L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 108)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 2-3, éd. 1911 (OCR) · 267 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

lequel ils doivent exercer, chacun, les fonctions de leur Ordre dans l'Eglise, avant de monter à un degré plus élevé. Il interdit aux laïques la fonction d'accusateur public contre les clercs, et défendit aux clercs de plaider devant les juges séculiers. Retenant seulement le nom de Samedi et de Dimanche , il voulut que les autres jours de la semaine fussent appelés du nom de Fériés, comme il était déjà d'usage dans l'Eglise, pour signifier que les clercs doivent, chaque jour, vaquer uniquement au service de Dieu, et se dégager de tout autre soin. L'admirable sainteté de sa vie, et sa bonté envers les pauvres, répondirent toujours à cette prudence céleste avec laquelle il gouvernait l'Eglise. Il veilla à ce que les clercs pauvres vécussent en commun avec les autres clercs plus riches, et que les vierges sacrées ne manquassent pas des choses nécessaires à la vie. Il vécut dans le pontificat vingt-un ans, dix moi» et un jour. Il fut enseveli au cimetière de Priscille. sur la voie Salaria. Il célébra sept ordinations au mois de décembre, dans le-quelles il créa quarante-deux prêtres, vingtcinq diacres, et soixante-cinq Evêques pour divers lieux.

singulos ordines in Ecclesia, antequam quisque ad altiorem gradum ascenderet ; ut laicus clerico non inferret crimen ; ne clericus apud profanum judicem causant diceret. Sabbati, et Dominici diei nomine retento, reliquos hebdomadae dies Feriarum nomine distinctos, ut jam ante in Ecclesia vocari cœperant, appellari voluit : quo significaretur quotidie clericos, abjecta caeterarum rerum cura, uni Deo prorsus vacare debere. Huic cœlesti prudentiae, qua Ecclesiam administrabat, insignis vitae sanctitas , et benignitas in pauperes perpetuo respondit. Quo in génère providit, ut clericis copiosis egentes conjungeret ; et sacris virginibus, quas ad victum necessaria essent t suppeditarentur. Vixit in Pontificatu annos viginti unum , menses decem, diem unum. Sepultus est in cœmeterio Priscillae, via Salaria. Fecit ordinationes septem mense decembri, quibus creavit Presbyteros quadraginta duos , Diaconos viginti quinque, Episcopos per diversa loca sexaginta quinque.

D'anciens îivres liturgiques de l'Italie avaient un Office propre de saint Silvestrc. Nous avons trouvé dans !e Bréviaire de l'antique Eglise abbatiale, aujourd'hui collégiale de Sainte Barbe, à Mantoue, le bel Office auquel nous empruntons les traits suivants, pris dans les Antiennes et les Répons dont il est composé.

Les flots des persécutions étant tombés, sous le bienheureux Silvestre, la religion du Seigneur Christ se propage dans toute l'étendue de l'empire romain.

Silvestre a pieusement administré toutes choses ; il a propagé la foi, et assuré liberté et confiance à la prédication évangélique dans cette ville à qui obéissent les

Sedatis per6ecutionum fluctibus, beato Silvestro Pontifice, in omnem romani imperii ditionem propagatur Christi Domini religio.

Omnia pie Silvester administravit, fidem propagavit , evangelicasque praedicationi in urbe cui régna subjiciuntur, libertatem et fiduciam dédit.

Multa sustinuit ad meritum vitae, multa constitua ad documentum scientiae.

Erat Silvester vir sanctus. ac ccelestem in terris vitam prae se ferebat ; ut insigni sanctitate fuit, sic cœlesti prudentia administravit Ecclesiam Dei.

Electus Dei Pontifex. tyranni Maxentii declinans immanitatem , in Soracte monte latitans, Dominum exorabat , ut pacem suam tandem daret Ecclesiœ.

il a supporté beaucoup de tribulations, qui ont accru le mérite de sa vie ; il a établi beaucoup de règlements dans lesquels éclate sa science.

Silvestre était un homme saint : sa vie sur la terre était céleste; et comme sa sainteté était insigne, il administra l'Eglise de Dieu avec une prudence digne du ciel.

