L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 100)
R). Cesse tes plaintes, ô Racket ! cesse de pleurer sur la fleur de ce monde, que le monde a brisée ; Thomas immolé, enseveli, est un nouvel Abel qui succède à l'ancien.
A Ç A l u t, Thomas ! **3 sceptre de justice, splendeur du monde, vigueur de l'Eglise, amour du peuple, délices du clergé. Tuteur fidèle du troupeau, salut ! daignez sauver ceux qui applaudissent à votre gloire.
Nous empruntons au même Bréviaire de Salisbury le Répons qui suit. Il est remarquable, dans sa forme, par l'insertion d'une Prose entière en manière de Verset, après laquelle la Réclame revient, selon l'usage du xive siècle. Nous n'avons pas besoin de relever la beauté naïve de cette pièce liturgique.
a 1 acet granum op^'J pressum paîea, justus caesus pravorum framea,
Ant Pastor, .caesus 1 in gregis medio, pacem émit cruoris pretio : laetus dolor in tristi gaudio ! Grex respirât, pastore mortuo : plangens plaudit mater in fiho, quia vivit victor sub gladio.
fl|. Mundi florem a mundo conteri, Rachel plorans, jam cessa conqueri ; Thomas caesus dum datur funeri, novus Abel succedit veteri.
Ant <S avve >Thoma> »J virga justitiae, mundi jubar , robur Ecclesiae , plebis amor, cleri delicias. Salve, gregis tutor egregie, salva tuas gaudentes glorias.
^' L par la paille ; le juste est immolé par l'épée des méchants :
Fit pastoris caede sanguinea. Pavimenta Christi marmorea Sacro madent cruore rubea. Martyr , vitae donatus
succombe dans la vigne même, le capitaine dans son camp, le cultivateur dans son aire.
De cette vigne que le Christ, sous le manteau de la chair, a choisie pour sienne.
L'Eglise de France témoigna aussi par la Liturgie sa vive admiration pour l'illustre Martyr. Adam de Saint-Victor composa jusqu'à trois Séquences pour célébrer un si noble triomphe. Nous donnerons ici les deux plus belles. Elles respirent la plus ardente sympathie pour le sublime athlète de CanSaint Thomas, Archev. de Cantorbéry 43 g
torbéry, et montrent à quel point était chère la Liberté de l'Eglise aux fidèles de ces temps, et comment la cause dont saint Thomas fut le martyr était regardée alors comme celle de la société chrétienne tout entière. Obligé de nous restreindre, nous regrettons de ne pouvoir insérer ici la belle Pi ose des Missels de Liège : Laureata novo Thoma.
Réjouis-toi, Sion, et sois dans l'allégresse ; par tes chants , par tes vœux . éclate dans une solennelle réjouissance.
Ton pasteur Thomas est égorgé ; pour toi, ô Christ ! iL est immolé , comme une hostie salutaire.
Archevêque et légat, nul degré d'honneur n'a enflé son âme.
Dispensâtes- fidèle du souverain Roi, pour avoir défendu son troupeau , il est condamné à l'exil.
Il combat avec les armes du pasteur : il est ceint du glaive spirituel ; il a mérité le triomphe.
Pour la loi de son Dieu, pour le salut de ses brebis, il a voulu combattre et mourir.
Çh AUDE, Sion, et lae[ tare, oce, voto jocundare Solemni 'aetitia.
Tuus Thomas trucidatur : Pro te, Christe, immolatur Salutaris hostia.
Archipraesul et legatus, Nullo tamen est elatus Honoris fastigio.
Dispensator summi Régis Pro tutela sui gregis Damnatur exilio.
Telo certans pastorali, Ense cinctus spiritali, Triumphare meruit.
Hic pro Dei sui lege, Et pro suo mori grege, Decertare studuit.
Tune rectore desolatam. Et pastore viduatam, Se plangebat Cantua.
Versa vice, plausu miro, Exsultavit tanto viro Senonensis Gallia.
Quo absente infirmatur, Infirmata conculcatur Libertas Ecclesiae.
Sic nos, pastor, reliquisti, Nec a vero recessisti Tramite justitiae.
Quondam ccetu curiali Primas eras, et regali Militans palatio.