L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 67)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 1, éd. 1911 (OCR) · 102 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Sponsum tuurn Christum adamata, lampadis tuae fulgore prœparato, virtutibus refulsisti, laude digna : unde ingressa es cum eo ad nuptias, ab eo recipiens certarainis coronam : sed a periculis libéra nos célébrantes, Barbara, tui memoriam.

Tribus ostiolis lavacrum illustrari jubens, mvstice indicasti Baptisma. o Barbara. Trinitatis lumine animabus splendidam suppetens purgationem.

Furore terribili patris declinato. Barbaram statim se scindens mons recepit, ut olim illustrera Protomartyrem Theclam , miraculum opérante Christo.

Gladio te, martyr Barbara , immolans pater . Abraham alter, sed diabolo favit.

furent saisis de stupeur, en te voyant affronter les coups des bourreaux, les liens, les tortures, la prison, ô Barbe très illustre ! C'est pourquoi. Dieu t'a récompensée de la couronne désirée ; tu as fourni la carrière avec courage, et le Seigneur a cicatrisé tes plaies.

Amante fidèle du Christ ton Epoux, tu as avec soin préparé ta lampe, jetant autour de toi l'éclat de tes vertus, ô digne de toutes louanges I C'est pourquoi , tu es entrée avec lui aux noces, recevant de sa main la couronne du combat. Délivrenous de tous maux, nous qui célébrons, ô Barbe, ta mémoire.

Tu fis éclairer le bain par trois ouvertures, pour expliquer mystiquement le Baptême, qui procure aux âmes une éclatante purification , par la vive lumière de la Trinité.

Pour la soustraire à la colère d'un père furieux, une montagne ouvre à Barbe ses flancs, comme il arriva autrefois à Thècle l'illustre Protomartyre, par la vertu miraculeuse du Christ.

Ton père, ô Barbe, illustre martyre . t'immole avec le glaive, comme un second Abraham ; mais c'est au culte du diable qu'il est voué.

inaccessible lumière, s'apparut à toi, ô Barbe, dans ta prison, pour ranimer ta confiance, cicatriser ta chair sillonnée par les coups et t'apporter la joie ; et l'amour ide ton Epoux te donna des ailes.

Quand tu fus livrée pour le Christ à une honteuse nudité, un Ange de lumière te revêtit, ainsi qu'une Epouse, d'une robe éclatante pour couvrir tes blessures ; et tu as été parée, ô martyre, du vêtement de gloire en lequel s'opère la transmutation.

Votre prophétie, ô Christ, a été manifestement accomplie : car voici le père qui traîne sa fille à la mort ; il se fait lui-même l'artisan d'un tel meurtre ; mais bientôt ce père dénaturé d'une martyre est miraculeusement consumé par le feu du ciel.

Entrée dans la carrière des athlètes, tu as résisté à l'injuste volonté de ton père, ô digne de tout honneur ! et, vierge sage, tu es sortie la lampe à la main, pour gagner le palais de ton Seigneur. Martyre généreuse, tu as reçu la grâce de guérir de la peste ; délivre-nous, par tes prières auprès de Dieu, de toutes douleurs en nos âmes, nous qui chantons des hymnes en ton honneur.

lumine inaccessibili tibi inclusse, o Barbara, in carcere, ut confidentem te incitans , et vibices sanans et laetitiam praebens : unde alas accepisti Sponsi tui amore.

Angélus fulgidus ta, propter Christum denudatam, veneranda Barbara, vestivit, ut sponsam, veste splendida quas vulnera texit ; stolam enim induisti divinam afferentem mutationem.

Demonstrata est evidenter, Christe, prophetia tua adimpleta : pater namque filiam ad caedem tradit, ipse artifex jugulationis ; qui improbus genitor tuœ martyris stupendo modo e cœlo igné consumitur.

Athleticam ingressa viam, paternam renuisti voluntatem, tota honorabilis , et virgo quidem sapiens lampademferens, egressa es ad mansiones Domini tui ; et ut Martyr generosa , gratiam accepisti sanandi carnis putidam pestilentiam : et nos hymnificantes te, spiritualibus doloribus libéra tuis ad Deum precibus.

