Lettres (page 8)
2 Aoust 1610.
[A Madame]
[Madame de] la Forest,
Religieuse à Bons.
Revu sur l'Autographe conservé au Noviciat de la Compagnie de Jésus d'Arlon (Belgique).
DCXIV
A MADAME DE CORNILLON, SA SOEUR
La transfiguration en Notre-Seigneur. - Le séjour des vaines beautés et belles vanités. - Encouragements à monter à la. céleste vision du Sauveur. - Ce qui est pire que la mort pour une âme de Saint. - Partout il faut avoir bon courage, et pourquoi.
Annecy, [6 août 1610 ]
Ma tres chere Seur,
Ce n'est que justement pour vous donner le bon soir que je vous escris, et vous tenir asseuree que je ne cesse point de vous souhaiter mille et mille benedictions du Ciel, et a monsieur mon frere, mais particulierement celle d'estre tous-jours transfiguree en Nostre Seigneur. 0 que sa face est belle et que ses yeux sont doux et esmerveillables en suavité, et que c'est chose bonne d'estre aupres de luy en la montaigne de la gloire (Mt 17,4) ! C'est la, ma chere Seur, ma Fille, ou nous devons loger nos desirs et affections, non en cette terre, ou il n'y a que des vaines beautés et belles vanités.
Or sus, graces a ce Sauveur, nous sommes a la montee du mont Thabor, puisque nous avons des fermes resolutions de bien servir et aymer sa divine Bonté: il nous faut donq encourager a une sainte esperance. Montons tous-jours, ma chere Seur, montons sans nous lasser, a cette celeste vision du Sauveur ; esloignons-nous petit a petit des affections terrestres et basses, et aspirons au bonheur qui nous est preparé.
Je vous conjure, ma chere Fille, de bien prier Nostre Seigneur pour moy et qu'il me tienne dores en avant dans les sentiers de sa volonté, affin que je le serve en sincerité et fidelité. Voyes vous, ma tres chere Fille, je desire ou de mourir ou d'aymer Dieu ; ou la mort ou l'amour, car la vie qui est sans cet amour est tout a fait pire que la mort. Mon Dieu, ma chere Fille, que nous serons heureux si nous aymons bien cette souveraine Bonté qui nous prepare tant de faveurs et benedictions ! Soyons bien tous a elle, ma Fille, parmi tant de tracas que la diversité des choses mondaines nous presente. Comme voulons-nous mieux tesmoigner nostre fidelité qu'entre les contrarietés ? Helas, ma tres chere Fille, ma Seur, la solitude a ses assautz, le monde a ses tracas; par tout il faut avoir bon courage, puisque par tout le secours du Ciel est prest a ceux qui ont confiance en Dieu, et qui, avec humilité et douceur, implorent sa paternelle assistance.
Vous marches tousjours entre nos saintes resolutions, je m'en asseure ; ne vous fasches donques point de ces petitz assautz d'inquietudes et chagrins que la multiplicité des affaires domestiques vous donne. Non, ma chere Fille, car cela vous sert d'exercice a prattiquer les plus cheres et aymables vertus que Nostre Seigneur nous ayt recommandé (Mt 11,29). Croyés-moy, la vraye vertu ne se nourrit pas dans le repos exterieur, non plus que les bons poissons dans les eaux croupissantes des marais ……………………………………………………………………………………………….
DCXV
AU DUC DE NEMOURS, HENRI DE SAVOIE
Recommandation en faveur du sieur Bouvard pour la charge d'avocat fiscal.
Annecy, 18 août 1610.
Monseigneur,
Puysque le sieur de la Valbonne est actuellement receu au Senat et que Vostre Excellence a gratifié le sieur Arpeaud de la judicature de Genevois , je la supplie tres humblement de favoriser le sieur Bouvard de l'estat de son advocat fiscal ), l'asseurant en toute verité que la recommandation que ci devant j'ay faitte de la personne et merites d'iceluy, se treuvera moindre que le sujet ne requeroit, et qu' ………..de Vostre Excellence………….. . . ne sçauroit faire un choix plus utile a son service que celuy de cet homme là, vertueux, sçavant, laborieux et nourri es lettres par la grace de Vostre Excellence.
Je prie Nostre Seigneur quil vous prospere, Monseigneur, et comble Vostre Grandeur de ses benedictions. Ce pendant, je vivray heureux d'estre,
De Vostre Excellence,
Tres humble et -tres-obeissant orateur et serviteur,
FRANçs, E. de Geneve.
XVIII aoust 1610, a Neci.
A Son Excellence.
Revu sur l'Autographe appartenant à la famille Berthet, à Annecy.
DCXVI
A M. ANTOINE. DES HAYES
Un trépas vraiment pitoyable. - Le Saint relève le courage de son ami, dont la mort de Henri IV semblait avoir compromis la fortune. - Comment se ménager la protection de la Providence. - Souhaits pour la France et la famille royale.
Annecy, 30 août 1610.
Ce papier vous portera simplement des paroles qui sortent du fond de mon cœur sur la derniere lettre que j'ay receüe de vostre part, il y a pres de six semaines.
Certes, le trespas de ce grand Roy m'a touché de compassion en cent façons et par cent motifz, car vrayement il a esté pitoyable. Mais vostre consideration a tenu l'un des premiers rangs a m'assaillir de desplaysir ; car, mon Dieu, cet excellent esprit de Prince avoit seulement commencé a vous connoistre, et voyla qu'il est ravi a vostre fortune affin qu'elle ne vive plus si heureuse. Mais faites, mon cher Monsieur, que je cheris a l'esgal de mon cœur, faites tous-jours vivre courageusement vos vertus qui, aussi bien, sont immortelles, et je me prometz ce contentement de voir qu'un peu d'interruption que la perte de ce grand Roy fait a vostre bonheur, ne servira que de reprise d'haleine a vostre fortune ; car en fin, c'est Dieu qui manie les resnes du cours de nostre vie, et nous n'avons point d'autre fortune que sa providence, laquelle sera tous-jours specialement sur vous quand vostre amour sera special en son endroit. Je la supplie de tout mon cœur qu'elle soit speciale a la France et a son petit Roy et a sa grande Reyne (Marie de Médicis).
Je vous avois escrit sur ce sujet bien tost apres le coup ; mais, a ce que je voy, mes lettres ne vous sont point venues en main. Oh bien, vous aves la Monsieur de Montpellier , et m'asseure que vostre mutuelle prudence aura apporté tout le soulagement a vos espritz qui se peut recevoir. Pour moy, Monsieur, je vous conjure de croire que vous n'aves point de cœur au monde qui soit plus absolument en la pensee du bien qu'il a d'estre si parfaittement aymé de vous.
Dieu vous benisse et prospere de plus en plus en ses graces et consolations, et suis irrevocablement,
Monsieur,
Vostre tres humble et tres affectionné serviteur,
FRANçs, E. de Geneve.
30 aoust 1610.
.
DCXVII
A LA MèRE DE CHANTAL
Hésitations à faire venir en Savoie le P. de Monchy. - Souhait du Saint pour Mme de Chantal.
Annecy, 4 ou 5 septembre 1610 .
Ma tres chere Seur, ma Fille,
Ce bon hermite , venu de la part du P. de Monchi (notes 44 et 401), me dit hier au soir que si ledit P. de Monchi venoit, il reviendroit aussi avec luy, par ce qu'il s'estoit mis sous son obeissance et l'avait pris pour Superieur. Cela, ma chere Fille, me tient encor plus en opinion de differer encor un peu a le faire venir, en luy parlant neanmoins en sorte que s'il vouloit venir, il n'en fut pas du tout forclos ; car, pour parler entre nous deux, sil vient sur ma parole, il me sommera de le si bien accommoder que j'en auray bien de la peyne, ce quil ne feroit pas sil venoit d'autre façon ; car le bonhomme va selon son esprit, et je ne desire point de luy donner aucun sujet de plainte.
Mais dites moy vostre advis sur cela, ma tres chere Fille, a laquelle je souhaite incessamment un parfait engloutissement en l'amour tres pur de Nostre Seigneur, auquel soit honneur et gloire (Rm 16,27).
Bonjour, ma tres chereFille, ma Seur. Nostre Baron a peyne. de penser au retour, mais il me semble tousjours qu'il l'y faut disposer.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de San Remo (Italie).
DCXVIII
A LA MêME
La méthode de Mme de Chantal. - La confession de Françon. - Doux pressentiments intimes à l'approche de la fête de la Nativité de la très sainte Vierge. - La céleste Pouponne.
Annecy, 7 septembre 1610 .
Je treuve certes encor meilleur (sic) la methode que vous dites, d'escrire au P. de Monchi tout nüement vostre pensee, ma tres chere Fille, car apres cela il ny aura rien a dire. Ce bon Frere qui est icy , ne partira que jeudi (Le 9 septembre), car tout aujourdhuy j'ay esté tant tracassé quil n'est pas possible de plus.
Ne jeusnes pas , ma tres chere Fille, ni nostre fille de Brechard (lettre 612) ; car, quant a vous, je me souviendray bien, apres que vous seres bravement guerie, de vous faire jeusner un samedi en eschange.
Envoyes moy nostre Françon , que nous confesserons ce soir. Parles amiablement, mais gravement, au bon enfant M. de Grenier, lequel j'espere fera quelque chose de bon .
Nostre cher neveu a certain desir de ne retourner pas vers le pere , mais je n'y vois point d'apparence. Il faut bien tout cet hiver pour la digestion de nostre resolution .
Au demeurant, je me suis treuvé ce matin, avec une certaine douceur et tranquillité d'esprit, sans aucun ressentiment de l'estonnement que mon cœur avoit eü, que j'ay conneu clairement que la venue de Nostre Dame s'approchoit, par un presentiment de sa douce lumiere. J'y envie de vous parler un peu bien a loysir de cela.
Cependant, bon soir, ma tres chere Fille, ma Seur ; faites bien la cour a cette celeste Pouponne qui nous arrive, et luy demandes sa grace pour impetrer celle de son Filz. Jamais je n'eu tant de sainte affection que j'en ay pour nostre ame et nostre tres unique cœur.
A Madame
Madame de Chantal,
ma tres chere Fille.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Metz.
DCXIX
A MADAME DE TRAVERNAY
Une âme docile. - L'exercice de l'amour sacré et les tribulations. Un. spectacle encourageant.
Annecy, 11 septembre 1610.
Madame,
Mais moy, j'ay bien de la consolation de vous voir recevoir si doucement les essais que je fay au service de vostre chere ame, laquelle voyant marquee de plusieurs graces celestes, je ne puis que je n'ayme tendrement et puissamment. C'est pourquoy je luy souhaitte de plus en plus beaucoup d'avancement au saint amour de Dieu, qui est la benediction des benedictions.
Or, vous sçavés, ma tres chere Fille, que le feu que Moyse vit sur la montaigne (Ex 3,1) representoit ce saint amour, et que, comme ces flammes se nourrissoyent entre les espines, aussi l'exercice de l'amour sacré se maintient bien plus heureusement parmi les tribulations qu'emmi les contentemens. Vous aves donq bien occasion de connoistre que Nostre Seigneur desire que vous proffities en sa dilection, puisqu'il vous donne une santé presque tousjours incertaine et plusieurs autres exercices.
Mon Dieu, ma tres chere Fille, que c'est chose douce de voir Nostre Seigneur couronné d'espines sur la croix et de gloire au Ciel ! car cela nous encourage a recevoir les contradictions amoureusement, sçachans bien que, par la couronne d'espines, nous arriverons a la couronne de felicité. Tenés vous tous-jours bien serree et jointe a Nostre Seigneur, et vous ne sçauries avoir aucun mal qui ne se convertisse en bien.
Madame,
Vostre humble et tres affectionné serviteur et compere,
FRANçs, E. de Geneve.
Le 11 septembre 1610
DCXX
A MADAME DE LA FLéCHêRE
Parmi les afflictions, les unes sont plus affligeantes, les autres plus dangereuses pour l'âme. - Pourquoi le tracas des procès, plus que tout autre, ôte la paix intérieure. - La seule perte que nous devons craindre en cette vie. - Comment les procès peuvent servir à l'avancement spirituel. Exemple de Notre-Seigneur. - Le moyen d'être toujours assez riche.
Annecy, 19 septembre 1610.
Ma tres chere Fille,
J'ay sceu la multitude de vos peynes et je les ay recommandées a Nostre Seigneur, affin qu'il luy pleust de les benir de la sacree benediction de laquelle il a beni celles de ses plus chers serviteurs, affin qu'elles soyent employees a la sanctification de son saint nom en vostre ame.
Et faut que je confesse qu'encor qu'a mon advis les afflictions qui regardent les personnes propres et celles des proches soyent plus affiigeantes, neanmoins celles des proces me donnent plus de compassion, parce qu'elles sont plus dangereuses pour l'ame. Combien de gens avons-nous veu, en paix dans les espines des maladies et perte des amis, perdre la paix interieure dans les tracas des proces exterieurs ? Et voyci la rayson, ou plustost la cause sans rayson : nous avons peine de croire que le mal des proces soit employé de Dieu pour nostre exercice, parce que nous voyons que ce sont les hommes qui font les poursuittes ; et, n'osans pas nous remuer contre cette Providence toute bonne, toute sage, nous nous remuons contre les personnes qui nous affligent et nous en prenons a eux, non sans grand peril de perdre la charite, la seule perte de laquelle nous devons craindre en cette vie.
Or sus, ma tres chere Fille, quand voulons nous tesmoigner nostre fidelité a nostre Sauveur, sinon en ces occasions ? Quand voulons nous tenir en bride nostre cœur, nostre jugement et nostre langue, sinon en ces pas si raboteux et proches des precipices ? Pour Dieu, ma tres chere Fille, ne laissés pas passer une sayson si favorable a vostre avancement spirituel, sans bien recueillir les fruitz de la patience, de l'humilité, de la douceur et de l'amour de l'abjection. Souvenés-vous que jamais Nostre Seigneur ne dit un seul mot contre ceux qui le condamnerent, il ne les jugea point ; il fut jugé et condamné a tort, et il demeura en paix et mourut en paix, et ne se revengea qu'a prier pour eux (Lc 23,34). Et nous, ma tres chere Fille, nous jugeons nos juges et nos parties, nous nous armons de plaintes et de reproches. Croyés-moy, ma tres chere Fille, il faut estre forte et constante en l'amour du prochain ; et je dis cecy de tout mon cœur, et sans avoir esgard ni a vos parties, ni a ce qu'ilz me sont, et m'est advis que rien ne me touche en ces rencontres. que la jalousie de vostre perfection.
Mais il faut que je cesse, et je ne pensois mesme en tant dire. Vous aures Dieu tous-jours quand il vous plaira : et n'est-ce pas asses estre riche ? Je le supplie que sa volonté soit vostre repos, et sa Croix vostre gloire (Ga 6,14), et je suis sans fin,
Vostre tres humble et invariable serviteur en luy,
FRANçs, E. de Geneve.
Le 19 septembre 1610.
DCXXI
A M. JEAN-FRANçOIS RANZO
(INéDITE) (En italien)
Les débuts de la Congrégation. - La Patronne qu'elle a choisie. - Attestation du culte rendu au bienheureux Amédée dans le monastère de Talloires et à Chambéry ; à son passage dans cette ville, le prince Emmanuel-Philibert de Savoie reçoit les hommages de François de Sales.
Annecy, 29 septembre 1610
Très Illustre et très honoré Seigneur,
Je réponds par ces quatre lignes à la dernière lettre de Votre très Illustre Seigneurie, en laissant au porteur, M. le collatéral de Quoex (Claude de Quoex,Lettres 2, note 95) le soin de dire le restant, d'après les entretiens que nous en avons eus ensemble.
La Congrégation de ces dames (La Visitation) est érigée à la grande satisfaction des gens de bien qui la voient. Aussi, comme je dois faire demander à Rome la bénédiction de Sa Sainteté avec quelques Indulgences, je verrai si l'oratoire peut être dédié il l'honneur du bienheureux Amédée (note 464). Cependant, pour plus d'un motif, la Congrégation a désiré comme Patronne la Bienheureuse Vierge de la Visitation. .
Quant à la Messe célébrée en l'honneur du bienheureux Prince au monastère de Talloires, je n'ai pu recueillir que ceci : M. Claude Nicolas de Quoex, frère du porteur et prieur claustral de Talloires (note 245), étant jeune Novice, servait les Messes. Or, il se rappelle très bien avoir vu dans un ancien missel cet office, et d'avoir servi ladite Messe du bienheureux Amédée , célébrée par un de ses oncles qui était aussi prieur claustral et se nommait Amédée . Mais du missel, il ne reste aucune trace, parce que ledit prieur est resté longtemps absent pour cause d'études.
Je dois ajouter que j'allai présenter mes hommages, à Son Altesse Mgr le Prince, qui passa l'autre jour à Chambéry . Il se rendit, et je l'accompagnai, dans la chapelle de Saint-Amédée, à l'église SaintFrançois. C'est une chapelle tellement authentique et l'image est placée sur l'autel de telle façon qu'on ne saurait, s'il s'agissait de saint Pierre, disposer les choses autrement, ni avec plus d'apparat .
Sur ce, je prie Dieu notre Seigneur d'accorder à Votre très Illustre Seigneurie tout vrai contentement,
De Votre très Illustre Seigneurie,
Le très affectionné serviteur dans le Christ,
FRANçOIS, Evêque de Genève,
Annecy, le 29 septembre 1610.
Au très Illustre et très honoré Seigneur,
M. Jean-François Ranzo,
Gentilhomme de la Chambre de Son Altesse Sérénissime.
Revu sur l'Autographe appartenant à M. Gaspard Cassinis, à Turin.
DCXXII
A MADAME DE LA FLéCHèRE
Condoléances sur la mort de M. d'Avully, père de la destinataire. - Raisons d'espérer que Dieu l'aura reçu dans l'Eglise triomphante.
Septembre-octobre 1610.
Madame,
Je regrette avec vous la perte que nous avons faite de la presence de monsieur vostre pere , et loüe neanmoins Nostre Seigneur avec vous du gain qu'il a fait, en eschange de cette miserable vie mortelle, avec la tres heureuse vie celeste a laquelle il a esté appellé. Cette grace si signalee par laquelle il fut retiré d'entre les bras de l'erreur pour estre remis au giron de la sainte Eglise militante, me fait croire que sa divine Majesté ne l'aura pas retiré du giron de la militante que pour le loger en celuy de la triomphante, puisque mesme, quoy qu'il soit mort au milieu de l'heresie , il est neanmoins trespassé en la foy et union de cette sainte Eglise militante, sa mere et mere de tous les enfans de Dieu.
Soyés donq toute consolee en cette veritable confiance, ma chere Seur, et continues avec fermeté a servir sa divine Majesté en pureté et sincerité. Je la supplie qu'elle regne par son saint amour .au milieu de nos cœurs, et suis,
Madame,
Vostre tres humble serviteur et frere en Nostre Seigneur,
FRANçs, E. de Geneve.
A Madame
Madame de la Flechere.
DCXXIII
A LA MèRE DE CHANTAL
Pourquoi François de Sales travaille avec zèle au Traitté de l'Amour de Dieu.- " Petites lanterneries " et " petites clartés. " - La parfaite résignation. -Une lettre où il est parlé mignardement de Celse-Bénigne.
Annecy, 9 octobre 1610 .
