus, qu'elle parle librement de Dieu par tout ou elle pensera que cela soit utile, renonçant de bon cœur a tout ce que ceux qui l'escoutent peuvent penser ou dire d'elle. En un mot, je luy ay des-ja dit quil ne faut rien faire ni rien dire pour en estre loüé, ni laisser aussi de rien faire ou rien dire crainte d'estre loüé. Et ce n'est pas estre hipocrite de ne faire pas si bien que l'on parle, car, Seigneur Dieu ! a quoy en serions nous ? Il faudroit donq que je me teusse, de peur d'estre hipocrite, puisque si je parlois de la perfection il s'ensuivroit que je penserois estre parfait. Non certes, ma tres chere Fille, je ne pense pas estre parfait parlant de la perfection, non plus que je ne pense pas estre Italien parlant italien ; mais je pense sçavoir le langage de la perfection, l'ayant appris de ceux avec qui j'ay conversé qui le parloyent.

2. Dites luy qu'elle poudre ses cheveux, puisque son intention est droite ; car les cogitations qui viennent sur cela ne sont nullement considerables. Il ne faut pas entortiller vostre esprit parmi ces toiles d'araignee. Les cheveux de l'esprit de cette fille sont encor plus deliés que ceux de sa teste, et c'est pourquoy elle s'en embarasse. Il ne faut pas estre si pointilleuse, ni s'amuser a tant de repliques ausquelles Nostre Seigneur n'a point d'egard. Dites luy donq qu'elle marche a la bonne foy, par le milieu des belles vertus de la simplicité et humilité, et non par les extremités de tant de subtilités de discours et de considerations. Qu'elle poudre hardiment sa teste, car les faysans gentilz poudrent bien leurs pennages, de peur que les poux ne s'y engendrent.

3. Qu'elle ne perde pas le sermon ou quelque bonne œuvre faute de dire : Despechés ! mais qu'elle le die doucement et tranquillement (note 910). Si ell'est a table et le Saint Sacrement passe, qu'elle l'accompaigne en esprit, si il y a d'autres gens a table avec elle. Sil ny a personne, qu'elle l'accompaigne, si, sans s'empresser, elle peut y estre asses tost ; et puis, qu'elle retourne doucement prendre sa refection, car Nostre Seigneur ne vouloit pas mesme que Marthe le servit avec empressement (Lc 10,40).

4. Je luy ay dit qu'elle pouvoit parler fortement et resolument, es occasions ou il est requis, pour retenir en devoir la personne qu'elle sçait ; mays que la force estoit plus forte quand ell'estoit tranquille et qu'on la faysoit naistre de la rayson, sans meslange de passion.

5. La Societé des Douze ne sçauroit estre mauvaise, car l'exercice duquel elle se sert est bon ; mays il faut que cette Barbe Marie, qui ne veut point de peut estre, soufre celuy ci : que, peut estre, cette Societé est veritable, car n'estant nullement tesmoignee par aucun Praelat, ni aucune personne digne de foy, nous ne sçaurions estre asseuree (sic) qu'elle ayt esté instituee, le livret qui le dit n'alleguant ni autheur, ni tesmoin qui en asseure . Ce qui ne peut nuire et peut proffiter est neanmoins bon.

6. Qu'elle marche en l'orayson, ou par pointz, comme nous avions dit, ou selon son accoustumee, il importe peu ; ains nous nous souvenons bien que nous luy dismes que seulement elle praeparast les pointz et s'essayat, au commencement de l'orayson, de les savourer ; et si elle les savoure, c'est signe que Dieu veut qu'elle suive cette methode, au moins alhors. Que si neanmoins la douce presence accoustumee l'occupait par apres, elle s'y laissast aller, et aux colloques aussi qu'elle fait par Dieu mesme, qui sont bons en la sorte qu'elle me les represente en vostre lettre ; mays pourtant, il faut aussi quelquefois parler a ce grand Tout, comme voulant que nostre rien face quelque chose. Or, puisque vous lises nos livres, je n'adjousteray rien, sinon que vous aillies simplement, rondement, franchement, et avec la naifveté des enfans, tantost entre les bras du Pere celeste, tantost tenue par sa main.

7. Quant a Mlle de Gerard ou Reautier , sil y a apparence qu'on puisse eriger une Mayson par dela (à Grenoble.), il la faut faire venir icy, car il y aura plus de facilité de la renvoyer; si moins, je persevere qu'elle suive sa premiere visee . Mais au premier cas, je vous laisseray mesnager l'affaire pour Lyon, non pas envers ma Seur Favre , qui sera tous-jours contente de ce que nous ferons, estant si grandement nostre fille et seur comme ell' est ; mais ailleurs, a Lion, ou vous sçaves . Or, de ceci faites en la responce a Mme de Boqueron , sil vous plait, en cas que je ne puisse pas luy escrire, car je suis fort pressé, certes, et par consequent ne sçaurois escrire a Mme de Saint André pour ce coup. Si vous luy faites voir la copie de ce que j'escrivoys a Mme de Vicillieu , cela suffiroit pour un tems. Je suis bien ayse que mes livres ont treuvé de l'acces en vostre esprit, qui estoit si brave que de croire quil se suffisoit a soymesme ; mays ce sont les livres du Pere, et du cœur duquel vous estes la chere fille, puisque ainsy a-il pleu a Dieu, auquel soit a jamais honneur et gloire.

Je n'escris donq a personne qu'a vous, mais je desire bien pourtant que, par vostre entremise, je puisse saluer madame de Saint André et madame de Virieu , que vous cherisses si ardemment. Et puis, madame Odeyer , qui m'a bien escrit une lettre fort devote, dont je suis bien consolé, car je luy souhaite beaucoup de bonheur spirituel; et madame de Boqueron, et puis en fin la bonne mere , et nostre bon M. d'Urme, que mon ame honnore et ayme parfaitement .

J'envoyeray les Regles de la Visitation au premier jour; je les avoys fait des-ja transcrire, mais il les faut envoyer a Thurin, ou l'on pense a l'erection d'une Mayson puissamment (note 933).

Le President qui a tué sa femme estoit un bon homme, mais cholere ; l'Abbé qui a esté blessé n'estoit pas prestre, ni ordonnées Ordres sacrés, mais possedoit le benefice de son abaye, pour estre de grande mayson . On dispute qui avoit le tort ; helas ! je les regrette tous, car je pense quil l'avoit (sic) tous. O que les enfans du monde sont sages ! ce dit on. O quilz sont folz ! ce dit Dieu. Bienheureux sont les enfans de Dieu, car ilz l'ayment et sont aymés de luy.

Annessi, le XXVI avril 1617.

A Madame

Madame la Presidente de Mions.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Chambéry. MCCCII AU PRINCE DE PIéMONT, VICTOR-AMéDéE Nouvelles plaintes au sujet du doyen de Sallanches.

Annecy, 26 avril 1617.

Monseigneur,

Vostre Altesse est protectrice de la discipline ecclesiastique, et la regardant en cette qualité, je luy remonstre que le Doyen de Salanche, nommé Choysi, vient parmi ce pais faire des levees de gens de guerre et, tant de deça comme dela les montz, profane furieusement sa profession ecc1esiastique et l'Ordre de prestrise qu'il a, par mille mauvais et scandaleux deportemens, indignes mesme d'un soldat desbauché (notes 853, 891).

Mays le bon est, qu'avec cela il obtient subrepticement et par surprise des lettres de Son Altesse , par lesquelles elle commande au Chapitre de Salanche de le faire joüir des fruitz de sa praebende comme s'il estoit resident ; ce que Vostre Altesse sçait trop mieux estre contraire au droit divin, ecclesiastique et civil. Et neanmoins, il ne laisse pas de presser et molester ledit Chapitre, abusant ainsy du nom et de l'authorité de Son Altesse, laquelle sans doute n'a point de telle intention, puisque mesme cet homme ne la sert nullement a ses despens, et n'est pas capable de luy faire aucun service qui merite aucune consideration speciale, n'estant non plus bon soldat que bon prestre. Qui me fait recourir a la providence de Vostre Altesse, affin qu'il luy playse de renvoyer ledit Choysi a sa residence pour y rendre son devoir, et dec1arer que, sans cela, il ne peut recevoir ni demander les fruitz de sa praebende, et que ce n'est pas la volonté de Son Altesse qu'on se departe des loix et constitutions ecclesiastiques. Il importe que cette insolence en cette sorte de personnes soit reprimee.

Cependant, je ne cesseray jamais de souhaiter toute sorte de parfaite prosperité a Vostre Altesse, demeurant a jamais, Monseigneur, Son tres humble, tres obeissant et tres fidele orateur et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

XXVI avril 1617, Annessi.

Revu sur l'Autographe appartenant à Mme Morrison, à Londres.

MCCCIII AU DUC DE SAVOIE, CHARLES-EMMANUEL 1er Indifférence de l'Evêque de Genève pour le choix de la ville où il doit prêcher.- Le bon plaisir de son souverain décidera entre Paris et Grenoble.

Annecy, 30 avril 1617.

Monseigneur,

J'ay receu maintenant le commandement que Vostre Altesse me fait de me preparer pour aller prescher l'Advent et Caresme suivant a Paris; et neanmoins, par lettres de M. le Baron de Marcieu , j'ay sceu que Vostre Altesse m'avoit accordé pour le mesme Advent et Caresme a la cour du Parlement de Grenoble : qui me fait supplier tres humblement Vostre Altesse de me faire sçavoir auquel des deux lieux je m'attendray d'aller, m'estant, pour moy, chose asses indifferente, pourveu que, ou que je sois, ce soit selon le bon playsir de Vostre Altesse, a laquelle je suis, et a laquelle je souhaite toute sainte prosperité, comme doit, Monseigneur, Vostre tres humble, tres fidele et tres obeissant orateur et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

Annessi, 30 avril 1617.

MCCCIV A MADAME DE LA FLéCHèRE La grâce d'un trépas. - Difficultés au sujet d'un mariage. - Une pénitente du Saint. - Messages et nouvelles.

Annecy, 30 avril 1617.

Il faut bien pourtant, ma tres chere Fille, vous respondre un mot. J'ay dit louange en mon cœur (Ps 118, 164) a la Providence celeste sur le trespas de la pauvre Gavent (note 26) ; ce luy a esté une grace speciale de partir de ce monde, puisqu'elle y courait tant de hasard de s'y perdre. Vous aves fort bien traitté avec madame la Comtesse pour le cousin et pour moy. Certes, je ne pense pas que le cousin ne se soit fort bien comporté en cette occasion, ainsy quil en rendra bon compte si l'on veut. Pour moy, vous le sçavés ; mays il faut avoir un peu de patience. Le cousin auroit grand'envie de sçavoir si c'est Son Excellence qui a dit quil ne s'estoit pas voulu engager d'escrire a M. de Saint Damian pour ce mariage ; par ce que si c'estoit elle, il faudroit en parler plus reservement, quoy qu'il n'en soit rien. Si vous le pouvés sçavoir, vous le me pourres escrire, et je le mesnageray. Hier nous fismes une bonne confession, Mme de Tornon et moy, et nous nous sommes rendus grans cousins, et croy qu'elle fera merveilles en la devotion. Le P. Commissaire vous dira que je n'ay eu nul loysir de luy parler, sinon presque de M. le Prieur , pour un affaire quil a avec les exacteurs de la decime. Je salue infiniment madamoyselle de Beaufort, que je cheris parfaitement ; mays je n'ay pas du tems asses pour luy escrire. Dieu soit a jamais au milieu de vostre cœur, pour le benir de ses plus cheres benedictions, ma tres chere Fille.

M. de Torens n'est pas icy. Nostre Mere (SJC) est toute malade de sa defluxion et a pris medecine. Dieu vous benisse, ma tres chere Fille. Amen.

xxx avril 1617.

A Madame

Madame de la Flechere.

Revu sur une copie déclarée authentique, conservée à Turin, Archives de l'Etat.

MCCCV A MADAME DE GRANIEU Ce que François de Sales aimait " passionnément " dans l'âme de la destinataire. - Une vérité connue des enfants de Dieu avant la dernière heure. - Le repos dans la patrie.

Annecy, [avril 1617 .]

C'est la verité, Madame ma tres chere Fille, qu'entre les souvenirs que j'ay des ames que Dieu m'a fait aymer, celuy de la vostre m'est de tres grande consolation ; car j'ay veu un certain despouillement des creatures et de leurs vanités, qu'il m'est impossible de n'aymer pas passionnement. Tenes bien, je vous supplie, vostre cœur haut eslevé comme cela, ma tres chere Fille ; qu'il ayt tout a fait son soin attaché a la belle eternité qui vous attend. Les enfans du monde confessent ordinairement en mourant que cette vie n'est pas considerable que pour l'eternelle ; mais les enfans de Dieu touchent toute leur vie cette verité. Vivés comme cela parmi toute cette multitude de fascheuses occupations que vostre condition vous oblige de voir et d'avoir ; et comme ceux qui s'acheminent a leurs patries n'esperent le repos qu'apres y estre arrivés, ainsy pretendés tous-jours a cette paix perdurable a laquelle vous alles et ardes, travailles et marches. Je suis consolé dequoy petit a petit vous faites vostre chemin tres aysé. Dieu soit a jamais au milieu de nos espritz, qui est le souhait continuel, Madame, de Vostre tres humble et plus obeissant serviteur,

FRANçs E. de Geneve.

