Lettres (page 46)

François de Sales · Lettres

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Lettres, tomes 1 à 11 (édition d'Annecy) · 55 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

19 febvrier.

A Madame Madame de la Flechere.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Lyon-Fourvière.

MDCCCXCVIII A MADAME DE CHARMOISY Ce qui rend une longue lettre inutile. - Avertissement paternel d'épargner davantage sa santé, et un peu moins " les moyens. "

Annecy, 28 février 1622.

J'avoys pensé de vous escrire un'asses longue lettre, en response de celle que j'ay receüe de vous ; mays puisque, comme monsieur le Baron de Vallon m'a dit, on a mis remede a tout ce que vous craignies, il ne me reste a vous dire sinon que tous-jours je feray tout ce que je pourray pour le bien de ce cher filz et le contentement de ma tres chere fille, sa mere, laquelle pourtant il faut que j'advertisse d'avoir soin de sa santé ; car on me dit, certes de tres bon lieu et de tres bon cœur, que vous ne prenes pas asses de soulagement pour la conserver et que vous n'espargnes pas autant quil est necessaire vostre force et complexion, et, plus quil ne faudroit, les moyens. Mays ce qui est l'importance, c'est qu'on me dit qu'on n'ose pas vous le dire. Et moy, je suis tres bien resolut (sic) de vous le dire, et d'autres choses et tout, puisque vous estes ma. cousine et fille tres chere, et que je suis Vostre tres humble et invariable cousin et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

XXVIII febvrier 1622.

Revu sur l'Autographe appartenant à M. l'abbé Favier, Supérieur du Petit-Séminaire de Saint-Jean de Maurienne.

MDCCCXCIX A MADAME ANGéLIQUE ARNAULD ABBESSE DE PORT-ROYAL, A MAUBUISSON (INéDITE) Les nouvelles que le Saint attend. - .Pourquoi il a " bien envie de revoir " la Mère de Chantal. - Salutations affectueuses à Mme Arnauld et à ses enfants.

Annecy, [fin février] 1622.

O ma tres chere Fille, ce ne seront plus meshuy des lettres entieres, ains seulement des billetz, jusques a ce que vous me donnies des nouvelles selon mon cœur. Certes, c'est bien tous-jours le desir de mon cœur que vous m'escrivies franchement selon le vostre ; mays les nouvelles du vostre seront selon [le] mien quand vous m'advertires ou que vostre affaire est passee a Rome, si Dieu le veut ainsy, ou que si elle ne peut passer a Rome vous demeures accoysee, employant au soulagement de vos desirs les permissions que vous aves et les autres remedes qu'en ce cas-la je vous diray, Dieu aydant, selon quil plaira a la Providence souveraine de sa divine Majesté de me suggerer et de vous inspirer. Il m'est advis, ma tres chere Fille, que mon esprit parlera au vostre d'un nouvel air quand je sçauray que la determination de vostre affaire sera tout a fait prise. Or sus, cependant humilies vous sous la main de Jesus-christ qui vous a tiree par sa misericorde a soy.

J'ay bien envie de revoir nostre bonne Mere, pour plusieurs bonnes raysons, mays entr'autres, affin d'apprendre des nouvelles bien particulieres de vostre cœur, qu'elle m'apportera pliees dedans le sien. Cependant, je salue tres humblement vostre bon Ange, ma tres chere Fille, et le supplie de vous bien proteger sous la faveur de l'amour celeste.

Je salue madamoyselle vostre chere mere , que j'ay tous-jours cheri filialement des que je l'ay conneue ; nostre tres chere seur Le Maistre , que je prie Dieu vouloir establir en l'amour du martire que son soin luy peut et doit donner ; madame la Coadjutrice de Port Royal , que Dieu veuille rendre sainte par la tressainte et courageuse humilité, et toutes nos autres Seurs qui sont tousjours au milieu de mon ame, notamment nostre Seur Anne, et nostre Seur Marie, et nostre petite seur Magdeleine, et nostre frere Simon .

Un petit mot a ma Seur Marie Angelique de Thou et a toutes les autres ; M. Manceau et le bon Pere Jean y auront leur part. Helas ! je prieray bien pour la pauvre Seur Isabelle .

A Madame

[Madam]e l'Abbesse de Port Royal.

Revu sur l'Autographe appartenant à M. l'abbé Welhen, aumônier de l'Orphelinat de Bellevue (Seine-et-Oise).

MCM A LA MèRE DE CHASTEL SUPERIEURE DE LA VISITATION DE GRENOBLE On peut recevoir une prétendante malgré une promesse de mariage. - Décision du Concile de Trente. - Les privilèges des fondatrices de Monastères devant Dieu et devant les hommes. - Exemple de la Sœur Lhuillier. - Raisons pour François de Sales de s'intéresser spécialement à Mlle de Pressins.

Annecy, 2 mars 1622.

Il ny a nulle difficulté qu'on ne puisse, ains qu'on ne doive recevoir madamoyselle de Pressin , ma tres chere Fille, si son esprit est appellé, ainsy que vous me dites ; car encor bien qu'ell'eut fait promesse de mariage, et de plus encor, bien qu'ell'eut contracté et celebré le mariage en la face de la tressainte Eglise, pourveu qu'elle ne l'eut pas consommé, il est constant entre les docteurs tant des loix que de la theologie, qu'elle ne laisseroit pas de pouvoir entrer en Religion, et que par sa Profession elle rendroit le contract annullé et de nul effect. Combien plus donq se peut elle vouer a Dieu, le mariage qui semble mettre en difficulté sa devotion estant nul de tant de nullités comm'il l'est, devant Dieu et les hommes. Il se faut arrester en cette affaire a la determination de l'Eglise, declaree par le Concile de Trente en ces motz (Sess 24, de Sacr Matrim can VI) : " Si quelqu'un dit que le mariage fait, appreuvé et confirmé, mais non pas consommé, n'est pas dirimé et annullé par la solemnelle profession de Religion, qu'il soit anatheme. " De sorte, ma tres chere Fille, qu'en cela il ny a seulement pas aucune apparence de doute ; et je vous ay ainsy marqué le Concile de Trente, affin que si vous voules conferer de cett'affaire avec quelqu'un, il n'ayt pas occasion de faire difficulté.

Quant au second point que vous demandes, si cettè damoyselle pourra tenir lieu de fondatrice, je dis qu'oüy, s'il est treuvé a propos par ceux qui vous conduisent, car les bienfacteurs notables peuvent tenir ce rang la . Mays quel privilege ont les fondatrices ? Devant Dieu, les privileges sont grans, car elles participent en une façon particuliere a touts les biens qui se font au monastere. C'est un œuvre de charité presque le plus excellent qu'on puisse faire, bien plus grand sans comparayson que de bastir un hospital, recevoir les pelerins, nourrir les orphelins. Mays devant les hommes, il ny a point de privilege que celuy d'estre supportee et. assistee et honnoree au monastere, dans lequel les fondatrices seculieres obtiennent ordinairement l'entree plusieurs foys l'annee, et apres la mort des services particuliers. Or cette fille icy voulant estre Religieuse, establira quant a elle son privilege, je m'asseure, a mieux obeir, si elle peut, que les autres, et a faire le plus de progres qu'elle pourra en l'humilité, pureté de cœur, modestie et obeissance .

La bonne Seur Helene Angelique Lhuillier, de Paris, qui fit profession le 12 de febvrier passé, ayant donné quinze mille escus, et ses parens desirans que, comme fondatrice, ell'eut quelques privileges, au jour de son vestement protesta que, puisque elle renonçoit a la mayson de ses parens, elle renonçoit aussi a tous les privileges qu'ilz luy avoyent voulu reserver, puisque le privilege des vrayes Religieuses estoyt d'abonder en l'amour du cœleste Espoux.

Au reste, j'honnorois grandement feu monsieur de Pressin , et je suis obligé d'honnorer sa famille et sa posterité. Cette fille est cousine remuee de germain de ma belleseur de Thorens . C'est pourquoy, dautant plus je me res-joüys qu'elle face une si bonne election et que, quittant les amours peu aymables des hommes, elle se consacre a l'amour tres aymable de son Dieu, vray Espoux des ames genereuses.

A tant, je salue tres cordialement vostre ame, ma tres chere Fille, et par vostre entremise celles de nos Seurs, et celle de monsieur d'Aouste tres cherement, et celle encor de cette chere prœtendente que je prie Dieu de vouloir benir eternellement.

Vostre tres humble en Nostre Seigneur, FRANçs, E. de Geneve.

Annessi, le second mars 1622.

Revu sur l'Autographe appartenant à Mme la marquise Ménabréa, à Chambéry.

MCMI A DOM PIERRE DE SAINT-BERNARD DE FLOTTES, FEUILLANT (L5, note 409) (INéDITE) Un prédicateur qu'il ne faut pas " divertir " et qu'on salue sans vouloir de retour. - Image très gracieusement offerte.

Annecy, 4 mars 1622.

Mon Reverend Pere,

Je n'ay garde de vous divertir par mes lettres de vostre sainte et fructueuse occupation quadragesimale, du bon succes de laquelle on nous dit icy des merveilles. Dieu soit loué ! Nostre Pere Dom Eustache de Saint Pau1 me dit expres en sa lettre, que je vous addresse celle qu'il desire de moy, et je l'ay fait tout a fait tres volontier, puisque ainsy j'ay un juste sujet de vous saluer, protestant que je ne pretens pas le reciproque de vostre part tandis que vous estes en exercice de ceux auxquelz il fut dit : (Lc 10,4)) Vous ne saluerez personne en chemin. Nostre monsieur l'Abbé d'Abondance m'a dit que vous auries aggreable l'image ci jointe, si je vous l'envoyois ; et la voyla donq a eette intention, consolé que vous ayes un petit memorial de mon affection parmi vos outilz de devotion. Et encor me semble il que c'est a propos que je vous la destine aujourd'huy, jour de la Samaritaine ( note 610)), a la conversion de laquelle la bienheureuse vierge Therese fut si devote, et a son cher mot salutaire: (Jn 4,13 ; TAD 12,11) Seigneur, donnez-moi de cette eau. Mais si je ne retiens l'ayse que je sens de vous parler, je violeray sans doute le respect que j'ay protesté de vouloir rendre a vostre sainte besoigne. Vives heureusement et longuement en santé et en sainteté, mon Reverend Pere, et favorises tous-jours de vostre bienveuillancecordiale

Vostre tres humble et tres affectionné frere et serviteur,

FRANçs, E. de Geneve.

4 1622, Annessi.

Revu sur une ancienne copie conservée au 1er Monastère de la Visitation de Paris. MCMII A UNE PRéTENDANTE DE LA VISITATION Le séjour de la montagne du Calvaire. - Dépouillement nécessaire de ceux qui l'habitent. - La robe du festin. - Laisser les appréhensions et les craintes, et se confier en Dieu. - Comment employer les bonnes inclinations naturelles.

Annecy, 6 mars 1622.

Je ne vous vis jamais, que je sçache, ma tres chereFille, sinon sur la montaigne de Calvaire, ou resident les cœurs que l'Espoux celeste favorise de ses divines amours. O que vous estes heureuse, ma tres chere Fille, si fidelement et amoureusement vous aves choisi cette demeure, pour en icelle adorer Jesus crucifié en cette vie ! car ainsy seres vous asseuree d'adorer en la vie eternelle Jesus Christ glorifié.

Mais voyes vous, les habitans de cette colline doivent estre despouillés de toutes les habitudes et affections mondaines, comme leur Roy le fut des robbes qu'il portoit quand il y arriva (Mt 27,35);

lesquelles, bien qu'elles eussent esté saintes, avoyent esté profanees quand les bourreaux les luy osterent dans la mayson de Pilate (Mt 27, 28). Gardés bien, ma chere Fille, d'entrer au festin de la Croix, plus delicieux mille et mille fois que celuy des noces seculieres, sans avoir la robbe blanche, candide et nette de toute autre intention que de plaire a l'Aigneau (Mt 22,11 ; Ap 19,7).

O ma chere Fille, que l'eternité du Ciel est aymable et que les momens de la terre sont miserables ! Aspirés continuellement a cette eternité, et mesprisés hardiment cette caducité et les momens de cette mortalité.

Ne vous laisses point emporter aux apprehensions, ni des erreurs passees, ni des craintes des difficultés futures en cette vie crucifiee de la Religion. Ne dites point : Comme pourray je oublier le monde et les choses du monde ? car vostre Pere celeste sçait que vous aves besoin de cet oubli (Mt 6,32 ; Lc 12,30), et il vous le donnera, pourveu que, comme une fille de confiance, vous vous jetties entierement et fidelement entre ses bras.

Nostre Mere, vostre Superieure, m'escrit que vous aves de tres bonnes inclinations naturelles. Ma chere Fille, ce sont des biens du maniement desquelz il vous faudra rendre compte : ayes soin de les bien employer au service de Celuy qui vous les a donnés. Plantés sur ces sauvageons les greffes de l'eternelle dilection que Dieu est prest de vous donner si, par une parfaitte abnegation de vous mesme, vous vous disposes a les recevoir.

Tout le reste je l'ay dit a la Mere ; a vous je n'ay plus rien a dire, sinon que, puisque Dieu le veut, je suis de tout mon cœur Vostre tres humble frere et serviteur FRANçs, E. de Geneve.

Le 6 mars 1622, Annessi.

MCMIII A LA MèRE DE CHASTEL SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE GRENOBLE L'imperfection du motif de la part de la créature n'empêche pas la réalité de l'appel de Dieu. - Vocations citées dans l"Evangile et celles de quelques Saints, - C'est la suite et la persévérance qui témoignent de la bonté des dispositions. - Par quel moyen aider une âme que la nécessité et non l'attrait a conduite au monastère, - Avis prudent et sage pour des visites au parloir. - Laisser parler le monde comme il voudra de cette vocation. - La pensée du Fondateur sur une autre aspirante et sur une Supérieure.

Annecy, [vers mi-mars] 1622 .

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Or, quant a la vocation de madamoyselle de Pressin, je la tiens pour bonne, bien qu'elle soit meslee de plusieurs imperfections du costé de son esprit, et qu'il seroit desirab1e qu'elle fut venue a Dieu simplement et purement, pour le bien qu'il y a d'estre tout a fait a 1uy. Mais Dieu ne tire pas avec esgalité de motifz tous ceux qu'il appelle a soy, ains il s'en treuve peu qui viennent tout a fait a son service seulement pour estre siens et le servir (Entr 18).

Entre les filles desquelles la conversion est illustre en l'Evangile, il ny eut que la Magdeleine qui vint par amour et avec l'amour (Lc 7, 37 ; S4, serm 48) ; l'adultere y vint par confusion publique (Jn 8,3), comme la Samaritaine par confusion particuliere (Jn 4, 17); la Chananee vint pour estre soulagee en son affliction temporelle (Mt 15, 22). Saint Paul premier hermite, aagé de quinze ans, se retira dans sa spe1onque pour eviter la persecution ; saint Ignace Loyo1e par la tribulation , et cent autres.

Il ne faut pas vouloir que tous commencent par la perfection : il importe peu comme l'on commence, pourveu que l'on soit bien resolu de bien poursuivre et de bien finir. Certes, Lia entra furtivement et contre la civilité dans le lict de Jacob destiné a Rachel ; mais elle s'y comporta si bien, si chastement et si amoureusement, qu'elle eut la benediction d'estre la grand mere de Nostre Seigneur (Gn 29,23).

Ceux qui furent contraintz d'entrer au festin nuptial de l'Evangile (Lc 14,16) ne laisserent pas de bien manger et de bien boire. Il faut regarder principalement les dispositions de ceux qui viennent a la Religion, par la suite et perseverance ; car il y a des ames, lesquelles ny entreroyent point si le monde leur faisoit bon visage, et que l'on void neanmoins estre bien disposees a veritablement mespriser la vanité du siecle. Il est tout certain, ainsy que on raconte l'histoire, que cette pauvre fille de laquelle nous parlons, n'avoit pas asses de generosité pour quitter l'amour de celuy qui la recherchoit en mariage, si la contradiction de ses parens ne l'y eusse contrainte ; mais il n'importe, pourveu qu'elle ayt asses d'entendement et de valeur pour connoistre que la necessité, qui luy est imposee par ses parens, vaut mieux cent mille fois que le libre usage de sa volonté et de sa fantasie, et qu'en fin elle puisse bien dire : Je perdois ma liberté si je n'eusse perdu ma liberté. Or, ma tres chere Fille, le moyen d'ayder cet esprit pour luy faire connoistre son bonheur, c'est de la conduire le plus doucement que l'on pourra aux exercices de l'orayson et des vertus, ( Lisez Platus, De l'Estat religieux ch 36 , la response qu'il fait à ceux qui disent qu'ilz ne peuvent connoistre s'ilz sont appellés de Dieu) de luy tesmoigner un grand amour de vostre part et de toutes nos Seurs, sans faire nul semblant de l'imperfection du motif par lequel ell'est entree, de ne point luy parler avec mespris de la personne qu'elle a aymé. Que si elle en parle, il faut renvoyer le propos a Dieu, comme seroit de luy dire : Dieu le conduira par le chemin qu'il sçait estre plus convenable.

Vous me demandes si on pourra permettre l'entreveüe entre eux deux. Je dis qu'a mon advis, il ne faut pas l'esconduire tout a fait, si ell'est grandement desiree ; mais pour le commencement, il faut gauchir et biayser le refus. Puis, quand vous connoistres que la fille est bien resolue au party bienheureux de l'amour de Dieu, vous pourres permettre deux ou trois entreveües, pourveu quil permette la presence de deux ou trois tesmoins ; et si vous en estes l'un, il faut avec dexterité les ayder a se dire adieu, et, en louant leurs intentions passees, leur donner le change et dire qu'ilz sont bienheureux de s'estre arrestés au chemin dans lequel la rayson les a conduitz , et qu'une once du pur amour divin quilz se porteront l'un a l'autre des-ormais, vaut mieux que cent mille livres de l'amour par lequel ilz avoyent commencé leurs affections. Et ainsy, sans faire semblant de craindre par trop leurs entreveües, il faut petit a petit les conduire de la voye de l'amour en celle d'une sainte et pure dilection. Il y a une bonne histoire a ce propos es Confessions de saint Augustin (liv 8 ch 6), de deux gentilzhommes qui avoyent espousé deux damoyselles, qui, apres avoir renoncé aux pretentions des noces, se firent, a l'imitation les uns des autres, tous quatre Religieux. Si cette fille a l'esprit conditionné comme l'on m'a dit de vostre part, je m'asseure que bien tost elle se treuvera toute transformee, et qu'elle admirera la douceur avec laquelle Nostre Seigneur l'attire en son lict nuptial, parmi tant de fleurs (Ct 1,15) et de fruitz odorans tout a fait celestes.

Quant a ce que le monde dira de cette vocation, il n'y faut faire nulle sorte de reflexion, car ce n'est pas aussi pour luy qu'on l'accepte. Je fay response a cette ame selon mon sentiment (note 613);

vous la mesnageres comme vous verres mieux a faire.

Quant a madamoyselle N., je dis de mesme qu'il la faut laisser venir, bien que le choix du lieu tesmoigne quelque imperfection. de tendreté ou de motif meslé parmi sa vocation ; comme reciproquement il y en peut avoir en l'aversion que nostre Seur S[upérieure] de N. a, par adventure, de la voir venir de deça.. Mais gardes vous bien de luy dire cette mauvaise pensee qui me vient en l'esprit ; car, au reste, c'est une bien brave Seur que j'ayme parfaitement, parce que, comme je m'asseure, elle ne vit pas selon ses sentimens, ses aversions et inclinations, qui luy fgnt desirer l'esclat et la gloire de son Monastere, ains plustost selon l'esprit de la Croix de Nostre Seigneur, qui luy fait perpetuellement renoncer aux saillies de l'amour propre.

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Revu en partie sur une copie faite par M. Michel Favre, conservée à la Visitation de Venise. MCMIV AU PRINCE DE CARIGNAN, THOMAS DE SAVOIE Chrétien privilège accordé à la confrérie du Crucifix. - Le Saint intercède pour en faire bénéficier un galérien, père d'une nombreuse famille.

Annecy, vers le 20 mars 1622 .

Monseigneur, Il a pleu a Son Altesse d'accorder a la Confrairie de la Sainte Croix, autrement ditte du Crucifix, de Chamberi, la delivrance d'un criminel prisonnier, tel qu'elle nommeroit chasque annee, le Jeudi Saint, en reverence de la Mort et Passion de Nostre Seigneur ; et la pitoyable famille d'un homme de ce mandement d'Annessi a obtenu que il fut nommé et demandé en grace cette annee par laditte Confrairie pour estre liberé de la galere. Et par ce, Monseigneur, que veritablement sa femme et ses enfans qui sont en grand nombre sont dignes de compassion, et qu'en la grace du pere est enclose la grace des enfans, de la femme et de toute la famille, qui ne peut vivre sans l'assistence actuelle de ce pauvre homme, je joins a la tres humble supplication que la Confrairie fait a Vostre Altesse pour ce sujet, ma tres humble recommandation; qui suys, Monseigneur, Vostre tres humble, tres obeissant et tres fidele orateur et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Archives de l'Etat.

MCMV A UN GENTILHOMME (FRAGMENT) Promesse de s'employer à la conclusion d'une affaire.

Annecy, [février-avril 1620-1622 ]

Monsieur,

Avec cette commodité, je m'excuse, sil vous plait, dequoy ayant esté si souvent remis en memoire de mettre une fin, sil se peut, en l'affaire que vous aves avec les Dames de Sainte Catherine et le sieur Prieur de Rumilly , je n'ay neanmoins encor rien terminé. C'est, Monsieur, que partie mes distractions, partie celles des parties mesmes, m'ont apporté de l'empeschement jusques a cett'heure. Mais, ce Caresme passé, le bon monsieur de Chavanes , qui n'a point de part en cette negligence, ains qui est extremement affectionné a vostre service, et moy, qui ayant la coulpe de cette lenteur, suis toutefois tout dedié a vous servir et honnorer, ferons…………………………………………

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Montélimar.

MCMVI A LA MèRE DE BLONAY SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE LYON Quand on veut fonder un Monastère, il faut vouloir se conformer à l'esprit de l'Ordre qu'on appelle. - L'excellence de la vie intérieure à la Visitation. - Planter des figuiers si l'on veut des figues, et des oliviers si l'on veut des olives. - Quelles filles préfère le saint Fondateur. - Retour à Lyon de deux anciennes professes.

Annecy, l2 avril 1622 .

Ma tres chere Fille, En peu de motz je vous dis que les ames qui sont si heureuses que de vouloir employer les moyens que Dieu leur a donnés, a sa gloire, doivent se determiner aux desseins qu'elles font, et se resoudre de les prattiquer conformement a cette fin. Si elles sont inspirees de faire un couvent de Chartreux, il ne faut pas qu'elles veuillent qu'on y face les escholes comme aux Jesuites ; si elles veulent faire un college de Jesuites, il ne faut pas qu'elles veuillent qu'on y observe la solitude et le silence. Si cette bonne dame, que vous ne me nommes point, veut faire un monastere de Religieuses de la Visitation, il ne faut pas qu'elle les charge de grandes prieres vocales, ni de plusieurs exercices exterieurs ; car ce n'est pas vouloir des Filles de la Visitation . Il doit, a mon advis, suffire que tout l'interieur et tout l'exterieur des Filles de la Visitation est consacré a Dieu; que ce sont des hosties de sacrifice et des holocaustes vivans, et toutes leurs actions et resignations sont autant de prieres et d'oraysons ; toutes leurs heures sont dediees a Dieu, ouy mesme celles du sommeil et de la recreation, et sont des fruitz de la charité. Cela employé pour son ame, et la gloire qui revient a Dieu de la retraitte de tant de filles estant dediee pour l'accroissement de la charité de ce cœur, fait une somme presque infinie de richesses spirituelles. Voyla mon sentiment. De charger les Monasteres de la Visitation des prattiques qui divertissent de la fin pour laquelle Dieu les a disposés, je ne pense pas qu'il le faille faire. De vouloir tirer des olives d'un figuier ou des figues d'un olivier, c'est chose hors de propos : qui veut avoir des figues, qu'il plante des figuiers ; qui veut avoir des olives, qu'il plante des oliviers. Ma tres chere Fille, vous estes tout a fait de mon humeur en la reception des filles. Je prefere infiniment les douces et les humbles, quoy qu'elles soyent pauvres, aux riches moins humbles et moins douces, quoy qu'elles soyent riches. Mais nous avons beau dire : Bienheureux sont les pauvres (Mt 5,3),. la prudence humaine ne laissera pas de dire : Bienheureux sont les Monasteres, les Chapitres, les maysons riches. Il faut en cela mesme cultiver la pauvreté que nous estimons ; que nous souffrions amoureusement qu'elle soit mesestimee.

Vous aves receu deux nouvelles, mais anciennes filles de vostre Mayson ; le retour est tous-jours plus aggreable aux meres que le despart des enfans .

Je suis de tout mon cœur, ma tres chere Fille, tres entierement Vostre tres humble Pere et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

Le 22 avril....

MCMVII A LA MèRE DE CHANTAL, A ALONNE Départ précipité d'une petite colonie de Religieuses. - Portrait de celles-ci. - Le document qu'elles emportent. - Une dame que le Saint aime particulièrement sans l'avoir jamais vue. - Occupations multipliées. - Messages rapides. - Vivre, travailler et se réjouir en Dieu.

Annecy, 23 avril 1622.

L'inopinee venue de M. Roland nous presse de despescher nos cheres Seurs, qui ne devoyent partir, selon nostre compte, que sur la fin de la semaine suivante. Et par ce que nous vous envoyons ma Seur Paule Hieronime Favrot qui de jour a autre attendoit de faire la Profession, affin de ne l'envoyer pas novice nous la recevons a Profession ce mattin; et soudain la ferons partir avec les autres troys, puisque il ny a pas lieu dans la carrosse pour plus de filles que pour 4 .