Je n'ay garde, ma treschere Fille, de me rendre negligent en la besoigne que Dieu m'a mise en main pour la gloire de son saint amour , car c'est la Verité que je n'en sçaurois chevir qu'avec un grand effort, dautant que cet amour est un abisme des cœurs et des espritz. Je desire fort de vous entretenir tout un' apres disner, mais tenes un peu bien prest ce que vous aves a me dire, et vos petites lanterneries, dans lesquelles, si je puis, je mettray aussi des petites clartés, affin que vos lanternes ne soyent pas du tout inutiles.
J'avois dit a M. Michel que vous communieries ; et ce grand Saint merite bien qu'on face soigneusement sa feste, quand ce ne seroit que pour apprendre a porter nos testes et que nos testes ne nous portent pas, qui est la perfaite resignation.
Je vis des hyer la lettre du bon Pere, et pour ce qui me regarde, je vous en entretiendray la centiesme partie d'un quart d'heure, car il ny a pas pour davantage. Mais quant a vostre Celse Benigne, gardes bien que vous savouriés delicieusement tout ce qui est dit si joliment de luy, car c'est vostr'enfant. Dieu luy donnera beaucoup de grandes perfections et solides, sil exauce mes prieres. Je verray voir si je pourray gaigner l'esprit de nostre Seur Jaqueline, et seray bien discret a la persuader . Voyla donq la chere lettre que je vous renvoye, car je ne voudrois estre plus longuement depositaire d'un escrit qui parle de Celse Benine si mignardement.
Bon soir, ma tres chere Seur, ma Fille ; soyes bien toute a Nostre Seigneur. Je le supplie quil vous face abonder en son tressaint amour et toutes nos cheres filles . Je vay escrire a la petite seur (Marie-Aimée.) par monsieur son mari qui s'en reva. Lundi, Dieu aydant, nous dirons le reste. Sa divine Majesté remplisse et occupe a jamais tout nostre cœur. Amen.
Revu sur l'Autographe conservé à Lyon, paroisse de Saint-Joseph.
DCXXIV
A MADEMOISELLE DE VALLON
(INéDIT)
Une nouvelle postulante pour la Maison de la Galerie. - Par quelles vertus s'entretient le désir de la vie religieuse.
Annecy, 28 octobre 1610.
Madamoyselle,
Vostre desir de vivre toute a Nostre Seigneur m'est extremement aggreable, et vous tesmoigneray combien j'en [ai de mon ] costé pour vous en faire reuscir heureusement, quand monsieur vostre pere apportera ce qui est requis de sa part. Et ce pendant, nourrisses cherement la sacree inspiration que Dieu vous a donnee, par tous les bons exercices qui peuvent establir vostre cœur en l'humilité, douceur et pueté ; car si vous jettes ainsy vostre fiance en cette souveraine Bonté, ell' abbregera les jours pour vous faire plus tost jouir de la retraitte a laquelle elle vous appelle.
Donnes moy part a vos prieres, puisque je suis,
Madamoyselle,
Vostre tres affectionné et bien humble en Nostre Seigneur,
FRANçs, E, de Geneve.
XXVIII octobre 1610
Madamoyselle
Madamoyselle de Vallon.
Revu sur l'Autographe conservé a la Visitation de Montpellier.
DCXXV
A M. PHILIPPE DE VILLERS
Différend avec le Chapitre de Belley, à propos des cures et. églises des paroisses vacantes. - Affaire de M. de Sauzéa. - La vérité est toujours la plus forte.
Annecy, 4 novembre 1610
Monsieur mon bon Pere,
A ce renouvellement des entrees. de la cour, me voyci a vostre porte, requerant quil.vous playse avoir le soin et de l'affaire de ce porteur et de celle que j'ay pour la cure des Abergemens contre le Chapitre de Belley (lettre 628), qui a le tort principalement en ce quil me veut priver de la garde des cures et eglises parrochiales vacantes , contre toute rayson, contre toute coustume et contre les articles que nous avions signés et arrestés par composition amiable , mais articles lesquelz ayans esté rompuz de leur part, je ne restabliray pas si aysement ; puysque mesme je reconnôis tous les jours plus clairement que leurs provisions du doyen né de Seyserieu sont foibles et imbecilles, au pris de celles de monsieur de Vitré , et que d'ailleurs ces messieurs ne songent qu'a s'avancer sur l'authorité de l'Evesque, qu'a pervertir la discipline ecclesiastique et qu'a nous introduire des methodes contraires aux Conciles. Je vous supplie donq de me bien favoriser pour ce regard.
Et quant a l'affaire de M. de Sauzea, j'ay appris chose qui m'a despleu ; et c'est que sa partie a remis son droit a M. Gontier, homme puissant et de grand credit , comm'on me dit. Neanmoins, la verité est tous-jours la plus forte.
Je n'escriray point pour ce coup a madamoyselle ma chere mere , par ce que ce porteur me presse et m'a treuvé entre mille embarassemens ; mais il ne passera beaucoup de jours que je ne repare ce defaut, Ce pendant je prieray Nostre Seigneur pour vous, Monsieur, et pour elle, comm'estant inviolablement de tous deux, avec un cœur tout filial,
Bien humble et tres asseuré serviteur,
FRANçs: E. de Geneve.
4 novembre 1610
A Monsieur
Monsieur de Vilers,
Advocat au Parlement.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Valence.
DCXXVI
A MADAME BOURGEOIS, ABBESSE DU PUITS-D'ORBE
Le profit qu'on peut retirer d'un mal incurable. - En quels cas le monde juge sévèrement les âmes qui l'ont quitté pour le cloître ; celles-ci perdent toujours quelque chose aux sorties. - Il faut avoir quelque égard à l'opinion publique. - Une ancienne coutume du monde ; son pharisaïsme. - Contrairement à l'esprit du siècle, c'est aux supérieurs à gagner les inférieurs. Une abbesse et une prieure un peu refroidies ; exhortation du Saint pour ramener entre les deux sœurs l'amitié fraternelle.
Annecy, 6 novembre 1610.
Certes, j'ay bien eu du contentement de sçavoir de vos nouvelles apres tant de tems que j'avois demeuré sans en recevoir, ma tres chere Fille, par vous mesme ; car, que me peuvent dire de certain, de vous ni de vos affaires, tous les autres ?
Mays, ma tres chere Fille, en. fin tous les remedes humains se sont treuvés inutiles pour la guerison de cette pauvre jambe, qui vous donne une peine qu'il faut sagement convertir en pœnitence perpetuelle. A la verité, j'ay tous-jours eu cette cogitation, que toutes ces applications reusciroyent tres mal, et que c'estoit un coup que la Providence celeste vous avoit donné, affin de vous donner sujet de patience et mortification. O quelz tresors pouvies vous assembler par ce moyen ! Il le faut faire dores en avant, et vivre comm'une veritable rose entre les espines (Ct 2,2 ; Lettres 3, note 44 et lettre 292).
Mays on m'a escrit que vous esties au Puy d'Orbe avec de vos Filles, et le reste estoit demeuré a Chatillon . Cela est vray, car l'eusse [on pas dit , je l'eusse deviné. Mais ça esté pour peu, ce me dites-vous,] et pour un bon et legitime sujet. Je le croy ; mays croyes moy aussi, ma tres chere Fille, que comme les filles qui. ont quitté le monde devroyent ne le jamais vouloir voir, aussi le monde qui a quitté les filles ne le (sic) voudroit jamais voir, et pour peu qu'il les voye, il s'en fasche et murmure. C'est la verité aussi que l'on perd tous-jours quelque chose aux sorties qui peuvent, voire mesme avec quelque perte temporelle, estre evitees. Pour celà, si vous escoutes mes advis, vous sortires le moins quil vous sera possible, et mesme pour ouyr les sermons, puisque vous aures bien le credit d'avoir quelquefois le praedicateur en vostre oratoire, qui dira des choses toutes propres pour vostre assemblee.
Certes, il faut avoir quelque egard a la voix commune, et faut beaucoup faire de choses pour eviter les bruitz des enfans du monde. Certes, si je sçavois, disoit ce grand spectacle de religion et de devotion, saint Paul, (1 Co 8, 13)si je sçavois qu'en mangeant de la chair je donnasse du scandale au prochain, je n'en mangerais jamais a l'œternité. Contentes en cela messieurs vos parens, et je croy qu'apres' vous pourres confidemment leur demander du secours pour vous bien loger, car il me semble que je les [voy qui disent : Pourquoy loger a] commodité des filles ………………………….. qui sortent et vont parmi le monde ? Et le desplaysir qu'ilz ont de ces sorties fait qu'ilz en exagerent la quantité et qualité. C'est l'ancienne coustume du monde de treuver qu'il luy est loysible de parler des ecclesiastiques a toute main ; et croit que pourveu qu'il ayt quelque chose a dire sur iceux, il ni aura plus rien a dire sur ses partisans.
Or sus, ni auroit pas moyen que vous sçeussies treuver le biays par lequel il faut prendre et garder le cœur et l'affection de madame la Prieure nostre seur ? car encor que selon le monde c'est aux inferieurs a rechercher la bienveuillance des superieurs, si est ce que selon Dieu et les Apostres c'est aux superieurs a rechercher les inferieurs et les gaigner ; car ainsy fait nostre Redempteur, ainsy ont fait les Apostres, ainsy ont fait, font et feront a jamais tous les Praelatz zelés en l'amour de leur Maistre. Je confesse que je n'admire nullement que vos proches se scandalizent de voir la froideur de l'amitié qui est entre deux seurs naturelles, deux seurs spirituelles, deux Seurs Religieuses. Il faut remedier a cela, ma tres chere Fille, et ne permettre pas que cette tentation dure. Il se peut faire qu'ell'ayt le tort, mais du moins aures vous celuy la de ne la pas ramener a vostre amour par le tesmoignage continuel et incessable de celuy que vous luy deves selon Dieu et le monde.
Vous voyes de quelle liberté j'use a vous [dire mes sentimens, ma chere Fille, car vous estes ] une fille que je desire estre tous-jours victorieuse de la victoire que l'Apostre annonce (Rm 12,21) : Ne soyes point vancu (sic) par le mal, mais vainques le mal par le bien. Si je vous parlois autrement, je vous trahirois ; et je ne puis ni ne veux vous aymer que tout a fait paternellement, ma tres chere Fille, que je prie Nostre Seigneur vouloir combler de graces et [de] ses consolations, saluant tres humblement toute vostre chere compaignie.
Vostre tres humble frere et serviteur,
F. E. de Geneve.
VI novembre 1610
A Madame
Madame l'Abbesse [du] Puys d'Orbe.
Chatillon.
Revu sur l'Autographe conservé à Saint-Loup-sur-Aujon (Haute-Marne), au Pensionnat du Cœur Immaculé de Marie.
DCXXVII
A M. PIOTON
Prière de retirer un legs en faveur d'une œuvre pieuse.
Sales, 9 novembre 1610
Monsieur,
Je vous prie de prendre la peyne de retirer le legz fait a la Sainte Mayson, duquel ou vous ou l'hoir aves adverti M. de Blonnay, affin qu'il soit employé, selon l'intention du legataire, en une oeuvre grandement pieuse qui se praesente maintenant . Et puysque le sieur de Blonnay vous en escrit encor, je n'employeray rien de plus pour ce sujet, qui suis tous-jours de tout mon cœur,
Monsieur,
Vostre plus humble, tres affectionné serviteur en Nostre Seigneur,
FRANçs, E. de Geneve.
A Sales, 9 novembre 1610.
A Monsieur Piotton,
Advocat au Souverain Senat.
DCXXVIII
AU PRéSIDENT ANTOINE FAVRE
Les curés de Valromey et le Parlement de Dijon. - Le Saint réclame l'intervention de son ami pour obtenir du Sénat une pièce utile au procès.
Annecy, 20 novembre 1610.
Monsieur mon Frere,
Quelques curés de Valromey ont des proces a Dijon ausquelz j'ay deu intervenir pour les droitz de l'evesché . Or, nous sommes reduitz a devoir preuver que nous avons ci devant conferé les cures par le concours, et que, quand il est arrivé quelque proces devant le Senat pour ce regard le Senat a jugé selon ce concours et en faveur d'iceluy. C'est pourquoy ce porteur recourt a vous affin quil vous playse favoriser la supplication quil presentera, pour obtenir une declaration propre pour fayre foy au Parlement de Digeon de ce que nous avons allegué, ainsy que je viens de dire,
J'en parlay l'autre jour a monsieur l'advocat general , qui me dit que malaysement obtiendrions-nous une telle declaration, mais que le Senat feroit bien faire un'information par un commissaire deputé de sa part, qui pourroit servir autant que l'attestation mesme ; ce qui suffiroit, car je ne suis point attaché a la maniere. Je vous supplie donq, Monsieur mon Frere, de nous gratifier en cett'occasion, laquelle nous est importante et qui regarde une grande suite.
Je prieray ce pendant Nostre Seigneur quil vous conserve et prospere de plus en plus, demeurant,
Monsieur mon Frere,
Vostre tres humble frere et serviteur,
FRANCs., E. de. Geneve.
xx novembre 1610
A Monsieur
Monsieur Favre, Baron de Peroges,
Conseiller d'Estat de S. A.,
Premier President de Savoye.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation du Mans.
DCXXIX
A MADAME DE CORNILLON, SA SOEUR
(FRAGMENT)
Les croix domestiques; il faut savoir les bien prendre.
Sales, 23 ou 24 novembre 1610.
………………………………………………………………………..
J'ay appris que mon frere et vous, estes tous-jours, et de plus en plus, exercés par les volontés de monsieur vostre pere . Ma Fille, si vous sçaves bien prendre cette croix, vous seres bien heureuse, car Dieu vous donnera en eschange mille benedictions, non seulement en l'autre vie, mais mesme en celle cy ; mais il faut estre courageuse et perseverante en douceur et patience.
Madame de Chantal se recommande mille fois tres affectionnement a vous et vous souhaitte continuellement accroissement de l'amour de Dieu.
Bon jour, ma chere Fille, ma Seur; je suis
Vostre frere tout vostre,
FRANçs, E. de Geneve.
A Sales, d'ou je pars vendredy pour aller a mon devoir en ces Advens .
DCXXX
A MADAME DE LA FLECHèRE
(INEDlTE)
Une tranquillité fainéante et trompeuse.- Quand faut-il augmenter les Communions, au lieu de les diminuer. - Le Saint, ennemi, dans ses visites, des cérémonies, compliments et perte de temps.
Sales, 24 novembre 1610.
Or sus, il faut donq bien tous-jours perseverer, ma tres chere Fille, a colloquer vivement toute vostre confiance en Nostre Seigneur parmi ce grand embarras d'affaires qui sont dessus vos bras, qui vous servira de juste sujet pour vous bien fonder en la resignation et tranquillité ; car la tranquillité qui n'est pas exercee par la tempeste est une tranquillité faineante et trompeuse.
Mais pourquoy dites-vous, ma chere Fille, que s'il vous faut aller a Chambery vous craignes d'interrompre vos exercices, et particulierement celuy de la Communion ? 0 Dieu, ma Fille, un peu de diligence de plus vous conservera vos exercices sains et sauves entre tous ces tracas. Il s'en faut bien garder de quitter le manger quand il faut travailler ; au contraire, il le faut accroistre. Ayés bon courage, ma chere Fille, il faut bien tenir nostre cœur a l'espreuve .de toutes rencontres.
Vrayement je desire fort de vous aller voir, mais je voudrois, s'il se pouvoit, que ce fust sans avoir occasion de m'engager en ceremonies, complimenset perte de tems ailleurs, comme je crois la chere seur vous devoir avoir dit ; car si ce n'eust esté cette consideration, puisque j'avois le pied a l'estrier, je fusse retourné de Chambery par devers vous. Or bien, comme que ce soit, nous demeurerons tous-jours bien unis, Dieu aydant, au desir de servir et aymer parfaitement nostre Sauveur.
Je vous escris sans loysir. A Dieu, ma tres chere Fille, a Dieu soyons nous a jamais. Amen. Je suis en luy, tres entierement tout vostre et
Vostre plus humble compere et serviteur,
FRANçs, E. de Geneve.
24 novembre 1610.
A Madame de la Flechere.
Revu sur une ancienne copie conservée à la Visitation de Turin.
DCXXXI
A LA MèRE DE CHANTAL
Quelques bonnes pensées pour passer l'Avent avec dévotion : trois objets capables de ravir les cœurs en la sainte dilection.
Annecy, 28 novembre 1610.
Vous voules, ma tres chere Fille, quelques bonnes pensees qui aydent a nos Seurs a passer les Advens avec autant de devotion qu'elles en ont le desir. Que vous diray je, ma Fille, sinon que la sainte Eglise Romaine, nostre mere, conduit aujourd'huy ses enfans a Sainte Marie la Majeure pour y faire la station et y commencer les Advens . Faysons en de mesme, ma tres chere Fille ; entrons en esprit dans l'intention de la sainte Eglise, et dans cette unité, retirons nous aupres de la sacree Vierge, nostre bonne Mere et Maistresse. .
Nous verrons dans ce mois trois objetz, non seulement capables d'occuper nos ames, mays qui doivent ravir nos cœurs en la sainte dilection. Le premier objet, c'est Marie conçeüe sans peché ; le second, saint Jean, l'enfant de la grace, criant au desert pour faire aplanir les chemins (Is 11,3 ; Mt 3,1) pour l'Espoux qui doit arriver ; le troisiesme, ce mesme Espoux et Sauveur arrivant par sa sainte naissance, qui nous fait chanter joyeusement a Noêl l'Emmanuel où Dieu avec nous (Is 7,14 ; Mt 1,23).
Voyla asses dequoy mediter, ma Fille, jusques a ce que je vous voye avec la chere petite trouppe, que Dieu veuille benir.
Revu sur un ancien Manuscrit de l'Année Sainte de la Visitation, conservé au 1er Monastère d'Annecy.
DCXXXII
A MONSEIGNEUR VESPASIEN GRIBALDI, ANCIEN ARCHEVèQUE DE VIENNE
Le Prélat destinataire est prié de vouloir bien réconcilier un cimetière profané par un assassinat.
Annecy, 1er décembre 1610.
Monseigneur,
Je reçois un extreme desplaysir du malheur arrivé ces jours passés a Saint Paul ; malheur environné de cent deplorables circonstances. Mays celle du violement du cimetiere me regardant, affin d'y donner le plus digne et prompt reméde que je puis, je vous supplie tres humblement, Monseigneur; de vouloir, en quelque journee aggreable, prendre la peyne de faire la reconciliation requise ; en quoy vous favoriseres infiniment ce pauvre peuple qui, ne pouvant mais du crime, ne laysse pas de souffrir la privation de cette commodité spirituelle, et m'obligeres de rechef a vostr'obeissance, a laquelle pour tant d'autres raysons je suis tout voué et dedié.
Cependant je prieray Nostre Seigneur quil vous prospere et multiplie vos ans en sa benediction, qui est le souhait ordinaire de celuy qui, vous baysant tres humblement les mains, se tient glorieux d'estre,
Monseigneur,
Vostre tres humble et tres obeissant filz et serviteur,
FRANçs, E. de Geneve.
1 decembre 1610.
A Monseigneur
Monseigneur le Rme Archevesque de Vienne.
A Evian.
Revu sur l'Autographe conservé au château de Marin (Chablais), Archives de Blonay.