MCCCVI AU CARDINAL ROBERT BELLARMIN (MINUTE INéDITE – EN ITALIEN) Désirs et démarches du saint Evêque pour l'érection d'un Séminaire.

Annecy, [1615-1617 .]

Illustrissime, Révérendissime et très vénéré Seigneur,

Entre les choses qui pourraient aider ce pauvre et affligé diocèse de Genève, l'une des principales serait l'érection d'un Séminaire. Déjà, des tentatives furent faites par Mgr l'Evêque mon prédécesseur, de pieuse mémoire ; mais il y rencontra tant de contradictions, qu'il ne fut pas possible de les poursuivre, car il procédait par voie d'application des bénéfices, dont les hommes sont si avides que, pour en jouir en leur particulier, ils en empêchent de tout leur pouvoir l'union aux collèges et à telles autres. œuvres de piété. C'est pourquoi je désirerais reprendre ce dessein par un autre biais, si toutefois Sa Sainteté daigne nous favoriser en la façon qui sera proposée à Votre Seigneurie lllustrissime et Révérendissime par le R. P. Benoît Giustiniani . Je vous supplie donc très humblement d'employer votre charité et votre zèle auprès du Saint-Père et de nous aider en cette affaire. Ce zèle qui reluit en vos écrits, lesquels nous sont d'un si grand secours contre les hérétiques, vous pressera aussi, je n'en doute point, de nous favoriser en cette occasion, qui contribuera beaucoup à la destruction de l'hérésie de Calvin dans son siège même, la ville de Genève. Sur ce, je baise très humblement les mains de Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime, en implorant pour elle, de Dieu notre Seigneur, tout vrai bonheur.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Autun

N.B. Ici se trouve la lettre MCCCVII de fragments inédits à la Mère de Chantal à Lyon ; cette lettre datée du

21 septembre 1615 a été remise à sa vraie place sous le n MCXV bis, page 45

APPENDICE

I

LETTRES ADRESSéES A SAINT FRANçOIS DE SALES PAR QUELQUES CORRESPONDANTS A LETTRE DE MGR DENIS-SIMON DE MARQUEMONT ARCHEVêQUE DE LYON

Monseigneur, (notes 33, 41) Je viens d'apprendre que nous aurons aujourd'huy l'honneur de . vous veoir en cete ville, et ne fauldray point de monter an carosse pour vous aller rendre mes premiers devoirs si tost que nos Vespres seront dittes. Cependant, avec ce peu de motz, fideles interpretes de mon allegresse, je commence a vous rendre graces tres humbles du bonheur et des benedictions qu'attirera sur ce pais vostre arrivee, et vous supplie tres humblement d'honorer de vostre sejour cete maison, qui desireroit, an cete heureuse conjoncture, avoir encor les plus grands et plus illustres Prelatz qui l'ont autresfois regie, afin que plus dignement elle peust recevoir vous, Monseigneur, qui estes l'honneur et la coronne des Prelatz. Elle retiendra, s'il vous plaist, ses anciens merites, bien que possedee par un successeur indigne qui vous en supplie, avec toutes les affections de son ame, et est, Monseigneur, Vostre tres humble et tres affectionné confrere et serviteur

DENYS, Archev. de Lyon

Ce dimanche, 28 juin [1615]

Revu sur le texte inédit, inséré dans le IId Procès de Canonisation.

B

LETTRE DE MGR PIERRE-FRANçOIS COSTA NONCE APOSTOLIQUE A TURIN (L3, note 315)

Molto Illustre et Reverendissimo Signer mie osservandissimo,

Diedi conto à Roma, con mandar an co copia deI capitolo della lettera di V. S. Rma, della speranza che si haveva della conversione alla santa Cede cattolica del R. Claudio Boucard , già della Compagnia di Giesù, relasso nell'heresie, et delle difficoltà che haveriano potuto impedire tal buon opera. Serra di che ne ricevo la risposta che V. S. Rma vedrà per l'annesso foglio, contentando si la Santità di Nostro Signore non solo di conceder facoltà à lei di assolverlo et reconciliarlo alla santa Chiesa Cattolica, mà pen san do anco di sovvenirlo nelle necessità accennate. Do pero parte di tutto à V. S. Rma conforme al commandamento della Sacra Congregatione, à fine che persistendo il suddetto fiel medesimo proposito, lo assolvi, havuto risguardo à quel che scrive il Signer Cardinal Verallo per accertar il modo. Intorno à che, se mi par superflue di mandar à V. S. Rma altra instruttione, contuttocio, per obedire à superiori, le invio l'altro alligato foglio per quel più che m'è sovvenuto e par che soglia pratticarsi in simili occasioni.

Scrissi anco nell'istesso tempo à Monsignor Vescovo di Padova , dal quale mi furno rimessi li 50 ducatoni che presente haver poi V. S. Rma havuti per servitio del R. signor D. Lodovico Desplano , che me n'hà inviati venticinque altri, corne vedrà per l'alligate, che le saranno pagati in vigore dell'annessa poliza di cambio. Si corne di questi et de primi, mi sarà caro esser avvisato da V. S. Rma della ricevuta. Et non occorrendomi di vantaggio che annunciarle per molti anni le buone feste del santo vicino Natale in abbondanza delle divine gratie, resto, baciandole le mani, Di V. S. molto Illustre et Rma, Affezionatissimo servitor, PIER FRANco, Vescovo di Savona.

Di Turino, li XXI di Decembre 1615.

Mons Vescovo di Geneva.

Revu sur l'original inédit, appartenant à M. le comte de Roussy de Sales, Archives de Thorens-Sales (Annecy).

C

LETTRE DE MGR DENIS-SIMON DE MARQUEMONT ARCHEVêQUE DE LYON

Monseigneur,

(note 367) Puisque jamais plus il n'y doibt avoir entre nous de ceremonies, je vous direy tout naifvement que j'ay diferé si longtemps de vous escrire, pour ce que j'avois honte que vous vissies mes lettres sans veoir par mesme moyen l'advis que je vous avois promis sur les Regles de la Visitation. Je n'ay jamais eu ou le loisir ou le courage de m'applicquer serieusement a le dresser. C'est pourquoy, cognoissant quil me seroit malaysé de faire mieulx, et gehenné d'autre part de tout plein de considerations qui me pressent de me resouldre, j'ay employé deux soirées, hier et avant hier, a brouillasser ce que je vous envoye presentement. Je creins bien fort que vous ares grand'peine a le lire, tant il est mal escript, et encor plus a l'entendre, tant il est mal digeré. Il est en sa pureté naturelle, tel quil s'est presenté a mon esprit et a ma plume. C'est un escholier qui parle a son maistre, un fils a son pere ; il n'y fault pas plus de mystere. Vous devineres un peu et les motz et le sens, mais aussy seres vous asseuré que cet escript n'ha point passé par les mains des copistes et que personne ne l'ha veu sinon celuy qui l'ha escript. Si quelqu'un l'eust deu veoir, il y a dedans des libertés qui n'y seroyent pas. Si vous trouves bon que madame de Chantal le voye, je m'an remetz a vostre jugement; mais bien vous supplie je que personne autre ne le voye et quil vous plaise, dans quelques jours, me le renvoyer, pour ce que je fais dessein de m'an servir comme d'un Memoire qui, sur le sujet de cet Institut, me fournira diverses choses qui ont passé par mon esprit, mais ne s'arrestent point fidelement en ma memoire; et j'an ay besoing pourtant, tant que cet affaire soit terminé entierement.

Je n'userey point icy de compliment; j'ay mis au commencement de cet escript, en peu de parolles, ce que j'ay deub dire, et que de nouveau je confirme et par ces lignes et par toute l'affection de mon cœur. Je ne touche sinon l'institut : car pour la disposition des exercices de cet Institut, j'y ay de la complaisance et de la passion, et n'ay point a an faire autre jugement, sinon les estimer et admirer infiniment. Selon que nous demeurerons d'accord de l'estoffe, sil y a quelques motz ou quelques periodes a changer en l'ouvrage, il n'y aura pas a travailler pour plus d'un jour. Il est necessaire quil vous plaise faire deux reflexions : l'une, aulx incommodités communes a vostre diocese et au mien ; l'autre, a celles qui sont particulieres au mien. J'ay touché les unes et les autres, mais a la haste, et pourtant confusement; qui m'oblige de vous supplier, comme je fais tres humblement, d'y prendre garde.

Certes, mon premier souhet seroyt que nous peussions l'un et l'autre changer nos Congregations en Religions formelles. Si cela ne se peult, je desire au moins que nous puissions convenir de Regles qui soyent uniformes pour les deux Congregations. Enquoy, si vous approuves l'ouverture que je fais d'allunger le noviciat des veufves et de deffendre les sorties aulx professes, on peult reserver celles qui ont desja fait profession, lesquelles ayantz encor des affaires, pourront sortir, et le reglement aura lieu seulement pour celles qui entreront desormais ; et cete reserve pourra estre expresse, ou mentale, comme vous le jugeres a propos. Il sera malaysé que sans cet article ou sans un autre de pareille teneur nous puissions convenir ; car jamais je ne pourrey bien establir icy la Congregation si je n'y metz la closture. C'est l'advis de touts les Religieux et casuistes qui an entendent parler ; mais c'est ce que me dient ouvertement les plus honorables et qualifiés (sic) personnes de cete ville. Encor desireroyent ils bien fort que ce fust une Religion formelle, et ont grand' peine a permettre autrement que leurs filles y entrent. Que sil m'arrivoyt ce malheur que nous ne peussions convenir de cet article, je vous supplie de tout mon cœur quil vous plaise en ce cas me donner vos bons et charitables advis, si je debvrey ou continuer ma Congregation sur le modelle et les Constitutions de la vostre, y changeant ce que je jugerey necessaire en mon diocese, comme nous voyons qu'ont fait diversement les Evesques de la province de Milan, ou bien si je changerey tout a fait ma Congregation en une Religion formelle, en la maniere portée par mon escript. Mais ce dont je vous supplie plus cordialement que de tout le reste, est quil vous plaise, apres avoir pezé meurement toutes choses, me mander ce que vous juges selon Dieu que je doibs faire ; car, si apres avoir recommendé l'affaire a Nostre Seigneur, vous voules que je laisse les sorties et que je me conforme a vous entierement, et quil vous plaise an respondre a Dieu pour moy, je vous declare qu'avec cete condition, et soubs la confiance que j'ay en vostre vertu, je mettrey soubs les pieds mon sentiment et tout ce que le monde pourra dire ou faire, et establirey la Congregation, et an ferey publier et imprimer les Constitutions de mot a mot, telles que vous ordonneres, sans y changer rien du tout. Et au bon augure de ces motz je ferey fin, vous baisant en toute humilité les mains et recommendant a vos prieres et Sacrifices mes infinies miseres. Je salue cordialement Messieurs vos freres et madame de Chantal et toutes ses filles, et suis, Monseigneur, Vostre tres humble fils et tres affectionné serviteur, DENYS, Archev. de Lyon.

De Lyon, ce 20 janvier 1616.

Monseigneur, je ne vous renvoye point encor les Constitutions, pour ce quil ne semble pas que vous an ayes besoing pour vous resouldre sur l'Institut, lequel estant arresté, je vous renvoirey les dittes Constitutions afin que vous y metties la derniere main pour les faire imprimer.

A Monseigneur

Monseigneur le Rme Evesque de Geneve.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.

D

LETTRES DE LA MèRE DE CHANTAL I VIVE t JéSUS

(notes 537, 542,544) Comme vous portez-vous, mon pauvre très unique Père ? Toujours mieux, moyennant la grâce de Dieu, non pas ? Hé Dieu ! oui, s'il vous plaît, mon bon Sauveur, et pour longtemps, je vous prie, que cette chère santé de mon Père soit bien établie. Or bien, nous en parlerons de cela.

Mais cependant, me pourrez-vous dire oui ou non, simplement et courtement, de ce que je vous vais demander ? Mes quatre jours sont passés, auxquels vous m'aviez marqué ce que je ferais ; et je vous rends compte en ces deux derniers petits feuillets de ce qui s'est passé, car les deux premiers, c'est ma confession en laquelle vous n'entendrez rien. Pourrai-je encore demeurer quelques jours en ma chère solitude, y continuant cette dernière affection ? j'y aurais bien de l'inclination, pour un peu bien accoiser mon esprit en Dieu ; car vraiment, j'ai été un peu distraite ces jours passés, et si bien votre mal ne m'a pas donné de l'inquiétude, il m'a donné de la douleur et de la distraction; à trois diverses fois, l'on en parla assez pour me toucher jusqu'au fond. Quand l'on me disait enfin qu'il était dangereux, pensez, mon très cher Père, où cela allait.

Oh bien ! Notre-Seigneur m'a assistée; il soit béni !

Mon très cher Père, un mot de vos nouvelles, et si je demeurerai ou non en ma petite retraite ; car pour le reste, il se fera à loisir. Je demande ce mot, pourvu qu'il n'incommode rien; autrement ma Sœur Marie-Jacqueline me le dirait bien. Bonjour, mon pauvre très cher Père, le doux Jésus soit notre tout !

[Annecy, 18 mai 1616, matin.]

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.

