Lettres (page 32)
22 septembre 1618.
A Madame
Madame la Presidente du Faure.
Revu sur une copie conservée à la Visitation d'Annecy,
MCDLXX A MADAME DE GRANIEU Ne pas craindre ,t'écrire souvent. - Le souhait du Saint pour l'âme de sa chère fille. - Espérance d'un revoir.
Annecy, 22 septembre 1618.
Vous faites certes tres charitablement, ma tres chere Fille, de m'escrire souvent, car en verité, vos lettres me consolent et recreent extremement, puis que Dieu a voulu que mon cœur soit si paternel qu'il ne se peut dire plus, pour vous, qui estes reciproquement ma fille tres desirable (Ph 4, 1) es entrailles de nostre Sauveur. Faites donq tous-jours bien ainsy, escrives moy tous-jours quelques motz, et moy, quand je pourray, je vous rendray soigneusement la pareille. Dieu est bon, ma tres chere Fille, et puis qu'il luy a pleu de vous donner le desir de son pur amour, il le rendra un jour parfait. C'est cela que souvent je luy demande pour vostre chere ame, ma Fille, laquelle j'ayme comme la mienne propre. Je vous escris sans loysir et seulement pour respondre a vostre petit billet ; un 'autre fois que j'auray plus de commodité, je respondray a vos deux precedentes, et qui sçait si dans le moys prochain je passeray a Grenoble ? J'en ay certes quelqu'esperance : soit fait selon le bon playsir de Dieu. Je suis vostre.
F., E. de Geneve.
22 septembre 1618, Annessi.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de la Côte-Saint-André.
MCDLXXI A DOM BRUNO D'AFFRINGUES, GéNéRAL DES CHARTREUX Messages affectueux par un Capucin en route pour la Chartreuse.
Annecy, 22 septembre 1618.
Mon tres Reverend Pere,
Outre le desir que j'ay de me ramentevoir souvent en vostre bonne grace, ce bon Pere Capucin, qui est grandement de mes amis, m'en a reveillé la volonté quand il m'a dit qu'il alloit expres voir cette saintete (sic) solitude en laquelle (Ps 67,17) beneplacitum est Deo habitare in ea ; et que particulierement il desiroit de vous bayser les mains, poussé de la renommee qu'il a pleu a Dieu que vous ayes, qu'il honnore avec inclination comm'estant du voysinage du lieu de vostre naissance . Ainsy donq, mon tres Reverend Pere, je vous salue tres humblement par cette entremise, et vous souhaitant toute sainte prosperité, je demeure a jamais
Vostre tres humble et tres affectionné serviteur et confrere,
FRANçs, E. de Geneve.
XXII septembre 1618, Annessi.
Revu sur l'Autographe conservé à la Trappe de Westmalle (Belgique).
MCDLXXII A MESSIEURS LES AVOYERS ET LES MEMBRES DU CONSEIL DE VILLE DE FRIBOURG Gracieuses offres de service. - Pourquoi le Saint veut toujours obliger les magistrats de Fribourg.
Annecy, 23 septembre 1618.
Messieurs,
Jamais il ne se presentera occasion de vous rendre service, que je ne l'employe avec toute l'affection et sincerité que Vos Excellences pourroyent desirer ; et non seulement par le devoir d'amitié et voysinage, mais par une speciale inclination que j'ay envers vostre tres catholique, tres pieuse et tres illustre Republique et Seigneurie, je m'estimeray tous-jours fort heureux quand je pourray executer vos desirs. Ainsy, ces bons et devotz ecclesiastiques s'en revont promeuz aux saintz Ordres , marri que je suis que une quantité d'occupations qui me sont survenües en ces deux jours ne m'ayent permis de les caresser a mon gré, selon l'affection que je porteray toute ma vie a tous ceux qui me seront recommandés de Vos Excellences, que je prie Dieu vouloir combler de benedictions, et sa tressainte Mere de les conserver sous sa douce protection, qui suys tres cordialement, Messieurs, Vostre plus humble et tres affectionné serviteur, amy et voysin, FRANçs, E. de Geneve.
XXIII septembre 1618, Annessi.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Fribourg.
MCDLXXIII A LA MèRE DE CHANTAL François de Sales seconde, sans les connaître, les désirs de la Mère de Chantal.
Annecy, [1613-octobre 1618 ]
Ma tres chere Mere, Voyla les lettres, et celle que j'escrivois quand ma Seur Anne Jacqueline est venue, estoit a M. de Leaval . Regardes donq si vos desirs ont du pouvoir sur mon esprit, que ne les sachant pas, je les seconde. Qu'a jamais les divines inspirations fassent de si puissantes influences en nostre cœur, que sa volonté soit parfaitement faite en nous. Amen. Vive Jesus !
Revu sur une copie déclarée authentique, conservée à Turin, Archives de l'Etat. MCDLXXIV A LA MêME (BILLET INéDIT) Une bannière, ou une croix de confrérie à restaurer.
Annecy, [1616-octobre 1618 .]
Voyla la plus belle des trois. Qui auroit le loysir d'y mettre un autre rideau, il ne la connoistroit pas, ou bien qui en osteroit le boys pour la luy rendre plus portable. Mays tenes bien comte, car en somme, je suis homme qui ne veux rien perdre.
Revu sur l'Autographe appartenant à M. le baron de Viry, au château de Cohendier (Haute-Savoie). MCDLXXV A LA MêME Sollicitude paternelle du Saint pour ses Filles. - Quelque chose que la Mère de Chantal ne saura peut-être jamais. - Une postulante pauvre qu'il faut gratifier.
Annecy, commencement d'octobre 1618 .
Ma tres chere Mere, Il faut que je vous die que j'ayme bien cette pauvre Seur Estiennette , et pensant en elle il me (sic) venu en l'imagination que peut estre a elle quelque scrupule sur ses confessions, puisque hier elle me dit qu'ell'avoit un grand desir de faire une confession generale. Je voudrois donq que vous sceussies cela d'elle, mais il faudroit que ce fut dextrement, affin que, s'il n'estoit pas besoin, elle ne s'embarassast pas en cet article, et si elle en avoit besoin, qu'elle le dit, et vous me le feries sçavoir. Vous sçaves, ma tres chere Mere, ce que je suis a ceux que j'affectionne, et sur tout a nos Filles ; mais vous ne sçaures jamais peut estre ce que je vous suis, tant Dieu m'a rendu vostre. Je vay aux Cappucins (L5, note 734) pour un appointement. Il faudra passer la pauvre Fontani pour 400 ducatons et diminuer la liste des meubles , car monsieur le collateral Flocard dit que ses freres sont pauvres et que ce sera aumosne, et ell'est fille d'une si bonne mere . Revu sur l'Autographe appartenant à Mlle Hélène de Thiollaz, au château de Monpont, près Alby (Haute-Savoie).
MCDLXXVI A UN GENTILHOMME (INEDITE) Offre de services et demande de protection.
Annecy, 16 octobre 1618.
Monsieur, L'essay que je fis de vostre courtoysie il y a 20 ans que je fus a Rome, le recit que m'en fait monsieur le chanoyne Desplans , la consideration de lhonneur ou vos merites vous portent, m'obligent a vous offrir mon service, quoy qu'inutilement, puisque, estant si peu de chose comme je suis, je ne me puis pas promettre le pouvoir de vous en rendre. Et bien que cette mesme consideration me deut retenir de vous importuner, si est ce qu'en l'occasion que ledit sieur Desplans vous represente pour le secours des Chanoynes de mon Eglise, je ne laisseray pas de vous supplier de nous estre favorable a tous, affin que les uns soyent aydés, et moy consolé de les voir un peu assistés et delivrés de pauvreté, vous asseurant, Monsieur, que vous obligeres force gens d'honneur et qui ont affection de marcher de bien en mieux au service de Dieu; et en mon particulier, j'en demeureray a jamais, Monsieur, Vostre tres humble et tres affectionné serviteur,
FRANçs, E. de Geneve.
XVI octobre 1618, Annessi.
Revu sur l'Autographe conservé à Bar-le-Duc, au couvent des Sœurs Dominicaines.
MCDLXXVII AU CARDINAL FRéDéRIC BORROMéE ARCHEVêQUE DE MILAN (EN ITALIEN) Envoi d'une harangue du cardinal du Perron, et promesse de son oraison funèbre.
Annecy, 16 octobre 1618.
Illustrissime, Révérendissime et très vénéré Seigneur, Ces honorés Pères Visiteurs des Barnabites ont trouvé chez moi un très particulier souvenir des faveurs reçues de Votre Seigneurie Illustrissime ; et comme ils m'ont dit que vous aviez quelque connaissance de notre langue française, je vous adresse en toute humilité ce discours ou harangue faite par le cardinal du Perron , œuvre très belle, si je ne me trompe, pour la vivacité du génie qui la caractérise. Si je puis trouver à Paris, où je vais accompagner le Prince cardinal de Savoie, quelque oraison funèbre de feu le cardinal du Perron, je ne manquerai pas d'en faire part à Votre Seigneurie Illustrissime, qui, je n'en doute point, aura pour agréable d'apprendre les particularités de la mort très heureuse et pleine de piété de ce grand homme et Prélat . En attendant, je baise les mains sacrées de Votre Seigneurie Illustrissime, et lui renouvelant mes profonds hommages, je demeure
Son très dévoué et très humble serviteur,
FRANçOIS, Evêque de Genève.
16 octobre 1618, Annecy.
Revu sur l'Autographe conservé à Milan, à la Bibliothèque Ambrosienne.
MCDLXXVIII A DONA GlNEVRA SCAGLIA (INéDIT - EN ITALIEN) Nouveaux délais pour la fondation de Turin. - Départ pour la France; joie au sujet d'un compagnon de voyage. - L'itinéraire de la Mère de Chantal différent de celui de l'Evêque de Genève.
Annecy, 16 octobre 1618.
Très Illustre Dame, très honorée dans le Christ, Ma parole et celle de la Mère étant données pour Bourges et Paris, il serait impossible d'agir autrement . Mais notre Mère reviendra bientôt, c'est-à-dire au printemps, et d'ici là, les affaires du Monastère de Turin s'affermiront sur un fondement plus solide . On réserve la Sœur Paule-Jéronyme de Monthouz pour accompagner la Mère et être employée à Turin, puisque cela agrée à Votre Seigneurie, et agréera, nous l'espérons, au Sérénissime Prince .
Pour moi, je suis sur mon départ pour le service du Sérénissime Prince Cardinal , ainsi que l'a voulu Son Altesse. Si la nouvelle que l'on vient de m'annoncer est vraie, que M. le Marquis votre frère est du voyage, ce me sera une particulière consolation , surtout si j'ai le bonheur de pouvoir lui donner quelque marque de mon profond attachement pour M. le Comte et pour vous, Madame.
Vous recommander notre bon P. D. Juste serait une chose injurieuse à la bienveillance que vous lui portez ; elle ne m'est permise qu'en témoignage de l'affection que j'ai pour lui.
De la ratification pour les moulins de ces Mères, nous n'avons aucune nouvelle, et je ne sais où aura échoué le soin bienveillant que Votre Seigneurie a daigné prendre de cette affaire .
La Mère suivra, pour aller à Bourges, une route différente de la nôtre et demeurera dans cette ville tandis que je serai à Paris ; mais je ne laisserai pas de vous faire part des progrès de notre Congrégation que Votre Seigneurie aime tant.
Veuillez aussi, Madame, me conserver dans vos bonnes grâces, et à mon tour, vous souhaitant le parfait et pur amour de Dieu, je suis, De Votre Seigneurie lllustrissime, Le très assuré et très humble serviteur dans le Christ, FRANçOIS, Evêque de Genève.
Annecy, 16 octobre 1618.
Revu sur l'Autographe appartenant à M. le comte Biandrate di San Giorgio, au château de Fiasco, près Turin.
MCDLXXIX AU PèRE JEAN-MATTHIEU ANCINA DE LA CONGRéGATION DE L'ORATOIRE (EN ITALIEN) Pourquoi le Saint est obligé de renoncer à écrire la Vie de Juvénal Ancina.- Ses regrets.
Annecy, 16 octobre 1618.
Très Révérend Père, très particulièrement aimé et honoré,
Bien que je fusse convaincu de ne pouvoir en aucune façon écrire convenablement la Vie de Monseigneur l'Evêque votre frère, d'heureuse mémoire , à cause de ma trop grande rusticité et insuffisance, néanmoins la satisfaction que j'aurais eue d'agréer à Votre Révérence et de rendre témoignage de mon estime pour ce grand serviteur de Dieu, me donnait quelque espérance de pouvoir entreprendre ce travail. Mais me voyant maintenant appelé à Paris pour servir notre Sérénissime Prince Cardinal en ce voyage de France, je perds tout espoir de le faire, d'autant plus que l'histoire dont il s'agit requiert un écrivain qui soit à même de savoir beaucoup de particularités que je ne puis connaître ni apprendre ici, et moins encore en France. Pardonnez-moi donc si je ne sers votre Paternité en cette occasion qui cependant m'eût été si agréable, et voyez que la seule impossibilité m'en empêche. Toutefois je ne manquerai pas de vous envoyer en leur temps quelques remarques touchant cette histoire ; peut-être pourront-elles être utiles à l'auteur. De toute manière, je suis et serai toujours, De Votre Paternité, Le très assuré et très affectionné frère et serviteur, FRANçOIS, Evêque de Genève.
A Annecy, le 16 octobre 1618.
MCDLXXX A M. MICHEL FAVRE (L7, note 532) Une liste de nécessiteux à soulager.
Annecy, 16 octobre 1618.
Monsieur Michel,
Je vous prie que de l'argent qui viendra entre vos mains, qui m'appartiendra, vous delivries a madame la collaterale Flocard , six florins pour la Jeanne Peloux de Geneve ; autres trois florins pour la Gautier, et trois pour la Jaquemine de Bœuf ; et a la Janine, trois pour la Marguerite de Grenoble, et quatre pour la femme de Maleteste .
FRANçs, E. de Geneve.
XVI octobre 1618.
Revu sur l'Autographe conservé à Rome, chez les Dames du Sacré-Cœur de la Trinité du Mont.
MCDLXXXI A LA MèRE DE BRéCHARD SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE MOULINS Les excuses que doit faire la Mère de Bréchard, pour le Saint et pour elle-même.
Annecy, 16 ou 17 octobre 1618 .
Ma tres chere Fille,
Tout a la haste, et sans haleyne ni loysir, j'escris a monsieur vostre grand bienfacteur par cette si asseuree commodité. Faites luy bien excuses, et commences a vous excuser vous mesme de l'exces dont vous aures usé a dire du bien de moy affin quil m'aymast, car me voyla a la veille d'estre conneu de luy, puisque le Prince Cardinal fait indubitablement son voyage . Ma tres chere Fille, Dieu soit au milieu de vostre cœur. Amen. [A ma tr]es chere Fille en N. S.,
[La Mère] Jeanne Charlotte de [Bréchar]d,
Superieure de la Congregation de la Visitation. A Moulins.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Nevers.
MCDLXXXII A LA MèRE FAVRE, SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE LYON (FRAGMENT) Servantes, grandes et petites, de la Mère de Dieu, unies dans son amour.
[Orléans, commencement de novembre 1618 ]
………………………………………………………………. Je vous envoyeray la copie du Bref par lequel nostre Congregation est establie en tiltre de Religion . J'ay presché ce soir au couvent des Carmelites de cette ville . Oh ! Dieu soit beni, qu'estant filles toutes et servantes de la mesme Mere de Dieu, quoy qu'elles grandes et vous petites, vos cœurs soyent unis par sa sainte dilection que cette sacree Mere verse dedans le cœur de toutes les Seurs. Soyés tous-jours toute courageuse, ma tres chere Fille, et vives toute en Celuy pour lequel et par lequel vous estes creee, baptizee et eslevee a cette sublime dignité d'espouse de Jesus Christ.
Vostre tres affectionné pere et serviteur,
FRANçs, E. de Geneve.
MCDLXXXIII A M. GUILLAUME DE BERNARD DE FORAS Grand désir de l'Evêque de Genève d'obliger M. de Montholon. - Difficultés d'accepter les prédications de l'Avent à Saint-André-des-Arts.
Etampes, 5 novembre 1618.
C'est moy qui veux respondre, Monsieur mon tres cher Frere, puisque c'est a moy a qui lhonneur dont vous parles a nostre frere s'addresse. Or, vous juges donq bien qu'estant aupres de ce Prince pour ce voyage, je ne suis plus a moy, ni n'ay point de liberté que celle qu'il me donnera. Et toutefois, tout ce que je pourray je le feray, affin qu'il veüille bien me permettre que je face tout ce que monsieur de Montelon desirera de moy pour la chaire de Saint André, estimant la bienveuillance de ce seigneur au dessus de toute la pensee quil en sçauroit avoir, comme en verité je suis obligé de faire pour plusieurs respectz . Des demain donq je parleray au Cardinal affin que, sil se peut sans incommoder son service, je soys tout reservé a Saint André; et s'il ne se peut pour l'Advent, comme a la verité il sera difficile que ce soit, pour autant d'autres occasions quil plaira a mon dit sieur de Montelon de me marquer . Mays quant au logis, il me faut laisser ou le fourrier du Roy me fourrera ; car, quoy qu'inutile, ce Prince me veut voir assidu aupres de sa personne, et la rayson veut que je rende ce devoir en suite de l'intention de Son Altesse . Mays j'ay tort [de] dire tant de choses sur ce papier, puisque me voyci a la veille de vous voir en presence, et de prendre avec monsieur de Montelon tous les moyens de suivre au plus pres qu'il se pourra toutes ses volontés. Bonjour, Monsieur mon tres cher Frere; Dieu soit a jamais au milieu de vostre cœur.
A Estampes , le 5 novembre 1618.
A Monsieur Monsieur de Forax.
Revu sur l'Autographe conservé à la Maison-Mère des Religieux des SS. Cœurs, dits de Picpus, à Paris.
MCDLXXXIV A DONA GINEVRA SCAGLIA (EN ITALIEN) Projets de voyages pour la Mère de Chantal. - La bienveillance du comte de Verrua pour François de Sales. - Un Cardinal et un Evêque ramant sur la Loire. - Tout Paris à la rencontre de Maurice de Savoie. - Portrait de la future princesse de Piémont. - Accroissement de piété dans la capitale.
Paris, 9 novembre 1618.
Illustrissime et très honorée Madame, Je reçus votre lettre hier au soir par M. Vardelli , et je remercie humblement Votre Illustrissime Seigneurie de la faveur qu'elle me fait de m'écrire, car cela me donne mille consolations.
La Mère , donc, par une spéciale providence de Dieu, se trouvait déjà en voyage et même était arrivée à Bourges lorsque me parvint le mémoire du Sérénissime Prince . De Bourges elle viendra, je crois, à Paris, pour fonder un Monastère ; car, bien que la mort du cardinal du Perron amène quelques difficultés dans les dispositions qu'il avait prises, je vois néanmoins que petit à petit elles disparaissent . En quittant cette ville, elle passera à Dijon, où tout est prêt pour la fondation d'un autre Monastère , et au printemps elle pourra se rendre à Turin, si toutefois les choses sont en état pour l'établissement (note 704). Ainsi j'espère que, sans perdre de temps, elle emploiera bien ses journées, pourvu que la divine Majesté l'aide et la conforte. .
L'Illustrissime M. le Comte se porte très bien et me donne, grâce à sa bonté, tous les témoignages de bienveillance qu'on saurait souhaiter. Il me dit en chemin qu'il voulait me parler de ce qui concerne Votre Illustrissime Seigneurie, mais il ne l'a pas fait jusqu'à présent ; je ne crois pas même qu'il le puisse de si tôt, occupé comme il l'est par les affaires qui toutes retombent sur ses bras et sur ceux de M. le Marquis votre frère .
Le voyage a été excellent; notre Sérénissime Seigneur est venu joyeusement. Partout il a reçu un accueil très empressé, avec un applaudissement général des grands et des petits; chacun bénissait Dieu et la Maison de nos Princes, témoignant un ardent désir du mariage projeté . Pendant les cinq jours de navigation (note 718), j'ai pu jouir à loisir de la présence du Sérénissime Cardinal, non sans parler de beaucoup de bonnes choses. Deux fois par jour, Son Altesse lisait des livres français pour apprendre de plus en plus la langue et s'initier aux affaires de ce royaume. Parfois même elle ramait et me faisait ramer avec elle, pensant d'abord que je ne savais pas cet art, dans lequel pourtant il s'est trouvé que j'étais déjà passé docteur.
Arrivés à Orléans, accueillis par MM. de Béthune et de Modène qui étaient venus à notre rencontre, nous arrêtâmes deux jours pour nous reposer un peu ; là, Son Altesse fit la sainte Communion pour la fête de la Toussaint, puis, à petites journées, nous vînmes jusqu'ici. Il ne se peut dire avec quels honneurs Son Altesse fut reçue, ni combien grande était la foule sortie pour la voir ; de mémoire d'homme, on n'avait vu pareille affluence pour une entrée de prince . Le Roi, la Reine, Monsieur frère du Roi, Madame l'aînée et Madame la cadette firent ensuite grande fête à Son Altesse , mais le Roi surtout qui, au dire de tous les siens, a donné des marques extraordinaires de joie .
Madame l'aînée est accomplie, la majesté et la bonté sont empreintes sur ses traits ; elle est grande pour son âge et met une grâce incomparable à accueillir, avec une modestie et une gravité singulière, ceux qui l'approchent . Son prédicateur, mon grand ami et homme très pieux , m'a dit qu'elle est douée d'une rare piété, d'une exquise prudence, d'une bonté remarquable. Il ne se peut dire en quelle estime est ici notre Prince majeur : tous l'appellent le miroir des princes en bonté pour les peuples, en piété, en vaillance, enfin en toutes les qualités qu'on saurait désirer. Quant à Son Altesse Sérénissime, si nombreux sont ici ses partisans dévoués, qu'il est impossible de les compter ; partout on publie ses louanges.
Mais j'ai tort [de vous en écrire si long], sachant qu'on doit envoyer des relations détaillées du voyage et de tout ce qui s'est passé. J'ajouterai seulement que j'ai trouvé à 'Paris un tel accroissement de piété que c'est merveille ; le Roi surtout a une si haute idée de la très sainte religion catholique, qu'on peut espérer toutes sortes de bénédictions sur ce royaume.
A notre bon Père D. Juste mille et mille salutations ; je ne manquerai pas, à l'occasion, de faire à sa Congrégation tous les bons offices que je pourrai. Dieu soit éternellement loué ; qu'il daigne, de sa sainte main, tenir et bénir Votre Seigneurie Illustrissime, dont je suis Le très humble et très assuré serviteur, FRANçOIS, Evêque de Genève.
9 novembre 1618, à Paris.
De grâce, que Votre Illustrissime Seigneurie veuille bien saluer cordialement notre Père D. Juste, ….ces Sérénissimes………je ne manquerai pas d'offrir prières et Sacrifices. . . . . . . A l'Illustrissime et très honorée Madame, Dona Ginevra Scaglia.
Turin.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de San Remo (Italie). MCDLXXXV A MADAME DE CHARMOISY Le seul mot de consolation que puisse dire le Saint. - Comment apaiser les sanglots et soupirs.
Paris, novembre 1618.
Mon esprit ne peut cesser de penser en vous, ma tres chere Cousine, ma Fille, et ne voudrait faire autre chose que de vous parler en la façon qu'il peut, et ne sçait neanmoins que vous dire, estant, comme le vostre, encor tout estonné ; sinon, ma tres chere Fille, que le divin Espoux de nos ames veut que nous regardions tous nos evenemens dans le sein de sa celeste Providence et que nous jettions nos affections en l'eternité, ou nous nous reunirons tous pour ne jamais plus estre separés. O ma Fille, pourquoy nous sommes nous jamais asseurés et confiés en la vanité de cette vie perissable ? Nos pretentions sont au dela, ou il faut donq lancer nos affections. En somme, vous voyla, ma tres chere Fille, au vray essay de la fidelité que vous deves a Dieu, auquel vous aves si souvent resigné toutes vos adventures. Ma tres chere Cousine, tenes vostre cœur en haut et mettes le sacré Crucifix sur vostre poitrine, affin qu'il accoyse vos sanglotz et souspirs. Soyes bien toute sienne et, croyes moy, il sera tout vostre. Pour moy, je ne puis pas dire plus que jamais, mais s'il se pouvoit dire, certes, je dirois qu'inseparablement, plus que jamais, je suis
Tout vostre, sans condition ni reserve,
FRANçs. E. de Geneve.
MCDLXXXVI A LA MèRE FAVRE, SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE LYON (FRAGMENT) Une pépinière de fondations. - Vertus à y enraciner.- Ce que la Mère Favre doit lire dans le cœur de son père spirituel.
Paris, [fin novembre ou décembre 1618 .]
………………………………… Vous me distes, ma tres chere Fille, qu'en vostre Mayson on faisoit particuliere profession de l'egalité d'esprit. Pour Dieu, je vous en conjure, taschés de bien establir cet esprit la en tout, avec celuy de la douceur et humilité reelle. Je regarde meshuy vostre Mayson comme une pepiniere de plusieurs autres ; c'est pourquoy il faut songer d'y enraciner les grandes et parfaites vertus de l'abnegation de son amour propre, l'amour de son abjection, la mortification des humeurs naturelles, la sincere dilection, affin que Nostre Seigneur et sa tressainte Mere soyent glorifiés en nous et par nous. Nous avons icy la cour, cela m'oste beaucoup de mon loysir d'escrire a mon gré ; mais ma grande Fille se contentera bien aussi de lire dans mon cœur de loin, que je suis parfaitement sien en Celuy qui, pour estre nostre et affin que nous fussions siens, voulut bien mourir pour nous. Vives toute a Dieu, ma tres chere Fille, donnes tous les momens de vostre vie avec un grand soin a Celuy qui vous prepare son amiable eternité. Je suis tout vostre.
FRANçs, E. de Geneve.
MCDLXXXVII A LA MèRE DE BRéCHARD SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE MOULINS Comment Dieu bénit une œuvre. - Trois fondements de la Visitation. - La racine de la joie.
Paris, 3 décembre 1618.
Je salue vostre cœur de tout le mien et vous prie d'aymer tous-jours bien ce vieux pere qui vous cherit, certes, de tout son cœur de plus en plus, ma tres chere Fille, et se res-jouit d'apprendre que, graces a Dieu, cette Mayson la s'advance en humilité, douceur, paix et amour divin. Qu'a jamais l'eternelle Bonté soit benie !
On parle fort de faire un Monastere de la Visitation a Turin . Voyla, ma tres chere Fille, comme Dieu multiplie et benit l'œuvre qu'il luy a pleu de faire commencer par la petitesse et abjection de troys petites creatures, lesquelles pour cela doivent s'esvertuer d'estre de plus en plus toutes a la divine Majesté et a cette vocation, pour la rendre tous les jours plus aggreable a Dieu.
Je vous escris selon mon sentiment present, car il faut que j'escrive ainsy a l'ame de ma tres chere Fille, priant Dieu qu'il la face sainte, et moy aussi, qui suis tant esloigné de ce bonheur.
Encor vous faut-il dire ce mot, ma tres chere Fille: si vous n'estes pas favorisee, aymés bien cette abjection.. Croyes moy, Dieu void volontier ce qui est mesprisé (Ps 137,6), et la bassesse aggreee luy fut tous-jours aggreable. Dieu est si bon, qu'il visitera interieurement nostre Visitation, la fortifiera et l'establira a la solide humilité, simplicité et mortification.
Vivés joyeuse tant que vous pourres, de cette joye paisible et devote de laquelle l'amour de nostre abjection est la racine. Ma tres chere Fille, je vous salue d'un esprit qui est inseparablement vostre. Vive Jesus ! Amen.
FRANçs, E. de Geneve.
Le 3 decembre 1618.
MCDLXXXVIII AU PRINCE DE PIéMONT, VICTOR-AMéDéE Félicitations à Victor-Amédée au sujet de son mariage. - Eloge de la future princesse de Piémont. - Grand prince et très digne cardinal.
Paris, 18 décembre 1618.
Monseigneur,
En cette generale allegresse de tout ce royaume sur l'heureuse conclusion du mariage de Vostre Altesse , je ne puis ni ne dois m'empescher de rendre quelque tesmoignage de la mienne, laquelle, certes, est d'autant plus grande, que d'un costé je suis plus obligé a la bonté de Vostre Altesse, et de l'autre j'ay reconneu plus particulierement un tres parfait assemblage de perfections en Madame, au visage, au maintien, au parler ; en la conduitte de laquelle on remarque tant de traitz de bonté, de prudence, de douceur et de devotion, qu'on ne sçait discerner laquelle de ces perfections y est plus parfaite. Et parce que la Sainte Escriture dit (Eccli 26,1) que le mary d'une femme bonne est heureux, je puis des a present augurer toute sorte de bonheur a Vostre Altesse pour ce regard, et en benir Nostre Seigneur de tout mon cœur, puisque, comme la mesme Escriture nous annonce (Pr 19,14), la mayson et les richesses nous sont acquises par nos peres, mais la femme sage et vertueuse, a proprement parler, est donnee comme un pretieux present de la liberalité divine.
Au surplus, Monseigneur, je ne sçaurois exprimer avec combien de grace Monseigneur le Cardinal se comporte en cette cour, et combien il est adroit a mesler la qualité de grand Prince que sa naissance 1uy a donnee, avec celle de tres digne Cardinal que sa profession luy fait tenir, alliant admirablement bien la franche et genera1e courtoysie, qui est si desiree et estimee de cette nation, avec la modestie et bienseance qui y est si pretieuse, comme par tout le monde.
Ainsy donq, Monseigneur, a Dieu soit de toutes parts honneur et gloire, avec tres humble action de graces (1 Tm 1, 17 ; Ap 7,12) pour les consolations qu'il donne et qu'il prepare encor a Son Altesse Serenissime et a la vostre, de laquelle je suis sans fin, Monseigneur, Vostre tres humble, tres fidele et tres obeissant orateur et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.
Paris, 18 decembre 1618.
MCDLXXXIX A MADAME DE LA FLéCHèRE Douloureuses nouvelles de Savoie ; nombreuses et bonnes affaires à Paris. - Difficultés pour l'établissement de la Visitation.
Paris, 19 décembre 1618.
Croyes, ma tres chere Fille, que le trespas de ce cousin et l'apprehension des regretz de la chere cousine m'ont vivement touché ; mays parmi tout cela, Dieu soit beni qui, par sa providence, reduit toutes choses au proffit des siens (Rm 8,28). Je suis icy presque accablé d'affaires, toutes bonnes, graces a Nostre Seigneur. Vous en sçaures le detail par mon frere de Thorens , car je m'imagine qu'on luy en escrit par le menu. Nous aurons au moins la plus vertueuse Princesse qui vive . J'ay escrit selon que nostre seur, Mme de Bressieu, desiroit, au P.
