Génie du christianisme (page 14)

François-René de Chateaubriand · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org · 91 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

En parlant des quatre éléments, qu’il considère dans leurs harmonies avec l’homme et la création en général, il fait voir, par rapport à l’air, comment nos corps sont miraculeusement conservés sous une colonne atmosphérique égale dans sa pression à un poids de vingt mille livres. Il prouve qu’une seule qualité changée, soit en raréfaction, soit en densité, dans l’élément qu’on respire, suffiroit pour détruire les êtres vivants. C’est l’air qui fait monter les fumées, c’est l’air qui retient les liquides dans les vaisseaux ; par ses mouvements il épure les cieux et porte aux continents les nuages de la mer.

Nieuwentyt démontre ensuite la nécessité de l’eau par une foule d’expériences. Qui n’admireroit le prodige de cet élément en ascension, contre les lois de la pesanteur, dans un élément plus léger que lui, afin de nous donner les pluies et les rosées ? La disposition des montagnes pour faire circuler les fleuves, la topographie de ces montagnes dans les îles et sur les continents, les ouvertures des golfes, des baies, des méditerranées, les innombrables utilités des mers, rien n’échappe à la sagacité de ce bon et savant homme. C’est de la même manière qu’il découvre l’excellence de la terre comme élément et ses belles lois comme planète. Il décrit les avantages du feu et le secours qu’en a su tirer l’industrie humaine[2].

Quand il passe aux animaux, il observe que ceux que nous appelons domestiques naissent précisément avec le degré d’instinct nécessaire pour s’apprivoiser, tandis que les animaux inutiles à l’homme retiennent toujours leur naturel sauvage. Est-ce donc le hasard qui inspire aux bêtes douces et utiles la résolution de vivre en société au milieu de nos champs, et aux bêtes malfaisantes celle d’errer solitaires dans les lieux infréquentés ? Pourquoi ne voit-on pas des troupeaux de tigres conduits au son d’une musette par un pasteur ? Et pourquoi les lions ne se jouent-ils pas dans nos parcs parmi le thym et la rosée, comme ces légers animaux chantés par Jean La Fontaine ? Ces animaux féroces n’ont jamais pu servir qu’à traîner le char de quelque triomphateur aussi cruel qu’eux, ou à dévorer des chrétiens dans un amphithéâtre[3] : les tigres ne se civilisent pas à l’école des hommes, mais les hommes se font quelquefois sauvages à l’école des tigres.

Les oiseaux ne présentent pas à notre naturaliste un sujet d’observation moins intéressant. Leurs ailes, convexes en dessus et creusées en dessous, sont des rames parfaitement taillées pour l’élément qu’elles doivent fendre. Le roitelet, qui se plaît dans ces haies de ronces et d’arbousiers qui sont pour lui de grandes solitudes, est pourvu d’une double paupière, afin de préserver ses yeux de tout accident. Mais, admirables fins de la nature ! cette paupière est transparente, et le chantre des chaumières peut abaisser ce voile diaphane sans être privé de la vue. La Providence n’a pas voulu qu’il s’égarât en portant une goutte d’eau ou le grain de mil à son nid, et qu’il y eût sous le buisson une petite famille qui se plaignît d’elle.

Et quels ingénieux ressorts font mouvoir les pieds de l’oiseau ! Ce n’est point par un jeu de muscles que détermine sa volonté qu’il se tient ferme sur la branche : son pied est construit de sorte que lorsqu’il vient à être pressé dans le centre ou le talon, les doigts se referment naturellement sur le corps qui le presse[4]. Il résulte de ce mécanisme que les serres de l’oiseau se collent plus ou moins à l’objet sur lequel il repose, en raison des mouvements plus ou moins rapides de cet objet : car, dans le balancement du rameau, ou c’est le rameau qui repousse le pied, ou c’est le pied qui repousse le rameau : ce qui dans les deux cas oblige les doigts du volatile à se contracter plus fortement. Ainsi, quand nous voyons à l’entrée de la nuit, pendant l’hiver, des corbeaux perchés sur la cime dépouillée de quelque chêne, nous supposons que toujours veillants, attentifs, ils ne se maintiennent qu’avec des fatigues inouïes au milieu des tourbillons et des nuages ; et cependant, insouciants du péril et appelant la tempête, tous les vents leur apportent le sommeil : l’aquilon les attache lui-même à la branche d’où nous croyons qu’il va les précipiter, et, comme de vieux nochers de qui la couche mobile est suspendue aux mâts agités d’un vaisseau, plus ils sont bercés par les orages, plus ils dorment profondément.

