L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 93)
Decantemu? in bac die Semper Virginis Marice Laudes et prseconia.
Psalle, psalle, nisu toto, Cordis. oris. voce, voto : Ave, plena gratia !
Ave. Domina ccelorum, Inexperta viri torum, Parens paris nescia.
journée est solenV^ nelle ; on y célèbre la métnoire de la ^lère de Dieu.
En ce jour, chantons les louanges et les gloires de Marie toujours Vierge.
Chantez, chantez de tout effort, de cœur, de bouche, de la voix et par tous les vœux : Salut, pleine de grâce !
Salut. Dame des cieux ! ^ans connaître d'alliance humaine, incomparable Mère, vous enfantez le Sauveur.
Féconde sans le concours de l'homme, vous avez engendre, ô prodige ! votre père, vous sa fille.
Fusa cœli rore tellus, Fusum Gedeonis vellus Deitatis pluvia.
Jardin fleuri sous le soaffle de l'Auster : porte close avant et depuis : voie inaccessible ' l'homme.
Splendeur du firmament, salut ! illuminez d'en haut les ténébreuse--, profondeurs de notre âme.
Etoile de la mer, calmez ses flots ; que l'orage ne nous enlève pas, ni la tempête qui s'approche. Amen.
Salve, splendor firmamenti : Tu caliginosa? menti Desuper irradia.
Plaça mare, maris Stella, Ne involvat nos procella Et tempestas obvia.
PEUPLE, voyez-vous Elisabeth dans sa dispute d'humilité avec Marie Mère de Dieu : Pourquoi êtes-vous venue à moi, ô mère de mon Seigneur ? Certes, si je l'eusse connu, je serais venue à votre rencontre. Car vous portez le Roi, et moi le Prophète : le Législateur, et moi celui qui reçoit la Loi : le Verbe, et moi seulement la Voix qui proclame l'Avènement du Sauveur.
Videsne Elisabeth cura Dei Génitrice Maria disputantem : Quid ad me venisti. Mater Domini mei ? Si enim scirem. in tuum venirem occursum. Tu enim Regnatorem portas, et ego Prophetam : tu legem dantem, et ego legem accipientem : tu Verbum, et ego Vocem proclamantis Adventum Salvatoris.
Considérons la très pure Marie , dans la maison de sainte Elisabeth, rendant avec une ineffable charité toute sorte de service à sa bienheureuse cousine, la favorisant de ses doux entretiens, assistant à la glorieuse Nativité de saint Jean-Baptiste, et enfin retournant, après son ministère rempli, dans son humble demeure de Nazareth. Mais pour mieux pénétrer tous ces divins mystères, empruntons encore le secours du Docteur Séraphique :
« Adoncques, son terme arrivant, Elisabeth « accoucha d'un fils, lequel Notre-Dame leva « de terre et apprêta soigneusement, pour « autant qu'il était expédient. Or, le petit re« gardait icelle, comme s'il eût eu jà de l'en« tendement; et quand elle voulait le don« ner à sa mère, il se détournait la tète devers « notredite Dame, et ne se plaisait que sur « elle ; et elle, de son côté, se jouait gaiement « avecque lui. l'embrassait et baisait joyeuse« ment. Considérez la magnificence de Jehan : « jamais oncques nul poupon n'eut telle porte teuse. L'on compta maints autres privilèges « d'icelui, sur lesquels je n'insiste pas pour « le présent.
« Or, le jour huitième, fut circoncis l'enfant, « et fut nommé Jehan. Pour lors, fut ouverte
« la bouche de Zacharie, et il prophétisa, di« sant : Béni le Seigneur Dieu d'Israël! et « c'est ainsi qu'en icelle maison furent faits « ces deux très beaux Cantiques ; à savoir, le « Magnificat et le Benedictus. Cependant Noe tre-Dame se tenant derrière une courtine, « à ce qu'elle ne fût /ue des hommes qui « s'étaient assemblés pour la circoncision de « Jehan, écoutait attentivement le présent « Cantique, en lequel était mention de son « Fils, et recueillait toutes choses en son « coeur, moult sagement. Finalement, disant « adieu à Elisabeth, à Zacharie, et puis, bé« nissant Jehan, elle s'en retourna avecque « son époux à la maison de son habitation, « en Nazareth. En cette présente réversion, « rappelle en ton esprit la pauvreté d'icelle. " Elle s'en retourne, en effet, vers une maison « où elle ne va trouver ni pain, ni vin, ni « autres nécessaires; joint à cela, qu'elle n'a<-( vait ni chevance, ni pécune. Or, elle a « demeuré ces trois mois durant chez les hon« nêtes personnes que nous venons de dire, o lesquelles, peut-être bien, étaient riches: a mais à cette heure la voilà qui revient à sa « pauvreté, et qui, pour se procurer le vivre, « s'en va travailler de ses propres mains. « Compatis à icelle, enfiamme-toi en l'amour « de pauvreté. »
SAI.UT, Vierge glorieuse, reflet du Ciel, Rose du monde, Lis de virginité 1
Spes reorum. o Maria, Redemptoris Mater pia, Redemptorum gloria.
Finis lethi, vit» via ; Tibi triplex Hierarchia Digna dat praeconia.
Virga Jesse florida, Steila^maris lucida, Sidus verae lucis.
Fructura vitae proferens. Et ad portum transferens Salutis, quod ducis.
Florens hortus, cegris gratus, Puritatis fons signntus, Dans fluenta gratis.
Thronus veri Salomonis, Quem prasclaris cœli donis Crnavit Rex gloriae.
O regina pietatis. Et totius sanctitatis Flumen indeficiens.
In te salva confidentes, Salutari sitientes Potu nos reficiens.
Salut, Perle précieu:-e. plus splendide que le soleil ; joie des cœurs purs !