D. Juste .
Nostre bonne Mere se porte bien a Bourges . Icy, nous avons beaucoup de peine a faire reuscir l'establissement de la Congregation et crains grandement qu'il ne soit differé (note 733), bien que c'est merveille de la quantité des ames qui desirent en estre. Si pour vostre consolation vous desires aller a la Visitation passer quelques jours, pourveu que ce soit sans en sortir pendant ledit tems, vous le pouves. Salues, je vous prie, nos cheres Seurs, car il n'y a moyen d'escrire ; et nostre seur de Bons et Mme la Comtesse et ses filles . Dieu soit a jamais nostre Tout, ma tres chere Fille. Je suis en luy, plus vostre qu'il ne se peut dire.
A Paris, le 19 decembre 1618.
A Madame
Madame de la Flechere.
Revu sur une copie déclarée authentique, conservée à Turin, Archives de l'Etat. MCDXC A LA MèRE DE CHANTAL, A BOURGES (FRAGMENT) Un sermon devant " la Reyne et son beau monde. "
Paris, 24 décembre 1618.
……………………………………………………… Oüy, ma Fille, j'ay presché ce matin devant la Reyne, et tout son beau monde ; mais en verité, je n'ay pas presché avec plus de soin, plus d'affection ni plus de playsir qu'en ma pauvre petite Visitation. Ah ! ma Fille, que la vive presence du Roy et de la Reyne du Ciel fait bien eclipser devant les yeux de nostre cœur toutes autres grandeurs de la terre ! ………………………………………………..
Revu sur un ancien Ms. de l'Année Sainte, conservé à la Visitation d'Annecy.
MCDXCI A MADAME DE LA FLéCHERE Permission et conditions pour l'entrée de la destinataire à la Visitation. - Pourquoi le Saint est de bon cœur à Paris, pourquoi il y souffre.
Paris, 29 décembre 1618.
Ma tres chere Fille,
Je vous ay des-ja escrit (lettre 1489) que vous pourries entrer avec nos Seurs, puisque vous en estes de cœur, d'affection et de pretention, pourveu que vous n'en sorties point pour aller parmi la ville, ailleurs. Je voy les douleurs et estonnemens de vostre cœur, parmi lesquelz Dieu ne laisse pas de regner ; c'est pourquoy vous ne deves pas vous en tourmenter. Je suis icy jusques a Pasques ; et croyes moy, ma tres chere Fille, puisqu'il le faut, j'y suis de bon cœur, mais d'un cœur qui se plairoit grandement d'estre parmi nos petitesses et dans mon païs. Il ne se peut dire toutefois combien on voit d'exemples de pieté icy, mesme au milieu de la cour. Mais, en somme, je n'y ay pas mon devoir, ni mes cheres brebis. Dieu soit beni ! Ayes bon courage; il faut passer parmi les ronces et espines en ce desert, pour aborder a la terre de promission. Je suis vostre ma tres chere Fille.
Paris, le 29 decembre 1618
MCDXCII A LA MERE DE CHANTAL, A BOURGES (FRAGMENTS) Un novice qui ne sera pas profès. - Racine, branches et fruits. - Pommes de senteur entre les mains de Dieu. - Le dépouillement total de soi-même, combien difficile.
Paris, 29 décembre 1618 .
……………………………………………………………..
Ne croyes pas, ma tres chere Mere, qu'aucune faveur de la cour me puisse engager. 0 Dieu, que c'est chose bien plus desirable d'estre pauvre en la mayson de Dieu, que d' habiter dans les grans palais des Rois (Ps 83,11) ! Je fay icy le noviciat de la cour ; mais jamais je n'y feray profession, Dieu aydant. La veille de Noëlle je preschay devant la Reyne, aux Capucines , ou elle fit sa Communion ; mais je vous asseure que je ne preschay ni mieux ni de meilleur cœur devant tous ces princes et princesses que je fayen nostre pauvre petite Visitation de Nessi.
……………………………………………… 0 Dieu, ma tres chere Mere, il faut bien mettre son cœur en Dieu et ne point jamais l'en oster. Il est luy seul nostre paix (Ep 2,14), nostre consolation et nostre gloire: que reste-il, sinon que nous nous unissions de plus en plus a ce Sauveur, affin que nous portions bon fruit (Jn 15,5) ? Ne sommes nous pas bien heureux, ma chere Mere, de pouvoir enter nos cœurs sur celuy du Sauveur qui est enté sur la Divinité ? car ainsy, cette infiniment souveraine Essence est la racine de l'arbre, duquel nous sommes les branches, et nos amours les fruitz : ç'a esté le . sujet de ce matin.
Courage, ma cherement unique Mere, ne cessons point d'eslancer nos cœurs en Dieu : ce sont ces pommes de senteur qu'il se plait a manier, laissons les luy donq manier a son gré. Ouy, Seigneur Jesus, faites tout a vostre gré de nostre cœur ; car nous n'y voulons ni part ni portion, ains le vous donnons, consacrons et sacrifions pour jamais.
………………………………………………………………………………… Je salue cherement nos Seurs. Je suis marri que nostre Seur [Jeanne-Marie] ayt la fantasie de changer de Mayson . Quand sera ce que nous ne voudrons rien, ains laisserons entierement le soin a ceux a qui il appartient de vouloir pour nous ce qu'il faut ? Mais il n'y a remede : la propre volonté est bridee par l'obeyssance, et toutefois on ne peut l'empescher de regimber et faire des caprices ; il faut supporter cette infirmité. Il y va bien du tems avant que nous soyons du tout despouillés de nous mesmes et du pretendu droit de juger ce qui nous est meilleur, et de le desirer. J'admire le petit Enfant de Bethlehem, qui sçavoit tant, qui pouvoit tant, et, sans dire mot quelcomque, se laissoit manier, et bander, et attacher, et envelopper comme on vouloit.
Dieu soit a jamais au milieu de vostre cœur et du mien, ma tres chere Mere.
FRANçs, E. de Geneve.
Le 29 decembre ……….
MCDXCIII A UN ECCLéSIASTIQUE Le mot du plus franc amour selon la nature et la grâce. - Assaut d'humilité et d'affection.
[1618 ]
Monsieur,
Je vous ay tesmoigné par mes lettres que je prendrois a faveur de me nommer vostre frere, qui est le mot du plus franc et desirable amour de tous ceux que la nature nous a donné et que la grace nous ordonne. Mays quand je parle avec vous sous ce tiltre de frere, c'est avec un tres singulier sentiment de fraternité ; et toutefois, vous me demandes encor que je sois vostre pere et que vous soyes mon filz. Certes, je ne sçaurois refuser mon consentement a vos desirs ; mais usons un peu de temperament, je vous supplie, qui m'oste le blasme d'estre un peu trop facile en un sujet ou il y a danger d'outrecuydance. Les freres aisnés succedoyent aux peres, anciennement, dans les familles, et estoyent comme vice peres de leurs freres, en sorte que c'estoyent des freres peres, et des peres freres ; et les puisnés estoyent des enfans freres et des freres enfans. Or sus, soyons comme cela. Il est vray, l'affection que j'auray pour vous tiendra rang, puisqu'il vous plait, de paternelle, a cause de sa force et constance, et de fraternelle, pour sa confiance et privauté ; et, comme que ce soit, " la charité esgale ceux qui l'ont (Pythagore)
" avec tant d'art, qu'ilz sont entre eux freres, peres, meres, enfans. Or, c'est celle la dont vous me parles, mon tres cher Frere; c'est pourquoy je vous diray encor, mon tres cher Filz, et mon tres cher Pere encor. Et moy, ne pouvant sans prejudice du porteur escrire plus longuement, je demeureray d'un cœur paternellement fraternel, Vostre tres affectionné pere et frere, FRANçs, E. de Geneve.
MCDXCIV A LA MèRE DE CHASTEL SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE GRENOBLE Conseils de prudence au sujet de visions et de révélations. - Ruses du malin esprit. - Exemple de Nicole Tavernier. - Quelle conduite tenir à l'égard d'une âme qui marche par une voie extraordinaire ; la leçon qu'elle doit apprendre. - Puissance de l'imagination.
Paris, [fin 1618 ou commencement de 1619 ]
Puisque je n'ay sceu plus tost, ma tres chere Fille, je respondray maintenant aux deux pointz principaux pour lesquelz vous m'aves cy devant escrit. En tout ce que j'ay veu de nostre Seur Marie Constance , je ne treuve rien qui ne me face penser qu'elle soit fort bonne fille, et que partant il la faut aymer et cherir de tres bon cœur. Mais quant a ses visions, revelations, predictions, elles me sont infiniment suspectes, comme inutiles, vaines et indignes de consideration ; car d'un costé, elles sont si frequentes, que la seule frequence et multitude les rend dignes de soupçon. D'autre part, elles portent des manifestations de certaines choses que Dieu declare fort rarement : comme, l'asseurance du salut œternel, la confirmation en grace, le degré de sainteté de plusieurs personnes, et cent autres choses pareilles qui ne servent tout a fait a rien ; de sorte que saint Gregoire ayant esté interrogé par une dame d'honneur de l'Imperatrice, qui s'appelloit Gregoire, sur l'estat de son futur salut, il luy respondit (S.Greg.Mag. 6,22) : " Vostre douceur, ma Fille, me demande une chose qui est esgalement et difficile et inutile. "
Or, de dire qu'a l'advenir on connoistra pourquoy ces revelations se font, c'est un pretexte que celuy qui les fait prend pour eviter le blasme des inutilités de telles choses. Il y a plus : que quand Dieu se veut servir des revelations qu'il donne aux creatures, il fait preceder ordinairement ou des miracles veritables, ou une sainteté tres particuliere en ceux qui les reçoivent. Ainsy le malin esprit, quand il veut notablement tromper quelque personne, avant que de luy faire faire des revelations fauses, il luy fait faire des prodiges faux et luy fait tenir un train de vie fausement saint.
Il y eut du tems de la bienheureuse Seur Marie de l'Incarnation , une fille de bas lieu qui fut trompee d'une tromperie la plus extraordinaire qu'il est possible d'imaginer. L'ennemy, en figure de Nostre Seigneur, dit fort long tems ses Heures avec elle, avec un chant si melodieux qu'il la ravissoit perpetuellement. Il la communioit fort souvent sous l'apparence d'une nuee argentine et resplendissante, dedans laquelle il faysoit venir une fause hostie dedans sa bouche. Il la faysoit vivre sans manger chose quelcomque. Quand elle portoit l'aumosne a la porte, il multiplioit le pain dans son tablier, de sorte que, si elle ne portoit de pain que pour trois pauvres et il s'en treuvoit trente, il y avoit pour donner a tous tres largement, et d'un pain fort delicieux, duquel son confesseur mesme, qui estoit d'un Ordre tres reformé, envoyoit ça et la parmi ses amis spirituelz, par devotion. Cette fille avoit tant de revelations, qu'en fin cela la rendit suspecte envers les gens d'esprit. Elle en eut une extremement dangereuse, pour laquelle il fut treuvé bon de faire faire essay de la sainteté de cette creature ; et pour cela, on la mit avec la bienheureuse Seur Marie de l'Incarnation, lhors encor mariee, ou estant chambriere et traittee un peu durement par feu monsieur Acarie , on descouvrit que cette fille n'estoit nullement sainte, et que sa douceur et humilité exterieure n'estait autre chose qu'une doreure exterieure que l'ennemy employoit pour faire prendre les pilules de son illusion, et en fin on descouvrit qu'il ny avait chose du monde en elle qu'un amas de visions fauses. Et quant a elle, on conneut bien que non seulement elle ne trompoit pas malicieusement le monde, mais qu'elle estait la premiere trompee, ny ayant de son costé aucune autre sorte de faute, sinon la complaysance qu'elle prenoit a s'imaginer qu'elle estoit sainte, et la contribution qu'elle faisoit de quelque simulation et duplicités pour maintenir la reputation de sa vaine sainteté.
Et tout cecy m'a esté raconté par la bienheureuse Seur Marie de l'Incarnation.
Voyes, je vous prie, ma chere Fille, l'astuce et finesse de l'ennemy, et combien ces choses extraordinaires sont dignes de soupçon. Neanmoins, comme je vous ay dit, il ne faut pas pour cela mal traitter cette pauvre Seur, laquelle, comme je croy, n'a point d'autre coulpe en son affaire que celle du vain amusement qu'elle prend en ces vaines imaginations. Seulement, ma tres chere Seur, il luy faut tesmoigner une totale negligence et un parfait mespris de toutes ses revelations et visions, tout ainsy que si elle racontoit des songes ou des resveries d'une fievre chaude, sans s'amuser a les refuter ni combattre ; ains au contraire, quand elle en veut parler, il faut luy donner le change, c'est a dire, changer de propos et luy parler des solides vertus et perfections de la vie religieuse, et particulierement de la simplicité de la foy, par laquelle les Saintz ont marché, sans visions ni revelations particulieres quelcomques, se contentans de croire fermement en la revelation de l'Escriture Sainte et de la doctrine apostolique et ecclesiastique, inculquant bien souvent la sentence de Nostre Seigneur : Il y aura plusieurs faiseurs de miracles et plusieurs prophetes ausquelz il dira a la fin du monde : Retires vous de moy, ouvriers d'iniquité ; je ne vous connois point (Mt 7,22 ; Lc 13,27)). Mais pour l'ordinaire, il faut dire a cette fille : Ma Seur, parlons de nostre leçon que Nostre Seigneur nous a recommandé d'apprendre, disant : Apprenes de moy que je suis humble et doux de cœur (Mt 11,29). Et en somme, il faut tesmoigner un mespris absolu de toutes ces revelations. Et quant au bon Pere qui semble les appreuver, il ne faut pas le rejetter ni disputer contre luy, ains seulement tesmoigner que, pour espreuver tout ce traffiq de revelations, il semble bon de le mespriser et n'en tenir conte. Voyla donq mon advis, pour le present, quant a ce point.
…………………………………………………………………………… J'avois oublié de vous dire que les visions et revelations de cette fille ne doivent pas estre treuvees estranges, parce que la facilité et tendreté de l'imagination des filles les rend beaucoup plus susceptibles de ces illusions que les hommes : c'est pourquoy leur sexe est plus addonné a la creance des songes, a la crainte des espritz et a la credulité des superstitions. Il leur est souvent advis qu'elles voyent ce qu'elles ne voyent pas, qu'elles oyent ce qu'elles n'oyent point et qu'elles sentent ce qu'elles ne sentent point.
Playsante histoire d'une de mes parentes, de laquelle le mary estant mort en Piemont, s'estant imaginee qu'il l'avoit laissee grosse, elle demeura en cette imaginaire grossesse quatorze mois, avec des imaginaires douleurs et des imaginaires sentimens des mouvemens de l'enfant, et a la fin cria tout un jour et toute une nuit parmi des tranchees imaginaires d'un imaginaire enfantement ; et qui l'eust creuë a son serment, elle eust esté mere sans faire aucun enfant.
Il faut donq traitter cet esprit la avec le mespris de ses imaginations, mays un mespris doux et serieux, et non point mocqueur ni desdaigneux. Il se peut bien faire que le malin esprit ayt quelque part en ces illusions ; mais je croy plustost qu'il laisse agir l'imagination, sans y cooperer que par des simples suggestions. La similitude apportee pour l'explication du mystere de la sainte Trinité est bien jolie, mays elle n'est pas hors de la capacité d'un esprit qui se complaist en ses propres imaginations.
……………………………………………………………….
Revu en partie sur une copie faite par M. Michel Favre, conservée à la Visitation de Venise.
MCDXCV AU PèRE GéRARD DE TOURNON, CAPUCIN L'esprit de contrariété là où devraient-régner l'union et la " conformité. " - Un poste favorable pour un ecclésiastique. - Sollicitude du Saint pour quelques paroisses du pays de Gex. - Son humilité et sa reconnaissance à l'égard. du destinataire.
Paris, fin 1618 ou commencement de 1619 .
Mon Reverend Pere,
Ce m'est un desplaysir sensible de voir un si grand manquement de douceur parmi messieurs nos ecclesiastiques de dela , et ne sçai ce que je ne ferois pas pour moderer leurs passions. Mays il ny a remede; l'esprit de contrarieté se fourre par tout, mais plus violemment ou il sçait que l'unité et conformité seroit de plus grande edification.
J'escris a monsieur le Curé affin qu'il ne remue rien ni contre M. Jaquin , ni contre M. Paris jusques a mon retour, qui sera, Dieu aydant, soudain apres Pasque (note 760).
Je seray bien ayse que M. Jaquin soit en quelque lieu ou il puisse s'exercer en sa vocation, puisqu'a Chevry il n'a pas la commodité, et comme quelques uns pensent, ni beaucoup de volonté, dautant qu'il ny a point encor fait de service. De sçavoir sil seroit expedient de le loger ou a Sessi, ou a Grilly, je n'en puis pas bien resoudre de si loin, encor que j'inclinerois plus tost a Grilly, puisque luy mesme y incline ; et je croy qu'il y fera bien, car il a asses de capacité pour se rendre capable, quand il voudra y soigner .
Reste, mon Reverend Pere, qu'il vous playse de vous treuver avec les trois ou quatre ecclesiastiques que je marque en la lettre que j'escris a M. le Curé, pour faire un advis de ce qui sera necessaire estre fait pour Sessi, Grilly, Chevry, Versoex, Thuery ; et j'escris un billet a monsieur Rogex affin qu'il face des provisions selon cela, ayant creance que je ne sçaurois mieux faire que de suivre si bon conseil.
Je ne suis pas prest a consentir qu'on oste le service de l'eglise de Gex, ni que M. Paris soyt maltraitté, car je l'estime trop. Que si j'ay treuvé bon que M. Jaquin ny eut plus rien a faire, ça esté par ce qu'il failloit preferer l'un des deux, dont le premier ne vouloit point de compaignon, ni le second de maistre.
Volontier je remetz M. Dagan en l'exercice de ses Ordres, et suis bien ayse que vous en rendiés bon tesmoignage , Je suis en butte a tous les complaignans, et puis en certaine façon dire : (2 Co 11,29) Quis infirmatur, et ego non infirmor ? Vous participés avec compassion, je m'asseure, a toutes nos imbecillités et miseres, et aves bon besoin d'exercer la patience parmi la multitude de nos impatiences, devant estre arbitre parmi nous, affin de nous tenir en paix et tranquillité d'esprit. Dieu en sera vostre recompense : ainsy l'en supplie-je, et demeure, Mon Reverend Pere, Vostre plus humble confrere et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.
Paris.
Au R. P. en N. S.
Le P. Gerard de Tournon, Praedicateur de l'Ordre des Capucins.
Gex.
Revu sur une copie authentique conservée à la Visitation d'Annecy.
ANNEE 1619
MCDXCVI A LA PRéSIDENTE DE HERSE Le Saint accepte une invitation et le carrosse de la Présidente.
Paris, 1619 .
V. + J.
De tout mon cœur, Madame, je me treuveray ou vous me marques et quand vous me marques, et ne refuse pas la commodité de vostre carosse, puisque je n'en ay point que de ceux qui me favorisent ; parmi lesquelz vous estes, je vous asseure, l'une des ames a laquelle je souhaite plus cherement, tendrement et fortement toute sorte de sainte consolation, estant sans fin et sans reserve, Vostre tres humble serviteur en Nostre Seigneur, FRANçs, E. de Geneve.
A Madame
[Madame] la Presidente de Herse.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Poitiers.
MCDXCVII A LA MèRE DE CHANTAL, A BOURGES Les aventures de Celse-Bénigne et les tourments de la Mère de Chantal.-Consolations et encouragements. - Le bonheur de ceux qui sont à Jésus-Christ. - Un prétendant grandement en peine.
Paris, 5 janvier 1619.
Vous aures, je m'asseure, receu deux de mes lettres ( 1490 et 1492), ma. tres chere Mere, quand celle ci arrivera, et croyes que je ne perdray desormais null'occasion.
Je suis grandement en peine de vostre affliction, bien que je n'en sache pas les particularités ; mais je voy bien, par ce peu de paroles que vous m'escrivés, que vous la sentés vivement . Ma tres chere Mere, cette vie mortelle est toute pleine de telz accidens, et les douleurs de l'enfantement durent souvent plus que les sages femmes ne pensent. En quelles occurrences pouvons nous faire les grans actes de l'invariable union de nostre cœur a la volonté de Dieu, de la mortification de nostre propre amour et de l'amour de nostre propre abjection, et en somme, de nostre crucifixion, sinon en ces si aspres assautz ? Ma tres chere Mere, vous ay-je pas souvent intimé la nudité de toutes les creatures, pour se revestir de Nostre Seigneur crucifié (Rm 13,14)?
Or sus, Dieu sera au milieu de vostre cœur, qui vous affermira, et j'espere qu'il conduira ce filz a bon port et que vous aurés encor la consolation interieure de le sçavoir .
Je me porte fort bien, et je pense qu'aujourdhuy on resoudra sur nostre affaire, qui a esté grandement agité . Plus je vay avant en la connoissance du monde, plus j'estime heureux ceux qui sont a Jesus-Christ, quoy qu'ilz endurent pour luy .
Je n'ay seulement pas loysir de revoir vostre lettre pour voir si j'y oublie rien. Annessi, tout va bien, graces a Dieu. Le bon M. de Forax est un peu malade, et grandement en peine sur le sujet de sa praetention . C'est, a mon gré, le plus digne d'amitié quil est possible de voir. Mon frere est encor aussi un peu mal de son pied. J'ay eu un certain engourdissement de jambes, qui passe, et ne m'a nullement empesché d'aller et faire tout ce que j'ay volu. J'avois grand desir de voir Monseigneur nostre Archevesque , mais puis qu'il ne vient pas, je me res-jouis en la consolation que vous aves de sa presence et luy bayse tres humblement les mains, et salue de tout mon cœur nos tres cheres Seurs ; qui suis infiniment, ainsy que vous sçaves, ma tres chere Mere, vous mesme, en une façon incomparable tout vostre.
A Paris, 1619, le V janvier.
Revu sur l"Autographe appartenant à M. le comte Sormani-Andreani, à Milan.
MCDXCVIII A UNE RELIGIEUSE Le cœur de l'Enfant Jésus ; ses attraits. - Une sainte jalousie. - Comment concourir, du fond du cloître, à la prédication du Saint. - Efficacité de la prière.
[Paris, vers le 6 janvier 1619 ]
Et croyes moy bien aussi, ma chere Fille, que ce m'est une fort particuliere consolation de recevoir de vos lettres et de vous envoyer des miennes. Vous estes bien aupres de cette cresche sacree en laquelle le Sauveur de nos ames nous enseigne tant de vertus par son silence. Mays, qu'est ce qu'il ne nous dit pas en se taisant ? Son petit cœur, pantelant d'amour pour nous, devroit bien enflammer le nostre. Mais voyes combien amoureusement il a escrit vostre nom dans le fond de son divin cœur, qui palpite la sur la paille pour la passion affectueuse qu'il a de vostre avancement, et ne jette pas un seul souspir devant son Pere auquel vous n'ayes part, ni un seul trait d'esprit que pour vostre bonheur. L'aymant attire le fer, l'ambre attire la paille et le foin : ou que nous soyons fer par dureté, ou que nous soyons paille par imbecillité, nous nous devons joindre a ce souverain petit Poupon, qui est un vrai tire cœur.
Ouy, ma Fille, ne retournons point en la region de laquelle nous sommes sortis (Mt 2,12) laissons pour jamais l'Arabie et la Chaldee, et demeurons aux piedz de ce Sauveur. Disons avec la celeste Espouse (Ct 3,4) : J'ay treuvé Celuy que mon cœur ayme, je le tiens, et ne l'abandonneray.
Helas ! ma chere Fille, l'envie que vous me portes procede elle de ce que je presche au monde les loüanges de Dieu ? 0 que c'est quelquefois un grand contentement au cœur de publier la bonté de ce qu'on ayme ! Mays si vous desires de prescher avec moy, je vous en prie, faites le, ma Fille, tous-jours, priant Dieu qu'il me donne des paroles selon son cœur et selon vos souhaitz. Combien de fois arrive il que nous disons des bonnes choses parce que quelque bonne ame nous les impetre ? Ne presche elle pas asses, et avec cet advantage, que n'en sçachant rien elle ne s'en enfle point ? Nous ressemblons aux orgues, ou celuy qui met le souffle fait en verité le tout et n'en porte point la loüange. Aspirés donq souvent pour moy, ma Fille, et vous prescheres avec moy ; et moy, croyes moy, je joins mon ame a la vostre tous les jours par le lien du tressaint Sacrement, que je ne reçoy point qu'avec vous et pour vous. Faites donq, ma Fille, faites mille fois le jour ces saintes aspirations a Dieu, protestant que vous estes toute, totalement, a jamais et eternellement sienne.
VIVE JESUS ! car c'est nostre vie (Ph 1,21). Qu'a jamais son saint amour vive et regne dans nos cœurs.
MCDXCIX A DONA GINEVRA SCAGLIA (EN ITALIEN) Au milieu des affaires de la cour, François de Sales n'oublie pas la vocation de sa fille spirituelle. - La conduite de la Providence sur ses serviteurs. - Quand différer l'exécution d'un vœu en toute sûreté de conscience.
Paris, 7 janvier 1619.
Illustrissime Madame, très honorée dans le Christ,
Voilà que M. le Marquis votre frère part avec toutes les dépêches aussi bonnes qu'on pouvait les souhaiter M'en remettant à ce qu'on apprendra par lui-même, je dirai seulement à Votre Illustrissime Seigneurie, que je ne manquerai pas de faire tout ce qui me sera possible auprès de Son Excellence M. le Comte , afin qu'il seconde votre pieux désir . S'il plaît à Dieu, j'aurai désormais plus de facilité de traiter avec lui ;
car il ne sera plus surchargé de tant d'affaires tandis qu'on attendra la venue du Sérénissime époux . Et vraiment, Son Excellence me favorise d'une confiance toute particulière, ce qui. me fait espérer pouvoir quelque chose sur elle.
Votre Seigneurie Illustrissime fait bien de remettre entre les mains de Dieu ce qui concerne le P. D. Juste ; et puisqu'il n'est pas au courant du fait . . . .. S'il s'élevait quelque calomnie, la divine Providence la fera bientôt cesser, car c'est ainsi qu'elle agit d'ordinaire avec ses serviteurs.
De grâce, que votre chère âme ne se laisse pas troubler par des scrupules touchant le vœu que vous avez fait d'être Religieuse ; car, qui ne diffère le paiement que pour payer en meilleure monnaie ne doit pas être appelé mauvais payeur, surtout lorsque le jour ni le temps n'ont pas été fixés. La charité est la reine de la conscience ; quand elle dit de différer pour la plus grande gloire de l'Epoux, la conscience ne doit point craindre. Votre Seigneurie attend l'heure où elle pourra tirer après soi plusieurs âmes : attendez donc et ne craignez rien, car sans aucun doute il est mieux de faire ainsi.
Je ne sais encore quand je retournerai en Savoie, mais je sais bien que, s'il plait à Dieu, je ne tarderai pas d'aller à Turin, ou avec le Sérénissime Cardinal, ou avec le Sérénissime Prince .
Que Votre Illustrissime Seigneurie vive toute en Dieu, à Dieu et pour Dieu ; de tout cœur je suis Son très humble et très assuré serviteur, FRANçOIS, Evêque de Genève.
7 janvier 1619, à Paris.
On arrête M. le Marquis jusqu'à samedi (note 793).
A l'Illustrissime et très honorée Dame, Dona Ginevra Scaglia.
Turin.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Harrow (Londres). MD A LA MèRE DE CHANTAL, A BOURGES (FRAGMENTS) Jésus crucifié et Jésus glorifié. - Quand est-ce que Dieu supporte notre fardeau avec nous.
Paris, 11 janvier 1619.
Ma Mere toute tres chere, Si vous n'aves gueres ni d'or, ni d'encens pour offrir a Nostre Seigneur, vous aures au moins de la mirrhe (Mt 2,11), et je voy qu'il l'accepte tres aggreablement, comme si ce fruit de vie vouloit estre confit en la mirrhe d'amertume, tant en sa naissance qu'en sa mort (Jn 19,39). En somme, Jesus glorifié est beau ; mais quoy qu'il soit tous-jours tres bon, si semble-il qu'il le soit encor plus crucifié. C'est, pour ce tems present, vostre Espoux, ma tres chere Mere ; a l'advenir, ce sera luy mesme glorifié. ……………………………………………………………………. Or sus, c'est Dieu qui veut ainsy mettre nostre cœur au sec ; ce n'est donq pas une rigueur, c'est une douceur. Voyla que je vous dis, ma tres chere Mere; et tout de mesme pour les nouvelles des desplaysirs de M. [de Chantal .] En fin, Nostre Seigneur, peut estre, nous veut ainsy conduire entre les espines desormais ; et je confesse, pour le regard de moy mesme en moy, qu'il en est bien tems : en vous, je le supplie de toutes mes forces qu'il attrempe tous-jours doucement son calice ; mais que nostre volonté ne soit pas faite, ains la sienne toute sainte (Lc 22,42). Ayés bon courage, car pourveu que nostre cœur luy soit fidele, il ne nous chargera point outre nostre pouvoir, et supportera nostre fardeau avec nous quand il verra que, de bonne affection, nous sousmettrons nos espaules. ..............................................................................
FRANçS, E. de Geneve.
Le 11 janvier 1619.
MDI A MADAME DE GRAN1EU Grand et doux moyen de n'être jamais séparés. - Une recherche inutile.- Où la Sainte Vierge tient son noviciat. - Nouvelles de la Mère de Chantal. - Prédications multipliées. - La mort de M. de la Coste.
Paris, 16 janvier 1619.
Je sçai bien, ma tres chere Fille, que vostre cœur bienaymé demeure doucement resigné entre les bras de la divine Providence. Soit que nous allions, soit que nous revenions, soit que nous soyons en un lieu, soit que nous soyons en divers lieux, pourveu que nous soyons avec Dieu nous ne pouvons jamais estre separés ; et mesme, si nous avons memoire de la parole de Nostre Seigneur quand il dit a sa tres chere Mere : Ne sçavies vous pas qu'il failloit que je fusse es affaires de mon Pere (Lc 2,49) ? car il veut dire que il importe peu ou que nous soyons, pourveu que nous vivions au service du Pere celeste. C'est pourquoy, ma tres chere Fille, nous serons tousjours ensemble et mon cœur sera [toujours ] inseparable du vostre, puisque, graces a Dieu, nous n'avons [qu'une] volonté, qui est d'accomplir la sienne selon nostre petitesse, abjection et misere.
Et bien, ma tres chere Fille, [votre lettre] m'a representé l'histoire du debat que vous eustes…….quand vous desirastes d'estre ma fille ; et il n'y a nul [mal] que vous ne sachies pas si bien exprimer en presence vos petites conceptions comme vous faites en absence. Ne vous [ mettez] nullement en consideration d'ou cela procede, car il n'importe [guère.]