DCXXXIII
A LA MèRE DE CHANTAL
Pratique conseillée à la Mère de Chantal pour s'attirer la spéciale protection de Notre-Dame.
Annecy, 3 décembre 1610.
Sur ces nouveaux courages que nous prenons, je voy arriver la feste de la Conception de Nostre Dame, feste de tres particuliere devotion a ceux qui sont voüés et dediés a son service. Affin donques qu'elle prene en sa speciale protection nostr'ame et nostre Congregation, nous commencerons ce jour lâ a communier quotidiennement ; et je vous en advertis a l'avantage, affin que ces jours d'entredeux soyent employés a la praeparation de la réception d'un si excellent benefice. Ces grans Saintz quon celebre ces jours, viennent a propos pour nous ayder : saint Nicolas, saint Ambroyse, et demain sainte Barbe. Dimanche (2e Avent), c'est le jour des louanges de saint Jean Baptiste prononcees magnifiquement par le Sauveur de nos ames (Mt 11,2)
C'est le bon jour que je vous donne, ma tres chere Fille, sans pour cela vouloir dire que je ne vous aille voir quand je pourray.
Revu sur l'Autographe conservé à Versailles, dans la Maison de Notre-Dame de la Retraite au Cénacle.
DCXXXIV
AU PRéSIDENT ANTOINE FAVRE
Le grand tracas d'un premier Président. - Le prieuré de Contamine, les Chevaliers de Saint-Lazare et la Sainte-Maison de Thonon. - Les Pères Feuillants. - L'hôtesse du Chablais.
Annecy, 5 décembre 1610.
Monsieur mon Frere,
Avec mille actions de graces des deux dernieres lettres [que ] vous aves pris l'incommodité de m'escrire emmi ce grand tracas qui vous accable , je vous supplie de ne jamais faire aucune sorte d'effort pour me donner ce contentement ; car encor que je confesse quil soit grand, si est ce que celuy de vostre conservation et repos m'est incomparablement plus grand.
Je me res-jouis de la bonne volonté du sieur chevalier Buccio ; je doute pourtant que Son Altesse n'apporte quelqu'excuse a la nomination, a cause de la praetention que messieurs de Saint Lazare ont d'employer le nom de la Sainte Mayson pour accroistre la leur [de ce bien] ; mays les essays ne peuvent point nuyre et peuvent reuscir. 0 Dieu, j'ay le cœur a demi gasté des alarmes qu'on me donne d'une rude guerre pour nostre Prince , bien que j'espere en cette souveraine Providence qu'elle reduira le tout a nostre proffit. '
Les bons Peres Feuillans escrivent aux leurs de Thurin pour l'affaire de Talloyres , et moy encor avec eux. Je vous supplie de commander a du Pont de les remettre au premier qui passe en Piemont. Ces Peres sont revenuz tous pleins de respect et d'amour cordial pour vous et toute vostre mayson.
La fille se porte bien et tous-jours bonne fille, je veux dire tous-jours meilleure. Madame du Foug, ma tante, et, comme je crois, vostre hostesse de Thonon, me prie par une lettre, que je vous recommande l'affaire qu'ell'a au .Senat. Je ne sçai quel il est ; mays elle, ell'est certes digne de faveur pour mille raysons, entre lesquelles celle-ci me presse, qu'ell'a esté nostre Rahab (Jos 2) en Chablaix . Hormis que toute sa vie ell'a esté de bonne reputation, la comparayson est bonne.
Je prie Nostre Seigneur qui! vous renforce de plus en plus pour porter le [faix] quil a imposé sur vos espaules, et que ce soit par apres [tres] longuement, car ce sera tres heureusement. Je suis, Monsieur [mon Frere],
Vostre tres humble frere et serviteur,
FRANCs,[E. de] Geneve.
5 decembre 1610.
Revu sur l'Autographe conservé a Paris, au Carmel de la rue Denfert-Rochereau.
DCXXXV
A LA PRéSIDENTE FAVRE
Une lettre écrite après dix heures du soir. - Les. additions à une nouvelle édition de l'Introduction à la Vie devote. - Notre guide, notre nocher pendant notre navigation. - Le moyen de ne rien craindre.
Annecy, 5 décembre 1610.
Ne penses pas, ma Saur tres chere, que je n'aye de la payne a demeurer tant sans vous escrire, et prin cipalement maintenant qu'au rapport des bons Peres Feuillans (lettre 634) vous estes encor un peu tendre en santé.
Certes, je voudrois bien tous les jours vous envoyer quelque petite marque de la souvenance que j'ay de vostre dilection ; mais je suis quelquefois sans loysir et d'autres fois sans commodité. Or bien, encor vous escris-je maintenant apres dix heures du soir, pour accompaigner le livre ci joint qui me semble un peu plus correct que ceux des autres editions, bien que je ne l'aye pas veu que par ci par la; et, outre ce, il y a trois chapitres : Des habit, De sdesirs et Quil faut avoir l'esprit juste . Tel quil est, il part de l'homme du monde qui vous souhaite, plus de benedictions caelestes.
Je n'eu pas le loysir de me resouvenir, quand je fus a Chamberi (notes
559 et 593), de vous dire que je vous avois envoyé une copie des principaux statutz de la Visitation ; et si, je ne me souviens pas par qui je les envoyay. Oseray-je bien vous prier de faire tenir la lettre ci jointe a la petite Chatel ? C'est. sa bonne seur qui la m'a envoyee ; et je puis bien dire sa bonne seur, car vrayement elle l'est . Mais et nostre fille et tout, est bien la vrayment bonne fille. Toute leur Mayson vous salue, notamment Mme de Chantal qui vous honnore et cherit ardemment.
Gardes bien de laysser convertir vostre soin en troublement et inquietude, et toute embarquee que vous estes sur les vagues et parmi les vens de plusieurs tracas, regardes tous-jours au Ciel et dites a Nostre Seigneur : 0 Dieu, c'est pour vous que je vogue et navige, soyes ma guide et mon nocher. Et puis consoles vous, que quand nous serons au port, les douceurs que nous y aurons, effaceront les travaux pris pour y aller. Or, nous y allons parmi tous ces orages, pourveu que nous ayons le cœur droit, l'intention bonne, le courage ferme, l'œil en Dieu et en luy toute nostre fiance. Que si la force de la. tempeste nous esmeut quelquefois un peu l'estomach et nous fait un petit tourner la teste, ne nous estonnons point, mays soudain que nous pourrons, reprenons haleyne et nous animons a mieux faire.
Bonsoir, ma tres chere Seur, ma Fille. Craignons [Dieu] et nous ne craindrons point autre chose; aymons Dieu et nous aymerons tout'autre chose. Je suis en luy tout vostre et
Vostre humble frere et serviteur,
FRANçs, E. de Geneve.
5 decembre 1610.
A Madame
Madame la premiere Presidente de Savoye.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Dietramszell (Bavière).
DCXXXVI
A LA MèRE DE CHANTAL
Les désirs d'un Saint à propos de la manducation quotidienne du " Pain vivant et suressentiel. " - Les vertus dont il embaume les âmes qui le reçoivent.
Annecy, 5 décembre 1610 .
Mon Dieu, ma chere Fille, certes il me tarde que je vous voye. Au reste, je me porte fort bien, et vostre cœur, tout autant que je le puis connoistre. J'ay prié avec une ardeur tres particulière ce matin pour nostre advancement au saint amour de Dieu, et me sens des plus grans desirs que jamais au bien de nostre ame. Ah ! ce dis-je, 0 Sauveur de nostre cœur, puisque meshuy nous serons tous les jours a vostre table pour manger non seulement vostre pain, mays vous mesme, qui estes nostre pain vivant (Jn 6,51) et suressentiel (Mt 6,11), faites que tous les jours nous facions une bonne et parfaite digestion de cette viande tres parfaitte, et que nous vivions perpetuellement embausmés de vostre sacree douceur, bonté et amour.
Je vay au sermon du Pere François ; ce soir j'en fay un a Sainte Claire . Mais l'autre soir, ce sera vers demain, il faut escrire a Dijon, car mardy nous envoyerons ; mais si je puis, je vous verray.
Bon soir, unique et tres chere Seur, ma Fille. Je ne veux pas que vous jeusnies cette annee.
DCXXXVII
A M. CELSE-BéNIGNE DE CHANTAL
Conseils à un jeune homme qui allait à la cour de France; à quelles âmes cette fréquentation est-elle moins dangereuse. - Ses écueils, leurs pernicieux effets, - Remèdes : les " viandes spirituelles et divines." - Eviter les mauvaises lectures, Rabelais, " cet infame," et les sceptiques - La vraie courtoisie. - Ne pas s'embarrasser parmi les amourettes. - Faire profession ouverte de vouloir vivre vertueusement, judicieusement, constamment et chrétiennement. - Les vertueux à la philosophique. - En quoi il ne faut pas marchander. - Se choisir des amis de même intention. - Recourir à la direction d'un prêtre, Religieux ou séculier. -- Un exercice de fainéant. - Avoir un cœur vigoureux, et pourquoi. - L'idéal d'un courtisan, d'après saint Louis; portrait de ce prince. - La bravoure et la piété. - Une méditation à faire souvent. - Le patron, la voile, l'ancre, le vent qu'il faut choisir pour voguer sur la haute mer du monde.
Annecy, 8 décembre 1610,
Monsieur,
En fin donq vous alles faire voyle et prendre la haute mer du monde en la cour. Dieu vous veuille estre propice, et que sa sainte main soit tous-jours avec vous.
Je ne suis pas si paoureux que plusieurs autres, et n'estime pas cette profession-la des plus dangereuses pour les ames bien nees et pour les courages masles, car il n'y a que deux principaux escueilz en ce gouffre : la vanité, qui ruine les espritz molz, faineans, feminins et floüetz, et l'ambition, qui perd les cœurs audacieux et presomptueux. Et comme la vanité est un manquement de courage, qui, n'ayant pas la force d'entreprendre l'acquisition de la vraye et solide loüange, en veut et se contente d'en avoir de la fause et vuide, aussi l'ambition est un exces de courage qui nous porte a pourchasser des gloires et honneurs sans et contre la regle de la rayson. Ainsy, la vanité fait qu'on s'amuse a ces folastres galanteries qui sont a loüange devant les femmes et autres espritz minces, et qui sont a mespris devant les grans courages et espritz relevés, et l'ambition fait que l'on veut avoir les honneurs avant que les avoir merités. C'est elle qui nous fait mettre en conte pour nous, et a trop haut prix, le bien de nos predecesseurs, et voudrions volontier tirer nostre estime de la leur.
Or, Monsieur, contre tout cela, puisqu'il vous plaist que je vous parle ainsy, continués a nourrir vostre esprit des viandes spirituelles et divines, car elles le rendront fort contre la vanité et juste contre l'ambition. Tenes bon a la frequente Communion, et croyés-moy, vous ne sçauries faire chose qui vous affermisse tant en la vertu. Et pour bien vous asseurer en cet exercice, ranges-vous sous le conseil de quelque bon confesseur, et le priés qu'il prenne authorité de vous demander conte en confession des retardemens que vous feres en cet exercice, si par fortune vous en faisies. Confesses-vous tous-jours humblement, et avec un vray et expres propos de vous amender. N'oubliés jamais (mais de cela je vous en conjure) de demander a genoux le secours de Nostre Seigneur avant que de sortir de vostre logis, et de demander le pardon de vos fautes avant que d'aller coucher.
Sur tout, gardés vous des mauvais livres, et pour rien du monde ne laissés point emporter vostre esprit apres certains escritz que les cervelles foibles admirent, a cause de certaines vaines subtilités qu'ilz y hument, comme cet infame Rabelais et certains autres de nostre aage, qui font profession de revoquer tout en doute, de mespriser tout et se mocquer de toutes les maximes de l'antiquité. Au contraire, ayés des livres de solide doctrine, et sur tout des chrestiens et spirituelz, pour vous y recreer de tems en tems.
Je vous recommande la douce et sincere courtoysie qui n'offense .personne et oblige tout le monde, qui cherche plus l'amour que l'honneur, qui ne raille jamais aux despens de personne, ni piquamment, qui ne recule personne et aussi n'est jamais reculee, et si elle l'est, ce n'est que rarement; en eschange dequoy, elle est tres souvent honnorablement avancee.
Prenés garde, je vous supplie, a ne vous point embarrasser parmi les amourettes, et a ne point permettre a vos affections de prevenir vostre jugement et rayson au choix des sujetz aymables ; car, quand une fois l'affection a pris sa course, elle traisne le jugement comme un esclave, a des choix fort impertinens et dignes du repentir qui les suit par apres bien tost.
Je voudrois que d'abord, en devis et maintien et en conversation, vous fissies profession ouverte et expresse de vouloir vivre vertueusement, judicieusement, constamment et chrestiennement. Je dis vertueusement, affin qu'aucun ne pretende de vous engager aux desbauches. Judicieusement, affin que vous ne fassies pas des signes extremes, en l'exterieur, de vostre intention, mais telz seulement que, selon vostre condition, ilz ne puissent estre censurés des sages. Constamment, parce que, si vous ne tesmoignes pas avec perseverance une volonté esgale et inviolable, vous exposeres vos resolutions aux desseins et attaques de plusieurs miserables ames qui attaquent les autres pour les reduire a leur train. Et je dis en fin chrestiennement, pour ce que plusieurs font profession de vouloir estre vertueux a la philosophique, qui neanmoins ne le sont ni ne le peuvent estre en façon quelconque, et ne sont autre chose que certains fantosmes de vertu, couvrant a ceux qui ne les hantent pas leurs mauvaise vie et humeurs par des ceremonieuses contenances et paroles. Mais nous, qui sçavons bien que nous ne sçaurions avoir un seul brin de vertu que par la grace de Nostre Seigneur (Jn 15,5), nous devons employer la pieté et la sainte devotion pour vivre vertueusement ; autrement, nous n'aurons des vertus qu'en imagination et en ombre. Or, il importe infiniment de se faire connoistre de bonne heure tel qu'on veut estre tous-jours ; et en cela, il ne faut pas marchander.
Il vous importera aussi infiniment de faire quelques amis de mesme intention, avec lesquelz vous puissies vous entreporter et fortifier ; car c'est chose toute vraye que le commerce de ceux qui ont l'ame bien dressee, nous sert infiniment a bien dresser ou a bien tenir dressee la nostre. Je pense que vous treuveres bien aux Jesuites, ou aux Capucins, ou aux Feuillans, ou mesme hors des monasteres, quelque esprit courtois qui se res-jouira si quelquefois vous l'alles voir pour vous recreer et prendre haleyne spirituelle.
Mais il faut que vous me permetties de vous dire quelque chose en particulier. Voyés-vous, Monsieur, je crains que vous ne retournies au jeu, et je le crains parce que ce vous sera un tres grand mal : cela, en peu de jours, dissiperoit vostre cœur et feroit flestrir toutes les fleurs de vos bons desirs. C'est un exercice de faineant ; et ceux qui se veulent donner du bruit et de l'accueil jouant avec les grans, disans que c'est le plus court moyen de se faire connoistre, tesmoignent qu'ilz n'ont point de bonne marque de merite, puisqu'ilz ont recours a ces moyens propres a ceux qui, ayans de l'argent, le veulent hazarder ; et ne leur est pas grande la loüange d'estre connus pour joueurs, mais s'il leur arrive de grandes pertes, chacun les connoist pour folz. Je laisse a part les suites des choleres, desespoirs et forceneries, desquelz pas un joueur n'a aucune exemption.
Je vous souhaitte encor un cœur vigoureux pour ne point trop flatter vostre cors en delicatesse au manger, au dormir et telles autres mollesses ; car en fin, un cœur genereux a tous-jours un peu de mespris des mignardises et delices corporelles. Neanmoins Nostre Seigneur dit (Mt 11,8) que ceux qui s'habillent mollement sont es maysons des rois, c'est pourquoy je vous en parle. Et Nostre Seigneur ne veut pas dire qu'il faille que tous ceux qui sont es cours s'habillent mollement ; mais il dit seulement que, coustumierement, ceux qui s'habillent mollement se treuvent la. Or, je ne parle pas de l'exterieur de l'habit, mais de l'interieur ; car pour l'exterieur, vous sçavés trop mieux la bienseance, il ne m'appartient pas d'en parler.
Je veux donq dire que je voudrois que parfois vous gourmandassies vostre cors a luy faire sentir quelques aspretés et duretés, par le mespris des delicatesses et le renoncement frequent des choses aggreables aux sens ; car encor faut-il quelquefois que la rayson fasse l'exercice de sa superiorité et de l'authorité qu'elle a de ranger les appetitz sensuelz.
Mon Dieu, je suis trop long, et si, je ne sçai ce que j'escris, car c'est sans loysir et a diverses reprises. Vous connoisses mon cœur et treuveres tout bon.
Encor faut-il pourtant que je vous die ceci. Imaginés-vous que vous fussies courtisan de saint Louys : il aymoit, ce Roy saint (et le Roy est maintenant saint par innocence ), qu'on fust brave, courageux, genereux, de bonne humeur, courtois, civil, franc, poly ; et neanmoins, il aymoit sur tout qu'on fust bon Chrestien. Et si vous eussies esté aupres de luy, vous l'eussies veu rire amiablement aux occasions, parler hardiment quand il en estait tems, avoir soin que tout fust en lustre autour de luy, comme un autre Salomon, pour maintenir la dignité royale ; et un moment apres, servir les pauvres aux hospitaux, et en fin marier la vertu civile avec la chrestienne, et la majesté avec l'humilité. C'est, en un mot, ce qu'il faut entreprendre, de n'estre pas moins brave pour estre Chrestien, ni moins Chrestien pour estre brave. Et pour faire cela, il faut estre tres bon Chrestien, c'est a dire fort devot, pieux et, s'il se peut, spirituel ; car, comme dit saint Paul (1 Co 2,15), l'homme spirituel discerne tout : il connoist en quel tems, en quel rang, par quelle methode il faut mettre en œuvre chaque vertu.
Faites souvent cette bonne pensee, que nous cheminons en ce monde entre le Paradis et l'enfer, que le dernier pas sera celuy qui nous mettra au logis eternel et que nous ne sçavons lequel sera le dernier, et que, pour bien faire le dernier, il faut s'essayer de bien faire tous les autres. 0 sainte et interminable eternité, bienheureux qui vous considere ! Ouy, car qu'est-ce que [ce] desduit de petitz enfans que nous faysons en ce monde pour je ne sçai combien de jours ? Rien du tout, si ce n'estoit que c'est le passage a l'eternité. Pour cela donq il nous faut avoir soin du tems que nous avons a demeurer ça bas, et de toutes nos occupations, affin que nous les employons a la conqueste du bien permanent.
Aymés-moy tous-jours comme chose vostre, car je le suis en Nostre Seigneur, vous souhaittant tout bonheur pour ce monde et sur tout pour l'autre. Dieu vous benisse et vous tienne de sa sainte main. Et pour finir par ou j'ay commencé : vous alles prendre la haute mer du monde, ne changés pas pour cela de patron, ni de mat, ni de voyle, ni d'ancre, ni de vent. Ayés tous-jours Jesus Christ pour patron, sa Croix pour arbre, sur lequel vous estendies vos resolutions en guise de voyle ; vostre ancre soit une profonde confiance en luy, et allés a la bonne heure. Veuille a jamais le vent propice des inspirations celestes enfler de plus en plus les voyles de vostre vaysseau et vous faire heureusement surgir au port de la sainte eternité, que de si bon cœur vous souhaite sans cesse,
Monsieur,
Vostre plus humble serviteur,
FRANçs. E. de Geneve.