Nous venons joindre notre faible voix à celle de tant d'Eglises, ô Vierge fidèle ! et

vous offrir à la fois nos louanges et nos prières. Voici que le Seigneur vient, et nous sommes dans la nuit : daignez donner à notre lampe et la lumière qui doit guider nos pas, et l'huile qui entretient la lumière. Vous savez que celui qui est venu pour vous, et avec qui vous êtes éternellement, s'approche pour nous visiter; obtenez que nul obstacle ne nous empêche d'aller au-devant de lui. Que notre vol vers lui soit courageux et rapide comme fut le vôtre ; et que, réunis à lui, nous ne nous en séparions plus: car celui qui vient est véritablement le centre de toute créature. Priez aussi, ô glorieuse Martvre, afin que la foi dans la divine Trinité brille en ce monde d'un éclat toujours croissant. Que Satan, notre ennemi, soit confondu, lorsque toute langue confessera la Triple lumière figurée par les fenêtres de votre tour, et la croix victorieuse qui a sanctifié les eaux. Souvenez-vous, Vierge chérie de l'Epoux, qu'en vos mains pacifiques a été remis le pouvoir, non de lancer la foudre, mais de la retenir et de la détourner. Protégez nos navires contre les feux du ciel et contre ceux de la guerre. Couvrez de votre protection les arsenaux qui renferment la défense de la patrie. Entendez la voix de tous ceux qui vous invoquent, soit qu'elle monte vers vous du sein de la tempête, soit qu'elle parte des entrailles de la terre ; et sauveznous tous du terrible châtiment de la mort subite.

surface de la terre, divisées de mœurs, de langage et d'intérêts, - mais réunies dans l'attente du libérateur qui doit bientôt paraître. Ni la profonde corruption des peuples, ni tant de siècles écoulés depuis l'âge des traditions, n'ont pu effacer en eux cette espérance. En ce moment même où le monde va tomber en dissolution, un symptôme de vie se révèle ; un cri se fait entendre par toute la terre: le Roi universel est sur le point de paraître; un Empire nouveau, saint et éternel, va réunir à jamais les nations. C'est ainsi, ô Sauveur ! que sur son lit de mort, Jacob l'avait annoncé, lorsque, parlant de vous, il avait dit : // sera l'attente des nations. Les hommes ont bien pu se plonger dans toutes sortes de dégradations : ils n'ont pu faire mentir cet oracle. Les voilà forcés de confesser leur incurable misère, en exprimant cette attente prophétique d'un sort meilleur. Venez donc, ô Fils de Dieu ! recueillir cette étincelle d'espérance ; c'est le dernier hommage que l'ancien monde vous offre en périssant. L'attente d'un Libérateur est le lien qui réunit en un seul tout les deux grandes fractions de la vie de Thumanite, avant et après votre Naissance. Mais, ô Jésus ! si le monde païen, du milieu de ses crimes et de ses erreurs, a eu encore un soupir vers vous, que ferons-nous, héritiers des promesses, en ces jours où vous vous apprêtez à venir prendre possession de nos âmes déjà initiées ? Faites que nos cœurs vous aiment déjà, ô Jésus, quand vous viendrez les visiter. Cultivez leur attente, nourrissez leur foi, et venez.

spectamus Dominum Jesum Christum ; * Qui reformabit corpus humilitatis nostrse configuratum corpori claritatissuse. f. Sobrie, juste et pie vivamus in hoc sœculo, exspectantes beatarn spem, et Adventum gloria? magni Dei, * Qui reformabit corpus humilitatis nostrae configuratum corpori claritatis suse.

a \T ous attendons le Sau^' IN veur, notre Seigneur Jésus-Christ : * Qui transformera notre corps vil et abject, en le rendant conforme à son corps glorieux, f. Vivons dans le siècle présent avec tempérance, justice et piété, dans l'attente du bonheur que nous espérons, et de l'Avènement glorieux du grand Dieu, * Qui transformera notre corps vil et abject, en le rendant conforme à son corps glorieux.