Je participe par ressentiment au mal que monsieur vostre mari souffre et a la peine que vous en aves, parmi laquelle nostre tres sacree Maistresse et Abbesse vous peut bien donner de la consolation, vous menant sur la montaigne de Calvaire ou elle tient le noviciat de son monastere, monstrant la leçon non seulement de bien souffrir, mais de souffrir amoureusement tout ce qui nous arrive, et a nos plus chers. Je pense que le bon cousin, M. de La Gran , y aura bien esté pour apprendre a supporter le deplaysir que le trespas de son pere luy aura causé . J'ay prié Dieu pour cett'ame que j'honnorois beaucoup, mais je n'ay pas escrit a ce filz par ce que je n'ay sceu cett'affliction que tard et hors de sayson de consoler. Nostre Mere se porte bien a Bourges, et croy qu'elle viendra icy avant Pasques, puisque il y a de l'apparence qu'on y fera un Monastere , bien que jusques a present il y ayt eu des grandes traverses du costé de l'esprit mondain, qui a tous-jours un peu de credit, mesme parmi les gens de bien, [si qu'il faut être] grandement sur ses gardes.
Je me porte bien, ma tres chere Fille, quoy qu'accablé du travail des praedications [qu'il me faut] faire a tous propos, et devant les peuples et devant la cour ; mays cela ne durera que jusques a Pasques [que, Dieu] aydant, je me retirera y en mon petit bercail (note 760).
Dieu soit a jamais la vie de nos cœurs, ma tres chere [Fille, et] veuille y regner eternellement. C'est par luy et en luy que je suis et seray invariablement, tres absolument vostre, ma tres chere Fille, toute, certes, et a jamais bienaymee.
FRANçs, E. de Geneve.
XVI janvier 1619, a Paris.
Je voudrois bien avoir loysir d'escrire a madame de Saint André, car il m'est advis que je luy doy cela pour l'affliction que son cœur aura eu au trespas de monsieur de la Coste ; mays il ny a moyen. Je m'en vay prier pour elle, et vous prie de la saluer [humble]ment, ma tres chere Fille. Mays que dira nostre bonne et tres aymee Seur Marie Peronne ? Si je puis, je luy escriray, car je ne sçai si je pourray; [ mais] son cœur sçait bien de quell'affection je suis sien.
A Madame
Madame de Granieu.
Revu sur un fac-simile de l'Autographe, conservé à la Visitation d'Annecy.
MDII A MADAME DE VEYSSILIEU Le " tracas insupportable " de Paris. - Un cher malade en voie de guérison. - Ce qu'il faut pour vivre content en ce monde. - Filiale confiance en Dieu et paix entre ses bras.
Paris, 16 janvier 1619.
Il me semble, ma tres chere Fille, que vostre cœur est tellement asseuré de l'invariable affection que j'ay pour luy, qu'il ne sçauroit meshuy plus en douter : ce que Dieu fait est bien fait. Que si j'ay retardé a vous escrire, attribués-le, je vous prie, a ce tracas insupportable parmi lequel il faut faire plus qu'on ne peut et qu'on ne veut, et ne faire pas ce que l'on veut, encor que l'on le peut. J'ay bien apprehendé ci devant que la maladie du bon monsieur vostre pere ne vous tinst en peine ; mais maintenant que, graces a Dieu, il reprend forces et santé, je suis bien fort soulagé de ce costé la.
0 Dieu, ma tres chere Fille, que c'est une leçon digne d'estre bien entendue, que cette vie ne nous est donnee que pour acquerir l'eternelle ! Faute de cette connoissance, nous establissons nos affections en ce qui est de ce monde dans lequel nous passons ; et quand il le faut quitter, nous sommes tout estonnés et effrayés.
Croyés moy, ma cheri Fille, pour vivre content au pelerinage, il faut tenir presente a nos yeux l'esperance de l'arrivee en nostre patrie, ou eternellement nous arresterons; et ce pendant croire fermement (car il est vray) que Dieu qui nous appelle a soy regarde comme nous y allons, et ne permettra jamais que rien nous advienne que pour nostre plus grand bien. Il sçait qui nous sommes, et nous tendra sa main paternelle es mauvais pas, affin que rien ne nous arreste. Mais pour bien jouir de cette grace, il faut avoir une entiere confiance en luy.
Ne prevenes point les accidens de cette vie par apprehension, ains prevenes les par une parfaite esperance qu'a mesure qu'ilz arriveront, Dieu, a qui vous estes, vous en delivrera. Il vous a gardee jusques a present ; tenes vous seulement bien a la main de sa Providence, et il vous assistera en toutes occasions, et ou vous ne pourres pas marcher, il vous portera (Dt 1,31). Que deves vous craindre, ma tres chere Fille, estant a Dieu, qui nous a si fortement asseurés qu'a ceux qui l'ayment tout revient a bonheur (Rm 8,28) ? Ne pensés point a ce qui arrivera demain (Mt 6,34), car le mesme Pere eternel qui a soin aujourd'huy de vous, en aura soin et demain et tous-jours : ou il ne vous donnera point de mal, ou s'il vous en donne, il vous donnera un courage invincible pour le supporter.
Demeures en paix, ma tres chere Fille; ostés de vostre imagination ce qui vous peut troubler, et dites souvent a Nostre Seigneur : 0 Dieu, vous estes mon Dieu (Ps 30,15), et je me confieray en vous (Ps 24,2),. vous m'assisteres et seres mon refuge (Ps 90,2), et je ne craindray rien, car non seulement vous estes avec moy (Ps 22,4), mais vous estes en moy, et moy en vous (Jn 15,4). Que peut craindre l'enfant entre les bras d'un tel pere ? Soyés bien un enfant, ma tres chere Fille ; et, comme vous sçaves, les enfans ne pensent pas a tant d'affaires, ilz ont qui y pense pour eux ; ilz sont seulement trop fortz s'ilz demeurent avec leur pere. Faites donq bien ainsy, ma tres chere Fille, et vous seres en paix. Amen. Vostre tres humble serviteur, FRANçs, E. de Geneve.
De Paris, le 16 janvier 1619.
MDIII A LA MèRE DE CHANTAL, A BOURGES Abjuration d'un gentilhomme. - A quelles conditions peut-on recevoir les infirmes à la Visitation. - Sans jambes, si elle n'est point estropiée de cœur, une Sœur est capable de tous les exercices essentiels de la Règle. – " La plus brave princesse" qui se puisse voir et le cartel de son royal fiancé. - Celse-Bénigne s'apprivoise avec le Saint ; ce qui lui manque pour faire des merveilles. - Le projet de mariage entre Mlle de Chantal et M. de Foras.
Paris, 19 janvier 1619.
Ma tres chere Mere,
Je reviens asses tard des Benedictins ou, graces a Dieu, j'ay receu au giron de l'Eglise un fort honneste gentilhomme, de bon esprit et de bonnes lettres , et si, je doy prescher demain ; c'est pourquoy je vous respondray courtement a vos lettres precedentes.
Nous ne vous envoyerons pas encor ni l'une ni l'autre de ces dames : l'une, qui est la mariee, par ce qu'elle ne veut donner que cinq cens francz de pension, se sousmettant, quant au reste, que sa fille de chambre estant espreuvee, si elle n'est propre a demeurer on la puisse chasser ; et pour ses moyens, bien qu'elle ne se determine a rien, si me semble-il qu'elle se laissera conduire. L'autre, qui est a mon gré une brave et digne femme, par ce que voulant meshuy essayer si nous pourrons faire reuscir nostre dessein sans ce bon seigneur, qui, a la verité, est incomparable a tenir les affaires en longueur, nous aurons grandement besoin d'elle et de sa conduite qui est tres bonne .
Ce sera eternellement mon sentiment qu'on ne laisse jamais de recevoir les filles infirmes en la Congregation, sinon que ce fut des infirmités marquees aux Regles , telle que n'est pas celle de [cette] fille qui n'a point d'usage de ses jambes, car, sans jambes, on peut faire tous les exercices essentielz de la Regle: obeir, prier, chanter, garder le silence, coudre, manger, et sur tout avoir patience avec les Seurs qui la porteront, quand elles ne seront pas prestes et promptes a faire la charité ; car il faudra souvent qu'elle supporte celles qui la porteront, si l'esprit de dilection ne les porte. Si donq ell'a de quoy nourrir celles qui la porteront, je ne voy rien qui doive empescher sa reception, si elle n'est point estropiee de cœur ; ains je l'ayme, la pauvre fille, de tout mon esprit .
Nostre Mme de Gouffier ne s'en ira pas, et je vay. espiant une bonne commodité pour revoir un peu son esprit .
Vous ne doutes plus de nostre mariage, je m'asseure ; car vous aures sceu meshuy que le contract fut solemnisé il y a 9 jours, que tout s'est passé avec un bonheur nompareil . Les ambassadeurs ont visité nostre chere petite Madame, avec tiltre de Vostre Altesse et conjouissance de son mariage : c'est la plus brave Princesse quil est possible de voir. Le Roy a escrit a M. le Prince de Piemont avec le tiltre de beau frere ; le Roy d'Espagne a rendu tesmoignage d'aggreement. En Piemont et Savoye on a fait des allegresses incroyables les festes de Noel, lors que le Prince eut receu les couleurs des faveurs ou les faveurs de couleurs de Madame ; et le Prince publia un cartel pour un tournois general, auquel il invite toute l'Italie a venir voir mourir a ses pieds tous ceux qui diront que l'amarante n'est pas la plus belle de toutes les couleurs, et la Princesse qui favorise cette couleur, la plus digne qui est (sic) jamais esté, et que chevalier qui est son esclave n'est pas le plus heureux du monde. Mais certes, je ne sçai pas trop bien l'histoire de ce cartel ; aussi n'est elle pas trop propre pour estre leüe en refectoir. Je veux dire en somme que nostre mariage est fait, et Son Altesse ne fit jamais tant de demonstration d'une veritable et extraordinaire [joie] comm'il fait maintenant. M. le Prince sera icy dans troys semaines (note 796). Voyla pour ce point.
Monsieur le Baron de Chantal me fit presque mentir quand je vous escrivis, car il arriva ceans comme j'avois envoyé la lettre, et commença fort a s'apprivoyser avec moy, mays il ne me parla point de ses affaires. Je feray tous mes effortz pour le faire entrer au service de Monseigneur le Prince, et croy quil ne sçauroit mieux faire. Mays ce que je crain, c'est que d'abord on ne le mettra pas en fortune, ains faudra qu'il la gaigne par la sujettion et par sa vertu, bien que, moyennant cela, il y a apparence qu'il la fera proportionnee a sa condition. Je luy en parleray a la premiere comodité. Qui luy pourroit persuader que la douceur et courtoysie est incomparablement plus honnorable que la violence et fierté, le mettroit au chemin de faire des merveilles. Vous sçaves, ma tres chere Mere, que la mayson du Prince est un monastere, et que pour chose du monde il ne veut souffrir les desordres ; et bien que venant icy il veuille s'accommoder a la liberté du païs, si est ce quil la veut vertueuse. Somme toute, je feray tout mon pouvoir pour le filz de ma tres chere Mere, le frere de ma tres chere seur , et le neveu d'un tel oncle qui m'en escrit.
M. de Forax le rencontra, et se firent mille caresses ; mais par ce que c'estoit en rue ilz ne parlerent de rien. Ce qui tient en peine M. de Forax, c'est premierement qu'il ne sçait ou aller prendre la finale conclusion de son mariage, ou de sa praetention (note 788), puisque madamoyselle de Chantal n'est pas au pres de vous, et que, ni elle sans vous, ni vous sans elle ne feres rien. 2. Il ne sçait encor si M. de Chantal le voudra, mais de ce second il s'en pourra esclarcir. 3. Il ne sçait ni combien on luy donne de dote, ni si elle sera liquide, ou sil faudra la prendre des mains de M. de Chantal. Pour moy, j'explique ces choses a ma façon, n'entendant rien aux termes et ceremonies avec lesquelles il faut proceder en un'affaire que je ne fis jamais, Dieu merci. Et je vous asseure que le pauvre garçon n'en est guere plus grand docteur que moy, ouy bien en toute sorte de vertu, pieté et courtoysie ; et luy est advis qu'encor qu'il n'espouseroit pas Mlle de Chantal, laquelle pourtant il a bien envie d'espouser, il ne laisseroit pas d'estre vostre filz.
Mon engourdissement de jambes n'est rien de douloureux, ni qui m'empesche de marcher des que j'ay fait dix ou douze pas (note 789).
Je pense que c'est que je suis vieux ; en somme, ce n'est rien, je vous asseure. Mon frere est au lit, mais il se porte bien. M. Flocard est tous-jours icy nostre camarade, et tous-jours plein de vertu et de respect pour vous. Dieu vous benisse et toutes nos Seurs ; mays Dieu vous benisse, ma tres chere Mere, que je cheris plus que moymesme, ou comme moymesme,
A Paris, le 19 janvier 1619
Je m'en vay faire response a Monseigneur nostre Archevesque , et puis a Mme du Puys d'Orbe qui m'a envoyé homme expres. Ma tres chere Mere, je suis tout vostre, A Madame
[Madame] de Chantal.
[A] la Visitation. Bourges,
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Thonon. MDIV A LA MêME Celse-Bénigne recommandé au Cardinal de Savoie. - Affectueux éloges de M. de Foras. - Projet de fondation dans la capitale. - Les Haudriettes. - Monde et mondains. - Messages d'affection paternelle.
Paris, 21 janvier 1619 .
Ma tres chere Mere,
Je vous escrivis avanthièr (lettre 1503), non sans un grand empeschement, car j'estois grandement chargé, et croyois que le messager deut partir hier de grand matin ; despuis, j'ay receu la lettre ci jointe de la pauvre petite seur , et un'autre par laquelle elle me dit que je face entrer sa fille aupres de nostre Princesse, ce que je m'essayeray de faire, Dieu aydant . Voyla une lettre de ma Seur Claude Agnes , que vous verres; puisque elle dit que elles n'ont point de vos nouvelles, je luy vay [écrire que vous êtes] asses bien, Dieu aydant.
J'ay des-ja parlé a M. nostre bon Prince Cardinal pour favoriser l'entree de monsieur le Baron de Chantal au service de M. son frere (note 819) ; il m'a promis de s'y employer. J'en parleray ou il faudra, et feray tout ce qui sera en moy. M. de Forax m'a veu ce matin et vit hier monsieur de Chantal duquel, ainsy qu'il m'a dit, il receut nouvelles caresses et comme de frere a frere. Je ne dis ceci pour rien, mais je le dis a ma chere Mere : si j'avois une seur digne de M. de Forax et que j'eusse cinquante mille escus a luy donner, je le ferois de tout mon cœur . Plus je vay, plus je l'ayme.
Nous avons fait une petite conference ce matin, de troys dames , pour voir comme nous ferons pour le dessein de l'introduction de nostre Visitation. Nous treuvons treze mille escus d'or et quinze cens francz de revenu pour commencer; de sorte que nous allons travailler a bon escient, et la bonne fille Mme de Gouffier va revoir toutes les dames qui doivent estre de la partie, pour estre bien asseurés de l'affaire.
Quant a l'autre dessein, il subsiste tous-jours et je le laisse sur pied. Chacun n'est pas de la bonté de nostre Monseigneur l'Archevesque , car on veut reconsiderer nos Regles, et chacun y treuve son adire, qui d'une façon, qui d'un' autre. Nous sommes reduitz a cette proposition, qu'on recevra dans les Audriettes nos Seurs, a la charge qu'elles recevront des filles, des l'aage de 14 a 15 ans, qui ont besoin de se retirer pour faire choix de leur vocation, lesquelles seront en un quartier a part, ou deux ou trois des Seurs les gouverneront ; et pendant le tems qu'elles demeureront, ne sortiront point et vivront en obeissance, en attendant que Dieu leur envoye l'inspiration ou quelque parti, . Voyci maintenant mon sens : je leur laisseray faire le projet, et si es particularités de la besoigne il y a chose qui repugne, on refusera ; car ce sera asses tost quand ilz me parleront clair, ce que jusques a present ilz n'ont pas fait. Cependant, en me proposant le parti, ce sera asses appreuver nostre Institut et praejuger pour le recevoir. Mon Dieu, que ce grand embaras de Paris rend les affaires difficiles !
Faites bien mes excuses vers Monseigneur nostre Archevesque si je ne luy escris pas fort au long. Peut estre aurons nous besoin de la faveur de monsieur le Grand pour tesmoigner des qualités de monsieur le Baron de Chantal, affin que non seulement il entre au service du Prince, mais qu'il entre d'abord en qualité qui le puisse contenter et messieurs ses parens ; mais je croy que M. le Grand le fera volontier. Vous ne sçauries croire, ma tres chere Mere, combien tout est recherché en ce tems icy ; je croy que le monde va finir, car tous ont peur qu'il ne leur manque. Or sus, ma tres chere Mere, saches que nostre partage en ce monde est en la croix ; il le sera en l'autre en la gloire . Amen, amen. Vive Jesus !
Je salue tres cherement ma Seur Anne Marie, ma Seur Marie Marthe, ma Seur Anne Catherine, ma Seur Helene, ma Seur... Je vous asseure que je ne treuve pas maintenant les autres qui sont avec vous, car je les vis si vistement a Lyon que je ne l'observay pas. Or sus, toutes, toutes, de tout mon cœur. Amen.
Revu sur l'Autographe conservé au Petit Séminaire de Zillisheim (Hte-Alsace).
MDV A LA SOEUR DE LA ROCHE, ASSISTANTE-COMMISE DE LA VISITATION D'ANNECY Gracieuse annonce de François de Sales à sa correspondante. - Sainte liberté et surnaturelle prudence à garder au sujet des confesseurs extraordinaires. - Espérances pour l'établissement de la Visitation à Paris. - Salutations.
Paris, 21 janvier 1619.
Ma tres chere Fille,
Non, je vous prie, ne vous retenes point de m'escrire quand il vous plaira, car pourveu que vous ayes patience de ne recevoir des responses que quand j'auray la commodité de les faire, je n'auray jamais que beaucoup de contentement d'avoir souvent de vos lettres ; car si vous ne le sçaves pas, je vous annonce que vous estes bien ma tres chere fille .
Pour le point que vous me marques, il ne faut nullement alterer la regle du confesseur extraordinaire ; ni aussi estonner ce (sic) Seurs infirmes qui ont appetit d'avoir communication avec le confesseur extraordinaire plus souvent que quatre fois l'annee. Mais il faut que si les Seurs n'ont pas la confiance de demander a parler a luy, luy mesme l'ayt de demander de parler a elles quelquefois, et sil ne l'avoit pas, il faut que vous la luy donnies, si c'est un Pere qui la puisse recevoir ; car, comme il faut pourvoir d'une juste liberté aux Seurs pour la communication, aussi les faut-il retenir dans la regle de la simplicité et humilité ; et n'est pas raysonnable que la foiblesse de quelques unes face multiplier les confessions extraordinaires a toute la Congregation, et mette en tristesse et ennuy le pauvre confesseur ordinaire. Bref, si chasque Seur veut estre de croire en ses appetitz interieurs, la sousmission et la liayson se perdra, et, avec elle, la Congregation: dequoy Dieu nous veuille garder. Celles donq qui voudront communiquer extraordinairement, qu'elles le facent en esprit d'une. douce liberté, et qu'elles se confessent, sil [leur] plait, en communiquant, sans solliciter les autres au mesme desir et sans les forcer par menees a les imiter.
Nostre Mere se porte bien, graces a Dieu . Icy, nous taschons a vaincre les tentations suscitees contre l'introduction de la Visitation, et espere que nous le ferons (lettre 1504). Dieu vous benisse, ma tres chere Fille, et je suis en luy tres parfaitement vostre. Je salue de tout mon cœur nos cheres Seurs, que j'ayme infiniment en Nostre Seigneur d'un'affection incomparable.
XXI janvier 1619, Paris.
Je salue par vostre entremise madame la P[residente] ma tres chere fille , et Mme de Vars , et si la chere seur de la Flechere estoit la, m[ille et] mille foys. Je pensois escrire tout plein, mais ...
A ma tres chere Seur en N. S.,
Ma Seur C. Agnes, Vice Supe de la Visitation.
Annessi.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Amiens.
MDVI A LA COMTESSE DE ROSSILLON Prière d'agréer une protestation de respect et d'affection. - Souhait du cœur.- Délicat conseil à une jeune cousine.
Paris, 27 janvier 1619 .
Madame ma tres chere Cousine, ma Fille,
Laisserois-je bien aller aupres de vous ce digne frere , sans luy donner ces quatre motz par lesquelz il vous puisse tesmoigner la protestation que je luy ay faite de lhonneur et, si vous me le permettes, de l'amour que je vous veux porter toute ma vie ? Faites moy, je vous prie, la faveur, ma tres chere Fille, de l'avoir aggreable, et de me departir reciproquement le bonheur que je desire tant, d'estre conservé en vostre bonne grace. Au demeurant, perseveres bien, ma tres chere Fille, a reluire en vertu et pieté devant Dieu et les hommes, puisque sa divine Majesté vous a donné et l'inclination, et l'inspiration, et la resolution pour cela. C'est le souhait que fait mon cœur pour le vostre bienaymé, ma tres chere Cousine, ma Fille, et suis Vostre tres humble cousin et serviteur, FRANçs, E. de Geneve. Je salue bien cherement madamoyselle de Tornon, ma cousine , et desire bien qu'elle ayme plus la beauté d son ame et face plus pour l'accroissement d'icelle que pour celle de son cors, car il y a longtems u'elle sçait bien que j'ayme son cœur.
XXVII janvier, a Paris.
A Madame
Madame la Comtesse de Rossillion.
Bezançon.
Revu sur l'Autographe conservé chez les RRdes Sœurs Augustines, à Rœulx (Belgique, Prov.de Hainaut).
MDVII A MADAME DE VILLENEUVE Des tentations "plus ennuyeuses que perilleuses. "- Promesse d'une entrevue.
Paris, janvier ou février 1619.
Ma tres chere Fille, Ayant bien veu la lettre que vous me donnastes aux Benedictins , j'ay certes ressenti grandement la peine de celle qui me l'a escritte, non que pour cela je la voye en aucun danger, mais par ce qu'ell'est affligee ; et j'ay tant de part en elle qu'il est impossible que son affliction ne m'afflige. Ces grandes tentations sont plus ennuyeuses que perilleuses.
0 Dieu, que sa foy est bonne et qu'ell' est grande ! (Mt
15, 28) car si elle n'estoit grande et forte, elle ne ferait pas des repugnances si pressantes aux suggestions. Graces a Dieu, ma tres chere Fille, qui esprouve cet'ame, comme j'espere, pour la bien affiner en l'amour de son abjection et en la mortification de sa propre estime . Quand vous me verres apres le sermon, ou aujourdhuy ou demain, nous prendrons jour et heure pour parler avec elle. Cependant, voyla des lettres. Nous apprendrons aujourdhuy ou demain des nouvelles des despeches de nostre Sainte Marie . Bonjour, ma tres chere Fille; le doux Jesus soit a jamais au milieu de vostre cœur. Amen.
Revu sur l'Autographe conservé au Carmel du Mans.
MDVIII A LA MèRE DE CHANTAL, A BOURGES (FRAGMENT) Les craintes de la prudence humaine au sujet de la fondation d'un Monastère de la Visitation à Paris.
Paris, vers le 20 février 1619 .
……………………………………………………………………… 0 ma chere Mere, que la prudence humaine est admirable ! Croiries vous que des grans serviteurs et servantes de Dieu m'ont encor dit aujourd'huy que la douceur et la pieté de nostre Institut estoyent tellement au goust des espritz françois, que vous osteries toute la vogue aux autres Maysons religieuses ; que quand on auroit veu cette madame de Chantal, il n'y auroit plus que pour elle. Or sus, cela n'est rien. Dieu, qui voit que nous ne venons pas a Paris pour nous faire voir, mais affin de faire voir a sa Bonté plusieurs ames s'acheminer purement a son saint service, nous aydera. Je respons de la sincerité de vos intentions comme des miennes propres, si tien et mien se doit dire entre nous, que Dieu a unis pour luy rendre un mesme service. …………………………………………………………..
Revu sur le texte inséré dans le Ms. original des Mémoires, etc., par la Mère de Chaugy, conservé à la Visitation d'Annecy.
MDIX A DONA GINEVRA SCAGLIA (EN ITALIEN) Détails sur la mort du comte de Verrua. - Consolations à sa fille. - La pensée du prince de Piémont sur la fondation de la Visitation à Turin. Une vertu plus nécessaire que la magnanimité.
Paris, 17 mars 1619.
Illustrissime Madame et Fille bien aimée dans les entrailles du Christ,
Voici que, à l'horloge de la divine Providence, ayant sonné pour M. le Comte votre père l'heure du départ de cette vie, pour s'en retourner entre les mains du Créateur d'où son âme était sortie, il a fait heureusement ce passage . En effet, quoiqu'il eût reçu il y a quelque temps le bienfait de l'absolution et de la Communion, quinze jours ou trois semaines environ avant sa mort il fit encore une confession, et continua à se confesser presque chaque jour à mesure qu'il se rappelait ses fautes. Il voulut que je le visitasse, et traita avec moi de la manière qu'il pensait tenir pour assurer sa conscience. Depuis lors, quand j'allais le voir, il me parlait avec un amour plein de révérence pour la dignité dont je suis revêtu, quoiqu'indigne ; ce qui montrait bien sa religion. Puis, se découvrant, il me tendait la main pour que je la touchasse et demandait ma bénédiction. Le moment venu de lui administrer le saint Viatique, on craignit de le troubler, et on me chargea de lui en parler ; je le fis, et trouvai qu'il l'agréait très volontiers. Aussi, pour satisfaire sa dévotion et son respect, je le lui donnai moi-même, et ensuite l'Extrême-Onction. Il resta deux jours et demi en agonie, et tant qu'il conserva l'usage de ses sens, il témoigna que son esprit était tourné vers le Seigneur. Bien que je l'eusse vu quelques heures avant sa mort, je ne fus cependant pas présent au suprême passage, dont personne ne s'aperçut, sauf mon frère qui eut le bonheur de lui donner la dernière bénédiction.
J'ai voulu écrire tout cela à Votre Seigneurie Illustrissime parce que, me semble-t-il, la conclusion de saint Paul (1 Th 4,18) est bonne: Consolez-vous donc en ces paroles, car cette consolation suffit aux enfants de Dieu, que leurs défunts aient reçu avant leur départ les secours efficaces de la sainte Eglise. Et pour Votre Seigneurie, j'ajoute la consolation de saint François (S.Bonav Legend. S.Franc. Ass 2) ;
maintenant, n'ayant plus de père temporel, vous pourrez dire avec plus de vérité : Notre Père, qui êtes aux cieux (Mt 6,9). Aussi, est-ce au nom de ce Père céleste que j'ai commencé à vous appeler : Ma Fille bien aimée. Je ne sais pas les particularités du testament, quoique j'aie été témoin de l'approbation qui en fut donnée par le notaire.
Il me reste à vous dire que le Sérénissime Prince a toujours sa volonté bien arrêtée pour la fondation du Monastère . On lui écrit de Piémont, que cette affaire est en bonne voie, dit-il ; mais quand il n'en serait pas ainsi, il arrangera toutes choses à son retour. Enfin, ajoute Son Altesse, il faut avoir un peu de patience, et si Votre Seigneurie s'inquiète et ne veut pas attendre, qu'elle vienne à Annecy. Mais moi je dis qu'il vaut mieux que vous attendiez un peu, pour la plus grande gloire de Dieu et le salut des âmes ; car il ne se passera guère que quelques mois tout au plus, avant de voir la fin de cette affaire . Hélas ! Madame ma très chère Fille, les choses du service de Dieu ne se font qu'avec ces difficultés et délais ; c'est pourquoi il faut avoir non seulement la magnanimité, mais encore, et bien plus, la longanimité.
Je n'écrirai pas à notre Père D. Juste, cet homme selon mon cœur ; mais il sait bien que je l'aime et révère de toute mon âme. Veuillez le lui dire, et que Dieu daigne combler Votre Seigneurie Illustrissime de ses très saintes bénédictions. De Votre Seigneurie Illustrissime, Le très humble et très assuré serviteur, FRANçOIS, Evêque de Genève.
Le 17 mars 1619.
Revu sur une ancienne copie conservée à la Visitation de Turin.
MDX A LA MèRE DE CHANTAL, A BOURGES (FRAGMENTS) Nécessité de presser le départ pour Paris. - Hardiesse de l'entreprise. - Renouveler son courage pour le service de Dieu.
Paris, 21 ou 22 mars 1619 .
Ma tres chere Mere,
Je vous escris peu, selon mon desir ; beaucoup selon mon loysir, dont je n'eus jamais moins, ce me semble, ni jamais plus de force et de santé. En somme donq, vous aures, le Samedi saint, un carrosse a Orleans, qui y arrestera le jour de Pasques, passé lequel vous pourres partir et venir . Je voy la mortification qu'il y a de voyager parmi ces bons jours et, pour toute bonne chose, je voudrois vous delivrer de cette peine ; mays nous sommes pressés de mon retour, pour l'incertitude du tems auquel il me le faudra faire , et chacun crie que vous venies avant mon depart. En quel estat sont les affaires, vous l'apprendres de la bonne madame de Royssieux , une toute bonne, toute vertueuse……………………………………………………………. Cette affaire s'entreprend sous la seule Providence de Dieu C'est un coup de hasard, et plus que cela ; mays Dieu requiert que l'on le fasse, et il vaut mieux n'estre appuyé que sur sa tressainte Providence que de se gouverner selon la sagesse et prudence humaine. ………………………………………………………… Ma chere Mere, prenons nouveau courage, ou plustost renouvellons nostre ancien courage pour faire merveilles au service de Dieu et de nostre bienaymee petite Congregation qui est toute sienne. ……………………………………………………………….
MDXI A MADAME DE VEYSSILIEU Quatre lignes sorties du cœur. - Aspirer aux contentements de l'éternité à mesure que Dieu nous sèvre de ceux de ce monde.
Paris, 26 mars 1619 .
Ma tres chere Fille,
Si j'estais aupres de vous, je vous dirois bien plus de choses que je n'en sçaurois escrire, et si j'estois en un autre lieu je vous escrirois plus amplement que je ne puis faire en celuy ci. Ces quattre lignes partent de mon cœur pour faire sçavoir au vostre que si je ne l'ay visité de presence en son affliction, ç'a esté, je vous asseure, d'une affection grande et avec beaucoup de sentimens. Mais en fin, ce pere est trespassé en sorte que, si la foy de la vie eternelle regne en nos espritz comme elle doit, nous devons estre grandement consolés. Petit a petit, Dieu nous sevre des contentemens de ce monde ; oh ! ma tres chere Fille, il faut donq ardemment aspirer a ceux de l'immortalité, et tenir nos cœurs eslevés au Ciel ou sont nos pretentions et ou nous avons meshuy une grande partie des ames que nous cherissons le plus. Qu'a jamais soit beni le nom de Nostre Seigneur (Ps 112, 2) et que son amour vive et regne au milieu de nos ames. La mienne salue cordialement la vostre, et suis, ma tres chere Fille, tres parfaitement Vostre tres humble serviteur, FRANçs, E. de Geneve.
