L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 90)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 1, éd. 1911 (OCR) · 102 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Ave. mitis, Ave, dulcis, Ave, pia, Ave, !a?ta. Ave, lucidissima.

Ave, porta, Ave, virga, Ave, rubuc, Ave, vellus, Ave, felicissima.

Ave, clara cœli gemma, Ave, aima Christi cella, Ave, venustissima.

Ave, virga Jesse data, Ave. scala cœli facta, Ave, nobilissima.

Ave, stirpe generosa, Ave, proie gloriosa, Ave, feetu gaudiosa, Ave, excellentissima.

Ave. Virgo singularis, Ave, dulce salutaris, Ave, digna admirari, Ave. admirandissima.

Ave, turtur, tu qua; munda Castitate, sed fœcunda Charitate. tu columba,

Ave.mundi iniperatrix, Ave, nostra mediatrix. Ave.mundi sublevatrix. Ave, nostrum gsudium.

Salut, o tourterelle pure en î, mais féconde en charité : colombe très pudique.

Salut, impératrice du monde ; salut, notre médiatrice ; salut, protectrice du monde ; salut, ô notre joie !

•JVTUNTIATAM ecce vocem iN jucunditatis et laetitiae.quam de tua, Christe. Incarnati<>ne audivimus : ut in nobis dulciori efficiamur charitate fruentiores. imploramus tuae magnitudinis expectantes potentiam : ut ita in nobis vocis hujus effectus usquequaque prœpolleat, ut non confundamur in ea, quum manifestata nobis fuerit gloria tua. Amen.

La joyeuse et agréable nouvelle de votre Incarnation, ô Christ, frappe nos oreilles ; daignez, nous vous en supplions, nous remplir avec abondance des douceurs de la charité, nous qui virons dans l'attente de la manifestation de votre puissance et de votre grandeur; afin que l'heureux effet de cette nouvelle se reproduisant en nous et s'y développant, H soyons point confondus, au jour où apparaîtra votre Amen.

Considérons la très pure Marie ayant conçu dans son sein le Verbe de Vie, et toute remplie des sentiments que lui inspirent sa religion profonde envers le souverain Seigneur, et son ineffable tendresse de mère envers un tel fils. Admirons une si haute di' gnité, rendons-lui hommage, et glorifions la Mère d'un Dieu. En elle s'accomplissent et la prophétie d'Isaïe : Une Vierge concevra et enfantera un Fils ; et celle de Jérémie : Le Seigneur a créé quelque chose de nvuveau sur la terre : une Femme environnera un Homme ; oracles que les Gentils eux-mêmes avaient mystérieusement recueillis : en sorte que la gloire de la cité des Carnutes d'avoir dédié un autel à la Vierge qui devait enfanter, Virgini pariturœ, loin d'être douteuse, comme elle le parut aux yeux d'un siècle plus ignorant encore que rationaliste, doit être également attribuée à plusieurs autres villes de l'Occident. Mais qui pourrait raconter la dignité de cette Vierge qui porte en ses flancs bénis le Salut du Monde ? Si Moïse, sortant d'un simple entretien avec Dieu, reparut aux yeux du peuple d'Israël la tête encore environnée des rayons de la majesté de Jéhovah, quelle auréolé devait entourer Marie, renier520 L'A voit.

mant en elle, comme un ciel vivant, le souverain Seigneur lui-même ? Mais la divine Sagesse tempérait cet éclat aux yeux des hommes, afin que l'humilité que le Fils de Dieu avait choisie comme le moyen de se manifester à eux, ne fût pas dès' l'abord anéantie par la gloire prématurée qui eût éclaté dans sa Mère.