Quant à l’organisation des poissons, leur seule existence dans l’élément de l’eau, le changement relatif de leur pesanteur, changement par lequel ils flottent dans une eau plus légère comme dans une eau plus pesante, et descendent de la surface de l’abîme au plus profond de ses gouffres, sont des miracles perpétuels ; vraie machine hydrostatique, le poisson fait voir mille phénomènes au moyen d’une simple vessie, qu’il vide ou remplit d’air à volonté.

Les prodiges de la floraison dans les plantes, l’usage des feuilles et des racines, sont examinés curieusement par Nieuwentyt. Il fait cette belle observation, que les semences des plantes sont tellement disposées par leurs figures et leurs poids, qu’elles tombent toujours sur le sol dans la position où elles doivent germer.

Or, si tout étoit le produit du hasard, les causes finales ne seroient-elles pas quelquefois altérées ? Pourquoi n’y auroit-il pas des poissons qui manqueroient de la vessie qui les fait flotter ? Et pourquoi l’aiglon, qui n’a pas encore besoin d’armes, ne briseroit-il pas la coquille de son berceau avec le bec d’une colombe ? Jamais une méprise, jamais un accident de cette espèce dans l’aveugle nature ! De quelque manière que vous jetiez les dés, ils amèneront toujours les mêmes points ? Voilà une étrange fortune ! nous soupçonnons qu’avant de tirer les mondes de l’urne de l’éternité, elle a secrètement arrangé les SORTS.

Cependant, il y a des monstres dans la nature, et ces monstres ne sont que des êtres privés de quelques-unes de leurs causes finales. Il est digne de remarque que ces êtres nous font horreur : tant l’instinct de Dieu est fort chez les hommes ! tant ils sont effrayés aussitôt qu’ils n’aperçoivent pas la marque de l’intelligence suprême ! On a voulu faire naître de ces désordres une objection contre la Providence : nous les regardons, au contraire, comme une preuve manifeste de cette même Providence. Il nous semble que Dieu a permis les productions de la matière pour nous apprendre ce que c’est que la création sans lui : c’est l’ombre qui fait ressortir la lumière ; c’est un échantillon de ces lois du hasard qui selon les athées doivent avoir enfanté l’univers.

↑ Dans tout ce que nous citons ici du traité de Nieuwentyt, nous avons pris la liberté de refondre et d’animer un peu son sujet. Le docteur est savant, sage, judicieux, mais sec. Nous avons aussi mêlé quelques observations aux siennes.

↑ La physique moderne pourra relever quelques erreurs ; mais les progrès de cette science, loin de renverser les causes finales, fournissent de nouvelles preuves de la bonté de la Providence.

↑ On connaît ce fameux cri de la populace romaine : Les chrétiens aux lions ! Voyez Tert., Apolog.

François-René de Chateaubriand Génie du christianisme Garnier Frères, 1828 (p. 91-92).

