L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 142)
verain Seigneur qui vous remplit de son amour et de sa lumière, va daigner descendre au milieu de mes ténèbres et de ma misère.
VOUS êtes donc descendu- en moi, ô mon souverain Seigneur 1 vous reposez donc en mon cœur comme dans le berceau que vous avez choisi, Enfant divin ! Mon cœur est donc en ce moment comme une nouvelle Bethléhem, ô Pain des Anges ! Je m'anéantis dans mes adorations, à la vue d'une si haute majesté qui a daigné descendre jusque dans de si abjectes profondeurs. Gloire à vous, ô Jésus, dans les hautetifs du ciel, disent les saints Anges ; j'ajouterai : Gloire â vous, 6 Jésus, dans les abîmes de misère et de faiblesse que vous visitez avec tant de clémence 1 Qui me donnera en ce moment, ô céleste Enfant, de vous présenter un hommage digne de vous ? Marie votre très pure et très heureuse Mère, vous ayant glorieusement enfanté, vous plaça dans la crèche avec ses mains virginales ; puis celle qui était votre Mère se prosterna comme votre servante, et elle vous adora profondément. Vous daignâtes, ô Jésus, agréer cet hommage, le plus glorieux que votre majesté eiit jamais reçu sur cette terre coupable. Souffrez que je l'imite, cette Mère si chérie de vous, que je vous adore en ce moment avec elle, ô mon souverain Roi l Ne voyez que son hommage dans le mien : elle est aussi ma Mère ; tous ses biens, tous ses mérites m'appartiennent. Je vous oSre encore les adorations de cet homme juste, le chaste époux de la Vierge, l'admirable Joseph, confident des mystères de Nazareth, témoin aussi de la touchante merveille de Bethléhem. Que ne puis-je arriver à la grandeur des sentiments de cet homme simple et fort, choisi entre les mortels pour veiller sur votre enfance 1 Enfin, ô Jésus, je vous adore avec les Anges, avec les Bergers, avec les Mages, avec Siméon, avec Anne, avec toute l'Eglise de la terre et du ciel qui contemple dans son admiration le sublime miracle de vos abaissements.
MAIS ce n'est point assez, ô divin Enfant, de vous adorer dans ma bassesse; il me faut encore vous remercier dans ma reconnaissance. Quel honneur ne me faites-vous pas ? quelles délices ne me procurez-vous pas ? Voici que par votre bonté je suis devenu, moi pécheur, une Bethléhem vivante, qui possède en soi le Pain de vie; mon cœur a été choisi non plus pour trône, mais pour berceau, par votre insigne Majesté descendue jusqu'à moi. Les saints Anges vous adorent et vous louent ; mais vous ne reposez pas dans leurs bras. Les bergers vous contemplent avec simplesse et amour; mais vous ne vous laissez pas toucher par leurs mains. Les Mages déposent à vos pieds leurs présents ; mais, suivant la prophétie, ils ne font que baiser la terre autour de votre berceau. Heureux donc le vieillard Siméon qui vous reçoit dans ses bras; mais plus heureux moi-même qui vous ai reçu dans ma bouche, ô Pain de vie, tt qui vous garde présentement dans mon cœur ! Soyez donc béni et exalté, ô Dieu, si accessible à la plus indigne de vos créatures ! Je vous rends grâces, je vous glorifie avec les bergers qui, venus en toute hâte à Bethléhem, s'en retournèient glorifiant et louant Dieu de tout ce qu'ils avaient vu et entendu ; à quoi l'Evangéliste ajoute que tous ceux qui les entendirent furent ravis d'admiration. Moi aussi j'ouvrirai la bouche, et, empruntant la parole du fils de Bethkhem, David votre aïeul, je dirai dans ma joie : O vous tous qui craigne'^ le Seigneur, vene^, et je vous raconterai quels biens il a faits à mon dme>
VOUS m'avez donc aimé, ô mon Hôte divin, puisque vous m'avez ainsi comblé des dons de votre ampur 1 'Comment ne vous aimerais-je pas moi-même de toute l'étendue de ce cœur que vous habitez ? Soyez donc aimé, ô divin Enfant ! C'est dans ce but que vous avez déposé tout votre éclat, anéanti toute votre grandeur ; que vous vous êtes amoindri jusqu'à cette forme d'esclave, et d'esclave enfant. Non, je ne tremble plus à
votre aspect ; je vous approche sans être ému d'autre sentiment que celui de la confiance et de l'amour. O vous qui deviez être mon juge terrible, vous reposez maintenant dans mon cœur, comme dans le berceau que vous avez choisi ; vous vous êtes mis à ma discrétion ; vous êtes à moi, et je suis à vous, suivant votre parole. Ah ! ne me quittez jamais. Sauveur si aimable l Vivez, croissez dans mon cœur ; régnez-)^ par l'amour. Je vous offre, comme supplément à mon impuissance, l'amour avec lequel Marie votre tr.ès pure Mère vous pressait sur son sein virginal dans ces premiers jours de votre vie mortelle ; l'amour avec lequel Joseph, son chaste époux, et votre père nourricier, vous prodiguait tous les soins de sa tendresse ; l'amour avec lequel les pasteurs de Bethléhem contemplaient, sous les langes et dans la crèche, la merveille d'un Sauveur né pour eux ; l'amour avec lequel les Mages déposaient à vos pieds leurs trésors, et oubliaient à la vue de votre berceau les fatigues d'une longue course à la suite de l'étoile ; l'amour avec lequel l'heureux Siméon, vous prenant dans ses bras, sentait défaillir sa vie mortelle et poindre pour lui le jour de Téternité ; enfin l'amour des saints Anges dont la félicité, comme nous l'apprend le saint Apôtre, est de reposer éternellement leurs regards sur votre immortelle beauté, devenue ici-bas, sous les doux traits de l'enfance, accessible aux yeux mêmes des pécheurs. Recevez donc, ô mon divin trésor, recevez mon cœur avec tous ces cœurs qui vous aiment, et demeurez à jamais en moi et moi en vous.