II VIVE t JéSUS

Hélas ! mon unique Père, que cette chère lettre (note 582) me fait de bien ! Béni soit Celui qui vous l'inspira, et que béni soit aussi le cœur de mon Père au siècle des siècles ! Certes, j'ai un extrême désir, et, ce me semble, une ferme résolution de demeurer en ma nudité, moyennant la grâce de mon Dieu, et j'espère qu'il m'aidera. Je sens mon esprit tout libre, et avec je ne sais quelle infinie et profonde consolation de se voir ainsi entre les mains de Dieu (note 552). Il est vrai que tout le reste demeure fort étonné ; . mais faisant bien ce que vous me dites, mon unique Père, comme je ferai sans doute, Dieu m'aidant, tout ira toujours mieux. Il faut que je vous die ceci : mon cœur chercherait, si je le voulais laisser faire, de se revêtir des affections et prétentions qu'il lui semble que Notre-Seigneur lui donnera ; mais je ne le lui permets nullement, de sorte que ces propositions ne se voient que de loin ; car enfin, il me semble que je ne dois plus rien penser, désirer ni prétendre que ce que Notre-Seigneur me fera penser, aimer et vouloir, ainsi que la nourrice qu'il me donnera me l'ordonnera ; car je suis exacte à ne la point regarder. Mon Dieu nous veuille fortifier par sa douce bonté, et nous faire accomplir parfaitement ce qu'il désire de nous, mon très cher Père. Que Jésus vous fasse un grand saint; et je le crois ainsi. Bénite soit sa bonté de votre guérison et bon repos ! Bonjour, mon vrai Père. Ce soir je vous manderai de mes nouvelles.

[Annecy, 18 mai 1616, après-midi.]

III VIVE t JéSUS

Mon unique Père,

(note 553) M. Grandis (L5, note 41)

m'a dit aujourd'hui que nous eussions encore bien soin de vous, que vous ne deviez plus faire une si grande diète, qu'il fallait vous bien tenir et contregarder, à cause de la fluxion qu'il faut craindre. Je suis bien aise de toutes ces ordonnances, et que vous gardiez votre solitude, puisqu'elle sera encore employée au service de votre cher esprit. Je n'ai pu dire nôtre, car il me semble n'y avoir plus de part, tant je me vois nue et dépouillée de tout ce qui m'était le plus précieux.

Mon Dieu ! mon vrai Père, que le rasoir a pénétré avant ! pourrai-je demeurer longuement dans ce sentiment ? Au moins notre bon Dieu me tiendra dans les résolutions, s'il lui plaît, comme je le désire. Hé ! que vos paroles ont donné une grande force à mon âme ! que celles-ci m'ont touchée et consolée quand vous me dites (note 552)

: " Que de bénédictions et de consolations" votre âme a reçues, de me savoir toute dénuée devant Dieu !

" Oh ! Jésus vous veuille continuer cette consolation, et à moi ce bonheur.

Je suis pleine de bonne espérance et de courage, bien paisible et bien tranquille. Dieu grâce, je ne suis pas pressée de regarder ce que j'ai dévêtu ; je demeure assez simple, je le vois comme une chose éloignée, mais il ne laisse pas de me venir toucher ; soudain je me détourne. Que béni soit Celui qui m'a dépouillée ! Que sa bonté me confirme et fortifie à l'exécution quand il la voudra. Quand Notre-Seigneur me donna cette douce pensée que je vous mandai mardi (le

17 mai.), de me laisser à lui, hélas ! je ne pensais point qu'il commencerait à me dépouiller par moi-même, me faisant ainsi mettre la main à l'œuvre. Qu'il soit béni de tout et me veuille fortifier !

Je ne vous disais pas que je suis avec peu de lumière et de consolation intérieure ; je suis seulement paisible partout, et semble même que Notre-Seigneur, tous ces jours passés, avait un peu retiré cette petite douceur et suavité que donne le sentiment de sa chère présence. Aujourd'hui encore, plus ou moins, il me reste fort peu pour appuyer et reposer mon esprit ; peut-être que ce bon Seigneur veut mettre sa sainte main par tous les endroits de mon cœur pour y prendre et le dépouiller de tout : sa très sainte volonté soit faite !

Hélas ! mon unique Père, il m'est venu aujourd'hui en la mémoire qu'un jour vous me commandiez de me dépouiller ; je dis : " Je ne sais plus de quoi. " Et vous me dites : " Ne vous l'avais-je pas bien dit, ma Fille, que je vous dépouillerais de tout ? " O Dieu ! qu'il est aisé de quitter ce qui est autour de nous ! mais quitter sa peau, sa chair, ses os, et pénétrer dans l'intime de la moelle, qui est, ce me semble, ce que nous avons fait, c'est chose grande, difficile et impossible, sinon à la grâce de Dieu.

La seule gloire donc lui est due et lui soit rendue à jamais. Mon vrai Père, ne me revêts-je point sans votre congé de cette consolation que je prends à vous entretenir ? Il me semble que je ne dois plus rien faire, ni avoir pensée, ni affection, ni volonté qu'ainsi qu'elles me seront commandées. Je finis donc en vous donnant mille bonsoirs, et vous disant ce qui me vient en vue : il me semble que je vois les deux portions de notre esprit n'être qu'une, uniquement abandonnée et remise à Dieu. Ainsi soit-il, mon très cher Père, et que Jésus vive et règne à jamais ! Amen.

Ne vous avancez point de vous lever trop tôt; je crains que cette sainte fête , ne vous fasse faire un excès. Dieu vous conduise en tout.

[Annecy, 21 mai 1616.]

E LETTRE DU MARéCHAL DE SAINT-GéRAN

Monseigneur,

(note 635) Ayant esté adverty que pour la perfection du bon œuvre que nous avons commancé en ceste ville, capitale de mon gouvernement, qui est le nouvel establissement d'une Maison de Sainte Marie, il failloit recourir a vous pour avoir vostre permission, afin de faire venir les Dames qui doivent perfectionner ceste entreprise, j'ay creu que vous m'accorderiez la tres humble requeste que je vous en fais, comme Monseigneur de Lion m'a liberalement octroyé sa permission pour l'establissement.

Nous avons desja une maison propre, un fort bel oratoire, ou la benediction pontificale a esté faicte par procuration expresse de Monseigneur l'Archevesque de Lion, lequel, pour me favoriser, y fust venu luy mesme planter la croix, s'il n'heust esté retenu pour affaires pressez. Il ne reste donc plus que vostre permission, afin que ces devotes Dames viennent; dont je vous supplie derechef tres humblement, vous asseurant que je fais gloire que, du temps de mon gouvernement, le Bourbonnois soit des premieres provinces a recepvoir les Religieuses de vostre Ordre, n'ignorant pas quelle est vostre reputation et le renom de vostre sainte vie et merite parmi la France ; ce qui me faict desirer de donner une de mes filles a vos Religieuses, quand elles seront icy. Et outre l'asseurance que madame des Goufier (L5, note 649) vous pourra donner qu'elles seront bien et honorablement receues, je vous jure que je veux employer a leur service toute l'authorité que le Roy m'a donnee en cette province, estant a vous, et a elles a vostre consideration, Tres humble et passionné serviteur, SAINT GERAN.

Du chasteau de Moulins, 3 juillet 1616.

Revu sur le texte inséré dans l'Histoire de la Fondation de la Visitation de Moulins, conservée au 1er, Monastère d'Annecy.

F

LETTRE DU PèRE AIGNAN MOREAU DE LA COMPAGNIE DE JESUS (note 709)

Monseigneur,

(note 635) Vostre Illustrissime Seigneurie sera suppliee par tant d'autres de nous envoyer de voz cheres Filles, que j'ay douté si je devois adjouster ma priere a celle de sy puissans intercesseurs. Toutesfois, sçachant que vous recepvez les grands et les petitz, j'envoye ces lignes vous pourter ma suplication, vous asseurant que je reçois une joye singuliere en l'espoir de son interinement, car l'odeur de voz fleurs naissantes commence a donner jusques a nous ; de noz plaines, dis je, nous commençons a descouvrir l'excellence de vostre ouvrage.

Ce n'est pas merveille, Monseigneur, que ce qui est sur les montagnes soit visible a tous ; au contraire, je m'esbays de l'admirable voile dont vostre humilité a sy longtemps couvert son ouvrage. Or, Monseigneur, tirez le rideau, sil vous plaist, et nous communiqués ce que vous aves faict pour la gloire de nostre commun Maistre. Ce que madame de Chantal a faict a Lyon, et encores plus ce qu'elle est, la faict extremement desirer icy. Pour mon particulier, j'ambitionerois puissamment le bonheur qu'elle y vint au moins pour quelques mois ; mais d'autant que c'est au maistre de famille de sçavoir sy la mere de la famille peut quicter la principale Maison pour aller travailler ailleurs, je me remetz et soubmetz a vostre jugement et disposition, vous asseurant que, quelles que ce soient de voz Filles qui viennent, nous les recevrons, cherirons et servirons avec la mesme sincerité, respect et dilection non feinte que je suis, du Pere de ces vertueuses Filles, Tres humble, tres obeissant serviteur, AIGNAN MOREAU, Jesuite.

De Moulins, 4 juillet 1616.

Revu sur le texte inséré dans l' Histoire de la Fondation de la Visitation de Moulins, conservée au 1er Monastère d'Annecy.

G LETTRE DU MAIRE ET DES éCHEVINS DE MOULINS

Monseigneur,

(note 635) Madame des Goufier ayant pris desir, avec bonne compagnie, de quitter l'Egipte du monde pour se ranger en ceste ville en une Maison de vostre Ordre de la Visitation Saincte Marie, comme en la terre de promission en laquelle elle espere jouyr des delices de son celeste Espoux; apres y avoir aporté les ceremonies necessaires en la benediction du lieu faicte par monsieur le Doyen de Nostre Dame , en la presence de Monseigneur nostre Gouverneur , reste a present la favorable assistance de vos graces, pour envoyer des ouvrieres en sy copieuse moisson que celle de la vie contemplative, lesquelles, recuillans le pain des Anges en leurs ordinaires exercices et s'acquerans les faveurs du Ciel, puissent rendre nostre ville participante des benedictions qui se reçoipvent par le merite de sy sainctes hostesses, lesquelles venant de vostre part nous apporteront un esprit celeste et nous seront autant cheres comme asseurement, et a Vostre Seigneurie et a leur pieté, nous demeurons a jamais, Voz tres humbles et tres obeissans serviteurs, LES MAIRE et ESCHEVINS DE MOULIN, FEYDEAU, BEAUCOUSIN, HEROYS, ROllSSEL.

De Moulins, ce 4 juillet 1616.

Revu sur le texte inédit, inséré dans l' Histoire de la Fondation de la Visitation de Moulins, conservée au 1er Monastère d'Annecy.

H

LETTRE DE Mgr DENIS-SIMON DE MARQUEMONT ARCHEVêQUE DE LYON

Monseigneur,

(note 635) Passant par cete ville pour m'en aller a Paris, j'ay veu les commencemens que madame des Goufier a donné a une maison de la Visitation. Il est necessaire d'envoyer icy promptement madame de Chantal ou, si sa santé ne le peut permettre, quelque autre Dame qui puisse donner l'habit et l'esprit aulx filles et veufves qui veullent servir a Nostre Seigneur dans ce sainct Institut.

Les commencemens que je veoy icy sont si heureux, qu'il fault, Monseigneur, que je vous die ce que j'ay apris d'un bon medecin : qu'encor que l'on veuille faire nourrir les enfans par d'autres que par leur mere, il seroit a souheter, pour le proffit de l'enfant, que la vraye mere luy donnast le premier laict, par un secret de nature qui, donnant et faisant produire l'enfant, ne manque pas a fournir ce qui est pour son mieulx. Vous entendes ce que je veulx dire : si madame de Chantal, vraye Mere de vostre Congregation, pouvoit venir icy donner le premier laict aulx filles commençantes, je prevoyrey autant de bonheur a cete institution et fondation que de celle de nostre Lyon, qui donne tous jours plus de contentement et d'esperance que Dieu y sera glorifié (fidelis sermo est) ; car c'est ce que nous pretandons. Il y aura encor icy, comme je prevoy, quelques petites difficultés, qui se dissiperont des que l'on verra des Religieuses et que l'Office se fera.

Envoyes en donc au plus tost, Monseigneur, je vous supplie, et me donnes la benediction de vos sainctes prieres, que je vous demande du bon de mon cœur, qui se proteste Vostre tres humble et tres affectionné frere, DENYS, Archev. de Lyon.

A Moulins, 6 juillet 1616.

Revu sur le texte inséré dans l'Histoire de la Fondation de la Visitation de Moulins, conservée au 1er Monastère d'Annecy.

I

LETTRE DE M. CLAUDE BOUCARD (L4, note 47)

Mon Seigneur Reverendissime,

(note 856) Il faut en fin que Dieu soit victorieux ; la chair a beau regimber contre l'esguillon, et le diable à redoubler ses tentations ; quant il plaist au S.Esprit de convertir une ame, il faut en fin que sa vocation soit efficace. J'en sens les mouvements et l'experience en moi mesmes.

Quant je fus dernierement a Tonon, plusieurs considerations humaines et les troubles causées (sic) par l'ennemy de mon salut m'empescherent de passer outre, mais non toutefois en sorte que mon dessein fut aucunement changé, ni ma bonne volonté diminuee en façon quelconque (Lettre B). Au contraire, Dieu par sa bonté infinie, qui avec la tentation faict accroissement de grace, m'a depuis mon retour eslargy nouvelle force et vertu, voire jusques à surmonter et vaincre toutes les puissances adverses.