Ce 8 decembre 1610.
DCXXXVIII
A LA MèRE DE CHANTAL
Pourquoi ne pas se tourmenter des fâcheuses pensées qui sont autour. du cœur. A quelle condition rien ne nous offensera.
Annecy, [8 décembre 1610 ]
En fin ce beau jour, si propre pour aller vers vous, ma tres chere Fille, s'escoule ainsy sans que j'aye ce contentement; au moins faut que je supplee en quelque sorte par ce petit mot, que je sauve d'entre les affaires que certains Religieux m'apportent.
Bonsoir donq, ma tres chere Fille. Ayés bien soin de soulager doucement vostre pauvre cœur ; gardés-vous bien de luy sçavoir mauvais gré de ces fascheuses pensees qui luy sont autour. Non, ma Fille, car le pauvret n'en peut mais, et Dieu mesme ne luy en sçait aucun mauvais gré pour cela ; au contraire, sa divine sagesse se plaist a voir que ce petit cœur va tremblotant a l'ombre du mal, comme un faible petit poussin a l'ombre du milan qui va voltigeant au dessus de luy (S.Aug Conf 12,27) ; car c'est signe qu'il est bon, ce cœur, et qu'il abhorre les mauvaises fantasies.
Mais, ma tres chere Fille, nous avons nostre Mere, sous les aisles de laquelle nous faut fourrer. Recourons a la Croix, et l'embrassons de cœur ; demeurons en paix a l'ombre de ce saint arbre. Mon Dieu ! il est impossible que rien nous offense, tandis qu'avec une vraye resolution nous voulons estre tout a Dieu ; et neanmoins nous sçavons bien que nous le voulons.
Bon soir de rechef, ma tres chere Fille; ne vous inquietés point, mocqués-vous de l'ennemy, car vous estes entre les bras du Tout Puissant. Dieu soit a jamais nostre force et nostre amour ! Demain, moyennant sa grace, nous vous irons voir, ma tres cherement unique Fille de mon cœur.
DCXXXIX
A M. PIERRE RIGAUD
(INEDlTE)
Le Saint et son éditeur lyonnais. – Celui-ci le presse " de rendre fait " le Traitté de l'Amour de Dieu - Commande de livres.
Annecy, 14 décembre 1610.
Monsieur Rigaud,
Je suis marri que vous ayes eu l'incommodité d'envoyer expres ce porteur qui m'a rendu les livres que vous luy avies confiés. Il est, au demeurant, hors de mon pouvoir de rendre fait le Traitté de 1'Amour de Dieu de quelque tems, pour le peu de loysir que mes continuelles occupations me laissent, quoy que je sois soigneux de n'en perdre pas un seul moment. Mais quand il sera en estat d'estre envoyé, je vous avertiray quelques semaines devant, affin que vous ayes ce qui sera convenable pour l'edition, en suite de ce que ci devant je vous en ay dit et escrit a monsieur le Suffragant .
Je vous prie de m'envoyer par la premiere commodité le livre de La Venerie, de Jaques du Fouilloux , et celuy d'Esperron , et un petit livret du Combat spirituel, de ceux qui sont nagueres traduitz .
Dieu vous conserve et prospere, et je suis,
Monsieur Rigaud,
Vostre bien humble et affectionné a vous faire service,
FRANCs, E. de Geneve.
XIIII decembre 1610, a Neci.
A Monsieur
Monsieur Rigaud, marchand libraire.
A Lion.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Bourg-en-Bresse.
DCXL
A M. JACQUES DE BAY
Le Saint s'intéresse aux études d'un jeune annécien et demande que le collège de Savoie de Louvain lui soit rouvert.
Annecy, 16 décembre 1610.
Monsieur,
La bonté d'Anthoyne Gard , bourgeois de cette ville, me rend fort desireux du bien de son filz Jean Baptiste, lequel ayant esté receu ci devant en vostre college , est decheu de cette grace quil tenoit de vostre faveur. Je vous supplie donq de tout mon cœur, Monsieur, qu'il vous playse le restablir en ce bonheur, sans lequel il est a craindre qu'il ne perde tout celuy du reste de sa vie. Et outre le contentement que vous aures d'avoir exercé une telle charité a l'endroit de toute un' honnorable famille, faysant revivre l'enfant qui sembloit perdu (Lc 15,24), vous me rendres de plus en plus obligé de vous honnorer avec le respect que, pour plusieurs autres raysons, je veux et dois rendre a vos merites.
Et me promettant cette gratification de vostre bienveuillance, je demeureray a vous souhaitter toute sainte consolation çœleste, et seray tous-jours,
Monsieur,
Vostre humble confrere et serviteur en Nostre Seigneur,
FRANçs, E. de Geneve.
XVI decembre 1610, a Neci.
A Monsieur
Monsieur de Bay,
Docteur et Lecteur en la sainte Theologie, Doyen de SI Pierre,
President du College deSavoye a
Louvain.
Revu sur l'Autographe conservé à Bruxelles, Bibliothèque des PP. Bollandistes.
DCXLI
A M. PHILIPPE DE QUOEX
Dans les appointements, le Saint n'est pour personne. - Pas de particularités dans sa Congrégation ; il faut que tout y " aille d'un train. "
Annecy, 17 décembre 1610.
Monsieur,
Voyla vostre porteur que nous vous renvoyons despeché. Je serviray madame d'Avully en tout ce qu'il me sera possible, notamment en l'un et en l'autre des articles que vous me marques.
. Et quant au premier, bien que je n'aye pas accoustumé d'estre pour personne es appointemens, attendu que ma qualité m'invite tous-jours a la neutralité pour penser la paix (Jer 29,11), si est-ce que, si elle le veut ainsy, je me dispenseray de lettre pour ce coup, et M. de la Roche , qui est dehors, estant venu, je luy parleray a mesme effect.
Quant au second, je pense qu'il faudra attendre qu'elle vienne icy pour voir le train de cette Congregation affin que, selon le jour qu'elle prendra, on regarde de luy donner satisfaction, s'il se peut . Neanmoins, je veux bien dire que malaysement pourroit-on luy permettre d'avoir une fille de chambre qui ne fust pas de la mayson, mais ouy bien qu'elle fust specialement servie par une de celles qui seront en la mayson. C'est affin que tout, la dedans, aille d'un train. Certes, pour moy, je souhaitterois fort de la voir bien consolee en cette vocation la.
Ne me faites point d'excuses a m'escrire bien ou mal, car ne me faut nulle sorte d'autre ceremonie que de m'aymer en Nostre Seigneur, selon lequel je suis
Vostre plus humble confrere,
FRANçs, E. de Geneve.
Ce 17 decembre 1610.
DCXLII
AU PRéSIDENT ANTOINE FAVRE
Les " bonnes coustumes " de Savoie. - Rendez-vous pour les âmes chrétiennes unies d'affection. - Une amitié sans limites.
Annecy, 17 décembre 1610.
Monsieur mon Frere,
Ce n'est que simplement pour contenter mon cœur que je vous escris maintenant, car il faut, quand je puis, suppleer au bonheur que j'avais d'estre aupres de vous par ce petit allegement. Et puis, encor faut-il garder les bonnes coustumes a vous souhaiter les bonnes festes ; car, de m'attendre au bien que nous avions presque esperé, de vous voir a nos beaux Offices en ces si dignes solemnités, c'est chose que le tems et les affaires ne me peuvent permettre, si ce n'est en cette façon ordinaire par laquelle vous estes tous-jours present a mon ame, et principalement a l'autel et le jour de Noüel, environ lequel j'eu cette si chere grace de vous voir. Mais combien y a-il ? Certes, je n'y pense point, car il me semble que nostr'amitié est sans limites, et qu'estant si fort naturalisee en mon cœur, ell'est aussi ancienne que luy. Ce pendant, continuons, Monsieur mon Frere, en cette si digne et si rar'affection, affin que non seulement Monsieur le Rme de Saint Paul , mais tout le monde l'admire et loüe des-ormais.
Je suis tous-jours un peu en peyne de la santé de madame nostre chere Presidente, bien qu'on m'asseure que son mal n'est pas plus grand quil faut pour seulement luy faire prendre les prœservatifz d'un plus grand. Dieu vous donn'a tous deux les bonnes et belles festes, et vous conserve longuement et heureusement.
Je suis, Monsieur mon Frere,
Vostre tres humble frere et serviteur,
FRANçs, E. dé Geneve.
XVII decembre I6l0, a Neci.
Monsieur mon Frere, ce porteur m'a dit comm'il a sceu, ou plus tost comm'il n'a pas sceu, la supplication que mon frere de Thorens vous fait ; et ça bien esté asses pour y faire adjouster la mienne, que je sousmetz neanmoins a vostre jugement. .
A Monsieur
Monsieur Favre, Baron de Peroges,
Conseiller d'Estat de S. A., premier President de Savoye.
A Chamberi.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation du Mans.
DCXLIII
A LA MèRE DE CHANTAL
(BILLET INéDIT)
Une galerie où le Saint parlait " plus a commodité " à la Mère de Chantal.
Annecy, 18 décembre 1610 .
Demain, ma tres chere Fille, je ne sçaurois voir cette grande Seur , sinon quil y eut chose qui pressast ; car ne ferons-nous pas l'exhortation ? et apres cela, il sera nuit. Or, quand je l'iray voir, je veux gaigner une bonne heure pour me promener avec vous en la galerie, car on y parle plus a commodité .
Marcelle desire de se confesser avant ces festes, et je luy avois dit que ce fut mercredi; mais je voy qu'il faudra remettre a jeudy, ou plustost a vendredy matin.
mon unique Fille, que j'ay de tendre et forte affection pour nostre cœur, et que je suis pressé de le recommander incessamment a Nostre Seigneur !
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Bourg-en-Bresse.
DCXLIV
AU PRéSIDENT ANTOINE FAVRE
(INéDITE)
Recommandation en faveur d'une pauvre veuve.
Annecy, [vers le 22 décembre 1610 ]
Monsieur mon Frere,
Ce n'est pas pour faire les remercimens que je doy a vostre perseverance au desir du bien des nostres, que je vous escris maintenant ; ce n'est que pour vous supplier humblement de favoriser de vostre juste protection cette pauvre vefve , que monsieur de Conflens , a mon advis tant de vos serviteurs et de mes amis, m'a instamment recommandee. Je vous en fay donq supplication, et vous souhaite et a madame vostre chere Praesidente, ma tres chere seur, Monsieur mon Frere, ce que vous pouves imaginer du cœur de
Vostre tres humble frere et serviteur,
FRANCs, E. de Geneve.
Nous attendons mon frere de Thorens pour vous faire la response que vostre lettre pleyne de faveur requiert.
A Monsieur
Monsieur Favre, Baron de Peroges,
Conseiller d'Estat de S. A.
et son premier President.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Saint.Marcellin.
DCXLV
A LA MèRE DE CHANTAL
Tableau de la Nativité. - Où se trouvaient en la nuit de Noël, les bons Anges des deux Saints. - Les pasteurs et la mélodie sacrée qu'ils entendent durant leur sommeil. - Le cadeau du Bienheureux au " petit Roy. "
Annecy, 25 décembre [1610 ]
Hé, vray Jesus ! que cette nuit est douce, ma tres chere Fille ! " Les cieux, " chante l'Eglise, " distillent de toutes pars le miel ; " et moy je pense que ces divins Anges qui resonnent en l'air leur admirable cantique, viennent pour recueillir ce miel celeste sur les lys ou il se treuve, sur la poitrine de la tres douce Vierge et de saint Joseph. J'ay peur, ma chere Fille, que ces divins Espritz ne se mesprennent entre le lait qui sort des mammelles virginales, et le miel du Ciel qui est abouché sur ces mammelles. Quelle douceur de voir le miel succer le lait (Ct 4,11) !
Mais je vous prie, ma chere Fille, ne suis-je pas si ambitieux que de penser que nos bons Anges de vous et de moy se treuverent en la chere trouppe des musiciens celestes qui chanterent en cette nuit ? 0 Dieu, s'il leur playsoit d'entonner derechef aux oreilles de nostre cœur cette mesme celeste chanson, quelle joye, quelle jubilation ! Je les en supplie, affin que gloire soit au ciel, et en terre paix aux cœurs de bonne volonté (Lc 2,14).
Revenant donq d'entre les sacrés mysteres, je donne ainsy le bon jour a ma chere Fille ; car je croy que les pasteurs encor, apres avoir adoré le celeste Poupon que le Ciel mesme leur avoit annoncé (Lc 2,8), se reposerent un peu. Mais, 0 Dieu, que de suavités, comme je pense, a leur sommeil ! Il leur estoit advis qu'ilz oyoyent tous-jours la sacree melodie des Anges qui les avoyent salués si excellemment de leur cantique, et qu'ilz voyoyent tousjours le cher Enfant et la Mere qu'ilz avoyent visité.
Que donnerions-nous a nostre petit Roy que nous n'ayons receu de luy (1 Co 4,7) et de sa divine liberalité ? Or sus, je luy donneray donques a la sainte grand' Messe la tres uniquement fille bienaymee qu'il m'a donnee. Hé, Sauveur de nos ames, rendés-la toute d'or en charité, toute de myrrhe en mortification, toute d'encens en orayson, et puis recevés-la entre les bras de vostre sainte protection, et que vostre cœur die au sien : Je suis ton salut (Ps 34,3) aux siecles des siecles. Amenr.
Vostre tres affectionné pere et serviteur,
FRANçs, E. de Geneve.
DCXLVI
A MADAME D'AIGUEBELETTE
Les présents du Sauveur aux gens de bonne volonté. - Ce que fait la " petite trouppe " de la Visitation.
Annecy, 30 décembre 1610
Or bien, ma tres chere Fille, nous finissons cett' annee en un jour. A la suite de la bonne dame defuncte , nous finirons nos annees pour commencer nostre eternité. Ah ! ma Fille, c'est cett'eternité que sur tout je vous souhaitte tres heureuse, et a cause d'elle vous vivés tousjours presente a mon cœur, qui se res-jouit de voir que vous perseveres a vouloir de tout le. vostre servir sa divine Majesté en sainteté et pureté (Lc 1,74). Faites bien cela, ma chere Fille, et parmi les orages des affaires importuns de ce miserable siecle, affermisses-vous souvent aupres de ce Sauveur qui est venu apporter la paix, la douceur, la tranquillité aux gens de bonne volonté (Lc 2,14).
Nostre pauvre Mme de Chantal a eu un' attaque pareille a celle du moys d'aoust dernier, mais maintenant elle est presque guerie, et toute cette petite trouppe fait bien devant Dieu et devant les hommes (Rm 12,17 ; 2 Co 8,21), nostre Chastel particulierement. La chere cousine fait de mesme, et je ne manqueray pas a luy faire vos recommandations. Bon jour et tres bon an, ma tres chere Fille; je vous escris sans haleyne et loysir, et suis entierement tout vostre…………………..
DCXLVII
AU PRéSIDENT ANTOINE FAVRE
Ce qui rend notre durée périssable, et partant plus aimable. - La pensée. de l'éternité pour le Saint. - L'espérance de l'éternité, et les motifs philosophiques qui la légitiment. .- L'échelle qui nous conduit aux années éternelles. - Souhaits de nouvel an.
Annecy, 31 décembre 1610 .
Monsieur mon Frere,
Je finis cette annee avec le contentement de vous pouvoir presenter le souhait que je fay sur vous pour la suivante. Elles passent donq, ces annees temporelles, Monsieur mon Frere ; leurs mois se reduisent en semaines, les semaines en jours, les jours en heures et les heures en momens, qui sont ceux-la seulz que nous possedons, mais que nous ne possedons qu'a mesure qu'ilz perissent et rendent nostre duree perissable, laquelle pourtant nous en doit estre plus aymable; puisque cette vie estant pleine de miseres, nous ne sçaurions y avoir aucune plus solide consolation que celle d'estre asseurés qu'elle se va dissipant, pour faire place a cette sainte eternité qui nous est preparee en l'abondance de la misericorde de Dieu, et a laquelle nostre ame aspire incessamment par les continuelles pensees que sa propre nature luy suggere, bien qu'elle ne la puisse esperer que par des autres pensees plus relevees que l'Autheur de la nature respand sur elle.
Certes, Monsieur mon Frere, je ne suis jamais attentif a l'eternité qu'avec beaucoup de suavités ; car, dis-je, comme est-ce que mon ame pourroit estendre sa cogitation a cette infinité, si elle n'avait quelque sorte de proportion avec elle ? Certes, tous-jours faut-il que la faculté qui atteint un object ayt quelque sorte de convenance avec iceluy. (S.Th. Ia IIae 5,1) Mais quand je sens que mon desir court apres ma cogitation sur cette mesme eternité, mon ayse prend un accroissement nom pareil ; car je sçay que nous ne desirons jamais d'un vray desir que les choses possibles. Mon desir donq m'asseure que je puis avoir l'eternité : que me reste-il plus que d'esperer que je l'auray ? Et cela m'est donné par la connaissance de l'infinie bonté de Celuy qui n'auroit pas cree une ame capable de penser et de tendre a l'eternité, s'il n'eust voulu luy donner les moyens d'y atteindre. Ainsy, Monsieur mon Frere, nous nous treuvons au. pied du Crucifix, qui est l'eschelle par laquelle, de ces annees temporelles, nous passons aux annees eternelles.
Or, je souhaitte donq sur vostre chere ame que cette annee prochaine soit suivie de plusieurs autres, et que toutes soyent utilement employees pour la conqueste de l'eternité. Vivés longuement, saintement et heureusement entre les vostres icy bas parmi ces momens perissables, pour revivre eternellement en cette immuable felicité pour laquelle nous respirons.
Voyla comme mon cœur s'espanche devant le vostre, et fait des saillies qu'il ne feroit pas sans cette confiance que luy donne l'affection qui me rend
Vostre tres humble frere et serviteur,
FRANCs, E. de Geneve.
DCXLVIII
A LA MèRE DE CHANTAL
(BILLET INéDIT)
Les Filles de saint Bernard chez les Filles du saint Evêque de Genève. Promesse d'un bonsoir ou d'un bonjour.
Annecy, juillet-décembre 1610 .
Voyla cette petite trouppe de Sainte Catherine qui vous va voir , m . Vous ne connoisses que ma cousine de Ballon , mais les autres ne laissent pas d'estre bonnes filles ; je les vous recommande, m. La chere fille de la haut m'a escrit avec beaucoup de salutation pour vous.
Sil se peut, pour chose du monde je vous iray donner le bon soir, ou ce sera lundi matin pour le bon jour.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
DCXLIX
A M. ANTOINE DES HAYES
(INéDITE)
Une amitié constante. - Mariage princier et les menaces d'une guerre.
Vanchy, 8 mai 1610.
Monsieur,
Ce gentilhomme, qui est fort de mes amis , partant d'aupres de monsieur le baron de Lux pour aller droit a la court, je luy donne ces quatre ou cinq motz qui vous asseureront de la continuelle passion avec laquelle mon cœur vous honnore, respecte et cherit.
