Lettres (page 39)

François de Sales · Lettres

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Lettres, tomes 1 à 11 (édition d'Annecy) · 55 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

V aoust 1620.

A Monsieur

Monsieur de Lucinge,

Prieur de Contamine.

Revu sur l'Autographe conservé dans le trésor de l'église Saint-François de Sales, à Lyon.

MDCXCIII A LA MèRE DE BRéCHARD SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE MOULINS (INéDITE) Un passage d'une lettre de Mme du Tertre. - Réponse que lui fit François de Sales. - Sa décision après plus ample information. - La douceur des Règles de la Visitation Sainte-Marie. - " Oublier les orages et flotz, " et ne point se lasser de souffrir.

Annecy, 9 août 1620.

Ma tres chere Fille, J'ay receu vostre grande lettre, a laquelle je ne me suis pas hasté de respondre par ce que des-ja j'avois respondu a tout ce qu'elle contient par la lettre que j'escrivis et a vous et a Mlle du Tertre (lettres 1682, 1684), que je mis dans un paquet que j'addressay a monsieur le Mareschal par monsieur des Hayes qui, revenant de Constantinople, alloit en poste au Roy ; et je m'asseure que vous l'aures receue.

Voyci les propres paroles de la lettre que Mlle du Tartre (sic) m'avoit escritte : " Je ne fus pas asses satisfaite d'avoir consulté les Capucins; je desiray voir le bon P. Recteur , auquel je vous puis asseurer, Monsieur, que je dy tout l'engagement, et de la mesme sorte que je vous l'ay escrit. Il me dit que, dans l'interest de Dieu et le mien, je devais me tenir en cette ville, mais neantmoins ayder l'establissement de la Mayson de Nevers, et quil me feroit voir par ses livres que c'estoit avec des tres bonnes raysons quil me disait que je pouvois transmuer mon dessein. " Sur cela, je luy escrivis, et a vous, qu'elle devroit suivre l'advis de ce Pere, qui ne peut estre que grave personnage, et donner une partie de ses moyens pour Nevers, gardant l'autre pour Moulins, en sorte qu'en faisant l'un elle n'abandonnast pas l'autre.

Mays on ne m'avoit pas dit tout, et je viens de l'apprendre tout maintenant. Le vœu n'est pas demeuré entre Dieu et Mlle du Tertre; la promesse est passee jusques a Nevers et ell'y a esté acceptee, et en suite de l'acceptation, on a acchepté places, mayson et meubles jusques a dix mille francz, par commission donnee de la part de madamoyselle du Tertre . Certes, j'adjouste donq que, tout au fin moins, les dix mille francz employés par ordre de madamoyselle du Tertre, sur sa parole, en suite de son vœu, ne peuvent ni doivent estre retirés, sinon que, comm'il se peut faire, je sois grandement deceu en l'intelligence des docteurs. Mais je m'asseure que le P. Recteur se sera bien fait expliquer tout le fait et aura, par sa prudence, accommodé toutes choses selon le droit ; et je m'asseure que Mlle du Tertre aura eu de la consolation de voir que, par ses moyens, l'une des Maysons soit Fondee et l'autre mieux establie en commodités ; et cela ne luy devra nullement oster le tiltre de fondatrice, au contraire, elle le meritera doublement. Et quant aux exceptions qu'elle desireroit pour moins incommodement vivre dans le monastere : pourveu qu'elle se sousmette aux Regles et aux Constitutions essentielles (en quoy, comme en toutes autres choses, le Pere Recteur et les autres theologiens vous pourront bien conseiller) ; il ny a Regle au monde, ni Constitutions qui s'accommode (sic) tant aux infirmes que celles de cet Institut. Et quant a l'obeissance, qui est essentielle, ell'est tousjours bien douce, ce me semble, quand on est en des monasteres ou les Superieures sont bien conditionnees, principalement aux filles infirmes et qui pour quelque digne sujet sont exceptees. Le Monastere de Nevers ira bien, apres que toutes ces bourrasques auront esté appaysees. Il n'est pas besoin de se mettre en souci si celles ci ou celles-la y entreront ; Dieu, duquel la providence a fait ce buisson, sçait bien quelz oyseaux y doivent chanter ses louanges.

Si la fille dont vous m'escrives, du marchand qui a mené les affaires, a sa vocation aux Carmelites, qui oseroit avoir pensé de la desirer ailleurs ? Elle sera bienheureuse d'estre en une si sainte assemblee. Que si ell'est pour Sainte Marie, ell' y treuvera bien aussi de quoy y servir sa divine Majesté .

Vous aves grandement bien accompaignee ma Seur Paule Hieronime de luy avoir donné ma Seur de Chatelu . Si celle qui luy succede aupres de vous ne fait pas tant de besoigne, il faut avoir patience ; on ne peut pas avoir toutes choses a souhait. Seulement je vous prie de reprendre patience, oublier les orages et les flotz, et mesnager le reste de vostre navigation tranquillement. Vous n'eutes jamais tant de peine ni de mal de cœur que parmi ceste bourrasque ; benisses Dieu, demeures humble et courageuse, et ne vous lasses point de souffrir beaucoup.

Si je puis, j'escriray un mot a Mlle du Tertre ; si je ne puis, salues-la cherement. Elle sçait bien que la Praetention que j'ay en elle n'est autre chose que son eternelle beatitude, praetention que je la supplie de favoriser de tout son pouvoir. Amen. Vive Jesus !

Je suis sans fin, et sans varier ni peu ni prou, parfaitement vostre, ma tres chere Fille.

IX aoust 1620.

A ma tres chere Fille en [N. Sr], Ma Seur Jean. Charle [de Brec]hard,

Superieure de Ste Marie de la Visitation.

A Moulins.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Nantes.

MDCXCIV A LA MèRE DE CHANTAL, A PARIS Nouvelles réponses à Moulins et à Nevers pour éclaircir les premières. - Le caractère de " race des biens des anciens chrestiens. " - Epreuves de la Mère de Bréchard. - Seule habitation stable de l'Evêque de Genève ; regard sur l'autre vie. - Quelques mots de la Communauté d'Annecy. - L'unique chose à traiter à Rome pour la Congrégation.

Annecy, 9 août 1620.

N'attendes nullement de moy une grande lettre, ma tres chere Mere, car j'ay tant escrit que je n'en puis plus, ayant esté contraint de faire de rechef des lettres pour Moulins et Nevers, plus longues beaucoup que l'ordinaire, pour m'esclarcir sur les responses que j'avois faites, car on ne m'avoit pas dit tout et je n'avois pas respondu tout . C'est la verité que le vœu de Mlle du Tartre (sic) ayant esté fait en faveur de Nevers, et ayant esté non seulement accepté, mays en bonne partie executé jusques a l'employ de dix mille francz fait par ordre et procuration de Mlle du Tertre, il ny a nulle apparence qu'elle s'en puisse desdire, au moins quant a la part des-ja employee. Or, je croy que tout ira bien, et l'affaire d'Orleans aussi . Les biens qui se font sans contradiction ne semblent pas estre de la race des biens des anciens Chrestiens.

La pauvre Seur Jeanne Charlotte a esté bien exercee, a ce qu'on m'escrit ; et, ce qui est plus deplorable, c'est que l'on a remué ces vieux bruitz qui, comme tres injustes, avoyent esté ensevelis, ainsy que m'escrit ma chere fille de Goufiez, a laquelle je ne puis escrire, me contentant de la saluer de tout mon cœur pour cette fois. O que le monde est inique, a mon gré, et que sa prudence est haïssable, parce qu'ell'est serpentine et nullement associé (sic) a la simplicité colombine ! O il ny a nul danger que vous traitties toutes ces filles maternellement ; elles le reçoivent, je m'asseure, filialement.

Ne vous empresses nullement pour vostre retour ; ces fondations de dela sont de si grande importance quil ny faut pas espargner le tems. Et moy, voyant que je suis appellé a suivre M. le Prince Cardinal, soit quil aille a Rome, soit qu'il aille en France, comme l'on dit quil fera , je ne suis plus de ce païs, ains du monde, et fay estat de n'avoir nulle habitation que dans le sein de l'Eglise. Je commence a ne plus arrester ma pensee qu'a la reunion de l'autre vie, en laquelle, comme nous sommes inseparables d'esprit, nous le serons encor de veue. J'attens toutes les heures qu'on m'escrive quil faut partir pour aller en France.

Je donnay un exemplaire du Formulaire de la reception des filles a l'habit et aux vœux, tres bien escrit, a nos Seurs. Enfin, l'experience a fait voir que quand les filles demeurent a la treille un peu eslevees, on les void mieux et on les entend mieux par tout l'oratoire.

Ma Mere, je suis cruel a nos Seurs d'icy, car je ne les voy point ; mais le monde m'est cruel a moy, qui m'apporte tant de tricheries. Helas ! la pauvre Seur Marie Magdeleyne est une bonne Seur, mais je ne sçai quand on la pourra tirer de dessus elle mesme . Mays la pauvre chetifve Seur Jeanne Françoise s'en va petit a petit tout a fait folle, si Dieu ny met sa puissante main. O pourveu que le dernier accident luy arrive en la grace de Dieu, il importera peu. Je suis marri en la partie superieure de cela, et m'estonne dequoy je n'en ay nul sentiment ailleurs.

Ma Mere, si j'allois a Rome, il ne faudroit nullement traitter des Constitutions, car ce seroit tous-jours a refaire ; on deputeroit quelqu'un pour les revoir, qui les renverseroit toutes, peut estre. Il ne faudroit que procurer la perpetuité du petit Office. Jamais il ny eut Religion delaquelle toutes les Constitutions ayent esté appreuvees a Rome par le Saint Siege, il suffit que les Regles le soyent. Tout ce que la prudence y peut faire, se fera a la reveüe ; apres cela, il faut demeurer en paix et laisser a la providence de Dieu de les establir, et elle le fera . Je vous vay escrire un article pour ma fille Mlle de Frouville et Mme de Villeneuve , que vous pourres monstrer a celle ci, car c'est pour le service de la seur que j'ayme tout a fait .

……………………………………………………………………………………… …………..niture sacree quil desire, et n'excepte rien ……..la feu Infante et Madame eut on fait faire ……….ce de le pouvoir par l'entremise de celle ci.

9 aoust 1620.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Turin.

MDCXCV A MADEMOISELLE LHUILLIER DE FROUVILLE Saint résultat de la promptitude à faire la volonté de Dieu. - Le calme après une rude secousse. - Néant de ce que l'on quitte pour le Seigneur, valeur immense de ce que l'on trouve. - Trois parties de l'holocauste.

Annecy, 9 août 1020.

Ce m'est une douceur nompareille, ma tres chere Fille, de voir l'operation celeste que le Saint Esprit a faite en vostre cœur, en vostre si forte et genereuse resolution de vous retirer du monde. O que vous fistes sagement, suivant la sagesse surnaturelle, ma tres chere Fille ! car ainsy estoit il en l'Evangile de la feste qu'on celebroit , que Nostre Dame s'en alla tout hastivement droit dans les monts de Juda (Lc 1,39). Cette promptitude de faire la volonté de Dieu est un grand moyen d'attirer de grandes et puissantes graces pour la suite et accomplissement de toute bonne œuvre ; et vous voyes, ma tres chere Fille, qu'apres la rude secousse que vostre cœur sentit quand, de vive force, il se desprit de ses sentimens, humeurs et inclinations pour suivre l'attrait superieur, en fin vous voyla toute consolee et accoysee dans le bienheureux buisson que vous aves choysi pour chanter a jamais la gloire du Sauveur et Createur de vostre ame.

Or, releves, ma chere Fille, releves souvent vos pensees a cette eternelle consolation que vous aures au Ciel, d'avoir fait ce que vous aves fait. Ce n'est rien, certes (et je voy bien que vous le croyes ainsy), ce n'est tout a fait rien en comparayson de vostre devoir et de ces immortelles recompenses que Dieu vous a preparees ; car, que sont toutes ces choses que nous mesprisons et quittons pour Dieu ? En somme, ce ne sont que des chetifz petitz momens de libertés, mille fois plus sujettes que l'esclavage mesme ; des inquietudes perpetuelles, et des pretentions vaines, inconstantes et incapables d'estre jamais assouvies, qui eussent agité nos espritz de mille sollicitudes et empressemens inutiles : et ce, pour des miserables jours, si incertains, et courtz, et mauvais (Gn 47,9). Mais neanmoins il a pleu ainsy a Dieu, que qui quitte ces neans et vains amusemens des momens, gaigne en contreschange une gloire d'eternelle felicité (2 Co 4,17), en laquelle cette seule consideration d'avoir voulu aymer Dieu de tout nostre cœur et d'avoir gaigné un seul petit grade d'amour eternel de plus, nous abismera de contentement.

En verité, ma tres chere Fille, je n'avois garde de vous dire : Foules aux pieds vos sentimens, vos desfiances, vos craintes, vos aversions, si je n'eusse eu la confiance en la bonté de l'Espoux celeste, qu'il vous donneroit la force et le courage de soustenir le parti de l'inspiration et de la rayson contre celuy de la nature et de l'aversion.

Mays, ma tres chere Fille, il faut que je vous die que vous voyla doucement toute morte au monde, et le monde tout mort en vous (Col 3,3 ; Ga 6,14): c'est une partie de l'holocauste. Il en reste encor deux : l'une est d'escorcher la victime, despouillant vostre cœur de soy mesme, coupant et tranchant toutes ces menues impressions que la nature et le monde vous donnent ; et l'autre, de brusler et reduire en cendres vostre amour propre (Lev 1,6), et convertir tout en flammes d'amour celeste vostre chere ame. Or, ma Fille certes toute tres chere, cela ne se fait pas en un jour, et Celuy qui vous a fait la grace de faire le premier coup, fera luy mesme avec vous les autres deux ; et parce que sa main est toute paternelle, ou il le fera insensiblement, ou, s'il vous le fait sentir, il vous donnera la constance, ains la joye qu'il donna au Saint duquel nous faysons la feste, sur la grille . C'est pourquoy vous ne deves point apprehender : Qui vous a donné la volonté, il vous donnera l'accomplissement (Ph 2,13).

Soyes seulement fidele en peu de . choses, et il vous establira sur beaucoup de choses (Mt 25,21).

Vous me promettés, ma tres chere Fille, que si on vous le permet, vous m'escrires toutes les rencontres de vostre heureuse retraitte ; et je vous prometz qu'on vous le permettra, et que je recevray ce recit avec un extreme amour.

Dieu soit a jamais beni, loué et glorifié, ma tres chere Fille, et je suis en luy et pour luy, tres singulierement, Vostre tres humble et tres affectionné serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

Ce 9 aoust 1620, Annessi.

Le bon oncle Chartreux sera bien consolé quand il sçaura que vous estes [Religieuse].

A Madamoyselle de Frouville.

A Sainte Marie.

A Paris.

MDCXCVI A MADAME DE VILLENEUVE Une action héroïque, digne des premiers temps du christianisme. - Servir Dieu en Dieu. - Consolation et force.

Annecy, 9 août 1620.

Je me res-jouys avec vous, ma tres chere Fille, de la retraitte de la chere seur , tant par ce qu'en verité ell'a esté faite genereusement, saintement et, pour le dire comme je l'entens, heroiquement et a la façon de ces anciennes ames du christianisme de l'aage plus saint, qu'aussi dautant que, comme m'a escrit la bonne Mere Superieure , vous aves autant de part en cette retraitte, et plus encor, que si vous vous fussies retiree vous mesme, en cas quil vous eut esté loysible. O c'est ainsy, ma Fille tres cherement bienaymee, quil faut servir Dieu, car c'est le servir en Dieu et par l'amour souverainement et incomparablement excellent. Je sçai le fort, vif et tendre amour de vostre cœur envers cette seur, et que cette petite separation luy aura costé des grans effortz, et c'est cela qui me donne mille playsirs en la partie superieure ; car en l'inferieure, croyes moy, ma Fille, j'ay treuvé mon sentiment engagé dans le vostre, tant il est vray en un sens tres sincere, que " l'amour egale les amans (Pythagore). " Vous aves donq si bonne part en ce sacrifice aggreable, que je m'en res-jouis tres affectionnement avec vous, et croy que la divine Bonté aura une douce souvenance de vostre holocauste et confirmera vostre conseil, et vous rendra, selon l'intention de vostre cœur (Ps 19,4) une consolation qui vous fera tousjours croistre en cet amour, ou une force qui, sans consolation, vous fera tous-jours de plus en plus parfaitement servir ce celeste amour.

Je ne sçai que vous dire, ma tres chere Fille, sinon que je suis indiciblement et incroyablement vostre.

Vive Jesus ! Amen.

IX aoust 1620.

A Madame

Madame de Villeneufve.

Revu sur l'Autographe appartenant aux Filles de la Croix de Tréguier.

MDCXCVII A M. FRANçOIS LHUILLIER D'INTERVILLE Félicitations à un père qui a généreusement donné sa fille à Dieu.- Grâces qui naîtront de son sacrifice.

Annecy, 9 août 1620.

Monsieur,

Ayant sceu avec combien de resolution vous aves consenti a la soudaine et inopinee retraitte de madamoyselle de Frouville, vostre fille bienaymee , je ne me puis retenir de m'en res-jouyr de tout mon cœur avec vous, comme d'une action en laquelle Dieu aura pris son bon playsir, et dont les Anges et les Saintz auront glorifié extraordinairement la divine Providence. Car je sçai bien, Monsieur, que cette fille vous estoit parfaitement pretieuse, et que vous n'auries peu la donner a la divine volonté que premierement vous ne vous fussies abandonné tout a fait vous mesme a son obeissance, qui est le plus excellent bonheur qu'on puisse souhaitter. Or, j'augure de plus que, pour ce saint sacrifice spirituel que vous aves si franchement fait a Dieu, sa souveraine et [infinie] Bonté vous donnera les mesmes benedictions qu'elle donna en pareille occasion au grand Abraham (Gn 22,17). Et ce sont les desirs que je fay sur vous et sur toute vostre mayson, qu'en vous benissant elle vous benisse, establissant vostre posterité en sa grace, contre toutes sortes de contradictions. Et vous saluant tres humblement, avec madamoyselle d'lnterville, vostre compaigne , je demeure, Monsieur,

Vostre tres humble serviteur,

FRANçs, E. de Geneve.

Le 9 aoust 1620.

MDCXCVIII AU PèRE ANTOINE ANTONIOTTI, DE LA COMPAGNIE DE JéSUS (INéDITE - EN ITALIEN) Appréciation du Saint sur une traduction de l'Introduction a la Vie devote. - Critiques qu'il réfute ; corrections qu'il a faites. - Envoi du Traitté de l'Amour de Dieu ; multiples fautes d'impression de la sixième édition. - Trois ou quatre mille sermons en vingt-huit ans. - Pourquoi l'Evêque de Genève ne peut écrire comme ses amis l'en prient. - Philothée réimprimée plus de quarante fois.

Annecy, 16 août 1620

Très Révérend et très honoré Père dans le Christ, Je renvoie à Votre Paternité sa traduction, que j'ai revue depuis le commencement jusqu'à la fin. Elle me paraît très belle et bien faite ; aussi je vous remercie très humblement d'avoir daigné l'entreprendre .

Une seule chose me donne à réfléchir : c'est que quelques personnages italiens disent que les chapitres où je traite des jeux, des bals, des amourettes et de semblables amusements et passe-temps, comme aussi celui De l'honnêteté du lit nuptial (IVD part 3, ch 18,32,34,39) et la comparaison de la princesse sollicitée, qui se trouve dans le traité des Tentations, (TAD 4,3 et 6) conviennent à la légèreté et liberté de la nation française ; mais que la retenue et la gravité naturelle des Italiens n'ont pas besoin qu'on parle de tels sujets. Je laisse ceci au jugement de Votre Paternité, sachant bien toutefois qu'en plusieurs endroits d'Italie et l'on danse, et l'on joue, et l'on courtise, surtout dans les lieux voisins de l'Allemagne et de la France, tels que notre Piémont. De plus, ce livret a été traduit sans aucun retranchement en Espagne , où cependant on fait grand cas de la gravité extérieure. Il faut, d'ailleurs, que les sages prennent patience lorsqu'en de semblables ouvrages on traite avec de moins prudents ; car, parlant aux gens du monde, à des courtisans et autres, je me dois aux sages et aux insensés. (Rm 1,14).

J'ai corrigé beaucoup d'endroits où l'imprimeur de Lyon avait fait des fautes, et quelques-uns où les mots français n'avaient pas été bien compris, comme : " austruches,"" qui ne signifie par tartaruche (tortues), mais struzzi ; " detraquer, " sconcertare ; " detraqué, " sconcertato ; " goderon, " lattuca ; et quelques autres du même genre, peu nombreux et aussi de peu d'importance .

J'envoie à Votre Paternité la feuille ci-jointe, où elle verra les textes de saint Grégoire de Nazianze , et un passage du chapitre De l'honnêteté du lit nuptial, où peut-être sera-t-il bon de ne pas exprimer si ouvertement la comparaison . Il m'a semblé mieux d'expédier maintenant ce travail, car je crains que Son Altesse veuille me faire aller en France à l'heure où j'y penserai le moins.

Je vous adresse aussi mon Traitté de l'Amour de Dieu, qu'un gentilhomme traduit assez heureusement, à ce que j'entends dire . Il me fâche que dans cette dernière édition, qui est la sixième , tant d'erreurs se soient glissées en un livre où il n'en faudrait point ; car une faute d'impression peut facilement donner un sens faux en matières importantes. Si j'avais pu trouver un exemplaire de la première édition, assurément je vous l'aurais envoyé.

. Votre Paternité verra dans la Préface que j'écris très peu. Ce n'est pas, certes, faute de sujet ; car j'aurais beaucoup à écrire de l'amour du prochain et des choses que j'ai prêchées en trois ou quatre mille sermons faits depuis vingt-huit ans, qui, de l'avis de plusieurs, seraient utiles au bien public. L'année dernière, étant à Paris avec le Sérénissime Prince Cardinal , nombre de personnes de grande qualité m'en firent même de vives instances. Mais il est impossible sous cette charge pastorale, d'écrire pour faire imprimer. Si la divine Majesté le veut, elle m'en donnera le loisir ; et si elle ne le veut pas, je ne dois pas le ouloir non plus. Quant à l'Introduction, il est vrai qu'elle a été très utile en France, en Flandre et en Angleterre ; on l'a réimprimée en franaçais plus de quarante fois en divers lieux ; elle a même srvi à convertir les hérétiques, comme le remarque le P.Jacques Gaultier de la Compagnie de Jésus, au sixième siècle de ses Tables chronographiques . Je ne sais si elle aura autant de succès en Italie. Plaise à Dieu notre Seigneur que la peine prise par Votre Paternité et l'humilité avec laquelle Elle a daigné donner à ce petit ouvrage le beau vêtement italien dont il est orné, devienne très profitable au salut de beaucoup d'âmes .

Je demeure, de Votre très Révérende Paternité, Le très humble frère et serviteur, FRANçOIS, Evêque de Genève.

16 août 1620

MINUTE DE LA LETTRE PRéCéDENTE (FRAGMENT INEDIT- EN ITALIEN)

Très Révérend et très honoré Père dans le Christ, Dans l'incertitude où je suis au sujet d'un nouveau voyage en France, et craignant un départ précipité au moment où j'y penserai le moins, ayant d'autre part cette bonne occasion des Pères Barnabites qui s'en vont là-bas , je renvoie à Votre Paternité l'Introduction traduite par Elle en italien. Je l'ai revue d'un bout à l'autre, elle me semble fort bien; aussi suis-je très obligé à Votre Paternité de ce qu'Elle a daigné se charger de ce travail.

En certains endroits, l'imprimeur de Lyon s'est trompé, et, par conséquent, a occasionné des erreurs dans la traduction ; je les ai corrigées. En d'autres, la force des mots français n'avait pas été bien saisie, et ceux-ci sont en fort petit nombre ; je ne me rappelle même pas qu'il y en ait plus de trois ou quatre. Détraquement, qui vient du verbe détraquer, sconcertare ; détraqué, sconcertato ; mais je ne sais si détraquement peut se traduire par sconcertamento ;

et détraquer signifie aussi sviare. Goderon est la fraise qu'on porte autour du cou ; et tels autres mots, comme les défenses du sanglier, qui sont les dents qui sortent de sa gueule, lesquelles en français ne s'appellent pas dents, mais seulement défenses ; et encore venaison, qui est la graisse et l'embonpoint des cerfs.

Je dirai simplement à Votre Paternité que j'ai reçu, au sujet de ce livret, des avis très différents par des personnages italiens. Les uns disent que les chapitres où je traite des jeux, des bals et de semblables passe-temps, et ceux où il est parlé des amourettes et de l'honnêteté du lit nuptial, comme aussi la comparaison de la princesse sollicitée que je fais dans les chapitres sur la tentation ne sont pas à propos pour l'Italie; car la retenue et la prudence naturelle de cette nation ne permettent pas qu'on fasse de telles choses. D'autre part, il faut, dit-on, parler très prudemment de ce qui touche la pudeur, afin de ne pas éveiller l'impression des vices contraires. D'aucuns avouent cependant que, quoique cette retenue règne en plusieurs provinces d'Italie, ailleurs néanmoins on danse et on se livre à ces légèretés, …………aux frontières de l'Allemagne et de la France…………pays des Vénitiens, en Piémont et sur la côte de Nice. ………………….

Revu sur l'Autographe conservé à Rome, au Vatican, dans la chapelle des Reliques du Pape.

MDCXCIX A MONSEIGNEUR JEAN-FRANçOIS DE SALES, SON FRèRE, éVêQUE NOMMé DE CHALCéDOINE (INéDITE) La paix en France, et les projets du Prince Cardinal. - Déplaisirs de ce monde. - Nécessité croissante de réformer certains Monastères. - Les intrigues du sacristain Perret. - Cuisinier et tailleur à " façonner au service et a la modestie. " - Salutations respectueuses. - " Un article de foy morale. " - Remerciements à faire à plusieurs Cardinaux.

Annecy, 22 août 1620.

Mon tres cher Frere,

Plus je vay avant, moins j'escris, car il me semble qu'il y a moins a dire. Les nouvelles asseurees de la pacification en France m'ostent tout a fait du doute auquel j'estois du voyage de Monseigneur nostre Prince Cardinal, ains me mettent en quelque opinion que si elles arrivent a Son Altesse avant son depart pour l'abbouchement qu'elle devoit faire avec M. de Lesdiguiere, elle en desfera le dessein ; et si elle vient, ce sera pour si peu, que je ne croy pas que sans importunité je luy puisse faire la reverence . Si monsieur le Marquis de Saint Damien vient, je m'essayeray de luy tesmoigner combien je me sens obligé a sa bienveuillance. La pauvre Mme de la Croix sera grandement a plaindre sur la nouvelle de la rupture de son mariage, car a mesure qu'ell'a eu de la peine d'aymer son praetendu serviteur, elle aura de la peine a le des-aymer . Ce monde est tout plein de desplaysirs. Ce fut pour Aberes que Monseigneur le Prince prouveut . Si je sçavois qu'on ne mit pas la main a la reforme generale des Monasteres, selon le projet de Monseigneur le Serenissime Prince, je supplierois Monseigneur le Cardinal de la procurer pour son abbaie d'Aux, ou neantmoins je ne croy pas qu'on la puisse faire de duree sans mutation d'Ordre ou de Congregation . J'escriray a Monseigneur le Prince soudain que je sçauray quil sera de retour, affin quil luy playse faire reuscir ce bon œuvre general, car tous les jours il y a plus de necessité.

