L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 58)
Seigneur, avait enchaînés de tant de liens d'amour , une même couronne fut tressée pour eux et les réunit dans le royaume des cieux, et qu'après avoir livré un seul et I même combat, une seule et même récompense demeurât leur partage.
La Liturgie Gallicane célébra aussi les grandeurs de saint André. Dans le petit nombre de fragments qui nous sont restés des monuments'qui la composaient, aucune pièce métrique ne nous est parvenue; mais du moins la Préface que nous donnons ici sous son titre gallican de Contestation, montre que l'Eglise des Gaules, du ive au vin" stècle, partageait l'enthousiasme des Eglises Romaine et Ambrosienne pour le glorieux Àpotre de la Croix.
IL est digne et juste, équitable et raisonnable que nous rendions d'ineffables actions de grâces à votre bonté, Dieu tout-puissant et éternel, et que nous célébrions avec une joie sans égale la passion de vos Saints , par JésusChrist notre Seigneur, qui donna au bienheureux André la foi, dès le moment de sa vocation, et plus tard lui octroya la victoire dans les souffrances. Le bienheureux André avait donc reçu ces deux faveurs; et c'est pour cela qu'il montrait la consDignum et justumest; œquum et justum est : pietati tuas ineffabiles gratias referre , omnipotens sempiterne Deus : et inœstimabili gaudio passionem tuorum praedicare Sanctorum, per Christum Dominum nostrum. Qui beato Andréas in prima vocatione dédit fîdem ; et in passione donavit victoriam. Acceperat hsec utraque beatus Andréas; ideo habebat et in praedicatione constantiam, et
in passione tolerantiam. Ou! post iniqua verbera, post carceris septa, alligatus suspendio se purum sacrincium tibi obtulit Deo. Extendit miiissimus brachia ad cœ - tos ; amplectitur crucis vexillum ; defigit in osculis ora ; Agni cognoscit arcana. Denique dum ad pc.tibulum duceretur, in cruce suspenderetur, carne patiebatur, et Spiritu loquebatur. Obliviscitur crucis tormenta ; dum de cruce Christum prœconat. Quantum enim corpus ejus in iigno extendebatur ; tantum in lingua ejus Christus exaltabatur ; quia pendens in ligno , sociari se ei gratulabatur. Absolvi se non patitur a cruce, ne tepescat certamen in tempore. Turba circumspicit, et lamentât ; demitti a vinculo petit, quem reparatorem mentis intelligit. Laxari postulat justum, ne pereat populus hoc delicto. Interea fundit Martyr spiritum, possessurus sempiterni Judicis regnum. Prc cujus meritis concède nobis, omnipotens Deus : ut a malis omnibus tuti atque defensi, tibi Domino nostro Deo Martyrum et Principi
tance dans la prédication, la patience dans les supplices. Après des verges injustes, après l'étroite prison, enchaîné au- gibet, il s'offrit à vous, ô Dieu '..comme une oblation pure. Plein de douceur, il étend ses bras vers le ciel, il embrasse l'étendard de la Croix, il y colle ses lèvres. il y pénètre les secrets de l'A- gneau. Enfin, comme on le conduisait au supplice, comme on le suspendait à la croix, il souffrait dans la chair, mais l'Esprit parlait par sa bouche. Il oublie les douleurs de la croix, en prêchant Jésus-Christ du haut de cette croix. Plus son corp-, était étendu sur le bois, plus s.i langue exaltait le Christ ;car. suspendu au bois, il se félicitait d'être associé au Christ. Il ne souffre pas qu'on le descende de la croix, dans la crainte que l'ardeur du combat qu'il soutient ne s'attiédisse. La foule le considère et se lamente ; elle veut qu'on délie les liens de celui qu'elle saitètre le médecin des âmes ; elle demande qu'on dégage le juste, dans la crainte que le peuple lui-même ne périsse pour un si grand forfait. Cependant, le martyr rend l'àme. et est admis en
fossession du royaume de éternel juge. Par ses mérites . accordez-nous , Dieu tout-puissant, d'être délivrés
et préservés de tous les maux, et de vous rendre d'éternelles louanges et actions de grâces, à vous, notre Seigneur, Dieu des Martyrs et Prince des Apôtres.