Et afin, Monseigneur, quil soit evident que ce ne sont pas parolles seulement et que vous en aiez pleine asseurance, outre l'obligation que j'y ay desja, j'ay faict vœu a Dieu, et le faicts encor maintenant en vostre presence, de quitter et abandonner tout pour me rendre à la sainte Eglise Catholicque ; et ce, dedans brief temps et sans beaucoup temporiser par negligence. Si j'avois la cognoissance des temps et des moments que le Pere Celeste retient en sa puissance, j'apposerois quelque terme prefix a ce mien vœu ; mais au moins, incontinent apres la S. Martin prochaine, sil plaist a Dieu me prester santé, toutes mes pensees, touts mes efforts et desseins se banderont à effectuer ma. Promesse ; et ay ferme esperance en Dieu, qui ne me confondra point, puis que l'entreprinse est pour son service, honneur et gloire, que par sa grace il me suppeditera touts moiens a ce necessaires, et ostera touts empeschements invincibles : Erunt prava in directa, et aspera in vias planas. Ce sera donc au plus tost, Monseigneur, que j'iray vers vous pour recevoir voz commandements et faire tout ce que vous jugerez expedient pour la gloire de Dieu, à quoy je me dispose de bon cœur.

Si donc quelqu'un estoit entré en doute de ma constance, je prie (et c'est icy presque la principale fin pourquoy j'escry la presente) que telle deffiance soit levee, car jamais je ne fus mieux resolu. Je hay infiniment l'heresie et l'ay en telle abhomination que, par force, il faut que je quitte le lieu ou elle regne, nonobstant toutes affections naturelles vers les miens. Je suis du tout dedié à l'Eglise Catholicque.

Oblivioni detur dextera mea si non meminero tui Hierusalem. C'est a elle que je vouë le service de tout le reste de ma vie, et si les forces estoint pareilles au courage, ce ne seroit pas pour petites choses mais pour grandes ; toutefois, j'attendray la vocation de Dieu. C'est pourquoy je desire d'estre tousjours recommandé a la benignité et grace de ladicte saincte Eglise, et de ressentir son indulgence, laquelle j'espere et m'y confie.

Le commun bruit est par deça que l'alliance entre Son Altesse et Messieurs de Berne est si fort avancee qu'elle s'en va comme concluë. Je tiens pour certain de bon lieu que Messieurs de Berne, entre autres conditions, ont demandé que l'Interim (L1, note 248) soit remis aux bailliages de Chablais esquels il a esté autrefois ; quod Deus avertat. Il est vray que je ne sçay pas a quoy penche et incline cest affaire la, mais selon mon petit advis, c'est chose qu'il ne faut pas negliger.

Je vous prie d'avoir assiduellement memoire de moy en voz saincts Sacrifices et oraisons; je suis, Monseigneur Reverendissime,.

Vostre tres humble et dedié serviteur,

C. BOUCART.

De Lausanne, ce 4 octobre 1616.

A Monseigneur

Monseigneur le Reverendissime Evesque de Geneve.

A Nissy.

Revu sur l'Autographe inédit, conservé à la Visitation d'Annecy.

J

LETTRE DE M. RENé GROS DE SAINT-JOYRE

Monsieur,

(note 783) En response de la vostre tres-aggreable du 28 septembre , que j'ay receüe le 10 du present, je vous diray non seulement que je voy vos Œuvres de l'œil favorable que je dois, et fais en icelles le profit que je peux ; mais de plus, je vous confesseray de bouche que,

de vostre plenitude

Je me suis tout remply, et qu'estes mon estude.

La Mire de vie a l'amour par/aict, que j'ay faicte au nom et sur le nom de madame Marie de Levi, tres-digne Abbesse du monastere Royal de S. Pierre de Lyon , vous en fera foy, et à tout le monde, si elle s'imprime (note 784 ; App II), ainsi que desirent plusieurs de mes amis, à la volonté desquels j'acquiesceray, si vostre approbation m'en donne le courage. J'attends avec avidité d'estudier en ces beaux traictez que vous me faites esperer par la vostre susdicte, afin, nous les donnant, qu'à moy et à ceux qui mieux que moy y feront leur profit, vous nous disiez le dire du Poëte :

Vous estes mes ruisseaux, je suis vostre fonteine, Et plus vous m'espuisez, plus ma fertile veine Repoussant le sablon, jette une source d'eaux D'un surgeon eternel pour vous autres ruisseaux.

En cette qualité et toute autre, je me diray toujours, Monsieur, Vostre tres humble serviteur, RENé GROS DE S JOYRE.

A Belmont, ce 13 novembre 1616.

A Monsieur le Reverendissime Evesque de Geneve.

Revu sur le texte inséré dans La Mire de vie, etc. (Bibliothèque de Lyon, 317, 181)

K

LETTRE DU CARDINAL ROBERT BELLARMIN

Admodum Illustrissime et Reverendissime Domine,

(note 622) Etsi forfasse non multis in Orbe Reverendissima Amplitudo Vestra nota sit mihi tamen a multis annis virtutes vestrae, multae et magnae, notissimae sunt; neque mihi tantum, sed etiam Sanctissima Patri Nostro nota est vigilantia pastoralis et charitas in gregem proprium Reverendissimae Dominationis Vestrae (note 517).

Sed quod attinet ad negotium virginum et viduarum quod mihi Amplitudo Vestra commendat, non scio prorsus quid agam ; tum quia nemo hic est, quod sciam, qui causam sollicitet, tum quia certum est cum illis tribus conditionibus obtineri non posse ab Apostolica Secte, ut confirmetur vera monastica professio. Ego quidem paratus sum pro viribus adjuvare propositum Reverendissimae Dominationis Vestrae, si quis sit qui ad me veniat et negotium urgeat ; hactenus enim neminem vidi, nec satis scio cui litteras tradam quas nunc scribo.

Sed tamen, interim consilium dabo, quod mihi ipse acciperem, si res mea ageretur. Ego igitur retinerem virgines et viduas istas in statu in quo sunt, nec mutarem quod bene se habet ; nam ante tempora Bonifacii VIII, erant in Eeclesia Sanctimoniales, tum in Oriente, tum in Occidente, quarum saepe mentionem faciunt sancti Patres : ex Latinis, Cyprianus, Ambrosius, Hieronymus, Augustinus ; et ex Graecis, Athanasius, Basilius, Chrysostomus et alii, sed illae non erant ita clausae in monasteriis, ut non exirent quando opus erat. Nec ignorat Amplitudo Vestra, coram Deo vota simplicia non minus obligare, nec minoris meriti esse quam solemnia ; solemnitas enim, ut etiam clausura, inchoata est ecclesiastico instituto ab eodem Bonifacio VIII. Et nunc, etiam Romae, floret valde Monasterium nobilium foeminarum a Sancta Francisca Romana institutum, in quo tamen, neque clausura est, nec solemnis illa professio (L4, note 507 ; L5, note 58).

Proinde si in ista regione, sine clausura et sine professione virgines et vidure tam sancte vivunt, ut audio, et simul prodesse possunt saecularibus, non video cur ista ratio vivendi mutari debeat (notes 869,870).

Hoc tamen consilium meum meliori judicio libenter submitto.

Accepi, dum hanc epistolam scriberem, alias litteras Reverendissimœ Dominationis Vestrœ pro negotio Avenionensi (notes 727,736), pro quo laborabo quantum potero.

His bene valeat Reverendissima Dominatio Vestra, mei memor in sanctis precibus suis.

Admodum Illustrissimœ et Reverendissimœ Dominationis Vestrœ, Addictissimus atque ad obsequendum promptissimus, ROBERTUS, Cardinalis BELLARMINUS.

Romœ, die 29 Decembris 1616.

L

LETTRE DE HENRI DE SAVOIE DUC DE NEMOURS

Monseigneur,

(note 825) Le desplaisir que je reseus de ne vous avoir encores trouvé a Nissy quant j'y arrivé, ne fut pas moindre que seluy que vous tesmoignes en avoir eu, car j'avois une estreme envie de vous voir et entretenir ; mais je me consolle avec l'esperanse que j'ay d'avoir bien tost se contantement, que je desire passionnement, pour estre un des plus grans que je puisse recevoir. Ce qu'attendant, je vous prie de vous asseurer tousjours de mon affection et du desir que j'ay de la vous faire congnoistre aus occasions, lesquelles ne s'offriront jamais aussy souvent que je les souhaite, pour l'envie que j'ay que vous croies quil ny a personne qui vous soit plus aquis que moy. Quant a se que vous m'escrivés pour le regard du bastiment de l'eglise des Peres Bernabites, je contriburay tousjours tout se qui me sera possible pour ung si bon œuvre, estant bien marry que je ne puis des a present leur faire congnoistre la volonté que j'en ay ; mais parse que les occasions passees m'ont un peu mis en arriere, cela ne me peult permettre de faire tout se que je voudrois bien (note 826). Neantmoins, je satisferay au desir de ses Peres le plus tost que je pourray, voulant en toute occasion leur tesmoigner l'affection que j'ay a tout se qui leur touche, et a vous combien je suis, Monsieur.

Vostre plus affectionné a vous faire servisse,

HENRY DE SAVOYE.

Ce 26me janvier, a Lagnieu, 1617.

A Monsieur

Monsieur l'Evesque de Genefve.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.

M

LETTRES DE LA MèRE FAVRE SUPERIEURE DE LA VISITATION DE LYON

I

VIVE t JéSUS

Monseigneur,

Nous avons reçu aujourd'hui votre dernière lettre (note 831), où vous nous parlez de M. l'Aumônier. Il a quitté la condition que l'on lui voulait donner, parce qu'il n'a pas eu le courage de nous quitter. C'est un bon homme tout à fait ; il est nôtre pour longtemps (note 835).

Pour Mme du Puits-d'Orbe (note 834 ; L2, note 296), elle est revenue à son abbaye, là où on ne la voulait pas recevoir, et lui a-t-on fait la correction bien sèchement. Elle était allée voir certaine damoiselle. Pour leur confesseur, il est de delà Paris, à ce que son frère même a dit; et à même temps que ces Dames et lui sortirent, M.

l'Evêque Dangre (de Langres) a donné une sentence contre lui, que s'il retournait en Bourgogne, il n'y irait que de la vie. Nous n'en savons pas la raison. Enfin, il s'en est parlé fort mal à propos ; Dieu veuille qu'il y ait plus d'innocence que le monde ne pense ! Mon Dieu, mon très honoré Père, que de malheurs qui sont parmi le monde ! Bienheureux qui vit en crainte ! Pour moi, je ne puis mal penser de cette Dame je la crois trop vertueuse. Monseigneur, notre chère Mère s'est trouvée mal (note 851) ; nous vous supplions très humblement de mettre bon ordre, avant que partir de Nicy , que l'on la fasse conserver ce Carême ; autrement elle se gâtera et se ruinera de santé tout à fait, O Dieu ! mon très cher et honoré Père, c'est la douleur la plus sensible au cœur que l'on puisse avoir ; toutes les contradictions ne sont rien, au prix de savoir du mal à cette chère Mère.

L'affliction de madame de Thorens nous a touchée vivement (note 837) ; il faudra qu'elle ait recours à saint François de Paule, sans doute elle y trouvera du bonheur (L6, note 402). Monseigneur, nous vous envoyons des lettres de nos chères Sœurs de Moulins ; nous n'écrivons point séparément à notre chère Mère, faute de temps.

La sortie de ma bonne Sœur Marie-Jeanne s'achemine assez doucement ; nous en avons écrit amplement au R, Père Coton (L6, note 535), son confesseur, qui est celui qui nous l'a remise ; il nous a conseillé de la mettre dehors, et le Père Remont, Jésuite , et tous ceux à qui nous en parlons et qui la connaissent. Hélas ! Monseigneur, demandez bien cette force pour votre pauvre grande fille ; elle en a bien besoin, il se présente plusieurs occasions à la bien employer. Nous vous supplions d'agréer que nous saluions mille fois en toute humilité notre chère Mère.

Toutes nos Sœurs vous saluent très humblement, Monseigneur ; nous supplions Notre-Seigneur vous continuer ses plus chères grâces. Après vous avoir salué en toute révérence, je me dis, Monseigneur,

Votre très humble et plus obéissante fille et servante

en Notre-Seigneur,

M. J. FAVRE, de la Visitation.

Dieu soit béni.

De Lyon, ce 26 janvier [1617]

Ma sœur Le Blanc (note 909) vous salue très humblement ; elle est auprès de nous, elle vous prie de ne la point nommer dame, mais Sœur Barbe Marie (notes 58, 910) A Monseigneur

Monseigneur le Rme Evêque et Prince de Genève.

A Nicy.

Revu sur l'Autographe inédit, conservé à la Visitation d'Annecy.

II VIVE t JéSUS

Monseigneur, Nous supplions Notre-Seigneur vous continuer abondamment l'assistance de son Saint-Esprit et faire réussir votre travail à sa plus grande gloire.

Nous avons reçu les lettres que vous écrivîtes la veille de Noël , environ cinq semaines après. Nous avons donné à Monseigneur de Lyon celle qui s'adressait à lui ; nous ne l'avons pas vu du depuis.