M. le sacristain Perret est allé a Cluny, ou il remüe tant quil peut pour son dessein, et de la il veut passer a Rome pour remonstrer a Sa Sainteté ce quil pense propre pour rompre celuy de Monseigneur le Prince . Je n'ay garde de m'engager a Lyon pour la seconde fois, que je ne sache asseurement de pouvoir tenir parole (notes 457,541) ; la providence de Dieu fera son coup selon sa gloire. Mme l'Ancienne de Sainte Catherine vous escrit, et m'a prié de la vous recommander aupres de monsieur son neveu . Voyla deux laquais, dont l'un est aucunement cuysinier, et l'autre est bon tailleur. Il Ies faudra façonner au service, et peut estre a la modestie, bien quilz soyent bons enfans. Quand vous marqueres le tems,

M. Rolant ira vous servir.

Vives heureux et joyeux en la grace de Nostre Seigneur, mon tres cher Frere, et notamment puisque vous aves maintenant le P. D. Juste qui vous ayme tant. Je l'ay prié de faire faire un pourtrait du Saint Suayre ; mais puisque monsieur Rollant va la, il aura le soin de payer l'ouvrage. Je salue tres humblement monsieur le Chevalier de Lescheraine , et suis son tres humble serviteur. Je fay revenir mon neveu de Lyon, pour luy faire faire son cours de filosophie icy et le stiler aux offices du chœur, puisque il l'a desiré . Je salue tres humblement madame de Saint George, que j'honnore plus qu'il ne se peut dire, et la signora Donna Genevra, ma chere fille, et Mme de Berné , et toutes ces dames qui me font la faveur de me vouloir du bien, et madame de Sarsenas a part, comme l'honnorant singulierement . De nostre Pere D. Juste je n'en dis rien, car il sçait bien que c'est un article de foy morale que je suis tres entierement tout sien. Le bon M. du Crest de l'Estoile est mort, et a laissé, comme on me dit, messieurs de Chevron ses heritiers en ce quil peut . Je pensois escrire peu, et en voyla beaucoup. Je remercieray monsieur l'Ambassadeur soudain que vous aures les Bulles, et le Cardinal Aldobrandin, qui m'a escrit une lettre bien honnorable , et le Cardinal Melin et le Cardinal Sauli qui m'escrit combien d'obligation nous avons en cett'occasion a Monseigneur nostre Prince Cardinal. Or sus, Dieu soit a jamais nostre unique support, et je suis en luy tout vostre.

F., E. de G.

XXII aoust 1620.

Vous estes le premier auquel j'escris en cette mienne . 54e annee que je commence aujourdhuy.

A Monseigneur

Monseigneur] le Rme Evesque de Calcedoine,

premier Aumosnier de Madame.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.

MDCC A LA SOEUR DE MORVILLE NOVICE DE LA VISITATION DE MOULINS Inspirations partielles du Saint-Esprit. - Le père de l'Evangile et ses deux fils. - Dieu ne veut être aimé que totalement. - Qu'attend-il pour verser dans les cœurs le " don sacré de l'orayson ? " - Baume divin et parfums de ce monde. - A qui appartient une aumône déjà livrée. - Il doit être indifférent à Mme du Tertre de donner ici ou là, puisqu'elle donne au Seigneur.

Annecy, fin août-septembre 1620 .

O combien de benedictions Dieu espandra-il sur vostre cœur, et que de consolations sur le mien, si vous alles croissant en la prattique parfaite du divin amour, ma treschere Fille ! Le Saint Esprit tient quelquefois la methode d'inspirer par parties ce qu'il veut faire du tout, et ces vocations ont accoustumé d'estre grandement solides. Ce bon homme de l'Evangile (Mt 21,28), ayant deux garçons, dit a l'un d'iceux : Va, mon enfant, en ma vigne, pour y travailler ; et il dit : Je n'en feray rien. Puis, faysant reflexion et revenant a soy, il y alla et travailla tres bien. Puis, le pere dit a l'autre : Mon enfant, va travailler en ma vigne ; et il respondit :

Je m'y en vay, et neanmoins il n'en fit rien. Or, dit Nostre Seigneur, lequel des deux a fait la volonté du pere ? Sans doute le premier, ma tres chere Fille.

Vous aves le courage trop bon pour ne faire pas parfaitement ce qu'il faut faire pour l'amour de Celuy qui ne veut estre aymé que totalement. Marchés donq bien ainsy, ma tres chere Fille, l'esprit relevé en Dieu et qui ne regarde que le visage et les yeux de l'Espoux celeste pour faire toutes choses a son gré ; et ne doutes point qu'il ne respande sur vous sa tressainte grace pour vous donner des forces esgales au courage qu'il vous a inspiré. Le don sacré de l'orayson est tout prest en la main droitte du Sauveur, soudain que vous seres vuide de vous mesme, c'est a dire de cet amour de vostre cors et de vostre volonté propre ; c'est a dire, quand vous seres bien humble, il le versera dedans vostre cœur.

Ayes patience d'aller le petit pas, jusques a ce que vous ayes des jambes a courir, ou plustost des aigles a voler. Soyes volontier pour encor une petite nymphe, bien tost vous deviendres une brave avette.

Humilies vous amoureusement devant Dieu et les hommes, car Dieu parle aux aureilles abbaissees. Escoute, dit il a son Espouse, et considere, et abbaisse ton aureille ; et oublie ton peuple et la mayson de ton pere (Ps 44,11). Ainsy le Filz bienaymé se prosterne sur sa face quand il parle a son Pere eternel et qu'il attend la response de son oracle (Mt 26,39). Dieu remplira vostre vaysseau de son baume, quand il le verra vuide (4 R 4,3) des parfums de ce monde, et quand vous seres humble, il vous exaltera (Lc 1,52). Mais, ma tres chere Fille, ne dites pas comme le jeune filz de cet homme : J'iray travailler, qu'avec un ferme desir d'y aller.

Or sus, c'est la verité que j'ay escrit une seule fois a N. qu'une aumosne voüee et non delivree pouvoit estre en quelque sorte transferee d'un lieu auquel elle estoit destinee en un autre d'egale pieté ; mais qu'estant voüee, delivree et executee on ne pouvoit plus s'en desdire, puisqu'une aumosne delivree n'est plus a celuy qui l'a faite, mais, de plein droit et tres certainement, appartient a celuy qui l'a receuë, et sur tout quand il l'a receuë sans condition, ou avec une condition qu'il est prest de son costé d'executer. Mais que je me sois plaint de vous, certes, je ne l'ay jamais fait, ni n'ay nullement inculqué mon advis, qui est l'advis de tous les theologiens.

Voyla cependant qui va le mieux du monde, que vous le veuillies suivre, nonobstant ce que le monde voudroit dire. Aussi vous est il egal de donner ou icy ou la, puisque le Dieu du Monastere de [Nevers] est le Dieu du Monastere de [Moulins], et que toutes les deux Maysons sont egalement a la tressainte Vierge, et a vous, ma tres chere Fille, que je conjure de perseverer a m'aymer constamment en Nostre Seigneur, comme tres invariablement je suis a jamais et sans reserve vostre; et ne cesse point de supplier la tressainte Vierge, la plus aymee Dame du Ciel et de la terre, qu'elle vous ayme et vous rende toute bienaymee de son Filz, par les continuelles inspirations qu'elle impetrera de sa Majesté divine.

Vostre plus humble pere et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

1620.

MDCCI A LA MèRE FAVRE, SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE MONTFERRAND (FRAGMENT) Double joie du saint Fondateur de la Visitation.

Annecy, [août-septembre] 1620 .

………………………………………… Vous verres, ma chere grande Fille, que Dieu vous fera recueillir de bons et beaux fruitz de vostre travail. Ah ! que de joye a mon ame de sçavoir ma Mere a Paris et nostre unique chere fille en Auvergne, toutes deux cooperant avec le Saint Esprit a un service si digne et si saint !………………….

Revu sur le texte inséré dans la Vie manuscrite de la Mère Favre, par la Mère de Chaugy, conservée à la Visitation d'Annecy.

MDCCII A LA MèRE DE CHANTAL, A PARIS (INéDITE) Lettre pour les Barnabites à Mgr de Bourges. - Douce espérance de revoir la Sainte à Paris. - Le Monastère d'Orléans. - Réponses que François de Sales pense faire de vive voix. - Les désirs de " plusieurs gens de bien " au sujet de Mgr Camus. - Ce qui contrebalance les réels défauts de Mme de Port-Royal. - Combien il lui serait avantageux de se retirer un peu à la Visitation ; difficultés à ce projet. - Des " honneurs " à faire.

Annecy, 22 septembre 1620.

Hier bien tard je receu vos lettres, ma tres chere Mere, de la veille de Nostre Dame, et ce matin je vous escris hastivement par le sire Pierre qui va partir ; et c'est le 22 de septembre, jour de saint Maurice. Or, tandis que je m'en resouviens, il faut que je vous die que nos Peres Barnabites m'ont fait escrire la lettre ci jointe a Monseigneur l'Archevesque de Bourges , de laquelle il leur importe grandement que j'aye response. Vous la verres, ma tres chere Mere, et si vous sçaves quelque chose sur ce sujet avant que Monseigneur de Bourges m'escrive, vous ne laisseres pas de me renvoyer.

Apres cela, ma tres chere Mere, il faut que je vous die que le voyage de M. le Prince Cardinal en France se remet en train, et mon frere m'escrit qu'on le tient pour asseuré et, quant et quand, que je le feray, ce Prince voulant que je l'accompagne par tout ou il ira; de sorte que me revoila a la veille de vous aller voir, si le Roy va faire l'hiver a Paris .

J'espere avec vous, ma tres chere Mere, que nostre Seur Claude Agnes fera bien, et sur tout estant si proche de vous en ce commencement , car il me semble qu'Orleans est un fauxbourg de Paris. Et cette si digne et bonne Princesse les protegeant si favorablement, il m'est advis qu'il ny a qu'a beaucoup attendre de progres pour cette Mayson-la , moyennant la grace de Dieu, qui est le souverain et unique objet de toutes nos confiances. Je seray grandement ayse quand je sçauray que vous seres logees, et dedans la ville , puisque mesme c'est le sentiment de nostre bon P. Binet qui a tant de charité pour vous et tant de bonne conduite. Je vay tousjours differant de luy escrire, et peut estre le verray-je plus tost, bien que je croy que le voyage ne se fera que sur l'extremité du moys prochain ou sur le commencement de novembre. Et tandis que je m'en resouviens, je vous prie de dire a monsieur de Saint Jaques que j'attens de luy respondre par les effectz de ce quil m'a demandé, mon frere m'ayant escrit quil n'oubliera rien pour satisfaire a son desir. J'attens avec crainte vos premieres nouvelles sur la maladie de la Seur Marie Marguerite de Saint Bonet, car je voudrois bien qu'elle guerit, si Dieu le vouloit, sans la volonté duquel je ne veux rien vouloir . Demain je vay voir M. de Belley son frere, que je treuve tousjours plus aymable ; mais je ne voy pas comme on puisse luy persuader de quitter ces gestes immoderés de la praedication, ni arrester le cours de sa plume, comme vous m'avies escrit que c'estoit le desir de plusieurs gens de bien. Or, il escrit maintenant des choses que les Peres Jesuites de deça et quelques theologiens qui les ont veues jugent devoir estre fort utiles parmi le monde : c'est une besoigne de mesme espece que la Memoire de nostre pauvre Darie . Je vous escriray de rechef par luy, qui part au commencement du moys prochain.

O que mon cœur a esté touché d'une douceur extreme dequoy ma tres chere fille Mme de Port Royal a esté avec vous ! car il est vray, je luy dis que devant estre a jamais tout a elle, je vous donnois egalement et uniquement aussi avec moy, et j'eusse deu dire en moy. Or sus, je suis infiniment ayse encor que vous la treuvies si aymable. Elle l'est a mon gré tout a fait, non obstant tout ce qu'elle dit contre elle mesme, qui [est] voyrement veritable, mais qui est contrechangé par une si bonne et franche volonté que cela ne tient point de place, et sur tout par ce qu'elle ne l'ayme pas et que un jour tout cela s'esvanouira devant la grace de Dieu. Penses, ma tres chere Mere, si [je] voudrois pouvoir seconder son desir et contenter son cœur bienaymé ; car je suis bien avec vous, que si ell'avoit le loysir d'estre un peu retiree avec nous, elle gaigneroit beaucoup. Mays quel moyen ? plus j'y pense, moins je voy de possibilité : cest Institut la tient un plus grand rang que le nostre, cet Ordre, grandement accredité. Mays Dieu sçait des choses que nous ne sçavons pas : sil est expedient pour sa gloire, il fera possible ce qui nous semble ne le pouvoir pas estre, et s'il laisse cette fille la, il fera pour elle, la, tout ce que nous pourrions desirer. De luy escrire il ny a pas moyen, car voyla le sire Pierre qui presse. Ma tres chere Mere, salues tres cherement son ame de la part de mon cœur qui est le vostre et qui est sien. Et Dieu tire tout a soy, en soy et pour soy. Amen.

Je ne sçaurois escrire a Mme la Marquise de Meneley, qui m'a escrit si cordialement, ni a madame la Generale des Galleres , que j'honnore si parfaitement : faites bien mes honneurs, sil se peut. Je suis tres obeissant serviteur de Mme la Comtesse de Saint Paul (note 804).

Tout se porte bien icy. Je salue Mme la Presidente de Herce, a laquelle j'escriray dans peu de jours, et toutes nos tres cheres Seurs.

22 septembre 1620

A ma tres chere Mere [en N.] Sr,

La Mere [Superieu]re de Ste [Marie] de la Visitation.

Paris. A M. de Frouville et de Villeneufve, a nostre grande fille , mille salutations.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy. MDCCIII A UN GENTILHOMME (EN ITALIEN) Une importante affaire dont le succès dépend en partie de l'intervention du destinataire.

Annecy. 23 septembre 1620.

Illustrissime et très honoré Seigneur, J'ai prié M. l'avocat Bouvard , porteur de cette lettre, de se rendre à Montmélian pour une affaire qui m'intéresse aussi bien que Monseigneur de Chalcédoine, mon frère, comme vous l'apprendrez par le susdit porteur. Et parce qu'il aura peut-être besoin de l'autorité de Votre Seigneurie Illustrissime pour réussir, je vous prie de la lui accorder là où elle sera nécessaire, pour l'amour de M. l'Abbé d'Abondance qui me chérit si fort , et pour l'amour de Dieu, dont l'honneur est en partie engagé dans cette affaire. Me promettant aisément cette faveur de la courtoisie et de la libéralité de Votre Seigneurie Illustrissime, je finis en lui souhaitant toute sainte prospérité. De Votre Seigneurie Illustrissime, Le très humble et très affectionné serviteur, FRANçOIS, Evêque de Genève.

A Annecy, le 23 septembre 1620.

Revu sur l'Autographe appartenant à la famille Berthet, à Annecy.

MDCCIV A UNE DAME La partie inférieure de l'âme se ressent des incommodités du corps. - Dieu ne laisse pas d'agréer les actes de l'esprit faits avec peine et sans joie sensible. - Etre juste envers nous-même. - Comment changer le plomb en or. - Un peintre Capucin. - La future " image vivante de la divine Majesté. "

Annecy, 29 septembre 1620.

Ma tres chere Fille,

Je ne suis nullement estonné si vostre courage vous semble un peu plus pesant et engourdi, car vous estes grosse ; et c'est une verité manifeste que nos ames contractent ordinairement les qualités et conditions de nos cors, en la portion inferieure. Et je dis ainsy, ma tres chere Fille, en la portion inferieure, parce que c'est celle la qui tient immediatement au cors et qui est sujette a participer aux incommodités d'iceluy. Un cors delicat estant appesanti par le faix d'une grossesse, debilité par ce travail du port d'un enfant, incommodé de plusieurs douleurs, ne peut pas permettre que le cœur soit si vif, si actif, si prompt en ses operations. Mays tout cela ne prejudicie nullement aux actes de l'esprit, de cette pointe superieure, autant aggreables a Dieu comme ilz sçauroyent estre parmi toutes les gayetés du monde, ains certes, plus aggreables, comme faitz avec plus de peine et de conteste ; mais ilz ne sont pas si aggreables a la personne qui les fait, parce que, n'estant pas en la partie sensible, ilz ne sont pas aussi sensibles ni delectables selon nous.

Ma tres chere Fille, il ne faut pas estre injuste, ni exiger de nous que ce qui est en nous. Quand nous sommes incommodés de cors et de santé, il ne nous faut exiger de nostre esprit que les actes de sousmission et d'acceptation du travail, et des saintes unions de nostre volonté au bon playsir de Dieu qui se forment en la cime de l'ame ; et quant aux actions exterieures, il les faut ordonner et faire au mieux que nous pouvons, et nous contenter de les faire encor que ce soit a contrecœur, languidement et pesamment. Et pour relever ces langueurs et pesanteurs et engourdissemens de cœur, et les faire servir a l'amour divin, il faut en advoüer, accepter et aymer la sainte abjection: ainsy vous changeres le plomb de vostre pesanteur en or, et en un or plus fin que ne seroit celuy de vos plus vives gayetés de cœur. Ayes donques patience avec vous mesme; que vostre portion superieure supporte le detraquement de l'inferieure ; et offres souvent a la gloire eternelle de nostre Createur la petite creature a la formation de laquelle il vous a voulu prendre pour cooperatrice. Ma tres chere Fille, nous avons a Nessi un peintre Capucin, qui, comme vous pouves penser, ne fait point d'images que pour Dieu et son temple ; et bien que travaillant il ayt une si grande attention qu'il ne peut faire l'orayson a la mesme heure, et que mesme cela occupe et lasse son esprit, si est ce qu'il fait ces ouvrages de bon cœur, pour la gloire qui en doit reuscir a Nostre Seigneur et l'esperance qu'il a que ces tableaux exciteront plusieurs fideles a loüer Dieu et benir sa bonté.

Or, ma chere Fille, vostre enfant qui se forme au milieu de vos entrailles sera une image vivante de la divine Majesté ; mais ce pendant que vostre ame, vos forces, vostre vigueur naturelle est occupee a cet œuvre, elle ne peut qu'elle ne se lasse et fatigue, et vous ne pouves pas en mesme tems faire vos exercices ordinaires si activement et gayement. Mais souffres amoureusement ces lassitudes et pesanteurs, en consideration de l'honneur que Dieu recevra de vostre production; car c'est vostre image, qui sera colloquee au temple eternel de la celeste Hierusalem et sera regardee eternellement avec playsir de Dieu, des Anges et des hommes; et les Saintz en loüeront Dieu, et vous aussi quand vous l'y verres. Et ce pendant, prenes patience de sentir vostre cœur un peu engourdi et assoupi, et, avec la partie superieure, attaches vous a la sainte volonté de Nostre Seigneur qui en a ainsy disposé selon sa sagesse eternelle.

En somme, je ne sçai pas ce que mon ame ne pense pas et ne desire pas pour la perfection de la vostre, laquelle, puisque Dieu l'a voulu et le veut ainsy, est certes au milieu de la mienne. Playse a sa divine Bonté que et la vostre et la mienne soyent toutes deux selon son tressaint et bon playsir, et qu'il remplisse toute vostre chere famille de ses sacrees benedictions, et specialement monsieur vostre tres cher mari, de qui, ainsy que de vous, je suis invariablement, Tres humble et plus obeissant serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

Le jour saint Michel 1620.

MDCCV A LA MèRE MARIE DE JéSUS, PRIEURE DU CARMEL D'ORLéANS Une affection vieille de dix-huit ans. - Grande qualité des amitiés créées par le Ciel. - Les desseins miséricordieux de la Providence sur les trois filles de Mme Acarie. - Espérance pour ses trois fils. - Portrait en échange de reliques. - Les Sœurs de la Visitation en visite au Carmel; une règle qui leur fut " souvent inculquée. "

Annecy, [septembre ou octobre] 1620 .

Ma tres chere Fille et Reverende Mere, J'ay receu vos deux lettres avec un contentement, a la verité, tout particulier, d'avoir veu en icelles des marques evidentes que l'affection que Dieu avoit mise en vostre cœur pour moy, il y a dix huit ans, estoit non seulement toute vive, mais avoit pris de saintz accroissemens avec celle que vous aves pour la divine Bonté, que l'excellente profession que vous faites a rendue, je m'asseure, tres grande.

C'est une qualité des amitiés que le Ciel fait en nous de ne perir jamais (L5, note 168), non plus que la source dont elles sont issues ne tarit jamais, et que la presence ne les nourrit non plus que l'absence ne les fait languir ni finir, parce que leur fondement est par tout: puisque c'est Dieu, auquel j'ay rendu graces tres humbles de vostre vocation et de celle des deux cheres Seurs a un si saint Institut ; et sur tout dequoy il vous y maintient avec tant de faveur, que toutes trois vous y rendes du fruit et devenes toutes, les unes apres les autres, Meres en une si honnorable famille, pour l'establissement de laquelle, en France, vostre veritablement sainte mere avoit tant prié et travaillé, comme pour sa finale retraitte et vostre habitation en cette vie (L3, note196). O mon Dieu, ma tres chere Fille, ma Mere, que de benedictions sur vous ! que de fideles correspondances vostre ame doit rendre a la douceur que la divine Providence a exercee en vostre endroit !

Oserois-je bien parler en confiance a vostre cœur ? Certes, je ne pense jamais en vostre bienheureuse mere que je n'en ressente du proffit spirituel, avec mille consolations de voir que ses vœux ont esté exaucés en ses trois filles. Or, j'espere que ses trois filz aussi, quoy qu'il tarde, recevront quelque bonne affluence de la misericorde de Celuy a qui je sçai qu'elle les avoit consacrés. J'ay eu le bien de les avoir tous reveus a ce dernier voyage que j'ay fait en France, et le contentement d'avoir reconneu en leurs ames des grandes marques du soin que le Saint Esprit a d'eux .

Vous me demandes par vostre premiere lettre, ma Reverende Mere, certaines reliques que je m'essayeray de treuver, et si ma queste en cela se rencontre heureuse, je vous les envoyeray. Mais prepares vous aussi de m'envoyer alhors une image d'un portrait que vous aves , que j'eusse sans doute fait copier tandis que j'estois a Paris, si j'eusse sceu qu'il y en eust eu au monde.

Et pour finir, ma tres chere Fille, ce m'est une satisfaction nompareille que la Superieure et les Seurs de Sainte Marie de la Visitation vous ayent veuë ; parce que je sçai que cela les aura toutes encouragees a servir bien le Filz et la Mere de Dieu, a qui elles sont consacrees. A la verité, estant ce qu'elles me sont, elles ne pourront que d'avoir en vous une tres cordiale et tres asseuree confiance en vostre dilection, en vous rendant tous-jours, et a tout vostre Monastere, un veritable honneur et respect, selon la grande estime et amour que toute la Mayson de cette ville, dont elles sont, a conceu de toutes les vostres, et (puisque je parle avec vous, ce me semble, cœur a cœur) je puis adjouster, et selon la veritable regle que je leur ay souvent inculquee, qu'il faillait que chacun cultivast la vigne en laquelle il estait, fidelement et tres amoureusement pour l'amour de Celuy qui nous y a envoyés ; mais qu'il ne falloit pour cela laisser de connoistre et reconnoistre franchement la plus grande excellence des autres, et a mesme mesure leur porter toute reverence et veneration.

C'est asses pour cette fois, car je me prometz de vous escrire souvent, et, si vous me le permettes, de joindre tous-jours le mot de nostre ancienne alliance, vous appellant ma Fille, a celuy que le rang que vous tenes en vostre Ordre vous a acquis; et suis de tout mon cœur a jamais, Ma Reverende Mere, Vostre tres humble et tres affectionné frere et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

MDCCVI AU SUPéRIEUR D'UNE COMMUNAUTé (MINUTE – EN LATIN) François de Sales attend, pour permettre une quête et une publication d'Indulgences, une attestation des pouvoirs du quêteur.

Annecy, [mai-octobre 1620 ].

Très Révérend Seigneur, Nous avons reçu de la part de Votre Seigneurie la lettre où vous demandez qu'il soit permis à votre procureur de recueillir des aumônes dans notre diocèse, de publier des Indulgences et d'enrôler des catholiques de l'un et de l'autre sexe dans la confrérie de votre Maison. Quant à nous, en considération de la notoriété de celle-ci et du grand éclat qu'elle répand de toutes parts, nous avons reçu et nous avons lu de très grand cœur votre si affectueuse lettre, non sans éprouver une grande inclination à faire ce qu'elle sollicitait de nous. Mais quand on est venu au fait et qu'on a demandé au porteur de la lettre de fournir une pièce authentique qui le constituât votre chargé d'affaires, une Bulle ou un Bref, ou une copie de la concession des Indulgences, il a répondu qu'il n'en avait pas. Cependant, Révérend Seigneur, le droit canon et le décret du Concile de Trente (Sess 21, de Reform ch 9 ; Sess 25, Indulg)ont eu grand soin de défendre que personne puisse publier des Indulgences, surtout celles qui sont jointes à la quête des aumônes, s'il ne produit sans faillir la preuve qu'il en a obtenu la concession. La prudence même, confirmée par de nombreuses expériences, nous apprend à ne pas ajouter foi au premier venu, quand il se dit chargé de recueillir des aumônes au nom des établissements de piété, et de ne pas lui accorder ce qu'il demande. A ce sujet, récemment encore, le Saint-Siège nous avertissait d'y veiller d'une façon toute spéciale.(Const.Pie

V 1567, Etsi Dominici)

Aussi, jusqu'à ce qu'il nous conste des pouvoirs du porteur de la lettre et de la concession des Indulgences, nous avons fait surseoir à la quête des aumônes et à la publication des Indulgences, sincèrement disposé toutefois à nous rendre à vos désirs et à nous intéresser à votre Maison, aussitôt que les lois canoniques nous le permettront. Nous sommes persuadé que Votre Seigneurie recevra cette lettre, non seulement avec bienveillance, mais même avec plaisir et conformité de pensées avec nous, et de plus, qu'Elle nous recommandera à la Bonté divine, comme réciproquement nous en usons envers Elle.

Annecy en Genevois.

MDCCVII A LA MèRE DE CHANTAL, A PARIS L'opinion de François de Sales sur la juridiction la meilleure pour les Ordres de femmes.

Annecy, [juillet-octobre 1620 ]

Ma tres chere Mere,

Je voy des gens de qualité qui penchent grandement et jugent qu'il faudra que les Monasteres soyent sous l'authorité des Ordinaires, a la vielle mode restablie presque par toute l'Italie, ou sous l'authorité des Religieux, selon l'usage introduit des il y a quatre ou cinq cens ans, observé presque en toute la France.

Pour moy, ma tres chere Mere, je vous confesse franchement que je ne puis me ranger pour le present a l'opinion de ceux qui veulent que les Monasteres des filles soyent sousmis aux Religieux, et sur tout de mesme Ordre, suivant en cela l'instinct du Saint Siege, qui, ou il peut bonnement le faire, empesche cette sousmission. Ce n'est pas que cela ne se soit fait et ne se fasse encor a present loüablement en plusieurs lieux; mays c'est qu'il seroit encor plus loüable s'il se faysoit autrement: sur quoy il y auroit plusieurs choses a dire.

