L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 109)
Père qui portes Dieu, Silvestre ! visible colonne de feu, qui t'avances d'un pa-> sacré, à la tète de la sainte armée; nuée d^t 1 ombre
protège . qui fais sortir les fidèles des erreurs de l'Egypte par tes enseignements infaillibles , nous vénérons ta glorieuse et très sacrée mémoire.
Père aux paroles divines, Silvestre 1 par le torrent de tes prières, tu as arrêté et emprisonné le dragon aux mille formes. Homme admirable et sacré, tu as conduit à Dieu des multitudes de païens, tu as humilié l'audace das Juifs, opérant sous leurs yeux de grands miracles : c'est pourquoi nous t'honorons et te proclamons bienheureux.
Divinement obéissant à la loi divine, divinement orné de la science des Ecritures inspirées, tu as enseigné la vérité aux sages des païens ; tu leur as appris à confesser le Christ avec le Père et l'Esprit, et à répéter : oc Chantons au Seigneur, car il a fait éclater magnifiquement sa gloire. »
Hiérarque inspiré de Dieu, Silvestre notre père 1 tu as paru donnant l'onction aux Pontifes dans l'Esprit divin, et illuminant les peuples, ô homme très sacré ! Tu as mis en fuite l'erreur des hérésies, tu as fait paître le troupeau, et jaillir les eaux fertilisantes de la piété sur les moissons appelées à la connaissance de Dieu.
et uEgypti crrore tuis inerrabiîibus praeceptis : gloriosam ideo atque sacrafissimam tuam venerumur memoriam.
Pater divine loquens, Silvester, fluminibus tuarum precum multiformem luto inclusisti draconem; saceret mirabilis, ethnicorum ad Deum adduxisti multitudines, Hebraeorum humiliasti audaciam, miracula maxima operans ante illorum oculos sapienter ; ideo te honoramus et beatificamus.
Legi divinitus obediens divinae, divineque inspiratae Scripturas cognitione deornatus, ethnicorum sapientes veritatem docuisti. et Christum confiteri cum Pâtre et Spiritu. clamantes: Cantemus Domino ; gloriose enim magnificatus est.
Hierarcha a Deo inspiratus, ungens Sacerdotes in divino Spiritu demonstratus es, Silveste:- Pater, et populos illuminans , o sacerrime. Haereseon errorem efifugasti , gregem pavisti , pietatis salire faciens undas in divinas cognitio» nis gramina.
Tuorum sermonum nodis omnino s jlv;-ti vanum ligamen, et ad divinam ndem errore ligatos alligasti, adaperiens, Pater, illorura mentem Scripturarum explicatione, Hierarcha beatissime.
Immobilem et aeternaliter conclusum fecisti, precibus tuis, malignum, invidiosa peste infestantem eos qui ad te accedebant, o béate, qui draconibus, velut portas et pessulos, crucis sigillum imposuisti.
Par l'habileté de tes discours, tu as délié à jamais les vains nœuds de l'erreur ; ceux quo l'erreur avait enchaînés, tu les as enchaîné» toi-même S la divine foi ; ouvrant leur âme, ô Pcrc et bienheureux hiérarque, à l'explication des ricritures.
Tu as rend'j immobile par tes prières, tu as renfermé pour jamais le serpent de malice, qui, dans son envie, infectait de son haleine ceux qui approchaient de toi, ô bienheureux ! toi qui as imposé à la demeure des dragons le sceau de la croix, plus inviolable pour eux que les portes et les verrous.
Pontife suprême de l'Eglise de Jésus-Christ, vous avez donc été choisi entre tous vos frères pour décorer de vos glorieux mérites la sainte Octave de la Naissance de l'Emmanuel. Vous y représentez dignement le chœur immense des Confesseurs, vous qui avez tenu, avec tant de vigueur et de fidélité, le gouvernail de l'Eglise après la tempête. Le diadème pontifical orne votre front ; et la splendeur du ciel se réfléchit sur les pierres précieuses dont il est semé. Les clefs du Royaume des cieux sont entre vos mains ; et vous l'ouvrez pour y faire entrer les restes de la gentilité qui passent à la foi du Christ ; et vous le fermez aux Ariens, dans cet auguste Concile de Nicée, où vous présidez pur vos Légats, et auquel vous donnez autorité, en le confirmant de votre suffrage apostolique. Bientôt
des tempêtes furieuses se déchaîneront de nouveau contre l'Eglise ; les vagues de l'hérésie viendront battre la barque de Pierre ; vous serez déjà rendu au sein de Dieu ; mais vous veillerez, avec Pierre, sur la pureté de la Foi Romaine. Vous soutiendrez Jules, vous sauverez Libère ; et, par vos prières, l'Eglise romaine sera le port où Athanase trouvera enfin quelques heures de paix.
Sous votre règne pacifique, Rome chrétienne reçoit le prix de son long martyre. Elle est reconnue Reine de l'humanité chrétienne, et son empire le seul empire universel. Le fils de votre zèle, Constantin, s'éloigne de cette ville de Romulus, aujourd'hui la cité de Pierre ; la seconde majesté ne veut pas être éclipsée par la première ; et, Byzance fondée, Rome demeure aux mains de son Pontife. Les temples des faux dieux croulent, et font place aux basiliques chrétiennes qui reçoivent la dépouille triomphale des saints Apôtres et des Martyrs. Enfin, la victoire de l'Eglise sur le Prince de ce monde est marquée, ô Silvestre, par la défaite de ce dragon qui infectait les hommes de son haleine empoisonnée, et que votre bras enchaîna pour jamais.