Vous connoisses des-ja ma Seur Marie Marguerite , de laquelle partant je n'ay rien a vous dire, sinon qu'elle s'en va tres joyeusement. Ma Seur Paule Hieronime est une tres bonne fille, propre a tout, de bon esprit et de meilleur courage ; ell'a autant de proprietés que la sauge, selon le mot de feu vostre filz de Torens . Ma Seur Françoise Augustine est une brebis de grande observance et devotion . Ma Seur Peronne Marie est toute pleine de desir de bien s'employer. Nous avions encor choysi ma Seur Françoise Agathe ; mays voyans qu'il ny avoit place que pour 4, nous avons un peu favorisé sa mere qui avoit de la tendreté sur son depart, et non elle, qui partoit de bon cœur comm'ell'est demeuree de bon cœur. Je leur ay baillé pour document, de ne rien rechercher et ne rien refuser dans la vie religieuse.

La bonne madame de Dalet est bienheureuse de vouloir cette vie-la; Dieu luy face la grace qu'y estant, elle ne recherche plus rien et ne refuse plus rien. Je ne l'ay jamais veu, mais j'ay un certain instinct interieur tout particulier pour elle et son esprit.

Je n'escris a personne sinon a nostre bon Monseigneur l'Evesque de Langres ; car, quel moyen de faire en une matinee tant de choses, puysque hier il fallut confesser ces nouvelles professes , et parler a M. Roland et faire mille choses ? Vous sçaves mon cœur pour Mme la Premiere , pour messieurs et mesdamoyselles de Vilers. Je salue tres humblement madame la Duchesse de Bellegarde , si ell'est la, et madame la Marquise de Termes , et suis leur tres obeissant serviteur. Au cœur de nostre madame de Tolongeon il ne faut dire mot, sinon qu'il escoute bien celuy de sa mere : c'est tout ce que son vieux Pere luy desire. A monsieur Roland tout le reste. Je reviens de la Profession de nos Seurs, ma tres chere Mere, et pour faire partir nos Seurs qui vont a vous, je finis cette lettre, vous recommandant toutes a la sainte grace de Nostre Seigneur. Dans peu, j'envoyeray a nostre Seur Marie Jaqueline tout ce qui luy est necessaire pour venir .

O Dieu, que c'est une bonne chose de ne vivre qu'en Dieu, ne travailler qu'en Dieu, ne se res-jouir qu'en Dieu ! Ainsy je salue vostre cœur, ma tres chere Mere, de tout le mien, qui est vostre. Amen. A Mlle Soyrot , Arviset , Binet , a toutes les ames qui me font lhonneur d'avoir soin de prier pour moy; a Mme du Puys d'Orbe , Amen.

XXIII avril 1622.

A ma tres chere Mere, chez madame de Tolongeon.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Rennes.

MCMVIII AU PRINCE DE PIéMONT, VICTOR-AMéDéE Nouvelle supplication pour Thonon et Rumilly.

Annecy, 25 avril 1622,

Monseigneur,

Le pauvre peuple de Rumilly attend tous-jours en bonne devotion la venue des Peres de l'Oratoire en leur ville, et moy j'attens de Vostre Altesse les expeditions necessaires pour les faire venir et la et a Tonon, ou c'est la verité que rien ne peut remedier au mal qui y est, quant au mauvais ordre qu'il y a en l'administration des biens, que par cette venüe de ces Peres . Vostre Altesse me pardonne si je luy suys aucunement importun; mon excuse est toute faite au commandement qu'elle m'a fait d'avoir le soin de cette affaire. Et priant Dieu qu'il prospere de plus en plus la personne de Vostre Altesse, Monseigneur, je demeure Vostre tres humble, tres obeissant et tres fidele orateur et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

25 avril 1622, Annessi.

Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Archives de l'Etat.

MCMIX A LA MèRE FAVRE SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE MONTFERRAND Plusieurs lettres pour une même affaire. - La Mère Favre, après avoir établi le Monastère de Dijon, doit venir fonder celui de Chambéry. - Bonté de Dieu qui facilite la retraite de Mme de Dalet. - Conseils pour la visite canonique. - Avis différents, donnés par l'Evêque de Genève sous l'inspiration divine.

Annecy, 26 avril 1622.

Tenes, ma tres chere Fille, voyla deux lettres pour Monseigneur de Clermont , l'une du bon monsieur vostre pere, l'autre de moy, qui tendent a mesme fin ; vous les verres toutes deux, et, s'il vous plait, les cachetteres, et apres que le cachet sera sec, vous les luy rendres. Voyla vostre obeissance sans date . Voyla encor la lettre que monsieur vostre pere vous escrit et celle qu'il m'escrit a moy, par lesquelles vous verres comme tout se dispose a la fondation d'un Monastere a Chamberi ; et tandis que pour le commencement on fera preparer les logis, nostre Mere pourra y estre, et vous a Dijon, affin que, comme en passant, vous y establissies cette Mayson-la avant que de venir establir celle de Chamberi (note 500)

: et ainsy sera vray tout ce que nous escrivons a Monseigneur de Clermont. Je ne voy nulle sorte de difficulté en l'affaire de la bonne madame de Dalet, et me semble qu'il n'est point necessaire d'employer le tems a voir comme reüscira la remise de ses enfans entre les mains de M. et Mme de Monfan ; car il suffit de bien pourvoir a la personne et au bien maintenant, et d'avoir une tres probable conjecture que tout ira bien. Dieu n'est il pas bon, ma tres chere Fille, d'avoir ainsy explané le chemin de la retraitte a cette chere ame, laquelle, comme vous sçaves, je ne connois pas; mais j'ay certain secret instinct pour elle, qu'il ne se peut dire combien elle m'est chere. Je suis bien ayse que vous la soulagies de vostre presence en cette affaire ; nostre Mere, ce pendant, sera vostre avant courriere a Dijon et puis a Chamberi.

En la Visite , on pourra bien se dispenser es pointz moins essentielz. Vous pourres mesme, si vous le juges a propos, procurer dextrement que l'on commette quelques personnes qui ayent le loysir et la volonté entiere : comme seroit quelque bon Pere Jesuite, ou quelque Pere de l'Oratoire, ou quelque bon ecclesiastique. Je me res-jouis dequoy cette Mayson-la est pleine de bonnes filles ; celle qu'a mon advis vous voules laisser en vostre place, m'a escrit, et je luy respons *.

Je respons aussi a madame Bonnefoy et luy desire une tres bonne charité . C'est la verité que son esprit estant de la condition que vous me marqués, elle doit moins faire de consideration a se retirer et mettre a l'abry. Je fay chercher la lettre de madame de Chazeron pour l'envoyer. Hier j'eus icy une damoyselle de grans moyens, nullement propre au mariage , et neanmoins je ne sceus jamais luy conseiller la Religion a laquelle elle avoit pensé, qui estoit la Visitation, ni aucune autre, ains la renvoyay au mariage; et aujourd'huy je ne puis conseiller le mariage ni a madame [ de] Dalet, ni a madame Bonnefoy, ains suis tout a fait tiré a leur proposer la Religion. O que madame [de] Dalet est heureuse d'avoir un esprit si ferme au desir de la perfection du saint amour ! Je la salue tres cordialement, et toutes nos Seurs; mais vostre chere ame, ma Fille bienaymee, je la salue de toute l'estendue des affections de la mienne, qui suis Vostre tres humble et inseparable frere et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

26 avril 1622.

MCMX A LA SOEUR COMPAIN RELIGIEUSE DE LA VISITATION DE MONTFERRAND Préparation à la Supériorité. - La gardienne de la paix.

Annecy, 26 avril 1622 .

C'est la verité, ma tres chere Seur, ma Fille, que vous m'aves grandement consolé en la peine que vous aves prise de m'escrire, puisque mesme, ainsy que je m'apperçois, vous estes celle a qui Dieu dispose de faire remettre la charge de Superieure. On vous donnera le loysir de vous bien preparer par une entiere sousmission a la celeste Providence et un parfait encouragement a vous bien exercer a l'humilité et douceur, ou debonaireté de cœur, qui sont les deux cheres vertus que Nostre Seigneur recommandoit aux Apostres (Mt 11,29), qu'il avoit destinés a la superiorité de l'univers. Ne demandes rien ni ne refuses rien de tout ce qui est en la vie religieuse : c'est la sainte indifference qui vous conservera en la paix de vostre Espoux eternel, et c'est l'unique document que je souhaite estre prattiqué par toutes nos Seurs, que mon cœur salue tres cherement avec le vostre, ma tres chere Fille. Vostre tres humble frere et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

MCMXI A LA MèRE FAVRE SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE MONTFERRAND (FRAGMENT) " Bonnes besoignes pour l'unique Mere et pour la grande Fille. "

Annecy, [avril 1622 ]

…………………………………………………………………. L'on parle fort de faire la fondation de Turin, ou je croy que nous aurons besoin de vostre personne. L'on se dispose a Chamberi de recevoir nostre Visitation: sçaves vous comme vous y estes desiree ? Monsieur vostre pere en a des-ja escrit a Monseigneur l'Evesque de Clermont. Toutes ces bonnes besoignes sont pour l'unique Mere et pour la grande et brave Fille de nostre cœur, qui sera, de plus, genereusement humble parmi tous ces employs. ………………………………………………………………….. Revu sur le texte inséré dans la Vie manuscrite de la Mère Favre, par la Mère de Chaugy, conservée à la Visitation d'Annecy.

MCMXII A LA MèRE DE CHANTAL, A DIJON (FRAGMENT INéDIT) Des filles qui" font merveilles. " - Conseil que le Saint leur adresse.

Annecy, avril ou mai 1622 .

……………………………………………………………………… Nos Filles de Paris font merveilles et respandent par tout la bonne odeur de leurs vertus. Je les incite fort a se tenir invariables dans la pureté et sincerité de l'esprit de leur Institut, puisque c'est pour elles le chemin le plus asseuré pour parvenir a Dieu. ……………………………………………

Revu sur le texte inséré dans l'Histoire de la Fondation de la Visitation de Paris, conservée au le' Monastère d'Annecy. MCMXIII AU PRINCE DE PIéMONT, VICTOR-AMéDéE La protection des convertis, premier but de la Sainte-Maison de Thonon. Ce qu'il advient pour la pension annuelle due au sieur de Corsier; moyen d'en faciliter le payement.

Annecy, 2 mai 1622.

Monseigneur, Puysque ça esté l'intention de Son Altesse que la Sainte Mayson de Thonon servit de refuge a ceux qui, de l'heresie, se convertiroyent a la sainte religion catholique, et que pour cela ell'a commandé par lettre expresse, et par mon entremise, encor, que, des revenuz d'icelle Sainte Mayson, fussent donnés cinquante escus d'or de pension annuelle au sieur de Corsier , gentilhomme bien nay qui, despuys sa conversion qu'il fit entre mes mains, a tous-jours vescu fort vertueusement en bon ecclesiastique, apres avoir perdu tous ses biens, il recourt a Vostre Altesse Serenissime, affin qu'il luy playse de luy faire effectivement joüyr de ce bienfait que la Sainte Mayson ne nie pas luy estre deu, mays qu'elle dit ne pouvoir payer, parce que les deniers que Son Altesse luy a assignés pour sa fondation manquent.

Or, Monseigneur, le sieur Gilette estant en cour et ayant charge des affaires de la Sainte Mayson, je croy que si Vostre Altesse luy commande efficacement de faire treuver laditte pension, il le pourra bien faire. Et si d'ailleurs les Peres de l'Oratoire entrent en la Sainte Mayson, on espargnera les gages que l'on donne aux ecclesiastiques seculiers qui y sont maintenant, et de cette espargne on pourra payer cette pension et faire plusieurs autres bonnes affaires : qui sont les deux moyens que je voy, quant a present, plus propres pour remedier a la miserable pauvreté de ce gentilhomme, pourveu qu'il playse a Vostre Altesse que bien tost on les prattique, ainsy que tres humblement je l'en supplie, Monseigneur, qui suis, Vostre tres humble, tres fidele et tres obeissant orateur et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

2 may 1622, Annessi.

Revu sur l'Autographe appartenant à M. Deschamps à Rouen.

.MCMXIV AU PRINCE CARDINAL MAURICE DE SAVOIE (INEDITE) Misère et piété dignes d'être secourues.

Annecy, 2 mai 1622.

Monseigneur, Je n'ose et ne doy pas aussi oser escrire a Vostre Altesse Reverendissime que pour des occasions pressantes. Ce pauvre gentilhomme ecclesiastique desire, forcé de necessité, une grace de Vostre Altesse, selon que le R. P. Monod vous representera, Monseigneur. Et pour moy, je n'adjousteray rien, sinon que veritablement la misere de ce personnage est digne de vostre misericordet et sa pieté digne d'estre pitoyablement secourue. Ce pendant, faysant tres humblement la reverence a Vostre Altesse, et priant Dieu qu'il la comble de toute sainte fœlicité, je demeure, Monseigneur, Vostre tres humble, tres fidele, tres obeissant orateur et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

Revu sur l'Autographe conservé à Cherasco (Piémont), dans les archives de l'église Saint-Pierre.

MCMXV A LA MèRE DE BEAUMONT SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE PARIS Ecrire courtement pour écrire souvent. - Deux Pères spirituels au Monastère de Paris. - Souhaits du cœur, et saluts paternels aux Sœurs de la Visitation et aux dames, filles spirituelles de François de Sales. - Famille de la Mère de Beaumont.

Annecy, 10 mai 1622.

Affin que, comme je desire infiniment, je vous puisse escrire souvent, ma tres chere Fille, il faut que je vous escrive, tant que faire se pourra, courtement ; et je vous prie de me faire la consolation que de m'escrire aussi le plus frequemment que vous pourres.

Non, ma tres chere Fille : que l'on ayt partagé la charge du Pere spirituel de vostre Monastere, donnant a M. Le Blanc le soin de ce qui regarde vos affaires temporelles , et a M. Vincent celuy des choses purement spirituelles , il ny a point d'inconvenient; au contraire, il semble a propos, eu egard a la grandeur de la ville en laquelle vous estes. Et les Constitutions, qui renvoye (sic) a un Pere spirituel, ne disent pas qu'il ny en ayt qu'un, mays seulement quil y en ayt un ; mays, quand elles le dirait (sic), il faudrait doucement aquiescer a ce qu'un si grand et si favorable Praelat desireroit .

Or sus, mon cœur salue le vostre de toute l'estendue de ses affections, et luy souhaite perpetuellement une sainte et amoureuse generosité au service de l'Espoux celeste, et pour vous et pour toutes nos Seurs; et, comme vous sçaves, les nostres de ce Monastere Y sont comprises, specialement ma Seur Jeanne Marie, ma niece, et ma Seur Marie Anastase, nostre premiere professe , et la grande fille de Moulins ; et puis vous sçaves ce que nostre Seur Helene Angelique est a mon ame. O que de consolation quand je sçai que toutes sont bien unies a Dieu ! Je salue aussi de toute mon ame madame la Praesidente Amelot , Miles de Cravant et de Verton . Je n'oublie point ces ames-la, ni jamais madame de Villesavin , ni Mme Amori . Je seray bien consolé de la consolation de madamoyselle de Pont Chartrin . Je ne dis mot a madame de Villeneuve , car ell'est tellement ma fille, qu'elle ne doute point de la perpetuité de mon affection. Je ne puis oublier madame la Marquise de Dampierre, ni les mouvemens que le Saint Esprit donne a son cœur ; playse a sa divine Majesté de les benir et faire reuscir a la plus grande sanctification de son nom et de sa sainte Mere . Je n'ose pas escrire a madame la Marquise de Menelay si souvent ; il suffit qu'ell'ayt aggreable que -ce soit de tems en tems.

Le pere se porte bien, la mere est tous-jours malade . Nous verrons icy les deux seurs mariees , et j'ay veu naguere le Frere Vincent, qui est tout brave homme et tres bon Capucin .

Je salue monsieur Vincent et, par son entremise, madame la Generale , et suis Vostre tres humble frere, F., E. de Geneve.

X may 1622, Annessi

A ma tres chere Fille en N. S.,

Ma Seur Anne Catherine [de] Beaumont,

Superieure [de la] Visitation de Ste Marie. A Paris, Rue St Anthe.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Toulouse.

MCMXVI AU PRINCE DE PIéMONT, VICTOR-AMéDéE Le Saint s'excuse de ne pouvoir passer à la cour avant de se rendre à Pignerol, au Chapitre général des Feuillants.

Annecy, 17 mai 1622.

Monseigneur,

Ayant receu un brevet de Sa Sainteté, du vint huit d'avril, par lequel elle me commande de me treuver au Chapitre general des PP. Feuillantins qui se doit celebrer d'aujourdhuy en quinze jours a Pignerole , je prevoy qu'il me sera presque impossible de partir asses tost d'icy pour pouvoir aller faire, comme je serois obligé,.la reverence a Son Altesse Serenissime et a vous, Monseigneur, et a Madame, avant que de me rendre au lieu de l'assignation; de sorte que je seray contraint de differer la tres humble reddition de ce devoir jusques apres la celebration de l'assemblee . Ce que je supplie en toute humilité Vostre Altesse Serenissime de vouloir aggreer, et de m'honnorer des commandemens de Son Altesse et des siens, si d'aventure j'estois si heureux de luy pouvoir donner quelque contentement en cette occasion, en laquelle, comme en toute autre, je seray invariablement, Monseigneur, Vostre tres humble, tres fidele et tres obeissant orateur et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

XVII may 1622, Annessi.

Revu sur l'Autographe conserve à Turin, Archives de l'Etat.

MCMXVII

A MADAME DE LA FLéCHèRE Une commodité venue tout à propos. - Ce que l'Evêque de Genève va faire en Piémont. - Ordres qu'il donnera avant de partir.

Annecy, vers le 18 mai 1622 .

Cette fille me donne tout a propos la commodité de saluer vostre chere ame de tout mon cœur, ma tres chere Fille; et je le desirois bien fort, puisque il faut que je parte dans peu de jours pour aller en Piemont, par le commandement du Pape, qui m'oblige de me treuver au Chapitre general des Feüillans le 30 de ce moys, affin d'y praesider au nom du Saint Siege . Mays avant que je parte, je dresseray tout ce quil faut pour l'eglise de Rumilly, selon que le Prince Thomas m'a commandé , et treuveray tout prest a mon retour, qui sera dans six semaines au plus tard. . Cependant, conserves moy vostre sainte affection et pries Dieu quil me donne la grace de le bien servir. Je suis tout a fait tres absolument vostre, ma tres chere Fille. Amen.

F., E. de Geneve.

A Madame Madame de la Flechere.

Rumilly.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation du Mans.

MCMXVIII A MONSEIGNEUR PIERRE FENOUILLET éVêQUE DE MONTPELLIER (L4, note 11) Pénitence sans coulpe. - Le prince Thomas à Annecy. - Mérite et vertus de son maître d'hôtel ; François de Sales le recommande à la bienveillance du destinataire.

Annecy, 23 mai 1622.

Monseigneur,

Les affaires qui se sont passees au Languedoc des quelque tems en ça m'ont osté les commodités de vous escrire si souvent comme je soulois et devroys faire ; et bien qu'en cela il n'y ayt point de coulpe de mon costé, je ne laisse pas d'en sentir de la pœnitence, puisque veritablement ce m'est une tres grande consolation quand je puys me ramentevoir en vostre chere souvenance et vous rafraichir les offres de mon inviolable affection a vostre service. Nous avons icy maintenant l'honneur et le bonheur de la presence de Monseigneur le Serenissime Prince Thomas , des grandes qualités et parties duquel je vous escrivis mon sentiment l'annee passee. Or, monsieur de Bellecombe est l'un des principaux suivans ordinaires de Son Altesse et son maistre d'hostel actuellement servant maintenant ; chevallier que je regarde avec un honneur extreme, non seulement par ce qu'il est serviteur d'un si grand Prince et qu'il est de mes principaux amis, mais aussi parce que veritablement il est plein de tant de vertu et de merite qu'il est impossible de le connoistre et ne 1'affectionner pas ardemment . Or, Monseigneur, il a besoin de votre faveur pour les affaires dont je vous envoye la note au memoire ci joint ; et je vous supplie donq tres humblement de l'en gratifier volontier, en sorte qu'il connoisse que vous aves aggreable mon intercession, et que j'ay véritablement le bonheur d'estre aymé de vous en la qualité que je porte de si bon cœur, Monseigneur, de

Vostre tres humble et tres-obeissant frere et serviteur,

FRANçs, E. de Geneve.

23 may 1622, Annessi.

A Monseigneur

Monseigneur l'Evesque de Monpelier,

Conseiller du Roy en ses Conseilz d'Estat et privé.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Nice.

MCMXIX A UNE DAME Regret et contentement d'une courte entrevue. - Marché céleste entre le Créateur et la créature. - Permission pour des Communions plus fréquentes. - Les larmes de Vendôme.

Pignerol, 7 juin 1622.

Je confesse, ma tres chere Fille, que je ne suis pas satisfait de vous avoir si peu veuë, mais je le suis grandement de vous avoir si bien veuë, puisque j'ay veu vostre cœur bienaymé et, au milieu de vostre cœur, nostre cher Redempteur qui y a rallumé le feu sacré de son amour celeste. O mon Dieu, ma tres chere Fille, combien estes vous obligee a cet Amour eternel, qui vous est si bon et si doux, et qui, comme un bon Pere, a tant de soin de vous inspirer continuellement le desir d'estre toute sienne ! Comme pourries vous jamais esconduire ses paternelles semonces, ni rompre le sacré et advantageux marché qu'il a fait avec vous, par lequel il se donne tout a fait a vous, pourveu que vous soyes tout a fait a luy ? Soyons le meshuy sans reserve, ma tres chere Fille, et sans condition quelcomque. C'est le grand et inviolable desir que j'ay pour vous et pour moy, qui seul estant observé et prattiqué, nous consolera au depart de ce monde.

Je le veux bien, ma tres chere Fille, puisque vous en aves du desir, que vous facies la sacree Communion tous les huit jours ; m'asseurant qu'a mesure que vous approcheres plus souvent de ce divin Sauveur, vous tascheres de luy rendre aussi plus d'amour et de fidelité en son service, et que le jour de vostre Communion vous vous garderes de donner sujet a ceux avec lesquelz vous converseres de penser que vous n'estimes pas asses l'honneur de la reception de vostre Salut.

Tenes, voyla une des larmes de Vandosme, c'est a dire une goutte de l'eau dans laquelle on a trempé la fiole dans laquelle est, ainsy qu'on tient par la tradition ancienne des habitans de Vandosme, de la terre sur laquelle tomberent les larmes de Nostre Seigneur, tandis qu'au tems de sa mortalité et de ses peynes il pria et adora son Pere eternel pour la remission de nos pechés (He 5,7). On dit cela, et le tient on pour certain au diocese d'Orleans, d'ou nostre Seur Claude Agnes, qui est Superieure la du Monastere de la Visitation, me l'a envoyee (note 557). Mais comme que ce soit, gardes cette representation de larmes comme un memorial de celles de Nostre Seigneur, qui vous face ramentevoir de l'obligation que vous aves a la dilection qui fit pleurer cette infinie Bonté pour nous, et d'un motif parfait de ne jamais offencer une si merveilleuse et aymable Douceur.

………………………………………………………………

Le 7 juin 1622

MCMXX AU CARDINAL LUDOVIC LUDOVISI (EN ITALIEN) Une lettre arrivée quatre heures après la clôture du Chapitre général. -Ordre du Pape, et difficulté de casser une élection canonique. - Moyen terme proposé par François de Sales.

Pignerol, 11 juin 1622.

Illustrissime, Révérendissime et très vénéré Seigneur,

Hier, 10 de ce mois, à la vingtième heure, fut clôturé et terminé le Chapitre général des Feuillants ; et à la vingt-quatrième je reçus la lettre du 28 mai que Votre Seigneurie Illustrissime voulut bien me faire adresser, par laquelle, suivant l'ordre de Sa Sainteté, elle m'enjoignait de faire élire un italien pour Prieur de Saint-Bernard de Rome . Mais toutes les élections étant faites deux jours auparavant et tous les Pères capitulants congédiés , j'ai prié ce matin le Père Général et les Assistants de donner ordre à ce que l'élection faite en Chapitre d'un français soit révoquée et transférée à un italien. Là-dessus, ils m'ont répondu qu'ils avaient les mains liées, et ne pouvaient casser une élection faite canoniquement. Toutefois, comme le Père Général doit se rendre à Rome au mois de septembre, on a décidé que le Prieur élu de Saint-Bernard ne prendrait pas possession de sa charge jusqu'à ce que le Général lui-même ait présenté ses hommages à Votre Seigneurie Illustrissime et reçu ses ordres; de sorte que, en qualité de protecteur des Feuillants, Elle pourra alors, si bon lui semble, transférer l'élection de ce français faite en Chapitre, au Prieur de Sainte-Pudentienne, qui est italien . La Congrégation, et surtout son Général, n'auront jamais de plus ardent désir que de demeurer soumis au bon plaisir de Sa Sainteté et à ce qui leur sera indiqué par Votre Illustrissime Seigneurie. Je crois avoir ainsi accompli, autant qu'il m'a été possible, ce que vous m'avez ordonné en cette occasion. Priant Dieu notre Seigneur de vous combler de toute sainte prospérité, je vous baise très humblement les mains. De Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime, Le très humble et très dévoué serviteur, FRANçOIS, Evêque de Genève.

De Pignerol, le 11 juin 622.

Revu sur l'Autographe conservé à Rome, à la Bibliothèque Barberini. MCMXXI AU CARDINAL SCIPION CAFFARELLI-BORGHESE (L6, note 342) (MINUTE) Fonctions épiscopales exercées à Pignerol par l'Evêque de Genève.- Le Chapitre des Feuillants. - Prochain voyage du Supérieur général à Rome.

Turin, 21 juin 1622.

Monseigneur Illustrissime, Comme j'estoy ces jours passez à Pignerolle pour assister à la celebration du Chapitre general des Peres Fueillans, j'ay esté convié par Vostre Seigneurie Illustrissime, par vostre Vicaire general et encore par Monseigneur le Nonce, qui est en ces quartiers , d'administrer le Sacrement de Confirmation au peuple de ce lieu, dequoy je me suis acquitté pendant les deux jours consecutifs de Dimanche qui se sont rencontrez au temps de la tenuë du Chapitre . J'ay conferé aussi les Ordres mineurs à plusieurs, suivant le desir que monsieur vostre Vicaire general m'a tesmoigné que vous en aviez.