De plus, il me semble qu'il n'y a non plus d'inconvenient que le Pape exempte les filles d'un Institut de la jurisdiction des Religieux du mesme Institut, qu'il y en a eu a exempter les Monasteres de la jurisdiction ordinaire qui avoit une si excellente origine et une si longue possession. Et en fin, il me sem.ble que veritablement le Pape a sousmis en effect ces bonnes Religieuses de France au gouvernement de ces Messieurs ; et m'est advis que ces bonnes filles ne sçavent ce qu'elles veulent, si elles veulent attirer sur elles la superiorité des Religieux, lesquelz, a la verité, sont des excellens serviteurs de Dieu, mais c'est une chose tous-jours dure pour les filles, que d'estre gouvernees par les Ordres, qui ont coustume de leur oster la sainte liberté de l'esprit.

………………………………………………………………………… 0 ma tres chere Mere, je salue vostre cœur qui m'est pretieux comme le mien propre. VIVE JESUS !

FRANçs, E. de Geneve.

MDCCVIII

A LA MèRE FAVRE

SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE MONTFERRAND (FRAGMENT) Le rôle de la destinataire et celui de l'Introduction à la Vie dévote.

Annecy, 1er octobre 1620.

……………………………………………………………. Je me resouviens, ma tres chere Fille, que vous m'escrivistes une fois que messieurs les confesseurs de ce païs-la vous renvoyoyent les femmes, affin de les faire esclaircir, par vostre entremise, des difficultés et scrupules qu'elles avoyent es choses secrettes de leur vocation. Ma tres chere Fille, vous faites bien de les renvoyer a l'Introduction, ou je declare suffisamment tout cela (IVD 3, 39) en une sorte que si elles le veulent considerer, pour peu qu'on les ayde (si elles sont si rudes ou simples qu'elles ne l'entendent pas), elles le pourront entendre utilement; car vostre vocation et la qualité de fille ne vous permet pas de leur rendre ce service en autre façon. …………………………………………………

1er octobre 1620.

MDCCIX AU PRINCE DE PIéMONT, VICTOR-AMéDéE Exposé des facilités d'une fondation d'Oratoriens à Rumilly et des avantages qui en résulteraient. - Que devrait faire le prince pour aider à cette bonne œuvre. - Les curés d'Armor et de Drainant toujours sans argent.

Annecy, 7 octobre 1620.

Monseigneur,

En attendant que Vostre Altesse face reuscir le projet du restablissement de la vraye pieté en tous les monasteres et es autres eglises de cet Estat de deça les montz, voyci une digne occasion qui se prresente pour Rumilly. Le sieur de Saunaz, Prieur de Chindrieu en Chautaigne (notes 373,844), desire sans fin de consacrer sa personne et son prieuré au service de Dieu et des ames sous l'Institut des Peres de l'Oratoire ; et parce que son prieuré est proche de Rumilly, il a jetté ses yeux sur ce lieu-la, duquel la cure estant asses bonne, icelle, jointe au prieuré avec quelques autres petitz benefices, pourroit suffire a l'entretenement de dix ou douze bons ecc1esiastiques dudit Oratoire qui auroyent un grand employ en cette ville-la et en tout le voysinage. Mays pour avoir l'evenement propice, il seroit requis, Monseigneur, que Vostre Altesse nous tesmoignast son consentement et contentement, et que par apres elle favorisast les poursuites qu'il sera requis de faire a Rome. Et de tout cela, je l'en supplie tres humblement, comm'aussi de commander que les pauvres cures d'Armoy et de Draillens soyent assistees de l'argent que tant de foys Vostre Altesse leur a ordonné ; n'estant pas en nostre pouvoir, ni par prieres, ni par sousmissions, ni par importunité d'en rien avoir, des cinq ou six ans en ça, sinon 50 escus, sans plus (note 578). Vostre Altesse sçait combien cette supplication est juste; qu'il soit donq son bon playsir de la faire reuscir, tandis que nous prions Nostre Seigneur qu'il la conserve et face de plus en plùs prosperer.

Je suis, Monseigneur, Tres humble, tres obeissant et tres fidele orateur et serviteur de Vostre Altesse Serenissime, FRANçs, E. de Geneve.

VII VIII 1620, Annessi.

Revu sur l'Autographe conserve à Turin, Archives de l'Etat.

MDCCX A LA MèRE DE CHANTAL, A PARIS Pourquoi le Saint se réjouit du retard du voyage en France. - L'Evêque de Luçon et la Reine mère. - M. Michel apportant de Paris " une milliasse de lettres. " - L'Abbesse de Port-Royal auprès de la Mère de Chantal.

Annecy, 11 octobre 1620.

Que de desirs de vous pouvoir bien et longuement escrire, ma tres chere Mere, sur le sujet que vos deux dernieres lettres m'en fournissent ! mays certes, il ny a pas moyen, car, sil plait a Dieu, il faut que j'escrive encor a Moulins .

Or sus, il est certain que je feray le voyage de France, mais non pas si tost : dont je suis bien ayse, car cependant il se pourra faire que le Roy ira a Paris, unique moyen de nous y faire aller aussi (note 802). J'escriray, s'il se peut, encor aujourdhuy a M.. l'Evesque de Lusson qui me fit tant de caresses et de faveurs a Tours , qu'a mon advis il fera encor quelqu'estat de ma supplication. Mays a la Reyne Mere, certes, je ne le feray pas si tost, car il faut bien du sujet pour escrire a ces Majestés. Je croy bien que Mme de Soyssons ne vous [a] ni favorisees ni defavorisees, sur tout si vous ne l'aves priee de rien ; mays a quelque chose malheur est bon. Cette grande Reyne sera, ce crois-je, plus ardente et plus voysine si elle revient a Paris, comme l'on tient asseuré .

J'attens M. Michel, et par luy bien des nouvelles de nos Seurs . Quelle consolation de la guerison de la petite Seur de Saint Bonet , et de l'autre que je ne connois, ce me semble, pas.

Mays voyci nostre M. Michel arrivé avec une milliasse de lettres. O mon Dieu, que je dois et devray de responses ! mais je payeray tout avec un peu de loysir, et notamment je remercieray nostre bon Pere Binet de ses advis, quand je les auray leuz , et feray tout ce que je pourray et sçauray pour mettre en bon estat les Constitutions.

O ma Mere, que de joye en l'imagination de voir ma fille tres chere aupres de ma Mere, en allant et venant de Port Royal ! comme nous en parlerons amplement, si je vay, ainsy que je l'espere. Mays pressé, je la salue par vostre entremise, et toutes nos cheres Seurs. Helas, je n'ay encor veu que la fine moindre partie des lettres que M. Michel m'a apportees; j'escriray par tout ou vous voudres.

Cependant, vives toute en Dieu et pour Dieu, ma tres chere Mere; je recommande nostre unique cœur a sa sainte misericorde.

Annessi, le XI VIIII. 1620.

A ma tres chere Mere en Nostre Seigr, La Mere Superieure de Paris.

A Paris.

Revu sur l'Autographe qui se conservait à Annecy, chez les RR. PP. Missionnaires de Saint-François de Sales.

MDCCXI A MADAME DE GRANIEU Les effets des affections saintes. - Humble sentiment de reconnaissance de l'Evêque de Genève. - Avis sur la santé de la Supérieure de la Visitation de Grenoble.

Annecy, 16 octobre 1620.

Certes, il est vray que vostre inopinee visite de Belley, ma tres chere Fille, me laisse tout plein de sainte consolation . O que les affections celestes ont bien d'autres effectz et d'autres consequences que les humaines ! Beni en soit le nom de Dieu qui en est l'autheur et le conservateur. Ce m'est une douceur toute aggreable de penser a cela, ma tres chere Fille, et supplie sa divine Majesté qu'elle me face la grace de bien correspondre a ses bienfaitz et au soin qu'ell'a d'appuyer mon pauvre chetif courage par l'association qu'il luy donne avec plusieurs ames, et particulierement avec la vostre, a laquelle je suis lié d'un nœud indissoluble. Soyons bien fideles, tres humbles, tres doucement et amiablement fervens a continuer dans le chemin auquel cette celeste Providence nous a colloqués, ma tres chere Fille. Il faut que nostre Superieure de Grenoble se face traitter comme pleine ou de vers ou de matiere de vers, et si de six semaines en six semaines elle repete les remedes, j'espere que Dieu la delivrera. Je luy escris (lettre 1712), et je vous salue de tout mon cœur, ma tres chere Fille en Jesuschrist, par qui et pour qui et en qui je suis tres absolument vostre, et le seray eternellemerit.

16 octobre 1620, Annessi.

A Madame

Madame de Granieu.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Riom.

MDCCXII A LA MèRE DE CHASTEL SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE GRENOBLE (FRAGMENT) La Sainte Vierge aussi bien Mère de Notre-Seigneur sur le Calvaire qu'à l'heure du Magnificat. - Paternelle sollicitude du Saint pour la santé de la destinataire. - Sentiment et consentement.

Annecy, 16 octobre 1620 .

Je le croy bien, ma tres chere Fille, que ce seroit vostre advis que nous vous ostassions la charge de Mere, mais il n'est nullement le nostre. Helas ! ma Fille, penses vous que Nostre Dame fust moins Mere de Nostre Seigneur quand, outree de douleur, accablee d'ennuy et toute submergee d'affliction, elle respiroit cette parole : Ouy, mon Filz, parce qu'ainsy il vous plait (Mt 11,26), que quand, d'un accent tres humblement joyeux, elle chanta le celeste cantique de son Magnificat (Lc 1,46) ?

Ne craignes point de mal edifier nos Seurs ; Dieu y pourvoira (Gn 22,8). Vostre cœur est naïf, rond et sincere . . . . . . . . Soulages vostre pauvre cœur, que j'ayme parfaitement et paternellement. . . . . . . . .

O ma pauvre fille Peronne, si les vers avoyent blessé vostre cœur, vous series morte, car cette partie, qui est la premiere a recevoir la vie et la derniere a la perdre, n'est jamais piquee pour peu que ce soit qu'elle n'en meure, et par consequent celuy en qui elle est. La douleur que vous aves sous le sein gauche a quelque autre cause que la blesseure du cœur par les vers. Je croy bien toutefois que vous en aves : vostre teint, vostre couleur, vostre action le font connoistre, et deves prendre quelque remede contre iceux.

Ne vous estonnes nullement de ce que vous n'aves pas les sentimens de dévotion pendant vos langueurs, puisque les consentemens et au bien et au mal peuvent estre sans sentiment, et le sentiment sans le consentement. Demeures donq paysible, ma chere Fille; soyes .Mere, et bonne Mere, tout autant de tems que Dieu l'ordonnera………………………..

Revu sur le texte inséré dans la Vie manuscrite de la Mere Peronne-Marie de Chastel, par la Mère de Chaugy, conservée à la Visitation d'Annecy.

MDCCXIII A MADAME DE GRANlEU Des maladies utiles à deux âmes. - Comme le monde se trompe dans ce qu'il appelle bien et mal. - Double prière et souhait paternel.

Annecy, 23 octobre 1620.

Certes, ma tres chere Fille, j'aymerois volontier les maladies de monsieur vostre cher mari, si la charité me le permettoit, parce qu'a mon advis elles vous sont utiles pour la mortification de vos affections et sentimens. Or sus, laissons cela a discerner a la celeste et eternelle providence de Nostre Seigneur, si elles sont pour le bien de vostre ame ou pour celuy de la sienne, toutes deux exercees qu'elles sont, par ce moyen, en la sainte patience. O ma Fille, que le monde appelle souventes fois bien ce qui est mal, et encor plus souvent mal ce qui est bien ! Cependant, puisque cette souveraine Bonté, qui veut nos travaux, veut que neanmoins nous luy en demandions la delivrance, je la supplie de tout mon cœur qu'elle redonne une bonne et longue santé a ce cher mari, et une tres bonne et tres excellente sainteté a ma tres chere fille, affin qu'elle marche fortement et ardemment dans le chemin de la vraye et vivante devotion. J'escris a la Mere de la Visitation . En somme, graces a Dieu, il y a mal de tous costés ; mais mal qui est un grand bien, comme j'espere. A jamais le bon playsir de sa divine .Majesté soit nostre playsir et nostre consolation es adversités qui nous arriveront. A men.

FRANçs, E. de Geneve.

Le 23 octobre 1620.

MDCCXIV A M. LOUIS DE GERBAIS DE SONNAZ Le saint Evêque consent à la retraite du destinataire. - Un oncle qu'il faut contenter. - Attente d'une réponse du prince de Piémont.

Annecy, 27 octobre 1620.

Monsieur,

Je voy dans vostre lettre le desir que vous aves de sortir promptement du monde, auquel je ne veux nullement contredire, puisque mesme vostre retraitte n'empeschera pas l'execution de vostre dessein. Mays en tout ce qui se pourra bonnement, il faut donner satisfaction au bon oncle, qui vous a tous-jours aymé, et je voy que vous ne laisseres pas, estant dans l'Oratoire, de bien le contenter. Il m'escrivit l'autre jour une lettre digne certes de luy et de la forte estime que j'ay tous-jours faite de sa veritable pieté . Au reste, hier au soir je receus lettres de Piemont, par lesquelles mon frere m'escrit que Monseigneur le Prince attendoit de m'envoyer la response sur la proposition que je luy ay faite de vostre affaire (lettre 1709), jusques a ce qu'il ayt conferé avec Son Altesse son pere; et qu'il aura soin de solliciter. Il faut tous-jours avoir un peu de patience avec les Princes, mais j'espere que le tout reuscira a vostre gré, et supplie Nostre Seigneur qu'il respande de plus en plus abondamment ses saintes graces sur vous, Monsieur, a qui je suis, de tout mon cœur, Tres humble et tres affectionné confrere, FRANçs, E. de Geneve.

Annessi, 27 octobre 1620.

MDCCXV A MADAME GASPARDE DE BALLON RELIGIEUSE DE L'ABBAYE DE SAINTE-CATHERINE La solitude mentale au milieu du monde. - Comment suppléer aux exercices de piété qu'on ne peut faire. - Préparation à la fête de la Toussaint et à celle des Morts.

Annecy, fin octobre [1620 ou 1621]

Il faut souffrir cette incommodité de l'amour de nos parens qui ne pensent pas qu'il y ayt de la comparayson entre la satisfaction d'estre chez eux et celle que l'on prend au train du service de Dieu. Soyes donq, ma chere Cousine, ma Fille, en la solitude mentale, puisque vous ne pouves estre en la solitude reelle. Tout est doux aux doux, et tout est saint aux saintz.

Vous sçaves de quelle sorte il faut resister a toutes ces petites attaques d'impatience, chagrin et autres, Benisses Dieu, ma chere Fille, de ces petitz essays qui vous arrivent pour tesmoigner vostre fidelité. Oyes la Messe dans vostre cœur, quand vous ne pourres l'ouyr ailleurs, et adores le Saint Sacrement.

Quant aux bonnes festes qui approchent, vous n'aves rien a faire de plus, apres vos Offices, qu'a tenir vostre esprit en la celeste Hierusalem, parmi ses ruës glorieuses ou vous verres de toutes partz retentir les loüanges de Dieu. Voyes cette varieté de Saintz, et vous enqueres d'eux comme ilz sont parvenus la; et vous apprendres que les Apostres y sont allés principalement par l'amour; les Martyrs, par la constance; les Docteurs, par la meditation ; les Confesseurs, par la mortification ; les Vierges, par la pureté de cœur, et tous generalement, par l'humilité. Vous ires aussi le jour des Mortz en Purgatoire, et verres ces ames pleines d'esperance qui vous exhorteront de proffiter le plus que vous pourres en la pieté, affin qu'a vostre depart vous soyes moins retardee d'aller au Ciel.

Bon soir, ma chere Fille.

FRANçs, E. de Geneve.

MDCCXVI A UNE RELIGIEUSE DE L'ABBAYE DE SAINTE-CATHERINE On peut dire son mal, mais il ne faut pas s'en plaindre.- Un coup d'œil sur la Jérusalem céleste.

Annecy, fin octobre [1620 ou 1621 .]

O ma chere Fille, puisque la cessation de vostr'exercice ne vous donne aucun allegement, vous pourries le reprendre, mais tout bellement, n'y employant que demy heure a la fois . Il est vray, sans doute, l'humilité, la patience, l'amour de Celuy qui nous donne la croix, requierent que nous la recevions sans en faire des plaintes ; mais voyes vous, ma tres chere Fille, il y a difference entre dire son mal et s'en plaindre. On le peut donq dire, ains, en beaucoup d'occasions on est obligé de le dire, comme on est obligé d'y remedier ; mais cela se doit faire paysiblement, sans l'aggrandir par paroles ni plaintes. C'est cela que dit la Mere Therese (Chem.de la Perfect. 11); car se plaindre, ce n'est pas dire son mal, mais le dire avec des lamentations, doleances et tesmoignages de beaucoup d'affliction. Dites le donq naïfvement et veritablement, sans nul scrupule mais que ce soit en sorte que vous ne tesmoignies point de ne vouloir pas y acquiescer doucement, car aussi faut-il y acquiescer de tres:bon cœur.

Passes bien devotement ces saintes festes ; voyes bien ces belles ruës de la Hierusalem celeste, ou tant de bienheureux Saintz, resident et ou tous jubilent autour de leur grand Roy et en l'amour de Dieu, [lequel,] comme une celeste source vive, respand de toutes partz ses eaux qui arrousent ces glorieuses ames et les font fleurir, chacune selon ses conditions, d'une beauté incomprehensible. " Que la soyent nos cœurs, " ma Fille, " ou sont ces vrays " et desirables playsirs (4e Dim apr.Pentec.)..

VIVE JESUS ! N'est ce pas nostre mot de guet ? Non, rien n'entrera dans nos cœurs qui ne die en verité : VIVE JESUS ! Il sçait, ce doux Sauveur, que je suis en verité tout vostre.

FRANçs, E. de Geneve.

MDCCXVII A LA SOEUR DE BLONAY, MAITRESSE DES NOVICES A LA VISITATION DE LYON (FRAGMENT) Souvenirs charmants de l"enfance de Marie-Aimée de Blonay. - L'ardente foi d'alors doit la consoler dans le trouble de la tentation actuelle.

Annecy, [octobre ou novembre 1620 .]

…………………………………………………….. Ma Fille, ne doutés point de vostre salut; vous esties encor bien petite, que vostre foy me parut grande. Vivés conformement aux verités qu'elle nous enseigne et en cultives le don pretieux que vous aves si advantageusement receu. Souvenes vous quand vous m'apportastes les livres heretiques que vous avies pris chez N. N. , et que vous me disies avec tant d'ardeur qu'il les failloit brusler et tous ceux qui les lisoyent. Souvenes vous aussi que vous demandant si vous n'avies point la curiosité de les lire, vous me respondistes hardiment que si l'envie vous prenoit d'apprendre quelque chose contre la sainte Eglise Catholique, Apostolique et Romaine, vous voudries vous mesme de bon cœur estre bruslee. O ma Fille tres chere et tous-jours veritablement aymee, je n'ay point oublié ce trait de vostre enfance. Consoles en maintenant vostre cœur dans ce petit ombrage de trouble, et au lieu de disputer sur les choses que l'ennemy vous suggere, rendes graces a Dieu de ce que, des l'aage de neuf a dix ans, il vous a donné le desir de mourir pour la foy de la sainte Eglise. Maintenant, ma Fille, moures a vous mesme pour la pureté de cette foy, aneantissant vostre esprit dans ces bienheureuses tenebres.

MDCCXVIII AU DUC DE SAVOIE, CHARLES-EMMANUEL 1er Témoignage de la fidélité et du mérite du collatéral Flocard.

Annecy, 2 novembre 1620.

Monseigneur,

Je ne doute nullement que Vostre Altesse Serenissime ne sache qui est le sieur collateral Flocard , qui aura lhonneur de luy presenter cet escrit. Mays je ne laisseray pas de rendre ce veritable tesmoignage pour luy, qu'en toutes les occurrences esquelles il a esté employé au service de Vostre Altesse, il a rendu toutes les preuves qu'on sçauroit desirer, de probité, fidelité et constance, comm'un vray et tres asseuré sujet doit faire ; qui me fait tres humblement supplier Vostre Altesse de le vouloir gratifier de son bon œil. Et prie Dieu qu'il la conserve et protege de ses plus saintes faveurs a longues annees, qui suis, Monseigneur, Vostre tres humble, tres fidele et tres obeissant orateur et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

II novembre 1620, Annessi.

Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Archives de l'Etat.

MDCCXIX AU PRINCE DE PIéMONT, VICTOR-AMéDéE Un serviteur fidèle de Son Altesse.

Annecy, 2 novembre 1620 .

Monseigneur,

Vostre Altesse aura, je m'asseure, conservé la memoire d'avoir veu, en ce païs et a Paris, le sieur collateral Flocard, present porteur , servir fidelement Son Altesse es occurrences. Mais puisqu'il le desire, je ne laisseray pas de rendre veritable tesmoignage a Vostre Altesse, qu'il est tous-jours luy mesme en probité, fidelité et constance pour cette affection, et certes, digne d'estre confidemment employé. Et sur cette verité, je fay tres humblement la reverence a Vostre Altesse, a laquelle je supplie nostre Sauveur de vouloir departir le comble de ses graces ; qui suis……………………………..

MDCCXX A LA MèRE DE MONTHOUX SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE NEVERS " Lettre d'attente. " - Quelle réponse faire à l'Evêque de Nevers. - Les filles ineptes ne doivent pas être reçues. - Echange de bréviaires.

Annecy, 2 novembre 1620.

Ce n'est icy qu'une lettre d'attente, ma tres chere Fille, pour seulement vous dire qu'au premier jour je respondray par le menu a toutes celles que vous m'aves fait la consolation de m'escrire jusques alhors. Vous pourres ce pendant respondre a Monseigneur l'Evesque , que ces bonnes filles de Moulins, comme vous aussi, n'estes la que pour faire le service de la fondation, et que quand le Monastere sera establi, vous pourres [retourner ] en vos Maysons de profession, ou [l'on vous recevra]; et que partant, il ne faut rien demander pour ces [filles] la a la Mayson de Moulins, qui demeure oblig[ee de les] recevoir quand elles retourneront....Il semble qu'il n'est pas [a propos de presser] nostre Seur Marie Aymee de Morville ; ains qu'elle mesme laisse librement les dix mille francz.

Tenes vostre courage hautement relevé et saintement humilié en Dieu, ma tres chere Fille.

Certes, ces filles si ineptes ne doivent point estre receües a profession, et quand on les connoist telles avant la reception a l'habit, elles ne doivent point y estre admises; mais je vous diray cela en detail. Vous pouves employer les Seurs qui doivent estre Domestiques, et qui ne sont point vestues, au service du dehors, par lequel elles meritent tous-jours davantage leur reception future a l'habit.

Je vous remercie de vos beaux breviaires, et envoyeray les miens vieux a la premiere commodité . Ma tres chere Fille, je suis tres parfaitement tout a fait vostre, et comme a ma chere fille [Françoise-Jacqueline ] et comme a ma Seur Marie Aymee .

VIVE JESUS !

FRANçs, E. de Geneve.

2 novembre 1620.

A ma tres chere Fille Paule Hieronime, Superieure a Nevers.

MDCCXXI A LA SOEUR DE CHASTELLUX ASSISTANTE DE LA VISITATION DE NEVERS Le Saint se réjouit de la savoir Directrice à Nevers. - L'esprit qu'il faut donner aux Novices.

Annecy, 2 novembre 1620.

Ma tres chere Fille,

Ce m'a esté une grande satisfaction de vous sçavoir aupres de ma Seur Paule Hieronime, ou vous estes cooperatrice en l'establissement de cette nouvelle Mayson de Nevers ; car, des que j'eu le contentement de vous voir a Moulins , j'ay tous-jours pensé que Dieu vous employeroit a son service fort utilement. Tenes vostre courage humblement eslevé en Dieu, ma tres chere Fille ; serves-le fidelement et faites toutes vos œuvres pour son bon playsir, car a cela estes vous appellee. Donnes le plus que vous pourres l'esprit d'un (sic) tres humble mais courageuse simplicité, et de l'amour de la croix a ces ames que vous nourrissés, affin qu'elles soyent aggreables a Celuy qui desire les rendre ses espouses. Dieu soit au milieu de vostre ame,. ma tres chere Fille,et je suis en luy, Vostre tres humble frere et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

2 novembre 1620, Annessi.

A ma tres chere Seur M. de Chateluz,

Assistente au Monastere Ste Marie de la Visitation. A Nevers.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy MDCCXXII AUX MEMBRES DU SOUVERAIN SéNAT DE SAVOIE (INéDITE) La cure de Rumilly étant désormais unie au Chapitre des Altariens, les poursuites du Prieur contre le Curé n'ont pas de raison d'être.

Annecy, 7 novembre 1620.

Messieurs,

Ayant sceu que M. le Prieur de Rumilly inquietoit le sieur Curé dudit lieu pour certaine reconnoissance qu'il praetend de luy, j'ay creu que je vous devois rendre ce veritable tesmoignage, que la cure de Rumilly n'est plus au Curé (bien que, comme il est raysonnable, les fruitz luy soyent reservés), puisque il l'a resignee par supplication qu'il m'a faite de l'unir au Chapitre ou cors des Altariens de cette eglise-la , et que j'ay fait toutes les formalités praeparatoires a laditte union, delaquelle les finales expeditions seroyent signees et mises en execution, si Monseigneur le Serenissime Prince ne m'eust fait sçavoir que, voulant faire unir quelques autres pieces pour le plus grand bien de cette eglise, il desiroit que j'attendisse pour un peu, affin de faire tout ensemble ce qui sera requis .

Mays cependant, en un'assemblee que les ecclesiastiques de Rumilly et les scindiques firent devant moy , monsieur le Prieur traitta de toutes ses praetentions, en cas de l'union de la cure, laquelle est a la veille d'estre faite, puisque je n'attens que le commandement de Monseigneur le Serenissime Prince qui ne doit pas tarder. De sorte, Messieurs, que la cure estant hors des mains du sieur Curé et se treuvant es miennes pour laditte union, a laquelle le sieur Prieur a consenti par authorité mesme de ses Superieurs , je vous supplie tres humblement de tenir ledit sieur Curé exempt de faire cette reconnoissance que le cors des Altariens fera, en la façon convenüe, soudain que l'union sera achevee.

Et priant Dieu qu'il vous comble de ses celestes benedictions, je demeure de tout mon cœur en luy, Messieurs, Vostre tres humble et tres affectionné serviteur, FRANçs, E.de Geneve.

VII novembre 1620, Annessi.

A Messieurs

Messieurs les gens de S. A: Sme,

tenans le souverain Senat de Savoye.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Rome.

MDCCXXIII A M. JEAN ROSETAIN L'Evêque de Genève charge son Official forain d'une affaire qui intéresse le Chapitre de sa cathédrale. - Prochain départ pour le Faucigny.

Annecy, 7 novembre 1620.