Etant honoré de dons si merveilleux, ô Vicaire du Christ, souvenez-vous de ce peuple chrétien qui a été le vôtre. Dans ces jours, il vous demande de l'initier au divin mystère du Christ Enfant. Par le sublime symbole qui contient la foi de Nicée, et que vous avez confirmé et promulgué dans toute l'Eglise, vous nous apprenez à le reconnaître Dieu de Dieu, Lumière de Lumière, engendré et non
fait, consubstantiel au Père. Vous nous conviez à venir adorer cet Enfant, comme celui par qid toutes choses ont été faites. Confesseur du Christ, daignez nous présenter à lui, comme l'ont daigne faire les Martyrs qui vous ont précédé. Demandez-lui de bénir nos désirs de vertu, de nous conserver dans son amour, de nous donner la victoire sur le monde et nos passions, de nous garder cette couronne de justice à laquelle nous osons aspirer, pour prix de notre Confession.
Pontife de la Paix, du séjour tranquille où vous vous reposez, considérez l'Eglise de Dieu agitée par les plus affreuses tourmentes, et sollicitez Jésus, le Prince de la Paix, de mettre fin à de si cruelles agitations. Abaissez vos regards sur cette Rome que vous aimez et qui garde si chèrement votre mémoire ; protégez, dirigez son Pontife. Qu'elle triomphe de l'astuce des politiques, de la violence des tyrans, des embûches des hérétiques, de la perfidie des schismatiques, de l'indifférence des mondains, de la mollesse des chrétiens. Qu'elle soit honorée, qu'elle soit aimée, qu'elle soit obéie. Que la majesté du sacerdoce se relève ; que la puissance spirituelle s'affranchisse, que la force et la charité se donnent la main ; que le règne de Dieu commence enfin sur la terre, et qu'il n'y ait plus qu'un troupeau et qu'un Pasteur.
Veillez, 6 Silvestre, sur le sacré dépôt de la foi que vous avez conservé avec tant d'in* tégrité ; que sa lumière triomphe de tous ces faux et audacieux systèmes qui s'élèvent de toutes parts, comme'les rêves de l'homme dans son orgueil. Que toute intell igl
créée s'abaisse sous le joug des mystères, sans lesquels la sagesse humaine n'est que ténèbres; que Jésus. Fils de Dieu, Fils de Marie, règne enfin, par son Eglise, sur les esprits et sur les cœurs.
Priez pour Byzance, autrefois appelée la nouvelle Rome, et devenue sitôt la capitale des hérésies, le triste théâtre de la dégradation du Christianisme. Obtenez que les temps de son humiliation soient abrégés. Qu'elle revoie les jours de l'unité ; qu'elle consente enfin à honorer le Christ dans son Vicaire ; qu'elle obéisse, afin d'être sauvée. Que les races égarées et perdues par son influence, recouvrent cette dignité humaine que la pureté de la foi seule maintient, que seule elle peut régénérer.
Enfin" o vainqueur de Satan, retenez le Dragon infernal dans la prison où vous \ avez enfermé ; brisez son orgueil, déjouez ses plans ; veillez à ce qu'il ne séduise plus les peuples ; mais que tous les enfants de l'E- glise, selon la parole de Pierre, votre prédécesseur, lui résistent par la force de leur foi. (I Petr. v, 9.)
Considérons, dans ce septième jour de l'Octave de Noël, le Sauveur qui nous est né, enveloppé des langes de l'enfance. Les langes sont la livrée de la faiblesse ; l'enfant qu'elles couvrent n'est pas encore un homme ; il n'a pas encore de vêtement à lui. Il attend qu'on le délie ; et ses mouvements ne deviennent libres que par le secours d'autrui. Ainsi a paru sur la tcre, captif dans notre infirmité,
Contemplons Marie, enveloppant avec un tendre respect les membres du Dieu son Fils dans ces langes, et adorant les abaissements qu'il est venu chercher en ce monde, pour sanctifier tous les âges de l'homme, sans oublier le plus faible et le plus dépendant. Telle était la plaie de notre orgueil, qu'il lui fallait un si extrême remèdet Comment maintenant refuserions-nous d'être enfants, lorsque celui qui vient nous en intimer le précepte, daigne joindre à sa parole un exemple si entraînant ? Nous vous adorons, ô Jésus ! dans les langes de la faiblesse, et nous aspirons à vous devenir semblables en tout.
« Ne vous scandalisez donc pas, mes Frères, o dit le pieux abbé Guerric, de cette livrée si « humble : que l'œil de votre foi n'en soit e pas trouble. De même que Marie enve« loppe son Fils de cette vile couverture, ainsi « la Grâce, votre mère, couvre d'ombres e\ « de symboles la vérité et la secrète majesté « de ce Verbe divin. Quand je vous annonce « par mes paroles cette Vériti qui est le « Christ, que fais-je autre chose qu'enve« lopper le Christ lui-même sous d'humbles « langes? Heureux cependant celui aux yeux « duquel le Christ, sous ces haillons, ne « semble pas vil ! Que votre piété contemple « donc le Christ dans les langes dont sa Mère « le couvre, afin de mériter de voir, dans l'é« ternelle félicité, la gloire et l'éclat dont le « Père l'a revêtu comme son Fils unique. »
Célébrons encore la joyeuse Naissance, en empruntant à nos anciens Missels RomainsVEnf nt de Bethlêhem
Français cette antique Prose, où respire la piété des siècles de Foi.
AU Seigneur nouveau-né. tous les êtres en chœur chantent un pieux hommage.
Jour sacré, dans lequel des joies nouvelles sont accordées au monde avec plénitude.