Nous louons Notre-Seigneur, mon très honoré Père, de ce que vous trouvez des âmes si fort disposées au bien (note 892), et de quoi vous trouvez la nièce de M. de Bouqueron propre (note 947, App M.IV). A la vérité, Monseigneur, son infirmité nous met un peu en peine, car elle est grande, bien que l'on dise que ce soit un mal qui n'ira pas en empirant, parce que ce n'est pas une défluxion, ains une incommodité que la vérole lui a laissée.

Je trouve son cœur et son esprit, pour le peu de connaissance que nous en avons, bien à notre gré. Oh ! Dieu fera bien tout réussir selon sa sainte volonté, s'il lui plaît.

Nous avons reçu une fille à l'essai, de la main de Mme Le Blanc (App M I), qu'on espère qui fera bien;

elle a eu une étrange persévérance à vouloir être toute à Dieu.

Monseigneur l'Archevêque dit qu'il ne veut pas que l'on en reçoive davantage que l'on ne sache la fin des affaires de Rome (note 869). Nous vivons avec des incertitudes et des irrésolutions et humiliations si grandes, que je ne sais quelquefois où nous en sommes. Mon Dieu, Monseigneur, que nous avons bon besoin de l'assistance de sa divine Majesté et qu'il nous fortifie ! Avec toutes ces rencontres journalières, qui sont assez pleines de mortification, je n'ai nul sentiment de confiance, ni quasi de courage, bien que, grâces à Dieu, nous ressentons toujours, à la pointe de l'esprit, de l'amour à tout ce qui arrive, parce que nous le voyons partir comme des choses que Dieu permet et qu'il nous donne pour nous humilier. Il faut avouer, Monseigneur, que tout ce qui se passe ici conduit fort à l'humilité, à qui en voudra faire profit. II nous semble que le fruit que Notre-Seigneur nous fait tirer de cela est un dénuement de toutes choses créées et l'affection de ne tenir qu'à Dieu seul. Nous avons quelquefois ces vues avec quelque sentiment, et quelquefois non. Eh ! Dieu nous rende telle que sa Bonté nous désire.

Nous implorons l'assistance de vos prières, mon très cher Père, pour ce sujet et pour cette petite Maison tant remplie de traverses.

Monseigneur, nous vous envoyons une Valentine , Toutes nos chères Sœurs vous saluent très humblement: elles sont bonnes filles, Dieu merci. Sa Bonté nous fasse la grâce de les imiter, et de nous rendre digne de l'heureuse qualité que je possède à me nommer, Monseigneur, Votre très humble et plus obéissante fille et servante en Notre-Seigneur,

Dieu soit béni.

De Lyon, ce 12 février 1617.

A Monseigneur Monseigneur le Rme Evêque et Prince de Genève. A Grenoble.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy. III

VIVE t JéSUS

Monseigneur, Nous supplions Notre-Seigneur vous donner et continuer de plus en plus son saint amour. Nous avons reçu vos lettres avec toujours une particulière consolation : c'est le remède à tous les maux qui nous pourraient arriver ; je veux dire que, quelle sorte de peine ou d'abattement d'esprit que nous ayons, vos nouvelles nous remettent en courage et en vigueur. Le livre de l'Amour de Dieu nous sert et nous aide grandement à être un peu courageuse aux contradictions dont cette vie est remplie. Plaise à la divine Majesté conserver longuement et heureusement l'auteur, pour sa gloire. Mon Dieu, mon très honoré Père, nous sommes un peu en peine de notre digne Mère qui reprend si fréquemment ces accidents si fâcheux et dangereux (notes 851, App

M I); elle en a eu un depuis que vous êtes à Grenoble, à ce que nous écrit monsieur de Boisy , force d'avoir trop parlé à nos Sœurs au Chapitre. Si vous ne lui faites des commandements bien exprès, Monseigneur, de se conserver, elle demeurera un jour en ces convulsions. Nous vous demandons très humblement pardon si nous parlons de la sorte ; nous savons bien le soin que votre bonté en a, mais mon affection s'échappe toujours un peu, et nous espérons que vous ne le trouverez pas mauvais.

………………………………………………………………………….

Monseigneur l'Archevêque nous a remises tout à fait à M. de Saint-Nizier et l'a fait le Père spirituel de la Maison (note 297). Nous vous envoyons les Règles des Ursulines de Paris, avec les Bulles qu'elles ont obtenues de Sa Sainteté ; Monsieur de Chenevoux nous les a envoyées, nous avons pensé que vous seriez peut-être bien aise de les voir.

Nous louons Notre-Seigneur de ce que cette chère Sœur de la Valbonne fait tous les jours mieux (note 833) ; elle nous fait grande honte, elle avance, et nous croyons que nous allons en arrière. Nous sommes toujours la moindre de vos filles, mon très honoré Père, mais de celles qui ont plus de désir de vous obéir et de plaire à Dieu.

Nous ne vous disons rien de ma Sœur Barbe-Marie ; nous croyons qu'elle vous écrira et qu'elle aura l'honneur de vous voir bientôt. C'est une bonne âme, et à laquelle cette Maison est fort obligée. Toutes nos chères Sœurs vous saluent très humblement en toute révérence, mais plus que toutes, celle qui a l'honneur de se dire, Monseigneur, Votre très humble et plus obéissante fille et servante en Notre-Seigneur,

M. J. FAVRE, de la Visitation.

Dieu soit béni.

De Lyon, ce 21 février 1617.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy. IV VIVE t JéSUS

Monseigneur, Nous supplions notre Sauveur vous continuer l'abondance de ses grâces. Nous vous remercions très humblement du soin que vous avez de nous faire savoir de vos nouvelles, bien qu'à même temps nous vous supplions de n'en point prendre la peine, vous avez assez d'autres occupations ; il suffira que M. Michel nous fasse savoir quelquefois comme vous vous portez.

Nous venons de recevoir à l'essai cette damoiselle pour laquelle vous prites la peine de nous écrire. Nous ne la connaissons point ; néanmoins son premier abord nous agrée assez, et nous espérons qu'elle sera propre pour notre sorte de vie : Dieu lui en fasse la grâce ! Ce sera le plus grand bonheur qu'elle puisse avoir, que de se rendre digne de la grâce que sa divine Majesté lui a faite, et à nous aussi.

Monseigneur et mon très digne Père, nous louons notre bon Dieu et vous remercions très humblement de la bonne nouvelle que vous nous dites de nos affaires de Rome (note 870 ; App K) ; nous espérons qu'à (sic) la seule difficulté qui reste sera bientôt éclaircie, s'il plaît à Notre-Seigneur .

Nos Sœurs sont toujours là, en attendant de faire profession (note 868).

Nous aurons bon courage, s'il plaît à Dieu, Monseigneur, puisque vous nous le commandez. J'ai toujours des grands désirs d'être telle que vous nous désirez et que Dieu nous veut ;

mais il faut que tout vienne de lui, par l'intercession de vos saintes prières.

Monseigneur, nous serons bien aise que la nièce de M. de Bouqueron vienne (note 947 ; App M II) ; nous avons une grande bonne opinion que ce sera une bonne servante de Dieu. Nous espérons que, avant que vous sortiez de Grenoble, que nous vous écrirons que nous sommes logées ; au moins, l'on est fort après.

Nous avons eu nouvelles de Nicy. Notre chère et digne Mère se porte bien ; Mme Colin (L6, note 584) l'est allée voir et y sera quelques jours. Vous avez ma Sœur Le Blanc à Grenoble, nous en sommes extrêmement aise; cela la rendra toute brave, d'avoir le bonheur de vous communiquer de son âme (note 910).

Nous supplions Notre-Seigneur qu'il vous conserve longuement et heureusement pour la gloire de son saint Nom. Nous nous disons en toute humilité, Monseigneur, Votre très humble et plus obéissante fille et servante en Notre-Seigneur,

Dieu soit béni. Toutes nos chères Sœurs vous saluent très humblement et en toute révérence, et tout à part, nos Sœurs professes , mais plus que toutes, votre chétive grande fille. Ma Sœur Marie-Aimée a bien reçu la lettre que vous dites avoir pris la peine de lui écrire .

A Lyon, ce 7 mars 1617.

A Monseigneur

Monseigneur le Rme Evêque et Prince de Genève.

A Grenoble.

Revu sur l'Autographe inédit, conservé à la Visitation d'Annecy.

N

LETTRE DU P. LOUIS DE LA RIVIèRE MINIME (note 395) (FRAGMENT)

………………………………………………………………………………………. J'ay veu, passant a Lyon, ceste grande et admirable Fille de vostre cœur , devuider ses affaires avec un si profond jugement, accompagné d'un recueillement si religieux et d'une douceur si atrayante et sans alteration, que si je n'eus pas sceu qui elle estoit, je n'aurois pas laissé de juger, par une consequence indubitable : Voyla la grande Fille de nostre tres debonnaire Pere, Monseigneur de Geneve. ……………………………………………

[Avril-mai 1616 ou 1617 .]

Revu sur le texte inséré dans la Vie manuscrite de la Mère Favre, par la Mère de Chaugy, conservée à la Visitation d'Annecy.

O LETTRE D'UNE DAME

Monsieur,

J'ay leu six fois depuis un an vostre Pbilotbée ; je ne sçay si sa conversation m'a renduë meilleure, mais au moins je voudrois bien luy ressembler. J'ay leu aussi depuis un mois tout vostre Tbeotime, où j'ay appris que l'amour de nostre bon Dieu n'est pas de la nature de ceux du monde et de la Cour (note 621).

Je m'en vais donc tascher de moûler ma vie sur celle de vostre Philothée, et n'aimer avec Theotime rien que Dieu, ou pour luy, et selon sa tres aimable volonté.

Je vous prie donc, Monsieur, de m'assister de vos prieres et de me donner quelques conseils particuliers. Au reste, je ne vous ferais pas cette demande, si je n'estois tres-assurée que Dieu vous a ouvert le livre des consciences, et qu'en vous declarant mon nom je vous découvre qui je suis et tout ce qui se passe dedans mon interieur. De plus, je trouve vos pratiques et vostre devotion si ajustée à mon humeur et à la foiblesse de mon sexe, que je ne croy pas que vous me puissiés rien commander que je ne puisse tres-facilement accomplir. Je connois aussi plusieurs dames qui ont le bien de vivre dessous vostre saincte conduite, et qui m'ont assuré que Dieu vous avoit fait naistre en ce siecle pour nous apprendre la vertu, et qu'il ne tiendra qu'à nous d'estre sainctes, si nous voulons suivre les douces loix de vostre saincteté. Pour moy, je vous choisis pour mon bon Pere et mon bon Directeur, et je vous jure que, voulant estre toute à Dieu, je me resous d'estre vostre tres-chere fille selon Dieu.

Adieu, Monsieur et tres-cher Pere, et continués de faire, comme vous commencés, autant de sainctes comme il y a de femmes dans le monde………………………………………………….

II RENé GROS DE SAINT-JOYRE AUX AMANS DE L'AMOUR PARFAICT (Extrait des pièces préliminaires de la Mire de vie, etc.)

(note 783) l'oracle de cet Escript est desployé à chascun. Il est loisible à tout le monde de consulter son trepied, qui est le Traitté de l'Amour de Dieu de Monsieur de Sales, Evesque de Geneve. J'ay emprunté ses richesses, sans en rien diminuer le fonds, de ce tres-docte Gentilhomme et tres-devot Prelat, lequel je n'ay l'honneur de cognoistre que par lettres, mais que je recognois avec tous, particulierement en ce parfaict amour,

Estre un parfaict miracle apparu de nos jours. Car celuy qui, ravy du son de ses discours, Oit et void tout ensemble une telle merveille, Douteux de ce que plus il y faut admirer, Ne sçait lequel des deux il devrait desirer : De se voir devenir tout oeil ou tout oreille.

Quant a la tissure et l'ordre que j'ay donné à ce petit ouvrage, je croy que Celle au nom de qui il vient en lumiere , m'obtiendra de son Amour parfaict, la grace particuliere de mourir de l'amour qu'obtint l'amoureux Chevalier sur le mont des Olives (TAD 7,12)………………………….

GLOSSAIRE DES LOCUTIONS ET DES MOTS SURANNéS AUJOURD'HUI OU PRIS DANS UNE ACCEPTION INUSITéE (L'astérisque désigne les mots qui ont paru dans le Glossaire des tomes précédents.)