Monsieur,

Voyla que ces Messieurs de nostre eglise cathedrale recourent a moy en vostre personne, qui represente par dela la mienne, pour un affaire qu'ilz ont, a mon advis, grande rayson d'affectionner . Ilz ne doutent nullement que vous ne leur rendies bonne, briefve et fidele justice ; mais je doy vous recommander leurs affaires comme les miennes propres, puisque Dieu m'a joint plus particulierement a eux et m'a enjoint la conservation de leurs droitz. Je le fay donq autant quil m'est possible. Et sur l'advis que vous me donnastes l'autre jour, j'envoyeray lundi M. Rollant a monsieur de Mont Saint Jean , puisque je suis forcé de passer jusques en Foucigni pour affaire qui presse , et retourneray icy pour quelques jours, passé lesquelles (sic), je m'en iray a Gex ; mais vous en seres adverti. Et tandis, je demeure, Monsieur, Vostre tres humble et tres affectionné confrere, FRANçs, E. de Geneve.

7 novembre 1620, Annessi.

A Monsieur [Monsieur J Rosetain,

[Official fo]rain de l'Evesché [de Gen]eve en Beugey, Valromey et Gex.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Pignerol. MDCCXIV AU BARON JEAN-CLAUDE DE CLERMONT-MONT-SAINT-.JEAN (INéDITE) Demande de papiers, inutiles au destinataire, et très utiles à François de Sales.

Annecy, 9 novembre 1620.

Monsieur, Lhonneur que j'ay d'estre aymé de vous me servira de preface, et la confiance que j'ay en ce porteur me servira de narration. Je vous supplie seulement de luy donner le loysir de vous faire ma supplication et, si vous la juges juste et equitable comme je croy qu'elle le soit, vous me favoriseres en l'enterinant. En somme, c'est avoir certains papiers, inutiles a vous, Monsieur, ou je suis le plus trompé homme du monde, et utiles a moy qui, apres mon retour d'un voyage forcé que je vay faire (note 872), auray bien peut estre lhonneur de vous offrir mon service en presence, çomme, absent et present, Monsieur,

9 novembre 1620,

Vostre tres humble serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

Annessi.

A Monsieur

[Monsieur] le Baron de Mont S, Jean

et de la Bastie.

Revu sur l'Autographe appartenant à M. Bosch, ministre plénipotentiaire de la République Argentine, à Paris.

MDCCXXV A LA MèRE DE MONTHOUX SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE NEVERS La Visitation n'est pas instituée pour l'éducation des petites filles. - Double inconvénient de donner entrée au monastère à de trop jeunes enfants.- Quelques avis sur différentes affaires. - La source des " tendretés " sur soi-même. - Une pensée dangereuse pour les fondatrices. - Combien rares les femmes " sans fantasie et malice et bigearrerie. "- Sous quelle condition promettre aux aspirantes de les recevoir. - Ne pas prêter facilement les Constitutions jusqu'à ce qu'elles soient corrigées. - Faut-il se laisser peindre ? - Divers conseils relatifs aux Règles et observances.- Pour quelle raison admettre les postulantes riches ; pourquoi les pauvres ne doivent pas être rejetées. - Considération et désintéressement dans l'admission des sujets. - Les dix mille francs de la Sœur de Morville.

Annecy, 9 novembre 1620.

……………………………………………..

Vous pouvés, avec la permission de Monseigneur l'Evesque , recevoir la petite fille qui est d'un naturel si bien conditionné, selon que vous me dites, que l'on doit esperer qu'il n'en arrivera point d'inquietude a la Religion ; mais, ma tres chere Fille, il faut tout a fait eviter de recevoir des autres filles avant l'aage, car Dieu n'a pas esleu vostre Institut pour l'education des petites filles, ains pour la perfection des femmes et filles qui, en aage de pouvoir discerner ce qu'elles font, y sont appellees. Et non seulement l'experience, mais la rayson nous apprend que les filles si jeunes estant reduites sous la discipline d'un Monastere, qui est ordinairement trop disproportionnee a leur enfance, elles la haïssent et prennent a contrecœur. Si elles desirent par apres de prendre l'habit, ce n'est pas par le vray et pur motif que requiert la sainteté de l'Institut.

Et ne s'ensuit pas que ce qui s'est fait pour cette fois il le faille faire pour des autres, non plus qu'il ne s'ensuit pas qu'un homme s'estant chargé d'une juste charge pour un amy, il doive se surcharger d'une seconde charge pour un autre amy ; et ceux qui le seront aussi de vostre Institut auront patience jusques a ce que les enfans soyent d'aage convenable. O ma tres chere Fille, que les cogitations des hommes sont inegales ! Que de gens crient quand on reçoit leurs enfans grans, meurs et rassis, et que de gens les voudroyent donner des le berceau !

…………………………………………………..

Pour la fondation de Roan, il en faut escrire a nostre Mere, puisque Roan est au dela de Paris, et que d'envoyer des filles d'icy-la il auroit bien de la peine .

Il seroit a propos de dire ou faire dire doucement a Monseigneur l'Evesque que vous prendres le P. Lallemant pour faire vos confessions extraordinaires a ce commencement, bien qu'il suffise pour cela d'en conferer avec vostre Pere spirituel .

Je ne pense pas qu'on puisse rien demander pour les Seurs qui vous ont accompagné de Moulins, pour la rayson que je vous ay escritte, l'autre jour que je respondis a cet article (lettre 1620).

Il ny a nul mal de demander aux Novices comm'elles se portent ; mais quand elles marquent des maux de nulle consequence, il ne faut pas les attendrir, ains simplement leur dire : Vous seres bien tost guerie, Dieu aydant ; puisque, a la verité, le sexe est merveilleusement enclin a se plaindre ou a desirer d'estre plaint, et c'est la verité que ces tendretés prennent leur source de paresse et amour propre. O mon Dieu, que saint Bernard dit une chose estrange et remarquable des Religieux malades (S4, serm 60) ; mais je la vous diray un jour.

Vous aves donq fait grandement bien pour la fille de Moulins trop amie de soy mesme, de l'exercer et occuper exterieurement .

Ma chere Fille, il ne faut pas que vous autres qui fondes des Maysons, facies ces pensees, si vous reviendres ou non, avant quil en soit tems. Or, il n'en est pas tems au commencement de vostre besoigne. Ecoute, ma fille, et voy, et abbaisse ton aureille, et oublie ta mayson ; et le Roy te desirera, car il est ton Dieu (Ps 44,11) : c'est a dire, il te fera reyne, car il est bon. Faites bien ainsy ; bandes tout a fait vostre esprit, avec fidelité et douceur, a une magnamité (sic) et force particuliere.

Serves vous a ce commencement des Seurs domestiques de dehors (note 856), et ce pendant, elles demeureront en leur habit modestement seculier. Nous n'avons encor pas pensé sil faudra les garder un'annee ainsy, mais nous y penserons bien tost.

Vous aves bien fait touchant ce sentiment, puisque il ny avoit nul consentement ni arrest volontaire ; cela doit estre negligé et mesprisé, sinon quil y eut quelque violence tout a fait extraordinaire.

Je treuve bon l'advis donné a nostre Seur de Lyon sur la reception d'une fille tout a fait bonne, et nullement fantasque ni bigearre, mais d'un esprit tout a fait grossier. Il n'en faut pas remplir la mayson, de telles filles, mais prenes celle la ; car il se treuve si peu de personnes en ce sexe, sans fantasie et malice et bigearrerie, que quand on en treuve on les doit recueillir. Je dis ceci pour ma certes tres chere fille de Chateluz, que j'ayme cordialement. Si quelquefois elle est difficile a traitter en ses incommodités corporelles, petit a petit cela passera. L'esprit humain fait tant de destours sans que nous y pensions, que il ne se peut quil ne face des mines ; celuy pourtant qui en fait le moins est le meilleur.

Il ny a nul danger, ains il est expedient de faire dextrement bien concevoir au Pere spirituel l'importance de la Constitution De la Clausure (Const 2), toute tiree du sacré Concile de Trente, et de mesme a Monseigneur l'Evesque.

Il ne faut pas donner promesse a point de fille de la recevoir, sinon en cette façon: Nous vous recevons en ce qui nous regarde, mais il faut que Monseigneur l'Evesque le treuve bon ; et faire tous-jours conferer avec le Pere spirituel, car il sçaura tous-jours bien les defautz, sil y en a.

Il faut eviter de prester vos Constitutions, en disant qu'en la premiere impresse beaucoup de fautes se sont glissees, pour la haste de ceux qui les ont transcrittes que l'on corrige ; et que bientost l'on fera les (sic) reimprimer , et que alors vous les communiqueres volontier. Mays les personnes estant discrettes et de condition, en les advertissant de ce defaut, qui a la verité y est grand, vous pourres selon vostre prudence les prester.

Il ne se faut pas laisser peindre, si Monseigneur l'Evesque ne le commande ou vostre Pere spirituel, auquel vous pouves obeir en cela comm'es autres choses indifferentes, c'est a dire qui ne sont pas contre l'Institut. J'en dis de mesme des autres Seurs, ausquelles il faut pourtant bien donner des remedes contre la vanité, delaquelle toutefois il ny a pas grand sujet d'estre peint sur de la toile, puisque il ny en doit point avoir d'estre peint en nostre propre personne a l'image de Dieu.

Il faut, a la verité, bien reverer l'Evesque, establi superieur en l'Eglise par le Sacrement de son Ordre, c'est a dire par le Saint Esprit, comme dit saint Paul (Ac 20,28) et par la Regle propre et par la Constitution (Const 28)

; et Dieu benira vostre obeissance, qui est l'obeissance des Religieux anciens.

Il ne faut pas dire au Confiteor : et beatum Augustinum, par ce que vostre Congregation est sous le tiltre de Sainte Marie de la Visitation, quoy que sous la Regle de saint Augustin.

Il n'est pas necessaire de donner les Constitutions aux praetendentes qu'en les leur expliquant. La filosophie des bains de cette bonne fille est gratieuse ; en somme, il ny a rien qu'un esprit foible ne glose ; on ne peut remedier a telles nyayseries qu'avec la patience d'inculquer la verité.

Pour ces filles indisposees a estre de la Congregation, il faudra suivre le conseil des sages et spirituelz, apres un peu d'essay de correction. En somme, ce sont des choses que le Saint Esprit, le conseil et l'œil vous feront discerner.

La fille au bras court doit estre receue, si elle n'a pas la cervelle courte ; car ces deformités exterieures ne sont rien devant Dieu. Vostre sentiment est le mien : il ne faut pas recevoir les riches au chœur par ce qu'elles sont riches, mais par ce qu'elles ont le talent d'y servir ; et si elles ne l'ont pas : qu'elles soyent des Associees si elles sont foibles, ou vielles, ou maladives ; si elles sont fortes, qu'on les puisse employer au service de la Mayson, ou du moins a cooperer aux Domestiques si quelque consideration les fait mettre parmi les Associees, comme seroit leur delicatesse, ou la bonté de leur esprit qui les rendra habiles a servir de Superieure ou aux autres offices, hors celuy d'Assistente. Et les pauvres ne doivent estre rejettees, puisque Nostre Seigneur a tant' aymé la pauvreté que, de tous ses Apostres, la pluspart estoyent pauvres de condition. Mays pourtant il faut avoir quelque egard aux charges de la Mayson, autant que la sainte prudence et la grandissime confiance en Dieu le dicteront.

En vostre chapelle, vos fenestres doivent estre voylees affin qu'on ne vous puisse pas voir distinctement ; mays avec cela, il faut ouir le sermon le voyle de vos faces levé. On peut recevoir Associees les femmes et filles qui ne sçavent pas lire, car tout ce qui est dit de la lecture s'entend pour celles qui sçavent lire.

Vous aures les Indulgences de tout l'Ordre de Saint Augustin, car le Brief de vostre institution les vous donne ; nous prouvoirons de les avoir imprimees.

Ne receves pas legerement les filles : mais selon que la prudence vous enseignera, ou de differer ou de se haster, faites le ; si elles s'en vont ailleurs, Dieu les veuille conduire et en soit loüé.

N'entreprenes que doucement, selon la petitesse des moyens que vous verres vous pouvoir arriver ; et pour les choses necessaires Dieu ne vous abandonnera point.

Nostre Seur Marie Aymee de Morville m'escrit une lettre toute sainte et dit qu'elle donnera tout a fait les 10000 (dix mille) francz a Nevers, sans contredit.

Or sus, ma tres chere Seur, tenes vos yeux sur Dieu et sur son eternité de recompenses, et sur le cœur de la tressainte Vierge, et marches tous-jours humblement et courageusement. Et a jamais, sans reserve, je suis tout vostre et Vostre pere et vostre serviteur, comme a ma fille Paule Hieronime (sic) et a ma Seur Marie Aymee .

Vive Jesus ! Amen.

IX novembre 1620.

Salues Monseigneur l'Evesque, vostre Pere spirituel et le P. Lallemant.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Nevers.

MDCCXXVI A LA MèRE DE CHANTAL, A PARIS (FRAGMENT INéDIT) U e lettre toute d'or.

Annecy, vers le 9 ou le 10 novembre 1620 .

Nostre bonne Seur Marie Aymee de Morville m'escrit une lettre toute d'or : qu'elle a deschiré son papier, qu'elle laisse les dix mille francz a Nevers, et qu'elle s'abandonnoit tout a fait a Dieu et a sa sainte Mere. Voyla pas une ame bien aymee de Dieu ? . . . . . . . .

Revu sur le texte cité dans une lettre autographe de Ste J.-Fse de Chantal, conservée à la Visitation de Nevers. MDCCXXVII A MONSEIGNEUR JEAN-FRANçOIS DE SALES, SON FRèRE éVêQUE NOMMé DE CHALCéDOINE Profonde douleur du Saint sur un apostat. - Aveuglement étrange de cette âme et étonnantes contradictions. - Sa séparation du monde et de l'Eglise. - Espérance de conversion pour l'Angleterre. - Les effets de cette chute sur l'esprit et le cœur de François de Sales. - Quelle assurance Mgr de Chalcédoine devra donner au malheureux tombé.

Annecy, 21 novembre 1620.

Voyla une lettre que j'ay ouverte sans m'apercevoir qu'elle n'estoit pas pour moy . O Dieu, mon tres cher Frere, que de douleurs a mon ame quand je l'ay leüe ! Certes, il est vray que de ma vie je n'ay eu un si fascheux estonnement. Est il possible que cest esprit se soit ainsy perdu ? Il me disoit tant qu'il ne seroit jamais autre chose qu'enfant de la sainte Eglise Romaine, quoy qu'il creust que le Pape excedast les bornes de la justice pour estendre celles de son authorité. Et cependant, apres avoir crié qu'il ne failloit pas que le supreme Pasteur, officier en l'Eglise, entreprist de delivrer les sujetz de l'obeissance du supreme Prince de la Republique, pour aucun mal qu'il fist : luy mesme, pour des abus pretendus, se va rendre rebelle a ce supreme Pasteur, ou, pour parler selon son langage, a tous les Pasteurs de l'Eglise en laquelle il a esté baptizé et nourri ! Luy qui ne treuvoit pas asses de clarté, disoit il, es passages de l'Escriture, pour l'authorité de saint Pierre sur le reste des Chrestiens, comme s'est il allé ranger sous l'authorité ecclesiastique d'un Roy duquel l'Escriture n'a jamais authorisé la puissance que pour les choses civiles ? S'il treuvoit que le Pape excedoit les bornes de son pouvoir, entreprenant quelque chose sur le temporel des Princes, comme ne treuve-il pas que le Roy sous lequel il est allé vivre excede les limites de son authorité, entreprenant sur le spirituel ?

Est il possible que ce qui ramena et maintint saint Augustin en l'Eglise n'aye peu retenir cest esprit ? Est il possible que la reverence de l'antiquité et l'abjection de la nouveauté n'aye point eu le pouvoir de l'arrester ? Est il possible qu'il aye creu que l'Eglise ayt tant erré, et que les huguenotz ou Anglo-calvinistes ayent si heureusement rencontré par tout la verité, qu'ilz n'ayent point erré en l'intelligence de l'Escriture ? D'ou peut estre venue cette si universelle connoissance du sens de l'Escriture en ces testes-la, es matieres de nos controverses, que par tout ilz ayent rayson, et nous tort par tout, en sorte qu'il nous faille quitter pour adherer a eux ?

Helas ! mon cher Frere, vous vous appercevres bien du trouble que j'ay en mon esprit, quand vous verres que je vous dis tout ceci. La modestie avec laquelle il traitte en vous escrivant, l'amitié laquelle il vous demande avec tant d'affection, et mesme avec sousmission, m'a fait une grande playe de condoleance en mon ame, qui ne peut s'accoiser de voir périr celle de cest ami. J'estois a la veille de luy faire faire place ici, et monsieur Jantet avoit charge de traitter avec luy pour cela (notes 493,498) ; et maintenant, le voyla separé de tout le reste du monde par la mer, et de l'Eglise par le schisme et l'erreur ! Dieu neanmoins tirera sa gloire de ce peché.

J'ay une inclination particuliere a cette grande Isle et a son Roy, et en recommande incessamment la conversion a la divine Majesté, mais avec confiance que je seray exaucé, avec tant d'ames qui souspirent pour cet effect ; et des-ormais, encor prieray je plus ardemment, ce me semble, pour la consideration de cette ame-la. O mon tres cher Frere, bienheureux sont les enfans de la sainte Eglise en laquelle sont trespassés tous les enfans de Dieu. Je vous asseure que mon cœur a une continuelle palpitation extraordinaire pour cette cheute, et un nouveau courage de servir mieux l'Eglise du Dieu vivant et le Dieu vivant de l'Eglise. Il faut cependant tenir secrette cette miserable nouvelle, qui ne peut estre que trop tost respandue pour tant de parens et amis de celuy qui la nous donne. Que si vous luy escrives, selon qu'il me semble vous y inviter, par la voye de monsieur Gabaleon , asseures le que toutes les eaux de la mer d'Angleterre n'esteindront jamais les flammes de ma dilection (Ct ult 7), tandis qu'il me pourra rester quelque esperance de son retour a l'Eglise et a la voye de son salut eternel.

Mon Frere, quand vous seres consacré, faites le moy sçavoir, et me recommandes a la misericorde de Nostre Seigneur, qui soit a jamais l'unique esperance et amour de nos ames. A men.

Au P. D. Juste, mille salutations ; a la signora Donna Genevra, ma chere fille; a monsieur Viboz , que je remercieray au premier jour.

Annessi, le XXI novembre 1620.

A Monsieur

Monsieur l'Evesque de Chalcedoine.

Revu sur le texte inséré dans le ler Procès de Canonisation.

MDCCXXVIII AU MêME Quantité de lettres au retour d'un voyage. - Dispositions du Prieur de Rumilly toutes favorables à l'établissement des Pères de l'Oratoire. - L'élection de M. du Châtelard au doyenné de Notre-Dame. - Quelqu'un que le Saint voudrait servir de son propre sang. - Nouvelles de famille. - Tentative pour le retour d'une âme à la foi. - A qui appartient le Royaume des cieux.

Annecy, 21 novembre 1620.

J'ay receu tout a coup cinq de vos lettres ou billetz, mon tres cher Frere, a mon retour en cette ville du voyage que j'ay fait a Six, a Viu, a Melan, a Merens, pour diverses affaires (note 872).

Toutes les nouvelles que vous me donnes sont bonnes ; Dieu nous face jouir des effectz entiers de tant de bonnes volontés qu'il inspire a nostre bon Prince .

O que l'establissement des Peres de l'Oratoire reuscira heureusement a Thonon et a Rumilly , et comme Dieu le favorisera ! car voyla.M. le Prieur dudit lieu qui, ce soir, m'est venu dire qu'en le recompensant, il donnera son prieuré pour les intentions de Son Altesse. Et il ne sera nullement malaysé de le recompenser sur Chindrieu , affin que d'abord les Peres de l'Oratoire soyent logés, et dans l'eglise et dans le prieuré, a Rumilly. Or il ne sçait pas pourtant le projet, sinon par conjecture quil tire de l'entree que fit, il y a dix jours, monsieur de Saunaz en l'Oratoire de Lyon, d'ou il m'a escrit avec beaucoup de tesmoignage de consolation.

Pour Ripaille, je ne pense pas que Son Altesse y puisse loger plus a propos aucuns Religieux que les Chartreux, en se reservant ce quil luy plaira pour y bastir son palais .

Au reste, en fin M. du Chatelard est Doyen, avec mille contradictions et avec autant de promesses d'y faire des merveilles, et a moy de faire tout ce que je luy conseilleray .

Le bon M. Buccio m'a prié de le vous recommander en son affaire, que son frere vous dira , et qui est, ce me semble, grandement favorable. Madame de la Flechere de Fossigni m'a aussi prié de vous recommander son filz, auquel elle dit que vous aves des-ja fait bien des faveurs. Certes, tandis que sa prœtention durera et quil y aura apparence qu'elle doive reuscir, non seulement je ne voudrois luy nuire, mais je voudrois le servir de mon sang propre; car, comme sa mere est ma tres chere fille, je le cheris aussi comme mon filz .

Voyla la response de M. l'Abbé, qui a maintenant dit sa Messe avec beaucoup de devotion . Mon frere et ma seur de Cornillon vous saluent cherement, et vous prient de les excuser silz ne vous escrivent si souvent. Nostre Seur Marie est toute guerie et reprend grandement son bon visage .

Je ne sçai plus que vous dire, mon tres cher Frere, pour cette fois, ayant le cœur si oppressé de douleur de la perte de ce miserable qui vous escrit , que je confesse de n'avoir jamais eu tant de sensible desplaysir que j'en ay eu ; mays par ce que je sens encor un peu d'esperance en Dieu pour son retour, je vous escris la lettre ci jointe (lettre 1727), affin que vous la luy envoyïes. Qui sçait si, conservant un peu de credit sur son esprit par cette voye, Dieu s'en servira pour le retirer ? Mays je ne sçai pourtant que vous dire la dessus, sinon que bienheureux sont les humbles, car a eux appartient le Royaume des cieux (Mt 5,3). Ce miserable ne fut jamais que vanité.

Or sus, Dieu soit a jamais vostre tout, mon tres cher Frere.

Le 21 novembre 1620.

Mon tres cher Frere, je vous prie de ne point encor dire la fascheuse nouvelle de la lettre ci jointe, laquelle vous garderes, car il me semble a propos de ne la pas perdre. Certes, je suis tout estonné, car il ny a que deux jours que je la sçai.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Chambéry.

MDCCXXIX A LA MèRE DE CHANTAL, A PARIS Affliction profonde, mélangée d'espérance. - Causes de la chute de M. de Granier. - Le jugement, " partie rare. " - Quelle consolation le Fondateur reçoit de sa Congrégation. - Le tardif, mais beau fruit, du dattier.

Annecy, 22 novembre 1620.

Je suis grandement affligé, ma tres chere Mere, de la perte spirituelle de cet amy qui a tant demeuré avec moy. O la vanité de l'esprit humain tandis qu'il se fie en soy mesme ! O que les hommes sont vains quand ilz se croyent eux mesmes ! Il est expedient que scandale arrive, mais malheur a celuy par qui il arrive (Mt 18,7).

Ce jeune homme [ne s'est jamais voulu gouverner a mon gré, tous-jours il a] repoussé le joug tres doux de Nostre Seigneur. [Or sus, je ne desespere pas] de le voir un jour repasser la mer et venir au port, [mais je pleure sur luy de tout mon cœur.]

Il escrit luy mesme sa perte a [mon frere (notes 890,908)]

avec tant de respect, de sousmission et de courtoysie que rien plus, et avec ces termes : " Je me separe de la communion de l'Eglise pour me retirer en Angleterre, ou Dieu, " dit il, " m'appelle. " Qui ne gemiroit sur ce mot la : " Je me separe de la communion de l'Eglise " ? puisque se separer de l'Eglise, c'est se separer de Dieu. Laisser l'Eglise, O Dieu, quelle frenesie ! Mais la chair et le sang le luy ont persuadé. La curiosité, l'instabilité, la liberté, la presomption de son esprit, fondee sur le talent naturel de bien et promptement parler, avec la sensualité, en fin l'ont perdu. En somme, le jugement est une partie rare, tous-jours accompaignee de meureté et d'humilité. Or sus, peut estre n'en sçaves vous rien encor : s'il est ainsy, n'en sçaches donq rien, ma tres chere Mere, et demeures en paix.

Que de consolations, au contraire, de sçavoir que nostre petite Congregation se multiplie en bonnes ames ; que ma tous-jours plus chere fille de Port Royal tient son cœur haut eslevé en Dieu ; que ma chere dame de Montigni souffre en patience sa maladie . Ma Mere, resalües la de ma part cherement, et luy faites sçavoir que je la cheris tres cordialement, et la croix sur laquelle elle est. Je salue tres parfaitement madame N. , a laquelle je dis par vostre entremise, n'ayant nul loysir, que sa retraitte est comme une datte, qui en fin produira une bel1e palme de triomphe, mais peut estre seulement d'icy a cent heures, ou a cent jours, ou cent semaines, ou cent moys ; et les contradictions qu'elle a euës serviront a cela.

Dieu nous face de plus en plus abonder en la pureté et simplicité de sa dilection, et en la fermeté et sincerité de celle du prochain.

Or sus, [Dieu tire sa gloire de ceux qui l'abandonnent. Il faut finir] en vous asseurant, ma tres chere Mere, que par la cheute de ce jeune homme, Dieu m'a gratifié de nouvelles douceurs, suavités et lumieres spirituelles, pour me faire tant plus admirer l'excellence de la foy catholique. …………………………………………………….

Bon soir, ma tres chere .M.ere. (note 909) Jesus Christ soit a jamais nostre jour en l'eternité et nostre cierge ardent en la vie presente. Amen.

Ce 22 …………. 1620.

FRANçs, E. de Geneve.

MDCCXXX A LA MèRE THéRèSE DE JéSUS PRIEURE DU CARMEL DE LYON (FRAGMENT) Une vocation divine pour l'Oratoire. - Troubles au Carmel. -Un pourquoi qui serait long à dire.

Annecy, 24 novembre 1620

…………………………………………………………….. C'est Dieu, ma tres chere Seur, qui a conduit M. de Saunaz a l'Oratoire (notes 844,898), et je l'en remercie profondement, estimant que ce jeune gentilhomme y servira tres fidelement la gloire de son nom. J'ay sceu le petit trouble que quelques uns de vos Monasteres ont fait . Helas ! ilz ne sçavent rien de ce qu'ilz desirent, ni peut estre ce qu'ilz disent. Qui est bien, s'y doit tenir de pres. En Italie, on a conneu manifestement que les Monasteres de filles n'estoyent nullement si bien sous la conduitte des Peres de leur Ordre que sous les prestres et autres Ordinaires ; le pourquoy est long a dire, mays il est manifeste. ………………………………………..

24 novembre 1620.

A la Mere Therese de Jesus, Prieure des Carmelites de Lyon.

Revu sur une ancienne copie conservée à Paris, Archives Nationales (M. 234).

MDCCXXXI A MADAME DE GRANIEU Les matériaux des bâtiments célestes " au quartier des hommes. " - Ce que les Anges pourraient nous envier. - Transformer l'infirmité en oraison.- Comment Notre-Seigneur nous fait souvent le plus de bien. - Un cœur faible et assoupi, mais non point infidèle.

Annecy, 24 novembre 1620.