Et pour dire quelque chose sur le sujet de la derniere lettre que vous me fistes lhonneur de m'escrire, je croy bien que meshuy cett' heureuse alliance delaquelle nous nous res-jouissons tant , me mettra en autant de liberte quil m'en faut pour pouvoir jouir un bon jour de la douceur de vostre conversation, si toutefois la guerre a laquelle il semble que tant d'inclinations conspirent , ne me sert de nouvel empeschement. Dieu en face selon sa plus grande gloire et vous veuille de plus en plus prosperer, avec madame vostre chere partie et toute vostre famille, jusques a vostre petit nouveau né Anthoyne , au nom duquel je porte des-ja bien de l'affection pour estre le nom du pere, auquel je suis si absolument,
Monsieur,
Tres humble et tres affectionné serviteur,
FRANCs, E. de Geneve.
A Avanchy, le 8 may 1610.
Monsieur de Charmoysi triomphe tous-jours au mespris dela cour (note 250) et m'est advis que nous aurons de la peyne de luy en faire reprendre le goust.
A Monsieur
Monsieur des Hayes, Maistre d'hostel de S. M.,
Gouverneur et Baillif de
Montargis,
Revu sur l'Autographe communiqué par M, Robert de Courcel, Archives du Port Courcel, à Vigneux (Seine-et-Oise).
DCL
A LA MèRE DE CHANTAL
(BILLET INEDlT)
Sollicitude pour la santé de la Mère de Chantal.
Annecy, [fin 1610/1611 ]
Je vous souhaite une bonne, douce et salutaire purgation, ma tres chere Fille, et prie Nostre Seigneur quil vous comble de benedictions. Ce soir, Dieu aydant, j'iray voir comme vous vous seres portee, et ce pendant, bon jour, ma tres chere Fille.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Nancy.
DCLI
A LA MèME
Souci charitable que prend le Saint pour la santé de la Fondatrice.
Annecy, [fin 1610-1611]
Je vous souhaite infiniment le bon soir, ma tres chere Fille toute mienne , et surtout craignant que l'evacuation ne vous laisse quelqu'incommodité de lassitude, alteration et chaleur. Mais je sçai bien pourtant que vous souffriries tout cela bien doucement, car vous estes bien sage, ma chere Fille, et ne treuveres jamais rien de trop dur de ce que Nostre Seigneur vous envoyera.
0 je supplie ce Sauveur qu'il rende nostre cœur tout sien par effect, comm'il l'est, il y a long tems, par affection ! Ouy certes, ma toute mienne tres chere Fille, nous n'avons point d'affection en nostre cœur que pour sa divine Bonté et ne voudrions pas en souffrir aucune, pour petite qu'elle fut.
Bonsoir, ma toute mienne chere Fille. Demeures en paix, et vive Jesus ! La chere niece me dira comme vous aves fait.
Revu sur l'Autographe conservé à Chambéry, chez les PP. Capucins.
DCLII
A MADEMOISELLE DE BLONAY
(FRAGMENT)
La grâce d'évangéliser n'est pas le privilège de tout le monde.
[1610-1611 ]
……………………………………………………………………………….
Ma chere Fille, je vous sçay bon gré de cette remarque ; mais voyes vous, tout le monde n'a pas receu de Dieu la grace d'evangeliser comme son Filz, le doux Jesus, avec le miel et le lait sous la langue (Ct 4,11). Il faudra pourtant que le cher pere soit adverti de ce defaut tout doucement ; Dieu nous en fera naistre les occasions ………………………………………………………………
A P P E N D I C E
I
LETTRES
ADRESSéES A SAINT FRANçOIS DE SALES PAR QUELQUES CORRESPONDANTS
A
FACULTéS ACCORDéES PAR LA CONGRéGATION DU SAINT-OFFICE
"DOMINICUS, Episcopus Ostiensis, Pinellus ; FR. Hieronimus BERNERIUS, Episcopus Portuensis, Asculanus ; FR. ANNAS DE CARS, tituli Sanctae Susannae, de Givry ; LAURENTIUS, tituli Sancti Laurentii in Pane et Perna, Blanchettus * ; POMPEIUS, tituli Sanctae Balbinae, Arigonius ; ROBERTUS, tituli Sanctae Mariae in Via, Bellarminus ; ANTONIUS, tituli Sanctae Crucis in Hierusalem, Zapata , ' et FERDINANDUS TABERNA, tituli Sancti Eusebii , nuncupati Presbyteri, miseratione Divina, Sanctae Romanae Ecclesiae Cardinales, in……(4 pages suivies de 8 signatures).
Revu sur l'original inédit, appartenant à M. le comte Roussy de Sales, au château de Thorens.
B
LETTRES Mgr PIERRE DE VILLARS
ARCHEVêQUE DE VIENNE
(FRAGMENTS)
I
……………………………………………………………………………………………..
(cf lettre 514). Le livre spirituel (Introduction à la Vie devote)que vous venez de mettre sur la presse de l'imprimeur, me ravit, m'eschauffe, m'extase tellement, que je n'ay ny langue, ny plume dont je puisse vous exprimer l'affection qui me transporte en vostre endroict, pour l'amour de ce grand et signalé service que vous en rendez à la divine bonté et l'inestimable fruict qui en reviendra à tous ceux qui seront si heureux que de le lire ainsi qu'il faut.
Mais, que falloit-il attendre d'un Evesque de Geneve tel que vous, sinon quelqu'œuvre entre autres, qui mist fin à l'infamie de Geneve, dont toute l'Europe a esté infectée d'heresie ? Je ne nie pas que les livres .si doctement escrits par tant de Docteurs excellans, dont le Cardinal Bellarmin est le souverain, n'ayent grandement servy contre les heresies de ce siecle ; mais je veux bien aussi dire et soustenir que ceux qui ont escrit sur la morale et de la devotion n'y ont pas apporté moins de remede. Et je pourrois, je voudrois, je devrois passer outre, et les preferer en ce cas, s'il estoit question de la debattre sur le champ ; car l'erreur n'estant que la matiere des heresies et l'obstination la forme, la doctrine qui illumine l'entendement remedie à la matiere ; mais la vertu, la devotion, l'ardeur de la pieté qui fleschist la volonté et en desloge l'opiniastrété, domine sur la forme qui tient le preciput en l'essence : de .maniere qu'à ce compte, il faut, ou que la doctrine des controverses cede à celle de la pieté et devotion, ou au moins qu'elle se l'associe tellement, qu'en luy concedant sa necessité, elle recognoisse que, sans elle, on n'advance rien, car tout pecheur est ignorant. Et, quoyqu'au syllogisme speculatif il puisse dire : " Je vois le bien et l'appreuve," parce que l'entendement est vaincu par la verité, si est-ce qu'au syllogisme practic, il confessera qu'il suit le mal, d'autant que la passion mal reiglée l'emporte, de façon que, quand le feu de la concupiscence est tombé sur les ames passionnées, elles ne voyent point le soleil. Il faut donc bonifier la volonté pour empescher qu'elle ne nuyse a l'illumination efficace de l'entendement, attendu mesmes que les livres spirituels commencent par la doctrine purgative, pour despoüiller les ames de toutes les mauvaises habitudes incompatibles au vray Christianisme.
Or, Monsieur, continuez de servir d'instrument à la divine Sapience, rembarrant l'erreur des heretiques par la doctrine des controverses, et conduisant les volontez depravées au chemin de la vertu par vos traictez de pieté et de devotion. C'est sans doute que la reformation des mœurs esteindra les heresies avec le temps, comme la depravation les a causées, puis que l'heresie n'est jamais le premier peché.
Excusez, s'il vous plaist, ma prolixité ; il a fallu que j'aye contenté mon ame, de vous signifier son aise et contentement sur vostre beau et bon, livre que je ne puis assez loüer.
……………………………………………………………………….
25 janvier 1609
II
…………………………………………………………………..
(cf lettre 514). Vostre dessein des deux Traictez sur les deux Tables, disposera des eschelles et degrez aux cœurs de ceux qui seront si heureux que de les lire, relire et retenir ; car ils arriveront par ce moyen au supreme faiste de la charité qui accomplist la loy et qui est vrayement le tout homme ; comme sans icelle, tout homme, pour grand qu'il puisse estre en tout le reste d'excellence, doit dire : Je ne suis rien.
Le dessein du Calendrier sera la tablature dont Philothée se servira sur le clavier de son espinette, organizée pour conserver sa memoire des plus beaux airs spirituels que la necessité du corps et les autres occupations exterieures luy font interrompre actuellement plus souvent qu'elle ne voudroit. Ces cinquante deux semaines, quoy que reïterées par plusieurs années, ne luy dureront rien, luy representant les deux septenaires de gloire spirituelle et corporelle qui suivront le grand Jubilé qui ne finira jamais.
Par les deux derniers projects que vous destinez, ce sera pepiner le monde de predicateurs qui fassent de mesme que vous ; et je m'oseray promettre (s'il plaist à Dieu que vous puissiez esclorre ces belles conceptions) une si acile et nombreuse reduction des desvoyez, soit en la doctrine, soit aux mœurs, que l'on sera contrainct d' advouër que l'on n'avoit encore point treuvé de semblable methode.
Et puis, vous appeliez tout cela de petites entreprises de courte haleine, de basse estoffe ! Et je persiste en tout ce que ma precedente vous representoit de la valeur de vostre livre, au dessus des grands et immenses volumes de plusieurs qui s'essayent de combattre l'heresie, dont l'obstination ne peut estre vaincuë que par la melioration des volontez, s'il faut user de ce terme : à quoy la reformation des mœurs sert directement.
Faictes donc, Monsieur, que ce vostre zele, qui est vrayement selon la science des Saincts, execute ce que vous me daignez communiquer. Pour mon symbole, je n'y peux contribuer que ceste tres instante requisition que je vous en fais, pour la gloire de Dieu et service de son Eglise.
…………………………………………………………………………
Mars 1609.
III
…………………………………………………………………..
Je ne desadvouë pas que je n'aye faict une grande feste de vostre Introduction en plusieurs bonnes compagnies ; mais ce n'est pas ma recommandation qui l'a mise en vogue : elle vole de ses propres aisles, elle est douce de son propre succre, elle est embellie et enrichie de ses propres couleurs et joyaux. Celuy qui a de bon vin, n'a point besoing d'enseigne……………………………….
Avril 1609.
C
LETTRE
DU P. JACQUES-PHILIBERT DE BONIVARD
DE LA COMPAGNIE DE JéSUS
Monseigneur,
(cf lettre 544). Nostre R. P. Provincial s'en retournant en France, layssa charge a nostre R, P. Recteur que l'on ne passast plus avant en l'affaire duquel je vous avois escrit, sans son expresse communication ; ce qui tirera l'execution en longueur, et non sans ma langueur, Spes enimquœ differtur affligit animam ; sed qui venit mittere ignem in terram, nec aliud vult nisi ut ardeat, eam reponit spem in sinu meo, ut quamvis me occiderit, sperem in eam; supliant en toute humilité Vostre Reverendissime Seigneurie d'aggreer recommander le tout a Nostre Seigneur, tant au famillier colloque du tres hault Sacrifice; comme en ses ferventes oraisons et sublimes elevations d'esprit a Dieu, afin que par sa toute puissante misericorde et paternelle providence, il ouvre les portes de salut a ceux qui s'amusent en 1'ombre de mort. Hic zelus comedit me, qui ut sit secundum scientiam et spiritum Jesu Christi, libentissime dirigar consiliis Apostolicis et sapienti potestate Superiorum.
Je me doubte bien que ce delay se procure pour ce que nos Superieurs m'ayant accordé a Gray pour le saint Advent et Caresme, ils ne voudroyent que l'on entamast besogne qui me tint engagé en ce temps la. Je vois bien qu'aux approches que nous en ferons, l'on ne pourroit estre si libre a s'entendre en la conference selon que la necessité le pourroit requerir. Sur quoy, attendant vostre saint advis, je pourray escrire a nostre Reverend Pere General , gardant la subordination de la pleyne puissance par laquelle il peut disposer de ses sujets ; veu mesme que si, suivant ce que nostre R.P. Recteur propose, il est de besoing que le R. P Provincial de Lyon y entrevienne et qu'en cela je deusse respondre a luy (selon que le pourrait exiger ce qui se passera), des le commencement l'on aye prouveu a telle suave disposition, que le cours d'une si bonne entreprise ne soit entrecoupé.
Et pour l'heureuse conduitte d'un si salutaire ouvrage, je suplieray Dieu, le Createur et Gouverneur de l'univers, Monseigneur, vous conserver en toutes prosperités et vous combler de ses dons celestes, pour les despartir heureusement a tout vostre troupeau, vous remettant les clefs de tout le bercail pour le rameiner au vray pasturage de vie.
De vostre Reverendissime Seigneurie,
Tres humble et indigne serviteur,
JAQUES PHRT BONIVARD.
De Besançon, le 24 septembre [1609].
Revu sur une ancienne copie inédite, conservée à la Visitation d'Annecy.
D
LETTRE DE Mlle FAVRE
(FRAGMENT)
(cf note 372). Je n'ay plus besoin de chercher le chemin de la vertu ; monsieur de Boisy , en vôtre absence, Monseigneur, me le montre si clairement, que je n'ay qu'à l'embrasser et affectionner. Contre la liberté que mon esprit ayme si fort, je travaille, selon mon premier desir, à me rendre obeyssante, et je ne puis être touchée lâchement en ce dessein, puis qu'il y a des couronnes eternelles jointes à une temporelle, qui est l'honneur d'être eternellement votre fille.
Monseigneur, je tacheray de me conserver [ce bonheur,] me soumettant entierement à vos volontez.
[Fin octobre-novembre 1609 ]
E
LETTRE DU PRéSIDENT FRéMYOT
Monseigneur,
(cf note 395). Ce papier devroit estre marqué de plus de larmes que de lettres, puis que ma fille, en laquelle, pour ce monde, j'avois mis la meilleure partie de ma consolation et du repos de ma miserable vieillesse, s'en va et me laisse pere sans enfans. Toutesfois, à vostre exemple, Monseigneur, qui sur le decez de Madame vostre mere avez pris une ferme et constante resolution sur la volonté de Dieu, je me resous et conforme à ce qui plaist à Dieu ; et puis qu'il veut avoir ma fille pour son service en ce monde, pour la rendre, par ce chemin, en sa gloire eternelle, je veux bien monstrer que j'ayme mieux son contentement avec le repos de sa conscience, que mes propres affections.
Elle s'en va donc consacrer à Dieu, mais c'est à la charge qu'elle n'oubliera pas son pere, qui l'a si cherement et tendrement ay mée. Elle emmeine deux gages, l'un desquels j'estime heureux, puis qu'il entre en vostre beniste famille ; l'autre, je voudrois bien qu'elle voulust nous le conserver. Pour son fils, j'en auray le soing qu'un bon Pere doit aux siens ; et tant que Dieu aura aggreable de me laisser en ceste vallée de pleurs et de miseres, je le feray instituer en tout honneur et vertu.
Je vous supplie tres-humblement, Monseigneur, de me continuer tous jours vos bonnes volontez, et croire que je ne desire rien plus, apres les graces et benedictions de ce bon Dieu que j'implore, et dont j'ay bien besoing, que d'estre conservé en vostre souvenance, et demeurer toute ma vie,
Monseigneur,
Vostre tres-humble et tres-affectionné serviteur,
FREMIOT.
Dijon, 29 mars 1610.
F
LETTRE DU CARDINAL JEAN GARSIA MILLINO
(En italien) (Inédit)
Rome 13 novembre 1610
II
LETTRE
DE SAINTE JEANNE-FRANçOISE DE CHANTAL
A MONSEIGNEUR JEAN-PIERRE CAMUS (note 197)
VIVE + JéSUS !
Mon très-honoré et très-cher Seigneur,
Vous avez laissé cette petite ville toute parfumée de la suavité de votre douce, dévote et débonnaire conversation, particulièrement Messeigneurs nos bons prélats, qui en parlent avec grand sentiment. Mais surtout nos pauvres Sœurs sont demeurées tellement consolées de l'entretien de la pure dilection, qu'elles regrettent avec moi de n'avoir su jouir plus souvent du bonheur de votre désirable présence.
Il est vrai, mon très-cher Seigneur, à vous parler dans la pure vérité, que j'étais intérieurement sollicitée du désir de vous parler d'un sujet que ces bonnes .âmes ne savent pas ; et bien que ma bassesse et la révérence que je porte à votre mérite et que je dois à votre dignité combattissent cette pensée, néanmoins c'était elle qui m'excitait à vous prier souvent de nous venir voir, et à me plaindre à votre bonté de ce que vous ne le faisiez pas. Or je croyais que par votre absence je serais défaite de cette secrète excitation, et néanmoins je m'en trouve plus pressée et si fort que je ne puis l'anéantir sans scrupule ; c'est pourquoi, mon très-cher Seigneur, me confiant en votre débonnaireté et humilité, et prosternée en esprit à vos pieds, je vous supplie et conjure, avec toute la révérence qui m'est possible, par la pure dilection que vous avez à notre divin Sauveur, et par l'amour que vous portait et que vous portez à notre Bienheureux Père, de vous déporter d'écrire contre les Religieux, et de prendre garde aussi de ne heurter personne, ni en général ni en particulier, pour chétive qu'elle soit, dans vos livres, ni d'y rien dire qui puisse émouvoir des contentions ou réfutations, car tout cela ne fait qu'engendrer beaucoup d'offenses contre notre bon Dieu, les Religieux qui répondent n'ayant pas assez de mortification pour le faire avec l'humilité et le respect qu'ils doivent à votre digne personne et à votre qualité.
Ce mépris que l'on donne des Religieux peut aussi grandement diminuer la piété des peuples, qui est fort soutenue et accrue par leurs bons exemples et doctrine, et de plus, mon très-cher Seigneur, les ennemis de la sainte Eglise se fortifient dans leurs erreurs, et font des trophées et des risées quand ils voient que ses propres enfants se dévorent l'un l'autre, et surtout quand les pères, qui sont Messeigneurs les prélats, découvrent les plaies de leurs enfants, avec confusion, et que les enfants ne le souffrent dans la soumission qu'ils doivent ; cela, dis-je, donne un grand scandale, ce qui ne peut apporter qu'un très- grand détriment à la très-sainte Epouse de Notre-Seigneur. Il vous a donné une âme et un esprit propres pour écrire de son divin amour, et enrichir l'Eglise d'infinité de traités de dévotion, pour le bien et avancement des âmes : c'est la sainte occupation que ceux qui vous honorent désirent maintenant à votre aimable loisir, afin que, par le moyen de cette pure dilection de notre divin Sauveur, dont votre chère âme est si parfaitement amoureuse, vous preniez garde dorénavant d'épargner dans vos écrits les Religieux.
Vous voyez qu'ils ne reçoivent pas avec profit vos avertissements, et qu'il y a grand risque, si cela n'est bientôt étouffé par votre bonté et charitable support, qu'il ne s'allume un feu qui éteigne celui de la sainte charité en plusieurs âmes, et ne cause de très-grands scandales en l'Eglise de Dieu, ainsi que plusieurs bien sensés appréhendent et prévoient qu'il arrivera infailliblement, si votre débonnaireté et votre zèle à la plus grande gloire de Dieu ne vous fait supporter sans revanche l'insolence d'une réponse que l'on dit avoir été faite à un de vos livres, laquelle, étant si extravagante et éloignée de la vérité et du respect qui vous est dû, ne peut porter coup contre l'estime que l'on a de votre véritable vertu.