La Liturgie Mozarabe est très abondante sur les louanges de saint André, tant au Missel qu'au Bréviaire; nous nous bornons à lui emprunter la belle Oraison qui suit :
O Christ, notre Seigneur, qui avez décoré le très heureux André de la grâce de l'Apostolat et de la couronne du Martyre, lui ayant fait l'honneur d'arriver lui-même au supplice de la Croix, après avoir prêché le mystère de cette même Croix: accordeznous de devenir de très véritables amateurs de votre sainte Croix, et, nous renonçant nous-mêmes, de prendre notre croix et de vous suivre ; afin que, participant en cette vie à vos souffrances, nous méritions de parvenir à la félicité de l'éternelle vie.
CH r i s T e. Dominus noster. qui beatissimum Aniream. et Apostolatusgratia, et Martvrii decorasU corona ; hoc illi specialiter in munerc prasstans. ut Crucis prasdicanjo mysterium, ad Crucis mereretur pervenire patibulum: da nobis, ut sanctse Crucis tuae verissimi amatores effecti, abnegantes nosmetipsos tollamus crucem nostram, et sequamur te : ut passionibus tuis in hac vita communicantes, ad œternam vitam pervenire mereamur felices.
L'Eglise Grecque ne le cède à aucune de celles de l'Occident pour le zèle à célébrer les prérogatives et les mérites de saint André. II lui est même d'autant plus cher, que Constantinople le regarde comme son Apôtre tutélaire. Il serait difficile, peut-être, de justifier par des arguments sérieux la prétention
des Grecs, qui attribuent à saint André la fondation de l'Eglise de Byzance ; mais il est certain que Constantinople fut, pendant plusieurs siècles, enrichie du précieux dépôt de ses reliques. Elles y furent transportées en 357, par les soins de l'Empereur Constance, qui les déposa dans la Basilique des Apôtres bâtie par Constantin. Plus tard, vers le milieu du vie siècle, Justinien en fit une nouvelle translation, toujours dans la même Eglise. Nous empruntons aux Menées des Grecs les belles Hymnes qui suivent; la première se chante à Y Office du Soir, et la seconde à l'Office du Matin.
LUCi antelucanœ assimilatus, quem spJendorem hypostaticum Paternœ gloriae dicimus, hominum genus per suam magnam misericordiam salvare cum voluisset , tune primus, gloriose, illi occurristi, illustratus interius perfectissima ejus Deitatis claritate : unde et prœco et Apostolus vocaris Christi Dei nostri ; quem deprecare salvare et illuminare animas nostras.
Prascurrenti voce insonans, quando omnisanctum Verbum caro factum est , quando nobis vitam donavit, saiutemque in terris evangeli^avit, tune , sanctissime .
Ouand celui que 1 on compare à l'astre avant-coureur du jour, et que nous appelons la splendeur hypostatique de la gloire du Père, voulut, par sa grande miséricorde, sauver le genre humain, tu vins le premier, ô glorieux André, te présenter à lui, illuminé dans ton âme par la pure clarté de sa très parfaite Divinité; c'est pourquoi, tu es appelé et le héraut et l'Apôtre de notre Dieu, lequel daigne prier de sauver nos âmes.
Quand celui qu'avait proclamé la voix du Précurseur, le Verbe très saint, se Ht chair et nous donna la vie ; quand il apporta la bonne nouvelle du salut à la terre, tu vins te mettre à sa suite en t'oiVrant
toi-même comme prémices, comme sacrifice, et première oblation à celui que tu fis ensuite connaître, et que tu désignas à ton frère comme étant notre Dieu, lequel daigne prier de sauver nos âmes.
Quand celui qui se revêtit de notre chair dans un sein infécond, et pourtant florissant; quand le fils de la Vierge apparut, le maître de la pieté, l'auteur de la pureté;alors, très ardent amateur de la vertu, ô André ! tu fus au comble de ton bonheur; disposant dans ton cœur de sublimes élans, tu t'élevss de la gloire à la gloire ineffable du Seigneur notre Dieu, lequel daigne prier de sauver et d'éclairer nos âmes.