Or sus, ma tres chere Fille, vous voyla tous-jours aupres de la Croix, parmi les tribulations, en la maladie de monsieur vostre cher mary. O que ces pierres qui semblent si dures sont pretieuses ! Tous les palais de la Hierusalem celeste, si brillans, si beaux, si aymables, sont faitz de ces materiaux, au moins au quartier des hommes ; car en celuy des Anges les bastimens sont d'autre sorte, mais aussi ne sont ilz pas si excellens. Et si l'envie pouvoit regner au royaume de l'amour eternel, les Anges envieroyent aux hommes deux excellences qui consistent en deux souffrances : l'une est celle que Nostre Seigneur a enduree en la croix pour nous, et non pour eux, du moins si entierement ; l'autre est celle que les hommes endurent pour Nostre Seigneur : la souffrance de Dieu pour l'homme, la souffrance de l'homme pour Dieu.

Ma chere Fille, si vous ne faites pas des grandes oraysons parmi vos infirmités et celles de monsieur vostre mary, faites que vostre infirmité soit une orayson elle mesme, en l'offrant a Celuy qui a tant aymé nos infirmités, qu'au jour de ses noces et de la res-jouissance de son cœur, comme dit l'Amante sacree (Ct 3, ult), il s'en couronna et glorifia : faites ainsy.

Ne vous assujettissés pas a un mesme confesseur, tandis que, pour gaigner tems, il sera requis d'aller au premier rencontre. Je suis marry que madame de N. soit ainsy incommodee ; mais puisqu'elle ayme Dieu, tout luy reviendra a bonheur (Rm 8,28).

Il faut laisser a nostre doux Seigneur la tres aymable disposition, par laquelle il nous fait souvent plus de bien par les travaux et afflictions que par le bonheur et consolation.

Ma tres chere Fille, ne me dites pas tant [de mal] de vostre cœur, car je l'ayme tant que je ne veux point qu'on parle ainsy. Il n'est pas infidele, ma tres chere Fille, mays il est un peu foible quelquefois, et un peu assoupi. Au reste, il veut estre tout a Dieu, je le sçai bien, et aspire a la perfection de l'amour celeste. Dieu donq le benisse a jamais, ce cœur de ma tres chere Fille, et luy face la grace d'estre de plus en plus humble. Dieu soit beni.

FRANçs, E. de Geneve.

Le 24 novembre 1620.

MDCCXXXII A M. AMéDéE BERCHAT CURé DE NOTRE-DAME DU CHASTEL (INéDITE) Délégation pour enquête canonique.

Annecy, décembre 1620 .

Monsieur Berchat,

Ayant sceu que la Pernon Bottollier a donné l'enfant qu'ell'a fait a François de Levaut, je vous commetz par ce billet pour oüir ladite Pernon et ledit François sur ce cas ; et leurs responses ouyes, vous m'en envoyeres l'information et l'acte du baptesme de l'enfant. Et m'asseurant de vostre fidellité et diligence a cela, je prie Dieu qu'il vous donne ses plus desirables benedictions, et suis Vostre humble, tres affectionné confrere, FRANçs, E. de Geneve.

Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Archives de l'Etat.

MDCCXXXIII A MONSEIGNEUR JEAN-FRANçOIS DE SALES, SON FRèRE éVêQUE NOMMé DE CHALCéDOINE Désagrément causé par les neiges. - Un service à rendre à M. de la Pierre. - Métamorphose soudaine du sieur Bonfils. - Pourquoi l'Evêque de Genève cèle le plus qu'il peut la nouvelle d'une apostasie. - Bonne mine et bon jeu. - Maladies, mariage et mort. - Témoignages d'honneur et d'affection donnés par le Saint au nouvel Evêque de Chalcédoine.

Annecy, 8 décembre 1620.

L'aspreté du tems et la grandeur des neiges ont retenu comme par vive force le bon M. l'Abbé [jusques] a present , mon tres cher Frere ; et ce qui me desplait en ceci, c'est qu'il n'arrivera pas asses tost pour vous donner la commodité de nous faire jouir de vostre chere presence pour ces premieres festes . Mais il n'y a remede : il faut croire que, Nostre Seigneur le voulant ainsy, ce sera le mieux. M. de la Pierre n'a sceu comprendre que Son Altesse eust quelque degoust de luy ; il dit qu'il sçait bien qu'elle l'ayme et sçaura bon gré a qui luy presentera sa lettre, qu'il vous prie de luy faire tenir seurement ; et se promet que, si vous en parles a M. Le Grand , il se chargera volontier de le faire, et qu'en cela il n'y a point de hasard. Que si cela se peut faire bonnement, ce me seroit un grand playsir de le contenter. Il en escrit a M. le Collateral , affin qu'il en confere avec vous.

J'escris a M. le Comte de Montmayeur , pour le remercier du soin qu'il eut de me faire tenir une de vos lettres tandis que j'estois en Fossigni. J'escris a M. Vito, me res-jouissant de le voir au service de Madame, nostre Maistresse .

Je vous pourrois dire un monde de nouvelles. Tenés aujourd'huy,…….pour toutes asseurances de la triomphante sortie de M. Bonfilz, qui est a mesme tems establi General des Finances, avec un si extreme credit que nul ne pourra plus vivre que par sa bonne grace . Toutefois, plusieurs ne veulent croire cette si soudaine metamorphose ; et, quant a moy, je ne diray sinon : peut estre qu'il est vray, et peut estre que non.

C'est une merveille qu'en ce païs on ne sçait encor point la deplorable adventure de M. de [Granier ] ; car, quant a moy, je la cele le plus que je puis, affin de n'infecter point l'air d'une si puante nouvelle. Quelle grace Dieu luy a faite de l'avoir reduit, par sa providence, dans la prison !

Mes freres sont tous-jours apres a faire descombrer la mine de laquelle plusieurs ont une grande opinion (note 568) ; mais Dupra n'en peut rire, craignant qu'une si bonne mine ne soit pas accompaignee de bon jeu .

M. le Prevost eut un rude accident de fievre avant hier ; mais ce n'a esté qu'une fievre ephemeride, Dieu mercy. M. Perret est grandement malade ; et s'il mouroit, il y auroit danger qu'on impetrast sa place a Rome, comme ill'impetra luy mesme .

Ceux de Rumilly et le Curé ont receu leurs lettres avec toute obeissance religieuse ; que bien tost on leur face le bien pour lequel on retarde.

La Seur Marie se porte tres bien, avec grand playsir d'avoir l'habit .

Le bon M.l'Abbé nous oblige grandement a l'aymer, a l'estimer, a le servir, pour l'extreme affection qu'il nous tesmoigne avec toute sorte de confiance. C'est pourquoy je le vous recommande de tout mon cœur, et vous prie de me tenir en la bonne grace de madame de Sarsenas qu'on m'a dit estre grosse, dont je me res-jouis grandement. Ce que M. de Vallon vous a escrit touchant le mariage de M. de Charmoysi avec la fille de M. de Montmayeur, m'empeschera de vous en faire un plus long recit .

M. l'Abbé de Six est en fin trespassé , et on m'a dit que M. l'Esleu ne demeure pas sans affaires avec les Religieux qui ne le veulent pas reconnoistre, parce qu'ilz croyent qu'il n'a pas ses permissions de Rome . Je ne vous entretiendray pas davantage, ains me rapportant a la suffisance de M. le porteur, je vous saluë tres humblement, et, si vous estes consacré, je vous bayse les mains et la cime de vostre teste parfumee de l'onction sacree, que je supplie Nostre Seigneur de faire saintement des couler jusques a la robbe de cette Eglise, et que la rosee de vostre Hermon (Ps 132,2) soit heureusement transportee jusques en nostre sein. C'est aujourd'huy le jour anniversaire de mon sacre, par lequel je commence la dix neufviesme annee. Je suis sans fin, Vostre tres humble frere et serviteur, FRANçs, E. de Geneve. A nostre M. le Collateral que luy diray je ? Il sçaura que je suis parfaitement sien.

8 decembre 1620.

A Monseigneur l'Evesque de Chalcedoine, premier Aumosnier de Madame.

MDCCXXXIV AU PRéSIDENT JEAN-GEORGES CRESPIN (note 150) (INéDITE) François de Sales assure le destinataire de son souvenir et de son dévouement. - Ermite qui saura bientôt toutes les nouvelles de la cour.

Annecy, 9 décembre 1620.

Monsieur,

Je prise trop l'honneur de vivre en vostre souvenance, pour laisser partir monsieur de Barraux sans luy donner ces quatre motz de tesmoignage de celle que j'ay de vous, laquelle est tous-jours accompaignee d'un extreme desir de vous rendre service, si mon bonheur m'en laissoit arriver quelqu'occasion. Car, de vous dire des nouvelles, ce seroit hors de propos, puisque le porteur en sçait bien plus que moy, qui, presque aussi solitaire qu'un hermite et plus esloigné des affaires du monde que plusieurs hermites, ne sçai rien de tout cela que ce qu'on ne peut ignorer. Mon frere .Monsieur de Chalcedoine sera icy dans dix jours, ainsy qu'il m'escrit , et lors il me sera force d'apprendre toutes celles qui courent en nostre cour, ou je ne pense point d'aller qu'apres Pasques . Et ce pendant, Monsieur, je vous supplie tres humblement de cooperer a l'inclination que Monseigneur de Montpellier a de m'aymer, et de continuer a me croire, comme je suis, Monsieur, Vostre tres humble serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

IX decembre 1620, Annessi.

A Monsieur le President Crespin.

Revu sur une ancienne copie conservée à la Visitation de Turin.

MDCCXXXV A MADAME BELLOT Prière à la destinataire de donner les ordres nécessaires pour le bon succès d'une œuvre de charité.

Annecy, 10 décembre 1620.

Madamoyselle ma tres chere Fille, Puisque vous aves treuvé bon, par l'advis mesme de monsieur l'Aumosnier vostre frere , que la charité que vous avies destinee pour le bien spirituel de Belley soit employee pour l'establissement des RR. PP. Capucins en ce lieu-la (note 120), qui feront les offices que vous desiries y introduire, il ne restera sinon qu'en suite il vous playse d'ordonner a monsieur de Courtines qui a l'argent, de le delivrer ainsy que les Peres qui sont la luy marqueront. Et ainsy s'accomplira heureusement vostre sainte intention, et aures la consolation d'en voir les fruitz avant que d'aller jouir de la recompense d'icelle au Ciel; et moy je demeureray, Madamoyselle, Vostre plus humble et affectionné serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

Annessi, 10 decembre 1620.

A Madamoyselle l'Esleue Bellot. A Lyon.

MDCCXXXVI AU PRINCE DE PIéMONT, VICTOR-AMéDéE Excès de misère de la Sainte-Maison de Thonon, et sa triste conséquence, D'où vient cette détresse. - Comment on peut y remédier.

Annecy, 11 décembre 1620.

Monseigneur,

L'extreme desolation qui est en la Sainte Mayson de Nostre Dame de Thonon ne peut recevoir remede que de vostre serenissime providence : la pauvreté y est demesuree, et les enfans du Seminaire tout fin nuds, deschaux et transis de misere ; les prestres de la Mayson et les Peres Barnabites n'ont justement que pour manger et habiter, et non pour se vestir, et le reste va tres mal en point ; mays, ce qui est le pis, c'est que cette calamité y fait naistre une lamentable desunion, tandis que chacun s'essaye de tirer a soy le peu de moyens et d'argent qu'on y porte. Le remede, Monseigneur, a ce mal qui, a la verité, est de plus grande consequence qu'il ne semble, consiste en ces pointz :

Le projet de cette Mayson a esté fait fort grand et ample , et failloit quatre mille escus pour le soustenir annuellement. Despuys, on a de beaucoup amoindris les moyens qui y devoyent estre employés et, pour un seul coup, on a osté le prieuré de Nantua (L3, note 214), qui sont mille escus de revenu, et environ deux mille ducatons que Son Altesse par sa liberalité y a destinés, ne sont pas touchés a commodité. Il est vray encor, avec tout cela, Monseigneur, que la mauvayse intelligence des membres de cette Mayson et la mauvaise conduite de ses affaires l'apauvrit de plus en plus. Monseigneur, si Vostre Altesse fait reuscir le projet d'establir la des vrays prestres de l'Oratoire (note 686), en lieu de ceux qui y sont, on sauvera de ce costé la 300 ducatons ; car faysans une vie tout a fait commune, il ne faudra aucun gage comm'il en faut aux autres, layssant a part le lustre et le proffit spirituel qu'ilz apporteront. Si Vostre Altesse fait reuscir le dessein d'appliquer toutes les praebendes de Contamine aux PP. Barnabites, ormis cinq ou six, ou mesme sept, pour y faire faire le service parroissial et celebrer les Messes de fondation, on sauvera cinq cens escus de revenu, et les finances de Son Altesse deschargees d'autant (note 533). Et puis, .Monseigneur, si le projet de la reformation des .Monasteres et du clergé reuscit, on trouvera bien encor des bons et gracieux moyens d'accommoder pour le reste.

.Mays tandis que tous ces biens s'acheminent sous les auspices et par le soin de Vostre Altesse Serenissime, je croy qu'il sera requis que, pour le present, elle face recevoir l'argent des assignations a ce porteur, le sieur Gilette , affin qu'il en secoure les necessités pressantes de laditte Sainte .Mayson. Et je me prometz de vostre bonté, Monseigneur, que Vostre Altesse me pardonnera aysement l'importunité de cette lettre, escritte de la main et du cœur, . Monseigneur, de Vostre tres humble, tres fidele et tres obeissant orateur et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

XI decembre 1620, Annessi.

Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Archives de l'Etat. MDCCXXXVII A LA MèRE DE CHANTAL, A PARIS Le Saint " accommode " les Constitutions. - Comment tenir unies les Maisons du nouvel Institut ? - A défaut d'un hôtel " asses beau, " il faut se contenter d'un " trop beau. " - Démarches que doit faire à Rome Mme de Port-Royal pour obtenir de passer de son Ordre dans celui de la Visitation.

Annecy, vers le 25 décembre 1620 .

C'est tous-jours ainsy, ma tres chere Mere, que je vous escris sans loysir et sans haleyne ; voyla que M. du Tellier , gentilhomme de Mme de Mercœur , envoye prendre mes lettres, et faut que je les finisse avant que de les avoir commencees.

J'ay accommodé les Constitutions le plus que j'a y sceu, au gré du tres bon P. Binet et au vostre (note 834), et ne voy pas que pour des Constitutions on y puisse guiere plus rien adjouster. Reste a voir comme on pourra tenir toutes les Maysons jointes ; et certes, je ne sçai pour le present aucun moyen qui ne trayne quant et soy des grandes repugnances. Mays je vous en escriray plus au long, apres que, pendant ces festes, j'y auray un peu mieux pensé, avec l'advis de monsieur l'Abbé d'Abondance que nous avons de conversation .

Que je seray content si je vous puis voir bien logees ! L'hostel de messieurs Zameth n'est, ce me semble, que trop beau ; neanmoins, a faute d'un asses beau, il se faudra contenter d'un trop beau .

Par la premiere occasion, je vous supplie, un peu des nouvelles de madame la Generale des Galeres , de Mme de Frouville et de madame de Villesavin, et de Mlle de Montigni , si ell'est tous-jours malade ou non.

D'escrire a present a madame de Port Royal, ma fille, il ny a nul moyen. Que ne ferois-je pas pour contenter son cœur ! Voyci mon advis: puysque elle n'a jamais peu croire que ce fut la volonté de Dieu qu'elle demeurast en cet Ordre, et que parmi toutes ses actions de vœux, de Profession, de susception de charge ell'a tous-jours excepté devant Dieu de se retirer dudit Ordre a la premiere bonne occasion, je pense qu'elle fera donq bien de faire un essay pour cela, et de faire escrire a Rome pour avoir dispense, laquelle, si ell'exprime bien son intention, ne sera pas, si je ne me trompe, difficile d'estre obtenue ; car quand elle dira que ce n'est pas pour retourner au monde, mais pour se retirer en une Religion en laquelle l'observance religieuse est en vigueur, il ny aura rien a dire. Mais il ne faut pas qu'elle nomme la Religion en laquelle elle se veut retirer, ains seulement qu'elle die qu'ayant la licence elle se retirera en un Monastere, pour y faire profession, auquel l'observance est en vigueur. Or, il suffira que cela s'essaye par la voye d'un banquier ordinaire, mays auquel, par le moyen du commis d'un secretaire d'Estat qu'elle m'escrit luy estre grandement affectionné, on envoye une lettre qui puisse obliger monsieur l'Ambassadeur de favoriser l'affaire en cas de besoin. Avec cela, et le memorial estant bien fait, comm'il ne peut manquer de l'estre si elle mesme s'explique bien a celuy qui le dressera, je ne doute point qu'elle ne soit consolee d'un depesche favorable, estant une chose asses ordinaire. Puys, quant a l'execution, il faudra prendre le biays le plus doux et avantageux qu'on pourra.

Mays, ma tres chere Mere, voyci un fascheux rencontre, car il seroit expedient que cette fille fut un peu assistee et dressee par vostre amour tout affectionné; et neanmoins, voyla qu'a Turin le Monastere est accepté, et le P. D. [Juste] ……………………………………..

………………………….la fondation de nostre chere Congregation a Turin presse, et bien que je promette d'y faire aller nostre grande Fille, ma Seur Favre, ces Princesses, sur tout nostre chere Madame, vogliono la Madre ………………………………………………. Helas ! il n'est nullement vray que je me soys fasché en la partie superieure des advis que vous m'aves envoyés sur les Constitutions ; mais ayant de prim'abord jetté les yeux sur celuy de l'exclusion des maladives, qui est tout a fait contre mon esprit et sentiment, je dis par un'inconsideree soudaineté: Qui laissera gouverner la prudence naturelle, elle gastera la charité et ne sera jamais fait ……………………………………………………..

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Turin.

MDCCXXXVIII A MONSEIGNEUR JEAN-FRANçOIS DE SALES, SON FRèRE éVêQUE NOMMé DE CHALCéDOINE Préparatifs pour le voyage de France. - L'Evêque voudrait laisser son frère en sa place. - L'impossibilité où il se trouve d'aller jusqu'à Turin. - Insolence de deux laquais au logis de François de Sales ; démêlé qui en résulte entre M. de la Valbonne et le baron de Tournon. - Méthode pour garder la paix et gagner les cœurs. - Prises d'habit au Monastère d'Annecy.

Annecy, 28 décembre 1620.

Je n'ay encor point receu de commandement de Son Altesse pour le voyage de France, Monsieur mon tres cher Frere, ni ne sçai encor pas quel nombre de personnes je pourray mener. Ce pendant je me vay praeparant, affin de n'estre pas tout a fait surpris ; que si je puis vous laisser icy en ma place, je m'en iray bien plus joyeux.

Nostre monsieur le Collateral me conseille que, si je puis, j'aille voir comme Madame se porte bien et exerce plusieurs vertus dignes d'elle, affin d'en pouvoir parler plus particulierement au Roy et a la Reyne Mere ; mays je voy que je suis trop pressé pour prendre ce loysir-la, et sur tout en ce tems que les jours sont si cours, et faudroit une trop grande diligence ; car autrement, cela seroit fort a propos.

Voyla la lettre de monsieur de la Pierre, qui a receu asseurance, ainsy quil m'a fait voir, que Son Altesse l'ayme ; dequoy je ne doute point. Si donq vous le juges a propos, vous luy feres le bon office qu'il desire (note 920).

Vous aures sceu ce qui s'est passé de la part de monsieur le Baron de Tornon envers monsieur de la Valbonne . Ce qui m'en desplait le plus, c'est le mespris de la justice, et que, sans ma coulpe, j'en aye esté l'occasion. Je ne sçai pourquoy, deux garçons de 20 ou 22 ans vindrent faire un' asses deshonneste insolence ceans, avec des huees et urlemens asses grans : l'un avoit esté laquay de Chappe l'aisné ; l'autre estoit palefrenier de monsieur le Baron de Tornon. Or, monsieur le President les fit saysir et emprisonner, et dans deux jours me les envoya pour me demander pardon, sans que ni d'effect ni de paroles on leur fit autre chastiment. Le jour suivant, monsieur le Baron de Tornon treuva le secretaire de monsieur le President et, luy sautant dessus, luy donna des coups de baston en luy disant : Tien, porte cela a ton maistre. Et bien que je ne sçai pas si ces paroles ont esté preuvees, si sçai-je bien qu'elles furent dites.

Je vous escris l'histoire seulement affin que vous la sachies, et par ce que monsieur le President a recouru a monsieur le Marquis de Saint Damien qui, peut estre, vous en parlera; affin que vous sachies que, quant a moy, je ne me suis nullement plaint, et avois de tres bon cœur pardonné l'insolence, laquelle fut sans doute faite de guet a pend et sans que j'aye jamais offencé ni les maistres ni les valetz ; mais je sçai de certaine science qu'il faut dissimuler beaucoup et mespriser toutes les offences qui le peuvent estre, et que, par cette methode, on garde la paix et en fin on gaigne les cœurs des plus inconsiderés. Seulement suys-je marri de ces deux gentishommes, qui prennent des habitudes si contraires a la courtoysie et generosité a laquelle leur naissance les obligent (sic) envers la justice et tout le monde ; et je ne doute point que monsieur le Marquis ne les convie a faire quelque sorte de tesmoignage a monsieur le President, de desplaysir de l'avoir ainsy traitté. Mays tout ceci, mesnages-le selon que vous jugeres a propos, car il ne faut pas d'une querelle faire des querelles ni rien dire ou faire qui puisse ennuyer monsieur le Marquis de Saint Damien, puis que il nous fait lhonneur de nous aymer et qu'il oblige chacun, par sa vertu, a lhonnorer. En somme, c'est cela qu'il faut faire pour fleurir et fructifier. Mays voyla l'heure qui m'appelle pour me prreparer a la Messe, que je vay dire a la Visitation, pour donner l'habit a nostre Seur Marie et a madamoyselle de Servieres, niece de monsieur de Pezieu , avec lequel je disneray ceans, Dieu aydant. Dequoy nostre bon P. D. Juste sera bien ayse , et moy aussi, qui suis, Monsieur mon Frere, Vostre tres humble frere et serviteur,

FRANçs, E. de Geneve.

Jour des Innocens.

J'ay fait ce que monsieur l'Abbé mon cousin m'escrivit .a son depart , pour M. Mathieu , et feray ce qui me sera possible pour M. de Lea , estimant que je verray monsieur de Ballon, mon oncle, bientost , Mille salutations a nostre monsieur le Collateral qui m'excusera si je ne luy escris. A Monseigneur

Monseigneur l'Evesque de Calcedoine,

premier Aumosnier de Madame.

Revu sur l'Autographe conservé dans l'église paroissiale de Castel-Viscardo, près Bolsena (Italie).

MDCCXXXIX A LA SOEUR THéRèSE DE JéSUS SOUS-PRIEURE DU CARMEL D'ORLéANS Dangereuse tentation survenue dans quelques Monastères de Carmélites.- Quand on est bien, ne pas chercher le mieux, de peur de trouver le mal. - Eloge des Supérieurs du Carmel. - Le manteau d'Elie et son esprit.

Annecy, [décembre 1620 ]

…………………………………………….. Quand vous escrires a la Mere qui est allee a Xaintes, je vous prie de l'asseurer de lhonneur et amour que je porte a sa pieté . J'ay sceu la petite, mays dangereuse tentation survenue pour le changement qu'on a pretendu faire au gouvernement de vos Monasteres . Certes, dit saint Augustin a ses Filles (lettre 211), vous aves pris naissance, nourriture et accroissement ainsy, pour la plus grande gloire de Dieu et l'establissement de vostre salut : demeures donq ainsy, mes bienaymees, et qui est bien, qu'il ne se meuve pour rien que soit, de peur qu'au lieu de mieux on treuve le mal. Vos Superieurs modernes ont tant travaillé pour vous : cela ne merite-il pas que vous les reveries comme vos Peres, puisque mesme s'ilz ne sont Carmelites d'habit, ilz le sont en effect par le zele et la pieté d'Relie? O combien de Carmelites y aura-il au monde qui n'ont receu que le manteau d'Helie (3 R 19,19), et non son esprit au double (4 R 2,9) ! et combien de prestres seculiers qui, sans le manteau, auront receu son esprit ! Combien de Theresiennes sans l'habit, combien de Theresiennes sans l'esprit de la Mere Therese ! Demeures en paix, ma tres chere Fille, et aymes tous-jours mon ame devant Dieu.

Revu sur une ancienne copie conservée à Paris, Archives Nationales (M. 216).

MDCCXL A LA MèRE MARIE DE JéSUS, PRIEURE DU CARMEL D'ORLéANS (INéDITE) Le Carmel ne doit point désirer de changer de Supérieurs. - Affection du saint Evêque pour cet Ordre et spécialement pour la Prieure et la Sous-prieure d'Orléans.

Annecy, [décembre 1620 .]

Pour moy, je dis a vostre cœur de tout le mien, ma tres chere Fille, ce que le grand saint Augustin disait en une epistre aux Seurs de sa Regle : "Perseveres en vostre bon propos, et vous ne desireres point de changer de Superieurs, sous lesquelz, par tant d'annees, vous estes accreuës en nombre, en aage, " en Monasteres, en reputation. " Sous eux, vous aves esté instruites "en la vie religieuse, " voylees, multipliees. Vous devries pleurer si on vous les voulait oster. " Ce n'est pas que je veuille faire l'arbitre en un differend porté de part et d'autre de tant de gens ; mais je vous parle comme a mon ancienne et cordiale fille, en toute confiance. Dieu soit beni qui vous a donné une sincere dilection pour ces Seurs de Sainte Marie, et dequoy elles sont parfaitement dediees a vous honnorer et cherir comme elles doivent . May, ma tres chere Fille, je suis tres sincerement vostre et a toute vostre Congregation, specialement a la Mere Sousprieure, ma fille; et je suis bien ayse de vous escrire un peu sans ceremonie et de vous oser nommer simplement ma Fille, et de traitter cœur a cœur avec vostre ame que j'ay tous-jours cherement aymee, et que je prie Dieu de vouloir combler de son tressaint amour.Amen……………………………

Revu sur une ancienne copie conservée à Paris, Archives Nationales (M. 216).

MDCCXLI A MADAME LOUISE DE BALLON RELIGIEUSE DE L'ABBAYE DE SAINTE-CATHERINE L'" humeur " de l'Abbesse de Sainte-Catherine et celle de l'Evêque de Genève. - Aversion de l'esprit humain à recevoir " les conceptions d'autruy. " - Le Dieu de paix triomphant au milieu de la guerre. - Bonne saison pour la récolte.

Annecy, 1620 .

Ma Fille,

Dieu se sert du tems pour faire reuscir les decretz de sa providence. Je connois l'esprit de madame l'Abbesse , elle ne fera pas la moytié des choses que sa repugnance de maintenant luy suggere. Nous ne sommes pas de mesme humeur, elle et moy ; mais je ne laisse pas d'esperer qu'elle ne quittera pas tout a fait ma conduitte, que j'essayeray de rendre bonne, douce et juste. Voyes vous, ma Fille, l'esprit humain ayme ses ayses et son propre jugement ; ainsy, il ne faut pas treuver estrange si on reçoit avec contradiction les conceptions d'autruy, quelque saintes qu'elles soyent. Or sus, demeures en paix, souffres en paix, attendes en paix, et Dieu, qui est le Dieu de paix (Rm 15,ult ; 16,20), fera reuscir sa gloire au milieu de cette guerre humaine. Faites belle moysson pendant qu'il en est la sayson, recueilles bien les benedictions des contradictions ; vous proffiteres plus ainsy dans un jour, que vous ne feries en dix d'une autre sayson. Dieu parlera pour ceux qui se taisent, il triomphera pour celles qui endureront, et il couronnera la patience d'un evenement salutaire.