Oubliez donc, mon très-cher Seigneur, cette offense, à l'imitation du divin Sauveur, qui en avait reçu de bien plus grandes de ceux pour qui il demanda pardon en les excusant, et vous souvenez aussi, mon bon Seigneur, de la modestie et douceur avec laquelle notre Bienheureux Père parle en la préface de l'Amour divin, de celui qui l'avait si insolemment bafoué en pleine chaire : il attribue cette faute à son zèle. Vous chérissez si tendrement l'esprit de ce Bienheureux, imitez-le, mon très-cher Seigneur, en sa patience à tout supporter, et en cette prudence charitable qui le tenait attentif à ne dire ni écrire jamais aucune chose qui pût tant soit peu blesser le général, ni les particuliers d'aucun Ordre, ni décrier personne du monde, pour vile et chétive qu'elle fût. L'on voit cette vérité dans ses écrits, où il oblige par témoignages d'honneur et d'estime tout le monde, et particulièrement les Ordres religieux; qu'il révérait et aimait, et disait que c'était l'une des plus saines parties de l'Eglise. Quand il en savait quelque défaut, il les couvrait tant qu'il pouvait, et s'employait soigneusement à les aider à réparer : je l'ai vu dans cette pratique seize années ; avec combien de charité, de travail et d'écrits il se conduisait ! les sensibles douleurs qu'il ressentait quand leurs défauts et ceux des ecclésiastiques venaient en évidence, parce que la mésestime de telles personnes diminue et affaiblit grandement la piété des peuples, qui est fort soutenue et conservée par leurs bons exemples.
Monseigneur mon très-cher frère, votre bonté me pardonnera-t-elle la confiance que je prends de lui dire ainsi simplement tout mon sentiment ? Certes, après la gloire de Dieu, j'ai été excitée par le véritable amour que je.vous dois et veux vous rendre toute ma vie, et prie Dieu de vous donner la sainte inspiration d'employer dorénavant ce talent qu'il vous a donné pour écrire de sa pure dilection, et par ce moyen enrichir la sainte Eglise de plusieurs traités utiles à ses enfants. Permettez-moi, Monseigneur, de vous supplier de me donner quelques petits témoignages que vous n'aurez point désagréé ma simplicité et confiance en votre bonté, car mon cœur aurait une bonne touche s'il pensait avoir fait quelque chose qui vous déplût, ayant tant de désirs de se voir continuer l'honneur de votre précieuse amitié……. ...
[Annecy, 1632.]
D'après l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
GLOSSAIRE
DES LOCUTIONS ET DES MOTS SURANNéS
OU PRIS DANS UNE' ACCEPTION INUSITéE AUJOURD'HUI
(L'astérisque désigne les mots qui ont paru dans le Glossaire des tomes précédents.)
*A - pour avec, contre, de, en, en signe de, envers, à l'égard de, par, pour.
AAGE - pour vie, temps
ABBATU - pour anéanti
ABHORRISSEMENT – horreur Cf. ital. ABORRIMENTO.
* ACCOISER .- apaiser, rendre coi, calme. Cf. le lat. ACQUIESCERE.
ACCOISER (s') - s'apaiser, se tranquilliser.
ACCOMMODEMENT- de l'ital.ACCOMODAMENTO, aménagement
* ACCOMMODER - pour finir de préparer, pourvoir, ordonner
ACCOSTER –pour côtoyer.
A CE - pour ce
ACOLANT - entourant le cou
* ACTION - pour cérémonie
* ADDRESSER - pour diriger
* ADMIRABLE - pour singulier, étrange
* ADMIRER- pour trouver étonnant, s'étonner
* ADVENTURE, AVENTURE (a l') - pour peut-être
ADVISER (s') - pour s'apercevoir
* ADVOUé - pour reconnu, approuvé
AETERNITé, ETERNITé (a l') -éternelle, éternellemmt
*AFFECTER - pour rechercher
AFFECTION - pour désir, ardeur
* AFFECTIONNEMENT - avec affection
*AFFIGé - fixé, attaché, suspendu
*AGEANCEMENT - pour arrangement, disposition
AGGRANDIR - pour faire croître, donner une part plus large, élever en dignité
"AGILITé (d'esprit) – pour promptitude d'esprit
"AINS - mais, mais plutôt, mais encore, et aussi.
AINSY COMME - comme
AIR- pour vol
*ALANGUISSEMENT - langueur
ALENTOUR- pour autour v. p. .178).
ALlENé - du lat. ALIENUS, éloigné, détaché
*AMENE - du lat' AMŒNUS, d'un aspect agréable, riant
*A MESME - à mesure, à l'instant même
*AMIABLE - qui a lieu par voie de conciliation, doux, gracieux, aimable, amical
. AMIABLEMENT - aimablement, gracieusement
AMOINDRIR - pour devenir moindre, diminuer
*APPARENT- pour marquant Cf. le lat. APPARENS.
*APPERT (il) - il paraît évident
APPLICATIONS - pour remèdes appliqués
*APPOINTEMENT - pour arbitrage dans les différends
*APPREHENSION -sentiment, idée vive
APPRESTER- pour prêter
*APPRIVOYSER - pour accoutumer
*ARDRE - du lat. ARDERE, brûler
ARGUMENT - pour raison, motif
" ARRAYSONNER - chercher à persuader, chapitrer
" ARRESTER - pour rester, demeurer, se fixer, tarder
ARRESTER (s') - pour demeurer, rester
ASPRE - pour dur, désagréable au goût
* ASSEURé (estre) - pour être en assurance, en sécurité
ASSEURé (pour) - pour sûr, assurément
* ASSEURER (s') - pour être sûr, s'affèrmir, se fortifier
ASSOUVI - contenté, satisfait
*ATANT - là-dessus, sur ce
*ATTENDRE A (s') - pour compter sur
ATTENDRIR. A - pour amollir jusqu'à
AU – pour à.
*AUCUNEMENT - pour quelque peu, en quelque façon, d'une manière quelconque
AUX pour dans les, chez les
*AVANCER - pour faire avancer, mettre en avant
AVANCER SUR (s') - empiéter
AVANTAGE (a l') - d'avance, par avance
AVIDEMENT - pour avec empressement
*AYSE - pour consolation, plaisir, contentement
*BAILLER – donner
*BANDé - pour attentif, appliqué, tendu
BASILISQUE - du lat. BASILISCUM, basilic
*BENEFICE - pour bienfait
BIEN - pour plaisir, bonheur
BIENS - pour bonnes œuvres, bien
* BIGEARRE – bizarre
* BONNEMENT - facilement
BORDON - bourdon de Pèlerin (
* BOUT DE LA (au) -après tout, après cela
* BRAVE - pour joli
* BRIGADE- de l'ital. BRIGATA, compagnie, assemblée
* BROUILLERIES -, difficultés, petites disputes intestines
* çA BAS - ici-bas
* CARESME PRENANT - les trois jours qui précèdent le mercredi des Cendres
* CARESSER -pour faire des démonstrations vives d'amitié, faire bon accueil
CARESSES - pour démonstrations d'amitié.
* CARMELINE - Carmélite.
* CE - ceci, cela.
* CEANS - ici.
* CELEBRER - pour dire la Messe
* CE PENDANT, CEPENDANT - pour pendant ce temps, en attendant
CETTE LA – celle-là.
* CETTUYCI - celui-ci
* CHALOIR - importer
CHAMBRIERE- servante.
* CHAMS (aux, des) - pour à la campagne, en voyage, de la campagne
CHEFZ -pour points principaux
* CHEVIR - venir à
* CHOPPEMENT - faux pas
CIVIL - qui appartient à la sociabilité
* CLAIR-pour clairement
CLAIREMENT - pour avec clairvoyance
* CLAUSURE - du lat. CLAUSURA, clôture
* COGITATION – du lat.COGITATIO, pensée
COIFFé _ pour apprêté.
* COLLOQUER-, du lat. COLLOCARE, placer, mettre
*COMME- pour comment, par quels moyens
COMMIS - pour délégué Cf; l'ital. COMMESSO.
COMMUNE - pour publique
COMMUNION - pour participation commune
COMPETER - du lat. COMPETERE, appartenir en vertu de certains droits
COMPOSITION - pour manière d'être, maintien
CONDITIONNé - pourvu des qualités requises
CONFONDRE (se)-pour s'humilier
CONGREGEES - du lat. CONGREGATAE , réunies, assemblées
CONJOINT - uni
* CONJURé - pour juré
CONSIDERER - pour réfléchir
* CONTE - pour compte.
CONTé - pour comté
CONTEMPLATION (a ma, a vostre) - à ma considération, à votre considération.
* CONTEMPLATION (en) - en vue, en considération
CONTEMPTIBLE - du lat. CONTEMPTIBILlS, méprisable
* CONTENTION - du lat. CONTENTIO, dispute
* CONTESTE - pour combat, débat, discussion
CONTINUER - pour
* CONTREGARDER(se) - se tenir sur ses gardes
CONTREROLLEMENT - critique
CONTRESCHANGER EN - remplacer par
* CONVERSATION -pour commerce, rapports, société
CORDIAL - pour du cœur
* COUCHER -pour se coucher
COULPE - du lat. CULPA, faute, culpabilité
* COURAGE - pour cœur, bonne volonté, esprit
COY - pour ferme, assuré
* CREANCE - pour Credo, croyance, confiance
CREDIT - de l'ital. CREDITO, autorisation, faveur
* CURIOSITé - pour recherche curieuse, inquiète' Du lat. CURIOSITAS.
* CUYDER - du lat. COGITARE, croire, penser
DAMOYSELLE (voir MADAMOYSELLE) - appellation usitée jadis à l'égard de toute femme mariée qui n'était pas noble, out qui, étant noble, n'était pas titrée
* DE - pour une partie de, un certain nombre de
DEBILITé- pour amoindri
*DEçA (de) - ici, d'ici, de ce côté-ci, de ce pays
* DEDANS - dans
* DEDIé - pour voué au service de quelqu'un.
* DEDIER - pour dévouer, consacrer
* DEDUIRE - exposer en détail du lat. DEDUCERE.
DEFAILLY - manqué (v. p. 83).
* DEFAUT - pour déficit
DEGOUSTANT - pour décourageant
* DEGOUSTEMENT- dégoût
* DELA (de) - de là, de là-bas, là-bas, près de vous
* DELIBERER (se)-se proposer
DEMARCHER - s'écarter
DEMESLé - pour débarrassé
* DEMEURANT (le) - le reste du
temps (v. Pt 330).
DEMISSION - désir d'abaissement du lat. DEMISSIO.
* DEPART - pour sortie.
* DEPESCHE - pour Pièce expédiée
* DEPORTEMENT - manière de se comporter
* DERELICTION - du lat. DERELICTIO, délaissement, désolation
* DES - pour depuis
DESDUIT - divertissement
* DESENGAGER (se) - s'affranchir
DESFAIRE - pour détruire, renverser
DESHONNESTE - pour peu séant
DES ICY - d'ici, de ce lieu
DESPECHé - pour pourvu de messages
* DESPITEUX - pour susceptible, porté à la rancune
* DESPLAYSANT- fâché
DESPRIS - délivré, dégagé
* DES QUE - pour depuis que
DES QUELQUE TEMS. EN çA depuis quelque temps Cf. l'ital. DA QUALCHE TEMPO IN QUA.
DESREGLé - pour injurieux
* DESSEIGNER- projeter
* DESSOUS – pour sous
* DESSUS - pour sur
DETRAQUé - détourné
DETREMPER EN - pénétrer de
* DEVANT - pour avant, auparavant
DEVANT QUE - pour avant de
DEVOT- pour serviteur dévoué
DE VRAY - vraiment, en vérité
* DEXTRE - droite Du lat. DEXTER.
DIGESTION - pour examen lent et profond
* DILATION du lat. DlLATIO. Action de différer, ajournement
DISCOLE - d'humeur difjicile, revêche Du grec DUSCOLOS.
DISCOURS - pour récit, raison .
* DISJOINT - du lat. DlSJUNCTUS, séparé
DISPUTER - pour argumenter, discuter
DISTRAIT – pour empêché, empêtré, dérangé par
* DIVERTIR-pour détourner, distraire, écarter, prévenir, tourner
* DONT ,-. pour ce dont, de quoi
* DORES-EN-A VANT, D'ORES EN AVANT - dorénavant.
* DRESSé, DRESSER - pour dédié, consacré, dirigé, réglé, diriger, régler
* DRU- fréquemment
* DU TOUT - pour tout à fait, complètement
EAGE - âge
EFFORTZ-.pour austérités, rigueurs
* EMBARASSEMENT, EMBARRASSEMENT- embarras
* EMMI - au milieu de, dans, parmi
* EMPLOYTE - emploi
EN - pour par, de, au
* EN çA - ancien terme de palais pour jusqu'à présent, jusqu'ici Cf. l'ital. lN QUA.
* ENCOMBRIER - encombre, empêchement.
ENFANCES - pour enfantillages
* EN LIEU - pour en échange, au lieu
ENNUY - pour peine, tristesse
* ENSEMBLEMENT - ensemble
ENTENDRE A (s') - pour prendre goût à
* ENTRE CI - entre le moment priésent, le jour présent .
ENTRECOMMUNIQUER (s') – se communiquer réciproquement
ENTREDEUX(d')- d'intervalle
* ENTREFICHER-embarrasser,serrer fortement
* ENTREPORTER (s') - se porter, se soutenir mutuellement
ENTRESOULAGER (s') – se soulager mutuellement
* ENTRETENEMENT - entretien
* ENTRETENIR (s') - pour se tenir mutuellement
* ENTREVENIR. intervenir, se mêler
* ENVERS pour auprès de
ENVOYER - pour mander
* ESCHEOIT (s'il y) - s'il est nécessaire, s'il y a lieu
ESCRIMER- pour s'escrimer, lutter avec persistance
* ESJOUIR (s') - se réjouir
* ESLANCEMENT- pour élan
ESLANCER – jeter, lancer
ESLECTIONS - pour vues personnelles
* ESLEVEMENT -enflure, exaltation orgueilleuse
* ESMERVEILLABLE - qui émerveille, ravit .
* ESMOUVOIR - pour exciter, déterminer
ESPRIT - pour état d'âme
* ESTABLIR - du lat. STABILIRE, . rendre stable, affermir
ESTONNé - pour saisi, frappé
" ET SI - pour aussi, cependant, et, encore, pourtant.
EVACUER (s') - pour se dissiper
* EVENEMENT - pour issue
EXACTION - action d'exiger ce qu'un autre doit ou a promis
EXPRIMé - pour représenté
EXTRAIRE - pour tirer
EXTRAVAGANCE -pour chose extraordinaire
EXTREME - pour excessif, extraordinaire
FAIRE - pour constituer, nommer
FAIRE PART - pour donner part
FASCHEUX - pour pénible
* FAUTE (à) - à défaut
* FEINTISE - feinte, dissimulation
* FIANCE - confiance
FLOüET --fluet, faible, léger
* FONDRE - pour jeter, se perdre du lat. FUNDERE.
* FORCE (a) – avec force, avec impétuosité
* FORCENERIE - acte de forcené, acte violent
* FORCLORRE-empêcher, exclure, mettre dehors
* FORME - pour formule
FORME (a la) - à la manière
* FORMé – qui a reçu sa constitution définitive
FORT (de plus) - plus fortement
FORTlFICATlON- pour affermissement
* FORTUNE (par) – par hasard
* GARDER - pour prendre garde
* GASTé - pour détruit, blessé, meurtri
GLOIRE, GLOYRE - pour vanité, plaisir
* GOUVERNER - pour entretenir, prendre soin de, diriger
GRACE (de vostre) - volontiers de votre part
* GRAND CAS (c'est) - c'est une chose surprenante
GRATIFIé - pour satisfait, agréé
GRIEF - pour pesant, à charge du bas-lat. GREVEM.
HABILE - pour intelligent et instruit
* HASTIVEMENT - promptement, à la hâte
HAZARD (estre au) - exposé à toute aventure, à tout péril
HISTOIRE - pour relation
HOIRdu lat_ HERES, héritier
* HONNESTE pour raisonnable
* HUMEUR - pour caractère, tempérament
HUMEURS- goûts, tendances, mœurs
* HUY-aujourd'hui
IL N'EST - pour ce n'est
* IMBECILLE - du lat. IMBEClLLlS, faible
* IMBECILLlTé - du lat IMBECILLITAS, incapacité, faiblesse
* IMPERTINENT - hors de propos, offensant, Négatif de pertinent (lat PERTINENS, à propos.)
IMPORTANCE (l') - pour l'important
INCESSABLE - du lat. INCESSABILlS, incessant
INCREDIBLE - du 1at. INCREDIBILIS, incroyable
* INDIGESTE - pour non digéré
INTERMIS - interrompu du lat. INTERMITTERE.
* IRE -du lat. IRA, colère
JA - certes, déjà
* JOIGNANT (tout) - tout près de
JOINTE - pour atteinte
JOLIMENT - pour doucement, de bon cœur
JOüIR (piece a) - dont on aura la jouissance, les revenus.
* JOURDHUY (ce) - aujourd'hui
LAIRRIES - ancienne forme de laisseriez.
* LANTERNERIE - petite difficulté
* L'AUTREFOIS - pour de nouveau, une autre fois
* LEGAT - du lat. LEGATUM, legs
LETARGIQUE, LETHARGIQUE - qui est en léthargie
* LHORS - pour alors
LIEU - pour auteur
* LOCUSTE - du lat. LOCUSTA, sauterelle
* MADAMOYSELLE (voir DAMOYSELLE) -
MAIN (a toute) - sans ménagement
MALLEMENT - mal cf l'ital. MALAMENTE.
* MANQUEMENT - pour absence, privation, manque
MANTE - pèlerine
* MARRI, MARRY - fâché
MEMORIAL - pour memento
* MESHUY - désormais
* MESMEMENT - surtout
MINISTRER - du lat. MINISTRARE, servir
* MINUTER - projeter
MONDE - du lat. MUNDUS, pur (
MOULE - partie fondamentale et caractéristique du chaperon ou coiffure des dames en France, de I550
à 1625
* NAVIGER -naviguer.
* NEANTISE - néant.
* NET - pour pur
* NOURRIR-pour élever, entretenir, instruire
* NOURRITURE - pour entretien
* NUDITé - pour dépouillement
NüEMENT - simplement, ingénument
* OBEDIENCE - du lat. OBEDIENTIA, obéissance
ORATEUR - titre que prenaient autrefois les gens d'Eglise écrivant à des souverains
* OR SUS - parole d'encouragement. Cf. l'ital. ORSU.
PALUD - du lat. PALUS, lieu marécageux, étang.
* PAR AINSY - ainsi
* PAR APRES - ensuite, dans la suite.
PARCOURIR SUR - pour parcourir
* PAR DELA - là où vous êtes (
* PAR DEVERS - auprès de
* PARENTAGE - parenté, lien de parenté
PARFORCER (se) - s'efforcer le plus possible
PARROCHIALE - paroissiale Du 1at. PAROCHIA.
PARTICULIER - pour détail
* PARTIE - familier: femme à l'égard du mari
* PASSER - pour dénouer, défaire
PERDRE - du lat.PERDERE, gâter
* PERDURABLE - du lat. PERDURABILlS, éternel, qui dure toujours
PETIT (un) - pour un peu.