Elu Pontife de Dieu, pour fuir la cruauté du tyran Maxence, il chercha une retraite sur le Soracte ; et de là, il priait le Seigneur de donner enfin la paix à son Eglise.

Pendant qu'il est ainsi caché, l'empereur Constantin, sur l'avertissement des Apôtres Pierre et Paul, le fait appeler; Silvestre soulage et guérit dans le bain salutaire du baptême ce prince affligé de la lèpre.

Il instruit pleinement le César Constantin dans la foi du Christ, et, le premier, consacre publiquement en Eglise, sous le nom du Sauveur, la basilique de cet Auguste

Tout occupé de la gloire de Dieu et du salut des hommes. Silvestre instruit le peuple des préceptes de la doctrine du salut : il le délivre. par une merveilleuse doctrine, des atteintes du serpent plein d'artifices.

Convoquant le Synode universel de N'cée. où figure un nombre mystique de Pontifes, il renverse les machinations des hérétiques par la vertu de l'Esprit-Saint.

C'est là le saint Pontife dans les jours duquel le Christ a donné la paix à l'E- glise : et l'empire romain a incliné, sous les pieds d'un prêtre, le faite sublime de son antique gloire.

D bienheureux Pontife ! Pasteur admirable de l'Eglise universelle, vous que le Seigneur a glorifié en présence de toutes les nations, et a élevé au-dessus du César de Rome , maintenant triomDum latitat, Apostolorum Pétri et Pauli admonitu , ab imperatore Constantino vocatur , quem lepra laborantera salutari baptismi lavacro recréât ac sanat.

Constannnum Csesarem in Chnsti fide plenius instruens. Augusti basiiicam in Salvatoris nomine Ecclesiam primus publiée consecravir.

De gloria Dei et hominum salute sollicitus Silvester , saîutaris doctrine praeceptis populum instruens, eum a versuti serpentis dogmate, mirabiliter liberavit.

Jn mystico Sacerdotum numéro universalem Nicaenam Synodum convocans, haereticorum machinas Spiritus Sancti virtute prostravit.

Hic est sanctus Pontifex , cujus temponbus Christus pacem dédit Ecclesiae, et romanum imperium sublimem antiquas gloriae apicem sacerdotis pedibus inclinavit.

O béate Pontiiex, et universaeEcclesiae Pastor mirifice, quem Dominus in conspectu omnium gentium magnîficavit et romano Caesaricelsiorem praeposuit, in cœlesti gloLe Temps de Noël.

O lux et splendor coruscans, béate Silvester sanctissime, cujus iemporibus persecutionis mîtes a ficleli populo disjecta? sunt, et pacis tranquillitas apparuit. tuis hos precibus adjura, ut quietis mur.ere gaudeamus in seternum.

phant dans la gloire céleste, priez pour nous le Seigneur. O lumière et splendeur éclatante ! très saint et bienheureux Silvestre, aux jour duquel la nuée des persécutions, qui menaçait le peuple fidèle, s'est dissipée, et la tranquillité de la paix a apparu aidez-nous par vos prières ; que par elles nous jouissions éternellement du bienfait du re;

L'Eglise Grecque célèbre saint Silvestre par des chants d'enthousiasme. On remarquera, dans les strophes que nous empruntons à ses Menées, qu'elle rapporte à ce grand Pontife tout l'honneur de la décision de Nicée, et qu'elle l'honore comme ayant détruit l'hérésie arienne.

Pater, hierarcha, Silvester, sanctitatis lumine sancte illuminatus, fidèles illuminasti luciferis documentis ad adorandam unitatem naturœ tripersonalem. et depulsi-ti haereseon tenebra: " 'deo3ue splendide tuam noie fulgentem memoriam gaudente« hymnificamus.

Pater Deifer, Silvester. visibilis columna ignis sacre proegradiens sancto agmini, nubes umbrifera, educens semper fidèles

la lumière de sainteté , tu as éclairé les fidèles par la lueur de tes enseignements ! tu leur as fait adorer l'unité de nature en trois personnes, et tu as chassé les ténèbres des hérésies : c'est pourquoi, aujourd'hui, nous chantons avec joie, dans des hymnes splendides. ta brillante mémoire.

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