A Paris, le Mardi saint.
MDXII A UNE DAME ( INéDITE) Une jeune fille prisonnière chez les hérétiques.
Paris, 5 avril 1619.
Madamoyselle, Parce que l'autre jour je vous vis en peine pour Dorothee , j'ay creu que je devois vous donner advis qu'hier, revenant du Louvre tout de nuit, je treuvay ceans des Peres Benedictins qui me dirent qu'une jeune fille s'estoit peu auparavant addressee a eux pour me faire sçavoir que Dorothee estoit detenue par force chez madame de la Trimouille , qui l'avoit mise entre les mains de deux ministres, et que ce matin ilz la vouloyent emmener, et non obstant toutes les resistances qu'elle faysoit. Je pense que de Geneve on aura mis ordre icy pour faire cela ; mays je ne voy quasi point de remede, et mesme estant contraint, comme je suis, de partir pour aller a quatre lieues d'icy , d'ou je ne seray de retour que ce soir, et croy que des ce matin on a emmené cette fille. Demain j'auray le bien de vous voir, sil plait a Dieu, et ce pendant, je prie sa divine Majesté qu'elle vous comble de ses plus favorables benedictions, qui suis, Madamoyselle, Vostre serviteur tres humble, FRANçs, E. de Geneve.
Revu sur l'Autographe conservé au Noviciat de la Compagnie de Saint-Sulpice, à Issy (Paris).
MDXIII A MADAME ANGéLIQUE ARNAULD, ABBESSE DE PORT-ROYAL A MAUBU1SS0N Ce que le Saint a vu dans le cœur de la destinataire. - Pourquoi Dieu n'exauce pas tout de suite nos prières. - La Visitation fondée à Paris.
Paris, 26 avril 1619.
Madame, Ce me sera tous-jours une fort particuliere consolation quand j'auray le bonheur de recevoir de vos lettres ; car en verité, je vous cheris et honnore parfaitement, puis qu'il a pleu a Nostre Seigneur de me faire voir vostre cœur, et au milieu d'iceluy, le sacré desir d'aymer invariablement cette divine Bonté, en comparayson de laquelle comme il n'y a rien de bon, aussi n'y a-il rien d'aymable. Mays croyes bien, ma tres chere Fille (car je ne puis empescher mon cœur de pousser ce mot cordial), croyes, je vous supplie, que si mes souhaitz sont exaucés, vous feres un continuel progres en cette sainte dilection ; car je n'oublieray jamais d'en supplier Dieu et de luy offrir plusieurs Sacrifices a cette intention. Mais il faut dire quelque chose sur vostre lettre.
Vous voyes comment la Providence celeste est douce envers vous, et qu'elle ne differe son secours que pour provoquer nostre confiance. L'enfant ne perira jamais, qui demeurera entre les bras d'un Pere qui est tout puissant. Si nostre Dieu ne nous donne pas tous-jours ce que nous luy demandons, c'est pour nous retenir aupres de luy et nous donner sujet de le presser et contraindre par une amoureuse violence, ainsy qu'il fit voir en Emmaüs, avec ces deux pelerins avec lesquelz il n'arresta que sur la fin de la journee, et bien tard, et quand ilz le forcerent (Lc 24,29).
En somme, il est gracieux et debonnaire ; car soudain que nous nous humilions sous sa volonté, il s'accommode a la nostre. Tasches donq, ma tres chere Fille, a fortifier de plus en plus vostre confiance en cette sainte Providence, et l'adorés frequemment en vos retraittes spirituelles, et par ces regars interieurs dont nous parlons en la prattique . Je loüe Dieu que vous soyes plus constante, nonobstant vos perpetuelz tracas domestiques, parmi lesquelz il faut faire valoir vostre dilection, comme le courage es batailles.
Madame de Chantal est icy avec sa petite trouppe. Le vingt huitiesme avril elle commenceront a chanter les Offices en publiq , ayant treuvé beaucoup plus de faveur en l'ame de Monsieur le Cardinal , que les premieres apparences ne promettoyent.
Je ne manqueray pas d'imprimer un singulier amour pour vostre personne en cette Congregation, specialement au cœur de madame de Chantal, vous asseurant que je desire grandement que vous soyes toute comblee de cette pure charité qui vous rende a jamais aymable a Dieu et a toutes les creatures qui le servent. Ainsy soit il. Et je suis sans fin, Vostre tres humble et tres certain serviteur et frere, FRANçs, E. de Geneve.
Le 26 avril, a Paris.
MDXIV A LA MèRE DE CHANTAL, A PARIS Une journée laborieusement et fructueusement employée. - Proposition d'une maison pour les Filles de la Visitation.
Paris, 28 avril 1619 .
Ma tres chere Mere,
Voicy le conte de ma journee. Ayant passé toute la matinee a Saint Germain et deux heures qu'au chemin qu'en chaire, et un'heure et demi avec des dames qui me sont venu voir apres le sermon, j'ay treuvé le bon M. Berger qui ira voir M. le grand Vicaire , pour luy annoncer et faire treuver bon le jour auquel vous commenceres a paroistre , estimant que ce compliment estoit necessaire. Dela je suis allé chez Mme la Marquise de Verneüil, que j'ayme certes bien, car ell'est, a mon advis, bien franche . Or, elle m'a dit enfin quil failloit prendre la mayson qui est pres de l'hostel de Guise et qui est, ce dit elle, a madamoyselle de Creil ; et qu'elle la nantira d'une rente qu'elle respondra de valoir 24 mille escus, dont par apres vous luy tiendres conte a commodité, ce qu'elle veut donner detrait. Elle dit plus : que l'hostel du Cardinal de Guyse, qui est proche de cette mayson, nous sera encor vendu si nous voulons. Mays prenes garde, neanmoins, qu'on ne luy desrobe pas ses tapisseries. Ne voyla pas une bonne negociation ? Or sus, Dieu soit au milieu de nostre cœur, ma tres chere Mere.
Revu sur l'Autographe appartenant à Mme la marquise Pensa, à Turin.
MDXV A LA MêME Annonce d'une visite, et d'un visiteur qu'il faut traiter avec prudence.
Paris, 29 ou 30 avril 1619 .
Ma tres chere Mere,
Je m'en vay a vous tout presentement, mays M. Berger y arrivera peut estre encor plus tost que moy. Tesmoignes luy beaucoup d'obligation, et si d'aventure il parloit de la charge des Pœnitentes , ne le rebuttes pas, ains dites simplement que pour maintenant vous n'aves point de personnes capables de cela, et que si Dieu en envoye a l'advenir, ce sera aux Superieurs d'en disposer selon que Dieu les inspirera ; car en ce pais il faut grandement estre en respect.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
MDXVI A LA MèRE DE CHASTEL SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE GRENOBLE (FRAGMBNT INéDIT) La présidente Le Blanc parmi les Anges.
Paris, commencement de mai 1619
…………………………………………………………………… Vous n'aves donq plus parmi vous, ma tres chere Fille, Mme la Presidente Le Blanc ; or, je croy qu'elle est parmi les Anges. En verité, c'estoit une rare femme ; Grenoble perd en elle un rare exemple de vertu . ………………………………………………………………..
Revu sur le texte inséré dans l' Histoire manuscrite de la Fondation de la Visitation de Grenoble.
MDXVII A LA MèRE DE CHANTAL, A PARIS En quête d'un carrosse.
Paris, mai 1619 .
J'envoyeray prier M. des Hayes de prester son carrosse et de vous aller prendre ; s'il se treuve prest, je m'asseure qu'il le fera. Si moins, il faudra, comme tous-jours, avoir patience. Je pense toutefois que si on prioit Mme de Royssieux (note 863), peut estre vous envoyeroit elle bien le sien, ou madame la Contesse de Joigni ; et je m'advise que celuy de Mme de Royssieux n'est pas a elle, mais a son beaufrere .
Nostre Seigneur soit au milieu de vostre cœur.
Revu sur l'Autographe qui se conservait chez les PP. Missionnaires de Saint-François-de-Sales d'Annecy.
MDXVIII A M. MICHEL BOUVARD Insuccès des démarches du Saint en faveur de M. de Quoex. - Recommandations au sujet de diverses affaires.
Paris, 18 mai 1619.
Monsieur,
Respondant a la derniere lettre que vous aves pris la peine de m'escrire, je vous diray que je n'ay rien oublié de tout ce que j'ay peu pour servir le pauvre M. le Collateral de Quoex en son affiiction . Mays, a ce que je voy, mes remonstrances et supplications ont esté charmees par quelque esprit contraire, la force duquel Dieu a permis avoir esté plus grande. De dire d'ou ce malheur m'est arrivé, je ne le puis qu'en devinant. Les tribulations ne seroyent pas tribulations si elles n'affiigeoyent, et les serviteurs de Dieu n'en sont gueres exempts ; leur bonheur est reservé pour la vie future. Et neanmoins, j'espere que le coup que M. le Collateral recevra ne sera pas si grand comme l'apprehension. Monseigneur le Duc de Nemours escrit a messieurs ses officiers qu'ilz luy donnent advis sur la demande que je fay des protocoles du chastelain Musici , que M. [Barfelly ] a pris et gardés jusques a present de son authorité. Je vous prie de prendre la peine de les instruire de mon droit, comme encor de ne vous lasser pas a bien conduire par vos advis l'affaire que j'ay avec M. de Marcossey . Je suis cependant de tout mon cœur, .Monsieur, Vostre tres humble, tres affectionné serviteur, FRANçs, E. de Geneve.
18 may 1619, a Paris.
A Monsieur [Monsieur] Bouvart, Advocat au souverain Senat de Savoye.
MDXIX A MADAME ANGéLIQUE ARNAULD, ABBESSE DE PORT-ROYAL A MAUBUISSON Les pensées de François de Sales sur la confiance qu'on lui témoigne. - Pourquoi il est bon de prendre avis de diverses personnes. - Réponse à la crainte de suivre ses inclinations tout en obéissant. - Promesse d'une visite ou d'une lettre.
Paris, 25 mai 1619.
Madame,
Non, je vous supplie, ne soyes jamais en crainte de m'importuner par vos lettres ; car je vous dis en vraye verité qu'elles me donneront tous-jours une tres grande consolation, tandis que Dieu me fera la grace d'avoir le cœur en sa dilection, ou du moins desireux de la posseder. Or cela soit dit pour une bonne fois.
Il est vray, sans doute, ma tres chere Seur, que si je ne fusse pas venu en cette ville, malaysement eussies-vous peu communiquer vos affaires spirituelles avec moy ; mais puisqu'il a pleu a la Providence celeste que j'y sois, il n'y a nul inconvenient que vous employes cette occasion, si vous penses qu'il soit a propos. Et ne croyés nullement que j'aye cette cogitation que vous recherchies l'excellence du personnage, car, bien que cette sorte de pensee est grandement convenable a ma misere, si est ce qu'en telles rencontres elle ne me vient pas ; ains au contraire, il n'y a peut estre rien qui soit plus capable de m'acheminer a l'humilité, admirant que tant de serviteurs et servantes de Nostre Seigneur ayent une si grande confiance en un esprit si imparfait comme est le mien. Et je prens un grand courage sur cela de devenir tel qu'on m'estime, et espere que Dieu me donnant la sainte amitié de ses enfans, me donnera la sienne tressainte, selon sa misericorde, apres qu'il m'aura fait faire une penitence convenable a mon mal. Mais j'ay quasi tort de vous dire tout ceci.
C'est donq ce meschant esprit qui, a jamais privé d'amour sacré, voudroit empescher que nous jouissions des fruitz de celuy que le Saint Esprit veut estre prattiqué entre nous, affin que, par les reciproques communications saintes, nous ayons moyen de croistre en sa celeste volonté. Il est malaysé, ma tres chere Seur, de treuver des espritz universelz qui puissent esgalement bien discerner en toutes matieres : aussi n'est il pas requis d'en avoir de telz pour estre bien conduit, et n'y a point de mal, ce me semble, de recueillir de plusieurs fleurs le miel qu'on ne peut pas treuver sur une seule. Ouy ; mais, ce me dites vous, ce pendant je vay dextrement favorisant mes inclinations et humeurs. Ma chere Seur, je ne voy pas qu'il y ayt grand danger en cela, puisque vous ne voules pas suivre vos inclinations qu'elles ne soyent appreuvees ; et quoy que vous cherchies des juges favorables, si est ce toutefois que, les prenant bons, sages et doctes, vous ne sçauries mal faire de suivre leurs opinions, bien que desirees par vous, pourveu qu'au reste vous proposies naifvement vos affaires et les difficultés que vous aves. Il suffit, ma tres chere Seur, de se sousmettre aux advis, et n'est pas ni necessaire ni expedient de les desirer contraires a nos inclinations, ains seulement de les vouloir conformes a la loy et doctrine celeste. Pour moy, je pense que nous ne devons pas appeller les amertumes en nos cœurs comme fit Nostre Seigneur, car nous ne les pouvons pas gouverner comme luy ; il suffit que nous les souffrions patiemment. C'est pourquoy il n'est pas requis que nous marchions tous-jours contre nos inclinations, quand elles ne sont pas mauvaises et qu'ayant esté examinees elles ont esté treuvees bonnes.
Il n'y a pas grand mal d'ouyr les personnes et les affaires du monde quand c'est pour y mettre du bien, et ne faut pas estre pointilleuse en l'examen qu'on en fait ; car c'est chose moralement impossible de demeurer beaucoup au fin point de la moderation. Mays, ma tres chere Seur, je ne voudrois pas que vous manquassiés a l'orayson, au moins de demi heure, sinon que ce fust pour des occasions violentes, ou quand l'infirmité corporelle vous tient.
Au reste, je feray l'une des deux choses ; car, ou je vous escriray avant mon depart plus au long, ou je vous iray voir au jour que j'ay marqué a ce bon et aymable porteur Et croyes, je vous supplie, que rien ne m'empeschera d'avoir ce dernier [ contentement] que l'impossibilité, et prendray tout le loysir que vous desires; tant il est vray que je desire infiniment le vostre, et que Dieu m'a donné une tres singuliere affection pour vostre cœur , que sa divine Majesté veuille combler de benedictions. Alhors donq nous parlerons a souhait de vostre conduitte et de tout ce qu'il vous plaira me proposer, sans que je m'excuse de rien, sinon quand je n'auray pas la lumiere requise pour vous respondre. J'auray une grande satisfaction de revoir Mme vostre chere seur quand il luy plaira . Demeurés donq toute en Dieu, ma tres chere Fille, et en luy je seray a jamais, sans reserve et de toute mon ame, Vostre tres humble frere et invariable serviteur, FRANçs, E. de Geneve.
Le 25 may.
Je salue infiniment Mlle vostre petite seur et la supplie de prier Dieu pour moy .
MDXX A M. SOUDAN DE LA PALME (INéDITE) Un parrain heureux des nouvelles de son filleul. - Prochain départ de Paris. - Deux adresses pour les lettres.
Paris, 25 mai 1619.
Mon Filieul,
J'ay esté grandement ayse d'avoir appris de vos nouvelles et que vous soyes en cet honneste exercice que vous faites. Je ne vous sçaurois asseurer de mon sejour en cette ville, par ce que devant faire mon retour a la suite de Madame sœur du Roy, nostre Princesse, je seray obligé de partir quant et elle, qui partira sur la fin de ce moys, comme l'on dit {note 760), Mays je vous diray bien que vostre pere se portoit fort bien quand je vins, et vos freres aussi. Vous pourres tous-jours, quand vous voudres, nous faire sçavoir de vos nouvelles, addressant vos lettres icy, a Maurice des Melliers , valet de chambre de monsieur [le] Comte de Moret , qui est de nos voysins de Thorens ; ou bien mesme a Roüen, a monsieur l'advocat Monet, qui est de la Bonneville . Cependant, je prie Dieu qu'il vous benisse, mon Filieul, et suis de tout mon cœur, Vostre plus affectionné parrein, amy et voysin a vous faire service, FRANçs, E. de Geneve.
Le 25 may 1619.
A Monsieur Soudan de la Palme,
escrivain. A Honnefleur.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation du Mans.
MDXXI A MADAME DE CHARMOISY (INéDITE) L'Evêque de Genève solliciteur pour Mme de Charmoisy. - Difficultés d'obtenir et circonspection à garder dans les demandes. - Approches du retour en Savoie.
Paris, 28 mai 1619.
Ma tres chere Cousine, ma Fille,
Pour Villy, je croy que nous obtiendrons ce que nous demandons. Pour la chatelanie de Salanche, Monsieur me l'accorda il y a long tems, et tascheray d'en faire faire les despeches, mays, a ce que j'entens, ce sera inutilement. Pour Samoen, je ne voy pas que pour le present cela se puisse .
Quant a M. Meynier , Monseigneur le Prince n'estant pas icy, ains a la cour, a Tours , je ne voy pas qu'on y puisse faire autre chose. Mays croyes moy, je vous supplie, que quand il y seroit, nous n'en aurions rien davantage, ni par la voye de Madame, qui ne demande rien en matiere d'affaires que ce que Monseigneur son mari luy suggere de demander ; et il ne veut rien toucher, ni d'une sorte ni d'autre, a ce qui doit estre pris des mains de Son Altesse . Et si vous voyies ce que je voy, vous ne douteries point de cette verité, ni monsieur Meynier non plus ; et icy comme ailleurs, mais plus icy qu'ailleurs, il faut aller tendrement aux demandes. Mays vous sçaures mieux tout ceci bien tost, que j'auray lhonneur de vous voir, sil est vray que Monseigneur le Prince s'en aille dans 15 jours, et Madame dans 15 apres, comm'on nous dit . Je suis icy tout fin seul des serviteurs de Son Altesse.
Je prie Dieu qu'il vous comble de benedictions, ma tres chere Cousine, ma Fille, et suis de tout mon cœur, Vostre tres humble cousin et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.
Je n'oublie point le desir de monsieur de Vallon, mon cousin , et m'essayeray de le faire reuscir ; mais j'attens l'occasion plus propre, et tandis, je le salue tres humblement.
Le 28 may 1619, a Paris.
A Madame
Madame de Charmoysi.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Montluel.
MDXXI bis (lettre MMXXXVII du volume XXI reclassée) (1)
A LA MèRE DE CHANTAL, A PARIS (FRAGMENT) Ce qui a réjoui l'âme du saint Evêque.
Paris, [janvier-mai] 1619 (2).
………………………………… Que mon ame me fit grand playsir de ne les vouloir pas seulement regarder, et de ne tenir non plus de conte de cela que si j'eusse esté en l'article de la mort, auquel tout le monde ne semble qu'une fumee !….
Revu sur le texte inséré dans le 1er Procès de Canonisation.
(1)Lettre découverte tardivement et reclassée à la date voulue (2) le P. de la Rivière (Vie de l'Ilme et Rme François de Sales, 1625, liv. IV, chap. XIV, p. 418) et Charles-Auguste (Histoire, etc., liv. IX, pp. 526, 527) relatent les paroles suivantes comme ayant été prononcées dans un entretien, le lendemain du jour où le cardinal de Retz demanda à l'Evêque de Genève " d'accepter la coadjutorie et survivance de l'evesché de Paris, avec pension de dix-huict à vingt mille francs, et plaine authorité de tailler et coupper à sa volonté. " Le second des historiens cités dit même que l'interlocuteur du Saint fut le président Favre. Mais sainte Jeanne-Françoise de Chantal affirme dans sa déposition (ad art. 33) : " Il escrivit, et j'ay veu la lettre escrite de sa main, et l'ay leuë. " Nous croyons donc devoir nous arrêter à son témoignage, et même la désigner pour destinataire de ces lignes, puisque l'ami du Bienheureux était à Paris avec lui, et que d'ailleurs Longueterre (La Vie de tres-illustre Messire François de Sales, 1624, p. 390) rapporte d'autres paroles dites au " premier President de Savoye " en cette occasion. D'après les historiens du Saint, Henri de Gondi lui aurait fait ses premières avances dans les jardins de Fontainebleau ; or, vers le 8 mai 1619, la cour de France quitta la capitale pour se rendre à Tours, où le Cardinal-Archevêque dut la suivre : de ce double fait, la date approximative indiquée. (L8, note 905 ; L9, note 92).
MDXXII A MADAME DE VILLESAVIN Comment supporter les petites persécutions des enfants du monde. - Salomon, ses richesses, et " son inenarrable malheur. " - La devise du Christ. - Un adieu jusqu'à l'éternité. - Pourquoi se réjouir de s'être aimés en cette vie.
Paris, mai l6l9.
Ma tres chere Fille, Vous seres souvent parmi les-enfans de ce monde qui, selon leur coustume, se moqueront de tout ce qu'ilz verront ou penseront estre en vous contre leurs miserables inclinations. Ne vous amuses point a disputer avec eux, ne tesmoignes nulle sorte de tristesse de leurs attaques; mais, avec joye, riés de leurs risees, mesprises leur mespris, joües vous de leurs remonstrances, moques vous modestement de leurs moqueries et, sans faire attention a tout cela, marches tous-jours gayement au service de Dieu, et, au tems de l'oraison, recommandes ces pauvres espritz a la divine misericorde. Ilz sont dignes de compassion de n'avoir point d'intention d'honneste entretien qu'en riant et gaussant sur des sujetz dignes de respect et reverence.
Je voy que vous abondes en commodités de la vie presente ; prenes garde que vostre cœur n'y demeure point engagé. Salomon, le plus sage des mortelz, commença son inenarrable malheur par la complaysance qu'il prit es grandeurs, ornemens et magnifiques appareilz qu'il avoit, bien que tout cela fust selon sa qualité (3 R 10,14 ; Eccles 2,4). Considerons que tout ce que nous avons ne nous fait estre rien plus en effect que le reste du monde, et que tout cela n'est rien devant Dieu et les Anges.
Souvenes vous, ma tres chere Fille, de bien faire la volonté de Dieu es rencontres ou vous aures le plus de difficulté. C'est peu de chose de plaire a Dieu en ce qui nous plaist : la fidelité filiale requiert que nous luy voulions plaire en ce qui nous desplaist, nous remettans devant les yeux ce que le grand Filz bienaymé disoit de soy mesme : Je ne suis pas venu pour faire ma volonté, mays pour faire la volonte de Celuy qui m'a envoyé (Jn 6,38) ; car aussi n'estes vous pas chrestienne pour faire vostre volonté, mais pour faire la volonté de Celuy qui vous a adoptee pour estre et sa fille et son heritiere eternelle (Rm 8,15).
Au reste, vous vous en alles, et moy je m'en vay aussi, sans aucune esperance de vous revoir en ce monde. Prions bien Dieu qu'il nous face la grace de vivre tellement selon son bon playsir en ce pelerinage, qu'estant arrivés en la celeste patrie nous nous puissions res-jouir de nous estre veus icy bas et d'y avoir parlé des mysteres de l'eternité. En cela seul nous devons prendre joye de nous estre aymés en cette vie: que le tout a esté pour la gloire de sa divine Majesté et nostre salut eternel. Conserves la sainte gayeté cordiale qui nourrit les forces de l'esprit et edifie le prochain.
Alles ainsy en paix, ma tres chere Fille, et Dieu soit a jamais vostre protecteur. Qu'a jamais il vous tienne de sa main et vous conduise au chemin de sa sainte volonté (Ps 72,24). Ainsy soit il, ma tres chere Fille, et je vous prometz que tous les jours je renouvelleray ces sacrés souhaitz sur vostre ame, que la mienne cherira a jamais inviolablement. Et a Dieu soit a jamais loüange, action de graces et benediction. Amen (Ap 7,12).
FRANçs, E. de Geneve.
MDXXIII A LA MèRE DE CHANTAL, A PARIS Un conseil de conscience. - Ce qui " osta un peu l'asseurance " au saint prédicateur.
Paris, mai ou juin 1619 .
Monsieur de la Pause me parla hier, et espere de conduire l'affaire a bon port . Il me dit toutefois que Monseigneur de la Rochefoucault vouloit assembler un conseil de conscience pour se determiner, et peut estre est ce pour cela que le P. Superieur de Saint Louys vous veut parler . Moy je me porte bien, et hier je n'eu nulle peine, sinon en la si longue attente qu'on fit faire aux auditeurs, qui me donna certes de l'inquietude, et m'osta un peu l'asseurance ; mays, comme vous sçavés, ces choses-la sont de peu de consideration en moy qui suis certes tous-jours de plus en plus vostre en Nostre Seigneur. J'eu le bien d'entretenir un peu Monseigneur d'Ayre. Mon Dieu, que c'est un digne Praelat ! Or sus, Nostre Seigneur soit a jamais au milieu de vostre cœur. Amen.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Montélimar.
MDXXIV A MADAME ANGéLIQUE ARNAULD, ABBESSE DE PORT-ROYAL A MAUBUISSON Les noms de " plus grande force pour tesmoigner la dilection. " - Un sentiment que le Saint veut conserver soigneusement. - Desseins de Dieu sur l'Abbesse de Port-Royal. - Le livre de D. Sens et la manière de le comprendre. - Remarque pleine de sagesse et de délicatesse de l'Evêque de Genève au sujet de la doctrine du Général des Feuillants. - Ne pas trop se charger d'austérités.
Paris, vers 15-20 juin 1619.
Il n'y aura donq plus en moy de Monsieur pour vous, ni en vous de Madame pour moy ; les anciens, cordiaux et charitables noms de Pere et de Fille sont plus chrestiens, plus doux, et de plus grande force pour tesmoigner la dilection sacree que Nostre Seigneur a voulu estre entre nous. Et je dis ainsy hardiment, que Dieu a voulu estre entre nous, parce que je le sens puissamment, et ne croy pas que ce sentiment puisse venir d'ailleurs. Et de plus, je connois qu'il m'est proffitable et qu'il m'encourage a mieux faire : c'est pourquoy je le conserveray soigneusement. De vous dire que vous en facies de mesme, je ne le feray pas; car s'il plait a Dieu, il vous l'inspirera, et je ne puis douter qu'il ne le face. Or sus donq, ma tres chere Fille, c'est la verité que je suis meshuy en si grande incertitude du tems de mon depart (note 860) que je n'ose plus me promettre la consolation de vous revoir de mes yeux mortelz ; mays si j'en ay le loysir, je le feray tres affectionnement, et si je croy que vostre cœur bienaymé en doive recevoir quelque notable utilité, je feray tout ce que je pourray pour cela.
Cependant, ma tres chere Fille, souvenes vous souvent de ce que je vous ay dit : Dieu a jetté les yeux sur vous pour se servir de vous en choses de consequence et vous tirer a une excellente sorte de vie. Portés donq respect a son eslection et suivés fidelement son intention.
Animes continuellement vostre courage d'humilité, et vostre humilité, c'est a dire vostre misere et le desir d'estre humble, animes les de confiance en Dieu, en sorte que vostre courage soit humble et vostre humilité courageuse.
Parsemes toutes les pieces de vostre conversation, tant interieure qu'exterieure, de sincerité, douceur et allegresse, suivant l'advis de l'Apostre (Ph 4, 4) : Resjouisses vous tous-jours en Nostre Seigneur; je vous dis de rechef, res-jouisses vous. Que vostre modestie soit conneuë de tous les hommes. Et s'il est possible, soyes esgale en humeur, et que toutes vos actions se ressentent de la resolution que vous aves faite d'aymer constamment l'amour de Dieu.
Ce bon porteur, que j'ayme cordialement parce qu'il est tout vostre, vous porte le livre du P. Dom Sens, General des Feüillans, ou il y a une grande et profonde doctrine spirituelle, pleine de maximes tres importantes . S'il vous sembloit qu'il vous portast hors de la sainte allegresse que je vous conseille si fort, croyes que ce n'est pas sa pretention, ains seulement de rendre serieuse et grave cette joye, comme aussi faut il qu'elle soit. Et quand je dis grave, je ne dis pas morne, ni affectee, ni sombre, ni desdaigneuse, ni altiere, mais je veux dire sainte et charitable. Le bon Pere a une opinion, fondee en sa vertu et humilité, qu'on ne puisse pas passer un jour sans peché veniel, dont on se puisse accuser en confession. Mais l'experience en ceci m'a fait voir le contraire, car j'ay veu plusieurs ames bien examinees ne dire rien que je peusse remarquer estre peché ; et entre autres, l'heureuse servante de Dieu, madamoyselle Acarie . Je ne dis pas que peut estre il ne se passast quelques coulpes venielles ; mais je dis qu'elle ne les pouvoit remarquer en son examen, ni moy reconnoistre en sa confession, et que partant j'avois rayson de luy faire repeter l'accusation de quelque coulpe ancienne.
Vous ne dires point ceci a personne, s'il vous plait, ma tres chere Fille ; car je revere si hautement ce bon Pere et tout ce qu'il dit, que je ne voudrois pas qu'il sceust qu'en ceci mesme je me retirasse de luy. Outre que je ne sçai pas comme il aura touché cet article, ne l'ayant pas leu en son livre, que je n'ay point veu encor, ains seulement le luy ayant ouy dire ; et je parle a vostre cœur confidemment.
Ne vous charges pas de trop de veilles ni d'austerités (et croyés moy, ma tres chere Fille, car j'entens bien ce que je dis en ceci), mais alles au Port Royal de la vie religieuse par le chemin royal de la dilection de Dieu et du prochain, de l'humilité et de la debonnaireté.
Si jamais vous m'escrives des nouvelles de vostre cœur, vous n'aves point besoin de vous signer, ni de marquer le lieu d'ou vous m'escrives, ni de parler de vous, ains seulement de la fille que je vous ay recommandee. Je ne sçay pourquoy je vous escris si largement ; c'est mon cœur qui ne se lasse pas de parler au vostre, mais il faut que je finisse pour entrer au bain, puisque je suis entre les mains du medecin .
Dieu soit a jamais au milieu de vostre cœur, ma tres chere Fille, et je suis de tout le mien invariablement, Vostre Pere et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.
MDXXV AU PRINCE DE PIéMONT, VICTOR-AMéDéE Une dame d'honneur de la princesse de Piémont retenue à Paris.
Paris, 19 juin 1619.
Monseigneur,
La bonne madame de Saint George fait elle mesme par lettre ses excuses a Vostre Altesse, dequoy elle ne s'est peu mettre en chemin pour suivre Madame ; mays elle n'a pas l'asseurance de nommer la cause de son retardement, par ce qu'elle est extraordinaire pour elle qui, n'ayant peu devenir grosse en tant d'annees de son mariage, a rencontré ce contentement en celle ci, comme plus heureuse pour la benediction des noces. Et d'autant qu'elle m'a prié de l'escrire a Vostre Altesse, je l'ay fait, Monseigneur; suppliant encor pour moy vostre bonté de se resouvenir que je ne suis plus icy, il y a quelques moys, que pour y attendre les commandemens qu'elle me fera au retour de M. Carron , puisqu'elle me l'a ordonné, et qu'en tout je veux vivre, De Vostre Altesse, Monseigneur, Le tres humble, tres obeissant et tres fidele orateur et serviteur, FRANçS, E. de Geneve.