L'mffi? R^°m,ain^>se borne aujourd'hui à a- 1 Office de la Fene ; mais elle y joint la Commémoration de saint Sabbas, Âbbe de la fameuse Laure de Palestine, qui subsiste encore aujourd'hui sous son nom? Ce Saint gui mourut en 533, est le seul personnage dé

ion Jn Z°naniïUe d,°nt rESlise fasse Lennon en ses Offices dans tout le cours de Avent ; on pourrait même dire que parmi les simples Confesseurs, saint Sabbas est le seul dont on lise le nom au Calendrier liturgique en cette partie de l'année, puisque le glorieux titre d'Apôtre des Indes semble ? nar? n^ F/an^oh Xavier d^s une classe A??ÏÀ- NousDdevo]ls v°ir en ceci l'intention de la divine Providence qui, pour produire une plus salutaire impression sur Je peuple chrétien, s'est appliquée à choisir, d'une manière caractéristique, les Saints qui devaient être proposés à notre imitation dans ces jours de préparation à la venue du g^ur. Nous y trouvons des Apôtres, des Pontifes des Docteurs, des Vierges, glorieux cortège du Christ Dieu, Roi et Epoux il simple Confession n'y est représentée que par un seul homme, par l'Anachorète et Cénobite Sabbas, personnage qui, du moins, par sa profession monastique, se rattache à tlie et aux autres solitaires de l'ancienne

Alliance, dont la chaîne mystique vient aboutir à Jean le Précurseur. Honorons donc ce grand Abbé, pour lequel l'Eglise grecque professe une vénération filiale, et sous l'invocation duquel Rome a placé une de ses Eglises; et appuyons-nous de son suffrage auprès de Dieu, en disant avec la sainte Liturgie '

INTERCESSio nos, quœ- sumus Domine, beati Sabbœ Abbatis commendet, ut quod nostris meritis non valemus, ejus patrocinio assequamur. Fer Christum Dominum nostrum. Amen.

QUE l'intercession, Seigneur, du bienheureux Sabbas nous recommande , s'il vous plaît, auprès de vous ; afin que nous obtenions, par son patronage, ce que nous ne pouvons prétendre par nos mérites. Par Jésus - Christ notre Seigneur. Amen.

Glorieux Sabbas, homme de désirs, qui, dans l'attente de celui qui a dit à ses serviteurs de veiller jusqu'à sa venue, vous êtes retiré au désert, de peur que les bruits du monde ne vinssent vous distraire de vos espérances, ayez pitié de nous qui, au milieu du siècle et livrés à toutes ses préoccupations, avons cependant reçu, comme vous, l'avertissement de nous tenir prêts pour l'arrivée de celui que vous aimiez comme Sauveur, et que vous craigniez comme Juge. Priez, afin que nous soyons dignes d'aller" au-devant de lui , quand il va "paraître. Souvenez-vous aussi de l'Etat monastique, dont vous êtes l'un des principaux ornements : relevez ses ruines au milieu de nous; suscitez des hommes de prière et de foi comme aux anciens jours ; que votre esprit se repose sur eux, et

qu'ainsi l'Eglise, veuve d'une partie de sa gloire, la recouvre par votre intercession.

Considérons encore la Prophétie du Patriarche Jacob, qui n'annonce pas seulement que le Messie doit être V attente des nations, mais exprime aussi que le sceptre sera été de Juda, à l'époque où paraîtra le Libérateur promis. L'oracle est maintenant accompli. Les étendards de César Auguste flottent sur les remparts de Jérusalem; et si le Temple a été réservé jusqu'à ce jour, si l'abomination de la désolation n'a pas. encore été établie dans le lieu saint, si le sacrifice n'a pas encore été interrompu, c'est que le véritable Temple de Dieu, le Verbe incarné, n'a pas non plus été inauguré ; la Synagogue n'a pas renié celui qu'elle attendait; l'Hostie qui doit remplacer toutes les autres n'a pas encore été immolée. Mais Juda n'a plus de chef de sa race, la monnaie de César circule dans toute la Palestine; et le jour est proche où les chefs du peuple juif confesseront, devant un gouverneur romain, qu'il ne leur est pas permis défaire mourir qui que ce soit. Il n'y a donc plus de Roi sur le trône de David et de Salomon, sur ce trône qui devait durer à jamais O Christ! Fils de David, Roi Pacifique, il est temps que vous paraissiez et veniez prendre ce sceptre arraché par la victoire aux mains de Juda, et dépose pour quelques jours en celles d'un Empereur. Venez ; car vous êtes Roi, et le Psalmiste, votre aïeul, a chanté de vous: « Ceignez votre épée sur votre cuisse, ô très « vaillant! Montrez votre beauté et votre

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