* A - pour dans, en, entre * ACTION - pour actes, œuvre * ADMIRABLE - pour d'une douilletterie étonnante * ADVENTURE (a l') - peut-être * AFFECTION - pour zèle, désir, volonté * AFFECTIONNé - pour affectueux, cher, qui tient au cœur * AFFECTIONNEMENT -- affectueusement, avec affection * AGGRANDIR - pour donner une part plus large * AINS - bien plus, et même, mais, mais au contraire, mais encore, mais plutôt, même. * AINSY QUE - pour lorsque, au moment où ALANGOURISSEMENT -langueur, état de langueur * ALLENTIR - modérer AMENDER - pour s'amender de * A MESME QUE - en même temps que * AMIABLE - gracieux, aimable * AMIABLEMENT - gracieusement, doucement AMPLIFICATION - du lat. AMPLIFICATlO, accroissement, extension * APPREHENDER - du lat. APPREHENDERE, saisir, action desaisir par l'esprit * ARDRE - du lat. ARDERE, brûler ASSEURANCE (d') - assurément, d'une maniere certaine *ASSEUREMENT - pour sans hésitation, avec assurance * ASSEURER (s') - pour se persuader, être sûr, avoir confiance ASSISE (qu'elle s'):- qu'elle s'asseye * ATANT - là-dessus ATTENDRE DE (s') - pour s'attendre à * ATTERRER - pour renverser par terre * AU - pour dans * AUCUN - pour un, quelqu'un * AUCUNEMENT - en quelque façon, quelque peu AUPARAVANT - pour avant * AUQUEL-pour dans lequel * AU SOIR - pour hier au soir AUTANT QU'EN LUY EST – autant qu'il est en lui * AUX - pour par les AVANT QUE DE - avant de * AVANTAGE (à l') - d'avance, par avance AVEC LES - pour auprès des * BELLEMENT (tout) - tout doucement BENITE - pour bénie * BONNEMENT - pour facilement * BRAVE - pour bon, raisonnable, sage, confiant en lui-même, sûr de lui-même * BRAVEMENT - pour sagement, très bien, bien, de la bonne sorte * CARESSE - pour démonstration extraordinaire d'affection * CARESSER - pour traiter avec affection, avec bienveillance, faire bon accueil * CARMELINE - Carmélite * CE - pour ceci, cela. * CEANS - ici * CE PENDANT, CEPENDANT pour en attendant, à cette heure, présentement, pendant ce temps CE QUE C'EN - ce qu'il en CE QUE... M'AVOIT ASSIGNé l'assignation que... m'avait donnée pour CHETIFVETé - faiblesse, misère * CHEVANCE - fortune De l'ancien:verbe CHEVIR.

CI APRES - pour dans la suite

CILICE (du Tabernacle) - étoffe de poils de chèvre qui couvrait le Tabernacle * CLAUSURE - du lat. CLAUSURA, clôture * COGITATION - du lat. COGITATIO, pensée COL - pour cou COLLOQUES - pour affections de l'âme pendant l'oraison * COMME - pour comment, de quelle manière, que COMME RIEN - pour presque pas CONCLURE A - pour donner une décision à * CONFUS - pour confondu, abandonné à la confusion CONSTAMMENT - pour définitivement CONSULTé (une affaire) – consulté au sujet d'une affaire * CONTE, CONTER - pour compte, compter. * CONTEMPLATION (en cette) en considération de cela CONTENTER (se) - pour être content * CREANCE - pour croyance, assurance * CREUSEMENT - profondément * DE - pour au sujet de, les, par, pour DEBIFFé - défait, en mauvais état * DEçA (de) - de ce côté-ci, d'ici, ici, en ce pays, de ce pays * DEçA LES – de ce côté ci des DECLOS - pour ouvert, décacheté * DEDANS - pour dans ( * DEFLUXION - fluxion, catarrhe, * DELA (de) - de là-bas, de a côté-là * DELAISSé - pour laissé . * DELA LES - au-delà des * DEPORTEMENS - conduite, maniere de se comporter, mœurs dissolues * DES - pour depuis DES IL Y A - depuis * DES LE - pour du * DESPECHE (un) - pour envoi, message * DESPESCHER - pour se dépêcher, se hâter * DESPITER - pour se dépiter DESPOUILLER (se) - pour se dévêtir, se déshabiller * DEVANT - pour avant le, avant * DEVERS - vers, du côté de * DEVIS - pour conversation, entretien DIGNE - pour juste, légitime * DILATION - du lat. DILATIO, ajournement, délai * DISCOURS - pour raisonnements DISTINCTION - pour prononciation distincte *DONT - pour c'est pourquoi, de ceux-là *DORES EN AVANT - dorénavant *DOTE - dot DU - pour au sujet du, pour le, pour ce qui concerne le * DU TOUT - absolument, complètement, entièrement, tout à fait. * EJECTION - du lat. EJECTIO, action de rejeter dehors, rejet * EMBARRASSEMENT - embarras EMINENT - pour imminent * EMMI - au milieu de, parmi * EMPESCHé - pour embarrassé * EN - pour à, pour * EN LIEU - pour au lieu * EN TANT QUE - pour autant que * ENTENDRE - pour s'y entendre * ENTRE CI ET LA - d'ici là * ENTREJETTER - faire vivement de fois à autre * ENTREPORTER - se porter mutuellement ENTRESUPPORTER - se supporter mutuellement * ENTRETENEMENT - entretien, frais d'entretien * ENVIELLY - devenu vieux ESMëU - pour soulevé ESPOUSER - pour marier * ESSAYER (s') - pour essayer * ESTONNER - pour effrayer * ESTONNER (s') - pour s'effrayer, se troubler, s'alarmer * ETERNITé (a toute) - pendant toute l'éternité, éternellement * ET SI - pour aussi, et ainsi, et même, toutefois, aussi bien, et en vérité EXERCICES - sous-entendu spirituels * FAIRE - pour dire, pratiquer, donner FAIRE ESTAT - pour projeter FANTASIER - imaginer, juger se/on sa fantaisie * FERMEMENT - pour avec fermeté * FIANCE - confiance * FICHER - fixer, arrêter FOL - fou * FONDAMENT –fondement * FORCLORRE-exclure, mettre fin, couper court à * FORS - excepté, sinon * FORT (de plus) - plus fortement * GARDER - pour prendre garde * GRAND CAS (c'est) - c'est une chose surprenante que * HANTISE -fréquentation HASTé - pour pressé * IMBECILLE - du lat. IMBECILLlS, faible, infirme * IMBECILLITé - du lat. IMBECILLITAS, infirmité, faiblesse, imperfection * IMPERTINENT - pour hors de propos. Négatif de pertinent (lat. PERTINBNS), à propos. * IMPETRER - pour obtenir par supplications * IMPORTANCE (1') - pour l'important * IMPROUVEU, IMPROUVEüE (a 1') - à l'improviste INDIVISEMENT - indivisiblement * JOURDHUY, JOURD'HUY (ce, du) - aujourd'hui, d'aujourd'hui LADRE - lépreux ( * LA OU - pour tandis * LAVEMENT - pour lavage * LE - pour lui MADAMOYSELLE - appellation usitée jadis à l'égard de toute femme mariée qui n'était pas noble, ou qui, étant noble, n'était pas titrée * MANQUEMENT - pour manque, défaut , privation, chose qui échappe * MARRI - fâché, peiné. * MEDIOCRITé - pour juste tempérament * MESHUY - à cette heure, désormais, dorénavant, maintenant * MESME -pour surtout * MEUBLE - pour objet * MINCE - pour étroit MOL - mou * MOUVANT - agissant * MOYENNER - procurer que/que chose en servant d'intermédiaire MUTANDES - caleçons * NI - pour et non plus * NON PLUS - pour pas davantage, pas plus NON SEULEMENT - pour pas seulement, forte négation * NOURRIR - pour élever, assister * NOURRITURE - pour éducation * OFFICE (faire 1') - pour faire le nécessaire * ONQUES - du lat UNQUAM jamais . * ORATEUR - titre que prenaient autrefois les gens d'Eglise écrivant à des souverains * OR SUS - or donc, eh bien, parole d'encouragement cf. l'ital. ORSù. OUBLIER (s'en) - pour l'oublier OYS (j') - j'entends * PAR APRES – après, ensuite, dans la suite * PAR DEçA - de ce côté-ci, dans ce pays * PAR DE LA - là où vous êtes, de votre côté, au-delà des monts * PARENTAGE - pour lien de parenté, parenté. * PARFUMIER-parfumeur * PARMI - pour pendant, dans PASSé DEMAIN - pour après demain * PASSER (se) - pour passer PASSION - pour désir ardent PATERNISER - ressembler à son pire PENITENCE - pour Sacrement de Pénitence * PENNAGE - du lat. PENNA, plume, plumage * PERDURABLE du lat. PERDURABlLIS, éternel, qui dure toujours * PETIT (un) - pour un peu * POINT - pour un, quelque * POINTZ (marcher par) - en faisant des considérations divisées par points POPULAIRE (maladie) - maladie épidémique, réPandue parmi le peuple * POUR - pour pendant * PRAEFIGé - fixé d'avance Du lat. PRAEFIGERE. * PRAETENDRE - pour espérer * PRINT (il en) - pour il en arriva PROCEDANTE - pour procédant * PROSPERER - pour faire prospérer, rendre prospère * PROU - beaucoup, assez, bien, assez bien * PROUVOIR- pourvoir PROUVOIR A - pour s'occuper de PROUVOIR (luy) - lui faire faire justice * PROVIDENCE - pour prévoyance, soin, sagesse * QUANT ET QUAND - en même temps * QUE -. pour quelles, dont QUE CE SERA - pour ce qu'il en sera * QUI - pour ce qui * RAMENTEVOIR - faire ressouvenir, rappeler * RAMENTEVOIR EN (se) - se rappeler au souvenir de quelqu'un dans, se rappeler à * RECHARGE - pour nouvelle instance RECOMMANDATION (faire la) faire une priére pour recommander * RECOY (a) - en tranquillité, en repos REDEVANCE - pour obligation . * REENTRER - rentrer * REFECTIONNé - nourri, donné de la nourriture à * REGARD (pour ce) - pour ce sujet, sur ce sujet, à cet effet * REGARD (pour le) - au sujet de, pour ce qui concerne le REGARD (pour vostre) - à votre égard RELASCHER – pour faire avec moins de contention RELASCHER (se) - pour se donner la liberté de * RELEVé - pour élevé * RELIGION - pour Ordre religieux * REMONSTRANCE - pour exposition, explication * RENCONTRE (au premier) - à la première rencontre RENVOYES MOY - pour renvoyez- moi l'affaire REPRONONCER - prononcer de nouveau REPUGNANTE - pour qui a de la répugnance REPUTATION - du lat. REPUTATIO, imputation d'une somme * RESALUER - pour saluer RESERVEMENT - avec réserve, discretement RESIGNATIONS - pour actes de renoncement * RESOLUTION - pour décision * RESSENTIMENT - pour vive impression RESSERRé - pour séquestre, réservé, restreint REVENANTES - pour revenant, qui revenaient * SEMONCE - pour invitation, commandement * SENTIMENT - pour ressentiment, regret * SERRER - pour étouffer * SE VOULOIR L'UN L'AUTRE pour s'en vouloir l'un à l'autre * SI - pour ainsi * SI EST CE QUE – cependant, il n'en est pas moins vrai que, toutefois * SI MOINS - pour sinon * SI QUE -de sorte que * SOIGNEUX - pour préoccupé, en souci SOUVIENNE VOUS - qu'il vous souvienne * SPELONQUE - du lat. SPELUNCA, caverne, grotte * SUCCES - pour issue De l'ital. SUCCESSO. * SUFFISANCE - du lat. SUFFICENTIA, capacité, mérite SUPERARBITRE - surarbitre * SUR - pour à, au-dessus de, au sujet de, par, avec la pensée de SURADMIRABLE - admirable au plus haut degré * SUS - ci-dessus * TANT- pour si * TANT MIEUX - pour d'autant mieux * TANT PLUS -d'autant plus * 'TENDRE - pour douillet, faible, facile à recevoir * TENDRETé – tendresse, sensibilité, attendrissement, sentiments affectueux lat. TENERITAS. TESMOIGNé - pour reconnu * TIERCEMENT - troisiemement * TILTRE (en) - pour sous le titre * 'TIRER - pour attirer * 'TRAVAIL - pour souffrance 'TRAVAUX-pour difficultés, peines, souffrances * 'TREILLE- grille de fer * 'TROP MIEUX - tres bien * VENANT, VENANTES - pour prochain, qui viennent * VENIR - pour devenir VENIR PAR - pour en venir à un * VERS - pour à * VEUE - pour rencontre, entrevue VEUE (de ma) - pour de me voir * VIANDE – pour aliment, nourriture VIOLENTE – pour pressante VISTESSE – pour promptitude