Paris 19 juin 1619
MDXXVI AU DUC ROGER DE BELLEGARDE Instante requête au destinataire pour l'heureuse conclusion d'un procès entre les chanoines de Saint-Pierre de Genève et les habitants de Seyssel.
Paris, 21 juin 1619.
Je n'ay garde, certes, Monsieur mon tres cher Filz, de donner la liberté a mon cœur d'entretenir le vostre, maintenant qu'il est tout environné des affaires de la cour . La seule necessité de mon Eglise me dispense de ce respect, pour vous supplier, comme je fay tres humblement, de vouloir retirer la connoissance du different qui est entre maditte Eglise et les sieurs habitans de Sessel (note 673) par devant vous, au tems et au lieu qu'il vous plaira de marquer. Non que nous voulions vous donner l'importunité d'assister a la meslee des allegations qui se feront de part et d'autre, mais seulement nous souhaiterions que l'affaire se passast en lieu ou vous puissies, en un mot de vostre authorité, determiner ce qui sera jugé convenable par ceux a qui il vous plaira de donner le soin de voir le droit et le juste ; autrement, Monsieur mon Filz, il ny a nul moyen de finir cette conteste, laquelle toutefois est de consequence pour le repos des ames des uns et des autres.
Playse vous donq, je vous en supplie de rechef tres humblement, de nous faire a tous cette grace, et d'advertir les uns et les autres de vostre volonté, affin que, ce pendant, le proces cesse, et qu'ilz se prœparent a venir, icy ou a Digeon, au tems de vostre commodité. Et bien que je nomme ces deux lieux, ce n'est pas pour praevenir vostre volonté, aips seulement pour tesmoigner qu'y ayant en l'un et en l'autre des gens dignes de creance, il sera peut estre plus a propos d'y faire venir des parties qui ont besoin d'estre rangees par l'advis de juges de qualité, et sur tout par vostre commandement.
Je suis encor icy pour quelques jours, attendant ce qu'il plaira a Monseigneur le Prince de Piemont de m'ordonner sur mon retour , lequel, si je fay selon mon souhait, se fera du costé ou vous serés, pour avoir encor le bien et le contentement de vous revoir et recevoir lhonneur de vos commandemens. Et tandis, je prie Dieu, Monsieur mon ires cher Filz, qu'il vous comble de toute parfaite prosperité avec tout ce qui vous est plus cher, et suis invariablement, d'un cœur paternellement passionné, Vostre tres humble et tres obeissant serviteur, FRANçs, E. de Geneve.
XXI juin 1619, a Paris.
A Monsieur
Monsieur de Bellegarde,
Marquis de Seurre, etc.
Revu sur l'Autographe conservé à l'Hospice du Grand-Saint-Bernard.
MDXXVII A LA MèRE DE CHANTAL, A PARIS Un sentiment de l'âme du Saint au lieu d'un bouquet du désert, - Deux regards qui rendent bienheureux. - Comment faire la grille du chœur- La première profession à la Visitation de Paris.
Paris, 23 juin 1619
Ma tres chere Mere,
Je voudrois bien, certes, avoir quelque beau bouquet du desert de nostre glorieux saint Jean pour le presenter a vostre chere ame ; mais la mienne, plus sterile que le desert, n'a sceu y en treuver aujourdhuy, bien qu'en verité ell'ayt eu ce matin et ayt encor presentement un certain petit, insensible sentiment de ne vouloir plus vivre selon la nature, mais, tant qu'il se pourra, selon la foy, l'esperance et la charité chrestienne, a l'imitation de cet homme angelique que nous voyons, dans ce profond desert, ne regarder que Dieu et soymesme. O que bienheureux est l'esprit de celuy qui ne void que ces deux objetz, dont l'un le ravit a la dilection souveraine, et l'autre le ravale a l'abjection extreme ! car, que pouvoit dire ce grand hermite, en un lieu ou il n'avoit que Dieu et luy, sinon : " Qui estes vous, Seigneur, et qui suis-je (Speculum vitae S.Franc.)
"
Quant a vostre treille, je pense qu'il la faut, pour le present, faire de boys, tandis que vous estes a louage, et qu'il y faut faire une porte, sans que toute la treille s'ouvre ; car, quant a la Profession, le Pontifical reveu et imprimé par ordre du Pape, fait sortir les filles pour venir faire le vœu ; et quant a parer l'autel, on verra si on pourra continuer a faire .
…………………………………………………………………………… Je n'y voy nul inconvenient; mais il faut subir l'esprit des autres. Vrayement, si on veut faire professer ma chere Seur Anastase le jour de la Visitation, je seray bien ayse d'estre l'officiant, et on pourra supplier un de ces seigneurs pour un autre jour ou pour le Dimanche dans l'octave ……………………………………………..
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Poitiers.
MDXXVIII A UNE DAME Pourquoi on ne peut pas recevoir Mme du Tertre à la Visitation de Paris.- Réserve et prudence du saint Evêque.
Paris, juin 1619 .
Madame,
J'ay promis a madame Goulay de vous tenir advertie de ce que j'aurois fait en son affaire, et je tiens parole. Je n'ay encor rien sceu apprendre distinctement de la resolution prise par messieurs du Conseil de Monseigneur le Cardinal de Retz . Je croy neanmoins que je la sçauray ce soir, ayant supplié
M. de Pierrevive, son Vicaire general , de m'en esclaircir.
Mays pourtant, les Seurs de la Visitation disent qu'elles se sont apperceuës que ledit Conseil ne treuve nullement convenable qu'elles reçoivent cette bonne dame , parce que leur Monastere est tout composé de Novices, et si recent en cette ville que la reputation en est delicate, comme regardé curieusement en ce commencement, et regardé de beaucoup d'espritz fort tendres ; que, de plus, ledit Conseil a mis en consideration que mon dit seigneur le Cardinal avoit tous-jours declairé qu'il ne souffriroit jamais qu'on y entrast, sinon pour y vouloir demeurer tout a fait: qu'en suite de cela il fut conclu qu'on ne la recevroit point pour quelque tems ; mais que si elle estoit bien tendre et qu'elle voulust estre Religieuse a bon escient, on la pourroit recevoir, comme vous me dites vous [mesme, quand on] auroit bien espreuvé sa vocation, et qu'une des bonnes marques seroit qu'elle se contentast d'aller pour quelque tems en quelqu'un des monasteres de France, pour ensuite revenir icy. Voyla en substance ce que j'en appris hier de la Mere Superieure , laquelle me nomma son autheur, bien digne de foy ; mais parce qu'il n'est pas du Conseil, je m'addressay hier a M. de Pierrevive, qui, je m'asseure, me donnera plus de clarté.
Cependant, Madame, vous jugeres que si la chose est telle, je ne dois rien dire sur ces Messieurs, estans les interpretes du Prelat ; et n'estant icy qu'en attente de mon depart, je dois en tout et par tout suivre leurs sentimens, outre que ce seul bruit donne tant d'apprehension a ces Seurs, que s'il est vray, je n'oserois leur persuader une reception de laquelle elles auroyent tant de degoust.
Vous mesnageres, s'il vous plait, cet advis, en attendant celuy que je vous donneray soudain que j'auray receu response de monsieur le grand Vicaire; et tenes moy, je vous en supplie, Madame, pour Vostre bien humble, et tres affectionné serviteur, FRANçs, E. de Geneve.
MDXXIX A MADAME ANGéLIQUE ARNAULD, ABBESSE DE PORT-ROYAL A MAU BUISSON Une confession générale faite " a la desrobee. " - Promesse d'un revoir.- Le chemin d'une " excellente sorte de vie. " - Divin compagnon de route ; manière de le suivre. - Méditation du Saint sur la Communion.
Paris, 25 juin 1619.
Je ne vous escris pas, ma tres chere Fille, car je n'en ay pas le loysir ce matin, un'ame pressee de retourner aux chams et venant faire sa confession generale a la desrobee m'ostant cette commodité. Je salue seulement vostre chere ame, a laquelle il ne se peut dire combien la mienne chetifve est affectionnee, ne cessant de luy desirer la perfection du divin amour. Et vrayement, je la reverray avant mon depart, s'il se peut , affin que la connoissant encor plus particulierement, je puisse, si Dieu en dispose ainsy, la servir plus a son souhait es occurrences.
Dites cependant a cette fille bienaymee que je vous ay tant recommandee et que j'ay tant a cœur , que je persevere a luy dire que Dieu la veut tirer a une excellente sorte de vie ; dont elle doit benir cett'infinie Bonté qui l'a regardee de son œil amiable. Mays je luy dis aussi que le chemin par lequel elle doit suivre cette vocation n'est point extraordinaire ; car, ma chere Fille, c'est une douce, paysible et forte humilité, et une tres humble, forte et paysible douceur.
Dites luy, ma tres chere Fille, qu'elle ne doit en sorte quelcomque penser si elle sera des ames basses ou des hautes, ains qu'elle suive la voye que je luy ay marquee, et qu'elle se repose en Dieu ; qu'elle marche devant iceluy en simplicité et humilité ; qu'elle ne regarde point ou elle va, mais avec qui elle va. Or, j'entens qu'elle va avec son Roy, son Espoux et son Dieu crucifié ; ou qu'ell'aille, elle sera bienheureuse. C'est aller avec l'Espoux crucifié que de s'abaisser, s'humilier, se mespriser soymesme jusques a la mort de toutes nos passions, et je dis jusques a la mort de la croix (Ph 2,8). Mais, ma chere Fille, notes que je replique que cet abaissement, cett'humilité, ce mespris de soy mesme doit estre prattiqué doucement, paisiblement, constamment, et non seulement suavement, mais allegrement et joyeusement.
Dites luy qu'elle communie hardiment en paix, avec toute humilité, pour correspondre a cett' Espoux (sic), qui, pour s'unir a nous, s'est aneanti et suavement abaissé, jusques a se rendre nostre viande et pasture, de nous qui sommes la pasture et viande des vers. 0 ma Fille, qui se communie selon l'esprit de l'Espoux s'aneantit soymesme et dit a Nostre Seigneur : Masches moy, digeres moy, aneantisses moy et convertisses moy en vous. Je ne treuve rien au monde dequoy nous ayons plus de possession et sur quoy nous ayons tant de domination que la viande que nous aneantissons pour nous conserver; et Nostre Seigneur est venu jusques a cet exces d'amour, que de se rendre viande pour nous. Et nous, que ne devons nous pas faire affin quil nous possede, quil nous manie, quil nous masche, quil nous avale et ravale, qu'il face de nous a son gré ?
Si l'on murmure, sentes-le humblement et amoureusement ; les murmurations se convertiront en benedictions. Du reste, je vous en parleray en presence. Ne prenes point garde a bien bastir vos lettres pour me les envoyer, car je ne cherche point les beaux aedifices, ni le langage des Anges, ains les nids des colombes et le langage de la dilection.
Vives toute a Dieu, ma tres chere Fille, et recommandes souvent a sa Bonté l'ame de celuy qui, d'un'affection invariable, est tout dedié a la vostre.
F., E. d. G.
Je pensais ne vous escrire que pour vous saluer, mais insensiblement je vous ay escrit. Je salue la chere petite fille Seur Marie Angelique de Thouz et luy souhaite un 'heureuse perseverance Mon frere vous salue tres humblement , et moy, nos tres cheres Seurs .
Le 25 juin 1619.
A Madame
Madame l'Abbesse de Port Royal, m. f. (ma fille).
A Maubuysson
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Meaux.
MDXXX AU DUC DE SAVOIE, CHARLES-EMMANUEL 1er " Quatre lignes pour gage. "
Paris, 28 juin 1619.
Monseigneur,
Bien que je n'aye aucun autre sujet d'escrire a Vostre Altesse, si est ce que ayant prié ce gentilhomme, mon ami, et qui est grandement affectionné a la Mayson de Vostre Altesse, de luy faire la reverence de ma part, je luy donne ces quatre lignes pour gage, et en toute humilité je demeure, De Vostre Altesse, Monseigneur, Tres humble, tres obeissant et tres fidele orateur et servitéur, FRANçs, E. de Geneve.
XXVIII juin 1619, a Paris.
Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Archives de l'Etat.
MDXXXI A UN GENTILHOMME La clarté de l'Ecriture, et l'obscurité de l'esprit humain. - Contradictions des luthériens et des calvinistes dans l'explication de certains passages.- L'Eglise, gardienne et interprète infaillible de la Parole de Dieu.
Paris, 2 juillet 1619.
Monsieur,
Il est fort vray que l'Escriture sacree contient avec beaucoup de clarté la doctrine requise pour vostre salut, et ne pensay jamais le contraire. Il est encor vray que c'est une tres bonne methode d'interpreter l'Escriture sacree de conferer les passages d'icelle les uns avec les autres, et reduire le tout a l'analogie de la foy ; et cela aussi l'ay-je tous-jours dit (Controverses,2, 3,1). Mais toutefois, je ne laisse pas de croire fort asseurement et de dire constamment que, nonobstant cette admirable et amiable clarté de l'Escriture es choses necessaires a salut, l'esprit humain ne treuve pas tous-jours le vray sens d'icelle, ains peut errer, et d'effect erre tres souvent en l'intelligence des passages les plus clairs et les plus necessaires a l'establissement de la foy : tesmoins les erreurs lutheriennes et les livres calvinistes, qui, sous la conduitte des peres de la pretendue reformation, demeurent en une contention irreconciliable sur l'intelligence des paroles de l'institution de l'Eucharistie ; et se vantant l'un et l'autre parti d'avoir soigneusement et fidelement examiné le sens de ces paroles par le rapport de la conference des autres passages de l'Escriture, et le tout adjusté a l'analogie de la foy, demeurent neanmoins contraires en l'intelligence des paroles de si grande importance.
L'Escriture est donq claire es paroles; mays l'esprit de l'homme est obscur, et, comme une choüette, ne peut voir cette clarté.
La methode susmentionnee est tres bonne, mais l'esprit humain n'en sçait pas user. C'est l'Esprit de Dieu, Monsieur, qui nous a donné l'Escriture, et c'est le mesme Esprit qui en donne le vray sens, et ne le donne qu'a son Eglise, colomne et appuy de verité (1 Tm 3,15) ; Eglise par le ministere de laquelle ce divin Esprit garde et maintient sa verité, c'est a dire le vray sens de sa Parole ;
et Eglise qui seule a l'infallible assistance de l'Esprit de verité (Jn 14,17), pour bien, deuëment et infalliblement treuver la verité en la Parole de Dieu (Controverses, 2).
Si que, qui cherche la verité de cette celeste Parole hors de l'Eglise qui en est la gardienne, ne la treuvera jamais ; et qui la veut sçavoir autrement que par son ministere, en lieu de la verité, il espousera la vanité ; et en lieu de la certaine clarté de la Parole sacree, il suivra les illusions de ce faux ange, qui se transfigure en ange de lumiere (2 Co 11,14). Ainsy firent jadis tous les heretiques, qui tous ont eu pretexte de mieux entendre l'Escriture et de vouloir reformer l'Eglise, cherchans en vain la verité hors du sein de l'Espouse a laquelle l'Espoux celeste l'avoit confiee, comme a une fidele depositaire et gardienne, qui la distribueroit aux chers enfans du lict nuptial qui est et sera a jamais sans macule.
C'est donq cela que je vous dis en substance, Monsieur, qui n'est ni de loin ni de pres contraire a la doctrine des saintz Peres allegués par monsieur de Mornay au livre qu'il vous pleut m'envoyer hier au soir, et que je vous renvoye ce matin , avec remerciement et protestation que je desireray continuellement de pouvoir, par quelqu'heureuse occasion, tesmoigner, Monsieur, que je suis Vostre serviteur tres humble en Nostre Seigneur, FRANçs, E. de Geneve.
Le 2 julliet 1619.
MDXXXII AU PRINCE DE PIéMONT, VICTOR-AMéDéE Remerciements et soumission. - Le duc et la duchesse de Nemours.
Paris, 4 juillet 1619.
Monseigneur,
Je remercie tres humblement Vostre Altesse du soin qu'il luy a pleu de prendre de m'advertir du retour de monsieur Carron , et attendray cependant les commandemens qu'elle me fera pour les affaires qui regardent Monsieur le Duc de Nemours , qu'on m'asseure devoir revenir icy samedi avec Madame sa femme, que l'on dit estre grosse . Dieu, par sa bonté, prosperera parfaitement Vostre Altesse, Monseigneur, sil luy plait exaucer les vœux de Vostre tres humble et tres obeissant orateur et tres fidele serviteur, FRANçs, E. de Geneve.
A Paris, le 4 julliet 1619.
Monseigneur, j'ay veu madame de Saint George de la part de Vostre Altesse, a qui elle bayse tres humblement les mains et luy fait la reverence, avec action de graces de la souvenance qu'ell' a eu d'elle.
Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Archives de l'Etat. MDXXXIII A LA MèRE DE CHANTAL, A PARIS Une protectrice pour la Visitation. - Préparatifs d'une cérémonie de profession.
Paris, vers le 8 juillet 1619 .
Ma tres chere Mere,
Il est meshuy tems que je vous rende comte de ces deux ou troys jours. Hier vous sceustes que Mme la Marquise de Verneuil (note 879) estoit allee aux chams. Aujourdhuy j'ay veu Mme la Comtesse de Soyssons, qui a receu avec accueil la supplication que je luy ay faite de recevoir la petite Congregation en sa protection, et m'a dit qu'on s'addressat a elle en toutes occurrences . Ce matin j'ay eu un'emotion de ventre qui m'a retenu au logis. Je meurs d'envie de vous aller voir et entretenir, et nos cheres Seurs. Il faut prœparer tout ce qui sera requis pour la profession , et pour cela j'iray demain a quelque heure concerter avec vous. Et ayant pensé a ce que vous me dites des habitz et de la demande qui s'en fait, j'incline qu'on la retranche ; mays nous verrons . J'ay veu vostre papier, ma tres chere Mere, et j'en parleray quand vous voudres a vostre cœur, que Dieu par sa bonté veuille combler de felicité comme le mien propre. Je donne le bon soir a ma fille , et a toutes nos Seurs, et aux pauvres malades .
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation du Mans.
MDXXXIV AU DUC DE SAVOIE, CHARLES-EMMANUEL 1er Témoignage en faveur du collatéral de Quoex. - Quelle correction permettent l'équité et la clémence pour des fautes sans malice. - Espérance en ]a bonté du prince.
Paris, 11 juillet 1619
Monseigneur, Ayant sceu la peine en laquelle se treuve le sieur collateral de Quoëx, detenu es prisons de Chamberi pour la somme d'environ mille ducatons, esquelz il a esté condamné par quelques uns des seigneurs senateurs et maistres des Comptes a ce deputés specialement ; asseuré que je suis d'ailleurs, qu'en tout ce dont il a esté chargé il n'a commis aucune faute malitieuse, ni manqué en chose quelcomque a la tres humble sujettion qu'il doit a Vostre Altesse, en laquelle et luy et tous les siens ont tous-jours vescu tres fidelement ; et de plus, estant fidele tesmoin qu'en l'occasion qui se presenta en Genevoys, il y a quatre ans, et luy et son frere rendirent force bons et laborieux tesmoignages de leur zele au service de Vostre Altesse , je ne puis m'empescher de la supplier tres humblement et, si elle me permet, de la conjurer par sa propre bonté de tendre sa main secourable a cet homme de bien et d'honneur, pour le retirer de la ruine en laquelle son malheur, et non aucun forfait, le va precipiter (note 892).
Il n'y a au monde personne si sage ni si juste auquel on ne treuve quelque chose a censurer, si a toute rigueur et curieusement on espluche par le menu la suite des actions de plusieurs annees ; mays, Monseigneur, quand les fautes sont sans malice, sans dol, sans mauvaise intention et de nulle consequence, la clemence des grans Princes, ni mesme l'equité, ne permet pas a leur justice d'user d'autre correction que de celle d'une reprehension et d'un advertissement. Et sur tout, Monseigneur, la debonaireté et grandeur de courage de Vostre Altesse n'a jamais manqué de support pour les bons; qui me fait esperer que celuy ci en treuvera encor abondamment, et que ma tres humble supplication sera receuë aggreablement, comme conforme a la magnanimité que chacun admire en Vostre Altesse, a laquelle souhaitant incessamment toute sainte prosperité, Monseigneur, je suis invariablement, Tres humble, tres obeissant et tres fidele orateur et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.
Paris, 11 julliet 1619.
Revu sur une ancienne copie conservée à Turin, Biblioteca civica.
MDXXXV A LA MèRE DE CHANTAL, A PARIS Le Saint, malade, traité par une " archimedecine. " - Confessions avant de " s'en aller aux chams. "
Paris, vers le 22 juillet 1619.
Ma tres chere Mere, Il est vray que je suis revenu tout gay, a mon advis. Les cinq premiers jours de mon sejour a [Maubuisson ] je fus travaillé de foiblesse et d'inquietude ; la femme de Port Royal, qui est une archimedecine, me traitta tout a fait comme il le failloit, avec de l'eau de rhubarbe que je meslay avec mon vin, qui me purgea et me restreignit insensiblement. Despuis, je me porte bien, non pas pour aller faire encor de grans effortz, mais pour me renforcer de jour en jour. Si je puis, je vous iray voir cet apres disner, non toutefois pour vous entretenir, mays c'est apres avoir confessé des dames qui n'attendent que cela pour s'en aller aux chams ; et je ne voy pas que passé cela je me treuve fort occupé que pour aller dire mes adieux tout bellement. Bon jour, ma chere Mere; Nostre Seigneur soit au milieu de nostre cœur. A men.
FRANçs, E. de Geneve.
MDXXXVI AU PRINCE DE PIéMONT, VICTOR-AMéDéE La détresse du duc de Nemours. - François de Sales appuie sa cause. Désir de l'Evêque de retourner en son diocèse.
Paris, 29 juillet l619.
Monseigneur,
La lettre que Vostre Altesse a escrit a Monsieur le Duc de Nemours a esté receue par luy trois jours avant que la copie m'ayt esté remise en main, de sorte que des-ja il m'avoit parlé sur le sujet d'icelle, non sans se douloir du retardement pour l'article qui regarde son payement, deu par le sieur Bonfilz des il y a long tems, a ce qu'il dit, et par le manquement duquel toute sa mayson et ses affaires sont extremement incommodés (note 950) ; dont il ne peut esperer le remede que de la promesse qu'il a pleu a Vostre Altesse de luy faire, d'avoir du soin et de la bienveuillance pour luy qui, a la verité, n'est pas sans beaucoup d'inquietude parmi la necessité en laquelle il se treuvé (sic), ayant si peu de revenuz de deça, ou ses terres sont presque toutes engagees, et ne jouissant de celuy qu'il [a] en Savoye, qui est son fond principal. Je me suis essayé de le soulager de parole et d'accroistre la confiance qu'il a en Vostre Altesse, selon le commandement delaquelle j'arresteray ou partiray ainsy qu'il luy plaira, ne doutant point qu'elle ne face toute la consideration requise du devoir que j'ay de retourner en ma residence, soudain qu'elle jugera que mon retardement de deça ne pourra plus estre utile a son service. Et tandis, priant Dieu pour la prosperité de Vostre Altesse, Monseigneur, je suis, Vostre tres humble, tres obeissant et tres fidele
orateur et serviteur,
FRANçs, E. de Geneve.
A Paris, le 29 julliet 1619.
Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Archives de l'Etat.
MDXXXVII A LA MèRE DE BRéCHARD SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE MOULINS Une jeune veuve qui désire la vocation religieuse. - Pourquoi le saint Fondateur a choisi le monastère de Moulins pour sa retraite. - De quelle tyrannie délivrer cette âme, quel joug lui imposer.
Paris, vers la fin de juillet 1619.
Ma tres chere Fille, Vous recevres cette lettre, Dieu aydant, par les mains de madamoyselle du [Tertre ], grandement bien apparentee en cette ville, laquelle estant demeuree vefve despuis peu et s'estant resolue a ne plus rentrer dans les liens du mariage, a creu de ne pouvoir mieux conserver sa resolution que dans l'estat religieux, auquel neanmoins ne sentant pas pour encor une si forte affection qu'elle souhaiteroit pour pouvoir d'abord s'y engager, elle a nonobstant un desir si grand de s'y voir arrestee, qu'elle veut rechercher cette grace de Dieu es lieux ou elle espere qu'elle luy sera plus facilement accordee. Et pour cela elle a choysi entre toutes les Congregations celle de la Visitation, ou elle pretend qu'estant retiree, Dieu l'inspirera plus fortement qu'ailleurs, et que la cordiale douceur et charité dont on y fait profession servira de moyen a la divine Providence pour cet effect.
A cette occasion donq, ma tres chere Fille, nostre bonne Mere et moy vous l'envoyons, et avons fait cette eslection pour elle comme la plus convenable, dont elle mesme vous dira franchement toutes les autres raysons. Mais je vous diray celle ci, que vous ne croiries pas si aysement de sa bouche : c'est que nous desirons grandement qu'elle soit conduitte a la vraye connoissance et prattique de la vie devote. Et parce que jusques a present elle a esté maistresse de soy mesme, et que, pour la bien et utilement mettre au vray chemin de la vie spirituelle, il faut doucement et amoureusement et prudemment la delivrer de cette ancienne et tyrannique sujettion, pour luy imposer le gratieux joug et la douce maistrise que le Saint Esprit veut avoir sur son ame, nous avons pris cette confiance en vostre charité, que vous prendries volontier ce soin et sçauries employer les moyens convenables. Je la voy toute franche, toute desireuse de reposer en la grace de Dieu, toute desireuse de se laisser gouverner a quelque main amie et lasse de se gouverner soy mesme. En somme, j'ayme en elle certaine marque de bonté, qui me fait esperer qu'un jour elle sera bonne servante de Dieu. Elle ne demandera point d'exception, ni pour la rigueur de la clausure, ni pour toute la bienseance qu'on doit observer en vostre Mayson, a parler aux estrangers, donner ou recevoir des lettres, ni pour toutes telles occasions qui sont requises d'estre soigneusement gardees.
En fin, je vous dis trop de choses, a vous qui m'entendes si bien, ma tres chere Fille. Je la recommande, en un mot, a vostre douceur et prudence, a vostre zele et condescendance, a vostre vigilance et gratieuse conduitte. Monsieur de N. m'a envoyé une requeste pour estre presentee au Roy de vostre part. Je ne l'ay sceu faire jusques a present ; mais si je puis, penses si je le feray de tout mon cœur, tout tel que je suis, qui ne suis ni bon demandeur ni bon defendeur. Je vous escris a moytié malade, avec tant de distractions que je ne sçai si vous m'entendres bien ; nostre Mere suppleera par la sienne.
Dieu soit a jamais au milieu de vostre cœur, de vostre petit troupeau et de toute cette Congregation.
Je suis en luy, Vostre tres humble frere, oncle et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.
Encor faut il que je vous die, que la retraitte de cette damoyselle en la Congregation a esté appreuvee par tout le Conseil de Monseigneur le Cardinal , luy absent, et notamment par le R. P. B[inet] , bien qu'elle ayt declairé qu'elle n'avoit que le desir d'estre inspiree a demeurer en l'estat religieux ; et si la Mayson d'icy n'eust esté toute en noviciat, incommodee de logis et embarrassee de tant de visites, nous l'eussions retenue tres volontier.
MDXXXVIII A LA MèRE DE CHANTAL, A PARIS Obligeante intervention de M. de Neufchèzes dans une affaire. - Le saint Evêque, malade, est obligé de contremander plusieurs sermons.
Paris, 31 juillet 1619.
Les lettres sont de M. de Neufcheze, vostre neveu bienaymé , qui me fit la faveur de se charger d'une requeste que j'avois addressee au Clergé pour M. Boucard , et a obtenu cent escus de pension annuelle. Reste que je m'essaye de gaigner ceux qui doivent les delivrer. Ce matin, a quatre heures, le flux de ventre m'a repris, et m'a mené huit ou neuf fois jusqu'a disné. Il semble que cela soit un peu accoysé maintenant ; c'est pourquoy j'ay envoyé a ces bonnes dames leur dire que sur les deux heures je pourray avoir l'honneur de leur visite ; et si monsieur de Meneville venoit sur les quatre heures, j'en serois bien ayse. Cependant il faut avoir patience de demeurer sans vous voir pour ce jourd'huy, et de demeurer sans rien faire ; car j'ay contremandé par tout ou j'avois promis de prescher, et, ce qui m'a bien fasché, j'ay contremandé le Pere Recteur du Noviciat des Jesuites , qui a les Quarante Heures et les octaves du bienheureux Ignace, duquel j'avais desir de parler. Mays il faut demeurer en paix en tout nostre cœur, et unis en la tressainte volonté de Nostre Seigneur. Bon soir, ma tres chere Mere. J'ay grand desir de vous entretenir et apprendre de vous les pensees de vostre bon Seigneur de Lion . La bonne Mere de Port Royal me prie de la recommander de rechef a vos prieres : je le fay de tout mon cœur. Dieu soit a jamais vostre vie, ma tres chere Mere, Amen ; et de toute vostre petite trouppe. Amen. FRANçs, E. de Geneve.
Le 31 julliet 1619.
MDXXXIX A MADAME DE VILLESAVIN Un même trésor pour tous les cœurs des enfants de Dieu. - Ne pas se lasser ni lasser les autres par la longueur des exercices spirituels. - Conduite à tenir dans les conversations. - Chasser la tristesse. - Envoi d'nne méthode pour s'unir à Notre-Seigneur.
Paris, juillet-août 1619 .
Ne croyes jamais, ma tres chere Fille, que la distance des lieux puisse separer les amesque Dieu a unies par les liens de sa dilection. Les enfans du siecle sont tous separés les uns des autres parce qu'ilz ont les cœurs en divers lieux ; mais les enfans de Dieu ayant leur cœur ou est leur thresor (Lc 12,34), et n'ayant tous qu'un mesme thresor qui est le mesme Dieu, ilz sont par consequent tous-jours jointz et unis ensemble. Sur cela, il faut soulager nos espritz en la necessité qui vous tient hors de cette ville; ce qui m'en fera aussi bien tost partir pour retourner en ma charge. Nous nous reverrons bien souvent aupres de nostre saint Crucifix, si nous observons bien les paroles que nous nous en sommes donné ; aussi bien est ce la ou les entreveuës sont uniquement proffitables.