Chap. III. Organisation des Animaux et des Plantes Chap. V. Chant des Oiseaux ; qu’il est fait pour l’homme. Loi relative aux cris des Animaux Chap. IV. Instinct des Animaux

Après avoir reconnu dans l’organisation des êtres un plan régulier, qu’on ne peut attribuer au hasard et qui suppose un ordonnateur, il nous reste à examiner d’autres causes finales, qui ne sont ni moins fécondes ni moins merveilleuses que les premières. Ici nous ne suivrons personne. Nous avions consacré à l’histoire naturelle des études que nous n’eussions jamais suspendues, si la Providence ne nous eût appelé à d’autres travaux. Nous voulions opposer une Histoire Naturelle Religieuse à ces livres scientifiques modernes où l’on ne voit que la matière. Pour qu’on ne nous reprochât pas dédaigneusement notre ignorance, nous avions pris le parti de voyager et de voir tout par nous-même. Nous rapporterons donc quelques-unes de nos observations sur les instincts des animaux et des plantes, sur leurs habitudes, leurs migrations, leurs amours, etc. : le champ de la nature ne peut s’épuiser, et l’on y trouve toujours des moissons nouvelles. Ce n’est point dans une ménagerie où l’on tient en cage les secrets de Dieu qu’on apprend à connoître la sagesse divine : il faut l’avoir surprise, cette sagesse, dans les déserts, pour ne plus douter de son existence ; on ne revient point impie des royaumes de la solitude, regna solitudinis ; malheur au voyageur qui auroit fait le tour du globe, et qui rentreroit athée sous le toit de ses pères !

Nous l’avons visitée au milieu de la nuit, la vallée solitaire habitée par des castors, ombragée par des sapins et rendue toute silencieuse par la présence d’un astre aussi paisible que le peuple dont elle éclairoit les travaux. Et je n’aurois vu dans cette vallée aucune trace de l’Intelligence divine ! Qui donc auroit mis l’équerre et le niveau dans l’œil de cet animal qui sait bâtir une digue en talus du côté des eaux et perpendiculaire sur le flanc opposé ? Savez-vous le nom du physicien qui a enseigné à ce singulier ingénieur les lois de l’hydraulique, qui l’a rendu si habile avec ses deux dents incisives et sa queue aplatie ? Réaumur n’a jamais prédit les vicissitudes des saisons avec l’exactitude de ce castor, dont les magasins, plus ou moins abondants, indiquent au mois de juin le plus ou le moins de durée des glaces de janvier. À force de disputer à Dieu ses miracles, on est parvenu à frapper de stérilité l’œuvre entière du Tout-Puissant ; les athées ont prétendu allumer le feu de la nature à leur haleine glacée, et ils n’ont fait que l’éteindre ; en soufflant sur le flambeau de la création, ils ont versé sur lui les ténèbres de leur sein.

D’autres instincts, plus communs et que nous pouvons observer chaque jour, n’en sont pas moins merveilleux. La poule si timide, par exemple, devient aussi courageuse qu’un aigle quand il faut défendre ses poussins. Rien n’est plus intéressant que ses alarmes lorsque, trompée par les trésors d’un autre nid, de petits étrangers lui échappent et courent se jouer dans une eau voisine. La mère, effrayée rôde autour du bassin, bat des ailes, rappelle l’imprudente couvée ; elle marche précipitamment, s’arrête, tourne la tête avec inquiétude, et ne cesse de s’agiter qu’elle n’ait recueilli dans son sein la famille boiteuse et mouillée qui va bientôt la désoler encore.

Entre ces divers instincts que le Maître du monde a répartis dans la nature, un des plus étonnants sans doute, c’est celui qui amène chaque année les poissons du pôle aux douces latitudes de nos climats : ils viennent, sans s’égarer dans la solitude de l’Océan, trouver à jour nommé le fleuve où doit se célébrer leur hymen. Le printemps prépare sur nos bords la pompe nuptiale ; il couronne les saules de verdure, il étend des lits de mousse dans les grottes et déploie les feuilles du nénuphar sur les ondes, pour servir de rideaux à ces couches de cristal. À peine ces préparatifs sont-ils achevés, qu’on voit paraître les légions émaillées. Ces navigateurs étrangers animent tous nos rivages : les uns, comme de légères bulles d’air, remontent perpendiculairement du fond des eaux ; les autres se balancent mollement sur les vagues, ou divergent d’un centre commun, comme d’innombrables traits d’or ; ceux-ci dardent obliquement leurs formes glissantes à travers l’azur fluide ; ceux-là dorment dans un rayon de soleil qui pénètre la gaze argentée des flots. Tous s’égarent, reviennent, nagent, plongent, circulent, se forment en escadron, se séparent, se réunissent encore ; et l’habitant des mers, inspiré par un souffle de vie, suit en bondissant la trace de feu que sa compagne a laissée pour lui dans les ondes.