MAIS ce n'est pas assez de vous aimer, ô céleste Enfant ! il faut encore que jte me donne à vous. Vous m'êtes venu chercher, si bas que je fusse descendu ; et afin que je ne vous fuie plus, vous êtes venu prendre votre habitation dans mon cœur, dont vous avez fait votre Bethléhem, ô Pain de vie 1 Vous voulez que je devienne enfant comme vous, que j'abaisse toutes mes hauteurs, toutes mes révoltes au pied de votre berceau ; que ma fausse sagesse s'anéantisse devant les leçons de votre crèche ; que mes yeux accoutumés à une
lumière tiompeuse se renouvellent en contemplant la simplicité de vos langes. O Jésus ! vous êtes ie Roi des enfants, comme le dit un grand génie chrétien : je me donne donc à vous pour être enfant à votre suite. Agréez l'hommage de ma docilité ; faites qu'elle soit constante, et qu'elle procède toujours de l'amour. J'abjure, ô mon Sauveur, tout ce qui, dans ma vie passée, dans mes idées et mes affections, a été contraire à vos vues vous m'avez introduit trop près de vous pour que je ne sois pas désormais tout à vous. Je veux donc imiter les Mages qui, après vous avoir adoré, s'en retournèrent par une^ autre voie dans leur patrie. Puisse cette enfance que j'ai commencée près de vous, devenir en moi le principe d'une vie nouvelle, qui n'aura pl'is rien de commun avec l'ancienne 1 Siméon, vous avant reju dans se5 bras, ne voulut plus vivre que pour 1 éternité ; moi ^ui vous possède dans mon cœur, je vous demande de vivre avec vous dans le temps : je m'offre à vous servir toute ma vie, pour mériter ae vous être uni à jamais, dans la gloire et la félicité de votre paradis.
O Mère de Dieu, Marie ! conser^ ez en moi les fruits de la visite qu'a daigné me faire votre divin ^Fils. Anges de Dieu, qui l'adorez en moi, veillez à la sainteté et à la pureté de cette demeure qu'il s'est choisie. Saints et Saintes, priez, afin que je sois fidèle à celui que vous avez aimé sur la terre, et que vous aimerez éternellement a j ciel.
Comme il était au commencement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. Alléluia.
Usprit-Saint, substance *^ unique avec le Père et le Fils, daignez, à cette heure, descendre en nous et vous répandre dans nos cœurs.
Sicut eratinprincipio, et nunc et semper, et in saïcula sîeculorum. Amen. AUeluia.
Spiritus, Unum Patri cum Filio, Dignare promptus ingeri, Nostro refusus pectori.
Os, lingua, mens.sensus, vigor, Confessionem personent, Flammescat igné charitas, Accendat ardor proxiPraesta, Pater piissime, Patrique compar Unice, Cum Spiritu Paraclito, Regnans per omne sœculum. Amen.
LEGEM pone mihi, Domine, viam justificationum tuarum : * et exquiram eam semper.
Da mihi întellectum, et scrutabor legem tuam : •etcustodiam illam in toto corde meo.
Deduc me in semitam mandatorum tuorum : * quia ipsam volui.
Inclina cor meum in te^timonia tua : * et non in avaritiam.
Averte oculos meos ne videant vanitatem : * in via tua vivifica me.
Amputa opprobrium meum quod suspicatus sum : * quia judicia tua fucunda.
Que notre bouche, notre langue, notre esprit, nos sens, nos forces publient vos louanges ; que le feu de la charité s'allume ; oue son ardeur embrase to:^s nos frères
Exaucez-nous, Père très miséricordieux. Fils unique égal au Père, et vous. Esprit consolateur, qui régnez dans tous les siècles. Amen.
DONNEZ-MOI pour loi. Seigneur, Emmanuel ! la voie de vos volontés pleines de justice, et je ne cesserai point de la rechercher.
Donnez-moi l'intelligence, et je scruterai votre loi, et je la garderai de tout mon coeur.
Conduisez-moi, o mon Pasteur ! dans le sentier de vos préceptes ; c'est lui que je désire.
Inclinez mon coeur vers vos commandements, et éloignez-le de la cupidité.
Détournez mes yeux, afin qu'ils ne voient pas la vanité ; vivifiez-moi dans votre voie.
Affermissez votre parole en votre serviteur, par la crainte de vous offenser.
Eloignez de moi l'opprobre que j'appréhende ; car vos jugements sont pleins de douceur.
Voilà que j'ai désiré remplir vos commandements ; dans votre justice, donnezmoi la vie ;
Et que votre miséricorde vienne sur moi : ce Salut que vous avez promis, et qui est descendu du ciel ;