Cependant, ma tres chere Fille, je commenceray a vous dire que vous deves fortifier par tous les moyens possibles vostre esprit contre ces vaines apprehensions qui ont accoustumé de l'agiter et tourmenter. Et pour cela, reglés premierement vos exercices en telle sorte, que la longueur ne lasse point vostre ame et ne fasche point celles de ceux avec lesquelz Dieu vous fait vivre. Un demy quart d'heure, et moins encor, suffit pour la preparation du matin (IVD, 2, 10)
; trois quartz d'heure ou une heure, pour la Messe, et, parmi le jour, quelques eslevations d'esprit en Dieu, qui n'occupent point de tems, ains se font en un seul moment ; et l'examen de conscience le soir avant le repos, laissant a part les benedictions et actions de graces de table, qui sont ordinaires, et qui tiennent lieu de reunion de vostre cœur avec Dieu. En un mot, je voudrois que vous fussies toute Philothee, et que vous ne fussies rien plus que cela : c'est a dire, que vous fussies comme je marque au livre de l'Introduction, qui est fait pour vous et vos semblables.
Es conversations, ma tres chere Fille, soyes en paix de tout ce qu'on y dit et qu'on y fait ; car s'il est bon, vous aves dequoy loüer Dieu; et s'il est mauvais, vous aves dequoy servir Dieu en destournant vostre cœur de cela, sans faire ni l'estonnee ni la fascheuse, puisque vous n'en pouves mais et n'aves pas asses de credit pour divertir les mauvaises paroles de ceux qui les veulent dire, et qui en diront encor de pires si on fait semblant de les vouloir empescher ; car ainsy faysant, vous demeureres toute innocente parmi les sifflemens des serpens, et, comme une aymable fraise, vous ne contracteres aucun venin par le commerce des langues veneneuses (TAD 11,2).
Je ne puis penser comme vous pouves admettre ces desmesurees tristesses dans vostre cœur, estant fille de Dieu, remise il y a longtems dans le sein de sa misericorde et consacree a son amour. Vous vous deves soulager vous mesme, mesprisant toutes ces suggestions tristes et melancholiques que l'ennemi nous fait avec le seul dessein de nous lasser et tracasser. Prenes bien garde a bien prattiquer l'humble douceur que vous deves au cher mari et a tout le monde, car c'est la vertu des vertus que Nostre Seigneur nous a tant recommandee (Mt 11,29) ; et s'il vous arrive d'y contrevenir, ne vous troubles point, ains, avec toute confiance, remettes vous sur pied pour marcher de rechef en paix et douceur comme auparavant.
Je vous envoye une petite methode de vous unir a Nostre Seigneur le matin et toute la journee .
Voyla, ma chere Fille, ce que, pour le present, j'ay pensé vous devoir estre dit pour vostre consolation. Reste que je vous prie de ne point vous mettre a faire des ceremonies avec moy, qui n'ay ni le loysir ni la volonté d'en faire avec vous. Escrives moy quand il vous plaira en toute liberté, car je recevray tous-jours a contentement de sçavoir des nouvelles de vostre ame, que la mienne cherit parfaitement, comme en verité, ma tres chere Fille, je suis Vostre plus humble serviteur en Nostre Seigneur,
FRANçs, E. de Geneve.
MDXL A LA MèRE DE CHANTAL, A PARIS Programme d'une journée.
Paris, [fin mai-août] 1619 .
Ma tres chere Mere,
Je m'en vay a la reception de la Religieuse ; de la, je vay disner avec M. vostre frere , chez M. d'Origni ; de la, a l'assemblee qui se fait pour nos affaires, ou j'auray besoin d'une Regle, car on en parlera, et je n'en ay plus . Recommandes l'affaire a Nostre Seigneur, et m'envoyes donques encor une de ces Regles ; et bon jour de tout mon cœur.
Revu sur une copie déclarée authentique, conservée à Turin, Archives de l'Etat. A P P E N D I C E
I
L E T T R E S
ADRESSéES A SAINT FRANçOIS DE SALES PAR QUELQUES CORRESPONDANTS
A LETTRE DE LA MèRE FAVRE SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE LYON VIVE t JéSUS
Monseigneur,
(note 519) Ce mot est pour vous saluer en toute humilité et nous plaindre de ce que nous n'aurons point l'honneur de vous voir selon que nous le croyions, ma sœur Barbe Marie nous assurant que vous n'allez pas à Paris, ains à Grenoble. Nous voilà donc privée de cette incomparable consolation que nous attendions avec tant d'ardeur et d'affection : Dieu en soit béni, et nous fasse la grâce de ne jamais rien désirer que l'accomplissement de sa très sainte et adorable volonté. Il faut avouer, mon très honoré Père, que nous sommes mortifiée tout à fait, bien que de l'autre côté nous soyons consolée d'avoir de quoi offrir à Notre-Seigneur la privation du bonheur de vous entretenir, selon que nous nous étions promis de le faire amplement, et en ayant nécessité. Oh ! Dieu soit béni de rechef de tout ce qu'il permet. Nous serons toujours contente en l'assurance que nous avons, Monseigneur, d'avoir part en vos saintes prières, en qualité de celle qui est et sera éternellement, Monseigneur, Votre très humble et plus obéissante fille et servante en Notre-Seigneur,
M. J. FAVRE de la Visitation.
Dieu soit béni.
De Lyon, ce 26 septembre 1617.
A Monseigneur
Monseigneur le Rme Evesque et Prince de Geneve.
A Nicy.
Revu sur l'Autographe inédit, conservé à la Visitation d'Annecy.
B LETTRE DE CHARLES-EMMANUEL 1er DUC DE SAVOIE (L1, note 175)
Tres Reverend, tres cher, bien amé et feal Conseiller et devost Orateur, (notes 169, 245) Monseigneur le Mareschal des Diguieres (L2, note 116 ; L7, note 951) nous a faict instance de vous permettre d'aller prescher le Caresme prochain a Grenoble. Nous la luy avons volontiers accordee pour le fruict que Nous esperons que ce lieu la en tirera. Vous vous y disposerez donc de bonne heure, sans attendre plus expresse licence de nostre part. Et Dieu vous art en sa saincte garde.
De Thurin, ce 14e d'octobre 1617.
Le Duc de Savoye,
C. EMANUEL.
CRBST. A l'Evesque de Geneve.
Revu sur le texte inséré dans le IIe Procès de Canonisation.
C
LETTRE DU CARDINAL ROBERT BELLARMIN (L7, note 622) (FRAGMENT)
…………………………………………………… (note 195) Quod attinet ad explicationem illam in Apostolum Paulum, cujus memini in opusculo ad Cardinalem Farnesium, litteralem, dogmaticam et moralem, jam scripseram in primum caput Epistolae ad Romanos, cum animadverti supra vires meas esse laborem illum. Nam praeter incommoda senectutis, plurimis urgeor et premor occupationibus gravissimis…………………………………
[1617 ]
D
BREF DE SA SAINTETE PAUL V (L3, note 97)
Venerabili Fratri Episcopo Gebennensi PAULUS PP. V.
Venerabilis Frater, salutem et Apostolicam Benedictionem.
(note 721) Sacri Apostolatus ministerio, meritis licet imparibus, Divina dispositione praesidentes, inter caetera cordis Nostri desiderabilia circa ea per quae Masjestas Altissimi ubique collaudetur cultusque sui gloriosissimi nominis amplietur, et ad illius laudem et gloriam, Monasteriorum et aliorum regularium locorum ac personarum, praesertim fœminei sexus, sub suavi Religionis jugo studio piae vitae Altissimo famulantium, numerus augeatur, sollicitudinis Nostrae studium libenter convertimus. Et ut pia Catholicorum Principum id exoptantium vota optatum sortiantur effectum, opem et operam, quantum Nobis ex Alto conceditur, impendimus efficaces, prout ad Divini nominis exaltationem et animarum salutem in Domino conspicimus salubriter expedire.
Cum itaque, sicut ex insinuatione dilecti filii nobilis viri Caroli Emmanuelis, Sabaudiae Ducis, accepimus, in oppido Annecii, Gebennensis diocesis, nonnullae honestae mulieres, studio melioris vitae ac pio religionis desiderio ductae, in quandam domum ejusdem oppidi jam a multis annis se receperint ; inibique pie et devote viventes, Officium parvum Beatre Mariae Virginis singulis diebus recitare consueverint ; si vera domus praedicta ad formam Monasterii reduceretur, et in Monasterium Monialium ut infra erigeretur, ex hoc profecto saluti animarum dictarum mulierum cum Divini cultus augmento et spirituali incolarum dicti oppidi consolatione peramplius consuleretur : Nobis propterea dictus Carolus Emmanuel, Dux, humiliter supplicare fecit quatenus domum prredictam in Monasterium Monialium Ordinis Sancti Augustini erigere (L7, notes 522, 628) et alias ut infra indulgere, de benignitate Apostolica dignaremur.
Nos igitur, qui Divini cultus augmentum et Christianae religionis propagationem sinceris desideramus affectibus, praedictum Carolum Emmanuelem, Ducem, a quibusvis excommunicationis, suspensionis et interdicti, aliisque Ecclesiasticis sententiis, censuris et pœnis, a jure vel ab homine quavis occasione vel causa latis, si quibus quomodolibet innodatus existit, ad effectum praesentium dumtaxat consequendum, harum serie absolventes et absolutum fore censentes, hujusmodi supplicationibus inclinati, Fraternitati Tuae per praesentes committimus et mandamus quatenus, si est ita, in praedicta domo, si et postquam illa ad formam Monasterii reducta, et debita clausura munita, sacraque et profana suppellectili luculenter instructa, illique tot census, redditus, proprietates et bona stabilia, quorum annuus valor ad competentem Monasterii dotem, ac illius Abbatissae, seu Priorissae, et Monialium congruam sustentationem onerumque illis incumbentium supportationem sufficiat, perpetua dotata et assignata fuerint, unum Monasterium Monialium Ordinis Sancti Augustini, cum ecclesia, campanili, campanis, cœmiterio, claustra, refectaria, dormitorio, hortis, hortalitiis caeterisque officinis et membris necessariis pro una Abbatissa, seu Priorissa, et competenti Monialium numero quae inibi, juxta regularia ejusdem Ordinis instituta, sub illius regulari habitu Altissimo perpetua famulentur, Divinisque laudibus insistant, ac alias in omnibus et per omnia, ad instar aliorum Monasteriorum Monialium dicti Ordinis, perpetua, sine alicujus praejudicio, auctoritate Nostra Apostolica erigas et instituas. lllique sic erecto et instituto, pro ejus dote ac manutentione, ac illius Abbatissae, seu Priorissae, et Monialium aliarumque personarum sustentatione, ac onerum illis incumbentium supportatione, omnia et singula tam mobilia quam immobilia bona quomodolibet nuncupata, per quoscumque Christifideles ipsi Monasterio donanda et assignanda, simili auctoritate etiam perpetua applices et appropries. Necnon eidem Monasterio, ac illius pro tempore existenti Abbatissae, seu Priorissae, et Monialibus, ministris et personis, eorumque rebus et bonis, ut omnibus et singulis privilegiis, facultatibus, praerogativis, gratiis, concessionibus et indultis, tam spiritualibus quam temporalibus, quibus alia Monialium Monasteria dicti Ordinis de jure, usu, statutu, consuetudine aut alias quomodolibet utuntur, fruuntur, potiuntur et gaudent, ac uti, frui, potiri et gaudere possunt et poterunt quomodolibet in futurum similiter et aeque principaliter, absque ulla prorsus differentia, uti, frui, potiri et gaudere, ipsisque Abbatissae, seu Priorissae, ac Monialibus ; ut ad septennium tantum, Officium Beatae Mariae Virginis parvum nuncupatum, juxta rubricas Breviarii Romani recitare libere et licite possint et valeant (note 438), illaeque Officium hujusmodi recitando, ut praefertur, obligationi Officium Divinum juxta statuta ejusdem Ordinis Apostolica auctoritate confirmata, recitandi, in omnibus et per omnia satisfaciant, eadem auctoritate concedas et indulgeas. Super quibus omnibus et singulis plenam, liberam et amplam facultatem et auctoritatem, auctoritate et tenore similibus, tribuimus et impartimur. Nonobstantibus Constitutionibus et Ordinationibus Apostolicis, necnon Monasterii et Ordinis praedictorum, etiam juramento, confirmatione Apostolica, vel quavis firmitate alia roboratis, privilegiis quoque indultis et litteris Apostolicis in contrarium praemissorum quomodolibet concessis, confirmatis et innovatis. Quibus omnibus et singulis eorum tenore praesentibus pro plene et sufficienter expressis et ad verbum insertis habentes, illis alias in sua robore permansuris, hac vice dumtaxat specialiter et expresse derogamus, caeterisque contrariis quibuscumque. Datum Romae, apud Sanctam Mariam Majorem, sub annula Piscatoris, die vigesima tertia Aprilis, millesimo sexcentesimo decimo octavo, Pontificatus Nostri anno tertio decimo.
S. Card. S. SUSANNA:.
Revu sur le texte inséré dans les Registres de l'ancien Evêché de Genève.
E LETTRE DES AVOYERS ET DU CONSEIL DE LA VILLE DE FRIBOURG
Reverendissime et Illustrissime Seigneur,
(note 681) Le present nostre bien aymé bourgeois, docte et devot Balthasar W ber (note 682), duquel jusques a present n'avons resenty que toute pieté et bons comportemens, desirant recepvoir les derniers Ordres de prestrise de Vostre Reverendissime Paternité, merite d'estre recommandé. C'est pourquoy ne l'avons point voulu laisser partir sans les presentes, par lesquelles prions tres affectueusement Vostre Seigneurie Reverendissime de l'avancer et luy prester toute faveur et aide, si que il soy (se) puisse louer avoir jou de ceste nostre intercession: Nous paroffrans en toutes les occasions de nous en revancher, prians le Tout Puissant et sa saincte Mere de conserver Vostre Paternité en bonne prosperité.
6 septembre 1618.
Revu sur une ancienne copie inédite, conservée aux Archives de l'Etat de Fribourg, Missival, N 37, p. 558.
F LETTRE DE M. éTIENNE: DUNANT CURé DE GEX (L4, note 85)
Monseigneur, (note 377) Pour obeir a vos commandemens de respondre aux vostres sur l'avis que vouléz avoir touchant l'establissement que vous vouléz faire de la pension du sr Curé quil vous plaira institüér de la cure de Sacconex, il est certain que pour ce effect il est necessaire de chercher aillieurs des moyens pour luy donner quelque honneste commodité pour s'entretenir ; car ladicte cure d'a present ne sçauroit avoir guiere davantage de 300 a 400 florins, monoye de Geneve. Or ce pendant, quand a Vernier, Matigni et Meirin, mentionnees dans les vostres, il me semble que l'ont (sic) ne pourroit affectér le revenu, soit les diesmes, de toutes troys, pour rendre bonne Sacconex, sans interesser grandement icelles paroisses, et par consequent d'autres qui demeuroient (sic) desertes ; et ainsi l'ont mescontenteroit beaucoup de gens. A mon avis, l'ont ne peut du moins que de prouvoir les cures qui auront honnestement de quoy pour l'entretient d'un Sr Curé, et principalement si les habitantz des lieux les requirent : comment a Grilly, Versoix, Chevry, ou les paroissiens (dis je) se plaignent de ce que ilz n'ont point de Curéz et qu'ont transporte le revenu autre part.
Quant a celles qui ont les biens venduz ou alienéz, et ce pendant il est requis d'y establir des ecclesiastiques, comme Sacconex, Ornex, Thoiry, voisines des autres, Matigni, Vernier et Meirin, il seroit expedient, voire necessaire, sçavoir a quoy monte tout le revenu des biens ecclesiastiques de ce Bailliage generalement, et, selon la porté desdicts biens, les distribüér a chasque cure comme l'ont recognoistroit estre de besoing, et non pas demembrér le corps de l'œconomie pour accommodér un particulier. Et partant, puisqu'il vous plaict de faire un establissement general et parfaict de toutes les cures, si vous estiés de retour moyennant la grace de Dieu, vous pourriéz remettre ce qui est de Sacconex avec les autres ; et ainsi, pour une bonne foys, vous vous delivreriéz de plusieurs ennuys que vous en recevés a l'ordinaire. Je me crain fort que serés forcé de ce faire au plustost, et rompre cette œconomie qui mange une partie du revenu tant pour une chose que pour autre. A grand peine les sieurs Curéz sont payéz, les debtes point ; les bastimentz des eglises vont a ruine pour n'y faire aulcunes reparations.
Monsieur Roges (L1,note 230 ; L6, note 838) de vostre part, a voulu institüer M. Poncet de la cure de Sacconex, comme vacante, lequel ne l'a osé acceptér que premierement il ne puisse veoir quelque revenu certain ; ce (sic) soubmettant et remettant le tout a vostre bien heureux et desiré retour et bon plaisir . Au reste, il en a pris la gardiature et charge dy faire le service divin, de quoy monsieur Cheynel n'en est pas autrement content. Ce pendant hier, a ma presence, il promit a monsieur Poncet de luy remettre et quittér ledit benefice d'icy a Noel, n'attendant autre que de recouvrér tout ce que luy est deub de sa pension (L6, note 530), et vous en donnér avis. Si vous trouvés bon que cela soit, lors monsieur Gobet, au lieu de Versoix (qui est un lieu plus important et qui requier un homme bien capable), pourroit estre institüé de Sessy . Monsieur Bernard aussy desireroit d'y venir, mais il seroit plus necessaire audit Versoix, si sa volonté y acquiesce.
Au reste, les catholiques dudit Versoix se plaignent grandement de ce que Mr Gobet ny faict aucun service, et ny a moyen qu'il y fasse, puis qu'il ne reçoit aucune commodité pour y vivre et qu'il n'y a lieu pour y celebrér. Mais je luy ay faict entendre que, ou il entrera en payement, qu'il fasse son devoir et service en l'eglise de Souvernier, toute proche de Versoix et de l'habitation de monsieur de Cottalliod : et ainsi il consoleroit tous ces bons catholiques de part dela. A faute que ledit Sr Cottalliod ne peut obtenir de monsieur Jaquin (note 7) ce qu'il vous a pleu ordonnér pour son filz, j'ay esté contrain moymesme de prendre ce jeune homme avec moy, pour consoler le pere et la mere qui sont fort pauvres. Le petit filz de Montanier, l'ayant aussy gardé deux moys, est maintenant a Tonon, et son pere vous en rend un monde d'actions de graces, encores quil ne ce soit prevalu de ce que luy avéz ottroyé. Verue (sic) Israelita.
et dignus tanti beneficii. M. Paris (note 776)
n'en a pas esté content, ne regardant qu'a son profit particulier ; lequel ne m'en veut point du bien, ne m'ayant jamais voulu rendre les clefz de ma cure, dans la quelle je l'avoys logé gratuitement pour luy faire du bien, luy ayant encor accomodé d'un jardin 3 ou 4 annees. Pour toute recompence, il m'a refusé les clefz, comme aussy les robbes que vous aviéz commandé de faire pour les enfantz qui respondroient les Messes. Je desiroys les donnér a des pauvres petitz enfantz tout nuds, et paroissiens, qui portent l'eau beniste par les maysons, qui seroient tres contens de les avoir et servir les Messes cum decôre. J'en ay prié Mr Paris les me vouloir rendre, lequel n'a jamais voulu ce faire.
Pour cela, ny pour autres choses, n'ayez, Monseigneur, aulcune doubte quil en survienne aucun desordre, car je prometz a Vostre Reverendissime Seigneurie que je m'armeray d'une forte patience jusques a ce que, par vostre ordonnance, droict soit faict a un chescun. Ce pendant, je ne cesseray jamais, apres un tres humble baisemains, suppliér la divine clemence vous preservér longuement sur terre pour son service et consolations de vos peuples et diocœsains, et rendre vostre voyage heureux pour le bien et respiration de la patrie.
Dieu soit en vostre garde. Amen. Demeurant, Monseigneur ,
Vostre tres humble, tres obeissant et fidelle S. et serviteur,
DUNANT, Curé de Gex.
Ce XIII octobre 1618.
Monseigneur, permettéz moy que je vous donne avis des empeschementz que ceux de la r. p. r. apportent aux catholiques en plusieurs lieux du Balliage : comme a Divonne, les habitans du lieu n'ont jamais permis qu'aucun catholique si soit retiré ; des particuliers y ont battus et blessés monsieur le Curé, l'ayant aggressé sur le chemin pour le vouloir tüer, comme conste par les informations prinses, lesquelles le Sr Curé n'a voulu poursuivre, voyant la difficulté et longueur de la Justice de Gex.
Dernierement, les R. P. Cappucins estantz au pays de Vaux, dans le chasteau de monsieur de Prengin de Grang Cour , seigneur de Fribourg, les domestiques se plaignoient a eux qu'i!z viendroient (sic) volontier venir a Divonne (lieu plus proche) pour ouyr la S. Messe, mais quilz n'osoient a cause d'eux qui ne le veulent permettre.
La sepmaine passee arriva un cas fort estrange a la maison dudit Sr Curé, par lequel ce peut veoir de quel esprit sont guidéz les auteurs d'iceluy, qui sont gens du lieu. Certaine femme, sous l'ombre d'amitié, donne a une petite niepce quil a avec soy, aagée de quelques 15 ou 16 annees, des pommes en quelque quantité.
Jaçoit que la dicte fille fit tous les refus de les accepter, de peur de desobeir a Mr sondit oncle, les reçoit neantmoins ; mais, par la volonté de Dieu, au lieu de les manger elle les jette au feu pour les cuire, au moins une partie. Voicy que ces pommes estant chaudes, qu'elles sautent toutes hors du feu, les unes en haut, les autres par la chambre, avec du bruit. La fille voyant cela, estant toute espouvantee d'un tel stratageme, sort dehors a la rue, appelle une femme pour venir voir telle chose; retornent dedans, mettent le reste des dictes pommes au feu, arrive le semblable. Que peut lon pensér quil fut arrivé a ceste creature si elle en eust mangé ? Enfin, si Dieu ne nous avoit en sa ste protection, jamdudum consumpti essemus.
Revu sur l'Autographe inédit conservé à la Visitation d'Annecy. G LETTRE DU PRéSIDENT CRESPIN (note 150)
Monseigneur,
Je ne pouvoy entendre une nouvelle plus aggreable que celle que monsieur de Medio (L2, note 62 ; L7, note 257) a donné à Monseigneur le Rme de vostre voiagc de Paris, avec Monseigneur le Prince Cardinal (notes 314, 338), vous voiant regardé sur le theatre de ce grand monde de deçà comme l'instrument plus considerable pour conduire à heureuse fin l'alliance d'un si illustre et si vertueux Prince, avec une si grande Princesse que Madame de France ; y aiant pour associé monsieur le premier President , à qui l'envie eust volontiers ravy cet honneur, si son merite ne le luy eust conservé.
Et comme, Monseigneur, vous m'avez tous jours favorisé de lhonneur de vostre amitié, c'est en l'occasion de ceste commune resjouissance que je desire d'en ressentir principalement les effects, sur l'asseurance que j'ay que le tort que monsieur de la Mente m'a fait luy estant representé par vous , Monseigneur, vostre respect adoucira sa passion et le fera rougir en son ame de la perfidie premierement, et despuis de l'impie cruauté avec laquelle il s'emporte en mon endroict (L7, note 959), en recompense de mon affection, delaquelle monsieur le Presidant peut estre tesmoing, sil luy plait de se resouvenir combien de fois je le suis allé importuner pour ledit sieur. Je croy que Monseigneur le Rme, qui va recherchant fort curieusement touttes les occasions de m'obliger, ne perdra aussi ceste cy de se joindre a vous, Monseigneur, pour un œuvre si charitable, et quil y contribuera fort volontiers tout son credit, quoyque touttesfois le vostre seul peut suffire pour le faire reussir. Car je ne doubte point quil n'en faille venir là, recognoissant ledit Sr Abbé si passionné, quil ne se contentera point de m'avoir contrainct de le diffamer par ma fuitte en tous les lieux que je me suis refugié, mais se voudra diffamer luy mesme a Paris par les difficultés quil y apportera, si vostre respect, auquel je m'asseure quil deferera, ne le retient. Que si peut estre il desiroit que je luy fisse une declaration semblable a. celle quil m'a fait presenter autresfois, je vous supplie, Monseigneur, de luy enlever toutte esperance, puisque aussi il se doibt resouvenir que j'ay mieux aimé m'exposer a l'hazard d'un rigoureux arrest, que de me faire ce prejudice de me charger contre la verité du faict. Je confesse, Monseigneur, que je ne merite une faveur si signalée, n'aiant jamais eu lhonneur de vous servir. Mais aussi, ce sera un œuvre digne d'un grand Prelat comme vous estez, de prendre en main la cause d'un vostre tres humble serviteur que l'impieté a opprimé, et duquel vous ne recevrez pas moins de gloire devant les hommes que devant Dieu, que je prie de tout mon cœur de me faire la grace que je puisse un jour vous randre preuve certeine de l'affection avec laquelle je me recognoy, Monseigneur, de V. S. Rm., Tres humble et tres obeissant serviteur,
CRESPIN.
A Beziers, ce dernier novembre 1618.
Monsieur de la Mente se doit contenter que je porte la peyne quil meritoit luy mesme, par l'oppression quil m'a fait en justice et vers S. A., laquelle luy serrera la porte du Ciel sil ne me donne la satisfaction quil doibt. Que sil a esté exceder (sic), il le doibt rapporter a sa perfidie et a son imprudence, car sil se fust bien informé de moy, il heust sceu que je n'estoy pas si lasche que de souffrir une si grande injure sans en faire demonstration et ressentiment.
Revu sur l'Autographe inédit appartenant à M. le comte de Roussy de Sales, Archives de Thorens-Sales (Annecy).
H LETTRE DU CHANOINE ARTUS DE LIONNE SEIGNEUR D'AOSTE (note 584)
Monseigneur et mon très honoré Père,
(note 441) Si le Ciel, pour un comble de faveurs, nous faisait la grâce de vous ouïr encore un Carême, je pense que Grenoble serait du tout inondé de bénédictions célestes. Déjà, il semble que Notre-Seigneur ait dit à notre Grenoble ce trait de David : Inimicos ejus induam confusione ; super ipsum autem efflorebit sanctificatio mea. Véritablement, Monseigneur, vos saints discours ont vêtu nos ennemis de confusion ; car, combien d'âmes avez-vous tirées d'entre les dents cruelles de ce lion rugissant ! Vous l'avez spolié de sa conquête, nous en sentons tous les jours les effets ; et, si j'ose ajouter ma pensée, je dirai que la sanctification de Dieu fleurit sur Grenoble, par le moyen de vos très chères Filles, nos Sœurs de la Visitation. Il n'est pas croyable comme leurs saintes mœurs, leur pureté de vie et leur céleste conversation attirent les cœurs et l'estime de tout le monde. Elles ont fait presque autant de Philothées qu'il y a [de] dames dans Grenoble. O combien de vanités renversées ! combien d'inutiles conversations distraites ! combien de pertes de temps heureusement rachetées ! On ne coiffe plus Hécube en Hélène, mais on renverse Bélial aux pieds de Jésus-Christ.
Pour moi, je vous confesse, mon très honoré Père et Seigneur, que j'estime pour l'une des rares faveurs du Ciel que j'aie jamais reçues, celle d'estre vostre fils (note 765)
et le petit frère de la Visitation, où votre esprit règne, ce me semble, en sa plénitude; et je demande continuellement à Dieu la grâce de pouvoir bien concevoir cet esprit et le réduire à mon usage.
Tout va avec grande bénédiction ; il n'y a que notre bon monsieur d'Ulme qui, par une jalousie spirituelle, voulant être tout à la Visitation, il veut la Visitation trop à lui, ce qui lui donne trop peu de repos et à notre bonne Mère trop d'exercices (note 600). Mais, vrai Dieu, Monseigneur, cette fille de votre cœur est bien fournie de votre patience, douceur et discrétion, qu'à peine le bonhomme peut-il juger que par lui-même il se rend trop importun. Et moi aussi sans doute, mon très honoré Seigneur, en la longueur de ce discours ; mais l'amour de fils me fait oublier le respect de disciple, et mon bonheur me fait croire que vous ne me denierez jamais la qualité de Votre très humble fils, disciple et obéissant serviteur, ARTUS DE LIONNE.
De Grenoble, le ler février 1620.
Revu sur le texte inséré dans l'Histoire de la Fondation de la Visitation de Grenoble, par la Mère de Chaugy, conservée au ler Monastère d'Annecy .
II
LETTRES & PIèCES DIVERSES
A LETTRE DE L'ABBé DE LA MENTE AU DUC DE SAVOIE (FRAGMENT)
Monseigneur,
………………………………………………………………… (note 112) J'ay infiniment à me plaindre à V. A. que nonobstant toutte poursuite que j'aye sceu faire, presenté les lettres de V. A. à Messieurs du Senat, leur commandant de n'octroyer plus aucun dellay au presidan Crespin sur l'assassinat qui m'a esté faict y a deux moys (L7, note 959), ayns de veulloyr le juger prontemant; neantmoings, au prejudice de mon honneur et de ma reputation, et de la justice qu'ils doyvent à un chasqun, ils vont prolongant le jugemant, ayant de nouveau octroyé un prolong de troys semaynes pour ce (sic) representer ; encore qu'an mespris de la justice, un chasqun croye qu'il ne soyt jamais parti de ce lieu, estan porté d'une partie de ses (sic) Messieurs du Senat ausquels il est apparanté. Qui me faict supplier tres humblement V. A. me faire la faveur de m'octroyer les patantes et lettres a cachet necessaires pour en avoyr ma rayson, suyvan la tres humble priere que luy en fera le Conte de Verzolo de ma part ; auquel me remettant, je me diray à jamays, Monseigneur, de V. A., Tres humble, tres fidele et tres obeissant sujet, vassal et serviteur, L'ABBé DE LA MANTE.
De Chambery. ce 18 de juin 1617.
Revu sur l'Autographe inédit, conservé à Turin, Archives de l'Etat (Francia, Lettere Ministri, Mazzo 16).
B LETTRE DE DON JUSTE GUéRIN (L7, note 461) A D. BOERIO, GéNéRAL DES BARNABITES (note 930)
Benedicite Pater.
(note 296) Essendo in Annessi, fu pregato nostro R.