INDEX DES CORRESPONDANTS ET DES PRINCIPALES NOTES BIOGRAPHIQUES ET HISTORIQUES DE CE VOLUME

ADRIEN DES ECHELLES, Capucin……………………………………………………………103 AIAZZA Vespasien, Abbé commendataire d'Abondance……………………………………….105 AIX Louis de Seyssel (marquis d'). voir SEYSSEL et VELLEPESLE ……………………………………900 AMBASSADEURS. voir SCAGLlA, TRESNEL. AMéDéE IX (Bienheureux), duc de Savoie …………………………………………………….465 AMIDOUX Jean-Claude d' ………………………………………………………………………697. ANGEVILLE Claude d' ………………………………………………………………………….164 ANNECY. voir BARNABITES, CLARISSES, CORDELIERS, RIVIèRE, SYNDICS, VICTOR-AMéDéE, VISITATION. ANNECY (Impôts et exemptions d'impôts pour)……………………………………………734, 830 ANNECY (siège d'). voir NEMOURS ………………………………………………………………………….650 AUDEYER ou ODEYER Marguerite de Fay et Françoise de Bazemont (dames)……………….956 AUXERRE Renée Trunel, dame d' (Marie-Renée, Religieuse de la Visitation)………………….238 AVIGNON. voir COLLèGE DE SAVOIE AVIGNON (Vice-légat d'). voir GUIDI. AVISE Gasparde d' (Marie-Gasparde, Religieuse de la Visitation)………………………………286 AVISE Prosper (d'). voir MONTMEILLEUR …………………………………………………………………...281 BAILLY Françoise-Gabrielle, Religieuse de la Visitation. voir VISITATION DE MOULINS…………641 BALLON Louise (de), Religieuse de l'abbaye de Sainte –Catherine……………………………..558 BARNABITES. voir BOERIO, CHAPITRE GéNéRAL,CHIOCCARI, CORONA, GUéRIN ……. ….218, 908 BARNABITES à Thônon. voir CONTAMINE, SAINTE MAISON, SCAGLIA ……….. ………..131, 467 BARNABITES d'Annecy. voir COLLèGE CHAPPUISIEN ……. ………………………….14, 704, 826 BARO Lucrèce Berthier ( dame) …………………………………………………………………918 BASSENS (Bassin) ……………………………………………………………………………….283 BEAUFORT Jeanne-Aimée de …………………………………………………………………...656 BEAUNER voir SENS DE SAINTE-CATHERINE ……. ……………………………………………..106 BELLARMIN Robert *, Jésuite (Cardinal) …………………………………………….622, 975, 271 BELLEGARDE Roger de Saint-Lary (duc de)………………………………………………348, 667 BILLOM (Congrégation de) ……………………………………………………………………….96 BLANIEU Marguerite de Sassenage (dame de) ………………………………………………….903 BLONAY Claude (de). voir SAINTE-MAISON ……………………………………………….208, 220 BLONAY Claudine (de), Abbesse de Sainte-Claire d'Evian …………………………………167, 839 BLONAY Marie d'Avise (dame de) ………………………………………………………………449 BLONAY Marie-Aimée (de), Religieuse de la Visitation…….. ………………………..292, 304, 478 BOERIO Jérôme, Général des Barnabites ………………………………………………………930 BOISY Jean-François de Sales (de). voir SALES BONFILS Horace………………………………………………………………………... 502, 651, 662 BORDE (sieur de la) ……………………………………………………………………………….674 BORROMEE Frédéric, Cardinal, Archevêque de Milan …………………………………………..429 BOSCHI Annibal …………………………………………………………………………………...765 BOUCARD Claude. voir GRENOBLE ………………………………………………………………..1 I BOUQUERON (Présidente de). voir GéRARD DE RéALTTIER…. …………………………………..951 BRECHARD Jeanne-Charlotte (de), Religieuse de la Visitation. voir VISITATION DE MOULINS ….114, ………………………………….123, 190, 640, 677, 708, 716,865 BRESSIEU Charles Roero de ……………………………………………………………………….812 BRESSIEU Ennemonde de la Forest (dame Roero de) ……………………………………………..485 BRESSIEU (fils de Mme de) ………………………………………………………………………..279 BRESSIEU Nicolas Roero de ……………………………………………………………………….284 CAPUCINS de La Roche (couvent des) …………………………………………………………….477 CARDON Horace …………………………………………………………………………………...608 CARMEL de Toulouse. voir TIERCERETTES …………………………………………………………………95 CERISIER Françoise (de). Clarisse ………………………………………………………………...686 CERISIER Jacques de ………………………………………………………………………………410 CERNEX (cure et curés de) …………………………………………………………………………875 CHANAL François ………………………………………………………………………………….922 CHANOINES de la Collégiale de Sallanches. voir SALLANCHES ………………………………………852 CHANTAL Françoise de Rabutin. voir RABUTIN ………………………………………………….338 CHANTAL Jeanne-Françoise Frémyot * (Sainte), Mère de… 19, 44, 47, 50, 54, 91, 102, 176,194, 202, 235, 262, 264, 271, 338, 346, 488, 537, 542, 544, 546, 550, 553, 556, 582, 583, 593, 666, 676, 691, 786, 788, 791, 803, 804, 805, 819, 838, 854, 892, D 1, D 2, D 3 CHAPITRE général des Barnabites ………………………………………………………………..906 CHARLES-EMMANUEL 1er, duc de Savoie. voir LESDIGUIèRES. MONTFERRAT. NEMOURS…69,174, 191, 246, 308, 425, 466, 514, 675, 731, 735, 830, 963, 1187, 1234, 1282 CHARMOISY Claude Vidomne de Chaumont (seigneur de) …………………………………….701 CHARMOISY Henri de. …………………………………………………………………………….8 CHARMO1SY Louise du Chastel (dame de) ……………………………………………………..354 CHASSE Guillaume de Sautereau (seigneur de) ………………………………………………….829 CHASTEL Péronne-Marie (de), Religieuse de la Visitation ……………………………………..344 CHATEAUFORT (filles de Mme de) ……………………………………………………………..443 CHATELARD Jacqueline de Chauvirey (dame de Seyssel, baronne du) ………………………...286 CHATELARD Pierre-François de Rossillon (seigneur du) ………………………………………246 CHEVRIER Etienne ……………………………………………………………………………….141 CHEVRIER Louis ………………………………………………………………………….…141,162 CHEVRON-VILLETTE Françoise-Jéronyme (de) Religieuse de la Visitation……………………431 CHIOCCARI Fulgence. Barnabite ………………………………………………………………...718 CHOISY Claude-Nicolas de Reydet (seigneur de), doyen de la Collégiale de Sallanches………..853 CLARISSES d'Annecy. voir CERISIER, RAVOIRE ………………………………………………...169 CLARISSES d'Evian. voir BLONAY, GRILLY ………………………………………………...841, 846 COCHET Antoine ………………………………………………………………………….……...579 COLIN Isabeau Daniel, dame (Jacqueline-Elisabeth), Religieuse de la Visitation ………………575 COLLèGE CHAPPUISIEN. voir BARNABITES, MARQUEMONT ……………………………….….14 COLLèGE DE GENèVE …………………………………………………………………………428 COLLèGE DE SAVOIE A AVIGNON …………………………………………………….……726 COLLèGE DE SAVOIE A LOUVAIN (Président du) voir MASSEN. CONCOURS. voir CERNEX, CHATELARD, EXAMINATEURS …… ……………………..138, 155, 162 CONTAGION à Genève……………………………………………………………………....166, 528 CONTAGION en Chablais et en Faucigny …………………………………………………..……135 CONTAGION en Suisse …………………………………………………………………………….336 CONTAMINE (Procès au sujet de la commende de). voir SCAGLIA, SAINTE-MAISON………..473, 890 CORDELIERS. voir GARIN, RICHARD, SAULNIER. CORDELIERS (Provincial des). voir RICHARD ……………………………………………..…….689 CORDELIERS D'ANNECY (couvent des) …………………………………………………..…...771 CORDELIERS D'ANNECY (Gardien des). Voir SAULNIER ………………………………..…….687 CORNILLON Melchior de ……………………………………………………………………..….632 CORONA Tobie, Procureur général des Barnabites ……………………………………………....524 CORSIER Jean-Gaspard de Prez (seigneur de) ………………………………………………..…..174 COSTA Pierre-François *, Evêque de Savone, Nonce à Turin …………………………………...978 COTON Jeanne-Marie (dame d'Aix), Novice de la Visitation ……………………………….…...598 COTTIN Isabeau Daspres, dame (Françoise-Elisabeth, Religieuse de la Visitation)………….…..916 COTTIN Marie (Marie-Aimée, Religieuse de la Visitation) ……………………………………...920 CRéQUI Charles de ………………………………………………………………………….…...881 CRESPIN Jean-Georges ………………………………………………………………………..….959 CROIX Claude-Françoise de Maillard-Tournon (dame de Murat de la) ………………………....268 CROIX D'AUTHERIN Charles-Sébastien de Pradel (seigneur de la) ……………………….…….36 CROIX D'AUTHERIN Jeanne-Antoine de Chapot (dame de la)………………………………..31,38 CROIX DE CHEVRIèRES Claudine de Chissé (comtesse de la) ……………………………..…268 CROIX DE CHEVRIèRES Jean (de la) Evêque de Grenoble …………………………………....893 CROIX DE FESIGNY Jeanne-Marie de Vincent (de la), Religieuse de la Visitation. voir VISITATION DE MOULINS …………………………………………………...644 DESPLANS Louis …………………………………………………………………………….….521 DESTINATAIRES voir SUPéRIEUR D'UNE COMMUNAUTé …………………………..432, 515, 740 DESTINATAIRES Inconnues. voir RELIGIEUSE …………………………………………....449,

I O

DOMINIQUE de Chambéry, Capucin ………………………………………………………..….475 DUNANT Etienne, curé de Gex ……………………………………………………………..…….85 ECHEVINS DE MOULINS. voir MAIRE ……………………………………………………..….I G EMPIOZ (Enpio) Claude ……………………………………………………………………..….648 ETIENNE Jeanne-Françoise, Religieuse de la Visitation …………………………………….…898 EXAMINATEURS pour les Concours ……………………………………………………….…155 FARDEL Claude-Simplicienne, Religieuse de la Visitation …………………………………....595 FAURE François du ………………………………………………………………………….…801 FAVRE Antoine ………………………………………………………………………………...922 FAVRE Marie-Jacqueline, Religieuse de la Visitation ……192, 207, 236, 267, 289, 318, 325, 345, 355, 366, 412, 489, 560, 831, 868, 897, I M 1, I M 2, I M 3, I M 4 FAVRE Michel …………………………………………………………………………..…532, 599 FENOUILLET François (frères) ……………………………………………………………..…233 FENOUILLET Pierre, Evêque de Montpellier. voir UNIVERSITé DE MONTPELLIER …..66, 82, 230, …………………………………………… 248, 350, 363, 696, 799, 1118 FEU (Mme du) ………………………………………………………………………………….862 FEUILLANTS (Général des). voir BEAUNER, SENS DE SAINTE-CATHERINE.

FEYDEAU Claude. voir VISITATION DE MOULINS ………………………………………..634, 638 FICHET Alexandre, Jésuite ……………………………………………………………….…….612 FLéCHèRE Charles de la …………………………………………………………………….…...9 FLéCHèRE Claude-François de la ………………………………………………………….…419 FLECHERE Madeleine de la Forest (dame de la) …..7, 22, 188,194, 223, 239, 277, 310, 353, 356, 385, 391, 417, 438, 454, 469, 499, 509, 539, 561, 573,576, 585, 649, 656, 701, 744, 759, 774, ………………………………………………………………………………………………..….965 FLOCARD Barthélemy. ……………………………………………………………………..…746 FORAS Guillaume de Bernard (de) ……………………………………………………....275, 332 FOREST Charles (comte de la) ……………………………………………………………..….387 GARIN Jacquelin …………………………………………………………………………..…..352 GARIN (Garinus) Nicolas, Cordelier …………………………………………………………..168 GAVENS ou GAVANT (famille) ……………………………………………………………..…26 GAVENS ou GAVANT François …………………………………………………………….....17 GENERAL des Barnabites. voir BOERIO ……………………………………………………..…930 GENèVE. voir COLLèGE et CONTAGION.

GéRARD DE RéAUTIER Hélène (de). voir VISITATION DE GRENOBLE …………………..…947 GOUFFIERS Elisabeth Arnault (des). voir VISITATION DE MOULINS ………....678, 682, 707, 862 GRANDMAISON Hélène de Longecombe de Peyzieu (dame de) ………………………….…895 GRAND-SAINT-BERNARD (Différend avec le Prévôt du).voir MONT- JOUX …………….…645 GRAND-SAINT-BERNARD (Prévôt du). voir VIOT.

GRANIER Claude (de), Evêque de Genève. voir SéMINAIRE. GRANIER Denis (de) …………………………………………………………………………810 GRANIEU Laurence de Ferrus (dame de) …………………………………………………….974 GRENOBLE (cathédrale de) ……………………………………………………………….…793 GRENOBLE (église des Récollets de) …………………………………………………….…..794 GRENOBLE (St François de Sales prêche Avent et Carême à). voir VISITATION DE GRENOBLE ………………………………………………………………………………………..788, 856, 866 GREYFIé Claude, François, Jean …………………………………………………………….814 GRILLY Béatrix du Nant (de), Clarisse………………………………………………………..845 .

GROS DE SAINT-JOYRE René …………………………………………………783, 784,

I J, II

GRUFFY Claudin (de), seigneur de Barraux ………………………………………………...249 .GUERIN Juste, Barnabite ………………………………………………………………..461, 472 GUIDEBOIS Jean-Jacques …………………………………………………………………….392 GUIDI DI BAGNO Jean-François, vice-légat d'Avignon………………………………………727 GUILLET Claire-Marie de Maillard-Tournon (dame). voir MONTHOUX ………………..189, 753 GUILLET Gabriel. voir MONTHOUX …………………………………………………………..189 GUILLET Janus. voir MONTHOUX ……………………………………………………………754 HAYES Antoine des …………………………………………………………………………….71 HUMBERT Marie-Avoye, Religieuse de la Visitation ……………………………………….642 IMPôT SUR LE CLERGé ………………………………………………………….731, 740, 742 INFANTES DE SAVOIE. voir SAVOIE.

ISABEAU (Mère). voir ROMILLON.

JAY Pierre-François …………………………………………………………………………..157 JéSUITES. voir BELLARMIN, FICHET, MOREAU.