Les sentiments du Cœur de Marie durant ces neuf mois de son union ineffable avec le Verbe divin, nous sont retracés au sacré Cantique , lorsque l'Epouse dit dans son ivresse : « Me voici établie à l'ombre de ce« lui que je désirais, et son fruit est doux à <( ma bouche ; si je dors, mon cœur veille. ■ Mon àme se fond au bruit de la voix de « mon Bien-Aimé ; je suis à lui et il est à « moi, celui qui paît entre les lis de ma vir« ginité, jusqu'à ce que le jour de sa Nati« vite se lève, et que les ombres du péché a disparaissent enhn. » Mais souvent aussi, trop faible dans sa mortalité pour soutenir l'amour qui l'oppresse, elle s'écrie aux âmes pieuses, sescompagnes: «Ofillesde Jérusalem! « couvrez-moi de fleurs, environnez-moi de « fruits odorants ; car je languis d'amour. » — « Cette douce parole, dit le vénérable Pierre « de Celles dans son Sermon pour la Vigile « de Noël, cette douce parole est celle" de a l'Epouse qui habite dans les jardins, et qui c voit approcher le temps de son enfantement « divin. Quoi de plus aimable entre toutes « les créatures que cette Vierge, l'amante du « Seigneur, mais premièrement aimée de lui ? « C'est elle qui, dans le Cantique, est appelée a la biche à jamais chérie. Quoi de plus ai5e Jour dans VOct de Vlmmac. Concept. 52 i

« mable aussi que ce Fils de Dieu, ne éter« nellement, et éternellement aimé ; formé, « comme dit l'Apôtre, à la lin des temps, au « sein de la bien-aimée, et devenu, suivant ce l'expression du Cantique, le faon, objet de ce sa tendresse ? Cueillons donc, et prépa« rons nos fleurs, pour les offrir au fils et à « la mère. Mais voici les rieurs que nous prête senterons en particulier à Notre-Dame. « Purifions et renouvelons nos corps par Jé« sus, qui dit être la Fleur des champs et le « Lis des vallons, et efforçons-nous d'appro« cher de lui par la chasteté. Puis, défendons « la fleur de pureté de tout contact étranger; « car elle se fane, et s'effeuille en un instant, « si on l'expose au moindre souffle. Lavons « nos mains pour l'offrir dans l'innocence ; et « d'un cœur pur, d'un corps chaste, d'une « bouche sanctifiée, d'une âme intacte, cueil« Ions au jardin du Seigneur les fleurs nou« velles, pour la nouvelle Nativité du nou« veau Roi ; environnons de ces fleurs la « Sainte des Saintes, la Vierge des Vierges, « la Reine des Reines, la Dame des Dames, « pour mériter d'avoir notre part en son Ente lanternent. »

Salut, Vierge gracieuse, Vierge-Mère glorieuse, Mère du Roi de gloire I

Ave, Virgo gratiosa, Virgo Mater gloriosa, Mater Régis gloria;.

O oliva fructifera. Tu pietatis viscera Nulli claudis hominum.

Ave, Virgo Mater Dei. Tu superni Sol diei, Et mundi noctis Luna.

Clementior prae cseteris, Suecurre nobis miseris. Mortalium spes unica.

Ave, decus virginale, Templum Dei spéciale ! Per te fiât veniale Omne quod committimus.

Tu nobis es singularis : Tu nos ducas, Stella maris : Tu nos semper tuearis : En ad te confugimus.

Ad te. pia, suspiramus. Si non ducis, deviamus : Ergo doce quid aga" mus .

qui nous vint la vie du monde, le Christ, Soleil de justice 1

Branche d'olivier chargée de fruits ! les entrailles de votre tendresse ne sont fermées à aucun mortel.

Dans notre exil, vous nous réjouissez, lorsque, vigne féconde, vous produisez pour fruit le Sauveur, le Seigneur.

Salut. Vierge Mère d'un Dieu ! Soleil du jour céleste, Lune dans la nuit de ce monde !

Clémente par-dessus toutes les mères, secourez-nous, malheureux que nous sommes, ô unique espérance des

Salut, honneur de virginité, temple à Dieu seul réserve ! rendez pardonnables toutes nos offenses.

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