L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 59)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 1, éd. 1911 (OCR) · 102 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

de tes rayons ceux qui vivaient dans les ténèbres, imitant ainsi la bénignité du Seigneur; c'est pourquoi nous célébrons par nos louanges ta sainte mémoire, et nous baisons avec grande joie la châsse sacrée de tes Reliques, de laquelle découle la santé et une grande miséricorde pour ceux qui t'invoquent.

Par les filets de tes oracles, tu as retiré de l'abîme de l'ignorance les peuples qui ne connaissaient point Dieu. Tu as agité les ondes comme le coursier généreux du dominateur de la mer, ô digne de toute louange ! tu as desséché l'ordure de l'impiété , û sel vénérable, en y semant ta sagesse , laquelle , ô glorieux Apôtre, remplit de stupeur et d'étonnement ceux qu'enflait une vaine et nuisible sagesse, et qui ignoraient le Seigneur qui donne au monde sa grande miséricorde.

radiis, hanc Domini benignitatem imitatus ; unde tuam omnisanctam perficimus laudem , et Reliquiarum thecam cum gaudio magno cieosculamur, ex qua scatu ritsalus petentibus et magna misericordia.

Gentes nescientes Deum quasi ex abysso ignorantiœ vivas carpsisti sagena tuorum oraculorum, salsaque commo-- ves œquora sapienter , equus optimus visus Dominatons maris , celebrande;qui siccasti putredinem impietatis, sal honorandum , spargens sapientiam tuam : quam stupentes admirati sunt, Apostole gloriose , qui malesanam sapientiam inflati amplexi erant, ignorantes Dominum donantem mundo magnam misericordiam.

TU es accouru, ô André! appelé non par la soif , mais de toi-même, comme le cerf, à la fontaine de vie. Appuyé sur la foi , tu as abreuvé aux sources incorruptibles les régions les plus éloignées , exténuées par la soif.

Accurristi siti non vocatus, Andréa, sed voluntarie , sicut cervus ad fontem vitae. Fide innixus,de incorruptionis fontibus siti fatigatas extremas usque regiones potasti.

ges. Andréa admirande. et comparticipem accef'isti fratrem, damans : nvenimus Desideratum", atque ei qui iter fecerat sc.jijdum carnis generationem, accersisti Spiritus cognitionem.

Ver bu m cun dixisset : Hic rétro met, Christum placer secutus est cum Andréa et Cephas g:nitori valedicentes, et navicul.^, et retibus. tanquam fidei propugnccula. Deifica inexhaustaque potentis omnifactoris atque flammantis Spiritus virtus in te, Andréa divine, inhabitans in igneœ linguae forma, ineffabilium te indi.avit praeconem.

Non arma ad defensionem attulit carnea, et ad destructionem terribilium inimici propugnaculorum, Andréas honoratissimus ; sed ad Christum loricatus, quas captivitate redegerat Gentes, adduxit submissas.

Tuam ineffabilem pulchritudinem Andréas videns primus. Jesu, fratrem clara voce vocavit : Petre ardenter desiderans, invenimus Messiam, qui in Lege et in Prophetis proclamatusest ; veni, verae Yitae agglutinemur.

nature, ô André l'Admirable 1 et tu as admis ton frère ea partage avec toi, en lui criant : S'ous avons trouvé le Désiré; et à celui qui marchait selon la voie de la chair, tu as procuré la connaissance de l"Esprit.

Quand le Verbe eut dit : Suivc;-7?ioi. Céphas aussi suivit le Christ avec André : tous deux disant adieu à leur père, à leur barque, à leurs fiiets, pour être les citadelles de la foi.

La déifique et inépuisable vertu du puissant auteur de toutes choses et de l'Esprit sans cesse enflammé, habitant en toi, ô divin André ! sous la forme d'une langue de feu, te fit connaître comme le héraut des ineffables vérités.

André, digne à jamais de tout honneur, n'apporta point des armes de chair pour sa défense et pour la destruction des remparts terribles de son ennemi; mais, couvert de la cuirasse, il amena soumises au Christ les nations que le Christ avait déjà rachetées de la captivité.

André, voyant le premier votre ineffable beauté , ô Jésus ! appela son frère à haute voix : Pierre, dit-il, homme brûlant de désirs , nous avens trouvé le Messie prédit dans la Loi et les Prophète-* : viens, attachons-nous à la véritable Vie.

Tu as retrouvé, pour ta récompense, celui que tu désirais, ô Apôtre André ! celui avec lequel tu as lié les gerbes de tes travaux, et tu les as dignement amassées ; c'est pourquoi nous te chantons un hymne de gloire.

Tu as désiré le Maître et tu l'as suivi, marchant à la vie sur ses traces, imitant ses souffrances jusqu'à la mort, ô André ! digne de tout honneur.