Quant au Chapitre general qui y a esté celebré, je puis dire avec verité que je n'ay jamais veu assemblée plus modeste, plus religieuse, ny où la paix reluisit avec plus d'esclat qu'en celle-là. On y a fait l'eslection d'un General doüé d'une doctrine eminente, d'une prudence rare et d'une singuliere pieté ; et ceste eslection a esté faicte quasi par le concours de tous les suffrages. Je m'asseure, que Vostre Seigneurie Illustrissime aura pour chose fort aggreable de le voir favorablement quand il se rendra à Rome l'automne prochain; parce que c'est un personnage de tres-grand merite, et qui a servy et servira à l'advenir la saincte Eglise par ses doctes escrits, et d'ailleurs, parce qu'ayant esté creé General au Monastere de Vostre Seigneurie Illustrissime, il se promet et attend beaucoup de vostre protection.

Je remercie tres-humblement Vostre Seigneurie Illustrissime de ce qu'Elle a daigné me commander et se servir de moyen ceste petite occasion ; car c'est la plus grande gloire que je pouvois esperer. Je luy baise tres-humblement les mains, et prie Nostre Seigneur qu'il respande sur Elle toute sorte de saincte prosperité, selon la plenitude des desirs, Monseigneur Illustrissime, de Vostre tres-humble et tres-obeyssant serviteur, FRANçOIS, E. de Geneve.

De Turin, ce 21 juin 1622.

MCMXXII AU CARDINAL OCTAVE BANDINI (MINUTE) Une assemblée d'Anges et non d'hommes mortels. - Concours universel de suffrages. - Demande d'une continuation de bienveillance.

Turin, 21 juin 1622.

Monseigneur Illustrissime,

La lettre que Vostre Seigneurie Illustrissime a eu aggreable de m'escrire, du sixiesme de may, m'oblige de mettre la plume à la main pour vous asseurer que le Chapitre general des PP. Fueillans a esté tenu avec tant de paix et un si unanime consentement des esprits et des volontez de ceux qui y ont assiste, que ces braves Religieux me sembloient plustost une as semblee d'Anges, que d'hommes mortels. Il n'a esté veu entr'eux ny discorde, ny dispute, ny la moindre contradiction, mesmement à l'eslection du General, qui a este faicte d'une approbation tres-generale et par le concours quasi de tous les suffrages ; comme certes il estoit tres-convenable, puis qu'ils faisoyent choix d'une personne dont le sçavoir est tres-eminent, la probite exquise et la prudence admirable, et duquel les travaux ont esté tres-heureusement et utilement employez pour la propagation de la saincte foy catholique, comme ses diverses traductions de quelques anciens Peres grecs et quelques traictez qu'il a escrits contre les heresies de ce temps le demonstrent visiblement : de sorte qu'il n'estoit point necessaire que l'authorité Apostolique intervinst en un Chapitre de telle qualité.

Et toutesfois, puis que le commandement de Sa Sainctete l'a ainsi ordonné, j'ay assiste à tous les actes capitulaires qui ont esté faicts, et en rends compte à Vostre Seigneurie Illustrissime ; vous suppliant de toute mon affection, que, comme vous avez tous jours honoré de vostre faveur ceste Congregation, il vous plaise luy continuer la mesme bienvueillance, la mesme protection, à fin qu'elle aille tous jours perseverant et croissant en la saincte observance de la discipline religieuse. Je baise tres-humblement les mains de Vostre Seigneurie Illustrissime, et prie Dieu qu'il vous comble de ses plus sainctes felicitez, selon l'estenduë des desirs, Monseigneur Illustrissime, de Vostre tres-humble et tres-obeyssant serviteur, FRANçOIS, E. de Geneve.

De Turin, ce 21 juin 1622.

MCMXXIII AU CARDINAL ALEXANDRE MONTALTO (MINUTE) Pourquoi François de Sales trouve que sa présence au milieu des Pères Feuillants était inutile. - Election qui ne pouvait être meilleure. - Les traductions de D. Jean de Saint-François.

Turin, 21 juin 1622.

Monseigneur Illustrissime,

J'ay receu avec la tres-humble reverence que je doy, la lettre de Vostre Seigneurie Illustrissime, du vingtuniesme de may, laquelle m'a rencontré entierement et prompt et remply d'allegresse pour vous obeyr. Mais c'est la verité que j'ay esté tres-inutile aux Peres Fueillans ; car ils se sont comportez en leur Chapitre general avec tant de pieté, avec tant de paix, d'union et de tranquillité, que je n'ay eu aucune occasion de les servir, comme Vostre Seigneurie Illustrissime me commandoit et comme je le desirois ardamment.

Ils ont promeu à la charge de General un personnage si orné des lumieres d'erudition et de prudence, qu'ils ne pouvaient faire une meilleure eslection. Il a tres-bien merité de la saincte theologie ; car il a traduict beaucoup de livres de grec en latin, comme il se voit au second tome de sainct Gregaire de Nice (sic) . La traduction françoise qu'il a faicte de sainct Denys Areopagite, avec de tres-belles annotations, est cogneuë par tout le royaume . Il a escrit encore avec une merveilleuse eloquence et une singuliere clarté, pour la deffence de la saincte foy contre les heretiques de ce temps . Et pour ce, je ne doute point que ceste eslection ne soit tres-aggreable à Vostre Seigneurie Illustrissime, laquelle, pour ne point entretenir plus long-temps avec des termes mal polis et grossiers, je supplie de me permettre que, comme Elle m'a recommandé ceste Congregation, je la recommande semblablement avec une tres-profonde reverence à son affection et à sa tres-amoureuse charité.

Je vous baise tres-humblement les mains, et vous souhaitte du Ciel les felicitez que souhaitte pour soy-mesme, Monseigneur Illustrissime, Vostre tres-humble et tres-obeyssant serviteur, FRANçOIS, E. de Geneve.

De Turin, ce 21 de juin 1622.

MCMXXIV AU CARDINAL LUDOVIC LUDOVISI (MINUTE) Compte-rendu du Chapitre général des Pères Feuillants. - Science, prudence et piété du Supérieur élu.

Turin, 21 juin 1622.

Monseigneur Illustrissime,

L'asseurance que les Peres Fueillans m'ont donnée de l'amour et de la faveur que Vostre Seigneurie Illustrissime porte à leur Congregation , m'oblige de vous exposer comment, ayant pleu à Sa Saincteté m'establir President de leur dernier Chapitre general, j'ay rencontré parmy eux une concorde et une pieté si rare, que j'ay esté touché en moy-mesme d'un particulier sentiment d'obligation de louër infiniment la divine Majesté, qui a communiqué à des hommes mortels une si douce et aymable paix d'esprit.

D'avantage, ils ont faict l'eslection d'un General, avec toute la maturité et le choix qu'on pouvoit desirer ; car ils ont jetté les yeux sur un personnage où la rencontre d'un sçavoir exquis, d'une prudence non commune et d'une excellente pieté se trouve avec une tres-belle harmonie. Ses rares escrits rendent une manifeste preuve de cecy, Dieu s'estant servy de sa plume pour apporter beaucoup d'ornement à la saincte doctrine catholique, par les tres-utiles traductions qu'il a faictes de quelques Peres grecs et par les tres-beaux livres qu'il a composés pour la refutation des heresies de ce temps : dont je ne doute point que Vostre Seigneurie Illustrissime ne reçoive un grand contentement de ceste eslection et de l'heureux succez du Chapitre. Je me promets encore qu'elle continuera sa faveur à l'endroict de ceste Congregation ; dequoy je la supplie tres-humblement.

Et baisant tres-reveremment vos sacrées mains, je prie Dieu qu'il vous donne toute saincte prosperité. C'est l'ardent desir de celuy qui est, Monseigneur Illustrissime, Vostre tres :humble et tres obeyssant serviteur.

FRANçOIS, E. de Geneve.

De Turin, ce 21 juin 1622

MCMXXV AU CARDINAL SCIPION COBELLUZZI (MINUTE) Union des esprits au Chapitre des Feuillants. - Une élection unanime; regret qu'éprouve le Saint à ce sujet.

Turin, 21 juin 1622.

Monseigneur Illustrissime,

Puis que je cognoy l'affection particuliere dont le sainct zele de Vostre Seigneurie Illustrissime a tous jours embrassé et procuré les interests et l'advancement de la Congregation des PP. Fueillans, il m'a semblé estre de mon devoir de luy donner advis sur le succez de leur dernier Chapitre general, auquel, comme sçait Vostre Seigneurie Illustrissime, Sa Saincteté m'a donné ordre d'assister en qualité de President.

J'asseure donc Vostre Seigneurie Illustrissime que toutes choses s'y sont passées avec une si estroicte union d'esprit, de paix et de pieté, que ces nobles qualitez n'y pouvoient pas estre desirées en un plus excellent degré : de sorte que je puis dire ma presence y avoir esté tresinutile, n'ayant eu autre exercice pendant cest employ, sinon de gouster en moy-mesme la douceur et la consolation en la veuë de tant de modestie et de tant de vertu. Le General y a esté esleu avec un tres-general consentement de tous, car de trente-cinq suffrages, les trente luy ont esté donnez ; et quand son eslection a esté publiée, l'approbation de tous a esté recogneuë dans la commune allegresse qu'ils ont tesmoignée.

Et pour moy, je ne trouve en tout cecy qu'une chose à redire : c'est qu'il me semble que ce n'est pas un detriment de peu d'importance au public, qu'un personnage d'une condition si eminente et qui a escrit tres-elegamment pour le service de l'Eglise, se trouve neantmoins maintenant occupé ès affaires qu'apporte la charge et la Superiorité qu'on luy a imposée, encore que ceste charge soit sur des personnes religieuses et qui font profession de la perfection monastique. Car il me semble que luy ayant reüssy d'escrire avec l'heur et la grace qu'on remarque es traductions du grec en latin et en françois qu'il a données au public, et en refutant les heresies de ce temps, il pouvoit rendre un plus grand et plus important service à la saincte Eglise en la continuation de cest employ. Toutesfois, puis que la divine Providence l'a ainsi ordonné, il est à esperer qu'elle se veut servir de sa promotion au Generalat pour faire reüssir par ce moyen quelque grand fruict à son Ordre et à la saincte Eglise catholique. Je baise les mains de Vostre Seigneurie Illustrissime avec une ires-profonde reverence, et souhaitte de Dieu en sa faveur toute sorte de saincte felicité, comme estant, Monseigneur Illustrissime, Vostre tres-humble et tres-obeyssant serviteur., FRANçOIS, E. de Geneve.

A Turin, ce 21 juin 1622.

MCMXXVI A SA SAINTETé GRéGOIRE XV (EN ITALIEN) Ce qui s'est fait au Chapitre général tenu à Pignerol. - Concorde parfaite qui y présida. - Le gage de la persévérance dans l'union des cœurs et des esprits. - Une question que l'Evêque de Genève n'a pas voulu trancher. - Son avis sur la réforme du Bréviaire cistercien; pourquoi il ne le fit pas prévaloir par un coup d'autorité.

Turin, 22 juin 1622.

Très Saint-Père, Les Lettres de Votre Sainteté m'ayant établi Président du Chapitre général de la Congrégation des Feuillants, j'ai obéi sans retard et me suis transporté au monastère de Pignerol où s'est tenu ce Chapitre. On y a réglé et décrété un grand nombre de points relatifs aux affaires de la Congrégation, qu'on y avait proposés de toutes parts. Enfin, selon l'usage, on y a élu le Supérieur général, mais avec une si parfaite concorde et tant de douceur dans les procédés, qu'on ne saurait rien voir de plus aimable. Aussi n'y a-t-il plus rien à désirer, sinon que cette union, ou mieux cette unité entre tant de têtes de diverses nations, que l'on peut et que l'on doit maintenant louer, puisse et doive mériter les mêmes louanges à l'avenir.

A mon avis, cet espoir parait devoir se réaliser certainement au cours de ce triennat, puisque c'est Frère D. Jean de Saint-François qui a été élu Supérieur général de la Congrégation. Ce n'est pas seulement un homme d'une érudition remarquable et vraiment éminente, par la variété de ses pieux écrits et par de brillants travaux (il a en effet illustré l'Eglise, il l'a défendue contre les hérétiques), c'est encore un homme d'une prudence très avisée et fort exerce aux affaires ; enfin, ce qui est capital, il est versé dans la piété et dans la science de l'apostolat. Aussi y a-t-il lieu de croire que sous son gouvernement toute la Congrégation produira des fruits de jour en jour plus abondants.

Sur un point pourtant, Très Saint-Père, cette même Congrégation me paraît laisser à désirer. Toutefois je n'ai pas cru devoir trancher la question ; il m'a paru préférable de la soumettre à votre sagesse Apostolique. La Congrégation se sert, en effet, d'un Bréviaire en usage chez les Cisterciens, dont il est nécessaire de corriger, voire même de blâmer un assez grand nombre de passages. Ce sont des récits peu sérieux et presque badins, des hymnes sans suite, grâce au mélange des mots, nombre d'endroits entachés de pensées obscures : il est décent que tout cet ensemble soit rejeté hors de l'église de Dieu. Sans doute, la plupart des capitulants, les plus doctes et les plus sages, réclamaient une telle mesure ; mais d'autres, moins éclairés et attachés jusqu'à l'excès à leurs anciennetés, comme ils disent, ont mis toute leur ardeur à défendre le Bréviaire usité jusqu'ici parmi eux . Le Chapitre ayant fait preuve d'une grande unanimité de vues sur les autres questions, il m'a :semblé préférable de ne point lui imposer, d'autorité, une décision. A mon avis, toute l'affaire se conclura plus heureusement et avec plus .de facilité si Votre Sainteté fait un précepte au Général de laisser au plus tôt ce Bréviaire vieilli, pour adopter l'édition monastique, laquelle est non seulement approuvée, mais absolument recommandée à tous les moines par le Siège Apostolique . Alors tous, en raison de la religieuse soumission dont ils honorent et vénèrent le suprême Pontificat de Votre Sainteté, tiendront leur âme en paix.

Que Dieu très bon et très grand conserve le plus longtemps possible les jours de Votre Sainteté : tel est l'objet de tous mes vœux, de mon humble prière, de mon ardent désir.

Je baise les pieds de Votre Sainteté, dont je suis Le très soumis, très dévoué, très humble fils et serviteur, FRANçOIS, Evêque de Genève.

Turin, le 22 juin de l'an 1622.

Revu sur l'Autographe conservé à Rome, à la Bibliothèque Barberini.

MINUTE DE LA LETTRE PRéCéDENTE (EN ITALIEN)

Très Saint-Père,

Ayant reçu les Lettres Apostoliques de Votre Sainteté, datées du 28 avril de cette année, qui me constituaient Président du Chapitre général de la Congrégation de Sainte-Marie des Feuillants, j'ai obéi sans retard. Je me suis rendu au monastère dudit Ordre à Pignerol ; et là, en ma présence et, conformément aux décisions. Apostoliques, sous ma présidence, s'est tenue cette assemblée.

Comme il convenait, les diverses affaires de la Congrégation, apportées de toutes parts,. y ont été l'objet de nombreuses décisions et ordonnances. Puis, selon l'usage, on a fait l'élection du Supérieur général et d'autres, tant Provinciaux qu'Abbés et Prieurs. Tout cela s'est passé dans une si parfaite harmonie des cœurs, une si grande paix, une telle douceur, que l'on ne saurait rien voir de plus suave, de plus aimable. Aussi me semble-t-il qu'on puisse appliquer à ce Chapitre la parole du Prophète : Qu'il est bon, qu'il est agréable pour les frères d'habiter ensemble ! C'est comme le parfum répandusur la tête, qui descend sur la barbe, la barbe d'Aaron. Il ne reste plus qu'une chose à désirer: c'est que cette union, ou plutôt cette unité, entre des hommes de tant de provinces et de nations différentes, continue dans l'avenir à mériter les éloges qu'elle mérite aujourd'hui.

Cette Congrégation possède maintenant pour Supérieur général un homme qui a réuni la très grande majorité des suffrages, et auquel, sans contredit, tous doivent céder la palme du savoir, de la prudence et du talent ; un homme d'une vertu et d'une piété remarquables, qui, par des écrits très profonds, a enrichi et défendu l'Eglise de Dieu, et reste prêt à l'enrichir et à la défendre encore, quand ses loisirs le lui permettront. On doit donc espérer que, sous son gouvernement, toute cette Congrégation produira des fruits de jour en jour plus abondants. D'ailleurs, puisque, en 1625, le Chapitre général doit se tenir à Rome, sous les yeux du Saint Siège Apostolique, s'il reste à ajouter quelque chose pour augmenter l'éclat et la perfection de cet Ordre illustre, cela se fera sans peine et sans difficulté.

Puisse Dieu très bon et très grand, dans son admirable providence envers l'Eglise, garder saine et sauve Votre Sainteté! Je l'en prie et l'en conjure à genoux, de mes vœux les plus humbles et les plus ardents.

FRANçOIS, Evêque de Genève.

De Turin.

MCMXXVII A MADAME LE LOUP DE MONTFAN Les meilleures réponses. - Une véritable inspiration divine. - Quand Dieu parle, il ne faut pas contester, mais regarder l'Evangile et en suivre les maximes. - Ce dont la ferveur de Mme de Dalet devra se contenter. - Ses parents prendront soin de ses enfants. - Qualités qu'il faut joindre ensemble. - Condescendance et humilité du saint Evêque.

Turin, 6 juillet 1622 .

Madame,

Les plus courtes responses sont ordinairement les meilleures, et avec cela, [je suis] pressé de mon depart de cette cour et du desir de depescher vostre homme, qui me conjure ardemment de ne le point retenir davantage. Or, je ne diray rien des tiltres d'honneur et de faveur dont vous estes si liberale envers moy, sinon que je ne cesseray jamais de vous souhaitter toute sorte de consolation et quelque digne occasion de vous tesmoigner combien je vous honnore.

Je ne vous diray donq pas autre chose sur le dessein que madame [de Dalet], vostre fille, a de se retirer dans le monastere, sinon que je croy fermement que c'est une veritable inspiration divine, ne voyant tout a fait aucune rayson au contraire, puisque, graces a Dieu, elle a de si justes et dignes garens de la personne et biens de ses enfans , pourveu qu'il vous playse, et a monsieur [votre mari], de vous charger de cette peine. Et affin qu'il vous playse, je ne veux point user de longs discours, ains seulement dire que si vous le faites, vous feres une chose infiniment aggreable a Dieu ; car cela suffit a une ame genereuse pour luy faire prendre toutes sortes de resolutions.

Je voy bien qu'il y a plusieurs repliques a ce que je dis ; mais je croy bien aussi qu'en ces occurrences il n'est pas question de contester et de disputer, ains de considerer les maximes de l'Evangile, qui sans doute nous conduisent au parfait despouillement, et au mespris de la sagesse temporelle qui ne s'arreste a la sagesse de la vertu que requiert l'excellence et l'eminence de l'amour celeste.

Mais, Madame, si cette chere fille de vostre cœur s'arreste dans les bornes que vostre authorité luy prefixe, de n'estre au monastere que comme fondatrice, sans changement d'habit ni de condition exterieure , je ne croy pas que la plus sage sagesse humaine puisse sagement gronder, ni, je m'asseure, probablement murmurer. Car, presupposé la charité de monsieur vostre mari et la vostre envers vos petitz enfans pour avoir soin d'eux et de leurs petitz affaires, et asseurer madame vostre fille pour luy [donner] commodité de vivre plus parfaitement sous l'ombre de la Croix, que peut on dire autre chose sinon que Dieu a donné l'inspiration a la fille de se retirer, et au pere et a la mere de luy en donner les moyens ? Je sçai qu'a faire ces grandes et heroïques vertus il y a de l'effort ; mays c'est aussi de la d'ou elles tirent leur plus grande gloire.

Vous me marques, Madame, un defaut de cette fille, qui est qu'elle jure sous equivoque ; a quoy, ce me dites vous, vous ne vous entendes point. C'est une des plus aymables conditions que vous puissies avoir, je le confesse ; mais il faut adjouster une autre grandement pretieuse, qui est de ne point user de vostre authorité maternelle contre cet esprit qui, pour eviter le coup, se desrobe plustost que de parer.

Mais quant a moy, Madame, je vous proteste que je n'use point d'equivoque quand je vous prometz en bonne foy que, de mon costé, je ne consentiray point que madame [de Dalet] prenne l'habit de la Visitation que quand, par une veritable attestation, j'auray esté asseuré de vostre consentement: de cela je vous prie de le bien croire. Je vous en donne ma parole plus clairement : je n'ay nulle authorité sur les Monasteres de la Visitation qui sont hors de mon diocese, de sorte que je ne puis m'obliger sinon a ne point consentir, ains a faire tout ce que je pourray, non point par authorité, mais par credit que j'espere d'avoir envers les Superieures de ces Monasteres, et particulierement avec madame [Favre], de laquelle je suis grandement certain qu'elle suivra en cela ma direction. Et partant, Madame, je vous donne de rechef asseurance de ce que dessus, et signe expres sous la promesse que je vous en fay………….

FRANçs, E. de Geneve.

MCMXXVIII A LA COMTESSE DE DALET (INEDITE) Comment Mme de Dalet pourra contenter à la fois sa dévotion et sa mère. - Jugement sur des plaintes maternelles ; à laquelle de ces plaintes le Saint a voulu répondre. - Promesse de lettre; douce invitation à écrire aussi.

Turin, 6 juillet 1622.

……………………………………………………………….

Demeures donq ainsy en vostre habit seculier, mais prenant les habitudes religieuses pour, en contentant vostre devotion dans le monastere, contenter encor madame vostre mere . Vous ne vivres pas moins au gré de l'Espoux celeste, qui ne prend pas garde a l'exterieur et duquel vous ne seres pas moins [bien] veuë en verité, bien que l'apparence sera moindre. Ce n'est pas peu que d'estre dans les porches de la mayson du Seigneur. Madame vostre mere me fait asses de plaintes de vostre esprit, mais je connois bien la jalousie maternelle et discerne bien en cecy les eslans de la nature d'avec ceux de la grace. Attaches vous bien, ma tres chere Fille, a la Croix de Jesus Christ, qui pour vous a souffert une si grande contradiction contre soy mesme (He 12,3)

; il soit vostre seule mire et son aggreement vostre unique consolation. Je n'ay pas voulu respondre a toutes les plaintes maternelles pour ne point m'embarrasser, ormis sur celle de madamoyselle vostre fille, que je consens estre remise a cette bonne mere, attendant qu'elle puisse faire choix de sa vocation . Je donne au reste toutes les asseurances que je puis pour vostre personne. Je croy que madame vostre mere s'en contentera ; au moins, la reputation qu'elle a d'estre de si bon jugement l'y oblige. Je suis sur mon depart de cette cour, mays je vous escriray soudain que je seray a Annessi (lettre1938), ou j'attendray a chaque commodité de vos lettres pour sçavoir en quel estat seront vos saintes affaires, ne me pouvant empescher d'estre grandement touché du desir de vostre consolation et sur tout de vostre perfection. …………………………………………………..

Le [6] julliet 1622.

Revu sur le texte inséré dans l'Histoire de la Fondation de la Visitation de Montferrand, parla Mère de Chaugy, conservée au 1er Monastère d'Annecy.

MCMXXIX A MONSEIGNEUR JEAN-FRANçOIS DE SALES éVêQUE DE CHALCéDOINE, SON FRèRE Espérance de retour en Savoie. - Une affaire à considérer de nouveau. - La réforme de Sainte-Catherine. - Voyage qui devient inutile, grâce à l'intervention du Prince et du Pape.

Turin, 7 juillet 1622.

Monsieur mon Frere,

Je vous escrivis hier ; aujourdhuy je redis que j'espere, dans huit ou 9 jours, partir pour mon retour . Et tandis, je vous asseure que je n'ay nullement oubliee la priere que je vous fis a mon depart, de prendre resolution sur l'affaire de Dumont par l'advis de nos amis ; et ce fut la premiere chose que je luy dis quand il vint icy. Mays par ce que, d'un costé vous m'escrivies d'une sorte qu'il sembloit que vous n'avies pas faite une resolution finale, et que d'ailleurs il se sousmettoit a l'examen de la cause, je luy dis que, estant arrivé, nous considererions de rechef son affaire, et que si ce n'estoit point chose contraire a l'equité, nous aurions soin de ne point le precipiter dans la demission de sa charge. Je renvoye l'homme d'Auvergne despeché . Je suis bien ayse que les filles de Sainte Catherine ayent fait leur affaire en mon absence ; et avant que je parte on despechera a Rome pour la reformation generale, ainsy que Monseigneur le Prince resolut avant hier. Il ne sera, je pense, pas besoin d'envoyer a Louvain, puisque Son Altesse prendra les moyens convenables pour accoyser ces messieurs les Proviseurs, et que le Pape interviendra en cett'affaire . Je vous salue tres humblement, et tous nos freres et amis, avec nos seurs et amies. Je suis, Monsieur mon Frere, Vostre tres humble frere et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

7 julliet 1622, a Turin.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Turin.

MCMXXX A LA MèRE DE CHANTAL, A DIJON (FRAGMENT) Passage de la Mère Favre de Montferrand à Dijon.

Turin, juillet-août 1622 .

……………………………………………………….. J'appreuve, ma chere Fille, ce que vous me proposes, de tirer de Montferrant ma chere grande Fille, quoy qu'elle soit actuellement Superieure, pour l'envoyer occuper vostre place a Dijon, d'ou vous ne partires point, ma chere Fille, qu'elle n'y soit establie…………………………………….. Revu sur le texte inséré dans l'Histoire de la Fondation de la Visitation de Dijon, conservée au 1er Monastère d'Annecy.