FRANçs, E. de Geneve.

MDCCXLII A DEUX RELIGIEUSES DE L'ABBAYE DE SAINTE-CATHERINE

Annecy, 1620 .

Ma Fille, Je voudrais bien me courroucer avec vous, mais je ne le puis, parce que je ne suis pas en humeur de le faire. Ma Fille. La reforme se fera, et Dieu y fera cooperer les hommes lhors qu'on y pensera le moins.

MDCCXLIII A M. CHARLES BALLY (INéDITE) Un Capucin peintre de tableaux d'église. - Indications du Saint pour le groupement des personnages.

Annecy, [1616-1620 .]

Monsieur le Chatelain,

Je vous prie d'achetter tout ce qui sera requis pour les tableaux que les Reverens Peres Capucins me font la faveur de faire faire par l'un des leurs , pour l'eglise de Viu et de Thorens . Je suis vostre plus affectionné a vous faire service, FRANçs, E. de Geneve. Je voudrais que le tableau de Thorens fut grand, et de la Nativité de Nostre Seigneur, avec un saint Maurice d'un costé, et saint Sebastien de l'autre; et celuy de Vieu, de la Passion, avec un saint Blayse et saint François .

Revu sur l'Autographe conservé au presbytère de Viuz-en-Sallaz (Haute-Savoie).

APPENDICE

I

LETTRES ADRESSéES A SAINT FRANçOIS DE SALES PAR QUELQUES CORRESPONDANTS

A BREF DE SA SAINTETé PAUL V ( cf : notes 387, 518 ; L3, note 97) (EN LATIN) (Non numérisé)

B

LETTRES DE CHARLES EMMANUEL ler , DUC DE SAVOIE -1- (cf lettres 1567, 1566)

Très Révérend, très cher, bien amé, féal Conseiller et dévot Orateur, Nous accordâmes, il y a quelque temps, à Claude du Noyer (note 135), . le père duquel mourut au siège de Verceil, après Nous avoir longuement servi parmi ces guerres dernières, une prébende des trois qui étaient vacantes au prieuré de Contamine. Ce que Nous fîmes d'autant plus volontiers que, outre la particulière inclination et dévotion que ce jeune homme montre d'avoir à cet habit de Saint-Benoît, Nous sommes convié d'en prendre quelque soin en mémoire des services du père qui a délaissé plusieurs autres enfants sans commodités ni moyens de s'élever aux vertus.

Peu de temps après, les RR. PP. Barnabites recoururent à Nous pour faire révoquer cette provision, pour divers prétextes, comme Nous fîmes ; Nous donnant entre autres à entendre que les trois prébendes étaient entièrement nécessaires aux réparations dudit prieuré, auxquelles néanmoins Nous savons n'y avoir été employé jusqu'ici que ce que peut porter le revenu de deux, lequel peut honnêtement suffire, suivant mêmement l'ordre qu'en a donné le Visiteur général . Chose qui Nous occasionne de vous donner charge pour cela d'embrasser avec votre saint zèle accoutumé, de Notre part, cette affaire; tenir main que le Prieur claustral dudit Contamine mette le froc audit Claude du Noyer, et dispose par même moyen lesdits Pères à payer librement le revenu de sa prébende dès le jour de la vacance, en suite de la provision qu'il en a de Nous; en quoi ils Nous feront chose très agréable de consentir, sans Nous donner plus sujet d'en être importuné davantage ni d'un c6té ni d'autre. D'ailleurs, vous verrez le Mémorial ci-joint du Sacristain qui s'offre de payer auxdits Pères les 500 ducatons qui leur sont assignés sur ledit prieuré, d'employer annuellement 200 ducatons aux réparations d'iceluy et d'accroître encore l'aumône de dix coupes de froment, si [l'on] veut laisser à sa disposition le revenu avec les autres deux prébendes vacantes : qui sont véritablement toutes considérations remarquables et qui Nous font désirer d'autant plus l'effet de la consolation dudit du Noyer, lequel Nous vous recommandons par ce, bien particulièrement.

Et prions Dieu, sur ce, qu'i! vous conserve longuement en sa sainte garde.

De Turin, ce 13 de mai 1620.

Le Duc de Savoie,

C. EMMANUEL.

-2- (cf : note 517 ; lettre 1659 et lettre précédente)

Tres Reverend, tres cher, bien amé, feal Conseiller et devot Orateur,

Le Secrestain du prieuré de Contamine vous aurà remis une nostre touchant la prebande que Nous avions cy devant accordée sur ledit prieuré a du Noyer son neveu. Sur quoy neantmoins Nous vous repliquons de ne mouvoir chose aucune que premierement vous Nous ayez envoyé la dessus vostre advis, afin que Nous puissions estre mieux esclaircy de ce qui se debvrà bonnement fere sur ce suject. Atant, prions Dieu qu'il vous conserve en sa sainte garde.

De Turin, ce 24 de may 1620.

Le Duc de Savoye,

C. EMANUEL .

CROTTI.

A l'Evesque de Geneve.

A Tres Reverend Pere, tres cher, bien amé, feal et devot Orateur, L'Evesque de Geneve.

Revu sur l'original inédit, conservé aux Archives communales d'Annecy (Série GG, Fonds du Collège Chappuisien, 217).

II

LETTRES & PIèCES DIVERSES A. LETTRE DU CHANOINE JEAN-FRANçOIS DE SALES A M. BARTHéLEMY FLOCARD

Monsieur,

(note 21) Vous aures, ce croy je, receu la response a celle que vous pristes la peine de m'escrire dernierement; maintenant je la fais a celle que François m'a apportee, par laquelle je voy que, graces a Dieu, nous sommes presque a la veille de nostre depart. Monseigneur s'y resoult de tres bon cœur, et se delibere de sortir de Paris le lendemain de Nostre Dame. Il ne vous escrit pas, estant asseuré que vous vous contenteres de luy pour ce coup s'il vous salue de tout son cœur par nostre entremise, estant occupé aupres de cette bonne dame, qui l'a tout a fait guery ; de quoy je benis Nostre Seigneur, comme aussi de vostre santé, laquelle il faut conserver pour faire le voyage allegrement.

Monsieur de Royssieu nous oblige infiniment par le soin qu'il prend de noz affayres ; je luy escris, et vous luy feres tenir la lettre, sil vous plait. Je suis estonné que l'on tarde tant de nous fayre sçavoir le jour de nostre depart, et que le conducteur qui doit donner ordre pour nous fayre desloger ne vienne point. J'admire la sortie de Mr le President sans en donner advis a personne, et pense diverses choses la dessus, meilleures a dire entre nous deux qu'a les escrire. J'ay receu les nouvelles du gentilhomme dont vous me parlies par la vostre precedente, et j'ay tres bien opiné du succes de ses affayres . Sy vous voyes la damoyselle, je vous conjure de me tenir fort en sa bonne grace et de l'asseurer que nous serons lundy a Paris, Monsieur l'Evesque estant arresté pour sacrer Dimanche le grand autel de ceans, chose qui ne se doit fayre qu'en jour de feste (L8, note 961).

Je meurs d'envie de luy parler. Je connois de vue celuy qui le poursuit, lequel, avec toutes les bonnes qualités que vous luy donnes, est de tres mauvaise mine.

J'admire les nouvelles que vous nous dites de Savoye, mais plus la premiere que la derniere, du sieur Bonfilz (L7, note 502)nous en parlerons a loysir.

Monseigneur le Reverendissime a esté grandement affligé du malheur des Cordeliers ; il faut advertir nos gentz que l'on soit fort sur sa garde et que l'on se mesle le moins que l'on pourra.

Nous serons seulement a Paris lundy, ancore pour le soir. Je vous bayse les mains et suis de tout mon cœur, Monsieur, Vostre tres humble et tres affectionné serviteur, J. FRANçs DE SALES.

A Maubuisson , le xxx aoust 1619.

A Monsieur Monsieur Flocard, Conseiller de S. A. et Collateral au Conseil de Genevois.

Revu sur l'Autographe inédit, conservé à la Visitation de Chambéry.

B BREVET DE CHARLES-EMMANUEL Ier DUC DE SAVOIE POUR LA COADJUTORERIE DE JEAN-FRANçOIS DE SALES

(note 236) CHARLES EMANUEL, par la grace de Dieu Duc de Savoye, Chablais, Aouste et Genevois, Prince et Vicaire perpetuel du Sainct Empire Romain, Marquis en Italie, Prince de Piemont, Marquis de Saluces, Conte de Geneve, Nice, Ast et Tendes, Baron de Vaux et Foucigny, Seigneur de Verceil, du Marquisat de Ceve, Oneille, Marro, etc. Dautant que l'Evesché de Geneve est de tres grand poidz et tire appres soy beaucoup de soing et de travail, tant pour la grande estendue de sa diocese que la voysinance de l'heresie de Geneve, outre les grandes fatigues que tres Reverend nostre tres cher, bien amé, feal Conseiller et devot Orateur, Messire François de Sales, moderne Evesque, faict aux predications et autres exercices spirituelz pour exciter les ames a luy commises a leur perseverance a la devotion : il Nous a semblé luy estre grandement necessaire un Coadjuteur, et que Nous ne pourrions faire nomination de personne plus digne et de plus de merite que de Reverend nostre tres cher, bien amé et feal, devot Orateur Jean François de Sales, frere dudict Evesque et premier Aulmosnier de Madame (note 263) ; lequel, pour sa . bonne vie, doctrine et autres vertuz, et pour satisfaire au desir dudict Evesque, Nous avons nommé et presenté, et par ces presentes, en vertu du droict de nomination qui Nous appertient sur ledict Evesché, nommons et presentons a Nostre Tressainct Pere le Pape, pour Coadjuteur et futeur successeur audict moderne Evesque et Evesché de Geneve, suppliant Sa Saincteté de le vouloir aggreer et luy faire expedier ses Bulles et provisions a ce necessaires, moyenant lesquelles Nous voulons qu'il soit receu, admis et maintenu en la plaine et legitime jouissance de ladicte coadjutorie, aucthoritez, prerogatives et autres choses quy en despendent, sans aucune difficulté : car ainsy Nous plait.

Donné a Thurin, ce XII febvrier 1620.

C. EMANUEL.

Ve ARGENTERO CROTTI. Pour Messire Jean François de Sales, premier Aulmosnier de Madame, lequel V. A. nomme et presente pour Coadjuteur et futeur successeur au moderne Evesque et Evesché de Geneve.

Gratis. ARGENTERO.

Revu sur l'original inédit, conservé à la Visitation d'Annecy.

C LETTRE DE CHRISTINE DE FRANCE PRINCESSE DE PIéMONT AU CARDINAL SCIPlON CAFFARELLI-BORGHESE

Monsieur mon Cousin,

(note 312) Ayant pleu a Son Altesse d'accorder a ma consideration a Monsieur de Boissy, mon premier Aumosnier, la coadjustorerie de l'Evesché de Geneve, et ayant recognu le soin et l'affection qu'il a a mon service, J'ay pensé qu'estant particulierement informée de ses vertus et merites, que vous auries agreable que Je vous rendisse ces tesmoignages de ses louables et estimables qualités, affin de faciliter ses expeditions. Mais parce que J'ay donné charge a l'Abbé Scaglia (L7,note 514) de vous en faire de tres particulieres instances de ma part, Je vous prieray d'adjouster creance a ce qu'il vous dira, desirant recevoir sur ce sujet des effetz de la continuation de vostre bonne volonté, dont Je vous prie de tout mon cœur. Ce pendant, Je vous asseureray que Je cheriray tous jours avec passion les occasions qui vous pourront faire cognoistre que Je suis entierement, Monsieur mon Cousin,

Vostre tres affectionée cousine,

CHRESTIENNE.

Turin, ce premier mars 1620.

A Monsieur le Cardinal Bourgueze,

mon Cousin.

Revu sur l'original inédit, conservé à Rome, Archives Vaticanes (Borghese II, 83, p. 208).

D LETTRES DE VICTOR-AMéDéE PRINCE DE PIéMONT A L'ABBé PHILIBERT- ALEXANDRE SCAG LIA (L7, note 514)

-1- Turin 19 mars 1620 En Italien - Non numérisée -2- Mai 1620 En Italien -Non numérisée

E LETTRES DE L'ABBE PHILIBERT-ALEXANDRE SCAGLIA (note 792)

-1- Au Duc de Savoie Rome 4 avril 1620 En Italien - Non numérisée -2- Au Prince de Piémont Rome 18 juillet 1620 En Italien - Non numérisée

F LETTRE DU CARDINAL PIERRE ALDOBRANDINI AU PRINCE DE PIEMONT 18juillet 1620 (En italien- non numérisé)

III LA FONDATION DU MONASTèRE DE LA VISITATION DE NEVERS HUITIèME DE L'ORDRE (note 555)

Le Monastère de Moulins était établi depuis trois ans (1616) (L7, note 635), et la renommée de sa ferveur se répandait dans les provinces voisines, attirant les âmes désireuses de se donner à Dieu. Deux jeunes filles de Nevers souhaitèrent d'y être reçues ; leur père,

M. Bonsidat, honnête bourgeois fort considéré pour son mérite et sa probité (note 739), voulut les présenter lui-même à la Mère Jeanne-Charlotte de Bréchard. En route, les voyageurs rencontrèrent le baron de Lange; informé de leur dessein: " Il y a quelque chose de mieux à faire," leur dit-il. Et il expose le projet d'une fondation de la Visitation à Nevers même ; les dots des demoiselles Bonsidat en feraient les premières avances, et, pour lui, il se chargeait d'obtenir les permissions nécessaires de l'Evêque, Mgr Eustache de Saint-Phal (note 854), et de Charles de Gonzague-Clèves, suzerain du Nivernais. La proposition fut goûtée ; M. Bonsidat en fit part à la Supérieure de Moulins. Celle-ci, de l'avis des Fondateurs, l'agréa, et bientôt les deux sœurs venaient commencer auprès d'elle leur noviciat.

Mme du Tertre (note 213) eut vent de ce qui se passait. Manœuvrant par dessous main, elle donna promesse en bonne forme de trente mille francs à M. Bonsidat, avec facilité d'en toucher le tiers sans retard ; elle se constituait ainsi fondatrice temporelle d'une Maison dont - elle n'en doutait pas - la Mère de Bréchard serait la pierre fondamentale. Telle n'était pas pourtant la décision prise ; le Monastère de Moulins avait encore besoin de sa vénérée fondatrice ; il fut donc résolu que la Supérieure de Nevers viendrait d'Annecy avec les Sœurs destinées à Paris et à Orléans (note 583). Grande déception pour la jeune veuve ! Elle déclare alors son dessein de se " dédier " à 'Dieu " avec tous " ses " biens en la Maison qui s'établira….à Nevers, mais à la charge toutefois que " la " très chère Sœur Jeanne-Charlotte y sera toujours " sa " Mère . " Cela fit réfléchir. La Mère de Chantal savait de quels ménagements il fallait user avec une âme qu'on voulait sauver à tout prix ; elle connaissait d'ailleurs l'incomparable condescendance de François de Sales, et, sans craindre de trop l'engager, elle écrit à Mme du Tertre le 24 mars 1620 : " Ne doutez point que notre bon Père ne vous concède votre désir selon toute l'étendue de son pouvoir, qui est toujours de plusieurs années. " Avec prudence, la Fondatrice ajoute : " Mais nous nous assurons que Dieu vous ayant confirmée en son saint amour pendant plusieurs années, vous fera aimer la conservation des Règles. "

La réponse de l'Evêque de Genève (note 400) est identique : " Que cette chere Mere soit Superieure, j'y consens sans difficulté ; mays que cela se puisse faire si absolument comme vous m'en parles, je n'en sçay pas les moyens... Mais... faites ce que Dieu vous " a inspiré pour sa gloire, et ne doutés nullement qu'il ne face pour vostre bien ce qui sera le meilleur. " Tout semblait donc devoir marcher sans obstacles désormais. Mme du Tertre ne songeait qu'à se préparer à revêtir l'habit de la Visitation ; ses parents, enchantés de sa résolution d'être Religieuse, lui faisaient pour le temporel " un bon parti , " non toutefois sans traîner en longueur les préliminaires du contrat, sans " faire des grandes assemblées de parents et de grands mystères , " qui ne plaisaient pas trop à la Mère de Chantal. De son côté, la prétendante réclamait des exemptions et privilèges qu'il était difficile de spécifier " par le menu, " comme elle le voulait . Grâce à l'inlassable charité des deux Saints, on finit par s'entendre : en juin, les pièces furent signées à Paris et à Moulins.

A Nevers, les permissions étaient obtenues. François de Sales avait écrit à Mgr de Saint-Phal (note 628) qui, " pour le respect qu'il pourtoit a la rare vertu et saincteté " du Serviteur de Dieu, donna franchement son autorisation. " Madame, " dit-il dans sa lettre à la Mère de Bréchard, " je viens de signer la permission que vous avez desiree de moy pour vostre establissement en cette ville, avec autant d'affection qu'affaire que j'aye signé de ma vie. L'on vous porte avec icelle le tesmoignage de la bonne volonté de Messieurs de Nevers en vostre endroit. " Le duc Charles de Gonzague, non seulement accorda toute liberté pour la fondation, mais il en montra beaucoup de satisfaction, à cause de " l'estime qu'il faisoit " du saint Evêque de Genève . M.

Bonsidat, avec les dix mille livres de Mme du Tertre, et trois mille avancées par le Monastère de Moulins, achetait, au mois de juin, des maisons et jardins, faisait faire les réparations nécessaires pour recevoir les Religieuses.

Ce fut alors que s'éleva un terrible orage. Quand on sut à Moulins ce qui se préparait pour Nevers, il y eut une clameur générale. Le gouverneur et la gouvernante - M. et Mme de Saint-Géran (notes 559,692) -, le ; trésorier de Palierne (note700), s'en mêlèrent. Ils écrivirent à l'Evêque de Genève, protestant qu'ils ne laisseraient jamais sortir de la ville ni la Mère de Bréchard, ni Mme du Tertre. L'estime universelle vouée à la première, la convoitise des biens de la seconde qu'on voulait conserver à la Maison de Moulins, excitaient ces troubles et provoquaient ces démarches.

François de Sales, si éloigné des considérations humaines et des questions d'intérêt, ne comprenait pas bien qu'on pût " attribuer a injustice la sortie d'une personne d'un lieu ou elle n'estait pas obligee de demeurer, ni la translation d'un'autre, pourveu qu'elle laissat en sa place une personne qui luy succedat avec suffisante capacité d'exercer sa charge (note 701).

" Il envoya, en juillet, la Sœur Paule-Jéronyme de Monthoux (note 853) pour remplacer à Moulins la Mère de Bréchard, avec la Sœur Françoise-Jacqueline de Musy pour compagne (note 694). Leur arrivée ne fit qu'envenimer les choses. On enferma même pendant dix jours la jeune veuve au château de la Ville pour l'empêcher de partir. Peut-être ces arrêts n'étaient-ils pas tout à fait contre le gré de la prisonnière !

– " J'eusse grandement souhaité qu'elle n'eût bougé de notre maison, " écrivait la Sainte à M. de Palierne , " assuré que l'on doit être que c'est un lieu où l'on ne force personne ; mais bien, puisque Dieu a permis cela, patience ! Nous vous supplions toutefois que, puisqu'elle est résolue de continuer sa bonne volonté, elle y retourne au plus tôt. "

La Mère de Bréchard ne savait quel parti prendre. Sa parole était donnée à l'Evêque de Nevers pour aller elle-même commencer la fondation ; son Supérieur, l'Evêque de Genève, l'avait désignée pour cela. Elle écrivit à Annecy; nous avons plusieurs lettres du Saint en réponse à cette communication (lettres 1682,1684,1685).

M. Michel Favre, qui conduisait la Mère de la Roche et ses compagnes en France (note 654), en parla à Paris ; la Mère de Chantal prit aussitôt la plume : " J'ai appris par l'aumônier de Monseigneur de Genève, " dit-elle, " ce qui se passe à Moulins contre le dessein de la fondation de l'une de nos Maisons à Nevers. Vrai Dieu !... que ces soulèvements ont touché mon cœur ! " Et mettant le doigt sur la plaie : " Quoi ! il n'est question que d'argent ! Et qu'est-ce que cela ? Si Mme du Tertre en veut plus donner à Moulins qu'à Nevers, au nom de Dieu soit-il ! cela nous est indifférent ; nous chérissons nos Maisons également, et la chère dame sait bien que c'est son pur mouvement qui l'avait portée à Nevers. Si maintenant elle est persuadée par d'autres raisons et inclinations, qu'elle les suive ; mais je vous supplie que ce soit en sorte qu'il ne s'ensuive point de brouillerie ni de procès ."

Le nœud de l'affaire, en effet, c'étaient ces trente mille francs promis, dont dix mille avaient déjà été dépensés.

Les amis du Monastère de Moulins, par un zèle qui n'avait rien de désintéressé, n'entendaient pas qu'on portât ailleurs ces ressources, et Mme du Tertre écoutait volontiers de tels conseillers. " Quand les intérêts particuliers se fourrent parmi nos affaires, " continuait la Mère de Chantal, " ils nous font bien souffrir ! " S'adressant à Mme du Tertre elle-même : " Eh bien ! " écrit-elle, " vous avez ouï et reçu des raisons et persuasions qui vous ont été faites pour demeurer à Moulins. J'en serais consolée si tout se fût passé paisiblement ; car, quel intérêt en tout cela ?.. L'une des Maisons nous est chère comme l'autre, et nous ne demandons, sur toutes choses, que la paix pour vivre tranquillement en nos petites observances. C'est pourquoi, ma très chère Fille, je vous conjure que, pour éviter les maux et embarrassements que je prévois, vous laissiez à la Maison de Nevers ce que vous lui avez déjà donné irrévocablement, et ce que vous ne pouvez lui ôter sans faire soulever de grandes mutineries en ce lieu-là: chose qui nous serait insupportable et nous ferait tout quitter... Il restera assez à Moulins, et la Supérieure que Monseigneur de Genève a envoyée vous donnera pleine satisfaction, n'en doutez point. " La solution indiquée par la Sainte était conforme, pour le partage des biens, à celle que donna quelques jours plus tard François de Sales (lettre 1682) : que Mme du Tertre demeure à Moulins avec ses vingt mille francs, et que les dix mille autres, déjà employés, appartiennent à la Maison de Nevers. Restait à décider le choix de la Supérieure fondatrice de Nevers. L'avis de la Mère de Chantal était que les obédiences fussent suivies ; le Saint inclinait aussi pour ce parti. Mais si la future Sœur Marie-Aimée de Morville avait renoncé à son premier projet, c'était surtout parce que, voyant les oppositions de la Ville, elle croyait que la Mère de Bréchard demeurerait en Bourbonnais. Elle pousse à la roue et travaille si bien pour arriver à ses fins, qu'une seconde fois la condescendance des saints Fondateurs surnage au-dessus de toutes les difficultés ; l'échange des obédiences est autorisé, mais l'Evêque de Genève demande cependant pour la Mère de Bréchard un séjour " d'un mois ou deux " à Nevers (note 691), afin d'aider à l'installation. Quand sa lettre, datée du 26 juillet, arriva, la question était déjà tranchée.

Il avait fallu précipiter les événements; sur le conseil du R. P. Foissey, Recteur des Jésuites, et du Supérieur du Monastère de Moulins , la Mère Paule-Jéronyme était partie secrètement pour Nevers, avec les Sœurs Marie-Hélène de Chastellux (note 859), Françoise-Jacqueline de Musy, Marie-Péronne de Gerbais, Marie-Marthe Bachelier et Jeanne-Elisabeth Brugerat. Elles arrivèrent le soir du 22 juillet ; le lendemain, l'Evêque fit la cérémonie de l'établissement et donna l'habit à une des filles de M. Bonsidat et à une nièce de M. de Lange ; le P. Lallemant (note 109)

prêcha.

Les deux Mères de Bréchard et de Monthoux payèrent cher leur abnégation. La première, blâmée par ceux de Nevers comme leur ayant manqué de parole, se voyait à Moulins en butte aux calomnies : on lui attribuait faussement " le dessein premier de Mme du Tertre ; " on l'accusait d'avoir eu " de grandes passions pour aller à Nevers " et de s'être montrée " trop inflexible et sensible sur la rupture de ce dessein ; " des esprits " plus curieux que charitables " allaient plus loin, et semaient contre la vénérable Mère les bruits les plus injustes (note 743).

La seconde, qu'on n'attendait pas à Nevers, fut accueillie très froidement par Messieurs de la Ville. "Elle leur parut si jeune qu'ils disaient hautement qu'on leur avait envoyé une enfant pour être Supérieure de ce nouvel établissement ; ils lui demandaient son âge et combien il y avait qu'elle était Religieuse, et plusieurs choses de cette nature qui marquaient le peu de succès qu'ils se promettaient de sa conduite" .

L'une et l'autre eurent une vertu plus forte que les épreuves. François de Sales conseille à la Mère de Bréchard (note 693) de relire le " chapitre De la Patience, de Philothee. " A la Mère de Monthoux, : la Sainte répète : " Mon Dieu, ma très chère Fille, pourquoi vous étonnez-vous de toutes les petites contradictions ? N'en ayez pas la moindre émotion du monde. Nous sommes à Dieu, rien ne nous arrivera que selon son bon plaisir. Eh bien ! quand l'on nous renverrait d'où nous sommes venues, s'en faudrait-il troubler ? Nullement, ma Fille. Faites donc en paix vos petites affaires, et ne vous troublez de rien, quand tout renverserait. "

C'est que tout, en effet, était prêt de renverser. Les protecteurs du Monastère de Moulins, non contents de la somme qu'on lui abandonnait, réclamaient encore les dix mille francs qui avaient été livrés et employés à Nevers. Ceux de Nevers, l'Evêque en tête, invoquant la promesse authentique de Mme du Tertre, demandaient le total des dix mille écus. Personne ne voulait céder, et l'affaire menaçait d'être portée devant la justice. Le Saint, averti plutôt que consulté par la dame bienfaitrice, déclare que son vœu subsiste (note 738) ; et la Mère de Chantal multiplie ses lettres pour parer le coup qu'elle redoute : " II faut, s'il vous plaît, contenter Monseigneur de Genève et le croire, " écrit-elle à Mme du Tertre , " car pour nous, nous ne voulons avoir ni débat, ni procès; nous quitterions plutôt cent fois autant que ce que vous donnez, estimant incomparablement davantage la paix avec la sainte pauvreté, que tous les biens du monde et le moindre trouble... Or sus donc,... qu'il ne se parle plus de tout cela, s'il vous plaît, puisque vous avez le sentiment de Monseigneur de Genève et son avis ; car nos pauvres Sœurs des deux Maisons sont affligées d'entendre parler de choses qu'elles n'ont pas accoutumé d'ouïr. " Et quatre jours après, elle expose les choses avec sa logique et sa clarté ordinaires à

M. de Palierne, soutient le conseil donné par le Saint, supplie d'accepter ce moyen terme, et conclut : " Si après toutes ces raisons et prières très humbles, Mme du Tertre et ceux de Moulins veulent agir contre ceux de Nevers, qu'elle fasse ce qu'il lui plaira; mais pour nous, nous n'attaquerons ni ne nous défendrons. A Dieu ne plaise que nous le fassions ! Monseigneur de Genève m'avouera; et plutôt, je m'assure, l'on quitterait tout d'une part et d'autre. " Les deux Supérieures de Moulins et de Nevers apaisèrent elles- mêmes leurs amis, et les amenèrent à acquiescer aux décisions de l'Evêque de Genève et de la Mère de Chantal. Mme du Tertre, devenue au mois d'août Sœur Marie-Aimée de Morville, écrivait enfin, vers le 9 novembre, " une lettre toute d'or " à saint François de Sales (note 889), annonçant qu'elle laissait absolument à Nevers ces dix mille francs, objet de tant de contestations. La Maison de Nevers paya même à celle de Moulins la rente des mille écus qui lui avaient été par elle avancés, jusqu'à ce qu'elle pût rembourser le capital. On verra, dans la suite de la correspondance, le Fondateur s'employer avec zèle pour enlever à ses Filles toute ombre de propre intérêt, et protester avec énergie qu'il préférait à un avantage temporel, quel qu'il fût, la parfaite union fraternelle. Ses leçons furent comprises, et les Mères de Bréchard et de Monthoux se montrèrent dignes de leur Père et prêtes à tous les sacrifices.

