L'Année liturgique — L'Avent (t. 1) (page 94)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 1, éd. 1911 (OCR) · 102 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Vous êtes l'espoir des pécheurs, Marie ! la tendre Mère du Rédempteur, la gloire des âmes rache: .

A vous finit la mort, commence la vie : à vous, les trois Hiérarchies offrent de dignes hommeges.

Branche fleurie de Jessé, radieuse Etoile de la mer, astre de vraie lumière !

Vous portez le Fruit de vie; et tout ce que votre main conduit, arrive au port du salut.

Jardin fleuri, doux aux malades, Fontaine de pureté toujours scellée, d'où jaillissent les eaux de la grâce !

Trône du vrai Salomott, que le Roi de gloire a enrichi des plus magnifioues dons du ciel1!

O reine de piété et de toute sainteté; fleuve intarissable !

Sauvez ceux qui se confient en vous, et du breu^lut étanchez notre

Vers vous, pleurant, nous soupirons ; guidez nos âmes, nous vous supplions, nous, malheureux enfants d'Eve.

Considérez avec clémence, de l'œil de votre bonté, l'état de notre misère.

Vase embaumé de tous les parfums ; Trésor de toutes les grâces du salut !

Exhalez en nous vos suavités, et répandez sur nous la grâce qui vous enrichit.

Bonne Mère du doux Jésus, Salut du monde, Dame aes célestes habitants!

Donnez-nous une paix sans fin, et transportez-nous dans les clartés d'en haut après ce sombre exil. Amen.

Ad te fientes suspiramus, Rege mentes, invocamus, Eva; proies misera.

Statum nostrse paupertatis, Vultu tua; bonitatis,'" Clementer considéra.

Tuam nobis fragrantiam Spirans, infunde gratiam I Qua ditaris.

Dulcis Jesu Mater bona, Mundi salus, et Matrona Supernorum civium.

Pacem confer sempiternam, Et ad lucem nos supernam Transfer post exilium.

(Bréviaire Mozarabe, au Vendredi de la IIe semaine de ï A vent, Capitula.)

ROI désirable, Seigneur Jésus-Christ , purifieznous, comme un feu ardent, des scories de nos péchés ; rendez-nous comme un or épuré, comme un argent déDominator desiderabilis, Domine Jesu Christe, quasi ignis conflans ab scoriis peccaminum nos absterge : et quasi aurum purum arVA vent.

gentumque purgatum. nos effice ; tuoque inspiramine, ad quaerendum te jugiter, corda nostra succende : ut ad te ardenter nostra desideria anhelent, tibique conjungi tota aviditate festinenL Amen.

gagé de tout alliage ; par vos inspirations, enflammez nos cœurs à vous chercher sans cesso, afin que nos désirs s'élèvent vers vous avec ardeur, et que nos âmes soient avides d'être unies à vous. Amen.

Ge jour qui est le huitième à partir de celui où nous avons célébré l'Immaculée Conception de Marie, s'appelle proprement l'Octave ; tandis que les jours précédents étaient désignés simplement sous le nom de jours dans VOctave. L'usage de célébrer durant une semaine entière les principales Fêtes est du nombre de ceux qui ont passé de la Synagogue dans l'Eglise chrétienne. Le Seigneur avait dit dans le Lévitique : « Le premier « jour de la fête sera le plus solennel et le « plus saint ; vous n'y ferez aucune œuvre « servile. Le huitième jour sera aussi très so« lennel et très saint ; vous y offrirez un holo« causte au Seigneur; ce sera un jour d'assem« blée, et vous n'y ferez point non plus d'œu« vre servile. » Nous lisons pareillement dans les Livres des Rois, que Salomon ayant convoqué tout Israël à Jérusalem, pour la Dédicace du Temple, ne renvoya le peuple qu'au huitième jour.

Les livres du Nouveau Testament nous apprennent que cette coutume était encore observée au temps de notre Seigneur, qui autorisa par son exemple ce genre de solennité. En effet, il est dit dans saint Jean que Jésus vint une fois prendre part à quel54 S VA vent.

qu'une des Fêtes de la Loi, seulement au milieu de VOctave ; et le même Evangéliste remarque, en un autre endroit, que lorsqu'on entendit le Sauveur, dans la Fête de Pâques, crier au peuple : Qjie celui qui a soif vienne à moi, et il se désaltérera, ce jour était le dernier jour de la fête, le jour de VOctave.

Dans l'Eglise chrétienne, on solennise deux sortes d'Octaves : les Octaves privilégiées, et les Octaves non privilégiées. Les premières sont si solennelles, qu'il n'est pas permis d'y célébrer les Fêtes des Saints qui viendraient à s'y rencontrer ; on en fait une simple mémoire, ou on les transfère après VOctave. Il est défendu pareillement d'y dire la Messe des Morts, si ce n'est en présence du corps d'un défunt qu'il faut inhumer. Les Octaves non privilégiées admettent les fêtes qui se rencontrent, pourvu qu'elles soient du degré semi-double et au-dessus ; mais, dans ce cas, on fait toujours mémoire de l'Octave dans l'Office et à la Messe de la Fête qui s'est trouvée l'emporter sur l'Octave, à moins que la Fête ne fût elle-même d'un degré tout à fait supérieur.

L'Octave de l'Immaculée Conception, la première des Octaves qui se rencontre sur le Cycle, n'est pas privilégiée. Elle cède, non seulement au Dimanche, mais aux fêtes de saint Damase et de sainte Lucie, et aux diverses fêtes locales du même degré.

Saluons encore une fois le haut Mystère de Marie conçue sans péché ; notre Emmanuel aime à voir glorifier sa Mère. N'est-ce pas pour lui qu'elle a été créée, pour lui que le lever radieux de cet astre si pur a été préparé de

toute éternité ? Quand nous exaltons la Conception immaculée de Marie, nous rendons honneur à la divine Incarnation. Jésus et Marie sont inséparables ; Isaïe nous l'a dit : elle est la branche, il est la fleur.

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