MCMXXXI A MONSEIGNEUR JEAN-FRANçOIS DE SALES éVêQUE DE CHALCéDOINE, SON FRèRE (FRAGMENT) Un désir de François de Sales. -Pourquoi il voudrait être " un peu en repos aux pieds de Nostre Seigneur".

Turin, [juillet-août] 1622 .

……………………………………………………………………………… Oh ! que je serois heureux si d'icy a un an ou deux je pouvois tellement partager avec vous ma charge, que je peusse tenir la partie de Magdeleine, et vous celle de Marthe! Non certes que je desire celle de Magdeleine parce qu'elle est meilleure (Lc 10, 42) ; mais parce que, si je pouvois estre un peu en repos aux pieds de Nostre Seigneur, il m'est advis que j'apprendrais certaines choses que je pourrois laisser tres utilement a la posterité par escrit, selon l'exhortation que tant de gens de bien m'en ont fait , Mais apres cela, je proteste que je ne veux rien que vivre et mourir en la grace et volonté de Dieu. ………………………………………………………………………

MCMXXXII A LA DUCHESSE DE MODèNE, ISABELLE DE SAVOIE (EN ITALIEN) Grande vertu des Infantes de Savoie. - Consolation que le Saint a trouvée dans leur société. - Une précieuse faveur reçue de l'Infante Françoise-Catherine.

Turin, 8 août 1622.

Sérénissime Madame, Me trouvant maintenant à la veille de mon départ de cette cour. je viens, par ces quelques lignes, offrir aussi mes très humbles hommages à Votre Altesse Sérénissime que j'ai eue continuellement devant les yeux de l'esprit en la personne des Sérénissimes Infantes . Celles-ci proclament avec tant d'affection les vertus accordées par la Bonté divine à Votre Altesse, qu'elles vous tiennent toujours présente au souvenir de ceux qui, en tout respect, jouissent de leur auguste société, comme je l'ai fait ces deux derniers mois. J'avoue ingénument à Votre Altesse, qu'en cette académie de piété où vivent les Sérénissimes Infantes, j'ai goûté une consolation si grande, que, quoique ma profession ecclésiastique et mon éducation dans les lettres sacrées soient assez éloignées de la vie de la cour, j'ai néanmoins éprouvé un singulier plaisir à demeurer ici, pour jouir en particulier de la vue d'une piété telle qu'elle reluit en ce trio d'Infantes.

Je ne parlerai pas à Votre Altesse des faveurs reçues de leur bonté ; mais je dirai bien que celle que me fait la Sérénissime Infante Françoise-Catherine en m'ordonnant de saluer ainsi par écrit et à la hâte Votre Altesse, est une des plus grandes et précieuses que je pusse attendre en ce monde. C'est pourquoi j'espère, Madame, que vous daignerez m'excuser et que vous n'attribuerez pas à présomption cette marque de confiance.

En attendant, je prie Jésus-Christ notre Rédempteur d'accorder chaque jour à Votre Altesse de nouveaux accroissements en son amour, avec une conformité parfaite à sa Croix bien aimée.

Je vous renouvelle mes très humbles hommages et je demeure à jamais, De Votre Altesse Sérénissime, Le très humble et très dévoué serviteur et orateur, FRANçOIS, Evêque de Genève.

A Turin, le 8 août 1622.

Revu sur l'Autographe conservé à Modène, Archives de l'Etat.

MCMXXXIII AU CARDINAL LUDOVIC LUDOVISI (EN ITALIEN) Deux Pères Feuillants en route pour Rome. - Prière de s'intéresser aux affaires qu'ils vont y traiter. - Départ pour Annecy.

Turin, 17 août 1622.

Illustrissime, Révérendissime et très vénéré Seigneur,

Ces deux Pères partent de cette ville pour les affaires qu'ils expliqueront au Saint-Siège. Et comme toutes regardent la plus grande gloire de Dieu et qu'elles ne peuvent réussir que par l'intervention de la main très puissante de Votre Seigneurie Illustrissime, je les lui recommande, et à sa piété et à sa sollicitude, avec un très profond respect. Je pars demain pour ma résidence, où se trouve le Monastère pour la réforme duquel ces Pères vont à Rome. De Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime, Le très dévoué et très humble serviteur, FRANçOIS, Evêque de Genève.

De Turin, le 17 août 1622.

Revu sur l'Autographe conservé à Rome, à la Bibliothèque Barberini.

MCMXXXIV A M. PHILIPPE SANGUIN DE ROQUENCOURT Désir de l'Evêque de Genève de complaire au destinataire. - Son vouloir limité par son pouvoir. - A qui il appartiendra de résoudre la difficulté au sujet d'une aspirante à la Visitation. - Rien de secret dans les Constitutions de l'Institut ; rien de cabalistique dans les paroles et les écrits du Fondateur. - La seule impuissance de méditer n'exclut pas du cloître. - Ce n'est pas sans raison ni pour fâcher le père que la Supérieure se décide à ne pas recevoir la fille.

Annecy, 24 août 1622.

Monsieur,

J'estois malade en Piemont (note 716) quand je receu vostre lettre du 27 may; maintenant, de retour au lieu de ma residence, je vous remercie tres humblement de la souvenance que vous aves de moy qui, reciproquement, ay gravé en mon ame le respect que je doy a vostre vertu et pieté, tesmoignee, de vray, par l'assistence que vous fistes a madame de Gouffier pour la reception des Filles de Sainte Marie de la Visitation .

Ensuite dequoy je voudroys bien, je vous asseure, Monsieur, vous rendre quelque utile service en toutes occasions, mays en particulier pour la consolation de madamoyselle vostre fille , et mesme ayant receu une si grande recommandation et si puissante, comm'est celle de Monseigneur le Duc de Nemours qui m'escrit ardemment pour vostre intention. Neantmoins, Monsieur, je parle à des hommes qui connaissent la loi, (Rm 7,1) je doys limiter mon vouloir par mon pouvoir, qui ne s'estend pas hors de mon dioccese sinon par maniere d'intercession. Et partant, j'escritz a la Superieure delaquelle vous vous plaignies , qu'autant qu'il se pourra bonnement faire selon Dieu, elle contente vostre desir, en consideration de celuy que j'ay tres ardant de vous rendre service. Que si, apres cela, il se treuve quelque difficulté, ce sera a l'authorité de Monseigneur le Cardinal Evesque de Paris , ou a ceux qui ont charge de luy, de la resoudre.

Au reste, Monsieur, il ny a aucun article secret es Constitutions de l'Institut de Sainte Marie, sinon qu'il ayt esté adjousté si secretement que je n'en aye jamays eü connoissance. Car, quant a moy, je puis [dire], quant a cela, a l'imitation de Nostre Seigneur et Maistre (Jn 18,20) : Je n'ai rien dit en secret ; il ny a rien de caballistique en tout ce que j'ay jamais dit ny escrit. Que si quelqu'un vous a dit le contraire, il a eü tort, de moy qui sçai, des le tems mesme que vous me marques et duquel la memoire m'est si douce, quand j'avois le bonheur d'estre avec vous au college , que la vérité ne cherche pas les détours (S.Jer ep 125 ad Rusticum),et qu'il ny a nulle finesse au vray service de la pieté.

Et de plus, Monsieur, bien que l'exercice de la meditation soit grandement desirable es Monasteres, si est ce que, quand toutes les autres qualités se treuvent en un esprit, j'ay tous-jours jugé que celle de n'estre pas propre a former les meditations n'estoit pas suffisante pour forclorre un'ame du cloistre. Peut estre donq y aura-il en madamoyselle vostre fille quelqu'autre manquement, non es choses essentielles de la pieté simplement, mays, a l'aventure, en ce qui est requis au genre de vie des Seurs de la Visitation, qui provoque la Superieure a la desirer ailleurs ; car je ne puis m'imaginer que, sans rayson, de gayeté de cœur, ni mesme de fierté de courage, elle voulut fascher un personnage de vostre condition, et refuser le sejour au monastere a une fille si bien nee comm'est la vostre, Monsieur. Et quant aux fraitz que vous aures faitz. pour l'essay, qui n'auront pas esté employés pour la personne propre de celle qui l'a fait, je croy que vous n'en aures pas du refus. En somme, puisque vous m'aves fait lhonneur de m'aymer des il y a si long tems, je vous supplie tres humblement de continuer tous-jours, Monsieur, et de croire que de tout mon cœur je seray toute ma vie Vostre plus humble et affectionné serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

XXIIII aoust 1622, Annessi.

A Monsieur

Monsieur Sanguin, seigr de Rocqu'encour,

Conseiller du Roy au Parlement de Paris.

Revu sur l'Autographe conservé au 2d Monastère de la Visitation de Paris.

La lettre MCMXXXV..à la " Mère de la Martinière " a été omise lors de la numérisation : elle se trouve maintenant à la page 246 de ce volume

MCMXXXVI A MADAME DE CERISIER, ABBESSE DE SAINTE-CATHERINE L'Abbesse a été avertie par François de Sales du désir de quelques-unes de ses Filles ; quel était le sien pour la réforme. - " Les defautz qui arrivent en une bonne œuvre n'en gastent pas la bonté essentielle. " - Se garder d'aller contre la volonté de Dieu par intérêt propre. - Pourvu que le bien se fasse, il suffit.

Annecy, 29 août 1622.

Je respons clairement a vostre lettre, ma tres chere Cousine, ma Fille. Il est vray que des il y a long tems je me suis apperceu des desirs que plusieurs de vos Filles avoyent de la reformation ; et, tout autant que la conscience me l'a peu permettre, je vous l'ay signifié de tems en tems. Mais il est vray aussi que j'eusse souhaité qu'elles eussent eu encor un peu de patience , puisque nous sommes a la veille de voir un ordre general pour la reformation de tous les Monasteres de cette province de de ça les mons, notamment des filles, parmi lesquelles les moindres defautz sont plus blasmés que les grans parmi les hommes. Or, ma tres chere Cousine, voyla donq la chose au jour.

Qu'il se soit passé quelques impatiences, quelques immortifications, quelques fiertés, quelques desobeissances, quelques amours propres, quelques imprudences, certes il ne se peut pas nier ; mais, pour tout cela, le fond de l'affaire ne laisse pas d'estre bon et selon la volonté de Dieu. Tous les defautz qui arrivent en une bonne œuvre . n'en gastent pas la bonté essentielle : d'ou que le bon vienne, il le faut aymer. Mon inclination estoit que l'on attendist de faire celuy ci jusques a ce que l'ordre en fust venu de Rome, affin qu'il y eust moins de resistance ; la ferveur de la charité de quelques unes ou, si vous voules, l'ardeur de la propre volonté des autres, a fait choisir un autre moyen qui leur sembloit plus court ; il ne faut pas pour cela le rejetter, ains il faut y contribuer tout ce que la sainte, sincere et veritable charité nous suggerera. Et nous faut prendre garde de ne permettre pas a nostre propre interest ou amour d'employer nostre propre prudence contre la volonté de l'Espoux celeste. Mais de tout ceci il en faut parler plus au long, Dieu aydant.

Madame ma tres chere Cousine, ma Fille, que cette affaire ayt esté entreprise, je le sceu le jour avant mon depart de cette ville ; que l'on en soit venu a l'execution, je le sceu en Argentine ; mais vous aves esté la premiere qui m'aves donné connoissance de la particularité, bien que despuis j'en aye appris encor davantage. Il importe peu que le bien se face d'une façon ou d'autre, pourveu qu'il se face en sorte qu'il en revienne plus grande gloire a Nostre Seigneur.

Je suis, Madame ma chere Cousine, Vostre tres humble cousin et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

29 aoust 1622.

A Madame l'Abbesse de Sainte Catherine.

MCMXXXVII A LA MèRE DE CHANTAL, A DIJON En quel cas permettre le changement de monastère. - Plusieurs affaires pénibles. - Mille écus que le Saint voudrait " au fons de la mer." - Les effets du sens humain. - Ne pas recevoir des bienfaitrices qui exigent trop de conditions. - Mort de la présidente Brûlart et du cardinal de Retz. - La " benediction souverainement desirable. " - Souvenir affectueux pour les enfants de la Mère de Chantal.

Annecy, 30 août 1622.

Je suis de retour, et en santé, ma tres chere Mere, mais sans loysir de vous faire long discours. Il suffira que je responde aux principales demandes que vous m'aves faites.

Je le croys, ma tres chere Mere, car je le voys, que toutes les Superieures desirent de voir les filles maussades et fantasques esloignees de leurs monasteres, car c'est la condition de l'esprit humain de ne se plaire qu'aux choses plaisantes. Mais je suis tout a fait de vostre advis, que l'on n'ouvre point la porte au changement de monastere pour les filles qui le desireront, ains seulement pour celles qui, sans le desirer, seront pour quelqu'autre rayson envoyees par les Superieurs ; car autrement, le moindre deplaisir qui arriverait a une fille serait capable de l'inquieter et luy faire prendre le change, et en lieu de se changer elles mesmes, elles penseroyent d'avoir suffisamment remedié a leur mal quand elles changeroyent de monastere. Je me res-jouis de quoy vous estes logees a vostre gré . J'ay respondu a madame de Monfan et a madame de Dalet (lettre, 1927,1928) sur les lettres qu'elles m'escrivirent tandis que j'estais a Turin.

J'ay veu l'exercice que ces deux filles font a nostre Superieure de Paris, mais je ny vois point de remede, sinon celuy de la patience et de la confiance en Dieu . Monsieur Sanguin m'escrit une grande lettre et m'a fait escrire par Monsieur le Duc de Nemours sur les difficultés que l'on fait a sa fille ; mais je n'ay rien a respondre sinon que les Superieurs qui sont sur les lieux doyvent decider ce fait, et non moy, qui ne puis estre instruit que par le recit des parties et qui, au reste, ne suis pas juge competant.

Je suis bien plus scandalisé des contestes qui sont entre nos Seurs Superieures de Moulins et de Nevers pour certains mille escus que je voudrois plustost estre au fons de la mer qu'en l'esprit de ces filles . Est il possible que des filles nourries en l'escole de la folie de la Croix (1 Co 1,18) soyent tellement affectionnees a la prudence du monde que ny l'une ny l'autre ne veuille point ceder et que chacune sache tant alleguer de termes de justice ? Il faudra tascher pourtant d'arrester celle qui aura moins de rayson, pourveu qu'encores l'esprit du monde luy permette de se laisser condamner ; mais je ne croys pas que cela se puisse faire avant vostre venue. Celle de Nevers ne m'en a point escrit, mais les plaintes de celle de Moulins tesmoignent que l'opinion du bon droit est grandement enracinée en l'esprit de l'une et de l'autre.

J'ay aussi presque une mesme aversion au grand desir que les Superieures ont que l'on decharge leurs Maysons par le moyen des fondations ; car tout cela depend du sens humain et de la peine que chacune a a porter son fardeau. Soit donq que l'on decharge la Mayson de Monferrant ou celle de Moulins par la fondation de celle de Rion , il me semble qu'il importe fort peu. Je suis bien ayse du contentement que vous aves de nostre Seur Françoise Augustine et de nostre Seur Parise , comm'aussi je plains beaucoup l'esprit de nostre Seur Valeret qui n'a sceu s'accommoder a l'Institut. Dieu luy face la grace de l'attirer a une vocation qui soit propre a son salut. Je vous ay escrit cy devant sur le sujet des bienfaitrices, lesquelles, comme vous, je ne voudrois pas estre en grande quantité ; mais pourtant cela se doit ordonner par la charité et par la discretion. Quant a madamoyselle de Vigny, puisque c'est un si bon esprit comme vous m'escrives, on pourra luy permettre ce qu'elle desirera ; mais dores-en avant il ne faut pas recevoir de ces bienfaitrices qui desirent tant de conditions.

La quantité des malades de la Mayson de Paris est un grand presage de la benediction que Dieu y veut mettre, quoyque le sens y repugne. J'eusse bien desiré une plus longue vie a madame la premiere Presidente, ma tres chere fille ; mais il faut s'arrester court et sans replique au decret de la volonté celeste, laquelle dispose des siens selon sa plus grande gloire. Je suis consolé de l'agreable œdification qu'elle a laissé par les bons exemples de sa vie, qui estoit certes totalement dedié (sic) au service de Dieu, ainsy que j'ay reconneu des que j'ay eu le bien de la connoistre. Je crois que les maysons pieuses de Dijon et de la Bourgoigne auront beaucoup perdu en ce trespas, mais il arrive rarement que l'un proffite sans la perte de l'autre. J'ay un grand desir d'escrire a ses deux filles sur ce sujet , mais maintenant je n'ay pas la commodité, non plus que d'escrire a monsieur le premier President; en lieu dequoy je prie Dieu pour leur consolation et pour le repos de l'ame de cette chere personne que j'aymois et honorais de tout mon cœur, et de l'absence de laquelle je serois bien affligé davantage si je ne prenois asseurance en la misericorde de Dieu qu'elle joüit des a present du bien auquel elle a tous-jours aspiré.

Ce m'a esté aussi une deplaisante nouvelle que celle de Monseigneur le Cardinal de Rés , non seulement pour la perte que l'Eglise a fait en son trespas, mais aussi parce que j'ay consideré en iceluy le deplaisir de madame la Marquise de Menelay, de monsieur le General des Galeres et de madame sa femme et de toute ceste mayson la que j'honnore de tout mon cœur. En somme, il n'est pas en nostre pouvoir de garder les consolations que Dieu nous a donnees, sinon celle de l'aymer sur toutes choses, qui est aussi la benediction souverainement desirable.

Je vous supplie, ma tres chere Mere, de saluer cordialement de ma part madame de Tolongeon, ma tres chere fille, et, quand l'occasion s'en presentera, monsieur le Baron de Chantal vostre filz, et monsieur de Tolongeon vostre beaufilz .

Ma tres chere Mere, je vous escris de la main de monsieur Michel jusques a present, que j'acheve de tout mon cœur, vous priant de me tenir tous-jours pour ce que je suis, ainsy que vous sçaves vous mesme,

Vostre serviteur tres humble.

Vous fistes excellemment de recevoir la femme que Monseigneur de Langres vous addressoit : Bienheureux sont les misericordieux, car Dieu leur fera misericorde (Mt 5,7). Receves les infirmes; croyes moy, ma tres chere Mere, la prudence humaine est ennemie de la bonté du Crucifix. Au premier jour je vous escriray plus au long. Ce pendant vives heureuse dans le sein de la bonté de Nostre Seigneur, qui soit beni es siecles des siecles. Amen.

30 aoust 1622.

A ma tres chere Mere en Nre Seigr, [La M]ere Superieure des [Se]urs de la Visitation de Ste Marie. A Dijon.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Rennes.

MCMXXXVIII A LA COMTESSE DE DALET Le chemin du cloître ouvert devant Mme de Dalet. - Fleurs et parfums qu'y jette la Providence. - A qui la comtesse laisse ses enfants. - C'est à Dieu de conduire sa fille à la vie religieuse. - Inconvénient d'entrer trop jeune au couvent. - Encouragement à suivre l'appel divin.

Annecy, fin août ou commencement de septembre 1622 .

Madame,

Je voy clair, ce me semble: Dieu, qui vous appelle si misericordieusement au monastere de la Visitation pour son pur amour, vous ouvre le chemin et facilite librement vostre entree ; c'est pourquoy je vous dis hardiment : Sortes maintenant du monde en effect, puisque des-ja vous en estes dehors d'affection.

Quelle plus legitime descharge pouves vous faire de la personne et des biens de vos enfans, que de les remettre entre les mains de monsieur vostre pere et de madame vostre mere ? Et n'est ce pas un trait visible et palpable de la Providence divine pour ce sujet, que cela se puisse faire avec l'aggreement, ains avec le desir de cette mere, jadis si jalouse de vostre presence au monde ? Il m'est advis, certes, ma tres chere Fille, que Dieu luy mesme jette des fleurs et des parfums aux chemins de vostre retraitte, affin qu'elle se face avec plus de douceur et que les plus coquilleux l'appreuvent et benissent ; car, que peut on dire ? Que vous laisses vos enfans ? Ouy; mais ou les laisses vous ? Entre les bras de leur [premier] pere et de leur premiere mere. En charges vous vos pere et mere ? Non, vous ne les charges pas tant que vous les descharges, puisque c'est selon leur gré et a leur souhait que cela se fait.

Ainsy que vous me descrives tout cest affaire, je n'y voy nulle sorte de difficulté sinon pour la chere petite fille, que la grand'mere retirera de la Religion dans la nourriture du monde (note721);

car quant au garçon, aussi bien dans deux ou trois ans ne le pouves vous plus garder dans vostre giron, ni le nourrir de vostre nourriture, ains de la nourriture du college ou de la cour . Et quant a la chere petite, si Dieu l'appelle a la Religion, elle y viendra, ou tost ou tard, nonobstant l'inclination de madame sa grand'mere ; il se servira mesme de la nourriture du monde pour luy faire gouster le bien de la Religion. Cecy est vray, je vous asseure, ma tres chere Fille : il arrive quelquefois que les jeunes enfans eslevés en Religion en rejettent par apres la sujettion, comme les chevaux que l'on charge trop tost de la selle. La vocation a la Religion est une grace trop particuliere pour estre donnee par l'industrie et prudence humaine. Dieu employe bien souvent l'education pour la vocation ; mais quand l'education ne previent pas, il ne laisse de faire son benefice puissamment et suavement. Vos offrandes de cette fille a Dieu luy seront plus utiles que vostre nourriture. .

Mais mon esprit s'escarte par la consolation que je sens a vostre occasion. Je dis donq simplement que je ne voy rien qui vous doive retenir au monde, non pas mesme le presage de la future vocation de vostre fille, qui, estant encor incertain, ne doit pas estre preferé a la certitude de vostre appel, lequel vous deves donq suivre soigneusement, fortement, diligemment, mais sans empressement et sans inquietude.

Dieu, qui a commencé en vous ce saint œuvre, le veuille bien accomplir (Ph 1,8), affin qu'apres vous avoir tiree, conservee et entretenue dans le monastere de la Visitation en cette vie, il vous appelle dans le monastere eternel de la perpetuelle Visitation en la vie future. Et sur ce desir, que je fay de tout mon cœur, je suis sans fin et sans exception, Ma tres chere Fille, Vostre tres affectionné serviteur en Nostre Seigneur, FRANçs, E. de Geneve.

MCMXXXIX A LA MèRE DE MONTHOUX SUPéRIEURE DE LAo.VISITATION DE NEVERS (FRAGMENT) Conduite à tenir envers des personnes qui contredisent et contrarient. -Les Religieuses des différents Ordres se doivent estimer et aimer. - Pourquoi Satan hait particulièrement l'Institut de la Visitation.

Annecy, [fin août ou commencement de septembre 1622 ]

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Ma Fille, gardes vous bien de correspondre en sorte quelconque a ces bonnes Seurs ni a leur fondatrice , sinon par une tres invariable humilité, douceur et naïfveté de cœur. Ne vous defendes nullement, ma tres chere Fille ; ce sont propres paroles du Saint Esprit, escrittes par saint Paul (Rm 12,19). Il y a quelquefois des tentations humaines parmi les serviteurs et servantes de Dieu : si nous sommes animés de la dilection, nous les supporterons en paix.

Si ces bonnes ames mesprisent nostre Institut parce qu'il leur semble moindre que le leur, elles contreviennent a la charité, en laquelle les fortz ne mesprisent point les foibles, ni les grans les petitz. Il est vray, elles sont plus que vous: mays les Seraphins mesprisent ilz les petitz Anges ? et au Ciel, ou est l'image sur laquelle nous nous devons former, les grans Saintz mesprisent ilz les moindres ? Mais apres tout cela, en somme, qui plus aymera sera le plus aymé, et qui aura le plus aymé sera le plus glorifié. Aymes bien Dieu, et pour l'amour de Dieu toutes creatures, notamment celles qui vous mespriseront, et ne vous mettes point en peine.

Le malin esprit fait des effortz parce qu'il void que ce petit Institut est utile au service et a la gloire de Dieu, et il le hait particulierement parce qu'il est petit et le moindre de tous ; car cet esprit est arrogant et hait la petitesse parce qu'elle sert a l'humilité, luy qui a tousjours aymé la hauteur, la fierté et l'arrogance, et qui, pour n'avoir pas voulu demeurer en sa petitesse, a perdu sa grandeur. Travailles en l'humilité, en l'abjection; laisses dire et faire. Si Dieu ne bastit la mayson, en vain travailleront ceux qui l'edifient (Ps 126,1) ; et si Dieu la bastit, en vain travailleront ceux qui la veulent destruire. Dieu sçait quand et de quelles ames il remplira vostre monastere.

Demeures en paix ; et je suis Vostre tres affectionné serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

MCMXL A LA MèRE DE CHANTAL, A DIJON (FRAGMENTS) Faveurs et consolations. - Eloge de deux belles âmes. - Un abus contre la clôture. - Haine du saint Evêque pour la sagesse humaine. - Des bienfaitrices peuvent être admises dans les monastères quand elles n'en veulent sortir que rarement. - Peut-on recevoir à la Visitation des pénitentes ? - Quelques fondations en projet. - Combattre le mal par le bien. - Faute qu'on ne doit jamais commettre.

Annecy, [commencement de septembre ] 1622.

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apres mille faveurs receuës, et certes dix mille consolations, non seulement de la part de Madame, de Leurs Altesses et de ces rares Princesses, mais de plusieurs bonnes ames ; entre lesquelles je vous dis, ma tres chere Mere, que l'Infante cadette, Madame Françoise Catherine (L7, note 942), est entierement tres bonne et tres pleine de vertu, de bonté et de sainte naïfveté. J'ay veu Seur Marie Chrestienne , que j'ay treuvee au dessus de tout ce que j'en avois pensé, en pieté, en generosité.