PIPPER A - exceller à Cf. Richelet et Furetière.
* PIQUAMMENT - d'une manière piquante
* PLAINDRE - pour se plaindre.
* PLAINT - pour plainte
* PLAYSE VOUS - qu'il vous plaise
* POIX - pour poids
* POLICE - règlement, sage organisation
POULET- pour billet d'amitié (
* POUR - pour quant à, par
* POUR CE QUE - parce que (
POUSSé -. pour fait parvenir, retentir
POUSSER DEHORS - pour produire, publier
PRAETENTION, PRETENTION pour but où tendent les désirs de quelqu'un
* PRESAGER - prédire, ,annoncer Du lat. PRAESAGIUM.
* PRESOMPTION - du lat. PRAESUMPTIO, supposition, espérance téméraire
PRESSE - pour demande pressante, insistante (
PRESSé - pour serré par la douleur
PRETENDUE - pour qui a donné son nom
* PRIS, PRIX (au) - en comparaison
PROPORTION (il n'y aurait point de) - il ne conviendrait pas
PROPOS - dessein, résolution, sujet
PROPOS (a) - pour convenable
* PROSPERER - pour faire prospérer
* PROU - beaucoup
* PROUVOIR - du lat. PROVIDERE, pourvoir
PROUVOYANCE (tirer apres sa) - entourer, suivre quelqu'un de sa protection
* PROVIDENCE - pour sagesse
* PUREMENT - pour franchement, sincèrement
* QUAND - pour quant
QUANT ET SOY - avec luy (
* QUE - pour comme, sans que, car, de, dont
* QUE C'EST QUE - qu'est-ce que
* QUE L'ORDINAIRE - pour qu'à l'ordinaire.
* QUI - pour ce qui.
QUIETE - du lat. QUIETUS, calme
RAMENTEVOIR EN - rappeler à, entretenir
RANGé - pour recueilli, discipliné
REBENIR - bénir de nouveau
* RECOMMANDATIONS – pour salutations, compliments
* RECOUVERT - pour découvert
* RECOY (a) - du lat. REQUIETUM, en repos
REDDRESSEMENT - action de corriger
* REDUCTION - pour conversion, retour cf lat. REDUCTIO, action de ramener
* REFORMATION - du lat. REFORMATIO, réforme
* REFRIGERE - du lat. REFRIGERIUM, rafraîchissement
* REGARD (pour ce, pour le) – sur ce point, en ce qui concerne, à cet effet, à ce sujet, à cet égard.
* REGARDER DE - tâcher de, avoir soin de
REJETTé - pour éconduit.
* RELIGION - pour Ordre religieux
REMEDIé - secouru, guéri
REMEMORER -. pour faire commémoration, célébrer le souvenir d'un évènement
REMIS –pour abandonné
REMISE -pour abandon
REMONSTRANCE - pour réclamation
RENDU- pour remis
RENFORCER - pour fortifier, augmenter les forces
REPAIRE - pour retraite
REPOSER SUR - pour confier à
* REPRAESENTER - pour présenter de nouveau
REPRISE - pour recommencement après une interruption
REQUERIR - demander avec insistance, prier, supplier
RESALUER- pour saluer
* RESOLU - répondu en donnant une solution, une décision
* RESOLUTION - du lat. RESOLUTIO, décision, solution
RESONNER - pour faire résonner
* RESOUDRE (se) - pour prendre un parti, une détermination
* RESOUVENIR - pour faire ressouvenir
* RESPECT - pour égards du lat. RESPECTUS.
RESPONDU - ce à quoi on a fait réponse
* RESSENTIMENT - pour peine, chagrin, impression
RESSENTIMENT (faire) – témoigner de la satisfaction, de la gratitude
RESSERRé - pour logé avec soin
RESVEILLé – pour excité
RETARDEMENT- retard
REUNIR (se) - pour s'unir
* REVA (s'en) - s'en retourne
REVENGER (se) - se venger
REVEUë – considération, contemplation générale
* REVOQUER - du lat. REVOCARE, rappeler, ramener
REVOQUER (se) - pour se réduire
* RIERE - dans cf. le Dict de Godefroy.
* ROMPRE - pour interrompre
SACRER - du lat. SACRARE, dédier, consacrer
SAYSI - pour paralysé
SCABRER (se) - s'effaroucher
* SEMONCE - pour invitation, sollicitation
* SEMONDRE - inviter, solliciter
SENTINELLE - pour poste, place
SEP (une) - un cep
* SI - pour cependant, pourtant, encore, mais, s'il
SI AY - locution affirmative
SI EST CE - il n'en est pas moins vrai
* SI EST CE QUE - il n'en est pas moins vrai que, néanmoins, toutefois
SIL - pour si cela.
* SI MOINS - sinon
SIMPLE - pour à vœux simples
* SI QUE - de sorte que
SI TRES - tellement
SI TRES FORT - si fort
SIX VINGTZ - cent vingt
* SOIGNER - pour pourvoir, veiller à quelque chose
* SOIN - pour souci
SOLEMNEL _ pour formel, ou du lat. SOLLENNIS, habituel
* SOUAIVEMENT, SOUEFVEMENT - - suavement.
SOUEFVE – suave
* SOUVENTES FOIS, SOUVENTES FO IS - maintes fois, souvent
SPEClEUX - subtil
SPECIOSITé - subtilité, habileté
SPECTACLE-pour modèle
STUDIEUX - du lat. STUDIOSUS, soigneux, dévoué
* SUCCEDER -du lat. SUCCEDERE, réussir
* SUCCES - de l'ital. SUCCESSO, issue
* SUFFISANCE - pour aisance, capacité, talent du lat. SUFFICENTIA.
* SUITE - pour conséquence pour l'avenir
* SUR - pour au sujet de.
SUR CELA - pour après cela
SURESSENTIEL; - plus que nécessaire
SURSOYER - surseoir
* TANDIS - pendant ce temps
* TANT - pour si for, tellement
TANT MIEUX - pour d'autant mieux
* TANT PLUS - d'autant plus
TANT SOUVENT - aussi souvent
* TARE - pour défaut.
* TENDRE - pour faible, impressionnable, délicat
TENDRESSE -pour sensibilité, impressionnabilité
* TENDRETé - du lat. TENERITAS, attendrissement, tendresse
TILTRE - pour prétexte, raison apparente
TIRER - pour importuner, distraire
TORTISSE - tordue plusieurs fois du lat. pop. TORTICIUM, dérivé de torlum, supin de TORCERE.
cf. Dict de Hatzfeld et Darmesteter.
* TOST (si) - pour bientôt
TOUT AINSY QUE - pour comme
TOUT A L'HEURE - pour sur Ie champ
* TOUTES FOIS ET QUANTES - autant de fois, toutes les fois
TRAIN - pour maniièr ed'être et de vivre, allure, genre de vie
TRAIN (aller d'un) - pour avoir une manière d'être, une allure uniforme
TRAVAIL - pour fatigue, peine
TRAVAUX - pour souffrances, douleurs, . efforts pénibles
TRAVERS (au) –au milieu, à travers
* TRICHERIE - pour chose de peu d'importance, bagatelle, futilité, légèreté
TROP MIEUX - trop bien
TROP PLUS - extrêmement
* TROUBLEMENT - trouble
TRUAND - misérable
TUMBER EN - pour échoir à
TURCISME - mahométisme
VANTERIE - louange qu'on se donne à soi-même
VENANTE - qui vient, prochaine
VENANT A JOINDRE - venant à rencontrer (
VIENDRA AU JOINDRE (quand ce) - quand on en viendra à l'exécution
* VERS - pour chez, auprès de, avec
* VIANDE - pour mets, aliments, nourriture
.*VILETTE - petite ville
VIOLEMENT - profanation
* VISITATION - du lat. VISITATIO, visite
VISITER - pour éprouver
* VISTEMENT, VITEMENT – en hâte, vite.
* VITUPERE _ mépris
VŒU - pour dévouement
VOIREMENT, VOYREMENT vraiment, .à la vérité
VOüEE - pour consacrée, dont on a fait le vœu
VUIDE - pour vain
INDEX DES CORRESPONDANTS
ET DES PRINCIPALES NOTES BIOGRAPHIQUES ET HISTORIQUES
DE CE VOLUME (L4)
ABERGEMENTS (Différend pour la cure des). Voir CHAPITRE DE BELLEY L4………574, 587
ACADéMIE Florimontane L4…………………………………………………………………..60
AIGUEBELETTE Françoise-Melchionne du Four (dame de Chabod-Lescheraine et d')L4. . . . . .646
ALAMANNI Jean- Joseph, jésuite, Recteur de TurinL4 …………………………………….322
ALLEMAND Bénigne de Marchand de Citey (dame d')L4...........................…………………510, 513
ALLEMAND François du Nant de Russin (seigneur d')L4.......……………………………….510
ALLlANCES princièresL4....................... ……………………………………………………..318, 660
ALTERNATIVE (droit d') pour la collation des bénéfices.L4............................. ……………..417
AMéDéE VI de Savoie. Voir COMTE-VERT L4....……………………………………………460
AMEDéE IX (Bienheureux), duc de Savoie.L4 . . . …………………………….284, 358, 462,556
ANNE DE LORRAINE L4 ……………………………………………………….261
ARPEAUD ou ARPIAUD Claude Nicolas.L4........ ……………………………………………516
ARRIGONI Pompée, Cardinal. .L4 . . . . . . . . . . . . . . ……………………………………………37
AVULLY Antoine de Saint-Michel (seigneur d') L4…………………………………………561, 562
AVULLY Florise de Boyvin (dame d').L4.......………………………………………………….631
AVULLY Renée de Saint-Michel d'. L4. . . . . . . . . .. …………………………………………..362
BALLON Charles-Emmanuel Perrucard de. L4. . . . . ………………………………………….170
BAREUIL Marie de Rabutin? (dame de)..L4...... ……………………………………………….130
BATHE ou BATH Guillaume, Jésuite.L4 . . . . . . . . . . ………………………………………… 323
BAY Jacques de..L4........................ …………………………………………………...574, 583, 640
BEAUNE (hôpital de)..L4..................... …………………………………………………………100
BELLEY (Affaire du doyenné de)..L4 . . . . . . . . . . . . …………………………………………..574
BELLOT Antoine.L4.......................... ……………………………………………………………254
BERTHELOT Robert (Carme), Suffragant de Lyon et Evêque de Damas..L4.........…………….624
BERULLE Pierre, Cardinal de. L4. . . . .. . . . . . . . . . ………………………………………….59, 301
BLONAY Aimée de (Marie-Aimée, Religieuse de la Visitation).L4....................137, 140, 375, 665
BLONAY Claude de..L4...................... ……………………………………………..375, 667, 668
BLONAY Gabriel de (Assassinat de)..L4......... …………………………………………………598
BLONDEAU (M.).L4......................... ……………………………………………………………89
BOISY Françoise de Sionnaz (dame de). L4. . . . . . . …………………………………………...556
BONIER Laurent..L4.......................……………………………………………………………...377
BONIVARD Jacques Philibert (de). Jésuite..L4... ………………………………………..269,
I C
BONS (abbaye de) ..L4........................ ………………………………………………………….105
BOUCARD Claude.L4.......................... ………………………………………………………….47
BOUCHERAT Nicolas, Général de l'Ordre de Cîteaux.L4............................…………………..103
BOUDET Michel, Prieur de Pommier.L4. . . . . . . . . ……………………………………..278, 546
BOURG (Couvent de Saint-François à).L4. . . . . . . . …………………………………………..459
BOURGEOIS Guillaume, baron d'Origny.L4. . . . .. ……………………………………………182
BOURGEOIS Rose, Abbesse du Puits-d'Orbe.L4 . . ………579, 476, 497, 522, 526, 527, 569, 579
BOUVARD (MM.) .L4..................……………………………………………………………….387
BOUVARD Michel.L4......................... …………………………………………………………537
BRéCHARD Jean de.L4....................... ………………………………………………………….221
BRECHARD Jeanne-Charlotte (de), Religieuse de la Visitation..L4.......................…. 116, 230, 531
BRESA Pierre..L4........................... ……………………………………………………………...418
BRETAGNE Claude L4..…………………………………………………………………………139
BRETON François (le); Prévôt de Notre-Dame-du Châtel d'Autun..L4...................... …………….94
BRULART Denis..L4......................... …………………………………………………………….200
BRULART (filles de la Présidente)..L4. . . . . . . . . . . …………………………………………….190
BRULART Françoise.L4....................…………………………………………………………….425
BRULART Madeleine (Madeleine de Saint-Joseph, Carmélite).L4..........................……….190, 196
BRULART Marie Bourgeois (dame). L4. . . . …………………………462, 516, 518, 520, 535, 588
BUCCIO Philippe. Voir SAINTE-MAISON.L4. . . . . . . …………………………………………603
CALCAGNI RochL4 ..........…………………………………………………….465, 603
CAMUS Jean-Pierre , Evêque de Belley. L4. . . .. ……………………………………….197, II
CARDINAL (un)..L4.......................……………………………………………………………….463
CEVA Alexandre, Religieux de l'Ordre des Camaldules. L4. . . . . . . . . . . . . . . ………………….419
CEYZéRIEU (Compétitions pour le doyenné de) L4……………………………………………..576
CHAMBRE Louise de Seyssel (la), Religieuse de Baume. L4. . . . . . . . . . . . . . . ………………..122
CHANTAL Celse-Bénigne de Rabutin. L4. . . . . . . . . . …………………………………………..620
CHANTAL Charlotte de Rabutin.L4 . . . . . . . . . . . . ………………………………………………399
CHANTAL Jeanne-Françoise Frémyot (Sainte), baronne deL4…………117, 180, 395, 451, 452,
461, 464, 475, 480, 484, 487, 492, 495, 496, 500, 501, 502, 503, 504, 505, 506, 507, 509,
515, 533, 536, 540,552, 555, 557, 560, 561, 563, 566, 572, 576, 581, 582, 592, 596,601
CHANTAL (Mère de).L4......602, 606, 608, 611, 616, 617, 623, 631, 633, 636, 638, 642, 648, 650, II
CHANTAL Marie-Aimée de Rabutin. L4. . . . . . . . . ………………………………….492, 496, 515
CHAPITRE DE BELLEY (Différend avec le). Voir ABERGEMENTS..L4....................574, 575, 587
CHAPITRE DE SAINT-PIERRE DE GENèVE et la cure de Seyssel. Voir SEYSSEL L4.. . .32, 232
CHAPOT ou CHAPPOT Jeanne-Françoise ? (de) Voir Cusy et VISITATION..L4.........335, 440, 472
CHAPPUlS Eustache..L4...................... …………………………………………………………..446
CHARLES - EMMANUEL 1er, duc de Savoie. L4. . . . …………………….473, 530, 548, 567, 604
CHARMOISY Claude Vidomne de Chaumont (seigneur de)..L4..............……………………….539
CHARMOISY Louise du Chastel (dame de)..L4 . …………………………………………..455, 473
CHASTEL Claudine de (Claude-Cécile, Religieuse de la Visitation) L4……………………27, 36
CHAUVIREY Jacqueline de..L4................. ……………………………………………………...518
CHéRUBIN DE MAURIENNE, Capucin. Voir MéDARD L4…………………………………..52
CHEVRON-VILLETTE Amédée (de)? Voir VILLETTE …L4………………………………….466
CHEVRON-VILLETTE Bernard (de). Voir DéRéE..L4. ………………………………………..62
CHIRURGIENS d'Annecy et CHIRURGIENS espagnols. Voir MéDECINS..L4..................210, 363
CHOUDENS François et Gaspard..L4............. …………………………………………………..309
CLEMENT (Mlle)..L4........................ ……………………………..…………………………….98
COLLèGE CHAPPUISIEN..L4..................…………………………………………………….446
COLLèGE DE SAVOIE A LOUVAIN .L4 . . . . . . . . . . . . . . ………………………………….446
COMES Jean, Augustin...L4 .. ... ...……………………………………………………………31
COMTE-VERT de Savoie. Voir AMéDéE VI .L4... . ……………………………………….459, 460
CONFLANS Antoine de Boëge (seigneur de). L4. . . . ………………………………………….644
CONGRéGATION DES CONVERTIS…L4……………………………………………………421
CONGRéGATION DU SAINT-OFFICE. L4. . . . . . . . . . . ……………………………………39,
I A
CONSEIL DE GENEVOIS :.L4...........………………………………………………………….468
CONSTANTIN André ..L4..........………………………………………………………………..244
CORNEILLE Jean...L4........................………………………………………………………….131
CORNILLON Eglantine de Moreau (dame de). .L4 . . …………………………………………367
CORNILLON Gasparde de Sales (dame de). L4. . . . ………………..216, 533, 537, 569, 576, 629
CORNILLON Melchior (de), seigneur de Meyrens…L4………………………………….216, 590
CORNILLON Raymond-Charles de. L4. . . . . . . . . .. . ……………………………………216, 591
COSTE Jacqueline (Anne-Jacqueline, première tourière de la Visitation)..L4..…………… 79, 367
CRANS Nicolas de..L4....................... …………………………………………………………..268
CRANS Pierre de.L4......................……………………………………………………………...267
CURéS DU BUGEY..L4....................... …………………………………………………………..15
CUSY Amé de Pingon.L4...................……………………………………………………………442
CUSY Charlotte de Vautravers (baronne de). Voir CHAPOT et
VISITATION.L4.…………….335, 438, 452, 476, 482
CUSY Jean-Bérold de Pingon (baron de). Voir CHAPOT et
VlSITATION…L4…………………335, 440, 476, 482
DAVID Jeanne de Requeleyne ? (dame)..L4 . . . . . …………………………………………….332
DéRéE Bernard de Chevron- Villette {seigneur de). Voir CHEVRON-VILLETTE…L4……61
DEREE Charlotte-Emmanuelle de Chabod (dame de)…L4……………………………….61, 404
DESTINATAIRES INCONNUES L4………………………………………………354, 414
DESTINATAIRES INCONNUS L4 ………………………………………………150, 360
DOMINICAINS d'Annecy..L4 ……………………………………………………64
DUBOULOZ Pierre, Dominicain. L4. . . . . . . . . ………………………………………………..63
DUMAY ou DUMAY Pierre-Antoine …L4…………………………………………………….212
DUNANT ou DUNANT Claude-Bernardin.. L4. . . ……………………………………………447
DUNANT Etienne, curé de Gex L4 ……………………………………………………85
DUPONT ou DU PONT Jean L4 …………………………………………………..606
ECCLESIASTIQUES de Bugey, Valromey et Gex L4………………………………………….81
EFFRANS ou DES FRANCS Bénigne de Neufchèzes (baron d').L4........................... ………240
EMMANUEL-PHILIBERT DE SAVOIE..L4 . . . . . . . . . . . . ………………..………………558
ESCRILLES ou DES CRILLES Marie de Mouxy, dame d' (Marie-Madeleine,
Religieuse de la Visitation) L4………………….333
ESPARRON Charles d'Arcussia (seigneur d')..L4.. …………………………………………..626
ESTOUTEVILLE ou DE TOUTEVILLE Marguerite d'Orléans (princesse d'). L4. .. . . . . . . . 320
FAVlER Pierre du Noyer de.Lescheraine..L4..... ……………………………………………..588
FAVRE Antoine..L4...………………………………488, 494, 602, 634, 547, 622, 628, 644, 647
FAVRE Jacqueline (Marie-Jacqueline, Religieuse de la Visitation)..L4..........…………372,
I D
FAVRE Michel, Aumônier de saint François de Sales L4…………………………………….565
FAVRE Philiberte. Martin de la Perouse (dame) L4……………………………………………610
FAVRE René, seigneur de la Valbonne..L4. ..... ………… ……………………………..288, 535
FENOUILLET Pierre, Evêque de Montpellier. L4. .……………12, 390, 493, 540, 456, 523, 525
FLECHERE Claude-François de la.. L4. . . . . . . . . . . ……………………………………….69
FLéCHèRE Françoise-Innocente-Madeleine (de la), Religieuse de la Visitation..L4 .. . . . . . 70
FLECHERE Madeleine de la Forest (dame de la) L4……5, 72, 155, 191, 350, 353, 410, 435, 553
………448, 455, 458, 467, 469, 470, 485, 488, 513, 516, 528, 532, 545, 550, 622, 630
FLECHERE Madeleine de Saint-Michel d'Avully (dame de la)..L4………………………….560
FONTAINE Jean-Baptiste ? de L4 …………………………………………………….23
FOREST Jeanne-Bonaventure (de la), Religieuse de Bons L4.........…………10, 295, 613, 688 bis
FOUG Jeanne du Maney (dame du)..L4........ …………………………………………………608
FOUILLOUX Jacques du..L4................... ……………………………………………………..625
FRANçOIS DE CHAMBERY, Capucin. L4. . . . . . . . . . . …………………...…….412, 592, 618
FRANçOIS (Père), Capucin. L4. . . . . . . . . . . . . . . . . …………………………………………412
FREMYOT Bénigne..L4.........………………………………………………………..........478,
I E
GALLO Antoine-Marie, Cardinal. L4. . . . . . . . . . . . . ………………………………………...415
GALLOIS Louise (Louise de Jésus, Prieure du Carmel de Dijon) L4…………………………..51
GARD Antoine et Jean-Baptiste. L4. . . . . . . . . . . ……………………………………………..628
GENèVE (Alarmes et représailles de). L4. . . .. .. . . ………………………………………235, 276
GENèVE (Anciennes ordonnances de la cité de). L4. ………………………………………..327
GENèVE (Passage de saint François de Sales à travers)..L4.......................…………………..281
GENèVE au XVIIe siècle (Pouvoirs législatif et exécutif de).L4..........………………………272
GENèVE (Projet d'une conférence avec les ministres de).L4.....……………………….254, 330
GEX (Le culte catholique partiellement rétabli dans le pays de).L4.....................………280, 325
GILLETTE Pierre .L4........……………………………………………………………………..46
GIVRY Aime de Pérusse d'Escars ou des Cars (Cardinal de)..L4........................ ……………..92
GONTHIER (membres de la famille)..L4......... ………………………………………………577
GRANIER Denis (Auger de Mauléon) de.L4 . . . . . .. ………………………………………..548
GRIBALDI Vespasien, ancien Archevêque de Vienne. L4. . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . .597
GROISY Bernard de Sales (seigneur de). Voir SALEs et THORENS. L4...................…..174, 176
GUERRES du duc de Savoie.L4..............…………………………………………………604, 660
HAYES Antoine des L4 ………………….30, 539, 658, 449, 450, 542, 558, 579, 597bis,649
HAYES Marie Chapelle (dame des) .L4 . . . . . . . . . ………………………………………….264
HENRI IV.L4............................……………………………………………………………15, 549
HBNRI IV (son dessein d'attirer saint François de Sales à Paris)..L4........................ ……..19, 480
HOSTIES de Favernay et de Dole (saintes). L4. . . …………………………………………….342
JAQUOT ou DE JAQUOT Françoise.L4. . . . . . . . . . . ……………………………………….195
JAQUOT ou DE JAQUOT Madeleine Bourgeois (dame de). Voir POUGNY L4……………..190
JOLY Guy. VoirVALLON L4…………………………………………………………………..571
LAMBERTOD Yves..L4.....................………………………………………………………….84
MAGDELAINE DE RAGNY Anne (de la), Abbesse de Saint-Jean-Ie-Grand.