Tu as navigué tranquillement sur la mer spirituelle de la vie, ô Apôtre ! tu l'as parcourue avec la voile de l'Esprit, et la foi au Christ: c'est pourquoi tu es parvenu joyeux au port de vie pour les siècles des siècles.

Le Soleil spirituel s'étant couché par sa volonté sur la Croix, André, le grand et brillant flambeau de l'Eglise, le glorieux reflet de ce divin soleil, voulant disparaître aussi et s'éteindre dans le Christ, a été suspendu au bois.

Comme un disciple, le plus généreux de tous , de celui qui volontairement fut attaché à la Croix, tu as suivi ton Maître jusqu'à la mort, tu es monté avec joie sur les sommets de la Croix, nous traçant, ô bienheureux Apôtre, la route qui mène aux cieux.

Hune pro mercede recuperasti quem desiderabas, Andréa Apostole, ligatis cum eo laborum manipulis. tuisque digne cum eo collectis : unde te hymnis glorificamus.

Magistrum desiderasti, et illum insecutus es, qui illius vestigiis ad vitam ambulasti, et illius passiones, vere honorande Andréa, usque ad mortem imitatus.

Spiritualem vitas tranquille navigatus abyssum. Apostole, perambulasti cum vélo Spiritus, fide Christi : ideoque ad vit:e portum pervenisti gaudens in cuncta sœcuSpiritali Sole in cruce occidente voluntate propria, solis jubarcumillo quœrens dissolvi et occidere in Christum , in ligno suspensus est Andréas, fax magna et fulgida Ecclesiae.

Velut discipulus omnium optimus. illius qui voluntarie affixus est Cruci, magistrum tuum usque ad mortem secutUs, cum gaudio in altitudinem ascendisti Crucis , viam instruens ad ccelos, béate Apostole.

Gaude nunc. Bethsaida ; in te enim floruerunt e materno fonte nimis odorifera lilia, Petrus et Andréas, universo mundo fidei praedicationis odorem ferentes gratia Christi, cujus passionibus communicaverunt.

Te Patrum civitas pastorem possidet, et divinum praesidem, et periculorum omnium liberatorem, et custodem te. Andréa sapiens ; gratanter honoravit te: sed tu deprecare incessanter pro ea. ut servetur ab omni perditione.

Réjouis-toi présentement , Bethsaïda : en toi , en ton sein maternel ont fleuri les deux lis odorants. Pierre et André, qui ont .-épandu dans tout l'univers comme une suave odeur la prédication de la foi, par la grâce du Christ dont ils ont partagé la Passion.

La cité des Pères te possède comme son pasteur et son divin gouverneur, comme son libérateur dans tous les dangers et sa sentinelle vigilante, ô André, plein de sagesse ! Elle t'offre des hommages reconnaissants; et toi, prie sans cesse pour elle, afin qu'elle soit préservée de toute calamité.

L'Eglise de Constantinople, si jalouse de la gloire de saint André, ne garda pas toujours le précieux dépôt de sa dépouille mortelle. Elle fut privée de ce trésor en 12 10, lors de la prise de cette ville par les Croisés. Le Cardinal Pierre de Capoue, Légat Apostolique, transporta le corps du saint Apô;re dans la Cathédrale d'Amalfi, au royaume de Naples, où il repose encore, illustre par des miracles sans nombre et environné des témoignages de la vénération des peuples. On sait qu'à la même époque, les plus précieuses reliques de l'Eglise grecque passèrent, par un visible jugement de Dieu, entre les mains des Latins. Byzance méconnut ces redoutables avertissements, et persista dans l'orgueil de son schisme. Elle avait néanmoins conSaint André, Apôtre. 33 1

serve le Chef du saint Apôtre, sans doute parce que, dans les diverses Translations qui avaient eu lieu, il avait été réservé dans un reliquaire à part. Lors de la destruct;on de l'Empire Byzantin par les Turcs, la Providence disposa les événements de manière à enrichir l'Eglise de Rome d'une si précieuse relique. En 1462, le Chef de saint André fut donc apporté de Grèce par le célèbre Cardinal Bessarion, et le douze Avril de cette même année, Dimanche des Rameaux, l'héroïque Pape Pie II l'alla chercher en grande pompe jusqu'au Pont Milvius {Ponte Molle) et le déposa dans la Basilique de Saint-Pierre, au Vatican, où il est encore aujourd'hui, près de la Confession du Prince des Apôtres. A l'aspect de ce Chef vénérable, Pie II se sentit transporté d'un enthousiasme religieux, et avant de lever un si glorieux fardeau pour ^introduire dans Rome, il prononça le magnifique discours que nous allons rapporter ici, comme un complément des éloges liturgiques que les diverse s Eglises ont prodigués à saint André :

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