Padre Provinciale , con molta instanza, da Monsignor Rmo Vescovo di Geneva, acià posse contenta esso et dare licenza et autorità a nostri Collegiali d'Annessi di rimettere, o per vendita o per commutazione, un certo spazio di sito d'un cantone d'un pratticello ove è una peschiera dei nostro Collegio, alli Fratti di S. Domenico, acià es si rimettino altrettanto sito del loro giardino, necessario per la fabrica d'un monastero di Monache fondato et eretto da detto Monsignor Rmo. Et per moverli maggiormente a fargli la grazia, gli ha monstrato una lettera missiva dei nostro Padre precedente Generale , per la quale egli rimetteva tutto questo negozio in petto di detto Monsignor Rmo, atteso il singolare affetto che sem pre ci ha monstrato in tutte le occasioni ; il quale all'hora non esegui seconda la rimissione fattagli, parte per causa delle sue molte occupazioni che lo tirarono fuori della sua diocesi, parte ancho perchè vedeva che alcuni de nostri Padri di Annessi lo facevano tanto mal volentieri che non ne restavano contenti, et sperando detto Monsignore, o di fare contentare li detti Padri di S. Domenico che non ricercassero detto sito da noi, overo di sforzarsi di disporre in modo tale la fabrica di detto monastero accio non havesse bisogno di detto sito. Ma tutto gli è stato impossibile, perchè è talmente angusto il luogho che non sene pua passare, et gli detti Domenicani amorevolmente non si sono mai contentati ; anzi, di più et di peggio, alli giorni passati hanno massa lite contra le dette Monache per il già fabricato (notes 213, 658), per il che viene interrotta la fabrica et li santi dissegni di Monsignor Rmo, al quale rincresce estremamente et l'uno et l'altro. Et havendo havuto risposta dal nostro R. P. Provinciale ch'egli non poteva dare autorità di alienare, l'ha pregato et me instantemente accio ne scrivessimo alla Sua Molto Reverenda Paternità, pregandola, et li RR. PP. Assistenti, accio si compiacia di rimettere parte di detto sito, et dia quella facoltà che sarà necessaria alli nostri per alienare, o per vendita o per commutazione ; et promette detto Monsignor Rma che sarà in evidentem utilitatem nostram, et di ce che vole che li nostri stessi Padri siano giudici di questa evidente utilità (note 296 sq).
Di più, essendo noi giunti in Torino, fu ricercato detto nostro Padre Provinciale dal Serenissimo Prencipe Cardinale di Savoia (L3, note 451) et della Serenissima Infante Margarita, Duchessa di Mantova (L6, note 253), alla quale detto R. Padre parlo, et di propria bocca lo pregà instantemente di rare tutto quello che potrà, et pregarne da parte di Loro Altezze Serenissime la Sua Molto R. P. acio per agni modo sia fatta la grazia a dette Monache, delle quali ella è la protettrice et il Serenissimo Prencipe Maggiore protettore, alle quali sono affezionatissime Loro Altezze per la molta bontà di dette Monache, a beneficio de quali in questa parte dice che impiegarà il favore dei Serenissimo Ducca sua padre , se farà di bisogno, et de tutti suoi fratelli li Serenissimi Prencipi .
Per il che, havendo inteso le suddette et seguenti case, nostro R. Padre Provinciale et io insieme, di comune concerto, scriviamo questa alla S. M. R. P., et la nostra opinione, sottoposta pero a quella di S. M. R. P., che non si pua negare questa grazia : poichè quando habbiamo opposto che nel contratto ch'habbiamo fatto con la città d'Annessi v'è scritto che non alienaremo li beni di detto Collegio ; et di più, che a1cuni della città m'hanno detto che più presto litigaranno con noi che permettere che sia fatta a1cuna alienazione, Loro Altezze Serenissime hanno risposto che quando i loro sudditi sapranno che tale è la loro volontà, nessuno d'essi contradirà, perchè essendo necessario detto sito per la fabrica di detto monastero, vogliono che per agni modo li sia rimesso ; atteso che il sito del Collegio è grandissimo et questa parte non è di necessità per la fabrica nostra, et che si esibisce ampla sodisfazione, rilevandosi d'agni indennità, anzi facendo detta alienazione in nostra utilità : si che gli pare che concorrendo la necessità di dette Monache, et un poco di nostra commodità, la charità et una certa equità vole che tal cosa si faccia ; et per tanto, che si contentiamo noi solamente, che faranno bene contentare li altri che si volessero opporre. Hora, vedendo la risoluzione di Loro Altezze Serenissime, pare che non possiamo rare di mena, perchè habbiamo bisogno di loro agni hora.
Di più, mi scordavo di dire che detto Monsignor Rma ha promesso che ci comprarà una casa immediatamente annessa ad un altro pratticello pur nel sito stesso del nostro Collegio, dell'altra parte, che sarà altrettanto sito, et farà rare ancho un'altra peschiera più bella di 'quella che di presente habbiamo ; et questo si puo fare, perchè habbiamo un canale del lago che inonda di tutta quella parte nostro Collegio. Di più, l'istesso canale d'acqua ch'ora è peschiera et che si rimetterà alli Fratti, sempre perseverarà nello stesso corso sua et purgarà i luoghi comuni, i quali di presente sono in fonda di detto canale, ma pero da banda nostra ; et quando faremo fabricare, forsi che bisognerà levargli d'indi. Et questo tutto possiamo rare commodamente, perchè possiamo tirare tanta aqua et per tutte le parti dei Collegio che vogliamo.
Quanto a me, id est Don Giusto, altre volte è stato contrario a questo, perchè temevo che alcuni de nostri boni amici d'Annessi non s'inimicassero ; ma hora che veda che tutto questo si farà senza perdere l'amicizia loro, et non facendolo forsi che perderessimo quella delli Serenissimi Prencipi et Prencipesse, che pure più importano, sono di parere che si faccia la grazia, perchè non facendola perdaremo più di quello che vale tal sito ; et anche farla per charità, più principalmente (note 513).
Aspettando dunque la risposta, chiedo la sua benedizione et mi raccomando alle sue devote orazioni et santissimi Sacrificii.
Di Torino, alli 15 Settembre 1617.
………………………………………………………………………
D. GIUSTO.
Revu sur l'Autographe conservé à Milan, dans les Archives du R. P. Provincial des Barnabites, au collège Saint-Barnabé.
C LETTRES PATENTES DE HENRI DE SAVOIE, DUC DE NEMOURS (L2, note 234) EN FAVEUR DES RELIGIEUSES DE LA VISITATION D'ANNECY
(note 424) HENRY DE SAVOYE, Duc de Genevois, de Nemours et de Chartres, Marquis de Sainct Sorlin, de Sainct Rambert, Comte de Geneve, de Gisors, Baron de Faucigny et Beaufort, A tous qu'il appartiendra, sçavoir faisons que sur la remonstrance que Nous a esté faicte de la part des Reverendes Dames Religieuses de la Visitation de Nostre ville d'Annessy, contenant que pour avoir moyen de vivre et s'entretenir en ycelle, soubs les regles establies par nostre Sainct Pere le Pape, elles ont besoing d'avoir des revenus asseurés et proches de la dicte ville; et estant informées que Mr Anthoine de Boege, dict de Conflens (L4, note 644), tient de Nous, soubs grace de reachept perpetuel, les moulins assis dans Nostre dicte ville d'Annessy, soubs la riviere de Thiouz, proche l'eglise Saincte Claire, qu'elles ne peuvent commodement avoir sinon qu'il Nous plaise leur permettre d'entrer en Nostre lieu et place; Nous inclinant volontairement a leur priere, appres avoir ouy les gents de Nostre Conseil pres Nostre personne, et desirant de tout Nostre pouvoir l'accroissement et augmentation du culte divin, et preferant la gloire et honneur de Dieu a l'interest particulier des droicts de Nostre domeyne :
Avons octroyé et permis, octroyons et permettons par ces presentes aux dictes Dames de la Visitation d'entrer en Nostre lieu et place, et de prendre et retirer les fruicts des dicts moulins, en payant par elles audict de Conflens les sommes portées par son contract d'engaigement du dixhuictiesme janvier mil cinq cents nonante six, et aux charges et conditions portées par yceluy, avec pouvoir de faire en yceux des nouveaux artifices pour la plus grande commodité de Nos subjects. Sy donnons en mandement a nos chers bien aymés et feaulx Conseilliers, les gents tenants Nostre Chambre des Comptes de Genevois, de verifier et interiner ces presentes, et du contenu en ycelles faire souffrir et laisser jouyr pleynement et paysiblement les dictes Dames de la Visitation, sans difficulté ; et a nous (sic) advocats et procureurs fiscaulx et domaniaux, d'y prester consentement. Car telle est Nostre volonté.
Faict a Paris, ce vingthuitiesme octobre mil six cents et dix sept.
HENRY DE SAVOYE.
Visées, scellées par Monseigneur. ROUSSELET.
D'après une copie inédite de l'époque, conservée à Turin, Archives de l'Opera pia Barolo, Paquet 221, n 11.
D REQUêTE DES RELIGIEUSES DE LA VISITATION D'ANNECY AU DUC DE SAVOIE
A Son Altesse Serenissime.
(note 424) Exposent en toute humilité les Reverendes Dames Religieuses de la Congregation par elles erigée dans Vostre Ville et cité d'Annessy, soubs le tiltre de la Visitation de Nostre Dame, Vous (sic) tres humbles Oratrices : comme pour vivre plus commodement dans leur dicte Congregation du peu de revenu que chescune d'elles y raporte, et mieux vacquer au service pour lequel elles se sont sequestrées tout a faict du monde, elles auroient besoing de quelque fond proche de la dicte ville, que leur raportast du bled pour leur provision. Et pour avoir ceste commodité, elles auroient supplié Monseigneur le Duc de Genevois et Nemours, de leur baillir pouvoir de rachepter les moulins par luy venduz, a faculté de rachapt perpetuel, situés dans Vostre dicte Ville d' Annessy, a feu Noble Anthoine de Conflens, pour le mesme prix et somme, charges et conditions portées par le contract de vente passée a Lagnieu, le dixhuictiesme janvier mil cinq cents nonante six, par devant Me Burdet, nottaire, dont la copie est ci joincte. Ce que mondict Seigneur de Nemours leur auroit accordé facilement, par Patentes données a Paris le vingt-huictiesme octobre dernier, cy joinctes (p.257), avec la verification qu'en a faict Vostre Chambre des Comptes de Genevois, et le contract de cession de droicts qu'en a passé noble Anthoine de Boege, dict de Conflens, son [neveu], par devant Me Duret, nottaire, le sixiesme mars de l'année courante. La rattification duquel contract les Dames suppliantes desireroient obtenir de Vostre Altesse Serenissime ; et ycelle faire verifier en Vostre souveraine Chambre de Savoye, pour l'asseurance de leurs deniers a l'advenir. Que les faict recourir a la bonté, clemence et pieté accoustumée de Vostre dicte Altesse (notes 422,424), a ce qu'illuy plaise ratiffier, confirmer et approuver tout le contenu au dict contract, et ordonner qu'elles jouyront du fruict et benefice d'yceluy jusques a ce qu'elles soient remboursées du prix porté par le dict contract, et despence qu'elles ce trouveront avoir faicte aux bastiments et artifices nouveaux qu'elles pretendent faire au lieu ou sont situés les dicts moulins, conformement aux Patentes sus designées et verification d'ycelles.
Et a ces fins, plaira a Vostre Altesse Serenissime enjoindre a sa dicte Chambre des Comptes de Savoye, de verifier les Patentes que leur seront expediées pour le faict que dessus, sans aulcune difficulté et sans aulcung esmolument, en derogeant pour ce regard, entant que de besoing, a tous edicts a ce contraires (note 709)
: affin que les dictes Dames puissent jouyr plus seurement et paisiblement de la commodité des dicts moulins, et faire leurs fonctions avec plus de tranquillité d'esprit au service de Dieu, qu'elles prient incessamment pour la prosperité de Vostre Altesse, conservation et accroissement de ses Estats et de Nous (sic) Seigneurs les Princes Serme., qu'il veillie combler de ses graces et benedictions.
[Mars] 1618 .
D'après une minute inédite, conservée à Turin, Archives de l'Opera Pia Barolo, Paquet 221, n 11. GLOSSAIRE DES LOCUTIONS ET DES MOTS SURANNéS OU PRIS DANS UNE ACCEPTION INUSITéE AUJOURD'HUI (L'astérisque désigne les mots qui ont paru dans le Glossaire des tomes précédents.)
* A - pour avec, comme un, dans, de, en, pour, pour un * AAGE - pour temps * ABONDANT (d') - de plus ABORD - pour arrivée ABORD (d') - pour tout de suite * ACCOMMODEMENT - pour avantage matériel * ACCOMMODER - pour satisfaire * ACCOUSTUMANCE - habitude, action de s'accoutumer * ACCOUSTUMé (avoir)-avoir coutume *ACCOYSER, ACCOYSER (s') apaiser, calmer, s'apaiser, se calmer, se tranquilliser. lat.aquiescere * A CE QUE - pour afin que * ACTION - pour éducation, bonnes manières ACCUEIL - pour bienveillance ACCUEILLI - pour reçu, accumulé ADIRE (son) - son mot à dire ADOLORé - endolori, affligé Cf. ital. ADDOLORATO. ADVENTURES - pour événements de la vie ADVISé - pour jugé, trouve * AFFECTION - pour ardeur, désir, volonté AFFECTION (de bonne) - pour de bon cœur * AFFECTIONNé - pour dévoué , volontaire, qui est affec tionné à * AFFECTIONNEMENT - affectueusement, avec affection, avec ardeur, zé/e AFFECTIONNER - pour avoir à cœur, désirer ardemment * AGGREABLEMENT - pour de bon cœur AGGREABLEMENT (recevoir) pour agréer * AGGREEMENT - pour désir, ce qui agrée * AINS - au contraire, bien plus, et même, mais, mais au contraire, mais plutôt. ALLEGRESSES - pour réjouissances * AMENE - du lat. AMŒNUS, d'un aspect agréable *A MESME QUE - au moment même où AMEUBLé – meublé * AMIABLE - doux, aimable. * AMIABLEMENT - aimablement,doucement *AMPLIFICATION - du lat. AMPLIFICATIO, accroissement A PEU - pour peu ARENE - du lat. ARENA, rivage * ARRESTé - pour fixé ASSEURé EN - pour appuyé sur * ASSEUREMENT - pour sans hésitation, en toute assurance ASSEURER - pour fortifier, affermir * ASSEURER (s') - pour être sûr, se persuader, avoir confiance * ATANT - en attendant, là-dessus * ATTREMPER - adoucir, tempérer * AU - pour dans ce, dans le, par le, pour le * AUCUNEMENT - pour en quelque façon * AUTANT - pour aussi * AVANCER - pour faire progresser, prospérer * AVANT QUE DE - avant de AVEC - pour chez. * AVETTE - abeille BABILONIQUE - qui ressemble à Babylone * BAILLER – donner * BAYSEMAIN – compliment * BELLEMENT (tout) - avec calme, tout doucement, tranquillement * BIEN - pour plaisir, avantage * BIENFACTEUR - du lat. BENEFACTOR, bienfaiteur * BONNEMENT - pour vraiment, bien, suffisamment, facilement * BRAVE - pour accompli, parfait BRIEFVE - pour prompte CALAMITEUX - pour accablé de malheurs * CARESSER - pour bien accueillir,donner des témoignages d'honneur, de bienveillance * CARMELINE – Carmélite * CARQUANT - collier * CE - pour ceci, cela, c'est * CEANS – ici * CE PENDANT - pour en attendant, maintenant, présentement. * CHAMBRIERE - femme de chambre * CHAMS (aux, des) - pour à la campagne, de la campagne CHATELANIE-châtellenie * CHEVIR - venir à bout * CI APRES - pour dans la suite, plus tard * CIVILISER (se) - pour se former, s'accoutumer * CLAUSULE - clause . Du lat. CLAUSULA. * CLAUSURE - du lat. CLAUSURA, clôture * COGITATION - du lat. COGlTATIO, pensée * COLLOQUER - du lat. COLLOCARE, placer * COMME - pour comment, de quelle manière, que * COMME QUE CE SOIT – quoi qu'il en soit COMMODITé (a) - pour commodément, facilement COMMUNIER (se) - pour communier COMPLAIGNANT - plaignant * COMPLIMENT - pour complément * COMTE - pour compte * CONDITIONNé - pour pourvu des qualités requises CONJOUISSANCE - congratulations * CONSPIRER AU - pour s'unir dans le * CONTE, CONTER - pour compte, compter. * CONTEMPLATION (a cette) – en considération de cela * CONTESTE - contestation, débat * CONVERSATION - pour relations de société, compagnie, société * COULPE - du lat. CULPA, faute, culpabilité * COUPEAU – cime * COURAGE - pour confiance assurée, âme COURANT - pour poursuivant * CREANCE - pour autorisation, lettres de créance, croyance, certitude *CUYDER - du lat. COGITARE, penser, croire * DAMOYSELLE (voir MADAMOYSELLE) - appellation usitée jadis à l'égard de toute femme mariée qui n'était pas noble, ou qui, étant noble, n'était pas titrée DANS - pour avec DANS LE - pour au * DE - pour à, avec, depuis, dès, du, par, pour DEçA - en deçà * DEçA (de) -de ce côté-ci, de ce pays, d'ici, en ce pays, ici DECLAIRER DE (se) - pour déclarer, s'ouvrir de * DEDANS pour dans * DELA (de) - de là, du lieu où vous êtes, de cette région, là-bas * DELA LE - au-delà du * DEMETTRE (se) - pour s'abaisser * DEMEURANT - pour reste. * DES - pour de DESADVENTURE – malheur l'ital. DISAVVENTURA. * DESCEU (au) - à l'insu DESEMBARRASSé - débarrassé * DESENGAGEMENT - dégagement DESFIANCE - pour attente mêlée de crainte * DES ICY - d'ici, de ce lieu * DES IL Y A – depuis * DESIR - pour l'accomplissement, la réalisation d'un désir * DESMARCHER - départir. * DESPLAYSANT -pour douloureux, triste * DES QUE - pour depuis que, depuis le moment où * DES QUELQUES... PLUSIEURS ANNEES EN çA, DES UN AN EN çA -depuis quelques... depuis plusieurs années, depuis un an * DESSUS - pour sur DETRAIT - déduit * DEVANT - pour avant, auparavant * DEVERS,- du côté de, * DISCOURS - 'pour réflexions, raisonnements DISPOSé - pour testé, fait ses dispositions testamentaires * DIVERTIR - du lat. DIVERTERE, détourner, empêcher DIVERTISSEMENT (donner du) pour empêcher, mettre obstacle DOMMAGE DE (c'est) - c'est une chose fâcheuse que la perte de * DONT - pour ce dont, de quoi , par conséquent, c'est pourquoi * DORES EN AVANT - dorénavant * DOTE - dot * DOULOIR (se) - se plaindre . Du lat. DOLERE. * DOUTER - pour craindre * DRESSER - pour ériger * DU TOUT - pour absolument, compIétement, entièrement, tout à fait. * EMMI - au milieu de, dans, parmi. * EMPESCHé - pour embarrassé * EN - pour à , à faire, à la, au, dans la, par, vers * EN çA - jusqu'ici Cf. l'ital. lN QUA. * ENCOR (pour) - pour le moment * EN LIEU - pour à la place, au lieu EN MOY - pour en mon pouvoir ENTRESERVIR (s') - se servir mutuellement, fun à l'autre. * ENTRETENEMENT - entretien * ENTRETENIR (s') -. pour se tenir mutuellement. * ENVERS - pour contre * ESCHEOIT (s'il y) - s'il est nécessaire * ESLECTION - pour choix personnel Du lat. ELECTIO, choix. ESSAY - pour action * ESSAYER (s') - pour essayer * ESTABLIR - du lat. STABILIRE, rendre stable, affermir ESTIME (d') – estimable ESTOIT - pour s'était * ESTONNé - pour émerveillé,frappé d'admiration * ESTONNEMENT - pour émotion * ESTONNER - pour effrayer, troubler, inquiéter. * ESTONNER (s') - pour ébranler, s'alarmer, se déconcerter. ESTRE DE CROIRE - être cru * ESTROITTEMENT - pour particulièrement, spécialement Cf. l'ital. STRETTAMENTE. * ET SI - pour et encore, de plus ET TOUT - pour aussi . * EVENEMENT - pour issue, succès EXECUTION - pour pratique * FAIRE - pour accorder, donner, procurer, être de , établir, rendre FAIRE FAUTE - pour faillir, commettre une faute * FASCHEUX - pour fâché, mécontent FIN POINT (au) - au juste point FORTUNE (mettre en) - donner un emploi avantageux. FOURVOYER - pour se fourvoyer FRATERNISER - ressembler à son frère * FRATERNITé - pour l'ensemble des frères et des sœurs * GAUSSER. pour se gausser, se railler GELAP –julep GRACE DIEU - grâce à Dieu, Dieu merci * GRAND CAS (c'est, c'est un)-c'est une chose surprenante * GRATIEUX - pour suave, doux GRé (a) - de bon gré * HONNESTE - pour honorable * HURTER - pour recourir * ICY - pour ci * IMBECILLlTé -- du lat. 1MBEC1LL1TAS, faiblesse, impuissance, infirmité, imperfection * IMPROUVEU (a l') - à l'improviste * INCOMMODé - pour altéré , dans la gêne, gêné INCOMMODé DE - pour gêné pour le * INCOMMODER - pour nuire à * INCOMMODITé - du Iat. 1NCOMMODITAS, difficulté * INFIRME -. du lat. 1NFIRMUS, faible * JA - pour déjà , jamais JETTER A REFUGE (se) - se réfugier * JOURD'HUY (ce) - aujourd'hui * LA OU - pour tandis que LARGEMENT _. pour longuement * LEGAT - du lat. LEGATUM, legs LE TOUT - pour tout * MADAMOYSELLE (voir DAMOYSELLE) - MAL - pour malheur * MANQUEMENT - pour manque,défaut * MARRI, MARRY - fâché, peiné, regrettant. MESCONTENTEMENT - pour peine, épreuve * MES HUY - désormais, dorénavant, maintenant. * MESME - pour surtout, d'autant plus * MOYENNER - procurer en servant d'intermédiaire MULTITUDE -. pour répétition très fréquente * MURMURATION - murmure "NI - pour et NONOBSTANT - pour malgré cela * NOURRITURE - pour éducation * NUISANCE - dommage * ODORER- du lat. ODORAR1,flairer, sentir le parfum * OFFICE - pour moyen * OFFICE (faire) - intervenir, rendreservice * ONQUES - du lat. UNQUAM, jamais * ORATEUR - titre que prenaient autrefois les gens d'Eglise écrivant à des souverains ORDONNER - pour faire donner par commandement * OR SUS - or donc, eh bien ; parole d'encouragement. Cf. l'ital. ORSU. * OU -. pour c'est pourquoi * OUTRE - pour au delà de * OUTRECUIDé - présomptueux, téméraire * OYE, OYENT - formes inusitées du verbe ouïr * PAR APRES - ensuite. * PAR DELA - là où vous êtes, au delà des monts PAR ENSEMBLE – ensemble * PARMI - pour au milieu de tout cela, dans, pendant PASSIONNé - pour ardemment affectionné * PASTURE - pour aliment, nourriture * PLAYSE VOUS - pour qu'il vous plaise * PLEIN (a) - comptétement, expressément Cf. l'ital. APPIENO. PLEIN DE BON VISAGE – avec tres bonne mine PLUS - pour encore, de plus * POINT - pour ne point * PORTION - pour partie POSITION - pour pose * POUR CE QUE - parce que PRJEJUGER - pour juger d'avance favorablement PRENDRE - pour faire PROFESSER (faire) - pour faire faire la profession religieuse à, faire prononcer les vœux à PROPOS DES (a) - pour selon les PROPOSé - pour fait. * PROSPERER - pour faire prospérer * PROUVEU - pourvu * PROVIDENCE - pour prévoyance, soin, sagesse PURGATION - pour purification, élimination * QUANT ET ELLE -avec elle QU'AU... QU'EN - tant en...qu'en * QUE - pour de * QUI - pour ce qui * RAMASSER (l'esprit) - le concentrer sur un objet, le recueillir * RAMENTEVOIR - faire ressouvenir de, se rappeler, se ressouvenir de * RAMENTEVOIR (se) - se rappeler * RECHARGE - pour épreuve renouvelée *RECOMPENSE - pour compensation, dédommagement *REFORMATION - du lat. REFORMATIO, réforme * REGARD (pour ce, pour le) - pour à ce sujet, à cet égard, sur ce point, au sujet, pour ce qui est * REGARD (pour vostre) - pour ce qui vous concerne * REGARDER - pour veiller REGRETTé SUR - déploré RELEVEE - action de se relever * RELIGION - pour état religieux, Ordre religieux RELIGION (Ordres de) – Ordres religieux * REMONSTRANCE - pour exposé REMONSTRé - pour démontré, exposé * RENCONTRE (le) - pour la rencontre RENCONTRé LE CHOIX - trouvé par hasard le choix RENCONTRER LE SOIN (faire) faire trouver, recueillir le fruit des soins * REPLIQUER - du lat. REPLICARE, répéter * REPRESENTER - pour présenter, présenter de nouveau REPUGNANCE - pour résistance * RESERVER - pour épargner, priver de RESIGNé - pour remis, confié * RESOLU - pour plein de courage, raffermi * RESOLUTION - pour résignation courageuse * RESOUDRE – décider, juger, prendre une décision, une détermination * RESPECT - pour considération * RESSENTIMENT - pour sentiment, sentiment de chagrin,regret * RETARDEMENT - délai, retard, prolongation de séjour REUSCIR DE - venir à bout de, faire réussir, sortir heureusement de REUSCISSANT - pour s'effectuant * REVA, REVONT (s'en) - s'en retourne, s'en retournent * REVIGORé - remis en vigueur SECTATEUR - du lat. SECTATOR, compagnon, celui qui suit SENS - pour sentiment * SENTIMENT - pour peine, regret SEULEMENT TROP – augmentatif de bien assez * SI - pour aussi, aussi, de même, cependant, néanmoins; vraiment * SI EST CE QUE - cependant, il n'en est pas moins vrai que, néanmoins, toutefois * SI MOINS - sinon * SI QUE - de sorte que SOIN (de mon) - pour confié à mes soins * SUITE - pour action de suivre * SUPPORT - pour protection SUPPORTER - pour porter * SUR - pour après ,au sujet de * TANDIS - en * TANT - pour autant de temps * TANT PLUS - d'autant plus * TENANT -pour exact, fidéle . * TENDRE - pour délicat, touché sensiblement * TENDREMENT - pour prudemment, délicatement * TENDRETé - du lat. TENERITAS, tendresse, sentiment affectueux, impressionnabilité TESTEMENT - testament * TIRER - pour attirer * TOUT AINSY QUE - pour comme * TOUT FIN SEUL - absolument seul * TRAVAIL - pour peine, inquiétude, sollicitude * TRAVAl LLER - pour molester * TREILLE - grille TRIBULATION - pour douleur * VACATION - emploi, occupation * VERS - pour à, auprès de * VEüE - pour entrevue, rencontre * VEüE (de vostre) - de vous * VIANDE - pour mets, aliment, nourriture * VIEL - vieux * VIOLENTE- pour pressante VIOLET - pour tache violette * VOIREMENT-à la vérité
BIBLIOGRAPHIE
Les Vies de VII Religieuses de l'Ordre de la Visitation Sainte Marie... par la Mere Françoise Madelene de Chaugy, Superieure du premier Monastere de cet Ordre. A Annessy, par Jacques Clerc, MDCLIX. Sainte Jeanne-Françoise Frémyot de Chantal, sa Vie et ses Œuvres ; Lettres, Paris, Plon, 1877. André Pératé : La Mission de François de Sales dans le Chablais, documents inédits tirés des Archives du Vatican (extrait des Mélanges d'Archéol. et d'Hist. publiés par l'Ecole franç. de Rome, Rome, Cuggiani, 1886. Vita dei Servo di Dio Monsignor Giusto Guérin, Vescovo Principe di Ginevra, della Congregazione dei Chierici Rego!ari Barnabiti, descritta dal P. Maurizio Arpaud, tradotta dal francese dal P. D. Mauro Rusca della stessa Congregazione, ed Dra nuovamente riveduta ed ampliata. Milano, Ditta Boniardi-Pogliani di E. Besozzi, 1859. Les Vies de plusieurs Supérieures de l'Ordre de la Visitation Sainte Marie, revuës et corrigées par un Pére de la Compagnie de Jésus. A Anneci, chez Humbert Fonteine, MDCXCIII. La Vie du Bien-Heureus Mre François de Sales, Evesque et Prince de Geneve, Instituteur de l'Ordre des Religieuses de la Visitation de Sainte Marie, par le R. P. Dom Jean de S. François, Superieur General de la Congregatio des Feuillens. A Paris, chez Michel Soly, MDCXXIV. Lettere inedite di Santi, Papi, Principi, illustri guerrieri e letterati, con note ed illustrazioni deI Cavaliere Luigi Cibrario. Torino, tipografia eredi Botta, MDCCCLXI.