D.S.B.

GLOSSAIRE DES LOCUTIONS ET DES MOTS SURANNéS OU PRIS DANS UNE ACCEPTION INUSITéE AUJOURD'HUI (L'astérisque désigne les mots qui ont paru dans le Glossaire des tomes précédents.)

A - pour dans, dans la, de, en, pour, selon A BEAUCOUP DE FAVEUR - comme une grande faveur A BONHEUR - comme un bonheur * ACCOISER (s') - s'apaiser, se tranquilliser . * ACCOMMODé - pour pourvu * ACCOMMODER - pour arranger, pourvoir, pourvoir à * ACCOYSEMENT - apaisement * ACCOYSER - apaiser, calmer lat. ACQUIESCERE. ACCREUëS (estre) - pour avoir crû. A CE - pour le * ACTION - pour cérémonie, fonction ecclésiastique, manière d'agir * A DIRE (les) - ce qu'il y a à dire, les objections * ADVANTAGE, AVANTAGE (a l')- pour d'avance, à l'avance *ADVENTURES - pour manière de vivre *AFFECTION - pour désir *AFFECTIONNé - pour ardent, instant *AFFECTIONNEMENT - affectueusement, avec affection * AFFECTIONNER - pour avoir à cœur, désirer ardemment AFFECTIONS - pour sentiments d'affection, de dévouement AHURTEMENT - aheurtement AHURTER (s') - se contrecarrer, se disputer * AINS - au contraire, de plus, et même, mais, même. * AINSY QUE - pour au moment où, comme * ALANGOURI -languissant, rendu languissant * ALLENTIR - modérer, ralentir AMASSEES - pour réunies A MESME DE CE QUE – autant que * AMIABLE - aimable * AMIABLEMENT - aimablement, doucement *A PEU QUE - peu s'en faut * APPAREIL - pour costume, extérieur * APPREHENSION - ponr manière de voir, persuasion APPRIS (estre) - pour être instruit APPUYER - pour aider, servir d'appui à, soutenir. * ARRESTER - pour demeurer ASSEURANCE - pour sûreté, fermeté, constance ASSEURANCE DE PARTI - assurance au sujet d'une charge * ASSEURé - pour sûr, fidèle, dont on peut être sûr * ASSEUREMENT - pour d'une façon sûre, avec assurance, sans hésitation , véritablement, sûrement * ASSEURER - pour affermir * ASSEURER (s') - pour avoir confiance, être persuadé, être sûr, se persuader * ATANT - là-dessus * ATTACHé - pour occupé fortement * AU - pour dans le * AUCUNEMENT - pour quelque peu, tant soit peu * AUPARAVANT-pour avant * AUQUEL - pour avec lequel, dans lequel, où * AUTANT - pour aussi * AVANT QUE DE - avant de * AVENTURE (a l') - pour peut-être * AVETTE - abeille AVOIR A PLAYSIR - avoir pour agréable * BAILLER - donner * BANDER - pour appliquer fortement, tenir attentif * BELLEMENT (tout) - tout doucement, tranquillement, avec calme * BENITE - pour bénie * BIEN - pour avantage, plaisir, bonheur * BIGEARRE, BIGEARRERIE - bizarre, bizarrerie * BONNEMENT - pour vraiment, facilement * BRIEFVE - pour prompte BRONCHARD - sujet à broncher, à faillir CALAMITE - nom donné autrefois à l'aimant * CARESSE, CARESSES - pour accueil bienveillant, démonstrations d'amitié * CARESSER - pour traiter avec bienveillance, faire bon accueil * CARMELINE - Carmélite. CARMELITE - pour Carme * CE-pour cela * CEANS - ici * CE PENDANT, CEPENDANT pour en attendant, pendant ce temps * CE QUE - pour en ce que CE QUE C'EST DE L'ESPRIT - les choses spirituelles CEREMONIALE - qui regarde les cérémonies CHAGRIN - pour esprit chagrin * CHAMS (aux, es) - pour à la campagne CHANGé (s'estre) - pour avoir changé, s'être transformé * CHAUT (il ne m'en) - il ne m'importe ; indicatif présent de l'ancien verbe chaloir. * CHEF (a) - à bout * CHEVIR - venir à bout * CLAUSURE - du lat. CLAUSURA, clôture. * COGITATION - du lat. COGITATIO, pensée, dessein * COL - pour cou * COLLOQUER - du lat. COLLOCARE, placer * COMBIEN QUE - bien que, quoique * COMME - pour comment, de ce que, que COMME SEULEMENT - pour seulement pour ainsi dire * COMMODITé, COMMODITéS pour occasion favorable, facilité, succès, réussite, biens, richesses * COMMUNIER (se) - pour communier COMMUNIQUER (en) - pour en parler COMPLAYSANS - pour sentiments de complaisance * CONCURRIR - du lat. CONCURRERE, concourir, contribuer * CONDITIONNé - pour pourvu des qualités requises CONDOLEANCE- pour compassion, commisération CONDUITTE -pour manière de gouverner, direction CONILLé - participe passé de l'ancien verbe conniller, user de subterfuges * CONJUNCTION -du lat. CONJUNCTIO, union CONNOISSABLE - facile à reconnaître * CONSIDERABLE - pour digne d'attention, de considération , à considérer CONSPIRATION - pour entente CONSTITUS - constitut, contrat de droit romain qui obligeait au payement d'une somme d'argent * CONTE, COMTE - pour compte. * CONTé - pour compté * CONTESTE - pour lutte, contradiction CONTOURNé A - pour incliné à, tourné vers * CONTRAIRE (au) - pour à l'encontre, le contraire CONTRARIANT - pour contraire, opposé, répugnant CONTRECHANGE - compensation, échange * CONTRECHANGé – compensé . * CONTREROLLé - contrôlé * CONTRIBUER - pour aider de, aider par, ajout, apporter, donner, donner pour, faire pour sa part * CONVERSATION - pour société, compagnie * COPIE - pour exemplaire CORRIVAL - rival * COULPE - du lat. CULPA, culpabilité, faute COURAGE PRETENDANT – pour ambition * CREANCE-pour assurance CURIEUSEMENT - pour avec affectation, subtilement DAMOYSELLE (voir MADAMOYSELLE) - appellation usitée jadis à l'égard de toute femme mariée qui n'était pas noble, ou qui, étant noble, n'était pas titrée * DANS - pour à, sur, vers DANS DEUX JOURS - pour deux jours après * DE - pour à, dans, en, explétif * DEçA (de) - d'ici, de ce pays * DEçA LES (de) - de ce côté-ci des DECEU - pour trompé * DEDANS - pour dans DEFORMITé - du lat. DEFORMITAS, difformité * DELA (de)-de cette région, près de vous, de votre côté, là-bas, qui sont près de vous DEPARTEMENT DE PLAT - distribution, répartition de vivres, d'aliments * DEPESCHE, DESPECHE - pour pièce, expédition, réponse * DEPESCHER - pour congédier,renvoyer avec des messages * DES - pour depuis . DES-AYMER - cesser d'aimer * DESCHAUX - déchaussé, sans chaussure DESCHEü - pour affaissé DESCRI - état de ce qui est décrié DESENGOURDI-dégourdi * DESFIANCE - pour crainte * DESHONNESTE - pour malséant * DES ICY - d'ici, de ce lieu * DES IL Y A -depuis. DESPITER - pour se dépiter DESPLAIRE (en) - pour déplaire * DESPROUVEU -dépourvu DESROMPU - rompu à, accoutumé * DESSEIGNé - projeté * DESSOUS - pour sous DESVOYEMENT - état de ce qui est dévoyé * DEVANT - pour avant, auparavant, ci-devant * DILATER - du lat. DILATARE, étendre * DIVERTIR - du lat. DIVERTERE, détourner, distraire, empêcher * DORES-EN-AVANT - dorénavant * DOULOIR (se) - se plaindre * DOUTER- du lat. DUBITARE, craindre, redouter * DRESSER - pour diriger,établir, fonder * DU - pour au * DU DESPUIS - depuis, depuis lors * DU TOUT - pour absolument, entièrement, tout à fait * EMINENT - pour imminent * EMMI - entre, au milieu de * EMPLOITE, EMPLOYTE - emploi * EN - pour à, de, sur, sur la * EN çA - Jusqu'à présent, Jusqu'ici Cf. l'ital. IN QUA. * ENCOR (pour) - pour le moment ENDOMMAGER - pour causer du dommage à * ENDROIT (en cest) - pour en cela, en cette circonstance ENFERMEMENT - réduction en clôture EN HAUT (d')-pour de haut. * EN LIEU - pour au lieu, à la place * ENSEMBLEMENT - ensemble ENSUIVRE (s'en) - s'ensuivre ENTENDRE EN - pour entendre * ENTRE CI ET..., ENTRE CI ET LA- d'ici à, d'ici là * ENTRETENEMENT -entretien * ENVERS - pour auprès de * ENVIELLI, ENVIELLY - vieilli, devenu vieux ESCIENT (a bon) - pour de la bonne façon ESCLARCIR (s') - pour s'expliquer ESCLARCIR DES - pour éclaircir sur les * ESLARGIR- pour s'étendre ,se répandre largement Du lat.ELARGIRI. * ESSAYER (s') - pour essayer * ESTABLERIE - étable * ESTABLIR - du lat. STABILIRE, rendre stable, affermir ESTABLIR (S') -pour s'affermir ESTABLISSEMENT - pour affermissement * ESTONNé - pour saisi, impressionné * ESTRE DE CROIRE - être cru * ETERNITé (a toute) - pour toute l'éternité, éternellement * ET SI - pour et de plus, et encore, et cependant * EVENEMENT - pour issue, résultat EXCEPTé (estre) - pour avoir des exceptions, des dispenses EXPLANé - aplani Du lat. EXPLANARE. FAçONNé - pour policé, qui a de bonnes manières * FAIRE - pour avoir, causer, donner. FAIRE L'HIVER - passer l'hiver * FAUTE (a) -faute, à défaut FIN MOINS (tout au) - tout au moins * GARDER - pour se garder * GRACIEUX, GRATIEUX – pour agréable, doux * GRADE - du lat. GRADUS, degré GRATIFICATION - pour agrément, bienveillance GRATIFIER - pour favoriser GRILLE - pour gril HABILITé - pour aptitude, intelligence HARDIMENT - pour avec conifiance, sans crainte * HASTIVEMENT - pour en hâte, promptement HEBDOMADAL - hebdomadaire * HUMANITé - pour faiblesse * ICY - pour ci * IMPERTINENCE - chose déplacée, hors de propos * IMPERTINENT - pour déplacé, déraisonnable, hors de propos, Négatif de pertinent (lat. PERTINENS),

à propos.

* IMPETRER - du lat. IMPETRARE, obtenir par supplications, attirer, demander IMPRESSE - impression ( INDISPOSé - pour qui manque des dispositions requises INSCRIPTION - pour suscription * INSTINCT - pour intention, sentiment * JOINTE - pour unie * JUSQUES A TANT QUE - jusqu'à ce que * LANGUIDEMENT - 1anguissamment. * LE- pour pendant le LIAYSON - pour assujettissement * MADAMOYSELLE (voir DAMOYSELLE) - * MAL EN POINT - en mauvais état * MANQUEMENT - pour défaut, privation, faute, faiblesse, manque MARQUER - pour désigne, * MARRI, MARRY - fâché, peiné MEILLEUR - pour plus facile MESCROIRE - croire à de mauvaises intentions, se défier MESDIRE - pour médisance * MESHUY - désormais, maintenant * MESME-pour d'autant plus * MESNAGE - pour économie * MESNAGER - pour choisir, hésiter * MEUBLE - pour objet MEURETé – maturité * MODESTIE - pour réserve, retenue MOUVOIR (se) - pour s'émouvoir * MURMURATION - plainte, murmure MUTATION - pour changement * NOURRIR - pour élever * NUISANCE - pouvoir de nuire OBLIGEANT - pour qui oblige à la reconnaissance OBTENU (estre) - pour à obtenir OCCASION - pour raison OCCURRIR - arriver, survenir. * OFFICE (faire, faire l') - intervenir, faire ce qui est nécessaire OPINIASTRER - pour soutenir avec opiniâtreté * ORATEUR - titre que prenaient autrefois les gens d'église écrivant à des souverains ORDONNER POUR - donner des ordres pour * OR SUS - or donc, eh bien, parole d'encouragement. Cf. l'ital. ORSU. * PAR - pour pendant * PAR APRES - ensuite, dans la suite, plus tard PAR CHEMIN - pendant le voyage * PAR DELA - au-delà des monts, de votre côté, là où vous êtes * PARMI, PARMI LE - pour au milieu de, du, avec, dans, durant, pendant * PASSER (se) - pour passer. * PASSION - pour affection, attachement * PATERNISER - ressembler à son Père PEUPLé - pour fourni, touffu PIECE - pour raison * PLUS - pour le plus * POINT - pour ne point, peut-être POINT DE - pour aucune * PORTION - pour partie * POUR - pour sur le point de POUR UN PEU - un peu POUR VOIR - pour en voyant, pace que je vois * PRAEPARATOIRE - pour préparation * PREFIGER - du lat. PRAEFIGERE, fixer d'avance PRENDRE CREANCE - croire PRETENTION (estre en) - espérer, prétendre * PRINS - participe passé du verbe prendre * PROPOSITION - pour propos, résolution * PROSPERER - pour faire prospérer * PROU - assez, beaucoup, bien * PROUVOIR - du lat. PROVIDERE, pourvoir * QUAND-pour quant. * QUANT ET QUAND, QUANT ET QUANT - en même temps * QUANT ET SOY -avec soi QUARTIER - pour pays * QUE - pour au bout desquels, après lesquels, ce que, de ce que * QUE C'EST QUE - pour ce que c'est, ce que QUE D'AVOIR (ne pourront) – ne pourront moins faire que d'avoir * QUE L'ORDINAIRE - pour qu'à l'ordinaire * QUI - pour ce qui, celui qui * RAFFRAICHIR - pour rappeler,renouveler * RAMENTEVOIR - faire ressouvenir * RECHARGE -pour renouvellement,nouvelle instance * RECIT - pour parole, enseignement RECOMPENSER - pour dédommager * REFORMATION - du lat. REFORMATIO, réforme REFORMé (tout) - dont la conduite n'a pas besoin de réforme * REGARD (pour ce) - pour à cet égard, pour ce sujet * RELIGION - pour état religieux, vie religieuse, Ordre religieux * REMONSTRé - pour exposé. * RENCONTRE (au) - à la rencontre RENOUVELLEMENT - pour rénovation * REPLIQUER - du lat. REPLICARE, répéter. * RESALüER - pour saluer * RESERVEMENT - avec réserve RESIGNATION - pour abandon RESIGNER-pour soumettre * RESSENTIMENT - pour action de ressentir, sentiment * RETIREMENT - recouvrement * REUSCIR - pour devenir, résulter, sortir, triompher * REUSCIR (en) - pour en venir à bout, en revenir * REVA (s'en) - s'en retourne RIEN PLUS (que) - qu'il ne se peut mieux, qu'il ne se peut davantage RIEN QUE SOIT - rien que ce soit RUDE - pour inculte, grossier * SCRUPULE - pour doute. * SEMONDRE - inviter, solliciter * SENTIMENT - pour peine SENTIR (se) - pour se ressentir * SI - pour cependant, toutefois * SI EST-CE QUE - pour cependant, toutefois, il n'en est pas moins vrai que, néanmoins * SI FAUT -locution affirmative SI FAUT IL - oui vraiment, il faut * SI MOINS - sinon * SOIGNEUX - pour en souci, soucieux * SOUDAINEMENT - pour promptement * SOUVENANCE - souvenir, mémoire * SOUVENTESFOIS - souvent, maintes fois * SPIRACLE - du lat. SPIRACULUM, souffle * SUFFISANCE - du lat. SUFFICENTlA, capacité intellectuelle * SUITE - pour action de poursuivre,continuation SUJETTE AU CHŒUR (se rendre) - s'assujettir aux exercices du chœur * SUPPORT - pour soutien, appui * SUR- pour au sujet de, d'après, suivant, devant SUR LE - pour à l'occasion du * SUS - ci-dessus * TANDIS - pour en attendant * TANT PLUS - d'autant plus * TENDRE - pour douillet, sensible, touché sensiblement * TENDRETé - du lat. TENERITAS, tendresse, douilletterie TERME (demander) - demander un délai * TIERCEMENT - troisièmement * TOUT A COUP - pour tout à la fois * TOUT AINSY QUE - comme TOUT FIN NUD - sans vêtements suffisants * TOUT MAINTENANT - à l'instant * TRAIT - pour action, coup. TRANSMUER (un dessein) – pour changer * TRAVAIL - pour peine, souffrance TRAVERSER - pour contrarier * TREILLE - pour grille. TREMOUSSé (estre) - être violemment agité * TRICHERIE - occupation de peu d'importance, bagatelle * TROP PLUS-extrêmement VEILLANTE - pour veillant, qui veille VESTU (estre) - pour avoir l'habit religieux . * VIEL - pour vieux * VISITATION - du lat. VlSITATIO, . visite * VOYREMENT - effectivement

INDEX DES CORRESPONDANTS ET DES PRINCIPALES NOTES BIOGRAPHIQUES ET HISTORIQUES DE CE VOLUME

ACARIE. Voir GENEVIèVE DE SAINT-BERNARD, MARGUERITE DU SAINT-SACREMENT, MARIE DE JéSUS. ACARIE Jean………………………………………………………………………………………..821 ACARIE Pierre ………………………………………………………………………………………821 AGNéS DE JéSUS (des Lions de Theuville), Carmélite …………………………………………...485 ALBY Louis (d'), Cistercien. Voir SONNAZ. ALDOBRANDINI Pierre *, Cardinal ………………………………………………………………1000 ALéE François de l' ………………………………………………………………………………….342 ALéE François (de l'), seigneur de Songy …………………………………………………………..344 ALEE Louis (de l'). Voir TOURNETTE. AMBASSADEURS. Voir COEUVRES et SCAGLIA. AMELOT Charles …………………………………………………………………………………...643 AMELOT Jeanne-Catherine de Creil (dame )………………………………………………………143 ANDELOT Antoine d' ………………………………………………………………………………353 ANDELOT Claude d' ………………………………………………………………………………..353 ANDELOT Louis d' ……………………………………....................................................................353 ANDILLY (Saint François de Sales à ) ………………………………………………………………29 ANDILLY Robert Arnauld (seigneur d' )……………………………………………………………51 ANNECY. Voir COLONEL, CONSEIL DE VILLE, NOTRE-DAME DE LIESSE, VISITATION ANSELME de Riom, Capucin ……………………………………………………………………..675 ANTONIOTTI Antoine, Jésuite. Voir INTRODUCTION A LA VIE DéVOTE. …………………………..760 ARGENSON Félicien de Baffin (seigneur d') Voir BOFFIN ………………………………………..616 ARGENTERO ou ARGENTIER Charles, Evêque de Mondovi …………………………………..194 ARGENTERO ou ARGENTIER Georges………………………………………………………….512 ARGENTERO ou ARGENTIER Philibert ………………………………………………………...512 ARNAULD Angélique, Abbesse de Port-Royal. Voir ESTRéES…….1542, 1546, 1554, ………………………………………………………1564,1579,1592, 1604, 1646, 1674, 38, 52, 272. ARNAULD Anne (Anne-Eugénie de l'Incarnation, Religieuse de Port-Royal)…………………….33 ARNAULD Anne de Saint-Paul, Religieuse de Port-Royal ………………………………………..70 ARNAULD Antoine ………………………………………………………………………………...72 ARNAULD Catherine-Agnès de Saint-Paul, Religieuse de Port-Royal…………………………….53 ARNAULD Catherine Marion, dame (Catherine de Sainte-Félicité, Religieuse de Port-Royal)……69 ARNAULD Henri …………………………………………………………………………………..279 ARNAULD Marie (Marie de Sainte-Claire, Religieuse de Port-Royal ……………………………..32 ARNAULD Simon. …………………………………………………………………………………286 ARNAULD D'ANDILLY François …………………………………………………………………64 ARNAULD D'ANDILLY Robert. Voir ANDILLY. ARSENEY Anne-Marie, Religieuse de la Visitation ……………………………………………...602 AUGUSTINS DéCHAUSSéS …………………………………………………………………….257 AULPS (abbaye et Abbé d' )……………………………………………………………………….783 BALLON Gaspard Perrucard (de), Abbé de Chézery. Voir CHéZERY ………………………………183 BALLON Gasparde (de ) Religieuse de l'abbaye de Sainte-Catherine …………………………….846 BALLON Louise (de), Religieuse de l'abbaye de Sainte-Catherine ……………………………….979 BALLON Melchior Perrucard (de), seigneur de Léaz. Voir LéAZ. BALLON Pierre Perrucard (seigneur de Cusinens et de). Voir CHARMOISY ……………………….354 BALLY Charles ……………………………………………………………………………………982 BARNABITES. Voir BOERIO, FAULDRIER, GUéRIN, POSCOLONNA, SALES ………………………529,1641 BARNABITES à Beaune. Voir BEAUNE. BAUDRY (Baudri) François ………………………………………………………………………511 BAY Jean -Antoine ………………………………………………………………………………..437 BEAUFORT Jeanne-Aimée (de). Voir PEYZIEU…………………………………………………….524 BEAUNE (Projet d'un établissement des Barnabites à )……………………………………………265 BELLECOMBE (curé de). Voir BLANCHIN BELLEGARDE Roger de Saint -Lary (duc de) ………………………………………………..1600 BELLOT Jeanne de Sirvinges (dame)…………………………………………………………….943 BERCHAT Amédée, curé de N.-D. du Chastel …………………………………………………..916 BERGER Pierre …………………………………………………………………………………...158 BERNEX (Berné) Marguerite de Savoie (dame de) ………………………………………………789 BEYBIN Etienne Jarcellat. Voir COADJUTORERIE, SAINT-GERMAIN DE LA CHèVRE …………………..323 BEYBIN Jean et Jean-Claude Jarcellat …………………………………………………………...325 BIDAL André ………………………………………………………………………………………390 BLANCHIN Sébastien, curé de Bellecombe ……………………………………………………...531 BLONAY Claude de ………………………………………………………………………..1566,1628 BLONAY Claudine (de), Abbesse de Sainte-Claire d'Evian ……………………………….……1625 BLONAY Marie-Aimée (de), Religieuse de la Visitation ………………………..215, 480, 849, 850 BOèGE Françoise de Beaufort (dame de) ………………………………………………………..308 BOèGE Prosper de Montvuagnard (seigneur de) ………………………………………………...440 BOERLO Jérôme, Général des Barnabites …………………………………………………….1641 BOFFIN Félicien (de), seigneur de Moydans ……………………………………………………616 BOIS (de Boys) François des ……………………………………………………………………..389 BOIS (Boys) Jean-Antoine de Rossillon (seigneur du)…………………………………..…..151, 262 BOISY Jean-François de Sales (de). Voir SALES. BONFILS Horace …………………………………………………………………………….544,926 BONNEUIL René de Thou (seigneur de)…………………………………………………………..56 BONNIèRES Jean Angot (seigneur de). ………………………………………………………….203 BONSIDAT (Mlles). Voir VISITATION DE NEVERS …………………………………………………739 BONSIDATVincent. Voir VISITATION DE NEVERS. BORGHESE Scipion Caffarelli *, Cardinal ……………………………………………………..1000 BORROMEE Frédéric, Cardinal, Archevêque de Milan…………………………………….…1640 BOUT DE SAINT-DIDIER Marguerite Séraphique, Religieuse de la Visitation…………………460 BRECHARD Jeanne-Charlotte (de), Religieuse de la Visitation. Voir VISITATION DE NEVERS ……… …………………………..………….….1662,1682,1693 BRUN Etienne……………………………………………………………………………………..459 BUCCIO Antoine-Pie……………………………………………………………………………...902 CAFFARELLI-BORGHESE Scipion. Voir BORGHESE. CAMUS (famille). Voir SAINT-BONNET ……………………………………………………………161 CAMUS Jean-Pierre, Evêque de Belley. Voir CAPUCINS de Belley ……160, 270, 276, 268, 665,1562 CANDIDE (Don), Barnabite. Voir POSCOLONNA. CAPUCINS de Belley (couvent des). ……………………………………………………………..120 CARMEL (Troubles au sujet du gouvernement des Monastères du).MARIE DU SAINT SACREMENT…825 CARMEL d'Amiens (Sous-prieure du). Voir MARIE DE JéSUS Acarie. CARMEL de Bourges ……………………………………………………………………………...825 CARMEL de Lyon (Prieure du). Voir THéRèSE DE JéSUS Prud'homme. CARMEL d'Orléans (Prieure et Sous-prieure du) cf MARIE DE JéSUS Acarie et THéRèSE DE JéSUS de Pucheuil CARMEL de Saintes (Prieure du). Voir MARIE DU SAINT-SACREMENT. CARMEL de Tours (Monastère et Prieure du).Voir MARGUERITE DU SAINT-SACREMENT Acarie……60 CARMéLITES. Voir AGNèS DE JéSUS, GENEVIèVE DE SAINT-BERNARD, MARGUERITE DU SAINTSACREMENT, MARIE DE JéSUS, MARIE DU SAINT SACREMENT, THéRèSE DE JéSUS. CAVORETTO (Cavoret) Louis …………………………………………………………………..319 CERCENASCO (Sarsenas, Sarsenasq) Anne-Violante Parpaglia (dame de) ……………………552 CERISIER Aimée-Philiberte (de), Religieuse de l'abbaye de Sainte-Catherine…………………..418 CERISIER Françoise de (Françoise-Augustine, Religieuse de la Visitation) …………………….418 CERISIER (membres de la famille de) ……………………………………………………………418 CERVIèRES (Servières) Méraude de Saint-André de (Marie-Innocente, Relig. de la Visitation)..965 CEYZéRIEU (doyenné de)………………………………………………………………………...196 CHALAMONT. Voir VISITATION DE GRENOBLE. CHALCEDOINE (Mgr de). Voir SALES (Jean François). CHAMBéRY (Projet d'érection d'un évêché à)…………………………………………………..375 CHANTAL Jeanne-Françoise Frémyot (Sainte), Mère de. Voir FIESQUE, HAUDRIETTES, VINCENT DE PAUL, VISITATION DE NEVERS … 849,1544,1552,1558,1560,1563,1565,1569,1578,1591,1618,1630,1631,1642, 1645,1666, 1672,1683,1690,1694,1702,1707,1710,1726,1729,1737. CHAPPAZ (Chappe) Jean ……………………………………………………………………….963 CHARLES –EMMANUEL 1er *, duc de Savoie ……………..………..1622,1659,1718,