Voir SAINT-JEAN. L4. . …………………………………………………….400
MAGISTRATS et ECHEVINS de Salins. Voir SALINS…L4………………………303, 369, 370
MAIGNELAIS Charlotte-Marguerite de Gondi (marquisede).L4.......…………………………265
MAILLARD Jéronyme (de), ancienne Abbesse de Sainte-Catherine.L4........………………...101
MANGIER Jean, curé de Bons. L4. . . . . . . . . . . ………………………………………………..48
MéDARD (chanoine). Voir CHéRUBIN DE MAURIENNE L4………………………………..52
MéDECINS d'Annecy. Voir CHIRURGIENS...L4.... …………………………………………210
MICHAELIS Ludovic, jésuite, Provincial de Lyon …L4………………………………………275
MIEUDRY Gasparde de Cerisier (dame de). . . . . …………………………………………...114
MILLETOT Marie-Marguerite, Religieuse de la Visitation..L4............ ………………………..424
MILLIEU (Muilet) Antoine, Jésuite. . L4.. . . . . . . .. ……………………………………………..97
MILLINO Jean Garsia ,Cardinal. L4. . . . . . . . . . . ………………………………………………I F
MINIMES de Dijon..L4.....................……………………………………………………………428
MIRIBEL Françoise Portier (dame de)..L4....... …………………………………………………159
MONCHY (Père de);...L4..................... …………………………………………………………...44
MONTCROISSANT Alexandre de. .L4 . . . . . . . . . . . . . ……………………………………….420
MONTFALCON Anne de...L4.................. ………………………………………………………517
MONTHOUZ Marius de..L4..................... ………………………………………………………467
MOYRON François et Jean Paquellet de.. L4. . . . . ……………………………………………..192
NEMOURS Henri de Savoie (duc de Genevois et de)..L4........................……………543, 575, 615
NEUFCHEZES Jacques (de), Evêque de Chalon-sur-Saône..L4 .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 240, 299
NOUVELLET Claude-Etienne. .L4 . . . ... . . . . . . . . . ………………………………………….379
OFFREDO ou OFFREDI (Marcofredo) Marc. .L4 . . . . ……………………………………….310
ORATOIRE (Congrégation de l').. L4. . . . . . . . . . . ……………………………………………301
PERROCHEL Charles et Guillaume. L4. . . . . . . . . . …………………………………………..259
PIOTON Jean ou François ? …L4………………………………………………………………..585
POLLIENS Nicolas, Jésuite L4 ………………………………………………470, 482
POMMIER (chartreuse de) L4 ……………………………………………………278
POSSEVIN Antoine, Jésuite..L4 ……………………………………………………321
PUITS-D'ORBE (Transfert de la Communauté à Chatîllon-sur-Seine)..L4...............……………580
PULIGNY Madeleine Bourgeois (dame de). Voir JAQUOT. L4...........................……………….234
QUOEX Amédée (de), Prieur de Talloires. . L4. . . . …………………………………………….557
QUOEX Claude-Louis-Nicolas (de), Prieur de Talloires..L4.............. …………………………..245
QUOEX.Philippe de.L4....................……………………………………………………………..610
RACONIS (famille de)..L4.................... …………………………………………………………134
RAMUS Georges ?.L4....................... ……………………………………………………………444
RANZO Jean-François..L4................... ……………………………………………….457, 597, 621
RlGAUD Pierre..L4......................………………………………………………………………...623
RINCK ou REINCK DE BALDEINSTEIN Guillaume, Evêque de Bâle L4…………………….314
ROCHE Jean Joly (seigneur de la)..L4.......... …………………………………………………….632
ROCHETTE Claudine (de), Religieuse de l'abbaye de sainte-Catherine.L4..................………….138
ROCHETTE Péronne (de), Religieuse de l'abbaye de sainte-Catherine.L4..................…………...136
ROGET Claudine (Claude-Françoise, Religieuse de la Visitation). L4.....................……………..505
ROLLAND Jean-Antoine …L4……………………………………………………………………445
ROSAIRE (St François de Sales et la Confrérie du) …L4…………………………………………99
ROSSET Anne (Anne-Marie, Religieuse de la Visitation). Voir SAINT-CLAUDE. L4…………343
ROUSSILLON Guy de Chaugy (comte de). .L4.. .. ……………………………………………….58
RYE DE LONGWY Ferdinand (de), Archevêque de Besançon..L4.........................……….370, 371
SAINT-CLAUDE (Pèlerinage à). ...L4 . . . . . . . . . . . . . …………………………………………343
SAINT-JEAN-LE-GRAND (abbaye de). .L4 . . . ………………………………………………..400
SAINT-JEAN-LE-GRAND (Abbesse de). Voir MAGDELAINE DE RAGNY.L4.......................400
SAINT-SIXT Claude de L4……………………………………………………………………….490
SAINT - SIXT François (de), archidiacre de la Collégiale de La Roche L4 ..........489, 490
SAINT-SIXT (membres de la famille de). .L4..... ……………………………………………….490
SAINTE-BAUME (Projet de pèlerinage à la). .L4 . . . . …………………………………………262
SAINTE_CATHERINE (Les Soeurs de la Visitation et les Dames de)..L4...................…………654
SAINTE-MAISON de Thonon et le prieuré de Contamine..L4............................. ……………….603
SALES Bernard (de). Voir GROISY et THORENS..L4 . ………………………..120, 127, 129, 174
SALES Louis (de). Voir THUILLE. . L4. . . . . . . . . . . ……………………………………..120, 468
SALlNES (Affaire des)..L4.................... …………………………………………………………315
SALINS (Carême de). Voir MAGISTRATS..L4..... …………………………………..303, 364, 369
SANTEUIL Denis de...L4..................... ………………………………………………………….627
SARASIN Jean L4 ...............………………………………………………………………..271
SARASIN Jean (oncle du précédent). .L4 . . . . . . . . . …………………………………………...273
SAUZéA André de..L4....................... ……………………………………………………..15, 573
SEYSSEL Gasparde-Juliane de Mouxy (dame de) L4…………………………………………...124
SEYSSEL Louis (de), marquis d'Aix. . L4………………………………………………………..122
SEYSSEL Marguerite de..L4.................. ………………………………………………………...123
SEYSSEL (prieuré et cure de)., Voir CHAPITRE DE SAINT. PIERRE DE GENèVE L4…33, 232
SYNDICS de Rumilly...L4.………………………………………………………………….489, 511
TALLOIRES (prieuré et réforme de). L4. . . . . . . . . ………………………………….246, 511, 605
THéRèSE (portrait de sainte). .L4 . . . . . . . . . .. . . ……………………………………………...187
THORENS Bernard de Sales (baron de). Voir GROISY et SALES..L4............................ ……120
THUILLE Louis de Sales (seigneur de la). Voir SALES. L4. . . . . . . . . . . . . . . . . . …. . . .120, 468
TORRE DI SPECCHI (Dames de la).. L4. . .. . . . . . . . …………………………………….506, 507
TRAVERNAY Balthazard de Mouxy (seigneur de) …L4…………………………………..….516
TRAVERNAY Péronne de Montfalcon (dame de) ..L4 ..............................…………… 514, 552
TRAVES Claude de Plesseys (dame de)...L4..... ………………………………………….126, 524
TRUITARD ou TRUITAT Jean. .L4 . . . . . . . . . . . . . . …………………………………………13
UBALDINI Robert, Evêque de Montepulciano, Nonce en France..L4...................…………….302
URSULINES de Milan...L4................…………………………………………………………..506
VALLADIER André. L4………………………………………………………………………….90
VALLON Antoinette-Françoise Vidomne de Chaumont (dame de)…L4…………………….6, 24
VALLON (filles de Mme de). . L4. . . .. . ... . . . . . . ……………………………………………..24
VALLON Claudine Joly de (Claude;.Catherine, Religieuse de la Visitation). L4. . . . . .. . 504, 569
VALLON Guy Joly (seigneur de).Voir JOLY…L4…………………………………………….571
VANCHY (château de)..L4 ... …………………………………………………..170
VAUXCROISSANT ou VAL-CROISSANT (prieuré et Prieur de)..L4...……………………..338
VIGNOD Bernarde (de), Religieuse de l'abbaye de Sainte-Catherine,..L4.............………….... 77
VIGNOD Jeanne (de), Abbesse de Bons...L4..………………………………………………….297
VILLARS Pierre (de), Archevêque de Vienne. L4………………………………………..163, 521
VILLERS Philippe de..L4....................………………………………………………………… 572
VILLETTE Amédée de Chevron (baron de). Voir CHEVRON-VILLETTE L4....…..............466
VILLIARDI François, Jésuite. .L4 . .. ........... …………………………………………………96
VISITATION (La véritable pensée du Saint sur le genre de vie de la )…L4………473, 509, 597
VISITATION (Origines de la) :
La Maison de la Galerie. Voir CHAPOT et CUSY. .L4 . . ……………………482, 485, 500
Le nom donné à la nouvelle Congrégation...L4...........………………………………….555
Les premières Sœurs...L4........…………………………………………………………..531
VITRé ou VITREY Eustache Le Compasseur (de), Religieux d'Ambronay. L4.......….........576
WATTEVILLE Jean (de), Evêque de Lausanne. L4………………………………………….40
.
Bref de Sa Sainteté Pie X............................…………………………………………. 2.
Avant-Propos....(P.Navatel SJ 01.10.1905)...................................…………………..3
Avis au Lecteur ………………………………...9
Lettres de Saint François de Sales……………………………………………………10
ANNéE 1608 (Suite)
Lettre CDXLIV -A Mme DE LA FLéCHERE. - Il faut premièrement " Avoir patience d'estre imparfait."- Conseils pratiques pour mettre son esprit en posture de suavité. - A quoi doivent servir nos chutes…10
CDXLV - A Mme DE VALLON. - Le Saint donne à la destinataire des nouvelles de son mari et de sa parenté.………………………………………………………………………………………………….11
CDXLVI- A Mgr FENOUlLLET (Inédite) -Remerciements et félicitations pour l'envoi d'une oraison funèbre ; souhaits d'amitié offerts au destinataire, son futur frère dans l'épiscopat, - Message pour un ami commun…………………………………………………………………………………………………12
CDXLVll-. Au ROI DE FRANCE. - Pauvreté des curés du Bugey ; supplique en leur faveur..13
CDXLVIII - A Mme DE LA FLéCHèRE. - L'humilité joyeuse dans les légers manquements. - Les exercices de dévotion pendant la journée. - Faire comme Notre-Dame: se tenir toujours d'une main à Notre-Seigneur. - Apprivoiser son cœur à la mansuétude. - Les prières vocales et l'oraison mentale….13
CDXLIX- A M. DES HAYES, - Henri IV désire attacher le Saint au service de l'Eglise de son royaume. - Humilité et désintéressement de François de Sales ; c'est la volonté du Pape qui lui manifestera la volonté de Dieu………………………………………………………………………………….14
CDL-Au MêME. - Le Saint voudrait savoir de son ami les intentions de Henri IV à son égard. - Diverses raisons persuadent l'Evêque d'attendre sans inquiétude la suite des évènements ; il ne veut que la volonté de Dieu, - Témoignages d'amitié. - Message pour Mgr de Montpellier…………………………16
CDLI - A LA BARONNE DE CHANTAL. - Rien ne se fait que sous la conduite de Dieu. - Le Saint ne veut que Dieu pour son partage. - L'objet de ses considérations en l'oraison…………………………17
CDLII - A LA MêME. - Il faut tout faire avec une diligence tranquille. - On veut tirer l'Eveque de sa terre et de son " parentage " ; sentiments que lui inspire ce projet. - Le rendez-vous de l'âme du Saint…18
CDLIII -A Mme DE VALLON (Inédite). - Témoignages de dévouement à une parente. - Nouvelles et messages..............………………………………………………………………………………….19
CLIV - A Mlle DE CHASTEL. - Le vœu de chasteté : considérations qu'il faut faire pour s'y préparer. - Eloge de la sainte chasteté : vertu vraiment céleste, qui consacre à Dieu les âmes et les corps, vouée d'abord par Notre-Dame, et après elle, par toute la troupe des cœurs vierges. - Formule de ce vœu ; il fait de notre corps une sainte relique, un calice consacré.. . . . . . . . . . ... . . . . . ……………………….20
CDLV - A Mme DE LA FLéCHèRE. - Un moyen commode d'acquérir les solides vertus ,: se mettre en patience avec opiniâtreté. Pour réussir dans les affaires, compter sur l'assistance de Dieu et user d'une douce diligence. - Les affaires de ce monde et les maisonnettes des petits enfants. - La chose la plus importante. - Toujours recommencer : le meilleur moyen pour achever la vie spirituelle……….21
CDLVI - A Mgr FENOUILLET (Inédite). - Eloge de des Hayes, " le grand amy " de Pierre Fenouillet
et de l'Eveque de Genève. - C'est surtout sur les petits lacs d'eau douce que la barque du Saint se plaît à voguer……………………………………………………………………………………………...22
CDLVII -Au PèRE COMES. - Différend entre les chanoines du chapitre de Saint-Pierre et les Augustins de Seyssel ; pour le régler, une entrevue est proposée par le Saint. - Assurance d'affectueux dévouement..23
CDLVIII - A Mme DE LA FLéCHèRE. - Deux choses qu'il faut joindre ensemble. - Comment reprendre son cœur quand il a failli.. . ……………………………………………………………………………25
CDLIX - A Mlle DE CHASTEL. - Dieu protège les vœux qu'il a inspirés. - Il n'est pas toujours possible ni à propos de fuir, mais il est toujours nécessaire de combattre avec opiniâtreté. Les afflictions qui aident à bien servir Dieu. - Conseils pour l'oraison. - Bonheur de s'être consacré à Notre-Seigneur...…….26
CDLX-- Au CARDINAL ARRIGONI. - Le Saint demande au Saint Siège le renouvellement de plusieurs permissions qui doivent faciliter son ministère et celui de ses prêtres.. . . . . . . . . . . . . . . . . . ……27
CDLXI - A LA BARONNE DE CHANTAL. - Il faut aimer l'attente que Dieu impose à l'accomplissement de nos. désirs. - Projet de voyage en Bourgogne. - Le sacre de l'Evêque de Lausanne. -:Le Saint aimé de "beaucoup de bons veillars. " - Pensées qui lui sont venues quand il faisait oraison. – " Il faut bien que les filles soyent un petit jolies. " - Portrait du P.de Monchy. Le Frère Matthieu. - Pour se mêler d'exorcismes, il ne faut pas être trop crédule. - Les femmes et le culte ; la part qu'elles peuvent y prendre. - Retour d'apostats. - Nouvelles et messages.- Mme de Charmoisy " chemine fort bien "............….28
CDLXII - A LA PRéSIDENTE BRULART.- Le Saint n'est " point homm'extreme " ; il espère obtenir davantage de Rose Bourgeois par une entrevue. - Ne pas trop s'attacher aux pratiques de piété de son choix. - Dieu veut être servi par les exercices compatibles avec les devoirs d'état.- Estime du Saint pour l'Ordre du Carmel.......……………………………………………………………………………….31
CDLXIlI - A UN CARDINAL. - Un reproche immérité.- Les Savoisiens ne lisent pas de mauvais livres...................…………………………………………………………………………………….33