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car le changement est tout a fait contraire au bien des Monasteres qui ont la clausure perpetuelle pour un article essentiel. Les filles, comme foibles, sont sujettes aux ennuis, et les ennuis leur font treuver des expediens importuns et indiscretz. Que ces changemens donq procede nt du jugement des Superieurs, et non du desir des filles, qui ne sçauroyent mieux declairer qu'elles ne doivent point estre gratifiees, que quand elles se laissent emporter a des desirs si peu justes . Il faut donq demeurer la, et laisser chaque rossignol dans son nid …………………………………………………………………………………………… Je suis capable de souffrir toute autre sorte de desplaysir, mais celuy la est au dessus de mes forces. Pour qui travaille on sinon pour Dieu ? et si c'est pour Dieu, pourquoy dispute on ? Je hay cette sorte de sagesse et de prudence. Qu'importe il que l'argent soit d'un costé ou d'autre, pourveu qu'il soit pour Dieu ? Et neanmoins, ma chere Mere, il faudra dire ou a l'une ou a l'autre qu'elle a tort, quand nous aurons ouy l'une et l'autre. Celle qui aura le tort aura grand tort, et non un petit tort; car il n'y a rien de petit en ces opiniastretés du mien et du tien. …………………………………………..

Je ne treuve nul inconvenient que l'on reçoive Mme de Vigni et telles autres bienfactrices, sur tout quand elles ne veulent plus sortir du monastere, ou que du moins elles en veulent sortir peu souvent ; car en cela il ny a rien de contraire a la bienseance.

Je ne croy pas qu'il faille recevoir dans les monasteres de la Visitation toutes les filles repentantes, mais je ne croy pas aussi qu'il les faille esconduire toutes. Il faut moderer la prudence par la douceur, et la douceur par la prudence. Il y a quelquefois tant a gaigner es ames pœnitentes, qu'on ne doit leur rien refuser.

Il me semble que les balustres doivent estre a la grille du chœur comme a celle du parloir .

Je pense qu'ouy, ma tres chere Mere, qu'il faudra dire qu'avec un peu de loysir on pourra prouvoir a Marseille . Nos Seurs vous auront escrit que l'on a envoyé des Seurs a Belley ; et je vous dis que dans peu de tems il en faudra pour Chamberi (note 500).

Madame la Duchesse de Mantoue a des grans desirs pour l'avancement de nostre institution. C'est une tres digne Princesse, et ses seurs aussi Nostre Seur [Paule Jeronyme ] m'escrivit que quelques Religieuses, bonnes servantes de Dieu, la contrarient a descouvert; je luy ay escrit [par] un billet (lettre 1939), qu'elle demeurast en paix.

Je ne lairray jamais sortir de mon esprit, Dieu aydant, cette maxime : qu'il ne faut nullement vivre selon la prudence humaine, mais selon la foy de l'Evangile. Ne vous detendes point, mes tres chers freres, dit saint Paul (Rm 12,19). Il faut combattre le mal par le bien (Rm 12,21), l'aigreur par la douceur, et demeurer en . paix; et ne commettre jamais cette faute de mespriser la sainteté d'un Ordre ni d'une personne, pour la faute qui s'y commet sous l'erreur d'un zele immoderé.

Ma tres chere Mere, Dieu soit a jamais nostre unique dilection.

MCMXLI A MADAME DE LA FLéCHèRE Le Saint enverra deux de ses Filles de la Visitation aux nouvelles Bernardines de Rumilly. - Ménagements à prendre avec l'Abbé de Tamié.

Annecy, 11 septembre 1622.

Dieu soit loüé, ma tres chere Fille ! Pressé, je respons courtement. Non seulement nous envoyerons deux de nos Seurs pour un moys ou pour deux, sil est besoin, mays il ne coustera rien a ces nouvelles filles, car on donnera aux Seurs ce qui sera requis, sans qu'elles facent aucune despense sur leurs hostesses . Il me semble que tout ira bien. Il faudra seulement mesnager en sorte que Monsieur de Tamy soit satisfait en ce quil est grandement praeoccupé de la necessité de dire tout l'Office de leur Ordre et de le chanter en leur chant ordinaire ; il faudra tout bellement le faire desprendre . En somme, l'humilité surmonte tout. Je suis tous-jours de plus en plus, ma tres chere Fille, Vostre tres humble compere et serviteur, F., E. de Geneve.

11 7re 1622.

A ma tres chere Fille,

Mme de la Flechere.

Revu sur l'Autographe appartenant à M. le comte Bérold Costa deBeauregard, au château de Montaugey (Saône-et-Loire).

MCMXLII A MADAME LOUISE DE BALLON RELIGIEUSE DE L'ABBAYE DE SAINTE-CATHERINE Coup d'éperon à un courage qui défaille.

Annecy, 8-15 septembre 1622.

Ma chere Fille, Si j'avois, comme vous, a esperer une reforme, je ne pourrois voir asses tost l'heure que j'y fusse. Puis donq que vous aves l'obedience de vos Superieurs, vous n'aves pas dequoy apporter du retardement a son execution. Ainsy, partés au plus tost pour Rumilly, et salues bien de ma part, a vostre arrivee, mes cheres Filles qui y sont des-ja.

MCMXLIII AU PèRE LOUIS DE GERBAIS DE SONNAZ, ORATORIEN (L9, note 844) Prieurés donnés aux Pères de l'Oratoire de Rumilly.- Ce qu'il faut faire pour ne pas rendre inutile cette faveur de Son Altesse.

Annecy, 19 septembre 1622.

Monsieur,

J'ay retiré le brevet de nomination, en faveur de vostre Congregation, pour l'eglise de Rumilly, des prieurés de Chindrieu, de l'Aumosne, de Vaux, et de Sainte Agathe qui est le prieuré de Rumilly , que Son Altesse a signé et fait expedier de tres bon cœur. Il ne reste plus sinon que le R. Pere General envoye des Peres pour commencer le service, et dans peu de jours je recevray la lettre que Son Altesse luy fait a cett'intention . Ce pendant, puisque le R. P. General desire que vous aillies avant toutes choses a Paris, je le treuve bon aussi, tandis que quelqu'un de vos Peres pourra venir, pour ne point retarder l'effect de l'esperance que nous avons de voir vostre Congregation establie a Rumilly. Mays je m'addreseray au P. Tiersaut soudain que la lettre de Son Altesse au P. General m'aura esté rendüe; et en attendant je vous prie de luy donner cet advis, affin que [je] puisse tous-jours commencer a donner l'ordre quil jugera convenable pour cett'affaire. Et lors que les Peres auront pris possession en vostre nom de l'office de l'eglise de Rumilly, il faudra moyenner a Rome l'union des benefices desquelz Son Altesse a nommé en faveur de vostre Congregation. Je prie Dieu, mon Reverend Pere, quil vous face de plus en plus croistre en son saint amour, qui suis Vostre tres humble et tres affectionné confrere et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

XIX 7re 1622, Annessi.

Monsieur, on m'asseure que le R. P. General a mis en lumiere un livre excellent; sil se treuvoit a Lion, je voudrois bien, par vostre entremise, en pouvoir avoir une copie . A Monsieur

Monsieur de Saunax,

Prestre de l'Oratoire de Lion.

Revu sur l'Autographe appartenant à M. le marquis de l'Aigle, à Paris.

MCMXLIV AU PRINCE DE PIéMONT, VICTOR-AMéDéE Au mépris des ordres du prince, les prébendes vacantes de Contamine ont été attribuées à des Religieux de Cluny. - Monastère et discipline monacale en ruines. - Mesures à prendre pour remédier au mal.

Annecy, 24 septembre 1622.

Monseigneur,

A mon arrivee en ce pais, j'ay treuvé les sieurs Sousprieur et Sacristain de Contamine , prestz a remplir les quatre prœbendes que Vostre Altesse avoit ordonné devoir demeurer vacantes pour estre appliquees aux colleges des Peres Barnabites ; et d'effect, ilz les ont maintenant remplies de quatre jeunes parens, ausquelz ilz ont mis l'habit de leur Religion par l'authorité de Monsieur l'Abbé de Cluni qui en est le General . Vostre Altesse avoit judicieusement estimé qu'il estoit expedient de transferer le revenu de ce monastere-la a l'entretenement des colleges et lecteurs Barnabites, attendu qu'il est un monastere tout a fait ruiné et qui ne peut bonnement estre reparé, et que la discipline monacale ny est nullement observee, non plus qu'es autres lieux de cet Ordre-la. Il reste que le juste dessein que Vostre Altesse en a si souvent fait soit executé, non seulement empeschant que les praebendes soyent remplies, mays impetrant de Sa Sainteté les provisions requises pour la translation du revenu, de l'Ordre de Cluni a celuy des Peres Barnabites, infiniment plus utiles au service de Dieu et au bien publiq. Vostre Altesse demeura en ceste resolution quand je partis de Turin ; il ne reste donq plus sinon que la sollicitation s'en face, et c'est cela dont maintenant Ell' est tres humblement suppliee. Je suis tous-jours invariablement, Monseigneur, Tres humble, tres obeissant et tres fidele orateur et serviteur de Vostre Altesse Serenissime, FRANçs, E. de Geneve.

24 VIIre. 1622, Annessi.

Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Biblioteca Civica.

MCMXLV A MADAME DE VALENCE RELIGIEUSE DE L'ABBAYE DE SAINTE-CATHERINE (INéDITE) En ne s'attachant qu'à la volonté de Dieu, on se trouve bien partout, et partout l'on est en sûreté de conscience. - Deux visites en espérance.

Annecy, 26 septembre 1622.

J'ay tous-jours desiré de vous escrire, ma tres chere Fille, des que j'ay receu vostre lettre, mais je n'ay presque sceu parmi le tracas auquel je me suis treuvé. Maintenant, sur mon depart pour Belley , je vous diray que je suis grandement consolé de voir vostre esprit presque en indifference pour aller a Rumilly ou pour demeurer au lieu ou vous estes. C'est la vraye assiete d'un esprit religieux, que de ne point s'attacher sinon a la volonté de Dieu, et ceux qui sont si heureux que d'avoir cette si bonne condition sont bien par tout et peuvent demeurer par tout en bonne conscience. Vous ne vous deves donq nullement inquieter, ains demeurer en paix ; les jours vous apprendront si Dieu desire que vous facies autre chose . Ce pendant, vous treuveres sa divine Bonté au lieu ou vous estes, et le benires encor dequoy il a donné le dessein et le courage a vos Seurs de l'aller benir au lieu ou elles sont. Je les verray avant mon retour, si je puys , et vous en feray sçavoir des nouvelles, desirant, soudain que je seray revenu, d'aller la haut visiter madame l'Abbesse ma cousine , et vous voir toutes, grandement content si je puis en quelque sorte vous donner a toutes quelque saint contentement, qui suis de tout mon cœur, ma tres chere Fille,

Vostre serviteur tres humble,

FRANçs, E. de Geneve.

26 7re 1622.

A Madame

Madame de Valence,

Religieuse de Sainte Catherine.

Revu sur l'Autographe conserve à la Visitation de Pistoie (Italie).

MCMXLVI A M. MARC-FRANçOIS DE MALARMAY DE LAURAY (INéDITE) Raison pour laquelle des lettres sont demeurées sans réponse. -Condoléances tardives. - Préparation à la mort.

Annecy, 26 septembre 1622.

Monsieur mon Frere,

J'ay demeuré troys moys en Piemont pendant lesquelz on a receu icy et gardé vos lettres, de sorte que ce n'est pas merveille si vous n'en aves pas eu de moy, ni la response, ni le remerciment que je vous en doys. Et bien que je vous escrive maintenant, c'est parmi tant de tracas, qu'encor ne sçauroys-je bien m'aquiter de ce devoir, estant botté et pret a monter a cheval pour aller a Belley, ou Monseigneur nostre bon Evesque m'attend, pour partir, soudain apres que je l'auray salué, pour aller a Paris .

Monsieur mon tres cher Frere, les premieres nouvelles du trespas de monsieur le Comte de Rossillon me furent donnees a Turin, mais avant (sic) tant d'incertitude, que ny madame la Marquise de Saint Damien , ni madamoyselle de Tornon, ni M. le Baron de Tornon ne m'en oserent pas asseurer . Qu'ay a vous dire la dessus, mon tres cher Frere, ni a madame la vefve, ni a nostre chere seur Bonaventure ? Dieu aura des-ja visité vos cœurs de ses saintes inspirations, et vous aura dit interieurement les saintes paroles de sa consolation.

De vous dire que je participe a tous vos biens et a tous vos maux, cela, ce crois-je, est superflu. Rien autre donques, sinon que nous nous disposions tous a faire le trespas saintement et selon lhonneur que nous avons tous d'estre vivans par la mort de ce grand Dieu (Rm 6,3)

qui a voulu, par sa bonté, acheter nostre vie au pris de la sienne, et nous aquerir par sa mortalité la tressainte et œternelle immortalité. Je suis cependant de toute mon affection, Monsieur mon Frere, Vostre tres humble frere et serviteur, et a ces deux cheres dames que je vous viens de nommer, FRANçs, E. de Geneve.

26 7re 1622, Annessi.

A Monsieur

Monsieur le Prothonotaire de Laurey.

Revu sur l'Autographe appartenant à Mme Chaudon de Briailles, au château de la Cordelière (Aube).

MCMXLVII A LA COMTESSE DE ROSSILLON La douleur, pour être juste, doit être raisonnable. - A quoi nous oblige notre nom de mortels. - Réunion prochaine avec " nos trespassés. " - Un candidat à une cure recommandé par la destinataire. - Promesse de prières.

Annecy, vers le 26 septembre 1622 .

Nous avons esté icy, au moins moy, Madame ma tres chere Fille, entre la crainte et l'esperance pour le sujet duquel j'ay sceu despuis peu que le seul desplaysir vous estoit demeuré. Et puis dire en verité, que la consideration de vostre ennuy fut une des plus promptes apprehensions dont je fus touché, a l'abord de l'asseurance du mal qu'on nous avoit presagé par les bruitz incertains qui nous en arrivoyent. Mais, or sus, ma tres chere Cousine, il faut pourtant accoyser vostre cœur, et pour rendre juste vostre douleur, il la faut borner par la rayson. Nous avons deu sçavoir que nous ne sçavions l'heure en laquelle quelque semblable evenement nous arriveroit par le trespas des autres, ou aux autres par le nostre. Que si nous n'y avions pas pensé, nous devons advoüer nostre tort et nous en repentir, car le nom que nous portons tous de mortelz nous rend inexcusables.

Ne nous faschons pas, ma Fille; nous serons bien tost tous reunis. Nous allons incessamment et tirons païs du costé ou sont nos trespassés, et en deux ou troys momens nous y arriverons. Pensons seulement a bien marcher, et a suivre tout le bien que nous aurons reconneu en eux. Beni soit Dieu, qui a fait la grace a celuy duquel nous ressentons l'absence, de luy donner le loysir et la commodité de se bien disposer pour faire le voyage heureusement ! Mettes vostre cœur, je vous prie, ma tres chere Fille, au pied de la Croix, et acceptés la mort et la vie de tout ce que vous aymes, pour l'amour de Celuy qui donna sa vie et receut la mort pour vous.

Au reste, rien ne me pouvoit empescher de vous rendre le contentement que vous desires de moy, sinon le devoir que j'ay au service de Nostre Seigneur et de l'Eglise ; lequel s'estant treuvé favorable a vostre souhait, j'ay esté extremement consolé de vous pouvoir donner satisfaction, comme je feray en tout ce qu'il me sera possible. Mais en la distribution des cures, je suis attaché a une methode de laquelle je ne peux me departir. Si, selon icelle, je puis faire selon vostre desir, ce sera mon contentement; si je ne puis en l'occasion presente, ce porteur ne perdant point courage et s'avançant aux lettres et en la vertu, comme je pense qu'il a fort bien commencé, il ne manquera pas d'autres occurrences ou il treuvera vostre recommandation utile .

Au demeurant, je ne vous asseureray pas de mon service fidele en cette occasion : il vous a esté dedié une fois pour toutes fort entierement, et je vous supplie de n'en jamais douter, non plus que du soin que j'auray d'assister des Sacrifices que je presente a Dieu l'ame de ce digne chevalier, les merites duquel je veux a jamais honnorer, avec tout ce qu'il a laissé de plus cher icy bas.

Dieu soit au milieu de vostre cœur, ma tres chere Cousine, ma Fille, et je suis de tout le mien Vostre plus humble et tres affectionné cousin et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

MCMXLVIII AU PèRE PIERRE DE BéRULLE (L2, note 165) (INéDITE) Etat des choses à Rumilly pour l'établissement des Oratoriens. – Prière d'y envoyer incessamment deux Pères. - Un livre de M. de Bérulle; ce que le Saint voudrait en rayer. - Fraternel et franc conseil.

Belley, 3 octobre 1622.

Monsieur,

Voyla une lettre de Son Altesse Monseigneur le Duc de Savoye, par laquelle il vous prie d'envoyer de vos Peres pour prendre l'eglise de Rumilly, laquelle, quant a la cure, est des-ja au Pere de Saunaz . Le lieu est petit, mays beau, au milieu de la Savoye, entre Chamberi et Geneve en egale distance. J'ay rapporté de Turin la nomination de troys prieurés, dont les deux sont dans la ville mesme, le troysiesme a deux lieues, et qui est desja au P. de Saunaz . Tous ensemble, avec la cure, pourront valoir 700 escus annuelz; mays ilz ne sont pas encor vacans maintenant. On pourra cependant procurer l'union, que Son Altesse favorisera tant qu'il pourra par l'entremise de son Ambassadeur a Rome , selon la lettre quil en a des-ja faitte et que j'a y entre les mains.

Je joins ma tres humble supplication a la priere qu'elle vous fait, et vous prometz toute l'assistence et tout le service que je pourra y rendre a ce dessein, que j'embrasse de tout mon cœur pour le bien de mon diocéese et pour lhonneur que je porte a vostre personne et a vostre Congregation. Nous attendrons donq que vous envoyies au plus tost deux Peres, pour, sur le lieu, prendre les resolutions convenables a l'acheminement de ce saint œuvre.

Au demeurant, j'ay receu icy a Belley, d'ou je partiray demain, Dieu aydant, le commencement de vos Discours de l'Estat et des Grandeurs de Jesus , que le bon M. Crichant m'a apportés de vostre part.

Je le liray attentivement et tres affectionnement, et dans peu de jours je vous diray candidement ce qu'il m'en semblera, puis que vous le desires. En foy dequoy je vous dis d'abord, que je voudroys qu'en tout et partout vostre douceur et humilité tint fermement ses adventages sur vos adversaires, en consideration de ce quilz sont dans l'Eglise, et qu'ilz portent le manteau, ou du moins le nom du manteau d'Helie, comme vau (sic) dites; qui est le premier trait que j'ay treuvé un peu trop penetrant, et que je desirerois estre rayé, affin qu'autant quil sera possible on ne voye chose quelcomque dans vos Discours qui ne ressente parfaitement la cordiale dilection et le support tres suave du prochain.

Mays je reserve a vous dire plus au long mes pensees. quand j'auray tout leu, et je voudrais bien encor avoir veu tous les escritz qui se sont divulgués, qui ont donné sujet ou occasion au vostre ; car j'en ay seulement eu quelque vent par la communication de nostre Monseigneur de Belley et du tres Reverend General des Feuillans . Vous m'obliges certes trop et me tesmoignes un'estime tout a fait au dessus de tout ce que je suis, de me faire part de vos besoignes, que j'admire infiniment en ce commencement, et que j'admireray tous-jours plus avec amour au progres que je feray de leur veue; qui suis, Monsieur, tres invariablement,

Vostre tres humble et plus obligé confrere et serviteur,

FRANçs, E. de Geneve.

A Belley, 3 octobre 1622.

Au Tres Reverend P. en N. S., Monsieur de Berulle, General de la Congon de l'Oratoire. Paris.

Revu sur l'Autographe conservé au 2d Monastère de la Visitation de Paris.

MCMXLIX AU PRINCE DE CARIGNAN, THOMAS DE SAVOIE (MINUTE INéDITE) Annecy foulé par les troupes. - Excès auxquels menacent de se livrer les soldats. - Supplication à Son Altesse pour le peuple malheureux.

Annecy, vers le 7 octobre 1622 .

Monseigneur,

Je supplie tres humblement Vostre Altesse Serenissime d'avoir aggreable, que je recoure a Elle pour le soulagement de cette ville en la necessité delaquelle elle est pressee maintenant, pour l'entretenement des trouppes qui sont icy , lesquelles sont a [la] veille d'entrer en des effortz impitoyables pour faire treuver en desordre, aux particuliers, ce que la communauté ne peut plus fournir par aucun ordre dont on se puisse adviser, puisque meshuy l'on a espuisé jusques aux bourses mesmes des Religieux et des Religieuses. De sorte qu'il ne reste plus a ce peuple aucun autre refuge qu'en la debonaireté de Vostre Altesse Serenissime, qu'il implore avec moy [en] toute sousmission et reverence, avec confiance que la bonté de Vostre Altesse est trop grande pour laisser perir dans le malheur d'une ruine toutale (sic) un peuple si fidele a son Prince. Monseigneur, forcé de la juste compassion que je doy avoir et de l'invocation continuelle que ces pauvres gens font de mon intercession, je fay en toute humilité cette supplication a Vostre Altesse, delaquelle je suis invariablement…………………………………

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Turin.

MCML A LA MèRE DE LA ROCHE SUPéRIEURE DE LA VISITATION D'ORLéANS Grâces divines qui se transformeront en " merveilles pour le bien de la sainte Eglise. " - Un accueil plein d'honneur et de confiance sera fait à l'Evêque d'Orléans. - Encouragement à l'amour de la souffrance.

Annecy, 14 octobre 1622.

Dieu soit loüé, ma tres chere Fille, de tout ce que vous m'escrivites le 2 de septembre. A luy, loüange des graces qu'il fait a ce digne Prelat qui, les recevant avec reconnoissance et sans resistance, fera des merveilles pour le bien de la sainte Eglise. On m'a dit de divers endroitz qu'il passera icy, et je le recevray en la simplicité de mon cœur, selon nostre petitesse, avec la confiance que vous me dites que je luy doy tesmoigner; mais pourtant, je n'ay encor point de certaine asseurance de cet honneur. La cour ne manque pas d'occupations et de divertissemens. A Dieu encor la loüange de l'exercice que sa providence vous donne par cette affliction de maladie, qui vous rendra sainte, moyennant sa sainte grace ; car, comme vous sçaves, vous ne seres jamais espouse de Jesus glorifié, que vous ne l'ayes premierement esté de Jesus crucifié, et ne jouires jamais du lit nuptial de son amour triomphant, que vous n'ayes senti l'amour affligeant du lit de sa sainte Croix. Ce pendant nous prierons Dieu qu'il soit tous-jours vostre force et vostre courage en la souffrance, comme vostre modestie, douceur et humilité en ses consolations. Je salue cherement votre cœur et celuy de toutes nos Seurs,et suis tout a fait de plus en plus vostre, ma tres chere Fille.

FRANCs E. de Geneve

Annessi, le 14 octobre 1622

MCMLI A LA MèRE FAVRE SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE DIJON Le Monastère de Dijon en progrès; celui de Chambéry en préparation.- A quoi Dieu appelle la Mère Favre. - Elle doit le servir sans intérêt propre et avec une pleine confiance en sa providence.

Annecy, 15 octobre 1622,

Mille et mille benedictions, si mes souhaitz sont exaucés, sur vostre cœur bienaymé, ma tres chere Fille, Or sus, vous voyla donq en œuvre pour le bon gouvernement de ce nouveau Monastere qui, moyennant la grace de Dieu, vous reüscira heureusement, tandis qu'en nostre Chamberi on en disposera un autre. Or, quand tout sera resolu et qu'on aura pourveu a tout le commencement, alhors il sera force de vous y avoir , Vous voyes donq bien, ma tres chere Fille, que Dieu vous appelle a beaucoup de peynes, d'abnegations de vous mesme et de choses aigres, affin que, sans difference de lieux, de nations et de personnes, vous servies a la dilatation de sa gloire purement et simplement, sans aucun autre interest que celuy de son tressaint aggreement. Et vous deves vous reposer en cela, ma tres chere Fille, et aggrandir tous les jours vostre cœur et vostre courage en une parfaite confiance du secours celeste, puisque cette divine Providence n'employe jamais les ames a des choses grandes et difficiles, qu'il ne leur veuille quant et quant departir sa tressainte assistence. Je ne cesse point d'implorer le Saint Esprit pour vous, affin qu'il vous eschauffe de plus en plus, et qu'en fin il vous brusle toute du feu sacré de son saint amour, selon lequel je suis totalement Tout vostre plus humble et invariable Pere, FRANçs, E. de Geneve.

Le 15 octobre 1622.

MCMLII A LA MèRE LOUISE DE BALLON SUPéRIEURE DES BERNARDINES DE RUMILLY Un nom dont les Bernardines doivent se rendre dignes avant de l'adopter pour leur Congrégation.

Annecy, vers le 15 octobre 1622.

. Ma Fille, Le nom de la divine Providence est si excellent qu'il merite bien un an de terme, pour voir si vous vous en rendres toutes dignes par vostre perseverance et par le progres que vous feres dans la perfection religieuse. Ce tems expiré, vous pourres prendre un nom si beau et si glorieux .

MCMLIII AU PRINCE DE PIéMONT, VICTOR-AMéDéE Toujours la lutte entre Cluny et Thonon pour Contamine. - L'à-propos d'une assemblée devant le prince Thomas pour les affaires de la Sainte-Maison.

Annecy, 17 octobre 1622.

Monseigneur,

Tous-jours les vieux Religieux de Contamine taschent, par divers moyens, de continuer la possession de leur Ordre de Cluni es prœbendes de ce Monastere, quoy qu'ilz sachent bien que Vostre Altesse Serenissime a resolu de les faire employer a l'entretenement des colleges et du Novitiat qui sont establis en ce pais pour les Peres Barnabites . Pour cela, Monseigneur, le P. Prevost du college de Thonon , qui y a le premier interest, recourt a Vostre Altesse affin qu'Elle donne ordre que son intention soit suivie en la suppression des moynes et prœbendes de ce Monastere la. Et par ce que Vostre Altesse m'a commandé que je l'advertisse des choses qui regardent l'avancement de la gloire de Dieu en ce diocœse, je joins cet advis a la supplication dudit P. Prevost des Barnabites. Et de plus, Monseigneur, je supplie tres humblement Vostre Altesse d'escrire a Monseigneur le Serenissime Prince Tomas quil face convenir pardevant luy tous les principaux conseillers de la Sainte Mayson de Tonon, affin que par son authorité il soit mis ordre aux affaires de cette Mayson la, qui sans cela s'en vont tout a fait en ruine ; qui seroit un extreme dommage, qu'un'oeuvre de si sainte et grande consequence, fondee avec tant de pieté par Son Altesse, perit faute de secours et d'ordre. Dieu, par sa bonté, conserve longuement Vostre Altesse, Monseigneur, delaquelle je suis inviolablement Tres humble, tres fidele et tres obeissant orateur et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

XVII octobre 1622, Annessi.

Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Archives de l'Etat.

MCMLIV A LA MèRE DE CHANTAL, A DIJON Projet d'itinéraire pour la Mère de Chantal; désir du Fondateur qu'elle visite les nouvelles Maisons. - Pourquoi il ne peut écrire longuement. - Salutations.

Annecy, 22 octobre 1622.

Voyes, je vous prie, vous mesme, ma tres bonne et tres chere Mere, les lettres ci jointes, et voyes s'il y a apparence que, sans vous incommoder beaucoup, vous puissies donner ce contentement tant desiré a ces cheres ames ; car, si cela se peut bonnement, pour moy, non seulement j'y consens, mais je le souhaiterois tres volontier, sur tout s'il est vray que venant de Dijon a Monferrant, ce fust vostre passage de voir vostre chere fille ; et encor plus, si venant de Monferrant a Lion, c'estoit vostre passage de voir Saint Estienne de Forez . Et je confesse que ce me seroit de la consolation de sçavoir des nouvelles de ces nouvelles plantes que Dieu, ce me semble, a plantees de sa main pour son plus grand honneur et service. …………………………………………………………………………… Or sus, je croy qu'un bon moys ou cinq semaines feront la rayson de tous ces destours ); mais j'entens tous-jours qu'il n'y ayt point de peril des gens d'armes sur les chemins de ces lieux la . Apres quoy, nous vous dirons pourquoy et comme a present je n'ay nul moyen d'escrire davantage, quoy que je me porte bien, graces a Dieu. Ce porteur, d'un costé, me presse infiniment, affin qu'il vous puisse treuver a Dijon ; d'ailleurs, on me presse aussi pour d'autres bonnes affaires, lesquelles je ne puis abandonner. Tout se porte bien icy, et je suis de plus en plus

Vostre tres humble et invariable [Père ], filz et serviteur,

FRANçs, E. de Geneve.

Le 22 octobre 1622, Annessi.

Je vous supplie de saluer vos bonnes vefves ; je ne sçay pas leur nom. J'espere en la misericorde de Dieu que je sçauray au Ciel comme on les nommera, du nom que tous sçauront, et que personne ne sçaura, sinon celuy qui le recevra (Ap 2,17).

MCMLV A M. JEAN DE CHATILLON Décision l'avant-veille d'un départ. - Maladie de M. de Blonay.

Annecy, le 1er novembre 1622.

Monsieur,

Je remettray toutes les affaires a l'assemblee que Monseigneur le Prince Thomas doit faire expres pour terminer tous les differens de la Sainte Mayson (note 833), puisqu'il faut que je parte passé demain pour aller en Provence, d'ou je ne sçai pas quand je reviendray, bien que j'espere que ce sera bien tost . Je pars avec desplaysir de laisser M. de Blonnay malade , et vous dis seulement que les Peres Barnabites pensent avoir rayson de vouloir nommer aux offices de Contamine, a cause des paroles expresses : " avec toutes charges et honneurs . " Je suis, Monsieur, Vostre tres humble confrere, FRANç' E. de Geneve.

1 novembre 1622, allant dire la grand'Messe.

A Monsieur

Monsieur de Chastillon,

Plebain de Thonon.

MCMLVI A LA MèRE DE CHEVRON-VILLETTE SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE SAINT-éTIENNE Un secret de bonheur et de sainteté. - La dignité d'une Supérieure. -Avantage des Filles de la Visitation et danger des Monastères sans clôture.

Annecy, 2 novembre 1622.

Je benis de tout mon cœur le sacré nom de Nostre Seigneur de la consolation que sa divine providence donne a vostre ame au lieu ou vous estes et de la constance qu'elle establit en vostre affection. Certes, ma tres chere Cousine, ma Fille, qui ne veut aggreer qu'a ce celeste Amant, il est par tout tres bien, car il a ce qu'il veut. O que vous estes heureuse, et que vous le deviendres tousjours davantage si vous perseveres a marcher en ce chemin ! Et combien vous rendres vous parfaittement aggreable a l'Espoux de ces ames qu'il attire sur vostre giron, pour les rendre ses espouses, si vous leur apprenes a regarder seulement les yeux de ce Sauveur, a perdre petit a petit les pensees que la nature leur suggerera d'elles mesmes, pour les faire penser tout a fait en luy.

O ma tres chere Cousine, que de benedictions pour vostre esprit que Dieu a destiné pour cultiver et gouverner sa sacree pepiniere !

Vous estes la mere, la nourrice et la dame d'atours de ces filles et espouses du Roy : quelle dignité ! A cette dignité, quelle recompense, si vous faites cela avec l'amour et les mammelles de mere ! Tenes vostre courage fort et ferme en cette poursuite, et croyes tres invariablement que je vous cheris et affectionne sans condition et reserve, comme ma tres chere cousine et fille bienaymee.

Je vis, il y a seulement un moys, nostre Seur [Jeanne Antoinette ], mais je la vis fort peu ; et neanmoins je la vis dedans l'ame, et treuvay qu'elle estoit toute pleyne de bonnes affections. O que bien advantagees sont les Filles de Sainte Marie de la Visitation, parmi tant de moyens et d'occasions de bien aymer et servir Nostre Seigneur ! Helas ! ce sont des miracles de voir de ces bonnes filles en ces monasteres, exposees a tant de venues et de visites. ..

Ma tres chere Cousine, ma Fille, Dieu soit loüé. Amen.

Et je suis Vostre tres humble cousin et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

Ce 2 novembre 1622, Annessi.

MCMLVI bis (lettre MMCIII du volume XXVI reclassée)

A MONSIEUR SYLVESTRE DE SALUCES DE LA MENTE ABBé D'HAUTECOMBE (L7, note 960) Reconnaissance de saint François de Sales pour un service qui lui est rendu; sa pauvreté. - Il aurait de bonnes raisons pour se dispenser d'accompagner le duc de Savoie et le prince Cardinal en France ; mais pour leur être utile, mort ou vif il ira. - Si l'Abbé d'Hautecombe lui indique le jour, le Saint ira le chercher en son monastère. - Remerciements de l'Evêque de Chalcédoine.

Annecy, 3 novembre 1622

Monsieur, Je ne me suis pas estonné quand j'ay sceu par une lettre de monsieur le premier Praesident , le bon office qu'il vous plait de faire pour moy et pour mon voyage envers Monseigneur le Serenissime Prince Thomas . Et c'est la verité que ne faysant point de reserve, comme je croy que chacun sçait que je ne puis pas faire, il me sera malaysé de treuver l'argent necessaire pour cett' occasion, en laquelle il importe que le monde ne sache pas que les serviteurs d'un tel maistre, comm'est Son Altesse et Monseigneur le Prince Cardinal , ne sont pas en necessité. Que si il n'estoit pas grandement utile a leur service que je fis le voyage, certes, j'aurois bien des bonnes et solides raysons pour m'en excuser ; comme au contraire, sil y va de leur service, mort ou vif je ne voudrais nullement arrester, ains irois ou me ferois traisner. Sur tout j'ay une particuliere consolation de sçavoir que vous estes de la partie, et sil vous sembloit .a propos que je vous allasse prendre, en passant, a Autecombe , des le Rosne, sur lequel mes incommodités m'obligent de faire mon voyage tant que je pourray, pourveu qu'il vous plaise de me marquer le jour, je m'en estimerois grandement honnoré ; comm'encor, qu'en tous evenemens vous me tenies, Monsieur, Vostre tres humble et tres affné serviteur, FRANç", E. de Geneve.

3. 9. 1622, Annessi.

Monsieur, il y a long tems que, comme je vous dis a Turin , Monsieur de Calcedoine mon frere m'a communiqué l'obligation quil a a vostre courtoysie, et tout presentement il me prie de le vous ramentevoir, avec asseurance qu'il est vostre serviteur. A Monsieur Monsieur [de] la Mente, Conseiller de S. A. Serme, Abbé d'Hautecombe,

Senateur au souverain Senat.

Revu sur une photographie de l'Autographe appartenant à Son Altesse Humbert, Prince de Piémont.

MCMLVII AU PRéSIDENT ANTOINE FAVRE (INéDITE) Recommandation pour une affaire pendante devant la Chambre des Comptes.

Seyssel, 8 novembre 1622.

Monsieur mon Frere,

Passant icy a Sessel , je me sens obligé d'assister monsieur de Losches, mon cousin , de ma tres humble supplication aupres de vous, affin quil vous playse de le proteger en l'affaire qu'il a devant messieurs de la Chambre des Comtes. Faites moy, je vous supplie, cette faveur, Monsieur mon Frere, tandis que je vay en Provence ou Monseigneur le Prince Cardinal doit aller faire la reverence , et ou, visitant les lieux de devotion qui y sont en grand nombre, je prieray Dieu qu'il vous conserve, avec madame ma seur , et benisse tout ce que vous affectionnes; qui suis en toute verité, Monsieur mon Frere, Vostre tres humble et fidele frere et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

VIII novembre 1622, a Sessel.

Revu sur l'Autographe qui, en 1887, se conservait à la Visitation de Troyes.

MCM.LVIII A LA SOEUR DE BRéCHARD RELIGIEUSE DE LA VISITATION, A MOULINS (FRAGMENT) Joie du Fondateur au sujet d'une élection. - Eloge de la nouvelle Supérieure.

Lyon, 10 ou 29,30 novembre 1622.

Ma tres chere Fille,

A nostre arrivee en cette ville de Lion, vos lettres du 5 de ce mois m'apprennent l'heureuse election que vous aves faite. Hé, que mon ame en benit le Sauveur ! Je vous asseure que cette chere Mere est toute selon mon cœur ; mais que dis je ? je croy qu'elle est tout entierement selon le cœur de Dieu, duquel je desire et j'espere qu'elle recevra tant de benedictions, qu'elle sera elle mesme une Mere de benediction dans nostre cher Institut. Mon cœur le souhaite; ainsy j'en prie Dieu, et vous benis en son nom toutes deux. ………………………………………………..

Revu sur le texte insèré dans l'Histoire de la Fondation de la Visitation de Moulins, conservée au 1er Monastère d'Annecy.

MCMLIX A M. BALTHAZARD DE PEYZIEU (INEDITE) Passage trop rapide à Vienne ; espérance d'un prochain séjour plus prolongé.- Heureux mariage de François de Longecombe.

Vienne, 11 novembre 1622.

Monsieur mon Frere,

Pensés si je suys pressé, puisque je ne m'ose pas dispenser d'un demi jour pour prendre le loysir de bayser les mains a Monsieur l'Archevesque, mon superieur , ni a monsieur le Gouverneur , a qui je suis tant obligé, ni a madame de Pezieu, ma chere seur . Au retour d'Avignon, que j'espere faire dans quinze jours, je rendray tous ces devoirs, Dieu aydant, avec mille desirs de me conserver la bienveuillance de ceux a qui je les ay, comm'a vous principalement, Monsieur mon Frere, a qui je donne la nouvelle, si des-ja vous ne l'aves eüe, que nostre cher cadet, en fin fut marié par mes mains il y a aujourduy huit jours, avec tous les tesmoignages de reciproque contentement que l'on pouvoit souhaiter es deux parties . Et parce que je me praeparois au voyage que je fay maintenant, je ne puys vous rien dire davantage, n'ayant eu le tems d'attendre rien de plus. Je suis de tout mon cœur, Monsieur mon Frere, Vostre tres humble serviteur, FRANçs, E.de Geneve.

XI novembre 1622, a Vienne.

Revu sur l'Autographe appartenant à Mme la marquise de Mailly, au château de la Roche-Mailly (Sarthe).

MCMLX A MADAME DE TOULONGEON Heureuse rencontre avec la Mère de Chantal. - Délicats conseils, tact parfait et largeur d'esprit du saint Directeur. - La pensée de la mort mêlée aux félicitations de bonheur.

Lyon, 17 décembre 1622.

Allant en Avignon, Madame ma tres chere Fille, j'eus ce bonheur de treuver nostre bonne Mere icy, et l'y ay encor rencontree a mon retour . Vous croires aysement que ce n'a pas esté sans parler souvent de vous, non sans beaucoup de consolation que j'ay receuë de sçavoir que vous vivies tous-jours dans la crainte de Dieu, avec desir de faire progres en la devotion.

Vous sçaves, ma tres chere Fille, combien je suis aysé a contenter et combien j'ay de facilité a bien esperer des ames que j'affectionne : c'est des vostre enfance que j'ay une infinie passion pour vostre salut, et que j'ay conceu une grande confiance que Dieu vous tiendroit de sa main (Ps 138,10), pourveu que vous voulies correspondre a ses faveurs. Faites le donq, je vous en conjure, ma tres chere Fille, et separés de jour a autre vostre cœur de toute sorte d'amusement de vanité. Comme vous sçaves, je ne suis nullement scrupuleux, et n'appelle pas amusement de vanité sinon la volontaire inclination que nous nourrissons aux choses qui veritablement nous divertissent des pensees et deliberations que nous devons avoir pour la tressainte eternité.

Cette chere Mere m'a raconté la consolation qu'elle a de vous voir avec un si digne mary , duquel vous estes parfaitement cherie. C'est un grand advantage pour vostre vertu, ma tres chere Fille; faites le bien proffiter, et quoy que vostre aage, vostre complexion et vostre santé vous promettent une longue vie, souvenes vous neanmoins qu'aussi pouves vous mourir bien tost, et que vous n'aures rien de plus desirable a la fin, que d'avoir mis un grand soin a recueillir et conserver les faveurs de la Bonté divine.

Cependant, je suis a jamais tout a fait, ma tres chere Fille, Vostre tres humble et tres affectionné serviteur, et de monsieur vostre mary, FRANçs, E. de Geneve.

A Lion, ce 17 decembre 1622.

MCMLXI A UNE DAME Bonheur de la solitude au pied du Crucifix. - Véhémente aspiration vers l'éternité ; mépris de ce monde et de ses grandeurs.

Lyon, 19 décembre 1622.

Mille remerciemens a vostre cœur bienaymé, ma tres chere Fille, pour les faveurs qu'il fait a mon ame, luy donnant des si douces preuves de son affection. Mon Dieu, que bienheureux sont ceux qui, desengagés des cours et des complimens qui y regnent, vivent paysiblement dans la sainte solitude aux pieds du Crucifix ! Certes, je n'eus jamais bonne opinion de la vanité, mais je la treuve encor bien plus vayne parmi les foibles grandeurs de la cour. Ma tres chere Fille, plus je vay avant dans la voye de cette mortalité, plus je la treuve mesprisable, et tous-jours plus aymable la sainte eternité a laquelle nous aspirons et pour laquelle nous nous devons uniquement aymer. Vivons seulement pour cette vie, ma tres chere Fille, qui seule merite le nom de vie, en comparayson de laquelle la vie des grans de ce monde est une tres miserable mort. Je suis de tout mon cœur, tres veritablement tout vostre, ma tres chere Fille, et Vostre tres humble et tres affectionné serviteur, FRANçs, E. de Geneve,

A Lion, ce 19 decembre 1622.

MCMLXII A LA MèRE DE CHASTELLUX SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE MOULINS Désirs rendus plus ardents par la charge que la Providence a donnée à la Mère de Chastellux. - Le fondement de la prospérité spirituelle. - Confiance toujours plus grande.

Lyon, 19 décembre 1622.

Dieu qui voit les desirs de mon cœur, sçait qu'il y en a de tres grans pour vostre continuel avancement en son tressaint amour, ma tres chere Fille, sur tout maintenant que, selon la disposition de la sainte Providence eternelle, vous voyla mere et conductrice d'une trouppe d'espritz consacrés a la gloire de Celuy qui est l'unique bien auquel nous devons aspirer. Nostre Mere a bien rayson de vous souhaiter une grande humilité, car c'est le seul fondement de la prosperité spirituelle d'une Mayson religieuse, qui n'exalte jamais ses branches ni ses fruitz qu'a mesure qu'elle enfonce ses racines en l'amour de l'abjection et bassesse. Je suis plein de tres bonne esperance, ma tres chere Fille, et vous conjure de prendre de plus en plus confiance en la misericorde de Nostre Seigneur, laquelle vous tiendra de sa sainte main (Ps 138,10) et vous protegera de sa force. Je ne pars pas encor de cette ville et, comme je pense, j'auray encor la consolation de vous escrire. Ce pendant, Dieu soit a jamais au milieu de vostre cœur et de vostre Monastere, ma tres chere Fille, et je suis de tout mon cœur Vostre tres humble serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

Le 19 decembre 1622.

MCMLXIII AU DUC ROGER DE BELLEGARDE Une œuvre de charité proposée au duc.

Lyon, 24 décembre 1622.

Monsieur mon Filz,

La mesme solemnité de ces grans jours de Noel qui m'oste presque l'esperance de vous voir , me donne l'asseurance de vous faire cette importunité pour ce pauvr'homme que la charité m'oblige d'affectionner, et le bon exemple qu'il a donné de sa foy et de sa probité tandis qu'il a sejourné dans le balliage de Gex, ou il a neantmoins des persecutions dans son innocence . Il explique son indigence en sa requeste, laquelle si vous ne treuves pas convenable d'exaucer, il en praesente une autre, Monsieur mon Filz : c'est qu'il playse a vostre bonté de luy donner une place es gardes du sel, ou en Forest, d'ou il est, ou ailleurs sous vostre authorité. Ces œuvres de pitié sont de sayson en ces jours dediés a l'honneur de la souveraine misericorde que le Filz de Dieu a exercee en sa nayssance pour nostre salut, que je supplie tres humblement de vous estre a jamais favorable, Monsieur, selon le souhait continuel de mon cœur; qui suis Vostre tres humble et tres obeissant serviteur, FRANçs, E. de Geneve

Ce soir, veille de Noel 1622.

[A Mo]nsieur [Monsieur l]e Duc de Bellegarde,

Pair et grand Escuyer de France, Gouverneur de Bourgogne.

Revu sur l'Autographe conservé à Paris, Bibl. Nat., Fonds Clairambaut, 1062.

MCMLXIV A LA MèRE DE MONTHOUX SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE NEVERS Messagère pleine de mérite et d'affection pour la destinataire, - Ferveur de la Sœur Emmanuelle de Monthoux,- Un ami du Monastère de Nevers.

Lyon, 25 décembre 1622.

Cette chere damoyselle qui vous porte ce billet est digne d'estre singulierement cherie, parce qu'elle cherit tres affectionnement la divine Majesté de laquelle nous celebrons aujourd'huy la sainte nayssance; mais outre cela, ma tres chere Fille, elle vous ayme saintement, et a desiré que je vous escrivisse par son entremise. Je le fay de tout mon cœur, ma tres chere Fille, sans vous dire autre sorte de nouvelles, sinon que nostre Seur Emmanuelle est toute pleyne de ferveur en la reforme du Monastere de Sainte Catherine qui se fait a Rumilly . Car, que vous diray je de plus, ma tres chere Fille, puisque cette bonne et vertueuse ame vous dira tres amoureusement tout ce qui se passe icy ? ………………….. asseure que le P. Suffren …………… ………………….vous fera la faveur de vous voir…………………. dire par lettre et de vive voix………………………….prose latine qu'il vous donna………..C'est un personnage tout aymable, et qui a une affection toute sincere pour vous et pour vostre Monastere. Vives toute en Dieu, ma tres chere Fille, et pour Dieu, que je supplie vous recevoir dans le sein de sa tressainte dilection, avec toute vostre chere compaignie; qui suis sans fin, Ma tres chere Fille, Vostre tres humble et tres affectionné Pere, oncle et serviteur, FRANçs, E. de Geneve.

A Lion, jour de Noel 1622.

A ma chere Fille en Nostre Seigneur,

Ma Seur Paule Hieronime de Monthouz,

Superieure du Monastere de Sainte Marie de Nevers

MCMXXXV A LA MèRE DE LA MARTINIèRE SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE VALENCE (INéDITE) Réponse tardive. - Adoucissements que l'on peut donner à une veuve âgée retirée au monastère. - Consolations et difficultés. - Messages.

Annecy, 24-29 août 1622.

Ma tres chere Fille, A [mon retour] de Piemont, j'ay treuvé ici vostre lettre du premier juing. Helas ! que vous aures bien eu de la patience en l'attente de la response. Je ne treuve nulle difficulté que la [mère de monsieur] de la Gamelle soit receue en vostre Mayson pour y demeurer [en habit] seculier, pourveu qu'il soit modeste, selon son ordinaire; qu'elle couche sur les plumes ou [en autre] telle sorte, pourveu…………….; car en tout cela [il n'y a aucune] messeance. p[our la] cha[rité]………. par la plus douce……….. . bonne……. le plus grand secours de son aage Je me res-jouys dequoy vous aves un si bon Pere spirituel et un si bon confesseur ; cela vous doit soulager au desplaysir que les incommodités de vostre logis vous doivent donner. J'espere qu'en fin celuy qui s'estoit chargé de vous si bien accommoder s'empressera de satisfaire a vostre juste desir et a sa conscience . Je salue tres humblement le cœur de nostre devote Seur Marie et celuy de madamoyselle des [Con] ches , les conjurant de recommander souvent le mien tres chetif a la souveraine bonté de celuy de Nostre Seigneur, auquel et par lequel je suis tres asseurement, ma tres chere Fille, Vostre [très h]umble serviteur,

FRANcs E. de Geneve

2…a[oût] 1622

APPENDICE

I

LETTRES ADRESSéES A SAINT FRANçOIS DE SALES PAR QUELQUES CORRESPONDANTS

A LETTRE DE LA MèRE FAVRE SUPéRIEURE DE LA VISITATION DE MONTFERRAND (FRAGMENT)

………………………………………………… (note 105) Encore que madame de Dalet, notre fondatrice (note 110), soit l'une des âmes la plus vertueuse et la plus aimable que mon esprit ait jamais rencontrée, si je voyais tant soit peu de déraison dans sa retraite, et que quelque autre attrait que le pur mouvement divin l'attirât à nous, je me retirerais entièrement d'elle . Et vous assure, Monseigneur, que Dieu, qui vient toujours au secours de votre grande fille qui n'est grande qu'en misère, conduit si bien les affaires, que madame de Montfan, sa mère (note 113), a blâmé tout le monde et m'a jugée la plus blâmable, [et cependant,] nous sortons toujours l'une d'avec l'autre bonnes amies. Et encore l'autre jour, sortant du parloir où sa passion maternelle avait assez paru, elle me voulut toucher la main et dit : Je ne m'étonne pas que ma fille de Dalet aime cette fille de Monseigneur de Genève, mais je me passionne de ce qu'elle aime plus le cloître que moi, qui suis sa mère. ………………………………………………….

[Montferrand, fin mars ou avril 1621 .]

Revu sur le texte inséré dans une copie de la Vie manuscrite de la MèI-e Favre, par la Mère de Chaugy, conservée à la Visitation d'Annecy .

B LETTRE DU PRINCE CARDINAL MAURICE DE SAVOIE

Monsieur l'Evesque de Geneve,

(note99) Vous vous ressouviendrez bien comme Monsieur le Prince mon frere, estant en Savoye , vous commit d'assigner le prieuré de Saint Clair aux Peres Bernabites du Colleige d'Annessi, et des oppositions qui y furent apportées par le Baron de Menton, pretendant avoir droict sur ledit prieuré. Sur quoy lui fut donné temps pour produire et fere veoir ses raisons, à faute de quoy les dits Peres en seroyent mis en possession. Ce que n'ayant effectué jusques à present, et estant ledit temps espiré il y a une piece, ledit Sr Prince a voulu que je vous disse de sa part par cette, qu'il sera bien que vous faciez executer les expeditions desja faictes, et mettiez sans autre delay lesdits Peres en possession dudit prieuré(cf Append.II). Ce que m'asseurant vous ferez volentiers, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde.

Vostre comme frere,

M. CARDL DI (sic) SAVOYE.

De Turin, le 28 aoust 1621.

A Mons de Geneve.

Revu sur l'original inédit, conservé aux Archives communales d'Annecy, Série GG, Fonds du Collège Chappuisien.

C LETTRES PATENTES DE CHARLES-EMMANUEL Ier, DUC DE SAVOIE

(note 272) CHARLES EMANUEL, par la grace de Dieu Duc de Savoye, Chablais, Aoste et Genevois, Prince de Piedmont, etc. Estant amplement informé, et à nostre particulier contentement, du bon progrez et avancement que prend de jour à autre la reforme restablie dez quelques annees en ça au prieuré de Talloires en l'estroite observance de la Regle de S, Benoist (L4, note 246), et desirant, pour le service et plus grande gloire de Dieu, non seulement de maintenir et favoriser ce louable commencement qui y paroist aujourd'huy, mais encor de procurer autant qu'il Nous est possible l'entiere introduction de la ditte reforme dedans tous les Monasteres du mesme Ordre qui ne sont encor unis à aucun autre corps de Congregation reformee, riere nos Estats et pays dela les monts : pour a quoy parvenir, comm'il est tres requis et necessaire de leur pourvoir d'un chef resident dans nos Estats, qui, par capacité, dignité et vie exemplaire, puisse meriter et exercer dignement cette charge, et travailler soigneusement a l'introduction de la ditte reforme, attandu mesme que le dit prieuré de Talloire depend de Superieurs d'Ordre non reformés et estrangers : Aussy, apres avoir jetté l'œil sur les Prelats et Evesques de nos provinces de Savoye, Nous avons, entre les autres, choisi la personne de tres Reverend nostre tres cher, bien amé, feal Conseiller et devot Orateur, Messire FRANçOIS DE SALES, Evesque de Geneve, pour les preuves signalees et remarquables qu'il a en tout tems donnees, tant de sa suffisance et vigilance au salut des ames, que par la connoissance que Nous avons d'ailleurs de ses saintes œuvres, vie devote, tres louable et tres exemplaire ; esperant que non seulement il sera tres agreable aux Religieux de cette sainte reforme, mais tres utile au bien et avancement d'icelle.

