L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 40)
Celle qui enfante n'a point vu le père ; et sans que l'homme l'ait ternie , sans souffrance et sans labeur , elle met au jour un fils.
Ecoute : c'est un signe nouveau ; crois seulement , et c'est assez ; il n'est pas de notre faiblesse de percer un si profond mystère.
C'est un signe grand et sublime ; c'est le prodige du buisson enflammé; que nul indigne n'en approche sans déposer sa chaussure.
C'est la verge stérile, qui, sans rosée, d'une façon nouvelle et inouïe, a produit le fruit avec la fleur. Ainsi enfanta la Vierge.
Béni est un fruit si doux ; fruit de joie et non de deuil ; non, Adam ne sera pas séduit, s'il ose le porter à sa bouche.
Notre Jésus, le bon Jésus, pieux fardeau d'une Mère si tendre, Jésus, qui dans le ciel
C'est pour nous qu'il prendra naissance ; qu'il daigne effacer nos péchés ; car notre pèlerinage s'écoule parmi les périls.
Qui sic est pro nobis natus Nostros deleat reatus ; Quia noster incolatus Hic est in periculo.
OUI pourra, ôFilsde Dieu, scruter vos voies ? dire les sentiers par lesquels vous êtes entré dans la Vierge de laquelle vous devez naître, et ceux par lesquels vous remonterez au ciel ?Mais parce que vous seul connaissez toutes choses, vous dont le nom demeure au-dessus des bornes de l'univers ; donneznous de toujours concevoir et dire à votre sujet des choses exemptes d'erreur ; afin que vous qui descendez des sommets de votre force, pour secourir ce qu'il y a de plus humble, vous nous rendiez dignes de vos bienfaits. Amen.
Ouïs poterit, ueus Filius, scrutari vias tuas ? Vel quibus aditibus nasciturus ad Virginem veneris ? Vel quibus semitis ad superna regressus es ? Et ideo, quia tu solus cuncta considerans es, cujus nomen supra terras terminos permanet ; da nobis, illa de te semper considerare et dicere, quœculpœcareant lege : ut, qui excelsus in fortitudine veniens humilia respicis, dignos facias nos muneribus tuis. Amen.
a joie de l'Eglise s'accroît encore dans ce Dimanche. Elle soupire toujours après le Seigneur ; mais elle sent qu'il approche , et elle croit pouvoir tempérer l'austérité de cette carrière de pénitence par l'innocente allégresse des pompes religieuses. D'abord, ce Dimanche a reçu le nom de Gaudete, du premier mot de son Introït; mais, de plus, on y observe les touchants usages qui sont propres au quatrième Dimanche de Carême appelé Lœtare. On touche l'orgue à la Messe; les ornements sont de la couleur rose; le Diacre reprend la dalmatique, et le Sous-Diacre la tunique ; dans les Cathédrales, l'Evêque assiste, paré de la mitre précieuse. Admirable condescendance de l'Eglise, qui sait si bien unir la sévérité des croyances à la gracieuse poésie des formes liturgiques! Entrons dans son esprit, et réjouissons-nous aujourd'hui, à cause de l'approche du Seigneur. Demain, nos soupirs reprendront leur cours; car, bien
La Station a lieu dans la Basilique de SaintPierre, au Vatican. Ce temple auguste qui couvre le tombeau du Prince des Apôtres est l'asile universel du peuple chrétien; il convient qu'il soit témoin des joies comme des tristesses de l'Eglise.
L'Office de la nuit débute par un nouvel Invitatoire : la voix de l'Eglise ne convie plus les fidèles à venir adorer avec terreur le Roi qui doit venir, le Seigneur. Son langage change de caractère; son cri est un cri d'allégresse. Tous les jours, jusqu'à la Vigile de Noël, elle ouvre les Nocturnes par ces grandes paroles :
LE Seigneur est déjà pro- |^ROPE est jam Domiche : venez, adorons-le,
L nus : venite, adorePrenons maintenant le livre du Prophète, et lisons avec la sainte Eglise :
EN ce jour-là on chantera ce cantique en la terre de Juda : Sion est la ville de notre force ; le Sauveur en sera la muraille et le rempart. Ouvrez les portes et qu'un peuple juste y entre, un peuEle observateur de la vérité. , 'erreur ancienne est passée ; vous nous conserverez la paix : la paix, car nous avons espéré en vous. Vous avez mis à jamais votre espérance dans le Seigneur, dans le
N die illa cantabitur 1 canticum istud in terra Juda. Urbs fortitudinis nostras Sion ; Salvator ponetur in ea murus et antemurale. Aperite portas, et ingrediaturgens jus ta, custodiens veritatem. Vêtus error abiit, servabis pacem : pacem, quia in te speravimus. Sperastis in Domino in saeculis asternis : in Domino Deo forti in
perpetuum. Quia incurvabit habitantes in excebo, civitatem sublimem humiliabit. Humiliabit eam usque ad terram, detrahet cam usque ad pulverem. Conculcabit eam pes ; pedes pauperis, gressus egenorum. Semita justi recta est. rectus callis justi ad ambulandum. Et in semita judiciorum tuorum. Domine, sustinuimus te : nomen tuum. et memoriale tuum in desiderio animae. Anima mea desideravit te in nocte : sed et spiriiu meo in praecordiis meis, de mane vigilabo ad te.