François-René de Chateaubriand Génie du christianisme Garnier Frères, 1828 (p. 104-106).

Chap. VIII. Oiseaux des mers ; comment utiles à l’homme. Chap. X. Amphibies et Reptiles Chap. IX. Suite des Migrations. — Quadrupèdes

Les migrations sont plus fréquentes dans la classe des poissons et des oiseaux que dans celle des quadrupèdes, à cause de la multiplicité des premiers et de la facilité de leurs voyages à travers deux éléments qui enveloppent la terre ; il n’y a d’étonnant que la manière dont ils abordent, sans s’égarer, aux rivages qu’ils cherchent. On conçoit qu’un animal chassé par la faim abandonne le pays qu’il habite, en quête de nourriture et d’abri ; mais conçoit-on que la matière le fasse aller ici plutôt que là, et le conduise, avec une exactitude miraculeuse, précisément au lieu où se trouvent cette nourriture et cet abri ? Pourquoi connoît-il les vents et les marées, les équinoxes et les solstices ? Nous ne doutons point que si les races voyageuses étoient un seul moment abandonnées à leur propre instinct, elles ne périssent presque toutes. Celles-ci, en voulant passer dans les latitudes froides, arriveroient sous les tropiques ; celles-là, en comptant se rendre à la ligne, se trouveraient sous le pôle. Nos rouge-gorge, au lieu de traverser l’Alsace et la Germanie, en cherchant de petits insectes, deviendroient eux-mêmes en Afrique la proie de quelque énorme scarabée ; le Groënlandois entendroit une plainte sortir des rochers et verroit un oiseau grisâtre chanter et mourir : ce seroit la pauvre Philomèle.

Dieu ne permet pas de pareilles méprises. Tout a ses convenances et ses rapports dans la nature : aux fleurs les zéphyrs, aux hivers les tempêtes, au cœur de l’homme la douleur. Les plus habiles pilotes manqueront longtemps le port désiré avant que le poisson se trompe sur la longitude du moindre des écueils de l’abîme : la Providence est son étoile polaire, et quelque part qu’il se dirige il aperçoit toujours cet astre, qui ne se couche jamais.

L’univers est comme une immense hôtellerie, où tout est en mouvement. On en voit sortir, on y voit entrer une multitude de voyageurs. Il n’y a peut-être rien de plus beau, dans les migrations des quadrupèdes, que les bisons à travers les savanes de la Louisiane et du Nouveau-Mexique. Quand le temps de changer de climat est venu, pour aller porter l’abondance à des peuples sauvages, quelque buffle, conducteur des troupeaux du désert, appelle autour de lui ses fils et ses filles. Le rendez-vous est au bord du Meschacebé ; l’instant de la marche est fixé vers la fin du jour. La troupe s’assemble, le moment arrive. Le chef, secouant sa crinière, qui pend de toutes parts sur ses yeux et ses cornes recourbées, salue le soleil couchant en baissant la tête et en élevant son dos comme une montagne ; un bruit sourd, signal du départ, sort en même temps de sa profonde poitrine, et tout à coup il plonge dans les vagues écumantes, suivi de la multitude des génisses et des taureaux qui mugissent d’amour après lui.

Tandis que cette puissante famille de quadrupèdes traverse à grand bruit les fleuves et les forêts, une flotte paisible, sur un lac solitaire, vogue en silence à la faveur des zéphyrs et à la clarté des étoiles. De petits écureuils noirs, après avoir dépouillé les noyers du voisinage, se sont résolus à chercher fortune et à s’embarquer pour une autre forêt. Aussitôt, élevant leur queue et déployant au vent cette voile de soie, la race hardie tente fièrement l’inconstance des ondes, pirates imprudents que l’amour des richesses transporte. La tempête se lève, la flotte va périr. Elle essaye de gagner le havre prochain ; mais quelquefois une armée de castors s’oppose à la descente, dans la crainte que ces étrangers ne viennent piller les moissons. En vain les légers escadrons débarqués sur la rive se sauvent en montant sur les arbres et insultent du haut de ces remparts à la marche pesante des ennemis. Le génie l’emporte sur la ruse : des sapeurs s’avancent, minent le chêne, et le font tomber avec tous ses écureuils, comme une tour chargée de soldats, abattue par le bélier antique.