Pour ces causes, en tant qu'il Nous concerne, Nous avons deputé, choisi et eleu, ainsy que par les presentes, de nostre certaine science, pleine puissance et authorité souveraine, avec l'advis et participation de nostre Conseil, deputons, choisissons et elisons le dit Evesque de Geneve pour chef de tous les Religieux reformés Benedictins riere nos dits Estats, avec pouvoir de visiter tous les Monasteres qui s'y trouveront fondés et dependans de cet Ordre; d'y introduire la dite reforme, particulierement en ceux de Bellevaux (L2, note 301), Contamine (id, note 262), ). Sindrieux (Chindrieu)

(L9, note 373) et Saint Paul (note 156)

en taschant de disposer tous les Religieux d'iceux a la recevoir chacun selon son pouvoir, eu esgard a l'aage et force d'un chacun, et prenant en particuliere protection tous ceux qui se rangeront et disposeront à cette salutaire et tres sainte resolution; luy permettant en outre d'y restablir ponctuellement l'observance, ensemble l'Office divin et autres fonctions spirituelles et publiques, de predication, confessions, administration des saints Sacremens et autres qui s'y trouveront annexees, lors toutefois que le nombre des Religieux se trouvera estre suffisant pour ce faire. Et affin que ces bons Peres Religieux reformés ayent plus de moyen de s'entretenir et maintenir, Nous leur donnons dez à present, en tant qu'il Nous touche, tous les revenus, offices et prebendes monastiques, tant du dit Talloire que des autres monasteres susdits, pour en jouir et les unir à la dite reforme à perpetuité ; si qu'ils puissent en prendre possession apres qu'elles seront vacantes, au cas que les possesseurs modernes n'acceptent la ditte reforme.

Declarons qu'il sera loisible au dit Evesque de Geneve, avec participation des Peres principaux reformés du dit Ordre, de nommer et creer un d'eux pour Abbé et chef Provincial de la ditte reforme, qui se pourra changer de tems en tems, selon les louables coustumes des Congregations reformees.

Si mandons à tous nos Magistrats, Ministres et Officiers qu'il appartiendra, d'ainsy le faire observer et garder inviolablement sans aucune difficulté; car ainsy Nous plait.

Donnees à Turin, le vingtiesme octobre mille six cents vingt un.

V. ARGENTERO.

PERNET.

Revu sur une ancienne copie inédite, conservée à Turin, Archives de l'Etat (Abbaiie, Talloires, Mazzo 1, n 10).

D LETTRE DU CHANOINE ARTUS DE LIONNE SEIGNEUR D'AOSTE (L8, note 584)

Mon très honoré Seigneur, (notes 335,466) Enfin, voici nos chères colombes dans leur nouvelle retraite, si parfumée des odeurs célestes que quantité de nos jeunes damoiselles prennent en vérité des ailes de colombe pour sortir du déluge du monde et se reposer en cette arche, en la sainte société de celles que vous nous avez envoyées pour adresser les autres dans le chemin du Ciel. Notre Mère me fit prêcher en cette assemblée, qui fut très grande et quasi de tous les principaux de Grenoble. Vos saintes solitaires rendront cette montagne habitée de plusieurs bonnes âmes, et très visitée de quantité d'autres qui se voudront bonifier à leur exemple. Je dis quelque chose en faveur de notre chère Visitation, non pour la rendre recommandable, car elle ne pourrait être plus honorée et estimée qu'elle est ici, mais pour satisfaire à l'affection et dévotion des assistants, et pour rendre le devoir que j'ai aux Filles d'un si grand, digne et aimable Père, de la débonnaireté duquel j'espère que j'aurai toujours la grâce d'être avoué Son très obéissant fils et très humble serviteur, ARTUS DE LIONNE.

De Grenoble, le 24 octobre 1621.

Revu sur le texte inédit, inséré dans l'Histoire de la Fondation de la Visitation de Grenoble, par la Mère de Chaugy, conservée au le Monastère d'Annecy E LETTRE DE MGR .JEAN-PIERRE CAMUS éVêQUE DE BELLEY (L4, note 197)

Monseigneur et très cher Père et Maître, (note 789) La vôtre, avec le Directoire, me fut délivrée, non sans quelque providence du Ciel, à la pointe de mon voyage, et me consola en l'agonie que j'avais de m'embarquer sans cadran. Je l'ai vu, mais à dire vrai, non pas tout lu. Il m'eût fallu presque autant de temps pour visiter ce volume qu'il m'en faudrait pour visiter le tiers de mon diocèse. Votre jugement, en deux mots, m'a soulagé ; il me fallait la hache de ce même jugement, qui honore toutes les autres perfections qui vous honorent, pour retrancher, ainsi que Périclès, sa harangue.

Je crois que cet homme, observant tout ce qu'il dit, va le cours de Saturne en la sphère de son voyage. Il me souvient de la repartie des Spartains à ces longs harangueurs de Corinthe : la langueur et longueur du commencement fait oublier les conséquences de la fin ; les conclusions sont étouffées dans la multitude des prémices. Il m'est arrivé comme à l'avare : j'ai été pauvre de cette abondance et, comme aux grands festins, j'ai plutôt été rassasié des yeux que de l'estomac. Et certes, à dire vrai, vivre ponctuellement selon les rudes casualités et règlements, selon les ordonnances des trop exacts médecins, est embrasser une grande peine. Vive le cœur de mon Père qui met tous les cœurs en paix par l'admirable brièveté de ses grands, incomparables et moëlleux discours !

Mais, Monseigneur, je m'échappe. Ce n'est point de tout cela que je voulais parler, ains vous souvenir que vous m'avez daigné écrire autrefois (L6, note 526) : Et voici mon petit peuple qui veut être votre peuple, pourvu qu'il vous plaise que de votre peuple je rende mon peuple. Est-il besoin de vous dire que six filles de bonne volonté soupirent de désir de voir un monastère de la Visitation en cette ville ? Alors elles seront entièrement vos filles, s'il vous plaît d'envoyer de celles qui le sont déjà dans votre cher Nicy en notre petit Belley ; et alors je dirai à mon tour: Populus [tuus, populus meus].

Considérez, mon cher Maître, que je suis un si pauvre homme que ces miennes brebis ne sauraient vivre que dans votre pâturage, se rafraîchir que dans votre ruisseau, ni reposer que dans votre bercail. Ce sont des lunes obscures, jusqu'à ce qu'elles soient illuminées des rayons de mon Père, qui est aussi véritablement le soleil de ce siècle que cet astre unique est le flambeau du ciel et de la terre. Nos bonnes filles entrent dans des impatiences contre moi, et m'est avis, quand elles me regardent sans m'oser dire mot, que leurs yeux me voudraient faire entendre ce que disait. autrefois une désolée :

La pensée et l'espoir de ma félicité Me plonge davantage dedans l'adversité. Pourquoi prolongez-vous le temps de notre ennui ? Que ne procurez-vous qu'elle vive aujourd'hui ! Les filles de ce Père, de ce Père tout saint, Elles nous remettraient la joie dedans le sein.

Monseigneur, ayez, je vous conjure, pitié de ces souffrantes, faites-les chanter sur un autre air. Vous pouvez penser si les Sœurs que vous nous envoyerez nous seront chères, à l'égal, certes, de la prunelle de nos yeux. J'irai apprendre vers elles ce que j'ignorerai de vos saintes maximes, je les regarderai comme mes sœurs, je les honorerai comme mes aides en la conduite de ce diocèse, je les proposerai à mon peuple comme la règle de la vraie piété ; bref, Monseigneur, en la personne des Filles, je renouvellerai l'idée que je ne perds jamais des vertus du Père. J'espère de votre débonnaireté toute autre chose qu'un refus, et vous dirai volontiers un mot de la chanson que j'ouïs dernièrement chanter à quelques filles, en passant par la rue :

Que je serai réjoui Si vous voulez dire : oui !

Mais que direz-vous de votre disciple, qu'il apprenne les chansons des fillettes ! Ce sont des couplets innocents aux oreilles et à la mémoire. Cependant, je vis encore dans l'attente d'une ample réponse sur ma lettre précédente, car il faut dire de vos lettres, pour précipitées qu'elles soient, comme des Oraisons de Démosthène, que les plus longues sont les meilleures. Il n'en est pas ainsi des miennes, mais vous me pardonnerez volontiers, voyant que la nécessité me rend importun pour cette fois. Lisez dans la grandeur de ma lettre la grandeur de mon désir; assouvissez-le, et ce sera un acte de miséricorde glorieux à vous, mais fructueux et joyeux à moi, qui suis, Monseigneur et très honoré Père, Votre très humble, très obéissant et très indigne fils, disciple et serviteur, JEAN-PIERRE, E. de Belley.

De Belley, ce 12 décembre 1621.

Revu sur le texte inédit, inséré dans l'Histoire de la Fondation de la Visitation de Belley, par la Mère de Chaugy, conservée au 1er Monastère d'Annecy.

F LETTRE DE M. JACQUES GALLEMAND (L2 note 138)

Monseigneur , (note 361) Je tiens à bonheur particulier de m'être rencontré ici pour prendre part à l'heureuse et joyeuse réception de l'établissement de vos chères Filles. L'on a désiré que je vous écrivisse un mot sur ce sujet ; commission qui m'est autant chère comme j'honore le sujet qui me l'a fait donner, et révère celui à qui ma plume et mon cœur s'adressent.

Oui, Monseigneur, j'admire tous les jours les travaux que vous prenez pour la gloire de Dieu et pour l'état de son Eglise : plaise à la divine Bonté de les accompagner toujours de cette grâce accidentelle, que, comme les lauriers de ces anciens de la Grèce réveillèrent Thémistocle, ainsi vos labeurs et vos trophées en la cause de la religion et dévotion réveillent quelques esprits généreux de ce siècle, et les tirant hors du profond sommeil, les animent à des pensées et à des actions dignes du temps où nous sommes et des nécessités où l'Eglise est réduite. O Dieu, en vous admirant, j'ai bien quelque disposition d'en tirer des bons désirs ; mais je n'ai pas la force de les mettre en effet, jusques à ce que vox Domini prœparantis cervos tonne en mon âme et lui donne puissance d'enfanter tout ce qu'elle conçoit, pour conduire dans la vraie perfection ce qu'il vous a plu de me conseiller quelquefois.

Cependant, Monseigneur, voici que l'on ne respire en cette ville que d'avoir de vos chères Filles ; il ne faut nullement douter que vous favoriserez nos deux prétendantes, attendantes et poursuivantes de ce bonheur tant pourchassé et tant désiré , et les souhaits de toute la ville, de la grâce de Madame de Chantal. Tout est en une très bonne disposition, chacun l'attend avec affection, et singulièrement ceux qui ont autrefois été témoins des heureuses ferveurs de son commencement. Vous avez ici cueilli cette fleur ; au moins rendez-nous-en de-la graine, et que cette grande ménagère la vienne jeter dans sa terre natale.

J'ai trop de consolation d'avoir eu l'honneur de m'employer tant soit peu aux poursuites de cette sainte œuvre, et de voir que, quoique j'y aie été serviteur inutile, la voici sur le point de son accomplissement, dès qu'il aura plu à Votre Seigneurie Révérendissime nous prêter la main de votre assistance et commandements, lesquels je recevrai toute ma vie en qualité de Votre très humble et obéissant serviteur, GALLEMAND, docteur.

A Dijon, ce 23 décembre 1621 .

Revu sur le texte inédit, inséré dans l'Histoire de la Fondation de la Visitation de Dijon, par la Mère de Chaugy, conservée au 1er Monastère d'Annecy.

G - LETTRE DE L'INFANTE ISABELLE DE SAVOIE (en italien) non numérisé

II

SUPPLIQUES ET LETTRES DE PRINCES ET AUTRES PERSONNAGES A DIFFERENTS DESTINATAIRES

A - Supplique à sa Sainteté Grégoire XV (en italien) non numérisé Par l'ordre du Pape, cette supplique fut renvoyée à la sacrée Congrégation des Réguliers. Le texte italien de cette supplique et de la suivante est inédit ; une traduction latine en a été donnée dans les Analecta ecclesiastica de Rome (avril 1894). La rédaction originale n'est pas de saint François de Sales, mais c'est bien la pensée du saint. B- Supplique au Cal Ludovic Ludovisi (en ialien,) non numérisé Les deux Mémoires annoncés pour l'Appendice, dans les notes 87 et 262 sont renvoyés aux Opuscules car la récente découverte dela minute autographe du premier de ces Mémoires prouve qu'il a été rédigé par le saint.Quant au second il est fort probable quele Saint en soit aussi l'auteur, d'autant plus que le texte définitif des deux pièces a été copié sur la même feuille par M.Michel Fare, son aumônier.

C – Lettre de Victor-Amédée, Prince de Piémont, au Prince de Carignan son frère.

(en italien) non numérisé

D- Lettre des Proviseurs du Collège de Savoie à Louvain, aux Administrateurs de celui d'Annecy (en italien) non numérisé

E LETTRE DE THOMAS DE SAVOIE PRINCE DE CARIGNAN AUX MêMES

Le Prince Thomas de Savoye.

Chers et bien amez, (note 727) Pour dignes respects nous vous avons voulu dire par ces lignes que n'envoyez aucune personne a Louven, pour la ratificationde la transaction passée avec les Rds Peres Bernabites du College d'Annissy, sans nostre advis et commandement expres; ains vous prolongerez le terme accordé auxdits Peres pour procurer ladite ratification, jusques au mois de may prochainement venant: car tel est le vouloir de S. A. Et nous asseurans qu'ainsy effectuerez tout ce que dessus, prions Nostre-Seigneur qu'il vous veuille avoir en sa saincte garde.

Ecrit a Chambery, ce premier septembre 1622.

THOMAS.

PAULI.

A nos chers et bien amez

Les Administrateurs du College d' Annissy. Annissy. Revu sur l'original inédit, conservé aux Archives communales d'Annecy, Série GG, Fonds du Collège Chappuisien.

F – Lettres de Victor Amédée, Prince de Piémont, à l'Abbé Philibert-Alexandre Scaglia (L7, note 514) (en italien) non numérisé )

III NOTE (note 331)

concernant l'autographe de la lettre du 19 octobre 1621 à Christine de France, Princesse de Piémont

Recit veritable, comme le sieur de St Laurent Batilly, gentilhomme parent a monsieur le Marquis de Beringhen, premier escuyer du Roy, et chevalier de l'Ordre du 5t Esprit, et a monsieur de Mauroy, colonel de cavalerie et chevalier de St Louïs, a un depost considerable: sçavoir, une lettre de S' François de Sales, vivant Evesque de Geneve, et la dite lettre escrite de sa main propre ; ce n'est point de copie, mais l'original mesme.

Feu Madame Royale, de glorieuse memoire, Duchesse de Savoye, ayant choisi le neveu de Monseigneur l'Evesque de Geneve pour mettre au nombre de ses pages , ce grand et illustre Prelat se sent obligé d'escrire une lettre de remerciment a ladite Altesse Madame Royale, Duchesse de Savoye. Ce que ce saint Prelat fit le 19esme d'octobre de l'annee 1621, et peu de tems apres il pleut au Seigneur de retirer a luy ce saint homme pour luy donner sa couronne ; et puis, quelques annees apres estant beatifié et puis canonisé par le Pape Alexandre VII, dans le tems de la Beatification, Madame Royale, Duchesse de Savoie, voulut bien dire un jour aux dames de sa cour qu'elle avoit une lettre de S' François de Sales qu'il luy avoit escrit de sa propre main de son vivant. Ce que ces dames ayant entendu, elles prierent toutes ensemble sa dite Altesse Royale de Savoie de leur faire tant de grace qu'elles puissent avoir chacune une copie de cette lettre ; ce que Madame Royale leur accorda. Et pour cela, le lendemain elle fit venir a elle le sieur Philippeau, alors ayde major a Turin, et Madame Royale sçavoit bien qu'il escrivoit bien, et mesme a peindre ; c'est pourquoy sadite Altesse donna es mains dudit sieur Philippeau la lettre de St François de Sales, et luy ordonna d'en faire plusieurs copies mot a mot, lesquelles copies elle vouloit donner a ses dames. Et le sieur Philippeau ayant receu cette lettre, se retire chez luy, sans rien dire de cette lettre a ame vivante, et Madame Royale n'en ayant parlé a personne.

Peu de tems apres, Dieu appela a soy cette grande Princesse pour luy donner une couronne de gloire. Personne ne sçavoit que le susdit sieur Philippeau eut en ses mains cette chere lettre de S' François de Sales, et luy, le scellant (sic) aussi, songe de revenir en France, ce qu'il fait peu de tems apres avec le congé de Son Altesse Royale, Duc de Savoye. Apres quelque peu de tems de sejour a la ville de Paris, il vient a Metz et s'y marie, et loüe un appartement dans la maison du susdit sieur de S' Laurent; et apres quelques annees de sejour dans ledit logis, y viennent a mourir en bons chretiens. Et ledit sieur de S' Laurent leur ayant fait autant de plaisirs et de services qu'il leur a pu faire pendant leur demeure en son logis, pour reconnoissance ils luy ont fait present de cette lettre de.St François de,Sales, qu'il garde et conserve avec toute la reverence possible. Le R. Pere Coclet, Jesuite et prefet au college de Metz, confesseur ordinaire desdits sieur et damoiselle Philippeau, a bien aydé a la faire avoir audit sieur de S' Laurent, comme bon converti et estant bien touché de la ste vie de ce grand S' François de Sales.

Signé: G. DE S' LAURENT, cy devant ancien capitaine dans la Ferté.

La susdite Lettre de S' François de Sales a esté presentée et donnée a tres illustre Seigneur Monseigneur Henri Charles du Cambout de Coislin, Evesque de Metz, Prince du S' Empire, Conseiller du Roy dans tous ses Conseils, Commandeur de l'Ordre du S' Esprit et premier Aumosnier de Sa Majesté, par son tres-humble et tres-obeissaut serviteur.

G. DE S' LAURENT, cy-devant ancien capitaine dans la Ferté.

Donné pour bouquet à Mr de Metz le jour de sa feste, St Henry, le 14e juillet 1701.

Revu sur l'original conservé à la Visitation de Metz.

GLOSSAIRE DES LOCUTIONS ET DES MOTS SURANNéS OU PRIS DANS UNE ACCEPTION INUSITéE AUJOURD'HUI (L'astérisque désigne les mots qui ont paru dans le Glossaire des tomes précédents)

* A - pour avec, de, en, pendant de, pour, vers *AAGE - pour temps ABORD DE L'ASSEURANCE (a l') - dès l'arrivée de la nouvelle certaine *ABSENTER - pour s'absenter ACCEPTATION - pour réception,entrée en jouissance du lat. ACCEPTATlO *ACCOUSTUMé (avoir) – avoir coutume *ACCOYSé, ACCOYSER - apaisé, tranquillisé, calmer, apaiser A CES - pour ces, au" prochaines A CONTE - comme acompte, en acompte *ACTION - pour acte cérémonie *ADVENTURE, AVENTURE (par) - pour peut-être ADVISéS (qui seront) -dont on s'avisera *A FAVEUR - comme une faveur *AFFECTION - pour ardeur, désir, volonté *AFFECTIONNEMENT - affectueusement, ardemment, avec affection, avec zèle *AFFECTIONNER - pour prendre à cœur AFFIRMER - du lat. FIRMARE, donner de la force, confirmer *AGGREEMENT - pour bon plaisir, contentement AIGRE - pour âpre *AINS - au contraire, et de plus, etmême, mais, même. *AINSY QUE - pour au moment où, comme ALTERCAT - altercation AMAS (des fourmis) - phrase elliptique pour amas que font les fourmis *AMIABLE - aimable *AMIABLEMENT - doucement, aimablement *A PEU QUE - peu s'en faut que APPORTER - pour annoncer *APPRIVOISER - pour rendre familier, confiant *ARRESTER- pour demeurer, s'arrêter *ASSEURE - pour sûr *ASSEURER - pour garantir l'entretien de ASSEURER (s') - pour être persuadé, être sûr, se persuader *ASSISTER – pour présider *A TANT - là-dessus, sur ce *AU - pour à l'égard du, dans le, par le,. *AUCUNEMENT - pour quelque peu *AUQUEL - pour dans " AUTANT - pour aussi * AUX - pour sur les, pour les AVANCER (s') – pour faire des progrès, progresser *AVANT QUE DE - avant AY - pour ai-je *BAILLER - donner *BELLEMENT (tout) - tout doucement, avec calme *BENITE - pour bénie *BIEN - pour avantage, bonheur, toutefois *BIENFACTEUR - du latin BENEFACTOR, bienfaiteur *BIEN FAIRE - pour faire du bien *BONNEMENT - pour facilement, même, seulement, vraiment *BONTEUX - bimveillant, bon BOUCHE - pour parole *BRAVE - pour bon, habile, fier BREVET - pour Bref *BRIEVE – pour prompte BRUSLEMENT - incendie *CARCAN - collier *CARESSER –pour faire bon accueil, traiter avec bienveillance *CARMELINE - Carmélite *CE - pour cela. *CEANS - ici CELUY - pour celui-là *CE PENDANT, CEPENDANT - pour en attendant, pendant, présentement *CETTE CY - celle-ci *CHAIRE - pour siège *CHAMS (par les) - pour en voyage "CI APRES - pour dans la suite, plus tard *CLAUSURE - du lat. CLAUSURA, clôture *COGITATION - du lat. COGITATIO, pensée *COLLOQUER-du lat. COLLOCARE, mettre, placer *COMBIEN QUE - bien que, quoi que *COMME - pour ce que, comment, de quelle manière, que *COMME QUE CE SOIT – quoi qu'il en soit *COMME QUOY - comment COMMODITé - pour occasion, ressources pécuniaires *COMMUNION - pour conformité *'CONDUITTE - pour itinéraire CONFIER QUE (se) - pour avoir confiance, être sûr que *CONSIDERABLE - pour à considérer, digne de considération CONSIDERATION - pour circonspection *CONSPIRER - pour agir de concert, se réunir pour tendre au même but *CONSTAMMENT - pour avec constance *CONTE, COMTE - pour compte *CONTé - pour compté *CONTENTER (se) - pour agréer, consentir *CONTESTE - pour contestation *CONTRAIRE (au) - pour contre CONTRE LES - pour contrairement aux *CONTREROLLER - contrôler *CONTRESCHANGE - compensation, récompense . *CONTRESCHANGER- récompenser *CONTRIBUER - pour aider de, ajouter, apporter, faire pour sa part *CONVERSATION - pour compagnie *COPIE - pour exemplaire *COQUILLEUX - difficultueux *COULPE - du lat. CULPA, faute, culpabilité *COURAGE - pour cœur * CREANCE - pour croyance, assurance, certitude *CUYDER - du lat. COGITARE, croire, penser *DANS - pour à DANS PEU - pour sous peu, dans peu de temps *D'AVANTAGE - pour bien plus, en outre *DE - pour à, depuis, du, par la *DEçA (de) - de ce côté-ci, de ce pays, d'ici, en ce pays, ici .*DEçA LES - de ce côté-ci des *DEçA LES (de) de ce côté-ci des *DEDANS - pour dans *DEFRAUDER - faire tort, priver par fraude DEHORS - pour hors DELICAT - pour subtil, dénué de fondement DE LUY - pour de sa part *DEPLAISANT - pour douloureux *DES - pour au sujet des, de, depuis *DES-A YMER - cesser d'aimer ( *DESENGAGé - dégagé *DES ICY - de ce lieu, d'ici *DES IL Y A - depuis *DESPECHE - pour exPédition, Pièce (pp. 152, 199). *DESPECHé - pour chargé, pourvu de messages *DES QUELQUE TEMS EN çA - depuis quelque temps *DESSUS - pour sur DESTOUR - pour dérangement, embarras DESTOURBIER-empêclzement, obstacle * DETRAQUEMENT -.. pour dérèglement *DEVERS - vers DEVOTIEUX - propre à la dévotion *DISCOURS - pour récit DISPENSABLE - pour lequel on peut accorder dispense DISPENSè - pour lequel on a accordé dispense *DISTRACTION - pour dérangement, occupation DIVERSIFIé - présentant successivement des aspects différents DIVERSION - pour raisonnement pour détourner le sens ; métaphore tirée du vocabulaire de la stratégie *DIVERTIR - pour détourner, empêcher *DONT - pour c'est pourquoi, en suite de quoi *DORES-EN AVANT - dorénavant *DRESSER - pour diriger , élever *DU - pour à cause du, pour le *DUIT - dressé, habitué *DU TOUT - pour entièrement EFFECT (en) - pour de fait *EFFICACE - du lat. EFFICACIA, efficacité *EMPERLé - orné de perles *EMPESCHé - pour embarrassé *EN - pour à, dans, dans la, par, sur *EN çA - jusqu'à présent, jusqu'ici Cf. l'ital. IN QUA. *ENCOR (pour) - pour le moment *ENDOMMAGER - pour causer du dommage à ENGRAISSé - pour graisse *EN LIEU - pour au * ENSEMBLEMENT - ensemble * ENTRETENEMENT- entretien *ENTRETENIR - pour retenir *ENVERS - pour auprès de *ENVOYER - pour avertir, mander *ESCLARCIR - procurer un éclaircissement, une explication *ESLECTION - pour libre choix du lat. ELECTIO. *ESSAYER (s') - pour ESTABLIR SUR - pour donner l'autorité sur, préposer *ESTONNER - pour effrayer *ETERNlTé, AETERNITé (à toute) - éternellement, pendant toute l'éternité *ET SI - pour et de plus, et encore, et même *ET TOUT- pour aussi EXALTER - pour élever, pousser en haut *EXPLANé - aplani du lat. EXPLANARE. FACTEUR - pour fermier, métayer *FAIRE - pour donner, effectuer, fonder, former, pratiquer, prêcher FAIRE LE DESP ART - pour partir FAIRE REUSSIR - pour procurer FAIRE SON BENEFICE - pour opérer son action bienfaisante FAIRE SUITE (en) - pour continuer, en tirer conséquence *FASCHERIE - pour souffrance, désagrément FEMELLE - pour molle, efféminée FONS TERRIENS – propriétés foncières *FORCE (de) - avec impétuosité FORMER - pour formuler .*GARDER- pour se garder *GRAND CAS (c'est) - pour c'est admirable, c'est une chose surprenante *HEUR - bonheur *HUMEUR - pour avis, sentiment *ICY - pour ci

IL - pour ce, qu'il.