JOLY DE LA ROCHE (filles de M.) …………………………………………..……………..822 JOST Hildebrand, Evêque de Sion …………………………………………………..………..334 JUGE Maurice ……………………………………………………………………..………….229 LANS Sigismond d'Est (marquis de …………………………………………….………254, 306 LE BLANC DE MIONS Ennemonde Chausson (dame) …………….……56, 871, 909, 910, 944 LE BLANC DE MIONS Pierre ……………………………………………………………….872 LE MAISTRE, LEMAITRE (MM.) …………………………………………………………..917 LESDIGUIèRES François de Bonne (duc de). voir GRENOBLE et MONTFERRAT ….802, 882, 929 LYON (Voyage de saint François de Sales à). voir VISITATION DE LYON ……………..33, 45, 54 MAGNIN Claude ………………………………………………………………………….…..219 MAIRE DE MOULINS. voir ECHEVINS …………………………………..…………………I G MARCIEU Guy-Balthazard de Montaynard (baron de) ……………………………………...963 MARIGNIER Etienne (de), curé de Mieussy …………………………………………………143 MARQUEMONT Denis-Simon * (de), Archevêque de Lyon. voir VISITATION DE LYON …...41, ………………………………261, 307, I A, I C, I H MARTHEREY Jean-François du ……………………………………………………………..328 MASSEN ou MASSIN Jean, Président du Collège de Savoie à Louvain …………………….781 MAURICE DE SAVOIE, Cardinal …………………………………………………………...465 MéDIO Jacques de ……………………………………………………………………………257 MéNARD Nicolas, chanoine de Saint-Nizier. voir SAINT-NIZIER ……………………………296 MESCHATIN LA FAYE Thomas de …………………………………………………………535 MIEUDRY (enfants de Mme de) ………………………………………………………….….405 MIEUDRY Gasparde de Cerisier (dame de) ………………………………………………….402 MIEUDRY Sébastien Portier (seigneur de) ……………………………………………….….406 MIEUSSY (Miouxi) curé et paroisse (de). voir MARIGNIER ………………………….…143, 145 MILLETOT Bénigne ………………………………………………………………………….927 MONTFALCON Adriane du Breuil (dame de) ………………………………………………119 MONTFALCON Pierre de ……………………………………………………………………144 MONTFERRAT (Guerre du). voir CHARLES-EMMANUEL et LESDIGUIèRES ………67, 68, 82, 882 MONTHOUX Claire-Marie de Maillard-Tournon (dame Guillet de). voir GUILLET ……189, 753 MONTHOUX Claude de ……………………………………………………………………...694 MONTHOUX Gabriel Guillet (seigneur de). voir GUILLET …………………………………...189 MONTHOUX Janus Guillet (seigneur de). voir GUILLET …………………………………….754 MONTHOUX Jeanne-Aimée de la Fléchère (dame Guillet de) ………………………………755 MONT-JOUX. voir GRAND-SAINT-BERNARD et VIOT MONTMEILLEUR Prosper d'Avise (seigneur de). voir AVISE ………………………………281 MONTMORENCY Henri (duc de) …………………………………………………………..799 MONTPELLIER. voir UNIVERSITé.

MONTREGARD (Monregard) François Cristan (seigneur de)………………………………504 MONTROTTIER Charles et Claude-Amédée de Menthon (seigneurs de) …………………..339 MOREAU Aignan, Jésuite …………………………………………………………….…709, I F NEMOURS Henri de Savoie (duc de Genevois et de). voir BARNABITES D'ANNECY…..471, 482 ……………………………………..825, I L NEMOURS Henri de, duc de Genevois et de (Guerre entre Charles-Emmanuel 1er et).

voir ANNECY, BONFILS, VICTOR-AMéDéE ………………………………………650, 699, 700 PERRONE DE SAN MARTINO César, Prieur commendataire de Talloires ………………733 PEYSSARD Antoine …………………………………………………………………………74 PEYZIEU (enfants de Mme de) ………………………………………………………………252 PEYZIEU Françoise de Dizimieu (dame de) ……………………………………….20, 127, 251 PRINCE DE PIEMONT voir VICTOR-AMéDéE.

QUESTAN Jean-Louis ………………………………………………………………….…….817 QUOEX Philippe de …………………………………………………………………….……388 RABOT D'AURILLAC Jean. voir VEYSSILIEU ……………………………………………...914 RABOT D'AURILLAC Laurent. voir VEYSSILIEU ……………………………………………913 RABUTIN Françoise (de). voir CHANTAL ……………………………………………………338 RAVOIRE Charlotte (de la), Abbesse de Sainte Claire d'Annecy ……………………………690 RAYMOND Nicolas, aumônier de Mgr Marquemont ………………………………………..259 RéAUTIER. voir GéRARD.

RELIGIEUSE de l'abbaye de Sainte-Catherine ………………………………………………849 RESSéGUIER (Ressiguier) Guillaume de ……………………………………………………94 RICHARD Didier, Provincial des Cordeliers ………………………………………………..689 RIVIèRE Louis (de la), Minime …………………………………………………………395, I N ROCHEFORT Charlotte de Migieu (dame de) ………………………………………………594 ROMAIN Antoine ……………………………………………………………………………...13 ROMILLON Isabeau ou Elisabeth (de). voir TIERCERETTES ………………………………….92 ROSSET Guichard …………………………………………………………………………….439 ROSSET Jean-François. ………………………………………………………………………..11 RUANS Françoise de Simiane (dame de)………………………………………………………29 SAINT-ANDRé Marguerite de Bellièvre (dame de Prunier) ………………………………..952 SAINT-AUGUSTIN de Thonon (église de) …………………………………………………133 SAINT-CLAIR (prieuré de) ………………………………………………………………….427 SAINT-DALMAZE (San Dalmazzo) de Turin (église de) ……………………………………464 SAINT-DAMIEN (Saint Damian) Henri de Maillard-Tournon (marquis de) ……………..….968 SAINTE-CATHERINE (Religieuses de l'abbaye de) voir BALLON, RELIGIEUSE, VIGNOD.

SAINTE-MAISON DE THONON. voir BARNABITES à Thonon, BLONAY, CONTAMINE ....131,720 SAINT-GéRAN Jean-François de la Guiche * (maréchal de) ………………………………..I E SAINT-JEOIRE Melchior de Mouxy (baron de) …………………………………………….459 SAINT-NIZIER (M. de). voir MéNARD ……………………………………………………….296 SALES FRANçOIS de (Saint). voir BELLARMIN, FAVRE (Michel), GRANIER (Denis), GRANIEU, GRENOBLE, GROS DE SAINT-JOYRE, GUéRIN, LE BLANC, LESDIGUIèRES, LYON, ROSSET (Guichard), SéMINAIRE, TRAVERNAY.167, 246, 395, 537, 538, 650, 651, 717, 731, 774 SALES Françoise-Agathe (de), Religieuse de la Visitation ………………………………….617 SALES Jean-François (de). voir BOISY ………………………………………136, 154, 161, 974 SALES Jeanne-Françoise (de), Religieuse de la Visitation …………………………………..617 SALLANCHES (Collégiale de). voir CHANOINES et CHOISY ………………………………..852 SALLIER Philibert, curé de Monthoux ………………………………………………………758 SALUCES DE LA MENTE Sylvestre, Abbé commendataire d'Hautecombe ……………….960 SAN SECONDO Bonne de Challant (comtesse de) …………………………………………933 SAULNIER Claude, Gardien des Cordeliers d'Annecy ……………………………………..687 .

SAUTEREAU François de ……………………………………………………………………763 SAUTEREAU Guillaume (de). voir CHASSE.

SAVOIE Françoise-Catherine et Marie (Infantes de) ………………………………………942 SCAGLIA Alexandre, ambassadeur de Savoie à Rome. voir CONTAMINE ………………..514 SCAGLIA Philibert-Gérard. voir VERRUA …………………………………………………473 SCOTTO Laurent. ………………………………………………………………………….723 SéMINAIRE pour le diocèse de Genève (Projet de fondation d'un) ……………………….976 SENS DE SAINTE-CATHERINE, Général des Feuillants.

voir BEAUNER ………….106, 317 SEVELINGES Claude (de), aumônier de Belleville et de la Visitation de Lyon ………….831 SEYSSEL Louis (de), baron du Châtelard …………………………………………………..80 SEYSSEL Louis (de), marquis d'Aix. voir AIX …………………………………………….900 SILLINGY (Silingie) prieuré de ……………………………………………………………426 SUPERIEUR d'une Communauté ……………………………………………………….…..51 SYNDICS D'ANNECY. voir NEMOURS et VISITATION D'ANNECY ………………………...692 TALLOIRES (Prieur commendataire de). voir PERRONE DE SAN MARTINO.

TAMIé (abbaye de) …………………………………………………………………...……879 TERMES Catherine Chabot (baronne de) et ses enfants ………………………………..…672 TERMES César-Auguste de Saint-Lary (baron de) ………………………………..………349 THOMAS DE SAVOIE ……………………………………………………………………..69 THONON. voir BARNABITES, SAINT-AUGUSTIN, SAINTE-MAISON. TIERCERETTES de Toulouse. voir RESSéGUIER, ROMILLON ………………………………92 TOULOUSE. voir CARMEL, TIERCERETTES, UNIVERSITé, VISITATION.

TOURNON Prosper-Marc de Maillard (comte de) ………………………………..18, 422, 489 TRAITé DE L'AMOUR DE DIEU …………………………………….534, 536, 604, 605, 606 TRAVERNAY Péronne de Montfalcon (dame de) ……………………………………….60, 77 TRESNEL François-Juvénal des Ursins (marquis de), ambassadeur de France à Rome ...…626 … UNIVERSITé de Montpellier ……………………………………………………………….231 UNIVERSITé de Toulouse ………………………………………………………………….696 VALLON Claude-François de ………………………………………………………..………9 VELLEPESLE de Villeneuve Renée Le Valois (dame de). voir AIX et SEYSSEL ………..…899 VERRUA (Verrue) Philibert-Gérard Scaglia (comte de). voir SCAGLIA ………………..…473 VEYSSILIEU Jean Rabot d'Aurillac (seigneur de). voir RABOT …………………………...914 VEYSSILIEU Laurent Rabot d'Aurillac (seigneur de). voir RABOT ……………………..…913 VEYSSILIEU (Vicillieu) Marguerite de la Croix de Chevrières (dame Rabot d'Aurillac de)

………………………………………..….912, 915 VIBOD Claude-Amédée ……………………………………………………………..…309, 479 VICTOR-AMEDEE de Savoie, prince de Piémont. voir NEMOURS ……..69, 129, 468, 657, 670, ……………………673, 717, 731, 762, 766, 772, 827, 884, 890, 891, 961 VIGNOD Bernarde (de), Religieuse de l'abbaye de Sainte-Catherine ……………………….322 VILLARS Jérôme (de), Archevêque de Vienne ………………………………………………619 VILLE Jean-Claude de ……………………………………………………………..……258, 534 VILLETTE Françoise-Jéronyme (de), Religieuse de la Visitation. voir CHEVRON-VILLETTE.

VIOT Roland, Prévôt du Grand-Saint-Bernard ………………………………………………645 VIRIEU Gasparde de Prunier-Saint-André (dame de) ………………………………………..955 .

VISITATION (Coutumes et Règles de la ………………..126, 302, 307, 367, 369, 807, 869, 870 - Projets de fondations ……………………………1……...290, 375, 435, 862, 942 VISITATION D'ANNECY (Affaire des jardins) ……………………………11…………….117 Affaires diverses …………………………………………11………..222, 819, 823 Eglise et monastère de la …………………………………………………690, 786 Religieuses de la. voir AVISE, BAILLY, BLONAY, BRéCHARD, CHANTAL, CHASTEL, CROIX DE FéSIGNY, FARDEL, FAVRE, HUMBERT, SALES.

VISITATION DE GRENOBLE. voir LE BLANC DE MOINS et VEYSSILlEU ……………..855, 868 VISITATION DE LYON. voir SEVELINGES ………………………………..327, 869, 924, I M 4 - RELIGIEUSES de la, voir AUXERRE, CHEVRON-VILLETTE, COLIN, COTON, COTTIN, ETIENNE ……………………………………………………….4, I M 4 VISITATION DE MOULINS (Fondation et fondatrices de la). voir BAILLY, BRéCHARD, CROIX DE FéSIGNY, FEYDEAU, GOUFFIERS, HUMBERT ………………..…635, 640, 678, 679 VISITATION DE RIOM …………………………………………………………..……435, 710 VISITATION DE TOULOUSE ……………………………………………………………..433 VITOZ (Vittoz) Gaspard ……………………………………………………………………...876

D.S.B. 15.02.05

Avant-Propos …………2 Avis au Lecteur………..8

ANNéE 1615 (Suite)

MLXXXVI - A Mme DE LA FLéCHèRE. - Le Saint n'agrée pas que ses amis se déchargent sur lui d'une responsabilité qui leur incombe. - Un précepteur difficile à trouver même chez les rois. - Qu'on s'abstienne d'accabler de devoirs les élèves. - Défense d'un professeur. - Que faire quand le corps et l'esprit sont .languissants ………………………………………………………………9

MLXXXVII - Au COMTE DE TOURNON (Inédite). -- Une absolution que l'Evêque de Genève attend de la courtoisie de son destinataire. - Remerciements pour communication de manuscrits……11 MLXXXVIII - A LA MèRE DE CHANTAL. - L'anniversaire d'une vocation. - Une race spirituelle que le Saint demande à Dieu de multiplier. - Actions de grâces à la divine Trinité ………………..12

MLXXXIX - A Mme DE PEYZIEU. - Ce qu'il faut éviter et réprimer dans les curiosités d'outre-tombe, à propos de nos parents défunts. - Pourquoi les chrétiens doivent modérer leurs regrets………12

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