I B,II B

CHARMETTES Jean-Claude Favre (seigneur des) ……………………………………………..186 CHARMOISY Françoise de ……………………………………………………………………..354 CHARMOISY Henri de ………………………………………………………………………….209 CHASTEL Claude-Cécile, Religieuse de la Visitation ………………………………………….338 CHASTEL.Péronne-Marie,.Religieuse.de.la.Visitation…...242,294,838,841,1587,1595,1614,1634 …………………………………………………………………………………...1548,1667,1687 CHASTELLUX Marie-Hélène (de), Religieuse de la Visitation. ………………………………859 CHATEAUNEUF Isabelle-Agnès ( de), Religieuse de Port-Royal ……………………………..282 CHATELARD Pierre-François de Rossillon (seigneur du), Doyen de Notre-Dame d'Annecy…901 CHAVANE Jeanne-Marguerite (de la), Religieuse de la Visitation. ……………………………462 CHAVASSE Balthazard, Jésuite ………………………………………………………………..551 CHENOISE Catherine de Ligny (dame de). ……………………………………………………661 CHEVRON Henri-Sigismond (de). Voir SAINTE CATHERINE (chapelle de). CHEVRON (MM. de). Voir CREST DE L'ETOILE ………………………………………………..791 CHEVRON-VILLETTE Amédée (de). Voir COLONEL, ONCLE. CHéZERY (abbaye et Abbé de). Voir BALLON (Gaspard) ……………………………………..183 CHINDRIEU (prieuré de). Voir SONNAZ ……………………………………………………….373 CHRISTINE DE FRANCE *, Princesse de Piémont. Voir FRANCE (guerre), PRINCES DE PIéMONT ………………………………………………………………………………………..…..1599,1624 CLERMONT (Evêque de). Voir ESTAING. CLERMONT –MONT-SAINT-JEAN Jean-Claude (baron de) ………………………..……874 COADJUTORERIE de Jean-François de Sales (Affaire de la) ……………………….310,326,431 COEUVRES François-Annibal d'Estrées (marquis de), ambassadeur de France à Rome……..956 COLONEL de la Ville d'Annecy ………………………………………………………………481 COMBAZ Claude ………………………………………………………………………………132 COMBAZ Péronne (Marie-Augustine, Religieuse de la Visitation)……………………………133 CONSEIL de la SAINTE-MAISON de Thonon. …………………………..…………1590,1681 CONSEIL DE VILLE D'ANNECY. Voir LANS………………………………………………...481 CONTAMINE (Prieur, prieuré et Religieux de) Voir LUCINGE, NOYER (du), PERRET. CONZIEU (prieuré de) …………………………………………………………………………195 CORMAND (M. de). Voir CROIX (de la)………………………………………………………..201 COURTINE Georges Ferra (seigneur de)………………………………………………………945 CRESPIN Jean-Georges …………………………………………………………………...….1734 CREST DE L'ETOILE Gaspard de Montmayeur (seigneur du) ……………………………….791 CREVANT Voir LE NAIN CROIX Claude-Françoise de Maillard-Tournon (dame de la). Voir CORMAND……………….154 CROSSON Martin …………………………………………………………………………….734 DESTINATAIRES Inconnus. Voir ONCLE, RELIGIEUX, SUPéRIEUR. ……….1576,1619,1632,1702 DESTINATAIRES Inconnues. Voir RELIGIEUSE. …………….1545,1547,1548,1571,1572,1704 DOMINIQUE de Chambéry, Capucin ………………………………………………..…..1594 DRUJON Claude ……………………………………………………………………………..473 DRUJON (Drugeon) Guillaume, Prieur d'Anglefort …………………………………………469 DUCREST Gabriel ……………………………………………………………………………503 DUPRA Claude ……………………………………………………………………………….928 DUYN (membres de la famille de)……………………………………………………………187 ERMITES du Mont-Voiron. Voir RIGAUD ………………………………………………....474 ESCRIVIEUX Balthazard de Menthon-Rochefort (seigneur d') ……………………………...731 ESTAING Joachim (d'), Evêque de Clermont…………………………………………………671 ESTIENNE Jeanne-Françoise, Religieuse de la Visitation. …………………………………..111 ESTRéES (d'). Voir CŒUVRES. ESTRéES Angélique (d'), Abbesse de Maubuisson ……………………………………………38 FAULDRIER Lucien, Barnabite ……………………………………………………………...433 FAVRE Antoine …………………………………………………………………………..185,543 FAVRE Antoine (fils du précédent). Voir SAINTE-CATHERINE (chapelle de) ………………….185 FAVRE Charles-Chrétien ……………………………………………………………………..676 FAVRE Jean-Claude. Voir CHARMETTES. FAVRE Marie-Jacqueline, Religieuse de la Visitation. Voir VISITATION DE MONTFERRAND……341 ……………………………………………………1630,1647,1652,1679,1701,1708 FAVRE Michel. ………………………………………………………………………………..832 FEUGE Gaspard de Sales (seigneur de la). Voir COLONEL ……………………………………482 FEUGE Melchior de Sales (seigneur de la). …………………………………………………..198 FIESQUE Anne Le Veneur (comtesse de) …………………………………………………….641 FLéCHèRE François-Melchior de la. …………………………………………………………904 FLECHERE Madeleine de la Forest (dame de la) …………………………..152,1586,1603,1651 FLOCARD Barthélemy* ………………………………………………………………………II A FLORENCE (Mlle)…………………………………………………………………………….598 FOISSEY Jean, Jésuite ………………………………………………………………………..691 FONTANY Antoine de Pignier de ……………………………………………………………489 FONTANY Jeanne-Marie de Pignier ( de), Religieuse de la Visitation. . ……………………..115 FORAS Anne Le Beau (dame de). Voir VAULGRENANT ………………………………………..75 FORAS Guillaume de Bernard de ………………………………………………….75, 1635,1657 FORNAND Amédée. …………………………………………………………………………..502 FRANCE (cour de) ……………………………………………………………………………1550 - (Guerre civile et religieuse en) ………………………………………………778,779,802 FRANCE (Voyage de saint François de Sales en). Voir PRINCES DE PIéMONT………37,44,.79,1558 FRéMYOT André, Archevêque de Bourges. Voir CARMEL DE BOURGES. FROUVILLE Hélène Lhuillier ( de). Voir LHUILLIER. GASCOING DE MEURS Gabrielle-Jéronyme, Religieuse de la Visitation…………………..876 GAULTIER Jacques, Jésuite ………………………………………………………………….773 GéNéRAL (M. le). Voir PALIERNE GENEVE Marguerite (de), Abbesse de Baume les-Dames …………………………………..623 GENEVIEVE de Saint-Bernard (Acarie), Carmélite ……………………………………….718 GERARD DE REAUTIER Jeanne-Hélène (de), Religieuse de la Visitation ………………260 GERMONIO Jean-Baptiste …………………………………………………………………..419 GILLET Pierre, Doyen de Saint-Germain l'Auxerrois ………………………………………..664 GODEAU Jeanne Terge ou Targe (dame). ……………………………………………………..45 GOUFFIERS Elisabeth Arnault des …………………………………………………………562 GRAILLY Bernard (de), Prieur de Sainte-Agathe de Rumilly . ………………………………862 GRANIER Pierre de …………………………………………………………………………..527 GRANIEU Laurence de Ferrus (dame de) ………………………….327,613,842,915,1678,1711 GRAS ou GRASSI (famille) ………………………………………………………………….269 GRAS ou GRASSI François ………………………………………………………………….267 GRAS Jean-Louis. Voir GARIOD ……………………………………………………..268,435,436 GRENOBLE. Voir VISITATION DE GRENOBLE. GRENOBLE (clercs de). Voir ORDINATION. GRENOBLE (Evêque et Grand-Vicaire de). Voir SCARRON et SAUTEREAU. GRIGNOLS Jeanne-Françoise de Montluc (dame de)………………………………………..422 GUéRIN Juste, Barnabite ………………………………………………………………..723,775 GUISE Henriette-Catherine de Joyeuse (duchesse de) ……………………………………….640 HAUDRIETTES (Audriettes) Congrégation des ………………………………………………91 HAYE Madeleine de Paluau (dame de la) …………………………………………………….662 HAYES (Mission diplomatique de Louis des). ………………………………………………..736 HERSE Charlotte de Ligny (dame Vialart de). ……………………………………………….656 HERSE François Vialart de ……………………………………………………………………659 HUMBERT Marie (Marie-Françoise, Religieuse de la Visitation) ……………………………530

INDULGENCES ET QUêTES. Voir SAINT-JACQUES DE COMPOSTELLE et SAINT-MAURICE en Valais. INTERVILLE Voir LHUILLIER D'INTERVILLE. INTRODUCTION A LA VIE DéVOTE (traduction italienne de 1'). Voir ANTONIOTTI ….586,774 ISABELLE (Sœur). Voir CHATEAUNEUF. JANTET Benoît. ………………………………………………………………………………..122 JARCELLAT-BEYBIN. Voir BEYBIN. JARS Anne de Monceaux (dame de Rochechouart de) ………………………………………108 JéSUITES. Voir ANTONIOTTI, CHAVASSE, FOISSEY,GAULTIER, LALLEMANT, SUFFREN, RELIGIEUX DE LA COMPAGNIE. JéSUITES de Moulins (Recteur du collège des). Voir FOISSEY. JOLY DE LA ROCHE Claude-Agnès. Voir ROCHE (de la). JOMARON (Mme de) Anne Thomé ou Anne de Rue ? (dame de) …………………………..335 JUSTIN (Père), Trinitaire ………………………………………………………………………208 LALLEMANT Pierre, Jésuite …………………………………………………………………109 LAMOIGNON Marie des Landes (dame de) ………………………………………………….16 LANGOSCO Jérôme. . …………………………………………………………………………815 LANS Sigismond d'Est (marquis de) …………………………………………………………...481 LAURAY Marc-François de Malarmay (seigneur de). Voir MALARMAY. LéAZ (Lea) Melchior Perrucard de Ballon (seigneur de) ………………………………………969 LE GRAND (M.)? Voir ROERO ………………………………………………………………….921 LE MAISTRE Catherine Arnauld, dame (Catherine de Saint-Jean, Relig. de Port-Royal)…66,713 LE MAISTRE (fils de la précédente)……………………………………………………………715 LE MAISTRE Isaac………………………………………………………………………………67 LE NAIN de CREVANT Anne de Bragelongne (dame )……………………………………….22 LHUILLIER de FROUVILLE Hélène (Hélène-Angélique, Religieuse de la Visitation)…..42,486, ………………………………………751,758 LHUILLIER D'INTERVILLE Anne Le Prestre ( dame)………………………………………..759 LHUILLIER d'INTERVILLE François …………………………………………………757,758 LIONS DE THEUVILLE Agnès (des). Voir AGNèS DE JéSUS LUCEY Louis de Mareste (baron de) ………………………………………………………….525 LUCINGE Jean (de), Prieur de Contamine . ………………………………………………….733 LUçON (Lusson) Evêque de. Voir PLESSIS-RICHELIEU. MALARMAY Marc-François de ……………………………………………………………..300 MANCEAU Julien. ……………………………………………………………………………289 MARALDI Marc-Aurèle, Dataire ……………………………………………………………..663 MARGUERITE DU SAINT-SACREMENT (Acarie), Carmélite ……………………………...60 MARIE (Sœur). Voir HUMBERT. MARIE DE JESUS (Acarie), Carmélite …………………………………………....58,820,1740 MARIE DE MéDICIS. …………………………………………………………………………831 MARIE DU SAINT-SACREMENT, Carmélite ………………………………………………1739 MATHIEU Anselme …………………………………………………………………………...968 MAUBUISSON (Abbesse de). Voir ESTRéES. MAUBUISSON (Saint François de Sales à)……………………………………………………..21 MAUPEAU Thomas. …………………………………………………………………………..386 MAURICE DE SAVOIE, Cardinal. Voir AULPS, FRANCE (guerre).

(Projet de voyage à Rome et en France de) …………………………………………450,802

MESME François Déage (coseigneur de) et famille …………………………………………...504 MILLINI (Melin) Jean Garsia, Cardinal ……………………………………………………….794 MISTRAL Clémence (Clémence-Marie, Religieuse de la Visitation) …………………………708 MONDOVI (Montdevis) Evêque de. Voir ARGENTERO.

MONTENET (M.) …………………………………………………………………………….384 MONTENET (membres de la famille). …………………………………………………………384 MONTHOLON François de. …………………………………………………………………..155 MONTHOUX Paule-Jéronyme, Relig. de la Visitation. Voir VISITATION DE NEVERS…853,886,1725 MONTHOUZ Pierre (de). Voir COLONEL et LANS………………………………………………..483 MONTIGNY Louise Pithou (dame Lhuillier de) ……………………………………………….911 MONTMAYEUR François-Gaspard ou Melchior-Théodore ? (comte de) …………………….923 MONT-VOIRON (ermitage et sanctuaire du). Voir ERMITES ……………………………………474 MORVILLE Marie-Aimée (de), Relig.de laVisitation. Voir TERTRE et VISITATION DE NEVERS….796 MOUXY Humbert (de), Abbé de Sixt . …………………………………………………………938 MOUXY Jacques (de), Abbé de Sixt Voir SIXT………………………………………………….937 MOYRON François Paquellet (seigneur de ) ……………………………………………………705 MUSY Françoise-Jacqueline (de), Religieuse de la Visitation. …………………………………694 NEMOURS Anne de Lorraine (duchesse de)………………………………………..…………..415 NICOLAS de la Marche, Capucin ……………………………………………………………….818 NOTRE-DAME DE LIESSE d'Annecy (collégiale et Doyen de). Voir CHATELARD ……………575 NOYER Claude (du), Religieux de Contamine. Voir PERRET ONCLE (un) …………………………………………………………………………………….261 ORDINATION faite par saint François de Sales.Voir ARGENSON, BOFFIN ………………………611 ORLéANS. Voir CARMEL, VISITATION.

PALLERNE Nicolas (de). Voir VISITATION DE NEVERS …………………………………………700 PARIS. Voir HAUDRIETTES, SAINT-GERMAIN L'AUXERROIS, VISITATION, ZAMET.

PASCAL Hercule-Antoine de …………………………………………………………………219 PAUL V*. ……………………………………………………………………………………….I A PAVILLON Marie-Anastase, Religieuse de la Visitation. ……………………………………170 PERGOD (famille Hugon-). ……………………………………………………………………512 PERNET Jean-Baptiste …………………………………………………………………………521 PERNET Pierre …………………………………………………………………………………522 PERRET Louis, Religieux de Contamine. ……………………………………………………...135 PERRON Jean Davy (du), Archevêque de Sens …………………………………………………96 PEYZIEU (Pezieu) François de Longecombe de …………………………………………..524,526 PLESSIS (Mlle du). Voir SAINT-GERMAIN.

PLESSIS-RICHELIEU Armand (du), Evêque de Luçon ………………………………………..89 POLLIENS Nicolas. Voir RELIGIEUX DE LA COMPAGNIE DE JéSUS. POLLINGE Claude de Chissé (seigneur de)……………………………………………………438 POLLINGE Philibert de Chissé (seigneur de) ………………………………………………….438 PORT-ROYAL (Abbesse et Religieuses de). Voir ARNAULD, CHATEAUNEUF, LE MAISTRE, MARION, THOU ………………………………………………………………………….70 PORT-ROYAL (Saint François de Sales à) ……………………………………………………..53 POSCOLONNA Candide, Barnabite …………………………………………………………..426 PRINCES DE PIéMONT (Voyage des)…………………………………..73,77,82,97,112,119,399 PRUD'HOMME. Voir THéRèSE DE JéSUS.

QUOEX Claude de …………………………………………………………………434,1585,1601 RAJAT Anne-Thérèse de Rigaud (de), Religieuse de la Visitation. ………………………247,333 RAJAT Marguerite-Agnès de Rigaud ( de), Religieuse de la Visitation ……………………...332 RAMILLIèRE Antoinette de Revol (de la), Novice de la Visitation …………………………..455 REGNARD Marie-Radegonde, Religieuse de la Visitation ……………………………………635 REIGNIER (Regnier) cure et curé de. Voir ARGENTIER et SONNERAT.

RELIGIEUX de la Compagnie de Jésus ……………………………………………………370 RELIGIEUSE (une) ………………..36,484 RELIGIEUSE de la Visitation (une) ……………………………………………...212,666,1589 RELIGIEUSES de l'abbaye de Sainte-Catherine. Voir BALLON RIGAUD Jean-Antoine, Ermite du Mont-Voiron ……………………………………..………685 RIPAILLE (prieuré de) ……………………………………………………………………471,900 ROCHE Claude-Agnès Joly (de la), Religieuse de la Visitation.. ………………………349,1561 ROCHEFORT Prosper de Menthon (baron de)……………………………………….…303, 729 ROERO Emmanuel-Philibert …………………………………………………………………921 ROSETAIN ou Rostaing Jean ……………………………………………………..…………868 ROSSET Anne-Marie, Religieuse de la Visitation …………………………………….…78,1629 ROSSILLON (fils de la comtesse de) …………………………………………………………537 ROSSILLON Hélène-Ferdinande de Maillard Tournon(comtesse de) ……………………….535 ROUSSELET Guillaume ……………………………………………………………...….158,592 ROUSSELET Marguerite Le Fèvre (dame)………………………………………………..….291 RUMILLY (clergé, église et Prieur de). Voir GRAILLY et SONNAZ …………………….476,864,866 SAINT-AGNEUX (Saint Agné) Charles de Mareste (marquis de) ……………………………525 SAINT-AIGNAN Honorat de Beauvilliers (comte de )………………………………………..103 SAINT-AIGNAN Jacqueline de la Grange (comtesse de)……………………………………..103 SAINT-BALDOPH (Saint Bardot) prieuré de ………………………………………………374 SAINT-BONNET Catherine Camus (Marie-Catherine, Religieuse de la Visitation)…………808 SAINT-BONNET Jean Camus (seigneur de)………………………………………………….123 SAINT-BONNET Marie de Comtes ou d'Escomtes (dame de)………………………………..123 SAINT-DAMIEN Henri de Maillard- Tournon (marquis de) …………………………………964 SAINTE-CATHERINE (chapelle de)………………………………………………………….345 SAINTE-MAISON DE THONON. Voir CONSEIL DE LA SAINTE-MAISON …………….386,519,947 SAINT-GéRAN (Saint Gerand) Jean-François de la Guiche (sgr de).cf VISITATION DE NEVERS..560 SAINT-GéRAN Suzanne aux Espaules (dame de) ……………………………………………692 SAINT-GERMAIN DU PLESSIS Catherine de (Catherine- Thérèse, Relig.de la Visitation)…27 SAINT-GERMAIN DE Joux. Voir SAINT-GERMAIN DE LA CHèVRE.

SAINT-GERMAIN DE LA CHèVRE (curé et paroisse de). Voir BEYBIN……………………314 SAINT-GERMAIN L'AUXERROIS, de Paris (collégiale et Doyen de).cf GILLET et CAMUS….664 SAINT-JACQUES DE LA BOUCHERIE, de Paris (curé de). Voir SAUSSAYE. SAINT-JACQUES DE COMPOSTELLE (hospice de) ………………………………………823 SAINT-MAURICE en Valais (abbaye de)…………………………………………………….823 . SAINT-PHAL Eustache (de), Evêque de Nevers ……………………………………………..854 SAINT-POL ou SAINT-PAUL Anne de Caumont (comtesse de).cf VISITATION D'ORLéANS….804 SALES Etienne (D. Joseph, Barnabite)………………………………………………………..577 SALES (fils de Gallois de)…………………………………………………………………….788 SALES FRANçOIS * de (Saint). Voir ANDILLY, ARNAULD (François), BALL Y, CERISIER, CHAMBéRY, COADJUTORERIE, COMBAZ (Péronne), ERMITES, FORAS, FRANCE, GAULTIER, JUSTIN, MAUBUISSON, MAURICE DE SAVOIE, Mouxy, ORDINATION, PORT-ROYAL, RIPAILLE, RUMILLY, SAINTE-MAISON, SAUSSAYE, SIXT, VINCENT DE PAUL, VISITATION DE NEVERS ……………………………………………………....92,126,140 SALES Janus (de). Voir COLONEL.

SALES Jean-François * (de), Evêque nommé de Chalcédoine. Voir COADJUTORERIE……..21,125, ……………………….350,498,540,704,919,776,1580,1609,1639,1664,1726,1728,1738,II A,II C SALES Louis ( de), baron de Thorens ……………………………………………………….568 SALES Melchior ( de). Voir FEUGE.

SARSENAS, SARSENASQ. Voir CERCENASCO.

SAULI Antoine-Marie, Cardinal ……………………………………………………………..795 SAUSSAYE Charles (de la), curé de Saint-Jacques de la Boucherie, de Paris ………………293 SAUTEREAU Abel de ……………………………………………………………………….712 SCAGLIA Philibert-Alexandre *, ambassadeur de Savoie à Rome. Voir COADJUTORERIE II D,II E, SCARRON Pierre, Evêque de Grenoble ……………………………………………………..710 SENAT de Savoie……………………………………………………………………………..861 SENS (Archevêque de). Voir PERRON (du).

SERPENS DE LA GUICHE Marie-Marguerite de Gondras (des), Relig.de la Visitation……171 SIXT (Abbés de). Voir MOUXY SIXT (Prieur et Religieux de). …………………………………………………………..381,1568 SIXT (Voyage de saint François de Sales à)……………………………………………...872,937 SONNAZ (Saunas, Saunaz) Louis de Gerbais (de), Prieur de Chindrieu. Voir CHINDRIEU……844 SONNERAT Claude, curé de Reignier …………………………………………………..510,512 SUFFREN Jean, Jésuite ………………………………………………………………………..99 SUPERIEUR d'une Communauté.cf SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE et SAINT-MAURICE……823 TARDY François de …………………………………………………………………………..380 TERTRE Marie-Aimée de Morville (dame du). Voir MORVILLE ……………………...….213,400 THERESE de Jésus (de Pucheuil), Carmélite ……………………………………………..1739 THERESE de Jésus (Prud'homme), Carmélite ……………………………………………..913 THIBAUT Marie-Françoise, Religieuse de la Visitation. ……………………………………170 THOIRE Amédée (de), Prieur de Thiez ……………………………………………………..734 THONON. Voir SAINTE-MAISON.

THONON (Congrégation de). Voir ibid.

THOU Marie-Angélique de Saint-Paul ( de), Religieuse de Port-Royal …………………...224 THOU Marie Faye (dame de) ……………………………………………………………….225 THOU René (de). Voir BONNEUIL.

TOURNETTE Louis de l'Alée (baron de) ………………………………………………….342 TOURNON (Tornon) Alphonse de Maillard (baron de)…………………………………….961 TOURS. Voir CARMEL.

TRUYTAT Jacques-Philippe ………………………………………………………………..181 VALERAY Bernarde-Marguerite, Religieuse de la Visitation ……………………………...727 VALFIN Bonaventure de Malarmay (dame de)…………………………………………….1644 VALROMEY Honoré d'Urfé (marquis de) ………………………………………………….571 VANCHY ……………………………………………………………………………………432 VAULGRENANT Anne Le Beau (dame de). Voir FORAS ……………………………………17 VENDôME (Vandaume) Françoise de Lorraine (duchesse de) …………………………….105 VERTON Marie de Bragelongne (dame de)…………………………………………………..23 VESIN Jacques, poissonnier ………………………………………………………………...179 VEYSSILIEU Marguerite de la Croix de Chevrières (dame Rabot d'Aurillac de) …….….1612 VIBOD (Vibo) Maurice …………………………………………………………………….924 VICTOR-AMEDEE de Savoie *, Prince de Piémont. Voir FRANCE (guerre), PRINCES DE PIéMONT ……………………………………………………..211,653,827,852,946,1567,1623,1669, II D VILLENEUVE Marie Lhuillier (dame de)………………………………………42,1671,1696 VILLESAVIN Anne Phélipeaux de ………………………………………………………..413 VILLESAVIN Isabelle Blondeau (dame de)……………………………………………….410 VILLETTE Amédée de Chevron (baron de). Voir CHEVRON-VILLETTE. VINCENT DE PAUL(Saint) ………………………………………………………………361 VIRY Jacques (comte de) ……………………………………………………………..148,1598 VIRY Marguerite de Bouvens (dame de) …………………………………………………..149 VIRY Marie (de). Voir BOIS (du) …………………………………………………….…149,262 VISITATION (Constitutions, Directoire et Règles de la) ……....296,360,466,747,834,885,958 Ordre de la. …………………………………………………………………..……..606,637 Projets de fondations ………………………………………………………………..299,880 VISITATION D'ANNECY (Religieuses de la). Voir BLONAY, BRéCHARD, CERVIèRES, CHANTAL, CHASTEL, CHAVANE, COMBAZ, FAVRE, FONTANY, HUMBERT, MONTHOUX, Musy, RAJAT, ROCHE (de la), ROSSET, VALERAY …………………………………………………………….601,632,965 VISITATION DE BOURGES (Monastère et Religieuses de la). Voir JARS, THIBAUT ……….391 VISITATION DE CHARTRES. Voir FRANCE (Voyage de saint François de Sales en)

VISITATION DE GRENOBLE (Monastère et Religieuses de la). Voir ARSENEY, BOUT DE SAINT DIDIER, GéRARD, RAJAT ……………………………………………………339 VISITATION DE LYON (Monastère et Religieuses de la). Voir RAMILLIèRE. …….1630,1647 VISITATION DE MONTFERRAND (Fondation et fondatrices de la) …………………….455 VISITATION DE MOULINS (Monastère et Religieuses de la). Voir CHASTELLUX, MORVILLE, PALIERNE, SAINT-GéRAN, TERTRE, VISITATION DE NEVERS ………………...………….113,394 VISITATION DE NEVERS (Fondation, fondatrices et Religieuses de la). Voir GASCOING, MONTHOUX, TERTRE ………………………………………………..……Append.III VISITATION D'ORLéANS (Fondation et fondatrices de la). Voir SAINT-POL ……..110,742 VISITATION DE PARIS (Monastère et Religieuses de la). Voir LHUILLIER, PAVILLON, REGNARD, SAINT-BONNET, SERPENS, ZAMET ………………………………………….805 VISITATION DE TURIN (Fondation de la) ……………………………………………957 VISITATION DE VALENCE (Fondatrices et Religieuses de la). Voir MISTRAL………..359 ZAMET (famille et hôtel) ……………………………………………………………….953

Avant-Propos ……………………………………………………………………………………2 Avis au Lecteur…………………………………………………………………………………..8 Sigles et notes……………………………………………………………………………………8.

ANNéE 1619 (Suite)

LETTRE MDXLI - A Mme DE LAMOIGNON. - Compassion pour une âme. -Souhaits pieux ……9 MDXLII - A L'ABBESSE DE PORT-ROYAL. - Cinq avis au sujet d'une confession générale. - Par quel motif la faire. - Se laisser à la Providence. - Assurance d'union éternelle ………………10

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