L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 102)
In'scribebatur die quadam cum sene Joseph, tanquam ex semine David, in Bethîehem, Maria, sine semine fœtum utero gestans : advenerat pariendi tempus, et nullus erat in diversorio locus, sed pro splendido palatio spelunca Regina; aderat.
Adimpleri nunc urget propheticum prœconium mystice nuntians : Et tu, Bethléhem, terra Juda, nequaquam minima es in principibus, prima adornans speluncam. Ex te enim mihi veniet dux gentium. per carnem ex puella Virgine, Christus Deus qui reget populum suum novum Israël. Derhus ei omnes magnificentiam.
Iste Deus noster, praeter eum non numerabitur alius, natus ex Virgine et cum homiriibus conversatus ; in pauperculo
jacens praesepio Filius Unigenitus mortalis apparet, et fasciis implicatur gloriae Dominus : Stella Magis indicat ut illum adoreni . nosque canamus : Trinitas sancta. salva animas ncstras. Yenite, fidèles : divinitus extollamur. Deiimque videamus ex alto in Bethlehem manifeste descendentem. et sursum mentem élevantes, pro myrrha vitae afferamus virtutes, prasordinantes cum fide natalitium introitum. et dicamus : Gloria in excelsis Deo qui trinus est, cujus erga homines manifestatur benevolentia ! qui Adam redimens et plasma tuum elevasti. philanthrope !
Audi, cœlum. et auribuspercipe. terra: commoveantur fundamenta orbis, tremorem appréhendant terrestria ; quia Deus et auctor carnis plasmatis formam induit, et qui creaturam créatrice corroboravit manu . misericordia motus videtur forma indutus. O divitiarum sapientias scientiaeque Dei abyssus ! quam inscrutabilia illius judicia, et investigabiles viae ejus!
pauvre étable apparaît sous ia forme d'un mortel, et le Seigneur de gloire est enveloppé de langes : l'Etoile invite les Mages à le venir adorer ; et nous, disons, en nos chants: O Trinité sainte! sauvez nos âmes.
Venez, Fidèles , livronsnous à de divins transports; venez voir un Dieu descendre vers nous du haut du ciel en Bethlehem ; élevons nos âmes en haut ; pour la myrrhe apportons les vertus de notre vie : ornons-en d'avance son entrée en ce monde, et disons : Gloire au plus haut des cieux, à Dieu qui est un en trois personnes , lequel daigne manifester aux hommes sa grande miséricorde ! car, ô Christ ! vous avez racheté Adam et relevé l'œuvre de vos mains, ô ami des hommes !
Ecoutez, ô cieux ! terre , prête l'oreille ; que l'univers s'ébranle jusque dans ses fondements, et que tout ce qu'il renferme soit saisi de frayeur. Le Dieu auteur de la chair prend lui-même une forme, et celui qui de sa main créatrice corrobora toute créature, par une miséricordieuse compassion, paraît revêtu d'un corps. O abîme des richcsefl de la sagesse et science de Dieu ! combien ses jugements sont incompréhensibles, combien ses voies impénétrables!
Venez, peuples chrétiens, voyons le prodige qui dépasse toute pensée, qui frappe d'étonnement toute imagination; et pieusement prosternés, chantons avec foi des hymnes de louange. Aujourd'hui la Vierge vient à Bethléhem mettre au monde le Seigneur; les chœurs des Anges la précèdent ; Joseph son époux la voit et s'écrie : Quel prodige aperçois-je en toi, ô Vierge! Comment pourrastu enfanter, tendre génisse qui ne connus point le joug ?
Aujourd'hui naît d'une Vierge celui dont la main contient toute créature ; celui qui par essence est insaisissable, devenu semblable à un mortel, est enveloppé de langes; il gît dans une crèche celui qui au commencement posa les cieux sur leurs fondements ; celui qui au désert faisait pleuvoir la manne pour son peuple, est nourri du lait de la mamelle; l'Epoux de l'Eglise invite les Mages, et le Fils de la Vierge accepte leurs présents. Nous adorons votre Nativité, ô Christ ! favorisez-nous|de vos divines manifestations.
Venite, Christiferi populi,videamus prodigium omnem stupefaciens et cohibens cogitationem, et pie procumbentes cum fidehymnificemus. Hodie ad Bethléhem puella advenit paritura Dominum ; praecurrunt Angelorum chori ; illamque videns Joseph sponsus ejus clamabat : Quidnam in te prodigiosum mysterium, Virgo ? Et quomodo parturire debes, jugi expers juvenca ?
Hodie nascitur ex Virgine qui pugillo omnem creaturam continet ; panniculis sicut mortalis fasciaturqui essentia intactibilis est ; Deus in praesepio reclinatur, qui olim in principio cœlos stabilivit ; ex uberibus lacté nutritur per quem in deserto manna pluebat populo ; Magos advocat Sponsus Ecclesiae ; dona illorum accipit Virginis Filius. Adoramus tuam Nativitatem, Christe ; ostende nobis tuas divines Theophanias.
Considérons la très pure Marie, toujours accompagnée de son fidèle époux Joseph, sortant de Jérusalem et se dirigeant vers
Bethléhem. Ils y arrivent après quelques heures de marche, et, pour obéir à la volonté céleste, ils se rendent au lieu où ils devaient être enregistrés, selon redit de l'Empereur. On inscrit sur le registre public un artisan nommé Joseph, charpentier à Nazareth de Galilée; sans doute on ajoute le nom de son épouse Marie qui Ta accompagné dans le voyage ; peut-être même est-elle qualifiée de' femme enceinte, dans son neuvième mois: c'est là tout. O Verbe incarné ! aux yeux des hommes, vous n'êtes donc pas encore un homme ? vous visitez cette terre, et vous y êtes inconnu; et pourtant, tout ce mouvement, toute l'agitation qu'entraîne le dénombrement de l'Empire, n'ont d'autre but que d'amener Marie, votre auguste Mère, à Bethléhem, afin qu'elle vous y mette au monde.
O Mystère ineffable ! que de grandeur dans cette bassesse apparente! que" de puissance dans cette faiblesse ! Toutefois, le souverain Seigneur n'est pas encore descendu assez. Il a parcouru les demeures des hommes, et les hommes ne l'ont pas reçu. Il va maintenant chercher un berceau dans l'étable des animaux sans raison : c'est là qu'en attendant les cantiques des Anges, les hommages des Bergers, les adorations des Mages, il trouvera <x le bœuf qui connaît son Maître, et « l'âne qui s'attache à la crèche de son Sei« gneur ». O Sauveur des hommes, Emmanuel, Jésus, nous allons nous rendre aussi à l'étable; nous ne laisserons pas s'accomplir solitaire et délaissée la nouvelle Naissance que vous allez prendre en cette nuit^ qui s'approche. A cette heure, vous allez frapf
pant aux portes de Bethléhem, sans que les nommes consentent à vous ouvrir ; vous
dites aux âmes, par la voix du divin Cantique : « Ouvre-moi, ma sœur, mon amie !
« car ma tête est pleine de rosée, et mes « cheveux imbibés des gouttes de la nuit ». Nous ne voulons pas que vous franchissiez notre demeure : nous vous supplions d'entrer;
nous nous tenons vigilants à notre porte. « Venez donc, ô Seigneur Jésus! venez! »
Chap. IV. — Prières du matin et du soir, au temps de l'Avent
Chap. V. — De l'assistance à la sainte Messe, au temps de l'Avent ....
Chap. VII. — De l'Office des Vêpres du Dimanche, au temps de l'Avent,