Il arrive bien d’autres malheurs à nos aventuriers, qui s’en consolent avec quelques fruits et quelques jeux. Athènes, prise par les Lacédémoniens, n’en fut ni moins aimable ni moins frivole. En remontant la rivière du nord, sur le paquebot de New-York à Albany, nous vîmes un de ces infortunés qui essayoit inutilement de traverser le fleuve. On le retira de l’eau à demi noyé ; il étoit charmant, d’un noir d’ébène, et sa queue avoit deux fois la longueur de son corps ; il fut rendu à la vie, mais il perdit la liberté : une jeune passagère en fit son esclave.

Les rennes du nord de l’Europe, les caribous et les orignaux de l’Amérique septentrionale ont leur temps de migrations toujours correspondant aux besoins de l’homme. Il n’y a pas jusqu’aux ours blancs de Terre-Neuve, dont la fourrure est si nécessaire aux Esquimaux, qui ne soient envoyés à ces sauvages par une Providence miraculeuse. Ces monstres marins abordent aux côtes du Labrador, sur des glaces flottantes ou sur des débris de navire, où ils se tiennent comme de forts matelots sauvés du naufrage.

Les éléphants voyagent aussi en Asie ; la terre tremble sous leurs pas, et cependant il n’y a rien à craindre : chaste, intelligent, sensible, Behmot est doux parce qu’il est fort, paisible parce qu’il est puissant. Premier serviteur de l’homme, et non son esclave, il tient le second rang dans l’ordre de la création : après la chute originelle, les animaux s’éloignèrent du toit de l’homme ; mais on pourroit croire que les éléphants, naturellement généreux, se retirèrent avec le plus de regret, car ils sont toujours restés aux environs du berceau du monde. Ils sortent de temps en temps de leur désert, et s’avancent vers un pays habité, afin de remplacer leurs compagnons morts, sans se reproduire, au service des fils d’Adam[1].

↑ Les plumes éloquentes qui ont décrit les mœurs de ces animaux nous dispensent de nous étendre sur ce sujet. Nous dirons seulement que les éléphants ne nous paroissent d’une structure si étrange que parce que nous les voyons séparés des végétaux, des sites, des eaux, des montagnes, des couleurs, de la lumière, des ombres et des cieux qui leur sont propres. Les productions de nos latitudes, mesurées sur une petite échelle, les formes généralement rondes des objets, la finesse de nos herbes, la dentelure légère de nos feuillages, l’élégance du port de nos arbres, nos jours trop pâles, nos nuits trop fraîches, les teintes trop fuyardes de nos verdures, enfin la couleur même, le vêtement, l’architecture de l’Européen, n’ont aucune concordance avec l’éléphant. Si les voyageurs observoient plus exactement, nous saurions comment ce quadrupède se marie à la nature qui le produit. Pour nous, nous croyons entrevoir quelques-unes de ces relations. La trompe de l’éléphant, par exemple, a des rapports marqués avec les cierges, les aloès, les lianes, les rotins, et dans le règne animal, avec les longs serpents des Indes ; ses oreilles sont taillées comme les feuilles du figuier oriental ; sa peau est écailleuse, molle, et pourtant rigide comme

François-René de Chateaubriand Génie du christianisme Garnier Frères, 1828 (p. 93-95).

Chap. IV. Instinct des Animaux Chap. VI. Nids des Oiseaux Chap. V. Chant des Oiseaux ; qu’il est fait pour l’homme. Loi relative aux cris des Animaux

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