Lettre inédite de saint François de Sales, publiée avec des notes et des éclaircissements par le Cte Amalric Lombard de Buffières et Alexis de Jussieu, archiviste de la Savoie. Paris, Plon, 1878. La Vie de la venerable Mere Jeanne Françoise Fremiot, Fondatrice, premiere Mere et Religieuse de l'Ordre de la Visitation de Saincte Marie, par Messire Henry de Maupas du Tour, Evesque et Comte du Puy. Paris, chez Simeon Piget, MDCXLIII
INDEX
DES CORRESPONDANTS ET DES PRINCIPALES NOTES BIOGRAPHIQUES ET HISTORIQUES DE CE VOLUME
AFFRINGUES Bruno (d'), Général des Chartreux……………………………………….……680 AIRE (Ayre) Evêque d'. Voir COSPéAU. ALBAMEY (Albamé) Claude d' (Claude-Thérèse, Religieuse de la Visitation)……………….88 ALLINGES (curé et vicaire des). Voir MOJONIER et RANNAUD. AMERICI ou AMERIGHI Celse, Abbé général des Célestins…………………………………624 AMIS de saint François de Sales décédés………………………………………………………250 ANCINA Jean-Matthieu, de la Congrégation de l'Oratoire………………………………..418,711 ANGéLIQUES (Congrégation des)…………………………………………………………….661 ANNECY. Voir BARNABITES, DOMINICAINS, PRé LOMBARD, SAINT-MAURICE, VISITATION. ANNECY (Exemption d'impôts pour)……………………………………………………………34 AOSTE (Aouste) Artus de Lionne * (seigneur d') Voir ECCLéSIASTIQUE ……………584,765, I H ARMOY (curé et paroisse d'). Voir MUSY………………………………………………….649,650 ARNAULD Angélique, Abbesse de Port-Royal…………………….…………871, 916, 939,961,1519 ARNAULD Madeleine…………………………………………………………………………..896 AVIGNON. Voir LéGAT AVISE Marie-Gasparde (d'), Religieuse de la Visitation…………………………………………82 AVOYERS et CONSEIL de Ville de Fribourg *………………………………………… 682,
I E
AYES (abbaye des)………………………………………………………………………….244,463 AYRAULT René, Jésuite …………………………………………………………………………85 BALLON Louise (de), Religieuse de l'abbaye de Sainte-Catherine……………………………..101 BARANZANO Redento, Barnabite……………………………………………………………..222 BARFELLY Jacqueline Déaclard (dame) …………………………………………………161, 480 BARFELLY (maisons). Voir LACHENAL et VISITATION D'ANNECY BARFELLY Marie-Louise, Religieuse de la Visitation…………………………………………479 BARILLON Jean de …………………………………………………………………………….890 BARNABITES. Voir BARANZANO, BOERIO, CRAMOlSY, GENNARI, GUéRIN. BARNABITES à Chabeuil Voir CHABEUIL. BARNABITES Annecy (Affaire des jardins). Voir DOMINICAINS, GUéRIN, VISITATION ANNECY………………………………………………….232, 296,513 BARNABITES d'Annecy (Religieux et Supérieur des). Voir GENNARI ……………………………...642 BARNABITES de Thonon………………………………………………………………………..65. BARNABITES (Visiteurs généraux des)…………………………………………………………697 BAUME Catherine de la Croix de Chevrières (dame de la)………………………………………509 BéATRIX-ROBERT Gaspard. Voir BOUQUéRON BEAUMONT-CARRA Anne-Catherine (de), Religieuse de la Visitation………………………490. BEAUMONT-CARRA Paul (de). Voir CARRA. BEAUVILLARS Gaspard de Bernières (seigneur de) …………………………………………..121 BEAUVILLARS (Mlle de) ………………………………………………………………………117 BELLARMIN Robert *, Jésuite (Cardinal)…………………………………….196, 1254, 1359, I C BELLEGARDE Roger de Saint-Lary (duc de)………………………………………...465,595,1526 BELLERIVE Georges Plonjon (seigneur de)…………………………………………………….177 BELLOT (Mlle) …………………………………………………………………………………...95 BEMMELIUS Gabriel……………………………………………………………………………653. BéNéDICTINS de Paris. Voir SAINT-GERMAIN-DES-PRéS. BERGER Pierre…………………………………………………………………………………..876 . BERULLE Pierre de…………………………………………………………………………….1341 BéTHUNE Philippe de…………………………………………………………………………..738 BLANIEU Marguerite de Sassenage (dame de)…………………………………………….182, 366 BLONAY Claude de………………………………………………………………………1314,1431 BLONAY Marie-Aimée (de), Religieuse de la Visitation……………………………………….409. BOERIO Jérôme *, Général des Barnabites …………………………………1360, 1373,1457, II B BOISY Jean-François de Sales (de). Voir SALES. BONS (fille de). Voir CHEVRON-VILLETTE-LA-COUZ. BORNAND……………………………………………………………………………………..618 BORROMEE Frédéric, Cardinal, Archevêque de Milan………………………………………1477 BOUQUERON Antoinette Camus (dame de)…………………………………………………..367 BOUQUéRON (filles de Mme de). Voir CHAILLIOL ……………………………………………………505 BOUQUéRON Gaspard Béatrix-Robert (seigneur de)…………………………………………320 BOURCHENU (Brochenu) Philippe de Peyre (dame de)………………………………………629 BOURGEOIS Claude de…………………………………………………………………………72 BOURGEOIS Rose, Abbesse du Puits-d'Orbe ………………………………122, 131,136, 346,1396 BOUVARD Michel ………………………………………………………………………………891 BRéCHARD Jean de ……………………………………………………………………………..41 BRECHARD Jeanne-Charlotte (de), Religieuse de la Visitation...40,193,598,748,964,1383,1414,1481 BRESSAND Marie-Constance (de), Religieuse de la Visitation………………………………767 BRULART Marie Bourgeois (dame) …………………………………………………………….102 BRULART Nicolas, premier Président au Parlement de Bourgogne ……………………………125 CALCAGNI Ange, Cordelier………………………………………………………………………..394 CALUSO Auguste-Manfred Scaglia (marquis de) …………………………………………….707, 793 CAPUCINS de La Roche (couvent et église des) ……………………………………………………63 CAPUCINS de Thonon (Saint François de Sales consacre l'église des) ……………………………..64. CAPUCINS et CAPUCINES de Paris (couvents des)………………………………………………762 CARMEL d'Orléans…………………………………………………………………………………722 CARMES de Gex (couvent des) ……………………………………………………………………371 CARMES de la Province de Narbonne (Provincial des). Voir PERRIQUET. CARRA Paul de Beaumont ………………………………………………………………………...490 CARRON Jean …………………………………………………………………………………..….646 CéLESTINS (Abbé général des). Voir AMERICI CéLESTINS de France (Congrégation des)………………………………………………….623,624 CHABEUIL (collège de). Voir CONSULS………………………………………………….....631,633 CHAILLIOL Claude de …………………………………………………………………………..319 CHAILLIOL Françoise Béatrix-Robert (dame de)………………………………………………..316 CHALCéDOINE (Mgr de). Voir CROIX DE CHEVRIèRES. CHANTAL Celse-Bénigne de Rabutin (baron de)………………………………………493 ,784,785 CHANTAL Françoise de Rabutin. Voir FORAS…………………………………………………...788 CHANTAL Jeanne-Françoise Frémyot (Sainte), Mère de Voir THORENS,VISITATION DE BOURGES et de PARIS ..20, 144, 231,301,448,785,1321, 1331, 1334, 1337,1342,1347,1369,1372,1374,1377,1378,
1388,1393,1397,1412,1419,1424,1426,1429,1490,1492,1497,1500,
1503,1504,1508,1510,1514,1515,1517,1523,1527,1533,1535,1538,1540 CHAPITRE DE SAINT-PIERRE DE GENèVE (Procès avec la ville de Seyssel). Voir SEYSSEL. CHARLES-EMMANUEL 1er *, duc de Savoie. Voir MONTFERRAT ……..1312,1329,1369,1374,1384, ………………………………….1408,1463,1530,1534, I B,II D CHARMOISY Claude Vidomne de Chaumont (seigneur de) ……………………………….607,746 CHARMOISY Louise du Chastel (dame de). Voir VILLY………………………………....1485,1521 CHASTEL Péronne-Marie (de), Religieuse de la Visitation. Voir ISNARD…638, 644,1445, 1494,1516 CHATILLON Jean de…………………………………………………………………………….398 CHAVANES Marguerite de………………………………………………………………………571 CHEVRON-VILLETTE Amédée (de). Voir VILLETTE CHEVRON-VILLETTE Benoît (de), doyen de Notre-Dame de Liesse d'Annecy……………….380 CHEVRON-VILLETTE Jeanne de Menthon (dame de). Voir TANTE………………………..1435 CHEVRON- VILLETTE-LA-COUZ Jeanne-Antoinette (de), Religieuse de l'abbaye de Bons …128 CHRISTINE DE FRANCE, princesse de Piémont. Voir MARIAGE………………………………743 CLARISSES de Grenoble…………………………………………………………………………218 CLARISSES du diocèse de Genève…………………………………………………………..218,221 CLERC (Clerico) Nicolas (bénéfices de)………………………………………………………….187 COLIN Anne-Claude, Religieuse de la Visitation…………………………………………………412 COLLATéRAL (M. le). Voir QUOEX. COLLISIEUX (Collesieu) Marie-Hippolyte, Religieuse de la Visitation…………………………484 COLOMBIER Françoise de Garcin du (Françoise Angélique, Religieuse de la Visitation). Voir VISITATION DE GRENOBLE …………………………………92 CONCOURS……………………………………………………………………………………….166 CONGRéGATION DES CARDINAUX interprètes du Concile de Trente……………………….328 CONSEIL DE GENEVOIS (audiencier au). Voir SAGET CONSEIL DE GENEVOIS (Président du). Voir VALBONNE ……………………………………..152 CONSEIL de la SAINTE-MAISON de Thonon …………………………………………………..615 CONSEIL de Ville de FRIBOURG. Voir AVOYERS. CONSULS de Chabeuil ……………………………………………………………………………631 CORNILLON Gasparde de Sales (dame de) ……………………………………………………….47 COSPéAU Philippe (de), Evêque d'Aire ………………………………………………………….915 COSTE François ………………………………………………………………………………….517 COSTE Jean-Baptiste de Simiane (seigneur de la)……………………………………………..…805 COTTIN Denis …………………………………………………………………………………….517 COTTIN Isabeau Daspres, dame (Françoise-Elisabeth, Religieuse de la Visitation). ……………515 COULON Jean …………………………………………………………………………………….268 CRAMOISY Guillaume, Barnabite ………………………………………………………………279 CREIL Adrienne Gamin (dame de). ………………………………………………………………881 CREIL (maisons appartenant à la famille de). ……………………………………………………881 CRESPIN Claude (Mlle) ………………………………………………………………………….111 CRESPIN Jean-Georges * …………………………………………………………….……...150, I G CROIX DE CHEVRIèRES Alphonse (de la), Evêque de Chalcédoine ………………………….483 CROIX DE CHEVRIèRES Jean (de la), Evêque de Grenoble ……………………………………810 DAGAND Guillaume………………………………………………………………………………780 DAGAND Martin …………………………………………………………………………………780 DESTINATAIRES inconnus. Voir ECCLéSIASTIQUE, RELIGIEUX ………………………192,201,275 DESTINATAIRES inconnues. Voir RELIGIEUSE, TANTE …………………………………………102 DEVILLERS Etiennette (Marie- Tiennette, Religieuse de la Visitation)………………………….689 DOMINICAINS d'Annecy (Affaire des jardins). Voir BARNABITES et VISITATION D'ANNECY ..232,239 DOMINICAINS d'Annecy (Leurs différends avec la Visitation). Voir VISITATION D'ANNECY..19,213,658 DOYEN (M. le) de Notre-Dame de Liesse d'Annecy. Voir CHEVRON-VILLETTE. DRAILLANT (curé et paroisse de) ……………………………………………………….402,471,649 DUNANT Etienne *, curé de Gex ……………………………………………………………..….7,I F ECCLESIASTIQUE (un). Voir AOSTE. …………………………………………………………..765 ECHELLES Honoré de Belli (seigneur des) ………………………………………………………668 FAURE Justine Dalphas (dame du)………………………………………………………...635, 1469 FAVRE Antoine…………………………………………………………….…….523, 740,1319,1345 FAVRE Antoine-François …………………………………………………………………………155 FAVRE Marie-Jacqueline *, Religieuse de la Visitation ………301,413,487,519,720,983,1381,1394 1425,1451,1486 FAVRE Michel…………………………………………………………………………………….105 FAVRE René. Voir VALBONNE FAVROT (Favreau) Marguerite (Françoise-Marguerite, Religieuse de la Visitation)……………..87 FENOUILLET (famille) …………………………………………………………………………..261 FENOUILLET Pierre, Evêque de Montpellier …………………………………576,1344,1366,1468 FILLES DE LA CROIX (Congrégation des). Voir VILLENEUVE. FLéCHèRE Jacqueline de la ……………………………………………………………………….98 FLECHERE Madeleine de la Forest (dame de la) ………….23,589,1343,1357,1429,1433,1489,1491 FLOCARD Claudine Viallon de la Pesse (dame)………………………………………………….714 FONTANY (famille de Pignier de). ……………………………………………………………….692 FONTANY Françoise Piossasco d' Airasca (damede) …………………………………………….693 FONTANY Jeanne-Claudine de Pignier de (Jeanne Marie, Religieuse de la Visitation) …………690 FORAS Guillaume de Bernard (de). Voir CHANTAL Françoise ………………573,788,1362,1430,1483 FOREST Jeanne-Bonaventure (de la), Religieuse de l'abbaye de Bons……………………………587 FRIBOURG. Voir AVOYERS. FYOT de BARAIN François ………………………………………………………………………..671 GABRIEL (maître). Voir BEMMELIUS. GARIN Jacquelin ………………………………………………………………………………….262 GAUDIER Antoine, Jésuite ………………………………………………………………………972 GAUTHIER (Gautier) famille. ……………………………………………………………………176 GéLAS DE LEBERON Pierre-André, Evêque de Valence et de Die……………………………..634 GENEVE Marguerite (de), Abbesse de Baume-les-Dames. ………………………………………141 GENNARI Jean-Baptiste (de), Supérieur des Barnabites d'Annecy ………………………….290,642 GERARD de REAUTLER Jeanne-Hélène (de), Religieuse de la Visitation………………..…..32,322 GERARD de TOURNON, Capucin…………………………………………………………..…….772 GEX. Voir CARMES. GEX (Voyage de saint François de Sales à) ………………………………………………………..6 GLéZAT Anne-Françoise (de), Religieuse de la Visitation …………………………….……….450 GONDI Henri (de), Cardinal de Retz, Evêque de Paris………………………………….……….874 GONDI (Mme de). Voir JOIGNY. GOUFFIERS Elisabeth Arnault (des). Voir VISITATION DE PARIS …………………….……599,817 GRANDMAISON Hélène de Longecombe de Peyzieu (dame de) ……………………….…….1365 GRANIEU (enfants de Mme de ) ……………………………………………………………….614 GRANIEU François de Gratet (seigneur de)……………………………………………………..537 GRANIEU Laurence de Ferrus (dame de)………………….562,609,636,678,1441,1449,1363,1501 GRENOBLE. Voir SAINT-ANDRé, VISITATION DE GRENOBLE. GRENOBLE (Saint François de Sales à). Voir SAINTANDRé, VISITATION DE GRENOBLE…169,255 303,315,441 GUERIN Juste*, Barnabite…. …………………..296, 339,434,461,513,1361,1442,1462,1464,
II B
GUISE (hôtel de) …………………………………………………………………………………881 GUISE Louis de Lorraine, Cardinal de …………………………………………………………..880 HAUDRIETTES (Audriettes) Congrégation des…………………………………………………833 HERSE Charlotte de Ligny (dame Vialart de)…………………………………………………....781 ISNARD Jacques, Jésuite ………………………………………………………………………..594 JACQUES DE SAINT-OMER, Capucin ……………………………………………………….681 JACQUIN Claude ………………………………………………………………………………….7 JEAN-BAPTISTE (Don), Supérieur des Barnabites d'Annecy. Voir GENNARI.
JéSUITES. Voir AYRAULT, BELLARMIN, GAUDIER, ISNARD, LESSIUS………………………….437 JéSUITES d'Autun. Voir LACURNE.
JéSUITES de Paris (Maison et Recteur du Noviciat de). Voir GAUDIER ………………………972 JOIGNY Françoise-Marguerite de Silly (comtesse de) …………………………………………889 JOLY de la ROCHE Claude-Agnès. Voir ROCHE (de la)
JORIS Claude-Jacqueline, Religieuse de la Visitation …………………………………………492 LACHAT François (de), curé de Vailly ………………………………………………………..399 LACHENAL Marie Roux (veuve). Voir BARFELLY et VISITATION D'ANNECY ……………….163 LACURNE Huguette Desvoyo (dame de) ……………………………………………………..281 LACURNE Jean de ………………………………………………………………………....112,280 LAGRAND (la Gran) Louis de Simiane de la Coste (prieur et seigneur de). Voir SIMIANE DE LA COSTE …………………………………………………….539 LAGRAND (prieuré de) ………………………………………………………………………..539 LéAVAL (M. de) ……………………………………………………………………………….686 LE BLANC Marie-Hélène, Religieuse de la Visitation ………………………………………..836 LE BLANC de MIONS Ennemonde Chausson (dame) ………………………………464,885,1434 LéGAT et VICE-LéGAT d'Avignon……………………………………………………………263 LE MAISTRE Lucrèce de la Porte (dame) ……………………………………………………..504 LESCHERAINE Catherine de Monthouz (dame de) ……………………………………………444 LESCHERAINE Pierre-Louis de ………………………………………………………………..445 LESSIUS (Leys) Léonard, Jésuite, et ses ouvrages ……………………………………….654,1461 LHUlLLlER Hélène-Angélique, Religieuse de la Visitation.
Voir VILLENEUVE ……………..852 LIEUTENANT (M. le). Voir SAULX.
LIONNE Artus (de) *. Voir AOSTE. …………………………………………………………….I H LIOTARD (filles de Mme) ……………………………………………………………………..548 LIOTARD Huguette. Voir CHANTAL Celse-Bénigne …………………………………………….493 LIOTARD Marguerite du Solier (dame)…………………………………………………….547, 622 LOUIS XIII ………………………………………………………………………….905,1392,1452 LOUIS XIII et FAMILLE ROYALE …………………………………………………………..741 LULLIN (chapelle du marquis de). Voir THONON ………………………………………….37,142 LULLlN Gaspard de Genève (marquis de) ……………………………………………………...192 MADELEINE (Congrégation des Filles de la)…………………………………………………..884 MAINEVILLE (Meneville) ……………………………………………………………………...971 MARCOSSEY Jean de…………………………………………………………………………..895 MARIAGE du Prince de Piémont avec Christine de France. Voir FAVRE (Antoine), LOUIS XIII.,MAURICE DE SAVOIE, SALES (François), VICTOR-AMéDéE ……………….750,818 MARIE DE MéDICIS ………………………………………………………………………905,924 MARQUEMONT Denis-Simon (de), Archevêque de Lyon ………………………………………70 MAUBUISSON (abbaye et abbesse de). Voir ARNAULD ……………………………………….944 MAUBUISSON (Saint François de Sales à) ………………………………….……870,939,942,961 MAURICE DE SAVOIE, Cardinal (Son voyage en France)……338,706,716,724,729,740,742,798 MENTE Sylvestre de Saluces * (abbé de la ) ……………………………………………………II A MENTHON Claudine de Michaille (baronne de) ……………………………………………..…377 MICHEL Marie-Marguerite, Religieuse de la Visitation ………………………………………..666 MILLETOT Bénigne ………………………………………………………………...……345,1389 MILLETOT Claude de Cirey (dame) ……………………………………………………………358 MILLETOT Michelle, Religieuse du Puits-d'Orbe ……………………………………………...350 MOCCAND Jean, Prieur de Sixt ………………………………………………………………...199 MODèNE François de Rémond (seigneur de) …………………………………………………..739 MOJONIER Pierre, Curé des Allinges …………………………………………………………..400 MOJONNIER Amé de …………………………………………………………………………..555 MONET Claude-Aymon ………………………………………………………………………..902 MONTENEGRO Jérôme Caraffa (marquis de)………………………………………………….557 MONTFERRAT (Guerre du). Voir VERCEIL ………………………………………………259,578 MONTFLEURY (monastère des Dominicaines de) …………………………………………….463 MONTFORT Michelle de Cerisier (dame de) ……………………………………………..59,1350 MONTHOLON François de ……………………………………………………………………725 MONTHOUZ Paule-Jéronyme (de), Religieuse de laVisitation. ………………………………705 MORET Antoine de Bourbon (comte de) ……………………………………………………….901 MOTTIER Robert ………………………………………………………………………………551 MUSY Jean, curé d'Armoy. ……………………………………………………………………..470 MUSY (Musici) Pierre de ………………………………………………………………………893 MYANS (couvent et sanctuaire de Notre-Dame de)……………………………………………..425 NEMOURS François-Paul (de), prince de Genevois ……………………………………………950 NEMOURS Henri de Savoie * (duc de Genevois et de) ………………………...554,950,1428,
II C
NEMOURS Henri de Savoie (duc de Genevois et de) et la Visitation d'Annecy. Voir VISITATION D'ANNECY ………………………….208,210,424 NOTRE-DAME DE LA CAMPAGNE de Plaisance (couvent,sanctuaire de) Voir CALCAGNI ..397 NOUVELLES Marie-Michelle (de), Religieuse de la Visitation ………………………………..84 ORLANDINI Françoise-Catherine, Religieuse de la Visitation ……………………………415,530 ORLIER Diane de Rochette? (dame d') ………………………………………………………..404 PARIS. Voir CAPUCINS, HAUDRIETTES, JéSUITES, MADELEINE (la), SAINT-ANDRé-DES-ARTS ,SAINT GERMAIN-DES-PRéS, SAINT-SéVERIN, URSULINES, VISITATION DE PARIS.
PARIS (Saint François de Sales à). Voir MAURICE DE SAVOIE …… 65,256,706,740,792,807,811 PARIS François …………………………………………………………………………………777 PASSIER Paul de ………………………………………………………………………………..74 PAUL V * ………………………………………………………………………………….1358, I C PAUSE Jean Plantavit (de la) ……………………………………………………………………911 PAVILLON Marie-Anastase, Religieuse de la Visitation ………………………………………932 PéNITENTES (les). Voir MADELEINE.
PERRIQUET Nicolas, Provincial des Carmes de la Province de Narbonne ……………………370 PERRON Jacques Davy, Cardinal du ……………………………………………………………700 PEYSSARD Thomas, vicaire de Saint-Maurice d'Annecy ……………………………………….83 PIERRE François de Macognin (seigneur de la) ………………………………………………….73 PIERREVIVE Sylvius (de), grand-vicaire de l'Evêque de Paris ………………………………...877 PISANçON Anne Bally (dame de) ………………………………………………………………501 PORT-ROYAL (Abbesse de). Voir ARNAULD.
PRé LOMBARD …………………………………………………………………………………238 PUITS-D'ORBE (Communauté du)………………………………………………………………383 PUITS-d'ORBE (Mme du). Voir BOURGEOIS Rose.
QUOEX Claude de ……………………………………………………………..…140, 892, 959,1410 QUOEX Claude-Louis-Nicolas (de), Prieur de Talloires ………………………………………..393 QUOEX Jean-Baptiste de ……………………………………………………………………….959 QUOEX Philippe (de). Voir SAINTE-CATHERINE.. …………………………………...373,375,1310 QUOEX Rose Forestier d'Yvoire (dame de) …………………………………………………….442 RABUTIN François? de ………………………………………………………………………...391 RANNAUD (M.), vicaire des Allinges …………………………………………………………403 REDENTO (Don), Barnabite. Voir BARANZANO.
RELIGIEUX (un) ………………………………………………………………………………1465 RELIGIEUSE (une) ………………………………………………………………………1364,1498 RETZ (Cardinal de). Voir GONDI.
REVEL DE CHASSELAY Marguerite (de), Novice de la Visitation ………………………….628 ROCHE Claude-Agnès Joly (de la), Religieuse de la Visitation ……………………………..…837 ROCHEFOUCAULD François (de la), Cardinal ………………………………………………913 ROISSIEUX (Royssieux) ou ROISSY Antoinette de Grossaine (dame de Mesmes de)…………863 ROSSILLON Hélène-Ferdinande de Maillard-Tournon (comtesse de) ………………………….846 ROYSSIEUX Françoise Couvay (dame de) ……………………………………………………..863 SAGET Serge ……………………………………………………………………………………202 SAINT-ANDRé Honorade de Simiane (dame Prunier de) ………………………………………506 SAINT-ANDRé de Grenoble (église de)…………………………………………………………247 SAINT-ANDRé-DES-ARTS de Paris (église de) ……………………………………………….726 SAINTE-BEUVE Madeleine Lhuillier (dame de) ………………………………………………866 SAINTE-CATHERINE (chapelle de)………………………………………………………..…..378 SAINTE-CATHERINE (M. de). Voir QUOEX Philippe.
SAINTE-MAISON DE THONON. Voir BARNABITES de Thonon, CONSEIL DE LA SAINTE-MAISON ……………………………65,160,428,615 SAINT-GEORGES Jeanne de Harlay (dame de) ………………………………………………921 SAINT-GERMAIN-DES-PRéS de Paris (abbaye de) ………………………………………...811 SAINT-HIPPOLYTE de Thonon (prieuré de). Voir SAINTE-MAISON ………………………...160 SAINT-MAURICE d'Annecy (église et vicaire de) Voir PEYSSARD ……………………………83 SAINT-SéVERIN de Paris (église de)………………………………………………………….258 SAINT-SIXT Laurent (de), Chartreux …………………………………………………………407 SALBINER Pierre ………………………………………………………………………………683 SALES Bernard (de). Voir THORENS.
SALES FRANçOIS * de (Saint). Voir AMIS, ARNAULD, BELLARMIN, BELLERIVE, CAPUCINS de Thonon, CLARISSES du diocèse de Genève, DRAILLANT,GEX,GRENOBLE, LACHAT, LoUIS XIII, MADELEINE (la), MARCOSSEY, MARIAGE. MAUBUISSON, NEMOURS (François-Paul), PARIS, QUOEX (Philippe), SAINT-GERMAIN-DES-PRéS, SéMINAIRE, SIXT, T ALLOIRES, THORENS (Marie Aimée),VILLENEUVE, VISITATION ………….19,20,257,421,473,522,579,606,609,679,715,720,798,818,919 SALES Jean-François (de). Voir BOISY …………………………………………………. 942,1333 SAULX Claude de ……………………………………………………………………………..137 SAUTEREAU Marie Gibert (dame de) ………………………………………………………….77 SCAGLIA Auguste-Manfred. Voir CALUSO.
SCAGLIA Ginevra …………………………………………………………419, 702,795,855,1484 SCAGLIA Philibert-Gérard, comte de Verrua ……………………………………….420,708,856 SCOTTO Laurent. …………………………………………………………………………….1349 SéMINAIRE pour le diocèse de Genève (Projet de fondation d'un) …………………………..344 SEYSSEL (Procès entre le Chapitre de Saint-Pierre de Genève et la ville de). ……………….673 SEYSSEL (syndics de). ……………………………………………………………………….672 SIMIANE DE LA COSTE Jean-Baptiste (de). Voir COSTE.
SIMIANE DE LA COSTE Louis (de). Voir LAGRAND.
SlXT (Prieur et Religieux de). Voir MOCCAND ………………………………………….198,200 SOISSONS Anne de Montafia (comtesse de) …………………………………………………954 SOUDAN DE LA PALME François …………………………………………………………...899 SYNODE de 1617 ……………………………………………………………………………….9
TALLOIRES (prieuré de) …………………………………………………………………22,606 TANTE (une) ……………………………………………………………………………..…1435 TAVERNIER Nicole ………………………………………………………………………….769 TERTRE Marie-Aimée de Morville (dame du) ………………………………………..…912,933 THIBAUT Marie-Françoise, Religieuse de la Visitation …………………………………….816 THONON. Voir BARNABITES. CAPUCINS, LULLIN, SAINTE-MAISON, SAINT-HIPPOLYTE. THORENS Bernard de Sales (baron de). Voir SALES …………………………….….39,45,48,56 THORENS (fils posthume du baron de) ………………………………………………………183 THORENS Marie-Aimée de Rabutin-Chantal (baronne de) ………..…....99,184,190,194,269,356 TOURNELLE (Chambre de la). ………………………………………………………………363 TRéMOILLE (Trimouille) Charlotte-Brabantine de Nassau (dame de la) …………………...869 ULME Jean-François d' ………………………………………………………………….……600 URFé Marie de Neufville (marquise d') …………………………………………………….226 URSULINES de Paris …………………………………………………………………………341 VAILLY (Vualier) curé de. Voir LACHAT. VALBONNE André de Nicolle de Crescherel (dame de la) …………………………………..12 VALBONNE René Favre (seigneur De la ) ……………………………………………………151 VALENCE Evêque (de). Voir GéLAS DE LEBERON. VARS Hélène d'Arerex, dame de (Marie-Hélène, Religieuse de la Visitation) ………………843 VERCEIL (prise et reddition de) ………………………………………………………….109,578 VERNEUIL Henriette de Balzac (marquise de) …………………………………………….…879 VERRUA Philibert-Gérard Scaglia (comte de). Voir SCAGLIA. VEYSSILLEU Marguerite de la Croix de Chevrières (dame Rabot d'Aurillac de) 102,569,810,865 …………1340 VICTOR - AMEDEE de SAVOIE, prince de Piémont. Voir MARIAGE …..35,426,468,645,796,920 ……………………………………………………………….962,1330,1367,1385,1488,1491,1532 VIGNOD Bernarde (de), Religieuse de l'abbaye de Sainte-Catherine …………………………429 VIGNOD Jean de ……………………………………………………………………………….694 VILLARS Marie-Catherine (de). Religieuse de la Visitation ………………………………….309 VILLENEUVE Marie-Lhuillier (dame de), fondatrice des Filles de la Croix …………….850,852 VILLESAVIN Isabelle Blondeau (dame de). …………………………………………….909,975 VILLESAVIN Jean Phélipeaux (seigneur de). ………………………………………………..976 VILLETTE Amédée de Chevron (baron de) . …………………………………………………..54 VILLY (seigneurie de) ………………………………………………………………………..903 VISITATION -Coutumes et Règles de la. …………………….436,438,481,720,815,929,956,982 - Projets de fondations ……………………………………………335,526,930,979 VISITATION D'ANNECY -Achat de moulins du duc de Nemours). Voir NEMOURS ……….424
Affaire des jardins et autres. Voir BARNABITES. DOMINICAINS,
PRé LOMBARD ……………………..……………..93,232,296,658
VISITATION D'ANNECY -Eglise et monastère de la. Voir BARFELLY ( maisons), LACHENAL NEMOURS ………………………19,203,213 - RELIGIEUSES * de la. Voir ALBAMEY,AVISE, BARFELLY, BLONAY, BRéCHARD, CHANTAL, CHASTEL, DEVILLERS, FAVRE, FAVROT, FONTANY, JORIS, LE BLANC, MICHEL, MONTHOUZ, NOUVELLES, ROCHE (de la),VARS ……….94,475,476,492,540, II C, II D VISITATION DE BOURGES (Fondation, fondatrices et Religieuses de la). Voir LE BLANC, THIBAUT………………………453,703,756,836 VISITATION DE GRENOBLE (Fondation, fondatrices et Religieuses de la). Voir AOSTE, BRESSAND, COLLISIEUX, COLOMBIER, GéRARD DE RéAUTlER, GLéZAT, ULME …359,368,448 VISITATION DE LYON (Religieuses de la). Voir COLIN, ORLANDINI, REVEL DE CHASSELAY, VILLARS ……………………………………………………………411,414 VISITATION DE PARIS (Fondation, fondatrices et Religieuses de la). Voir CREIL, GOUFFIERS, HAUDRIETTES, MADELEINE (la), PAVILLON …….455,786,806,854,861,873,878,881,887,957 VISITATION DE TURIN (Fondation de la). Voir FAVRE, MONTHOUZ, SCAGLIA (Ginevra) ……………………………………..491,859 VŒUX de Religion (solennité des). ……………………………………………………………326 VUAZ ou VUAD Jacques-François de Sales (seigneur du) …………………………………….58 WEBER Balthazard ……………………………………………………………………………683
Avant-Propos ………………………..2 Avis au Lecteur ……………………...7 Indications sur les notes et renvois……7
ANNéE 1617 (Suite)
LETTRE MCCCVIII - A M. DUNANT. - Zèle du Saint pour la discipline ecclésiastique. - Il soutient avec fermeté ses droits d'Evêque dans toute l'étendue de son diocèse, et impose sa volonté pour la gloire de Dieu et l'honneur de l'Eglise………………………………………………………………..8
MCCCIX - A Mme DE LA VALBONNE. - Double renoncement.- Délicate charité de François de Sales à l'égard de ceux qui n'approuvent pas ses avis. - Quand la perte des Communions n'est pas dommageable à l'âme ………………………………………………………………………………….……9 MCCCX - A M. DE QUOEX. - Amour maternel que doivent avoir les ministres de Dieu pour les âmes. - Aimable réponse à une filiale inquiétude. - La " petite ruche " et les " pauvres abeilles. " - Ce qui affligeait l'Evêque de Genève et ce qui le consolait. - Dissension dans un prieuré ………..10