Tu abandonnes la pêche des poissons, ô grand Apôtre, pour pêcher les hommes avec la ligne de la prédication, leur jetant l'appât de la piété. et retiranttous les peuples de l'abîme de l'erreur, ô André, Apôtre, frère du Coryphée, glorieux, excellent et puissant Prince de la terre ; viens illuminer par ta douce mémoire ceux qui sont dans les ténèbres.
Le premier appelé à l'A- postolat, l'imitateur de votre Passion, celui qui se rendit semblable à vous, Seigneur, c'est André, Apôtre, lequel se
istud secutus es, etteip» sum primitias et sacrificium quasi primam ipsi oblationem constituisti : quem cognoscere fecisti, fratrique tuo monstrasti Deum nostrum ; hune deprecare salvare animas r.ostras.
Qui carnem e sterili florescenti induit, quando Virginalis Filius apparuit, prœceptor pietatis puritatem demonstrans, tune tu, ardentissime virtutis amator , Andréa, beatus effectua es ; ascensiones in tuo corde disponens, a glcriaingloriam sublimatus esinauditam Domini Dei nostri : quem deprecara salvare et illuminars animas nostras.
Piscium piscationem derelinquens , homines carpis calamo prœdicationis , mittens hamum pietatis, et extrahens e profundo erroris omnes Gentes, Andréa Apostole, Coryphasi frater, et terrs dux celeberrime, excellens et non deficiens ; tenebrosos homines illustra tua veneranda memoria.
Primovocatus discipulus et imitator passionis tuae , assimilatus tibi , Domine, Andréas Apostolus in abysso degentes
ignorante ohmque errantes, hamo tua; Cruciscum abstraxisset, tibimetipsi adduxit : et ideo salvati fidèles ad te clamamus precibus illius, optime Domine . vitam nostrampacinca, et salva animas nostras.
Ignis illuminans mentes et comburer.s pecoata, in corde interius arripiens Apostolus Christi discipulus fuîget mysticis radiis instructionum in Gentium tenebrosis cordibus. Urit autem iterum surculosas impiorum fabula? ; 'gnis enim Spiritus tantam habet energiam ! O mirabiliter terribile ! Ccenosa lin— gua, fictilis natura, corpus pulverinum, intellectualem et immaterialem praebuit Gnosim. Sed tu, o initiate rerum ineffabilium, et contemplator cœlestium, depre:are illuminari animas nostras.
Gaudeas. iisertumccelum, gloriam Dei passim enarrans.Pn mus Domino obediens ardenter effectus, ipsi immédiate adha^ rens. ab ipso sccensus, lumen apparuisti alterum. et degentes in tenebris, fais illuminasti
servant de vutre Croix^comme d'une ligne salutaire, retira de l'abîme de l'ignorance ceux qui y vivaient errants autrefois, et vous les amena; c'est pourquoi, nous, fidèles qui avons été sauvés, nous crions vers vous, ô Seigneur de bonté : Pacifiez notre vie et sauvez nos âmes par son intercession !
L'Apôtre discipledu Christ est un feu qui illumine les intelligences , consume les péchés et pénètre jusqu'au fond des cœurs. Il brille par les mystiques rayons de ses préceptes dans les cœurs ténébreux des Gentils. Il consume les vains rejetons des discours fabuleux des impies ; tant a d'énergie le feu de l'Esprit-Saint ! O étonnante merveille ! une langue de limon, une nature d'argile, un corps de poussière a montré àtous l'intellectuelle, l'immatérielle Gnose. Et toi, ô initié des mystères ineffables! ô contemplateur des choses céle*tes ! daigne prier le Seigneur d'illuminer nos âmes.
Réjouis-toi, 6 Ciel éloquent ! qui racontes partout la gloire de notre Dieu. Le premier tu te soumis à l'obéissance du Seigneur, tu t'attachas immédiatement à lui ; et nourri de ses divins feux, tu apparus comme une seconde lumière pouréclairer