* IMBECILLITé - du lat. IMBECILLITAS ,faiblesse *IMPETRER - du lat. IMPETRARE, - obtenir par supplications, demander *IMPORTANCE (1') - pour l'important IMPORTUNITé - pour demande importune *IMPROUVëU (a 1') - à l'improviste *INCOMMODER - pour gêner, nuire à *INCONVENIENT - pour difficulté INDISPOSITION - pour disposition contraire, peu favorable INSTITUTEUR - pour qui forme, qui instruit quelqu'un à quelque chose INSTITUTION - pour JE NE PUIS QUE JE NE CROYE- je ne puis moins faire que de croire, je ne puis m'empêcher de croire *JOURD'HUY (du) - d'aujourd'hui, de ce jour *LAIRRAY - ancienne forme de laisserai *LEGAT - du lat. LEGATUM, legs *LIEU - pour place, moyen *LOYER - pour récompense LOYSIBLEMENT - licitement * MADAMOYSELLE - appellation usitée jadis à l'égard de toute femme mariée qui n'était pas noble, ou qui, étant noble, n'était pas titrée * MANQUEMENT - pour défaut "MARRI, MARRY - fâché, peiné, regrettant MESCHEF - insuccès, mauvaise réussite *MESHUY - désormais, maintenant * MESME - pour d'autant plus, surtout *MESMEMENT – même, pas même * MESNAGER - pour ménager les choses MESURE (a) - pour en proportion *MOUVOIR - pour émouvoir *MOYENNER - procurer en se servant d'intermédiaire * MUSSER - cacher * NE - pour ne pas *NOURRIR - pour élever * NOURRITURE - pour éducation * OBEDIENCE - du lat. OBEDIENTIA, obéissance OCCURRENT (qui) - qui se rencontrent, qui surviennent *OFFICE - pour service * ORATEUR - titre que prenaient autrefois les gens d'Eglise écrivant à des souverains * OR SUS - or donc, lié bien, parole d'encouragement. Cf. l'ital. ORSù. * OUBLIER (s') - pour oublier OUTIL - pour objet *OYT (elle) - elle entend *PAR- pour en *PARANGON - de l'ital. PARAGONE, comparaison *PAR APRES - ensuite. *PAR DELA - là où vous êtes, de votre côté *PARMI, PARMY - pour avec, chez, dans * PARTIAL - pour préféré *PASSé DEMAIN - pour après demain *PASSER - pour se passer . *PASSION - pour sentiment de douleur vif et profond ( *PIECE - pour partie, œuvre * PITIé - pour miséricorde * PITOYABLE - pour digne de pitié * PITOYABLEMENT - pour avec pitié, avec compassion * PLAISANT -pour agréable *PLUS - pour Plutôt * PŒNITENCE - du lat. PŒNITENTlA, regret, repentir *POINT - pour ne... point *POINT TOUT A FAIT - point du tout, pas du tout POLITESSE - pour bienséance, propreté Cf. l'ital. PULITEZZA. * PORTER - pour soutenir, employer son crédit en faveur de *PORTION - pour prébende *POUR CE - pour parce POUR FIN - pour enfin, pour conclure * POUR UN PEU - pour un peu de temps *PRAEFIGé - fixé . du lat. PRAEFIGBRE. PREFIXER - fixer PRESAGé - pour annoncé, fait pressenti PROGRES... DE LEUR VEUE (au) - à mesure que je les lirai * PRONONCER - pour annoncer * PROPOS - pour sujet de conversation *PROSPERER - pour faire prospérer "PROUVOIR - du lat. PROVIDERE, pourvoir *QUANT ET QUAND, QUANT ET QUANT - en même temps *QUARTEMENT - quatrièmement *QUE - pour ce que, dont, * QUI - pour ce qui QUITTé DE - pour quitté *RAFRAICHIR - pour renouveler *RAMASSé - pour recueilli *RAMENTEVOIR - faire ressouvenir de, rappeler, ressouvenir *RAMENTEVOIR (se) - se rappeler *RAMENTEVOIR EN (se) - se rappeler à RECLINER - reposer, appuyer RECOMPENSé - pour dédommage. *REFORMATION - du lat. REFORMATlO, réforme *REGARD (pour ce) - pour ce sujet REGARD DE (pour le) - en ce qui concerne le . *RELIGION - pour état religieux, Ordre religieux, vie religieuse RELIGION (profession de) – pour religieuse REMIS EN MEMOIRE (ayant esté) - m'ayant été rappelé *REMONSTRANCE - pour représentation, réclamation REMUé - pour issu *RENCONTRE - pour réunion *RENFORCER - pour augmenter les forces, fortifier. *RESIGNATION - pour acte de résignation RESTAT - arrérage *RETIREMENT - perception, recouvrement REUSCIR A - pour revenir en, tourner en *REVA (s'en)-s'en retourne SEJOUR (en) - pour à demeure, arrêté *SEMONCE - pour invitation SENTIMENT - pour peine SI - pour aussi, cependant, toutefois SIED - pour siège * SI EST CE QUE – cependant, il est vrai que, il n'en est pas moins vrai que, néanmoins, toutefois *SI FAUT -locution affirmative SI FAUT IL - oui vraiment, il faut *SI MOINS - sinon *SOIN - pour sollicitude, souci *SOUëFVE - suave SOULAS - consolation *SOULOIR - du lat. SOLERE, avoircoutume SOUSMETTRE A - pour mettre, placer sous *SOUVENANCE - souvenir *SOUVENTEFOIS -souvent *SPELONQUE - du lat. SPELUNCA, caverne, grotte SUCCES (se despouiller du) – se désintéresser de l'issue *SUFFISANCE - du lat. SUFFICIENTIA, capacité intellectuelle, mérite, médiocrité SUITE - pour action de suivre SUITE (à la, en la) - pour ensuite, en suivant * SUIVRE - pour imiter SUJET A L'AIR - sujet auxinconvénients des variations de l'air *SUPPORT - pour appui *SUR - pour à l'occasion de, au sujet de, par * TANDIS - pour en attendant *TANT - pour autant TANT DE - pour tant *TANT MIEUX - pour d'autant mieux *TANT PLUS - d'autant mieux, d'autant plus *TANT SEULEMENT - seulement *TARDIVETé - lenteur 'TENDRETé - du lat. TENERITAS, tendresse, attendrissement, douilletterie, mollesse, considération personnelle TESMOIGNER (se) - se montrer *TIERCEMEN T - troisièmement TIRER - pour attirer, pousser *TOUT A COUP - pour tout d'un coup, tout de suite *'TOUT FIN SEUL - tout seul, seulement *TOUT MAINTENANT - à l'instant 'TRAVAUX - pour peines, sollicitudes, souffrances *TREILLE - pour grille TRES - pour tout à fait *TRICHERIE - pour bagatelle, chose de peu d'importance URSELINE - Ursuline VANTANCE - action de se vanter, vanterie *VARIANT - variable, changeant VERITABLEMENT - pour en effet *VERS - pour auprès de VESTEMENT - pour véture *VILETTE - petite ville cf l'ital. VILLETTA. *VISITATION - du lat. VISITATIO, visite, visite divine reçue *VOIREMENT - à la vérité ZELE - pour ressentiment

INDEX DES CORRESPONDANTS ET DES PRINCIPALES NOTES BIOGRAPHIQUES ET HISTORIQUES DE CE VOLUME

ACARIE. Voir MARIE DE L'INCARNATION. ADMINISTRATEURS DU COLLèGE CHAPPUISIEN .. ………………………Appendice II,E, 883 ADRIEN DES ECHELLES, Capucin ……………………………………………………..59,128 Affringues Bruno (d'), Général des Chartreux…………………………………………….1862 AGLIé Ludovic d'……………………………………………………………………………55 Aiguebelette Françoise-Melchionne du Four (damed' )………………………………………320 ALTARIENS de Rumilly. Voir GREZ.. .. . . . . .. ……………………………………………….438 AMADIS DES GAULES....................... ……………………………………………………..474 AMAURY Claire-Marie, Religieuse de la Visitation………………………………………… 755 Amaury Françoise Simon (dame)……………………………………………………….. 279, 284 AMAURY Jeanne-Catherine, Religieuse de la Visitation…………………………………….282 AMBASSADEURS. Voir SCAGLIA. AMELOT Marie........................... ……………………………………………………………..540 ANDILLY Catherine Le Fèvre de la Boderie (dame Arnauld d')……………………………….27 ANDROZIO ou ANDROZZI (Androce) Fulvio, Jésuite.. . ……………………………………..541 ANNECY. Voir BARNABITES, COLLèGE CHAPPUISIEN, CONSEIL DE VILLE, NOTRE-DAME DE LIESSE, VISITATION. ANNECY (Envahissement de troupes à)…………………………………………………………824 AOSTE Artus de Lionne * (seigneur d')………………………………………………Append.I,D AOSTE (monastère de Sainte-Catherine et de la Visitation d'). Voir VISITATION (Projets de fondations), VAUDAN. Arnauld Angélique, Abbesse de Port-Royal ………………………………………………...539,566 ARVISET Bénigne, Jésuite …………………………………………………………………….76 ARVISET Jeanne Choillot et Marie Fyot (dames) ……………………………………………..644 AUBéPINE Gabriel (de 1'), Evêque d'Orléans.. ……………………………………………….558 AULPS (abbaye d') ……………………………………………………………………………..195 Ballon Charles - Emmanuel Perrucard (seigneur de). …………………………………………1758 Ballon Louise (de), Religieuse de l'abbaye de Sainte-Catherine. Voir BERNARDINES…….…795, 830 Bandini Octave, Cardinal. ……………………………………………………………………704 BARNABITES. Voir BOERIO, GUéRIN. BARNABITES d'Annecy (collège des). Voir COLLèGE CHAPPUISIEN, SAINT-CLAIR,BARNABITES d'Annecy (Donation en faveur des) ………………………………98 BARNABITES de Thonon. Voir CONTAMINE. BARNABITES de Thonon (Noviciat des) …………………………………………………833 Baudeau (Mme). ……………………………………………………………………………..294 BEAUFORT Marie-Jacqueline, Religieuse de la Visitation …………………………………512 Beaumont-Carra Anne-Catherine (de), Religieuse de la Visitation. …………….…….548,1915 BEAUMONT-CARRA Antoine-Charlotte de Divonne (dame de) et ses enfants. Voir PELARD, SACCONAY, VINCENT………………………………………….681 Bellarmin Robert, Jésuite (Cardinal) . ………………………………………………………1746 BELLECOMBE. Voir THOYRE. BELLEGARDE Anne de Bueil (duchesse de)………………………………………………..362 Bellegarde Roger de Saint-Lary (duc de)…………………………………………………495,872 BELLET (Belet) Marie-Françoise, Religieuse de la Visitation ……………………………….562 BELLEY (Officiai de l'évêché de). Voir SALTEUR. BENING François, Jésuite …………………………………………………………………..321 BENNO ou BENNOD (Benod) Péronne-Marie (de), Religieuse de la Visitation……………547 BERNARDINES à Rumilly (Fondation des). Voir BALLON, BILLET……………..726,792,795,830 BERTIER ou BERTHIER François ………………………………………………………….188 Bérulle Pierre (de). Voir ORATOIRE………………………………………………………………...820,822 BETON. Voir LE BETON. Billet François, Oratorien. Binet Etienne, Jésuite……………………………………………322 BINET (Mme et Mlle)……………………………………………………………………….387 Blonay Claude de……………………………………………………………………………..1786 Blonay Claudine (de), Abbesse de Sainte Claire d'Evian ……………………………………1752 BLONAY Jean-François (de). Voir SAINT-PAUL. Blonay Marie-Aimée (de), Religieuse de la Visitation. ..126,484,1797, 1828,.1851,1854,1891,1906 Boerlo Jérôme, Général des Barnabites………………………………………………………1747 BONAVENTURE DE LYON, Capucin …………………………………………………….117 BONNEFOY Angéline Guérin (dame) …………………………………………………….654 BONNEFOY (membres de la famille ………………………………………………………654 BONNEGUëTE (prieuré de)………………………………………………………………..1793 Borghese Scipion Caffarelli, Cardinal. Voir RESSANO . ……………………………………701 BOUCHER Denis ………………………………………………………………………….533 Bréchard Jeanne-Charlotte (de), Religieuse de la Visitation ………………………………1958 BRESSIEU-ROUER. Voir ROERO DE BRESSIEU. BRéVIAIRE CISTERCIEN…………………………………………………………………713 BRéVIAIRE MONASTIQUE ………………………………………………………………714 BRUNG Françoise-Augustine, Religieuse de la Visitation…………………………………...544 Caffarelli-Borghese Scipion. Voir BORGHESE. Calcagni Roch ………………………………………………………………………………...267 CAMUS Jean-Pierre *, Evêque de Belley ………………………………………………App I,E CAPUCINS. Voir ADRIEN des Echelles, BONAVENTURE de Lyon, DOMINI0UE de Chambéry, PHILIBERT de Bonneville. CAPUCINS d'Annecy (Gardien des). Voir BONAVENTURE de Lyon. CAPUCINS en Valais…………………………………………………………………………..95 Cardinal (un), …………………………………………………………………………………205 CARMEL de Nevers. Voir VISITATION DE NEVERS. CARMéLITES. Voir LE NAIN DE CREVANT, MADELEINE DE SAINT-JOSEPH. CARRIER Claude………………………………………………………………………………..56 Carron Jean. . ……………………………………………………………………………..52,1857 Cerisier Pernette (de), Abbesse de Sainte Catherine ……………………………………….749 CHABOD SAINT-MAURICE. Voir SAINT-MAURICE. Chaillot Bonaventure, Ursuline ……………………………………………………………..11 Chalcédoine (Evêque de). Voir SALES (Jean François ). Chamousset Charlotte de Chevron-Villette (dame de) …………………………………….208 Chantal Françoise de Rabutin. Voir TOULONGEON. Chantal Jeanne-Françoise Frémyot (Sainte), Mère de. Voir ARNAULD, BINET, DURET, FIESQUE, GOUFFIERS, LE GRAND, VIGNY, VISITATION DE DIJON, PARIS et NEVERS, ZAMET…1759,1788 1798,1811,1819,1821,256, 1826,298,1847,1863,1867,1873,627,1912,1930,1937,1940,1953,840 Chapelle Jeanne de Valence (de la), Religieuse de l'abbaye de Sainte-Catherine.Voir VALENCE.61,1866 Charles-Emmanuel 1er,duc de Savoie.Voir SAINTE-MAISON DE THONON….1791,1792,1803,1824 428,619,Append I,C CHARMOISY Henri de……………………………………………………………………160,355 Charmoisy Louise du Chastel (dame de).... ………………………………….……1795,1845,591 Chastel Péronne-Marie (de), Religieuse de la Visitation………………….…..1841,442,603,1903 Chastellux Marie-Hélène (de), Religieuse de la Visitation………………………………….871 Châtillon Jean de. ……………………………………………………………………….1789,1955 CHAUMONT (curé de). Voir VIRET. CHAVANES (membres de la famille de). …………………………………………………….623 CHAZERON Marie-Gabrielle de la Guiche (baronne de). ……………………………….506,507 Chevron-Villette Françoise- Jéronyme (de), Religieuse la Visitation. ………………………847 Chevron-Villette Gaspard de …………………………………………………………….…..217 CHITRY (chapelle de) ……………………………………………………………………….482 Christine de France, Princesse de Piémont …(Fac Similé)………………………………1838 CLARISSES d'Evian (Abbesse, confesseur et père temporel des). Voir BLONAY, Loys…….29 CLéMENT Anne-Marguerite, Religieuse de la Visitation…………………………………..563 CLUNY (Abbé de). Voir GUISE, VENY D'ARBOUZE. Cobelluzzi Scipion, Cardinal………………………………………………………………..711 COLIN Anne-Claude, Religieuse de la Visitation …………………………………………1851 COLLèGE CHAPPUISIEN. Voir ADMINISTRATEURS……………………………………………727 Compain Marie-Jacqueline, Religieuse de la Visitation …………………………………..657 CONCHES Marguerite Chambaud de ……………………………………………………..165 CONSEIL DE VILLE D'ANNECY. Voir ADRIEN des Echelles, MAGNIN. Consuls et habitants de Montferrand ……………………………………………………161 CONTAMINE (prieuré de) …………………………………………………………………803 CONVENTUELS (Général des). Voir MONTANARI. COURS DE FRANCE ET DE SAVOIE à Avignon et à Lyon. ……………………….860,876 Crevant. Voir LE NAIN. CRICHANT Georges …………………………………………………………………….266 Croix d'Autherin (Auturin) Jeanne-Antoine de Chapot (dame de la) …………………..342 Dalet Anne Le Loup de Montfan de Préchonnet, comtesse de (Anne-Thérèse, Religieuse de la Visitation). …………………………………..110,151,1893,1928, 771 DALET Antoine de Langheac de ………………………………………………………..717 DALET Catherine de Langheac de……………………………………………………….721 DALET Gilbert-Allyre de Langheac (comte de) ………………………………………..773 DAMPIERRE Gabrielle Popillon du Riau (marquise de) ………………………………679 DESPINE. Voir LESPINE (de). Destinataires Inconnus. Voir CARDINAL,ECCLESIASTIQUE, MAGISTRAT, ….…225,466,621 Destinataires Inconnues.Voir PRéTENDANTE, RELIGIEUSE, SUPéRIEURE ………50,255,293,454,476 477,695,1961 Dominique de Chambéry, Capucin…………………………………..………………..17,1766 DUCHESNE Jacques, Oratorien……………………………………………………………..115 DURET(M.)et sa nièce. ……………………………………………………………………..376 Ecclésiastique (un)…………………………………………………………………………..485 Favre Antoine……………………………………………………………………………….850 FAVRE Claude. Voir VAUGELAS. Favre Marie-Jacqueline *, Religieuse de la Visitation. Voir CONSULS, VISITATION DE CHAMBéRY et DE MONTFERRAND…………………..37,105 ,383,1852,1880,642,651,658,1951,877 Favre Michel ………………………………………………………………………………..78 FAVRE Philibert. Voir FéLICIA. FAVROT Marguerite-Scholastique, Religieuse de la Visitation……………………………..545 FAVROT Paule- Jéronyme, Religieuse de la Visitation……………………………………...629 FAYET Antoine, curé de Saint-Paul, de Paris ……………………………………………….276 FéLICIA Philibert Favre (seigneur de)……………………………………………………….501 Fenouillet Pierre, Evêque de Montpellier…………………………………………………..1918 FEUILLANTS. Voir JEAN-ANTOINE DE SAINTE APOLLONlE, MATTHIEU DE SAINT-GéRARD, PIERRE DE SAINT-BERNARD. FEUILLANTS. Chapitre général des ………………………………………………………..686 Projet de leur introduction en quelques Monastères de Savoie ……………..735 FIESQUE François (comte de)……………………………………………………………….371 Fléchère Madeleine de la Forest (dame de la) …….19,22,1770,1845,1855,1894,1897,1917,1941 Flocard Barthélemy, collateral…………………………………………………………1755,1801 FLOCARD Barthélemy. Voir NOTRE-DAME DE CONSOLATION FLOCARD Louis…………………………………………………………………………….1849 Foras Anne Le Beau (dame de)……………………………………………………………..1850 Foras Guillaume de Bernard (de) ……………………………………………………………396 FORAZ André de……………………………………………………………………………..486 FOREST Marguerite de Seyssel-la-Chambre (comtesse de la)………………………………..80 FRANCE (Guerre religieuse en). Voir PROTESTANTS FRéMYOT André, Archevêque de Bourges ……………………………..………………224,250 Frémyot Claude. ………………………………………………………………………………8 GALLEMANDJacques* …………………………………………………………Appendice I F GAMELLE Anne des Roys (de la), Marie-Anne, Religieuse de la Visitation……………….415 GAMELLE Emeraude du Roure (dame des Roys de la), Marie-Emeraude, Religieuse de la Visitation ……………….…………………………………….744 GARD Jean-Baptiste ………………………………………………………………………….57 GéNéRAL DES GALèRES. Voir GONDI. GENèVE. Voir PROTESTANTS. Genève-Lullin Albert de …………………………………………………………………..478 GONDI Philippe-Emmanuel (de), Général des Galères ……………………………………767 Gouffiers Elisabeth Arnault des ………………………………………….136,221,228,258,460 Granieu Laurence de Ferrus (dame de). Voir DESTINATAIRES INCONNUES………………….345 GRANTRYE (Mme de), Religieuse de l'abbaye de Tart……………………………………770 Grégoire XV * (Alexandre Ludovisi)……………………………..…..39,712, Appendice II A GREZ ou GREX Thomas…………………………………………………………………..437 Guérin Juste, Barnabite …………………………………..…….……………1757,1775,1837 GUICHARD (M.). …………………………………………………………………………386 GUISE Claude (de), Abbé de Cluny ……………………………………………………….440 HATTON Pierre…………………………………………………………………………….746 HéBERT Roland, Archevêque de Bourges…………………………………………………251 Herse Charlotte de Ligny (dame Vialart de)………………………………………………..553 HERSE Michel Vialart de …………………………………………………………………..555 Isabelle de Savoie *, duchesse de Modène. ……………………………….733, Appendice I G JAQUEROD DE BONNEVAUX. Voir LOYS-JAQUEROD Jay Pierre……………………………………………………………………………………473 JEAN-ANTOINE DE SAINTE-APOLLONIE, Feuillant…………………………………..698 JéSUITES. Voir ANDROZIO, ARVISET, BELLARMIN, BENING, MONOD, PARRA, RéGINALD. JéSUITES (Recteurs des collèges de Chambéry, Lorette et Montferrand). Voir BENING, LORETTE, PARRA. Joly de la Roche Claude-Agnès et Jean. Voir ROCHE (de la). Jousse (Mlle),Claude-Espérance,filledePonceJousse et Espérance Rousselet,Religieuse de la Visitation…………………………………………..470 JOYET Anne-Françoise, Religieuse de la Visitation ………………………………………402 LAMOIGNON (filles de Mme de)………………………………………………………….230 LANGRES (Evêque de). Voir ZAMET. LANS Sigismond d'Est (marquis de)…………………………………………………………99 Lauray Marc-François de Malarmay (seigneur de). Voir MALARMAY. LE BETON (abbaye et Abbesse) …………………………………………………………………………..157 LE BLANC Denis……………………………………………………………………………666 LE GRAND Anne Tisserand, présidente (Anne Marie, Religieuse de la Visitation) ………843 Le Jay Catherine, prétendante tourière de la Visitation …………………………………….229 Le Loup de Montfan Charlotte de Beaufort-Montboissier-Cani!lac (dame)……...113,241,715 LE LOUP DE MONTFAN Gaspard…………………………………………………………151 Le Maistre Catherine Arnauld ( dame)……………………………………………………….24 Le Nain de Crevant Anne de Bragelongne (dame)…………………………………………336 LE NAIN DE CREVANT Catherine (Catherine de Jésus, Carmélite)………………………339 LE NAIN DE CREVANT Jean……………………………………………………………...340 LE POIVRE Simon………………………………………………………………………….176 LESDIGUlèRES Edme de Malain (maréchal de). Voir PROTESTANTS. LESPINE Pierre (?) de ………………………………………………………………………175 Lhuillier Hélène-Angélique, Religieuse de la Visitation ……………………………….565,566 LIONNE Artus * (de). Voir AOSTE. LOCHE Jacques (de), Prieur de Vaulx……………………………………………………….156 LOCHE Jacques-Antoine et Pierre de………………………………………………………...859 LORETTE (Pénitencerie, Pénitenciers et Recteur des Jésuites de )…………………………..80 LOUIS XIII. Voir COURS et FRANCE. LOYS-JAQUEROD Jacques de………………………………………………………………31 LOYS-JAQUEROD Robert (de), Prieur du Chêne-en-Semine……………………………….156 LOYSEAU Marie-Louise, Novice de la Visitation………………………………………376,755 LUCEY Marguerite de Mareste (de), Abbesse de Bonlieu…………………………………..157 . Ludovisi Ludovic*, Cardinal……………………………………..695,710,735, Appendice II B LULLIN (Lulin) Sabine de Hornes (marquise de)……………………………………………12 LYON (Derniers voyages de saint François de Sales à). Voir SALES ……………………………..58 MADELEINE DE SAINT-JOSEPH de Fonteines-Marans (Vénérable), Carmélite…………339 Magistrat de Dijon (un)……………………………………………………………………..134 Magnin (M.)…………………………………………………………………………..59,234,413 Maignelais Charlotte-Marguerite de Gondi (marquise de)…………………………………..526 Malarmey de Lauray Marc-François de…………………………………………….36,129,810 MARIE (Sœur). Voir MARIE DE VALENCE. MARIE DE L'INCARNATION Barbe Avrillot, dame Acarie, Carmélite. (Portrait et Vie de la Bienheureuse)………………………………102 MARIE DE VALENCE (Marie Teyssonnier)………………………………………………..163 Marillac Michel. Voir MARIE DE L'INCARNATlON …………………………………………..101 MARILLAC René de…………………………………………………………………………385 Martinière Claude-Marie (de la), Religieuse de la Visitation………………………...…239,743 MATTHIEU DE SAINT-GERARD, Feuillant ………………………………………………697 Maurice de Savoie *, Cardinal ……………………………………..………663, Appendice

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