O sainte Eglise Romaine, Cité de notre force ! nous voici rassemblés dans tes murs, autour du tombeau de ce pêcheur dont la cendre te protège sur la terre, tandis que son immuable doctrine t'éclaire du haut du ciel. Mais, si tu es forte, c'est par le Sauveur qui va venir. 11 est ta muraille d'enceinte : car c'est lui qui enveloppe tous tes enfants dans sa miséricorde ; il est ton rempart invincible : car c'est par lui que les puissances de l'enfer ne prévaudront jamais contre toi. Dilate tes portes, afin que tous les peuples se pressent dans ton enceinte; car tu es la maîtresse de la sainteté, la gardienne de la vérité. Puisse l'antique erreur qui s'oppose à la foi finir bientôt, et la paix s'étendre sur tout le troupeau ! O sainte Eglise Romaine ! tu as mis à
Seigneur Dieu, toujours invincible; car il abaissera ceux qui sont dans l'élévation, il humiliera la cité superbe. Il l'humiliera jusqu'en terre, il la fera descendre jusqu'à la poussière. Le pied la foulera, le pied des pauvres, le pas de l'indigent. Le sentier du juste est droit, le chemin ou il marche est sans détour. Aussi nous vous avons attendu, Seigneur, dans le sentier de votre justice ; votre nom et votre souvenir sont les délices de l'âme. Mon âme vous a désiré pendant la nuit, et je m'éveillerai vers le point du jour, pour m'occuper de vous dans mon esprit et dans mon cœur.
jamais ton espérance dans le Seigneur et à son tour fidèle à sa promesse, il a humilié devant toi les hauteurs superbes, les cités d'orgueil. Où sont les Césars qui crurent t'avoir noyée dans ton propre sang ? où sont les Empereurs qui voulurent forcer l'inviolable virginité de ta foi ? où sont les sectaires que chaque siècle, pour ainsi dire, a vus s'attaquer successivement à tous les articles de ta doctrine ? où sont les princes ingrats qui tentèrent de t'asservir, toi qui les avais faits ce qu'ils étaient ? où est cet Empire du Croissant qui tant de fois rugit contre toi, lorsque, désarmée, tu refoulais si loin l'orgueil de ses conquêtes? où sont les Réformateurs qui prétendirent constituer un Christianisme sans toi ? où sont ces sophistes modernes, aux yeux desquels tu n'étais plus qu'un fantôme impuissant et vermoulu ? ou seront, dans un siècle, ces rois tyrans de l'Eglise, ces peuples
?ui cherchent la liberté hors de la vérité? ls auront passé avec le fracas du torrent ; et toi, tu seras toujours calme, toujours jeune, toujours sans rides, ô sainte Église Romaine, assise sur la pierre inébranlable. Ta marche à travers tant de siècles aura été droite, comme celle du juste; tu te retrouveras toujours semblable à toi-même, comme déjà tu n'as cessé de l'être durant dix-neuf siècles, sous le soleil qui hors de toi n'éclaire que les variations de l'humanité. D'où te vient cette solidité, si ce n'est de celui qui lui-même est la Vérité et la Justice? Gloire à lui en toi ! Chaque année, il te visite; chaque année, il t'apporte de nouveaux dons, pour t'aider à achever le pèlerinage; et jusqu'à la fin des siècles, il vienL'A vent.
dra ainsi te visiter, te renouveler, non seulement par la puissance de ce regard avec lequel il renouvela Pierre : mais en te remplissant de lui-même, comme il remplit la glorieuse Vierge, l'objet de ton plus doux amour, après celui que tu portes à l'Epoux. Nous prions avec toi, 6 notre Mère ! et nous disons : Venez, Seigneur Jésus ! « Votre nom et votre « souvenir sont les délices de nos âmes ; elles « vous désirent durant la nuit, et dès le point « du jour nous nous réveillons pour songer « à vous. »
Gaudete in Domino semper : iterum dico, gaudete. Modestia vestra nota sit omnibus hominibus : Dominus enim prope est. Nihil solliciti suis : sed in omni oratione petitiones vestrae innotescant apud Deum.
Ps. Benedixisti, Domine, terram tuam : avertisti capfivitatem Jacob. f. Gloria Patri.
Rejouissez-vous sans cesse dans le Seigneur ; je vous le dis encore, rejouissez-vous. Que votre modestie soit connue de tous les hommes : le Seigneur est proche. Soyez sans inquiétude ; mais faites connaître à Dieu vos désirs par les prières et les supplications.
Ps. Seigneur, vous avez béni la terre qui est à vous ; vous avez ramené Jacob de la captivité. Gloire au Père.
L'Eglise demande, dans la Collecte, la grâce de cette visite qui apporte la lumière et dissipe les ténèbres. Les ténèbres causent la
terreur de l'âme; la lumière, au contraire, réjouit et raffermit le cœur.
\ UREM tuam, quaesu** mus Domine, precibus nostris accommoda : et mentis nostrœ tenebras gratia tuas visitationis illustra. Qui vivis et régnas in saecula saïculorum. Amen.